S/PV.55 Security Council
ème SEANCE: 1er AOUT 1951
SIXIEME ANNEE
FLUSHING 1I1EADOW J NEW YORK
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AU Unüed Nations documents are designated by symbols, i.e., capital left81's combi1'ted with figures. Mention of such a symbol indicates a refe1'ence to a United Nations document.
ln c1eclaring open this meeting of the Securitv Cm111cil, 1 \\"Îsh tn make it clear that l alll overrulil~g my tlllnut1l1Celllent at the close of this lllorning's 111{~eting t!lat the SSOth mt'eting Imd been rccessed until 3.:30 p.lll. It is necessary to identify Illllrlling and afternoon lllcetings of the Security COllncil he1c! CIIl the Satlll~ day as separate meetings, and accnrdingly this meeting is the 551 st. SY8tmll of ÎntcrpNltation
2. The PRES1DENT: l wuulel snggest that we pursue the samc COllrse with reSpl~ct tu intcrpretations tItat wc elid this I11nrning at the 550th meeting. ft 7t'aS so cil.'cidcd. The Palestine qncstion (collUnued)
(a) 1{E5TRICTIONS IMI'OSI,:'D li\' ECi\'l'l' ON THE PASSAGE 01' SIIIl'5 l'HROUGH T1I1t Stll·;Z CANAL (5/2241) At t!lcim'itation (If tire Pn~sid('ll/, Mahmolld Fawai Bl'Y, representative of B!J)'Pt,' Mr. J{/lCl/idy, represen- ta/iv/' of iraq " aJld .lIr. Bban. repn~sl.'lIfativc of Israel,
tU()/~ places at the Sccurity COlIHcil fable. 3. 11r. EBAN (Israel): \Vith 11fty pages of Egyptian argumentation hefore liS, we now have a clear picture of the views of the repl'escnlative of Egypt on an aspects of lnunan liic' and activity. Nuw and again in brief but me1l1orable moments he accidentally tOllched UpOI1 the subject nf the Council',s agenda, which is: "Restrictions Împnsed Ily Egypt on thc: passage of ships through the
SI\(~Z Callal". l':,,('n here the contact with re1evance was never very constant or very close, for wc \Vere treated to a complete1y superfluous discussion of the general sense of armistice agreements as traditionally envisaged before the Charter was signed and without reference to any of the unique and ~pccific provisions which mark the Egyptian-lsracl C;eneral Armistice Agreement signe<l at Rhodes 011 24 .Fehruary 1949. 1 l therefore venture to repeat that there is no value at ail in any generalizatiom; about the traditional concept of an armistice in the face of a $pedfic agreement \Vhich
Président: M. Warren R. AUSTIN (Etats-Unis d'Amérique).
r:1:ésen~s:. Les représentants des pays suivants: Bres", Chule, Equateur, France, Inde, Pays-Bas, Turquie, Union des Républiques socialistes soviétiques Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande dt~ Nord, Etats-Unis d'Amérique, Yougoslavie. L'ordre dit jour est celui de la 550ème séo,ltce. 1. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): En ouvrant cette séance du Conseil de sécurité, je tiens à corriger l'annonce que j'ai faite à la fin de la séance de ce matin, selon laquelle la 550ème séance était suspendue jnsqu'à 15 h. 30. Les séances du matitl et de l'après- midi tenues le même jour par le Conseil de sécurité doivent être considérées comme deux séances distinctes. J'ouvre donc la 55lème séance du Conseil de sécurité. Système d'intCl'prétation
2. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Je propose que n011S adoptions le même mode d'interprétation que ce matin, au cours de la S5üeme séance. Il en est aÏllsi décidé. La question palestinienne (suite) a) RESTR.ICTIONS IMPOSÉES PAR L'EGYPTE' AU PASSAGE DES NAVIRES l'AR LE CANAL DE SUEZ (Sj2241) Sur l'ùwitation du P1"ésident, Mahmoud FawZ'i Bey, représentant de l'Egypte, l'VI. Khall:dy, repdsentant de l'l ra/~, et kI. Eban, représentant d'Israël, prennent place à la table du Conseil. 3. M. EBAN (Israël) (traduit de l'anglais): Avec cincluante pages d'arguments égyptiens devant nons, il nous est désormais possible de nous faire une image précise de l'opinion du représentant de l'Egypte sur tons les aspects de la vie et de l'activité humaines. De temps il autre, au cours cie moments brefs mais mémo- rables, il lui est arrivé de dire quelques mots de la question inscrite il l'orclre du jour du Conseil, à savoir: "Restrictions imposées par l'Egypte au passage des navires par le canal de Suez···. Même dans ce cas, ses contacts avec la question n'ont jamais été très constants ni très étroits. car il nous a régalés d'ull exposé complètement superflu sur le sens général des conven- tions d'armistice telles qu'on les envisageait tradition- nellement avant la signature de la Charte, sans mentionner aucune cles dispositiolls concrètes et caracté- ristiques de la Convention d'armistice général entre l'Egypte et Israël signée à Rhodes le 24 février 1949 1•
1 Pour le texte de cette convention, voir les Procès-verba1ls officiels d'l~ Conseil de sémrité, quatrième almée, Supplément spécial No 3.
4. Not even the appearance of the formidable and, l must say, hitherto unknown figure of Professor Pfankuchen of the University of 'Visconsin has caused my delegation to change its fundamental approach ta this juridical theme. For the question is not the general incidence of armistice agreements but the particular provisions of this Agreement. The issue is not the traditional law which used to prevail under legal systems which existed before the Charter was signed: the issue is whether now, after the Charter has been signed and after the Egyptian-Israel Annistice Agree- ment has been in force for two and one-haH years, a Member State can ask the Security Council to respect its unilateral exercise of beHigerent rights, two and one-haH years after the signature of an agreement which was interpreted by this Council as marking the permanent end of aH hostile acts.
5. Doctor Pfankuchen, whom the representative of Egypt often quoted and less often acknowledged, cannot add to our wisdom on these points. Indeed, in the introduction to his text-book he specifically avoids making professions as ambitious as those which the Egyptian representative has made for hi111. He writes:
"In this book l have made an effort to meet a teaching problem, rather than ta attempt to push forward the borders of knowledge in international law. [This textbook] is designed primarily for juniors and seniors in a four-year college or university."
6. Perhaps llothing more illttstrates the pre-Charter atmosphere in which the juridical argumentation of the representative of Egypt was conceived than some of the problems which the third and fourth year students are set, after a discussion of wars and armistices:
"1. Read carefully the list of wars in para- graph 138...
"(c) Suppose a 'general war' of States A, B, and C, against States X, Y, and Z. How many wars are there?"
7. But, sl1rely, the whole question before us relates excll1sively and specifical1y to the partlcl1lar instrument to which Egypt and Israel have set their hands. Nothing but the most direct interpretation of that instrument can have any bearing on the rights or the duties of the two signatory States.
8. 1 should have wished to confine my remarks to the acttial substance of the agenda whieh the Security Council has approved. Unfortunately, however, the representative of Egypt delivered himseH of a notably ill-hl1moured and self-righteotls attack on Israel, on its origins and \ts justifications, on its liberation
4. L'apparition de la silhouette imposante - et, je dois dire, jusqu'ici inconnue - du professeur Pfankuchen de l'Université du Wisconsin n'a pas davantage incité ma délégation à changer son attitude fondamentale à l'égard de ce problème juridique. En effet, la question n'est pas celle des effets généraux des conventions d'annistice, mais celle des dispositions particulières de la convention qui nous occupe. Elle n'est pas celle du droit traditionnel qui était normalement en vigueur dans les systèmes juridiques avant que la Charte soit signée; la question est de savoir si maintenant, après la signature de la Charte et lorsque la Convention d'armistice entre l'Egypte et Israël est en vigueur depuis deux ans et demi, un Etat Membre peut demander au Conseil de sécurité de lui laisser exercer unilatéralement ses droits de belligérant, alors que la convention en question a été interprétée par le Conseil comme mettant définitivement fin à tous actes d'hosti~ lité.
5. Le professeur Pfankuchen, que le représentant de l'Egypte a souvent cité sans touj ours le mentionner, ne peut rien nous apprendre dans ce domaine. En réalité, il a soigneusement veillé à ne pas faire, dans l'intro- duction de son ouvrage, de déclarations aussi ambitieuses que celles que lui prête le représentant de l'Egypte. Il écrit:
"Dans ce livre, je me suis efforcé de résoudre un problème d'enseignement plutôt 9-ue de reculer les bornes de la connaissance en matiere de droit inter- national. [Le présent manuel] est essentiellement destiné aux étudiants de troisième et de quatrième année qui suivent un programme d'études de quatre ans dans un collège ou dans une université."
6. Rien peut-être n'illustre mieux l'ambiance d'avant la Charte, dans laquelle l'argumentation juridique du représentant de l'Egypte a été conçue, que certains des problèmes qui sont posés aux étudiants de troisième et quatrième année, après une étude de la question des guerres et des armistices:
"1. Lisez soigneusement la liste des guerres qui figure au paragraphe 138...
"c) Supposez "un conflit général" entre les Etats A, B et C, d'une part, et les Etats X, Y et Z, d'autre part. Cela représente combien de guerres?"
7. Il est certain, néanmoins, que toute la question dont nous sommes saisis concerne exclusivement et spéci- fiquement l'instrument particulier auquel l'Egypte et Israël ont apposé leurs signatures. Seule, l'inter- prétation la plus immédiate de cet instrument peut avoir des effets sur les droits et les devoirs des deux Etats signataires.
8. J'aurais préféré limiter mes remarques au fond même de la question inscrite à l'ordre du jour du Conseil de sécurité. Malheureusement, le représentant de l'Egypte s'est livré à une attaque remarquablement malveillante et hypocrite contre Israël, ses origines et ses raisons d'être, son mouvement de libération, sa lutte
9. 1 can ol1ly assume that n senl-iC' of gl1i1t explains the vehemence of that attack. l t 1l1t1l-it rcst heavily upon the conl-icÎence of a Stat<: \\'hicl1 has launched into armecl intervcntion lJeyone! its frontiers when it surveys the grim conscquences of such intervention. It must be (1il1icult for Egypt to t('(1.1' up a resolution of the General
.~sse.ll1bly, tn aUack it hy force, to trample npon it, to kIl! It stone c1cad and th('n to censure Israel for 110t l1d11g able tn resurreet it .tgain to IHe. 1 snggest, therefore, that, at no stage of any discussion on any prohk'm which remains as the relic of those hostilities, should this principle of initial res\lol1Sihility he forgotten. At the very least, an atmosphere of hU111ility, of a disposition to share in the responsihility for the settlc- 111('nt nf thesc questions should animate such speeches, instead of the censorintls ancl sclf-rightcous exhortations which have hcen udclrcsscd to us.
10. 1 do not concede that Israel is obliged to discuss \Vith Egypt any matter exccpt the restrictions on shiplling passing through the Suez Canal. A tenc1ency tu escape inlo totally extrancous issl1t"s can only be an index of (liscomfort anc1llltlst only serve tn confuse the Secnrity C0l1l1cii in its att<~mpt to COl1ccntrate its scrutiny on the single issne which now lies before il. Yet, if h;rael's honol\T is attacked, it must he defenc1ed, cven if the laws of strict rclevanee must be set aside. It is therefore not as a matter of choice or out of any bdicf that the Egyptian oll~ervations on extraneons matters \Vere in order, hut purely as a matter of equity and reciprocity, that 1 ndclress myself nOW to certain questiolls which do not lie on the agenda but which \Vere the suhject of exhnl1stive Egyptian comment this ll1orning.
11. First, it is my dutY ta make it dear that the Eg-yptian praetiee of visiting ane! searching ships passing with gonds boune! for Israel through the Snez Canal is the only breach in the Egyptian-Israel Armistice Agree- ment. Except for that vast and gaping hale, the structure of that Agreement would now be intact. Tt is necessary ta emphasize this point, beeause we were regaled this mornmg with a long list, l11Qstly of unilateral
bntta~e "isant à la destruction d'Israël; l'Egypte, prel11ler Etat à prendre la tête d'une coalition pour annuler par la force une recommandation de l'Assemblée générale; l'Egypte, qui est donc le pionnier de l'agression dans l'après-guerre; l'Egypte, centre et auteur du violent cataclysme qui a détruit la fleur des jeunes hommes d'Israël et prédpité la population arabe de Palestine dans l'exode, la paniqne et la misère; l'Egypte, qui, en raison de sa culpabilité initiale, porte à tous points de vue la responsabilité première du carnage, de la paniqne, de l'exode et de la misère qu'ont connus les cleux peuples et tous les peuples du Moyen-Orient tout entier, dn fait de ce conflit inntile; l'Egypte se présente maintenant devant le Conseil comme un parangon de vertu pour lui réclamer la sanction inter- nationale d'un droit de belligérant.
9. Je ne puis expliquer la véhémence dtt représentant de l'Egypte que par un sentiment de culpabilité. Un Etat qui s'est livré à une intervention armée au-delà de ses frontières doit avoir bien mauvaise conscience lorsqu'il contemple les conséquences tragiques de son acte. Il doit être difficile à l'Egypte de déchirer une résolution de l'Assemblée générale, de la violer, de la piétiner, de l'enterrer et de blâmer ensuite Israël de n'être pas en mesure de lui rendre la vie. J'estime donc que ce principe de la responsabilité initiale ne doit être oublié a. aucun stade de la discussion d'un problème quelconque qui se pose à la suite de ces hostilités. Peut-être, à tout le moins, ceux qui prennent la parole en la matièt'e devraient-ils alors être animés d'un esprit d'humilité et être disposés à partager la responsabilité du règlement de ces questions, au lieu de prononcer des exhortations malveillantes et hypocrites comme celles qui nous ont été adressées.
10. Je n'admets pas qu'Israël soit tenu de discuter avec l'Egypte une question quelconque autre que les restrictions imposées au passage des navires par le canal cie Suez. Toute tentative pour se réfugier clans des questions absolument étrangères au débat n'est que l'indice d'une rnauvaise conscience et ne peut servir qu'à égarer le Conseil de sécurité, en l'empêchant de concentrer son attention sur la seule question dont il soit açtuell~l11ent saisi. Cependant, quand l'honneur d'Israël est attaqué, il importe de le défendre, même s'il faut pour cela s'écalier quelque peu du sujet même du débat. Ce n'est donc ni par préférence personnelle, ni parce que je considère que les remarques du repré- sentant de l'Egypte à propos de questions non 1?erti- nentes sont justifiées; c'est simplement par espnt de justice et de réciprocité que je me tourne maintenant vers. certaines questions qui ne figurent pas à l'ordre du jonr, mais que le représentant de l'Egypte a longue- ment traitées ce matin.
11. Je dois tout d'abord l)réciser que la visite et la fouille par l'Egypte des navires transportant des mar- chandises à destination d'Israël par le canal de Suez constituent l'unique infraction à la Convention d'armis- tice entre l'Egypte et Israël. N'était cette brèche.béante, l'édifice de la convention serait encore intact. Il Importe d'insister sur ce point, parce que nous avons eu ce matin le privilège d'entendre ~me lçmgue liste de plaintes, pour
12. One of the alleged violations of the Armistice Agreement to which the representative of Egypt made allusion was that of Bir Qattar. Bere again, he conspicuously failed either to present an accurate picture of that episode or to deduce from it its valuable and constructive lesson.
13. In the first place, there has never been any decision of the Mixed Armistice Commission for the evacuation by Israel of Bir Qattar, which is a place within the territory of Israel and therefore not subject to evacuation. However, under the provisions of the Egyptian-Israel General Armistice Agreement }'elating to the limitation and withdrawal of forces, there was a proposai for the withdrawa1 of Israel's military forces from Bir Qattar.
14. That evacuation was duly carried out. Indeed- and here is a valuable :precedent - in deference to the Secnrity Council's opil1lon. and beiore a resolution on the question hac! been passed, Israel voluntarily acceded to the request of the Chief of Staff to cease the practice of maintaining its troops in Bir Qattar. So far from that evacuation heing a sham, there is in the documents of the Secl1rity COll11cil a report of the Chief of Staff recording that Israel forces were' duly absent from Bir Qattar and that the purposes of hisruling and of the Security Counci1's resollltions had been. carl'ied ont.
15. The situation is that Egypt is in a position to bringany complaint which it likes before the Security Council, and if any of the questions which the represen- tative of Egypt has enul11erated had been a genuine source of grievance. a focus of tension in the Near East, a living issue in any sense, then it wou1d be his . c\.uty to do what we have done in the case of the Suez
~~:1ld'~'~;1'i~~fc:Pe~~~~~ ~~~;~~~~ :r I~~-~~:. dEA~sC~I~~v~;ê';1 soit complètement rejetées, soit définitivement réglées " par lIne décision de la Commission mixte d'armistice il ou du Comité spécial, De ce fait, aucune d'elles ne sub-·, siste plus vraiment à l'heure actuelle, Cette longne liste;'~ de plaintes n'est clic-même ricn d'autre que le pendant ;1 d'un nombre au moins aussi élevé de plaintes d'Israël. ~ qui, elles aussi, ont toutes reçu leurs réponses ou ?nt "
;:~-~11!~~~1~~ei!~1i~~t~:~~!;~~~~;t~~~~~~fl~~i~;:~::~~~~~~il (,.r.".i.~,., .•'•.,t....·.:. par l'Egypte, notamment si je devais y faire fignrer'i comme l'a fait le représentant de l'Egypte. nOll seule- :~ ment les infractions qui ont été confirmées par la Com- "~ mission mixte d'armistice et. sur appel, par le Comité ,."~,.'",.~"•.'.ll:' spécial, mais aussi celles qui ont fait l'objet d'une:., plainte unihüérale. ~1:ais c'est, à mon avis, agir de façon contraire aux procédures d'armistice, une fois que Ces j plaintes pour infractions ont été réglées dans le cadre .~ de l'armistice, que de les ressusciter à des fins de poli- ii tiC[ue et de polémique devant un organe supérieur.; .•.j auquel il ne convient de faire appel que si le mécanisme 1
~:m~,~rl11istice lui-même cesse de fonctionner effica- 1
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12. L'nne des prétendues infractions ft la Convention d'armistice à laquelle le représentant de l'Egypte a fait allusion est celle de Bir Qattar. Ici encore, il a échoué de façon flagrante et n'a pu ni présenter ltl1 tableau exact de cet épisode, ni en tirer des enseignements pré- cieux et constructifs.
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13. En premier lieu, il n'y a jamais eu de décision de la COIu111is5ion mixte d'armistice tendant à faire évacuer Bir Qattar par Israël, car cctte localité est située dans le territoire d'Israël et, de ce fait, il ne peut être ques- tion de l'évacuer. Toutefois, le retrait des forces armées d'Israël installées et Bir Qattar était prévu, aux termes des dispositions de la Convention d'armistice géuéral entre l'Egypte et Israël relatives à la limitation et au retrait des 'forces armées.
14. Cette évacuation a été dîlment effectuée. En fait - précédent important - par déférence envers l'opi- nion du Conseil cle sécurité, Israël a volontairement accédé il la de111ande du Chef d'état-major le priant de retirer ses forces de Bir Qattar avant même qu'aucune résohltion n'ait été adoptée sur ce point. Non seule- ment cette évacuation n'a pas été UI1 simulacre, mais il existe, parmi les documents du Conseil de sécurité, tll1 rapport du Chef d'état-major constatant l'évacuation. coml11e convenu, de Bir Qattar, par les forces israé- liennes, et l'exécution de sa décision et des résolutions du Conseil de sécurité.
15. Il est loisible à l'Egypte de S01l111ettre n'importe quelle plainte au Conseil de sécurité. Or, si l'une quel- conque des questions énumérées par le représentant de l'Egypte avait été une cause réelle de griefs. si elle avait créé un foyer de tension dans le Proche-Orient et si elle avait été en quoi que ce soit tlne question brûlante• il aurait été du devoir du Gouvernement égyptien d'uti-
16. For two years we have dragged this question of the Suez Canal blockade through the slow and leisurely processes of the Armistice Commission, suffering throughout that period al! the loss and prejudice of these blockade practices, and reaching a position where the Chief of Staff charged with the supervision of the Armistice warned the international com111unity that the continuation of this practice jeopardized the existence of the Egyptian-Israel Armistice Agreement.
17. Apart from the enumeration, then, of an in'e1evant and entirely settled list of armistice complaints and armistice issues, we were given a long story which attempted to link - by exactly what precise links of relevance l could not imagine - the question of the Suez Canal blockade with the tragic humanitarian question of Arab refugees. And here my delegation cannat fail ta protest against the fact that - not once, but twice - the representative of Egypt sOllght to give the impression that the Arab States were incurring a loss, or a burden or an expenditllre of one thousand million dollars as a result of the presence of Arab refugees in their midst. This fantastic statement was uttered not once but twice, Everyboc1y knows that not a tenth; not a fiftieth of that sum, of that loss or of that expenditure faIls upon the Arab States, individllally or collectively, as the result of the presence of Arab refugees in these neighbouring countries. Indeed, United Nations agencies charged with the supervision of this proble111 have reported ti111e and time again as ta the seale and nature of the burden which each gov- crn111ent in the Near East incnrs as the result of this problem remaining unsettled. They point out that approximately the Arab States incur expenditure, or loss or burden ta the extent of five million dollars- all the Arab States together, annually - as the resuIt of the presence of Arab refugees in their 111idst, while Israel, as the result of the presence in Israel of those refugees who have been repatriatec\, incurs a far greater
SUffi relatively and an almost equal sum absolutely.
18. The fact is that, amidst these great movements of population which have brought the Jewish com111unities of the Near East within Israel's gates and which have, <J,mong other results of the Arab war against Israel, led ta the creation of Arab refugees in Arab countries, the position isthat whereas, indigent and destitute'}ews of Iraq and Yemen are accommodated and integrated at the direct expense and to the heavy Qurden of Israel's economy, the Arab Governments have only recently begun to evince any similar response to the plight of their own kinsmen seeking refuge within their shores. Nor is it a fact, as any reader of the two Egyptian discourses might have been led ta believe, that there is in truth any major cleavage between international opinion and Israel opinion on the future course of action ta be taken for the solution of this prablem. The United Nations has entrusted its treatl'nent of the
16. Pendant deux ans, cette qnestion clu blocus du Canal de Suez a suivi les lenteurs de la procédure de la Commission d'armistice que nous en avions saisie et, durant cette période, nous avons subi toutes les pertes et tout le préjudice résultant de l'application de ce blocus, pour en arriver finalement à une situation qui a amené le Chef d'état-major chargé de la surveillance de l'armistice à avertir la communauté internationale que le maintien de ce blocus compromettait l'existence de la Convention d'armistice entre l'Egypte et Israël.
17. ' Ainsi, en dehors de l'énumération d'une liste de plaintes et de questions découlant de l'armistice, déjà complètement réglées et sans aucun rapport avec l'objet de la disctlssion, nous avons entendu un long exposé qui a essay~ de rattacher - par quels liens logique~, je l'ignore -la question du blocus du canal de Suez à la tragique question humanitaire des réfugiés arabes. Sur ce point, ma délégation ne peut mauquer d'élever sa protestation contre le fait que le représentant de l'Egypte a cherché, à deux reprises, à créer l'impres- sion que les Etats arabes subissent, du fait de la pré~ sence des réfugiés arabes sur leur territoire, une perte, un fardeau ou une dépense s'élevant à un milliard de dollars. Cette déclaration extravagante, il ne s'est pas contenté de la faire, il l'a répétée. Or, nul n'ignore que les Etats arabes, tant individuellement que col1ective~ ment, n'ont perdu ou dépensé, du fait de la présence de réfugiés arabes dans ces pays voisins, ni le dixième ni le cinquantième de cette somme. En réalité, les orga- nismes des Nations Unies chargés de l'étude de ce pro- blème (lnt signalé à maintes reprises que l'importance et la nature de la charge assumée à cet égard par chacun des Etats du Proche-Orient restaient indéterminées. Ils indiquent que les dépenses, pertes, ou charges assumées par l'ensemble des Etats arabes, du fait de la présence de réfugiés arabes sur leur territoire, ne dépassent pas 5 millions de dollars par an, alors qu'Israël, du, fait de la présence sur son territoire des réfugiés qui ont été rapatriés, doit faire face à des dépenses relativement beaucoup plus fortes et dont le montant est presque égal en valeur absolue.
18. La vérité est que, dans les vastes mouvements de population qui ont amené les communautés juives du Proche-Orient à l'intérieur des frontières d'Israël- et qui ont, entre' autres résultats de la guerre arabe contre Israël, provoqué la concentration de réfugiés arabes dans les pays arabes - alors qu'Isniël héberge les Juifs indigents èt dénués de toutes reSSOurces venus de l'Irak et du Yémen et les intègre dans son économie, en sup- portant directement les dépenses qu'ils occasionnent et qui imposent un lourd fardeau à l'économie du pays, les Etats arabes viennent seulement de manifester un intérêt semblable au sort de leurs propres coreligion- naires qui se sont réfugiés sur leur territoire. Il n'cst pas exact non plus, comme pourraient le penser les lec- teurs des deux discours égyptiens, qu'il existe, entre l'opinion internationale et l'opinion israélienne, un~ grave divergenc~ de vues au sujet de mesures qUl
19. The refugee prob1em in substance is not before the Security COlmcil and, therefore, l would content myself with these general remarks. We cannot, however, fail to point out to representatives of Egypt and of the Arab States who resurrect this problem that we do not uncIer- stand the logic or the sentiment wherehy first they create this prob1em by their choice of armed force and then exploit for political purposes the misery which,. so far, they have done !ittle to alleviate. Behind the entire problem, and forming its general background, there lies the primeval and inescapable question of· original responsibility, and although no one daims that the burden for the solution of this problem can faH upon the shoulders of one State or one group of States alone, it is dear that, irrespective of the guilt for its creation, the responsibility for its solution is, in the immec1iate sense, a regional responsibility and, in the larger sense, an international task, for the dimensions of the problem go far heyond the scope or capacity of any State or group of States within the area.
20. In addition, then, ta these problems of settled armistice violations and the entirely extraneous though important question of Arab refugees, the representative of Egypt has brought to the attention of the Coundl, within the framework of these specific complaints, certain matters which are not Israel-Egyptian matters at all. Primary amongst them was the question of Jordan waters. l should be surprised to be1ieve that it is proper for Israel to discuss with Egypt any question which is a function of Israel-Jordan relations in so far as it has an international aspect at aIl. Therefore, l again deal with the substance of the question only with the explicit reservation that we recognize no Egyptian interest in the matter at aIl and no relevance whatever between it and the item which now lies on the agenda.
21. The facts are that if there is any increase of salinity in the lower Jordan- and that, in itseIf, is a question which has yet to be proved - ·it can be more than explained by two '-circumstances which affect the River Jordan this year. The first is the Lmprecedented and cruel drought which hit Israel and Jordan with equal ferocity last year, whieh destroyed the. whole of Israe1's wheat crop and inflicted damage estlmated at twenty million dollars, and which, according to ~eports, has fallen with equally heavy impact on the agncu1tural economy of the Kingdol11 of Jordan. In every yearof sl11all ralnfaU - and especial1y in a yeat' of un~rec~~èntly meagre rainfall ~ there is a problem of matntalntng the non-saHnityof the river Jordan as it lee,yes Lake Calilee and also of maintaining its 1evel.
19. Ce n'est pas le problème des réfugiés que le Con- seil de sécurité examine quant au fond et pour cette raison je me bornerai à ces observations d'ordre général. Je dois cependant faire observer aux représentants de l'Egypte et des autres Etats arabes, qui réveillent ce probleme, que nous ne comprenons guère les raisons logiques ou les sentiments qui, après les avoir amenés à créer ce problème par leur recours à la force des armes, les incitent maintenant à exploiter à des fins politiques la misère qu'ils ont créée, mais à laquelle jusqu'à présent ils n'ont guère cherché à porter remède. La question primordiale et inéluctable de la responsa- bilité initiale est à la base du problème tout entier et en constitue le cadre général; bien que personne ne puisse prétendre que la lourde tâche qui consiste à lui trouver une solution doive échoir à un seul Etat Olt à un seul groupe d'Etats, il est clair que, quel que soit l'Etat responsable de cette situation, c'est d'abord sur le plan régional et, en fin de compte, sur le plan international qu'il convient de le résoudre, car l'étendue du problème dépasse le champ d'action Ott la compétence de tout Etat ou groupe d'Etats de la région.
20. En plus de ces questions de violations d'armistice déjà réglées et de la question importante, mais tout à fait distincte, des réfugiés arabes, le représentant de l'Egypte a appelé l'attention du Conseil, à l'occasion de ces plaintes précises, sur certains points qui n'ont rien à voir avec le conflit égypto-israé1ien. Le plus impor- tant est la question des eaux du Jourdain. Je ne puis croire qu'une question qui relève des relations entre Israël et la Jordanie puisse être discutée avec l'Egypte, pour autant qu'elle présente un aspect international. C'est pourqu01 je ne reviens au fond de la question qu'avec la réserve explicite que nous ne reconnaissons à l'Egypte aucun intérêt dans la question et qu'il n'existe aucun rapport entre cette dernière et le point qui est inscrit à l'ordre du jour.
21. En réalité, s'il est vrai que le degré de salinité des eaux du Jourdain inférieur a augmenté - ee qui, en soi, reste encore à prouver - ce phénomène s'explique aisément par deux circonstances qui affectent le J our- dain cette année. La première est la sécheresse terrible et sans précédent qui a frappé avec la même férocité Israël et la Jordanie l'an dernier; cette sécheresse a détruit toute la récolte de blé d'Israël et a causé des dégâts évalués à 20 millions de dollars; selon les nouvelles reçues, elle a eu des conséquences aussi désas- treuses sur l'économie agricole du Royaume de Jor- danie. Les années où les ,chutes de pluie sont faibles, et spécialement les années où elles le sont exception~ nellement, la difficulté consiste à éviter que les eaux du Jourdain ne soient saumâtres à la sortie de la mer de
throt~gh the lateness of rain. The Rutenberg Works and 1l1de~d aU the machinery of the Palestine Electric CorporatlOn have fallen into the hands of the forces of Jordan. The machines are not being maintained in proper condition, the dam is leaking and therefore its waters are not available to compensate for this unprecedented drought. Thus the coincidence of Jordan's neglect of that dam with the adverse fortunes of nature this year may weU have produced a seasonal problem at that part of the Jordan.
22. As regards the natural adversity, we can only join our prayers to those of Jordan for heavy and normal rain. As regards the part which human agencies play in this problem, we can only suggest that there should be a response to our repeated overtures to activate the dam of the Palestine Electric Corporation in the interests of the two countries and ta the benefit of the River Jordan, its freshness and its level. l need hardly say that if a well-known project for draining the Huleh marshes hac1 not been interrupted through events of which the Security Council is aware, then an additional 65 million cubic metres of fresh water would be Rowing into the upper Jordan and some of the effects of that heavier swell woulc1 he available to compensate for the effects bath of drought and of neglect of machinery. That then might be regarded as. a third or subsidiary aspect of this problem.
23. Above everything' else, since this is in the legal sense a matter of Israe1's domestic jurisdiction and in the moral sense an issue which affects the peoples of Israel and Jordan jointly and together, it. was natural for my Government through United Nations agencies to invite the Government of Jordan to a consultation ta see whether any factors other than those which I have described might have caused any abnormal salinity in the lower Jordan, and whether such additional causes, if they were found to exist, might respond to the joint co-operation of the two parties. There was merely a slight digression by the representative of Egypt away from this question affecting Israel and Jordan into the realm of questions affecting Israel and Syria. It should he realizecl that there is not one single Armistice Agree- ment to which we are aU jointly signatory. The Israe1- Egyptian Armistice Agreement is a separate instrument from the Israel-Tordanian Armistice Agreement and the Israel-Syrian Armistice Agreement. For that reason, we were especially baffied. to hear the; intr~lsion of ~he representative of Egypt 111to a relatl011shlP to WhlCh lw is 119 s~nse a partner\
be;~, possède, de l'autre côté du fleuve, un barrage utIltsé pour la production d'énergie hydra-électrique et derrière lequel les eaux s'accumulent chaque hiver; pendant les mois d'été, on laisse ces eaux s'écouler pro- gressivement afin de compenser les effets de la séche- resse qui pourrait résulter de l'arrivée tardive des pluies. Les usines Rutenberg, ainsi d'ailleurs que toutes les installations de la Palestine Electric Corporation, sont tombées aux mains des forces de la Jordanie. Les machines sont mal entretenues, il y a des fuites dans le barrage et l'on ne dispose donc pas de ses eaux pour compenser cette sécheresse sans précédent. Le défaut d'entretien de ce barrage de la part de la Jordanie, joint aux mauvaises conditions climatiques de cette année, peuvent fort bien avoir produit un problème saisonnier dans cette partie du Jourdain.
22. En ce qui concerne les mauvaises conditions at- mosphériques, nous ne pouvons que joindre nos prières à celles de la Jordanie pour demander des pluies abon~ dantes et normales. En· ·ce qui concerne le rôle que l'homme peut jouer à cet égard, nous pouvons seule- ment espérer qu'un accueil favorable sera réservé à nos propositions répétées de remettre en service le barrage de la Palestine Blectl"je Corporation, dans l'intérêt des deux pays et pour le plus grand profit du J oUr- dain, de la douceur de ses eaux et de son niveau. Ai-je besoin d'ajouter que si l'exécution d'un projet bien connu d'asséchement des marécages de Roulé n'avait pas été interrompu à la suite d'événements que le Con- seil de sécurité n'ignore pas, 65 autres millions de mètres cubes d'eau douce couleraient dans le Jourdain supérieur et l'on disposerait d'une certaine quantité de ces eaux supplémentaires pour compenser les consé- quences, tant de la sécheresse que du défaut d'entretien des machines? On peut donc considérer qu'il s'agit là d'un troisième aspect, ou· aspect secondaire, de ce problème.
23. Avant tout, puisqu'il s'agit, du point de vuejuri- dique, d'une question qui relève de la compétence natio- nale d'Israël et, du point de vue moral, d'un problème qui intéresse conjointement Israël et la Jordanie, il était naturel que mon gouvernement invitât, par l'intermé- diiJ.irë d'organes des Nations Unies, le Gouvernement de la Jordanie à procéder à des consultations afin de déterminer si un facteur quelconque, autre que ceux que j'ai mentionnés, aurait pu provoquer une salinité anor- male des eaux du Jourc1ain inférieur· et si un facteur supplémentaire de cet ordre, au cas où l'on en consta- terait l'existence, pourrait être corrigé par l'action commune des deux parties. Le représentant de l'Egypte n'a fait qu'tl11 pas de cette question intéressant Israël et la Jordanie aux questions intéressant Israël et la Syrie. n faut se rappeler qu'il n'existe pas de convention d'ar- mistice unique dont nous soyons tous cosignataires. La Convention d'armistice égypto-israélienne est un instrument distinctde la Convention d'armistice jorda- no-israélienne et de la Convention d'armistice israélo- syrienne. C'est pourquoi nous avons été extrêmement surpris d'entendre le représentant de l'Egypte s'immis- cer dans des relations auxquelles son pays n'est nulle- ment partie. •
25. Apart then from extraneous Israel-Egyptian questions and other questions which exist between Israel and other Arab States, the representative of Egypt dwelt upon problems which affect Israel exc1usively and which are rcally not a fit subject for comment or jurisdiction by any Arab State or group of Arab States. He especially treated at some length and in detail the question of immigration to Israel. This is a question in which my Government's c10mestic jurisdiction is reserved completely. We are under no obligation whatever to bring immigration or population problems to be discussed internationally, least of all at the behest of countries which do not have a sympathetic attitude- and I refer here to Egypt - to the purposes of that immigration. There are countries aronnd this table which are denser in population than Israel can ever hope to become. There are many countries in the world which have to face a delicate adjustment between their resources and their populations. But so long as they are signatories of the Charter of the United Nations and bound together as are we by compacts of non-aggression, it is for them to make the adjustment within their alla.tted sphere or domain between their populations and thelr resources.
26. Ali the students of sociology in the Near East have agreed that the real population problem there is the crowding of 20 million people into the cultivated area of the Nile Valley in Egypt. Statisticians have . pondered in vain for an answer as to how that vast population concentration can exist and increase without
~reating some movement of expansion. That, however, IS for us an academic problem. It is not a matter in which Israel has or c1aims any jurisdiction.
27. In point of fact, there is nothing 1110re proud or significal1t in Israel's record than its success with limitec1 resources in absorbing this vast and unprecedented
25. A part des questions, sans rapport avec le sujet, qui intéressent Israël et l'Egypte et d'autres questions qui intéressent Israël et d'autres Etats arabes, le repré- sentant de l'Egypte a traité des problèmes qui C011- cernent exclusivement Israël et qui ne sauraient faire l'objet de commentaires ni de décisions de la part d'aucun Etat arabe ou groupe d'Etats arabes. Il a plus spécialement parlé en détail de la question de l'immi- gration en Israël. C'est là une question qui relève exc1u- sivement de la compétence nationale de mon gouverne- ment. Nous ne som111es nullement tenns de soumettre ces problèmes d'immigration ou de population à un examen international, et moins encore à la demande de pays qui ne considèrent pas favorablement - je parle ici de l'Egypte - le but de cette immigration. Il y a autour de cette table des représentants de pays dont la population est plus dense que celle qu'Israël peut espé- rer avoir jamais. Maints pays. ont à résoudre le pro- blème délicat de l'équilibre entre leurs ressources et leur population. Toutefois, dès l'instant où ces pays sont signataires de la Charte des Nations Unies et sont liés les uns aux autres, comme nous le sommes, par des pactes de non-agression, c'est à eux qu'il appartient de réaliser, dans leurs domaines respectifs, l'équilibre entre leur population et leurs ressources.
26. Tous ceux. qui ont étudié le Proche-Orient du point de vue sociologique ont ~econnu le grave problème démographique que posait la concentration de 20 millions de personnes dans la partie cultivée de la vallée du Nil, en Egypte. Les statisticiens ont en vain cher- ché à expliquer comment cette très forte concentration pouvait exister et s'accroître sans provoquer un mou- vement d'expansion. C'est d'ailleurs, pour nous, une question purement théorique. Israël ne possède ni ne revendique aucune compétence dans ce domaine.
27. En fait, il n'est rien dont Israël puisse être plus fier et qui soit plus remarquable que la façon dont il est parvenu, avec des ressources limitées, à absorber cette
28. \\Tith apologies tn the Council for having detained it on these extraneutlS fi11e:-itÎ0l1s, l tnrn to S0111e cOllsicleratiol1:-i which the n~presentative of E.gypt invoked in C!o:-ier relntiollship to the question nol\' before 11S. 1f J ttlH1ersto()(1 the clifferencc betwecn his adclress this mDrning- l5511th l/lccti/lOI and the one he i deliverl'd last wl'l'k [519th IIlc{'lill!/], his chief cmphasis 1 this morning' was on 1.l1l' tlwme of self-preservation. Acl- 1 mitting that tltl' :-itoppagl', sl'arch and visit of ships to
Israel throll~h the Suez Canal constit11tes in the legal
,i. und tl'c11llical sel1se tht~ {'xl'rcise of a right nf war, he , cJaimcd that tltis aet of war was l1l'Cl'SSary for Egypt's • self-prl'servatinlt. A cog-ellt rl'fntation of that thesis bas i already hl'en heanl in the l'l'marks of the rcpresentative of the United Kingllnm. [ wottlcl however add only one emphatic \,hsel'\'ation. Noilndy is sbooting at Egypt and llohody will shoot at Egypt. Nohlldy is interferin1{ \Vith Egypt's trarle or C(II1l111erCe, altltollgh Egypt is inter- fl'ring \Vith Israel's trade and C01l1merce. No State
"
(JI" grUllp of States is nrganizing an econo1l1ic lloyeott of Egypt in an l'1Tnrt tu strangll' the hreatlt of its Iife.
29. Ullder an arrangelltent approvcc1 1»)' the Secnrity C011ncil on Il Angllst 1949, Egypt, in the canse of its self-preservation, is now fl'ee to purchase, ta import , and to expnrt ar11ls fnr the purpnses of its defmce, l have alrearly [Jnillted nut that the renl'wl'c1 facility for Middle Eastern States tn 11l1rchas(' ar11ls frl'el}', arisil11{ from the Security C011l1cil n'snlution of Il August 1949, \Vas part nf the gel1eral assllmptiol1 wltidl prevailec1 in the Coundl at that tina' that war hacl becn Idt irreyocahly hehind, that ail wstiges of hdligercncy bad been a1Jan(loncd an(l that the Armistice \Vas an intermecliate staj:!;l' nf [Jeace, It was nnly on snch an aSSu11l1)tion that the SC'ClIrity COllllcil, and especially those l11el11hers of it which are engagl'c1 in the production and manufacture of arms, wottld' l'ver have <1r('am('(1 of allowing the emhargo ta he lift(~d and the facility of arms purchase for Ivfiddle Easte1'll States tn he renc\Vec1.
30. Bntb the records of the Secnrity Council and contemporar)' cxcllangcs of letters prave that these two tltings were contingent and reciprocal. Egypt \\'oulel h.Lve tn abandc111 ail the alleged rights of belligerency ancl in rdurn tlle worlel cn111n111nity would no longer (tet tnwanls Egypt as towarrls a belligerent. The worlc1 C0I11111tIl1it\, woule! c1eal with Egypt in this matter of its clefcnce; and the sal11C appliec1 to al! the other States, on the aS511111ption that therc \Vas no such thing as belligcrency amI that é1 normal statl' of aiIairs prevailcc1. \Vhat Egypt, I am afrn.id, has clone is ta pocket its advantage under that reciprocal agreement, tltat is tn say, tn assume for the pmposes of llurchasing anns that the Ncar East is normal and at pence, but when it cames tn applying tlte principle of normality ancl peace in the Suez Canal, the (loctril1e of a legal statc of war has heen inventer!. Thus, i'f it is a question of pllrchasing a1'111S, there i:-i no state of war; if it is a question of allowing free passage of goods, there is a state of war; if there is an invitation from the Palestine Conciliation Commission to agree in principle to sign
28. En m'excusant d'avoir rete11l1 l'attention du Con- seil sur ces questions qui sont étrangères au sujet, je passe à certaiues considérations que le représentant de l'Egypte a invoquées et qui se rattachent de plus près à la. CJuestion qUI nous OCctlpe. Si j'ai bien compris la
diffél'{~nce qui existe entre son intervention de ce matin [550e s/:ancel et celle de la semaine dernière [5491' sl;allcc l, l'accent a été mis ce matin sur le thème de ]a légitime défense. Après avoir admis que l'arraisonne- ment et la visite des navires qui se dirigent vers Israël par le canal de Suez constituent juridiquement et tech- niquement l'exercice d'un droit de belligérant, il a affir- mé que cet acte de guerre était nécessaire à l'Egypte pour sa légitime défense. Cette thèse a été pertinemment réfutée par le représentant du Royau11le-Uni. Je vou- drais ajonter une seule observation, sur laquelle j'insiste. Personne ne tire contre l'Egypte et personne n'a l'inten- tion de tirer contre l'Egypte. Personne n'entrave le commerce ou la vie économiqne de l'Egypte, bien que l'Egypte entrave les relations commerciales et l'activité économique d'Israël. Aucun Etat, aucun groupe cI'Etats n'organise le boycottage économique de l'Egypte pour l'étrangler et l'étouffer.
29. Aux termes d'lm arrangement approuvé par le Conseil de sécurité le 11 août 1949, l'Egypte, au nom de sa légitime défense, est aujourcl'hui libre d'acheter, d'importer et d'exporter des armes pour se défendre. J'ai déjà relevé qu'en rendant aux Etats du 11oyen- Orient, par sa résolution du 11 aoüt 1949, la faculté d'acheter librement des armes, le Conseil partait de l'idée, qui était généralement admise dans son sein, que la guerre appartenait irrévocablement an passé, qu'il ne suhsistait aucune trace de belligérance et que l'armis- tice constituait une étape SUl' la voie de la paix. Sans cette conviction, jamais le Conseil de sécurité - et plus particulièrement cenx cie ses membres Cjui produisent et fabriquent des armes -n'aurait songé à lever l'em- bargo ni il rendre atlx Etats du Moyen-Orient la faculté d'acheter des armes.
30. Les débats du Conseil de sécurité et les échanges de comnlt1nÎCations de l'époque prouvent que les deux faits étaient considérés comme dépendant l'un de l'autre. L'Egypte devait abandonner tous ses prétendus droits de belligérance et, en retour, la communauté des nations ne traiterait plus l'Egypte en belligérant. La coml11unauté internationale traiterait avec l'Egypte, en ce Cjui concerne sa défense nationale - il en serait de même pour tous les atttres Etats - en partant de l'hy- pothèse qll'il n'existait pas de belligérance et que la situation était normale. Malheureusement, l'Egypte a profité des avantages de cet accord de réciprocité, c'est- à-dire qu'elle a prétendu, lorsqu'il s'agissait d'acheter ùes armes, que la paix et une situation normale ré- gnaient dans le Proche-Orient, mais lorsqtl'il s'est agi c1'appliqLler le principe cle la paix et de la situation normale au canal de Suez, elle a inventé la doctrine de l'état de guerre en droit. Ainsi donc, pour acheter des armes, il n'y a pas d'état de guerre; s'il s'agit de per- mettre le libre passage des marchandises, il y a un état de guerre i si la Commission de conciliation pour la
31. The selectivity of this argumentation, and its clear manufacture long after hostilities have ceased in an effort to rationalize this specific practice with an allegecl shield of legality, detract from that argument any validity which it might have had on its intrinsic merits.
32. At any rate, if Egypt regards itself as being in a state of war and be1ligerency, the Govermnent of Israel must reserve to itse1f the right and the intention to raise again with the Security Council and with those Gov- ernments from which ar111S are bought the question whether Egypt should not fulfil its share of the bargain, the abanclonment of all acts of war as the price of enjoying the effects of assumed normality in the purchase of arms.
33. Far from Egypt being left abandoned and naked to defend itself and to preserve itself, there are no inhibitions whatever upon Egypt's defence preparations. Nohoc1y at ail is restricting either Egypt's defensive preparec1ness Dt· the free development of its commercial and economic life. If Egypt is not sllffering something :fro111 Israel, then it cannat impose that thing upon Israel, for the agreement between us is conceived in the spirit of strict reciprocity, and it is impossible to justify on Egypt's behalf conduct which is not implicitly available ta Israel as weIl. You cannot say that Egypt is entitled to interfere with Israel's ail imports or arms imports or trade unless you acknowledge to Israel an equal right to establish helligerent and blockade practices for the pnrpose of interfering with Egypt's ar111S, Egypt's trade and Egypt's commerce.
34. Once this is realized we see the abyss into which bath countries and the Security Council would be wantonly flinging themselves if they were to give the slightest credence or support or the slightest degree of acquiescence to the sterile doctrine that the legal relations between Israel and Egypt are those of war. The idea that Egypt is fighting for its life in an effort of seH-preservation is not easy ta reconcile with its military budget.of 200 million dollars.
35. The position then on the question of self-
prese~"Vation is that Egypt maintains unilaterally the doctrme of a state al war, refuses ta negotiate peace and then cdes out that its preservation is mcnaced.
36. YVith r~ference ta t~e )uddical aspect of this questIOn, l th111k that a conv1l1cmg refutation has already been heard. Article 51 of the Charter allows a nation ta undertake ~ction of self-defence only on two conditions, bath of WhlCh are absent here. One of them is that that country shall be the victil11 of arl11ed attack, and not even the Egyptian representative himse1f has illvoked any such prospect. The second is that the Security Council has. not ye~ assumed responsibility for the maintenance of lllt~rnatlOnal peace and security in that area. The Secunty Council has undertaken its responsibilities in that m'ea by un~erwriting the General Armistice Agree-
men~s and calltng upon the parties to ensure their contl1lued fulfilment.
31. L'inconséquence voulue de cette argull1entation et le fait qu'elle a été évidemment conçue, longtemps après la fin des hostilités, pour couvrir cette pratique d'un manteau de légalité, retirent à cette thèse toute la valeur intrinsèque qu'elle aurait pu avoir.
32. En tout cas, si l'Egypte se considère ,en é~at ~e guerre et de belligérance, le Gouvernement d Israel clOlt se réserver le droit de soulever à nouveau auprès du Conseil de sécurité et des Etats qui fournissent des armes la question de savoir si l'Egypte ne doit pas remplir, elle aussi, le contrat et si elle ne doit pas renoncer à tout acte de guerre, puisqu'elle entend pro- fiter du retour à l'état normal en ce qui concerne l'achat des armes.
33. Il n'est pas vrai que l'Egypte soit laissée à l'aban- don et soit sans ressources pour se défendre et préser- ver son existence; en fait, les préparatifs cle défense de l'Egypte ne sont soumis à aucune limitation. Nul n'em- pêche l'Egypte de préparer sa défense, nul n'entrave l'essor de son commerce et de son économie. Si Israël n'impose pas de restrictions à l'Egypte, ce pays ne saurait en imposer à Israël, car la convention qui lie les deux pays est conçue dans un esprit de stricte réci- l)rocité, et il est impossible d'accepter, de la part de l'Egypte, des mesures Cju'Israël ne l)Ourrait pas mettre en œUvre également. On ne pellt pas n~connaitre à l'Egypte le droit d'entraver les importations d'essencc, les achats d'armes 01\ le commerce cl'Israël, si l'on ne concède pas à Israël le droit d'exercer des droits de belligérance et un blocus à l'effet d'entraver les impor- tations d'armes et le commerce de l'Egypte.
34. Ceci posé, nous voyons dans quel abime plonge- raient de gaieté de cœur les deux pays et le C011Seil de sécurité s'ils accordaient le moindre appui ou la moindre créance à la thèse stérile qui veut que, juridiquement, Israël et l'Egypte soient en guerre. Il y a d'ailleurs contradiction entre l'idée que l'Egypte défend sa vic et lutte pour son existence, et le montant de son budget de défense nationale, qui atteint 200 millions de dollars.
35. L'argument tÎré de la nécessité de préserver son exi,stellce se rédui,t donc à ceci: l'Egypte l11air~ti('n~ uni-
lat~ralel11ent UI1 etat de guerre, refuse cie negoclCr la palx, puis elle se plaint fille son existcnce soit en péril.
36. En ce qui concerne l'aspect juridique de la <ll1es- tion, je crois que des arguments convaincants ont déjà réfuté la thèse de l'Egypte. L'Article 51 cie la Charte
n~ permet} un Etat ~:exercer son droit ;le lé~it!n~e defense qu a deux conditIOns, dont aucune n est realtsee ici. La première de ces conditions, c'est que le pays doit être l'objet d'une agression année; or, le représentant de l'Egypte lui-même n'a pas évoqué cette possibilité. La deuxième condition, c'est que le Conseil de sécurité n'ait pas encore pris les mesures nécessaires pour main- tenir la paix et la sécurité internationales dans la région. Or, le Conseil de sécurité a pris les mesures nécessàires dans la région en approuvant les Conventions d'armis- tice général et en invita.nt les pa.rties à en aSliurer l'exé- cution fidèle.
1 conciliation anc! mcdiation providecl for under the " armistice mltchit1l'ry. The attel11pts of the Chief of Staff ;;! of the Truel', Sl1pl'rvision Organization to secure the , cessation by Egypt of this practice has not borne fruit. ; Recug'nizing the deep peril for the armistice system inhcfl'nt in uny contiuuation of thi::; blockade., the Chief of Staff has stated that the matter cannot rest within the limÎted competence of the Mixed Armistice CCllll111issioll, Accordingly, 111)' Government has brought the mattl'r "dore the Security COllncil as a question alYectiug international peace and security. vVe have on record the vie\\'s nf the Unitl~d Nations representative who ncgotiated the Armistice to the effect that these practices are contrary to the \etter and spirit of the Armistice AgrCl'mcnts. \Ve have the fi.ncling of the United N<ltions otTicer charged \Vith sl1pervising the Armistice AgT('l~l11l'l1t tn the el'I'cct that these are aggrt'ssive allll hn~ti[e practices which jeoparclize the efl'el'tivt' funetinn nI' the Armistice Agreement.
38. In l'esllonse to this, and in addition to the juriclical digressions to whieh l have rderred and which have
110 specifie rclntiol1 tn the Agreement 1.Jefore us, the EgYjltian representative has sought to extenttate this practiee, if l understoo<\ him rightly, on the grouncl that its eH'ect might have heen grenter than it has been. He gave us statistics as to the nl1mhcr of ships which passed through the Canal ami the l1tlmber of those which \Vere interfered with, and he came to the conclusion that the interfercnce \Vas relatively smalt.
1,
39. Here wc have the statemcnt of the allthorized United Nations representative to the effect that l'very aet of interfercnce \\'ith cargo destined for Israel is a hostile and aggressiv<~ act and we have the reply of the rejlresentative of Egypt that his Government Ims committetl onl)' ailout 11fty hostile acts whereas it did have the physlcal 0Pl)Ortunity to perform some two thousand hostile aets.
• !
40. l wmtlcl sllggest tn the Council that we are faeed \\'ith a question of principle \Vhich is not in the slightest c1egrce affecter! Ily any quantitative consider- ations. 1t is no use saying that you passcd a hundrecl houses this 1110rning and that you only brokc into f1ftem, and that ohjective people shoulcl ecmte111plate the eighty-five into which you have not broken. l\i[oreover, the diminishing incidence of these interfercnces, far from heing a reassnring factor, is actllal\y a most diS1lllieting consideration. For the fact that there \Vere fl'wer and fewcr incidents of interference as the 1110nths \Vent by simply bears testimony to the deterrel1t effect of the hlockacle. It becamc known ta ships' captnins far and \Vide that any ship engaged on its innocent course \Vith commerce bound for Israel or on an itinerary which l'eqllired it to cali at an Israel port, would he suhject to snch molestatioll or interfer-
~ente pour le système cie l'armistice toute continuation de ce blocus, le Chef d'état-major a déclaré que la ques- tion ne pouvait être réglée par la Commission mixte d'armistice, dont la compétence est limitée. C'est pour- quoi mon gouvernement a porté l'affaire devant le Con- seil de sécnrité, comme une question intéressant la paix et la sécurité internationales. Nous pouvons citer, à l'appui de notre thèse, le mandataire des Nations Unies qui a négocié l'armistice et qui a déclaré que ces mesures étaient contraires à la lettre et à l'esprit des conven- tions d'armistice. Nous pouvons faire état également de l'opinion du fonctionnaire qne l'Organisation des Nations Unies a chargé de surveiller l'exécution de la convention d'armistice; ce fonctionnaire a déclaré qu'il y avait là une action agressive et un acte d'hostilité qui compromettent l'application effective de la convention d'armistice.
38. Pour réponclre à ces arguments, le représentant de l'Egypte, en dehors des digressions juridiques que j'ai mentionnées et qui n'ont aucun rapport direct avec la convention qui nous intéresse, a cherché à excuser les pratiques égyptiennes en soutenant, si je l'ai bien com- pris, que leur effet a.nrait pu être plus grave qu'il ne l'a été. Il a produit des statistiques relatives au nombre des navires qui ont passé par le canal de Suez et au nombre de ceux qui ont été arraisonnés et il en a conclu que la gêne apportée an mouvement des navires a été relativement légère.
39. Ainsi clonc, alors que le représentant autorisé de l'Organisation des Nations Unies déclare que tout acte par lequel on entrave le transit des cargaisons destinées à Israël constitne une action agressive et un acte d'hos- tilité, le représentant de l'Egypte réplique que son gou- vernement n'a accompli qu'une cinquantaine de ces actes d'hostilité, alors qu'il avait les moyens d'en accomplir environ 2.000.
40. Il me semble que le Conseil est placé devant une question de principe dans laquelle les considérations d'ordre qnuntitatif n'interviennent en aucune façon. Que vaut l'argnment du malfaiteur qui dit qu'il est passé devant une centaine de maisons, qu'il n'en a cambriolé qu'une quinzaine et qu'on doit lui tenir compte des quatre-vingt-cînq maisons qu'il a épargnées? D'ailleurs, le fait que l'incidence de ces actes aille en diminuant, loin de nous rassurer, semble an contraire fort inquié- tant. Si le nombre d'actes d'ingérence a diminué de mois en mois, cela témoigne simplement de l'effet pré- ventif du blocus. C'est que, partout dans le monde, les capitaines de navire ont su que tout bâtiment qui, dans le cours de ses opérations normales, transporterait une cargaison à destination d'Israël ou emprunterait un itinéraire qui le ferait toncher à un port israélien, se heur- terait à de telles entraves qu'il valait mieux renoncer
41. Moreover, this is an entirely unilateral act of Egypt in interfering with the trade and the commerce and the shipping of Israel, which imposes no snch interference on Egypt at aU. l should say here that there was a surprising event when the representative oi Egypt quoted the Royal Decree of February 1950 which forms the legislative justification and framework for the aets of blockacle about which a complaint has beeu submitted ta the Security Conncil. He suggested that articles 3 and 4 of that Decree lîsted as contraband liable to search and liable to other action, warships of an kinds, their component parts and their accessories, l11ilitary aircraft of aU kincls, their component parts and their accessories, whereas, when we stndy the original text of that Egyptian Decree, bath in its French and in its Arabic versions, we find there is no reservation about warships. It is ships of aU ldnds which are subject to these controls. It is not military aircraft, but aircrait of aU kinds which are subject to this process of visit, sem'ch and seizure. l fail to nnderstand how such a clear document can be so tendentiously quoted, but, in any case, the issue is not the category of goods which are made the subject of this blockade. Israel denies that Egypt has any right whatever to intercept any process of trade between Israel and another sovereign State. If any State wishes to send any cargo ta Israel, it is not for Egypt ta say whether Israel has enongh or tao much of the commoclity which that sovereign State sends to its destination.
42. FinaUy, l shonld like to summarize the issue which lies before the Security Council as it appears to my delegation, which has borne the brunt of this question over the period of two and a half years. The issue and the challenge have been squarely directed, and the Secu- rity Council must surely decide: either there is astate of war or there is not. The Conncil will have to determine which it is, for sm'ely there must be conformity between the legal rights and positions of both parties. Should Egypt adjust itself to the Armistice Agreement as so far interpreted, to the views of Mr. Bunche and of General Riley, ta the clear intentions of both parties when they set their hands to this Agree- ment at Rhodes as an instrument exc1uding any doctrine of residual war and as ruling out the performance of any hostile aet; or should we all have to ac\just ourselves to the negative, vengeful and sterile thesis of astate of war, so that both parties, as it were, would be exhorted by acquiescence in this blockade to regard the armistice as a state of war, under the c10ak of which hostile aets can be committed?
43. Surely all that has been laboriously achieved both in the negotiation and in the maintenance of the Armis- tice Agreement is in dire peril in this case. By allowing
41. De plus, l'action de l'Egypte lors les échanges commerciaux et le comm d'Israël est purement unilatérale, puisq trave aucunement le commerce de l'Eg avouer que nous avons été surpris lorsq tant de l'Egypte a cité le Décret royal d qui constitue la base et la justiii.cation mesures de blocus qui fnnt l'objet de la Conseil de sécurité est saisi. Le représent a prétendn qu'aux termes des articles décret, étaient considérés cOl11me contr de visite et autres mesures les navires de types, leurs éléments constitutifs et len les avions militaires de tons types, leurs titutifs et leurs accessoires; or, si l'on texte original du décret, que ce soit le te le texte arabe, on constate qu'il n'est pa quement des navires de guerre: ce sont tous types qui font l'objet des mesures même, ce ne sont pas seulement les av mais les appareils de tous types qui peuv fouillés et saisis. Je ne parviens pas il co ment on peut citer un texte aussi clair e d'une manière aussi tendancieuse; mais soit, la question n'est pas de savoir quelle gories d'articles qui font l'objet du hlo reconnaît à l'Egypte at\C1111 droit d'en merce, sous quelque forme qu'il se fass et d'autres Etats souverains. Si un Etat une cargaison ù Israël, ce n'est pas il. appartient de décider si Israël a trop articles que cet Etat souverain lui envoi
42. J'aimerais, pour li.Ilir, résumer la est saisi le Conseil, telle qu'elle apparaî tion sur laquelle cette situation a pesé il. vue pendant plus de cieux ans et demi. sa contestation ont été c1airement éno certain Cjue le Conseil de sécurité doit existe-t-il 1111 état de guerre ou non? L trancher, car il faut que les droits légi
pa~·ties soient compatibles avec lenr situa dOit-elle se conformer à la convention d qu'elle a été interprétée jusqu'ici, M. Bunche et du général Riley il l'inten défir:ie des deux parties 10rsqlt'~lles ont ve:1t19n à Rhodes en tant qu'instrument theone de ,gue~r~ ,résidu~lle et i:1terdis tout acte d hostIhte, ou bien faut-Il que n tous ù la thèse négative, stérile et veng de guerre, qui ferait que les deux pat:t quelque sorte invitées, par l'acceptation considérer l'armistice com1l1e un état de tant de commettre des actes d'hostilité?
43. Il est certain que tous les résultats
obten~ts, .tant au cours des négociatioll l'applIcatIOn de la convention d'armis
44. Is that \\'hat we ol1ght to he doing? Surely the Armistice Agreements have a directly contrary sense. Surcly the 1\rl11i:,;tice Agreement is dead the moment therc is acquiescence in this sinister doctrine that a legal state of \Var, \Vith full belligerent and blockade rights, ma)' he legull)' invokecl hy any signatory ta it. No\\' tlmt the chal1cnge has heen macle, it surely must he clecidecl one way 01' the other.
45. The reprcsentativc of Egypt, as will have been noticc<l, has avoided the fact that tl1is al1egecl bel1igerency was ncver in\'okecl c1uring the hostilities or during or aIter the Armistice Agreement, but onLy recently \Vas Î1npl'()vis(~d as a jllstification for these acts. Above al1, wc are taken aback by the glib assumption tl1at Egypt c0l111nands the unilateral right to mailltain or terminale a state of \Var at its own will. Allyhody WOLlld thillk thnt Egypt, having been victol'ious in a righteol1s
defensiv(~ \Var snnctioned by the United Nations, is now competent to dictate its tenus ta Israel, a clefeated foe \Vith no rights under the Charter. Surely tl1at is not a correct analogy tu this situation. Any analogy between Egypt ami Israel on the one hand and the Alliee! Forces in Germany on the otIler is likcly to he both in'elevant und fal1acions. nut if such analogies were relevant or valid, it coulc1not at all he assulllecl that Egypt's rights anù positiolls wOllld be thosc of the Alliecl Forces in that particular analogy, and certainly the unilateral capacity to clecide if a state of war cxists or is terminatec1 cannot rest with Egypt. On the nther hand, by requiring the i1ll11lcdiate cessation of thcsc acts, the Security Council \\'ould be vindicating the Armistice Agreement, the intentions and spirit vvhich animateel us at Rhodes would be fully restorecl, it wotlld become a matter of international record that no hostile acts are legitimate within the framcwork of the Armistice Agreement, and the armistice machinery, which must be paralysed sa long as there is no agreement betwcen the parties on their legalrelationship, coulcl begin ta function sl11oothly, whercas if the doctrine of a stnte of war \Vere to remaill, both IvIr. BUlIche and General H.iley would be repuclÜLted, the Rhoc\es Agreement in its original sense wonlel he set asidc, and two resolutions of the SecL1rity Ccn11lcîl determining the irrevocable end of 0.11 hostile nets WOLlid be superse<:1eL1. It is difficult to imagine that the Sccurity COlmcil has ever had a case berore it in which the only possible course of action shane sa clearly.
45. Le représentant de l'Egypte, comme on l'aura remarqué, a éludé le fait que cette prétendue beiligé- rance n'a jamais été invoquée pendant les hostilités, ni pendant Ili après les négociations de la convention d'ar- mistice, mais n'a été improvisée que récemment pour justifier les actes qui nous occupent. Nous sommes surtout désarmés par l'assertion spécieuse que l'Egypte a le droit unilatéral de maintenir l'état de guerre ou d'y mettre fin à sa guise. On pourrait croire que l'Egypte, ayant gagné une juste guerre défensive avec l'appui des Nations Unies, a maintenant le droit de dicter ses con- ditions à Israël, adversaire vaincu auquel la Charte ne reconnaitrait aUCun droit. Tel1e n'est certainement pas la situation. Toute comparaison entre la situation de l'Egypte et d'Israël, d'une part, ct celle des Puissances alliées et de l'Allemagne, d'autre part, a des chances d'être à la fois injustifiée et fallacieuse. Mais, si cette comparaison était justifiée ou valable, on ne pourrait absolument pas prétendre que les droits de l'Egypte et sa situation seraient analogues à ceux des Puissances alliées, et il est certain qu'il n'appartient pas à l'Egypte de décider unilatéralement cie la question cie savoir si l'état de guerre existe ou n'existe plus. D'autre part, en exigeant la cessation immédiate des actes qui ont provoqué notre plainte, le Conseil de sécurité défen- ch'ait la convention d'armistice, et nous retrouverions intacts les intentions et l'esprit qui nous animaient à Rhodes. Il serait établi sllr le plan international qu'au- cun acte d'hostilité n'est légitime clans le cadre de la convention d'armistice, et le système de l'armistice, qui est paralysé tant que les parties ne sont pas cl'accord snr la nature cie leurs relations juridiques, pourrait com- mencer ù. fonctionner hannonicnscment; si, au con- traire, la doctrine de l'état de guerre devait être main- tenue, cela reviendrait à désavouer M. Bunche et le général Riley, à ignorer le sens qu'avait à l'origine la Convention de Rhodes, et à annuler deux résolutions clu Conseil de sécl1l'ité qui mettent fin de façon irrévo- cable à tons actes de guerre. Jamais, semble-t-il, le Conseil de sécurité n'a été saisi d'une affaire où la seule décision possible lui soit apparue plus clairement.
47. The issue before us is not part of the peace settlement; it is part of the armistice system. Until this defect and anomaly are repaired, the armistice does not effectively exist as the stepping-stone towards the final stage of peace. For that reason my delegation appeals to the Security COl1ncil to fix its eyes upon this single and specific issue, which my Government cannot envisage in association with other extraneous issues whatever they are and, by giving redress for this long-standing breach of the amlistice system, repair the foundation upon which we can proceed into the more constructive horizons of regional co-operation.
I am about to adjourn this meeting. I wish, of course, to consult the interests of the members of the Security Council. A preliminary investigation of the wishes of members of the Council indicates that several would find it inconvenient to meet again before Tuesday. It occurred ta me that perhaps the Council could meet Monday, but I find very reasonable grounds for not calling the next meeting on Monday. Daes any representative have an objection to adjourning until Tuesday morning at 11 a.m.? As there is no objection, the Coundl is adjourned until Tuesday at Il a.m.
The meeting rose at 4.45 p.m.
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47. La question qui nous occupe ne relève pas du règlement de paix; elle relève du système établi par la convention d'armistice. Tant que ce défaut, cette ano~ malie subsiste, l'armistice cesse d'être la première étape vers la paix finale. C'est pour cette raison que ma délé- gation attend du Conseil de sécurité qu'il consacre son attention à cette question bien délimitée - que mon gouvernement ne saurait lier à d'autres questions qui lui sont étrangères, quelles qu'elles soient - qu'il fasse cesser cette longue violation du régime de l'armistice et qu'il rétablisse ainsi les fondements sur lesquels nous pourrons édifier, dans un espl'Ît constructif, une coopé- ration régionale.
48. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Je vais devoir lever la séance. Je désire naturellement consul- ter les membres du Conseil de sécurité. Les indications préliminaires que je possède à cet égard montrent que plusieurs membres préféreraient que le Conseil ne se réwlisse pas avant mardi. J'avais pensé que le Conseil pourrait peut-être se réunir lundi, mais je reconnais qu'il existe de bonnes raisons pour ne pas convoquer le Conseil POlU' lundi prochain. Y a-t-il des objections à ce que la prochaine séance du Conseil se tienne mardi matin à Il heures? Puisqu'il n'y a pas d'objection. la séance est levée et la prochaine séance aura lieu mardi matin. à Il heures.
La séance est levée à 16 h. 45.