S/PV.715 Security Council

Thursday, Jan. 19, 1956 — Session None, Meeting 715 — New York — UN Document ↗

ELEVE.lVTH YEAR 715
ONZIÈME ANNÉE
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Les cotes des documents de l'Organisation des Nations Unies se composent de lettres majuscules et de chiffres. La simple mention d'une cote dans un texte signifie qu'il s'agit d'un document de l'Organisation.
The agenda was adopted.
1 have asked to speak in order to state our final position regarding the various draft resolutions and amendments that are now before the CounciI. 2. 1'0 Union begin with, the draft resolutions of the Soviet [S/3528] and Yugoslavia [S/3536] come to dealing adequately with the merits of the Œ~arest case. 3. The amendments of Iran, in their original formu- lation [S/3532] reflected the salient facts embodied in the report of General Burns [S/3516 and Add.l]. 4. As for the draft resolution presented by France, the United Kingdom and the United States (S/3530/ Rev.3], it obliges us to raise certain points which we request the Council to consider in aIl earnestness and seriousness. 5. In the three-Power draft resolution, the Council reminds Israel of the previous condemnation passed by the Security Council in respect of IsraeI's past military attacks. The Council then condemns Israel for the attack of Il December "as a fla~rant violation" of Président: M. V. BELAUNDE (Pérou) Présents: Les représentants des pays suivants: Australie, Belgique, Chine, Cuba, France, Iran, Pérou, Union des Républiques socialistes soviétiques, Royaume- Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Etats- Unis d'Amériq'.le, Yougoslavie. Ordre du jour provisoire (S /Agenda /715) 1. Adoption de l'ordre du jour. 2. La question de Palestine : Lettre, en date du 13 décembre 1955, adressée par le représentant de la Syrie au Président du Conseil de sécurité. Adoption de l'ordre du jour La question de Palestine Lettre, en' date da 13 décembre 1955, adressée par le représentant de la Syrie au Président du Conseil de sécurité (S /3505) Sur l'invitation du Président, M. Eban~ représentant d'Israël, et M. Shukairy, représentant de la Syrie, prennent place à la table du Conseil. 1. M. SHUKAIRY (Syrie) [traduit de l'anglais]: J'ai demandé la parole pour exposer notre position définitive sur les divers projets de résolution et amen- dements dont le Conseil est actuellement saisi. 2. Je tiens à faire observer en premier lieu que ce sont les projets de résolution de l'Union soviétique [S/3528] et de la Yougoslavie [S/3536] qui se rapprochent le plus d'une solution correspondant aux faits de la cause. 3. Les amendements de l'Iran, dans leur texte initial [S/3532], rappellent les principaux faits consignés dans le rapport du général Burns [8/3516,8/3516/Add. 1 et Corr. 1 et 2]. 4. Quar.t au projet de résolution des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni [S/3530/Rev.3], il soulève certains problèmes que nous demandons au Conseil d'examiner minutieusement et sérieusement. 5. Tout d'abord, selon ce projet, le Conseil rappelle à Israël les condamnations dont il a déjà été l'objet pour ses attaques militaires antérieures. Ensuite, le Conseil y condamne Israël pour l'attaque commise le Il décembre 195.5, qui est quaÏifiée de ,;: v-IülatiüH flagrante:. àe ia 6. This is the paraphrasing of the draft resolution of the three Powers now before the Counei!. Although not fully adequate to the situation, the pronouncements embodied in this draft reso1'ltion carry with them the resentment of the civilized world angainst the savage attacks committed by Israel against Sydan territory and against the Syrian anny and people. In the main, the sponsors have chosen ta confine tJemsdves in their draft to condemnation for the presen", and a warning for the future. 7. Directcd against a Member of the United Nations other than Israel, certainly such a resolution, certainly such a verdict, wouId be a great deterrent. But Israel's policy is deeply embedded in aggression. Verbal measures are no cure. The ooly remedy is ta apply effective measures to cut the evil out at the root. 8. The verdict of the Council establishing the guilt of Israel is surely not to remain as an international instrument in the archives of the United Nations. For us in the Middle East, the verdict against Israel is an additional ground to prove the COrrectness of the policy we have folIo ed ever since the Palestine question was brought before the United Nations. 9. Yet two points in the draft resolution call for comment. First is the reference to Syrian interference on Lake Tiberias. 1 should say that there has been no interference on our part. Our conduct has not been at fault regarding activities on Lake Tiberias. Our rights of fishing, of navigation and of irrigation in Lake Tiberias and its shores, apart from the Palestine question as a whole, ab antiqua as they are, have been endorsed by international L-eaties. Our peaceful exercise of these rights cannot be described as interierence in any manner. It would be an interference on the part of Israel if Israel hampered the free exercise of Ot~r rights. 10. The second point is the questioTl of prisoners. The Syrian military personnel now held D) Israel were cap- tured by Israel within Syrian territory as the result of an attack on Syrian territory. They werc, so ta speak, kidnapped from their trenches in the course of an attaek. The Israel military personnel in our custody 1 OfJicUd Records of the Security Council, Fourth Year, SpeCÙJI SupplemLnt N° 2, 6. Je viens de paraphraser le projet de résolution des trois puissances dont le Conseil est actuellement saisi. Tout en ne répondant pas entièrement à la ~ituation, les dispositions de ce projet de résolution reflètent le res- sentiment qu'inspirent au monde eivilisé les attaques sauvages t:~~:mises par Israël contre le territoire, l'année et le petlple. syriens. Dans l'ensemble, le projet de réso- lution a été conçu comme une condamnation pour le présent et comme un avertissement pour l'avenir. 7. S'il était dirigé contrt" un Etat Membre de l'ONU autre qu'Israël, ce projet de résolution, ce verdict, aurait certainement de grandes chances d'empêcher le retour de ces incidents. Mais la politique d'Israël a Sl'S racines profondes dans l'agression. Les mesures ver- bales ne sont pas un remède. Le seul remède est de prendre des mesures efficaces qui permettent de s'at- taquer à la racine du mal. 8. Le jugement par lequel le Conseil établit la culpa- bilité d'Israël n'est certainement pas destiné à rester un simple instrument international dans les archives de l'ONU. Pour les peuples du Moyen-Orient, ce jugement prononcé contre Israël confinnera la justesse de la politique que nous suivons depuis que l'Organisation est saisie de la question de Palestine. 9. Cependant, il y a deux points dans le projet de résolution qui appellent des commentaires. Il s'agit d'abord de la mention des entraves apportées par la Syrie su'.' le lac àe Tibériade. Je dois dire que nous n'avons apporté aucune entrave. Notre conduite a été irréprochable en ce qui concerne les activités sur le lac de Tibériade. Les droits de pêche, de navigation et d'irrigation que nous avons sur le lac et sur ses rives, droits qui existent depuis la plus haute antiquité, indé- pendamment de la question de Palestine dans son ensemble, ont été reconnus par des traités internationaux On ne saurait dire en aucune façon qu'en exerçant pacifiquement ces droits nous apportons des entraves. C'est Israël qui entraverait nos activités s'il gênait le libre exereice de nos droits. 10. Le deuxième point est la question des prisonniers. Les soldats syriens actuellemr:-nt détenus par Israël ont été faits prisonniers sur le territoire syrien à la suite d'une attaque lancée contre ce territoire. Ils ont été en quel- que sorte «kidnappés» de leurs tranchées au cours d'une attaque. Les soldats israéliens que nous détenons 1 Procès-verbaux officiels du Conseil de sécurité, quatrième 1 an~ée~ S::pplémcnt spécial nO 2. Il. On the other hand, the drait resolution has failed to provide for effective measures to deter Israel from committing further aggression. The measures that we have urged the Council to adopt remain undecided. No mention is made of expulsion, of compensation or of economie sanctions. Even the question of economic aid is not dealt with. 12. In aH my statements before the Council, 1 have stressed the necessity-rather, 1 have stressed the lIT::;<èncy-of taking a serious vicw of the whole situa- 1 :..ton. 1 have declared time and <'gain that the issue now in the Middle East, which is an issue equally before the Security Council now, is war or no war. Some may have thought that our warning was a piece of rhetoric. 13. Last evening that warning was corroborated. We learn in this morning's The New Y'Jrk Times that, in a public statement made yesterday by Sir Anthony Eden, the world was warned that the Middle East could spark a third world war. In the words of Sir Anthony Eden, a world war could easily be touched off by hostilities in a eritical region such as the Middle East. This warning came from the lips of a great authority exactly at the time when our efforts and labours in' the Security Council were concerned with whether the draft resolution should exclude or include a bare reference to the Charter and to the provisions of the Charter. 13. Hier soir, on a confirmé cet avertissement. En lisant le New York Times de ce matin, nous apprenons que sir Anthony Eden, dans une déclaration publique qu'il a faite hier, a averti le monde que le Moyen- Orient pourrait être à l'origine d'une troisième guerre mondiale. Selon sir Anthony Eden, si des hostilité!> avaient lieu dans une région aussi névralgique que le Moyen-Orient, il pourrait facilement en résulter une guerre mondi~le. Cet avertissement d'un grand homme d'Etat nous a été donné au moment même où le Conseil de sécurité s'efforce de détenniner si le projet de résolution doit ou non contenir une simple référence à la Charte et à ses dispositions. 14. The joint draft resolution, therefore, does not meet the situation. It fails to impose a penalty, to apply sanctions and to arrest Israel's warlike tendencies. The whole question is left to destiny. We therefore suggest that a meeting of minds be achieved. This is the only way to achieve unanimity. Unanirrity is not achieved by addressing an appeal across the table of the Security Council; it must be the outcome of a meeting of minds. 14. Par conséquent, le projet de résolution commun ne répond pas à la situation. II n'impose pas de peine, n'inflige pas de sanctions et ne met pas fin aux tendances belliqueuses d'Israël. On s'en remet au destin pOI"C régler l'ensemble de la question. Nous proposons donc que l'on s'efforce de réaliser une communauté de vues. C'est la seule façon d'aboutir à l'unanimité. On ne parvient pas à l'unanimité en lançant un appel de la table du Conseil de sécurité; l'unanimité doit résulter d'une communauté de vues. 15. It is for this reason that we ask that sorne pro- cedure may be found whereby aIl the elements of the draft resolutions and amendments now before the Security Counci! could be recast in one document which could he adopted unanimously by the Security Coullcil, thereby carrying the weight, dignity and authority of the Council against û'1e treacherous and ghast1y attack of Israel committed against the territory of a Member of the United NRtions. 15. C'est pourquoi nous demandons que l'on trouve une procédure qui permette de fondre tous les éléments des projets de résolution et des amendements dont nous sommes actuellement saisis en un texte que le Conseil de sécurité pourrait adopter à l'unanimité, condamnant ainsi, avec tout le poids de son pïêstige et de son auto- rité, l'attaque traîtresse et épouvantable qu'Israël a lancée contre le territoire d'un }.,tat Membre de l'Or- 1 ganisation des Nations Unif''-'l. 11. De plus, le projet de résolution ne prévoit pas de mesures efficaces en vue de détourner I3raël de sa politique d'agression. On n'a pas encore pris en consi- dération les mesures que nous avons demandé au Conseil d'adopter. Il n'est pas question dans ce projet d'expulser Israël de l'Organisation des Nations Unies, de l'obliger à verser une indemnité ou de lui infliger des sanctions économiques. On n'y parle même pas de l'aide économique. 12. Dans toutes les déclarations que j'ai faites devant le Conseil, j'ai souligné la nécessité, je dirai l'urgence, d'Un examen sérieux de l'ensemble de la situation. J'ai dit et répété que la question qui se pose maintenant dans le Moyen-Orient, et également devant le Conseil de sécurité, est àe savoir s'il y aura ou non la guerre. Certains ont pu penser que notre avertissement était purement théorique. 17. With regard to the Yugoslav draft resolution, we fully appreciate the high principles it is designed to serve, and we thank the Yugoslav representative for the efforts he has made with a view to helping the Council to achieve unanimous agreement. In point of fact, his draft resolution is quite close to that of the three Powers. We still prefer the drafting of the latter, however, both in its preamble and in the operative part. 18. Thus, for instance, we prefer the w<-lrding of the fourth paragraph of the preamble of the joint draft resolution. General Burns' report recognizes that there has been interference by Syria with Israel activities on Lake Tiberias, and that Syria has contravened the Annistice Agreement. The deplorable incident of Il to î2 December must De regardt:d, not as aü isolat17::l act, but as a consequence oZ the situation which has existed .n the area for some time. It must be regarded as one more incident, though of excessive and injustified pro- portions, in the series of incidents which have taken place there. Hence, we Ceel it is right that the draft resolution should mention interference with the rights of Israel on Lake Tiberias. 19. Moreover, Ùle operative part of the Yugoslav draIt resolution includes a paragraph 1'eferring to the payment of .compensation for the loss ot and damage to life and property. We gave our views on that point in our previous s~atement [712th meeting]. We repeat that the Security Council is a political organ, and is not competent to award compensation rights, a matter which falls within the province of a judicial body. 20. With rep:ard ta the amendments to the three- Power draft résolution submitted by Iran, some of which have been accepted by the sponsors, we must say that they have in no way made us change our favourable attitude to the draft resolution. We still regard it as the most objective and carefully considered text before us, given the circumstances, and we thank the repre- sentative of Iran for the efforts he has made to bring about a compromise agreement. 21. The amendement to the fourth paragraph of the preamble and paragraph 7 of the operative part takes the form of a referel"ce to article II, paragraph 2, of the General Armistice AgretilleTlf:, which states that Done of its provisions should "in any way prejudice the rights, daims and positions .of either party... in the ultimate peaceful settlement of the Palestine question". It would perhaps have been better if the last phrase, on the peacefui settiement of the Palestine question, 1 17. Pour ce qui est du projet présenté par la Yougo- slavie, nous comprenons parfaitement les nobles inten- tions qui l'ont inspiré, et nous remercions le représentant de ce pays de !a contribution qu'il a apportée pour permettre au Conseil d'arriver à un accord unanime. En fait, son projet ne résolution est assez proche du texte des trois puiss,ances. Néanmoins, nous continuons à donner la préférence à ce dernier en raison de sa rédaction, en ce qui concerne tant le préambule que le dispositif. 18. Ainsi, nous préférons le quatrième considérant du projet commun. Dans son rapport, le général Burns a reconnu que la Syrie avait entravé les activités d'Israël dans la zone du lac de Tibériade et qu'elle avait enfreint la Convention d'armistice. Le regrettable incident qui s'est produit dans la nuit du 11 au 12 décembre ne peut être considéré cûID.tuê un fait isolé; il s'agit d'une conséquence de l'état de choses qui existe depuis long- temps dans la région, d'un incident de plus, malgré ses proportions exagérees et injustifiées, dans la série de ceux qui s'y sont produits. Il nous semble donc bon de mentiolmer dr.s le projet de résolution les entraves apportées aux droits d'Israël dans la zone du lac. 19. De plus, le dispositif du projet de la Yougoslavie contient un paragraphe qui a trait au paiement d'indem- nités pour les pertes humaines et matérielles. Dans une déclaration antérieure [712e séance], nou.s avons fait connaître notre point de vue sur cette qUf"r·:on. Nous tenons à répéter que le Conseil de sécurité est hll orga- nisme de caractère politique et qu'il n'a pas la compétence voulue pour reconnaître le droit à indemnités, cette qup.stion relevant d'un organisme judiciaire. 20. En ce qui concerne les amendements de l'Iran au projet des trois puissances, dont certains ont été acceptés par les auteurs du projet, nous t~nons à dédarer que ces amendements ne nous ont en aucune façon détournés de l'attitude favorable que nous avions adoptée à l'égard de ce projet de résolution. Nous continuons de le considérer comme le texte le plus objectif et le plus pondéré qu'on eût pu élaborer dans les conditions actuelles, et nous remercions le représentant de l'Iran des efforts qu'il a déployés pour nous permettre d'arriver à uü compromis. 21. L'amendement au quatrième considérant et au paragraphe 7 du dispositif rappelle l'article II, para- graphe 2, de la Convention d'armistice général, qui reconnaît «qu'aucune disposition de la... convention ne devra, en aucun cas, porter préjudice aux droits, pré- tentions et positions de l'une ou l'autre partie dans le règlement pacifique et final de la question palestinienne ~. Il aurait peut-être été préférable de ne pas écarter le dernier membre ùe plU'ase, qui pai'le du ïèglement
L'ordre du jour est adopté.
Mr. Sobolev Union of Soviet Soci..B"t Republics #149591
The Soviet dele- gation has carefully studied th~ draft resolution pre- sented yesterday by the delegation of Yugoslavia [8/3536], and would like to make sorne comnents on it. 24. That draft resolution contains a number of use"! provisions which accurately refleci: the eircumstances of the incidents which occurred on the Israel-Syrian frontier in the area of Lake Tiberias on the night of 11 to 12 December. The draft reso!ution very rightly condemns the Government of Israel for the absolutely unjustified invasion of Syrian territory by Israel armed forces. Let me draw the attention of the members of the Security Council to the fourth paragraph of the preamble to the Yugoslav draft resolution, which quite rightly notes the following finding of the Chief of Staff: " The Israel action on the night of 11 ta 12 De- cember was a deliberate violation of the provisions of the Generai Armistice Agreement, including those: relating to the demilitarized zone, which was crossed by the Israel forces which entered Syria." [8/3516, para. 29] 25. The Yugoslav draft resolution contains not only a condemnation of the Government of Israel, but also a waming to it to refrain from any repetition of the invasion of Arab territory by Israel armed forces. We feel compelled to point out that this warning is not as serious as that contained in the Syrian drait resolution [8/3519], as modified by the delegation of the Soviet Union [8/3528]. We appreciate, however, that the Yugoslav draft. resolution was drawn up. in this form with the object of offering a generally accept.able solution to this very important question. 26. Attention should be given to paragraph 2 of the operative part of the Yugoslav draft resolution, which caUs üpün the Government of Israei Oô to refrain from 22. Voilà ies observations que la délégation cubaine a tenu à faire à la suite de la présentation des nouveaux textes. Avant de terminer, je voudrais une fois de plus préciser la position de mon gouvernement sur cette question: nous ne sommes pas ici pour défendre la cause de Ja Syrie, quelle que soit la sympathie que nous ressentions pour quiconque a été victime d'une attaque préméditée; nous ne sommes pas davantage ici pour défendre la cause d'Israël, quelque convaincantes que puissent être les raisons que ce pays a présentées pour justifier son attaque. Nous sommes ici uniquement et exclusivement pour défendre la cause de l'Organisation des Nations Unies, c'est-à-dire la cause de la paix. S'il est vrai que la paix exige des efforts et des sacrifices de la part de la Syrie comme de la part d'Israël, elle nous impose aussi le devoir d'aborder ce problème dr-,ns un esprit constructif, avec le sens de l'impartialité, de la sérénité et de la fermeté. 23. M. SOBOLEV (UtiÎûn des Répubüques sociaiistes soviétiques) [traduit du russe]: La délégation de l'Union soviétique a étudié attentivement le projet de résolution [8/3536] que la délégation yougoslave a présenté hier, et elle vDudrait à ce Eujet formuler quel- ques observations. 2.4. Ce projet de résolution contient un certain nombre de dispositions utiles qui rendent compte avec exactitude de ce qui s'est passé pendant la nuit du Il au 12 décembre le long de la frontière syro-israélietule dans la région du lac de Tibériade. Dans ce projet, on condamne à juste titre le Gouvernement israélien pour l'intrusion totalement injustifiée des troupes israéliennes en territoire syrien. Je voudrais appeler l'attention des membres du COIlfeiI Je sécurité sur le quatrième consi- dérant du projet de résolution de la Yougoslavie où est reproduite comme il'convient la conclusion suivante du Chef d'état-major: «L'opération effectuée par Israël dans la nuit du Il au 12 décembre constitue une violation délibérée des dispositions de la Convention d'armistice général et notamment des dispositions relatives à la zone démilitarisée, que les forces israéliennes ont traversée pour pénétrer en Syrie» [8/3516, par. 29]. 25. Le projet de résolution de la Yougoslavie contient, non Béulement une condamnation, mais aussi un aver- tissement adressé au Gouvernement israélien, visant à empêcher toute nouvelle intervention des troupes israé- lie!lnes en territoire arabe. Nous sommes obligés de constater que cet avertissement n'est pas aussi grave que celui qui figurait dans le projet de résolution de la Syrie [8/3519] modifié par la délégation de l'Union soviétique [8/3528]. Cependant, nous comprenons que, si la Yougoslavie a présenté son projet sous cette forme, c'est pour trouver à cet important problème une solution que tous puissent accepter. 26. J'appelle également l'attention des membres du Conseil sur le paragraphe 2 du dispositif du projet de résolution de la Yougoslavie où J'on invite le C-cuver· 28. The wording and tone of the Yugoslav draft reso- lution reRect the actual situation at lake Tiberias more accurately than the corresponding provision of the three- Power draft re~()lution. 1 still maintain that the events preceding the incident of Il December shoujJ not he mentioned at aIl, because the Security Council is Dot in possession of fuU information on them, and indeed has not proceeded to the necessary discussio':1 of the matter. If, however, the subject is to be referred to in an} way, then in my view the wording of the Yugoslav draft resolution reRects the actual state of affairs far more accurately than doe~ the three-Power draft resolution. 29. The Soviet delegation stlh V) 1....1ers tht' Syrian drll.ft resolution, as modified hy the USSR, best suited to the Security COlmcil's purpose. At the same time, however, we feel that the Yugoslav draft resolution may enable the Security Council to take a unanimous decision, for which many memhers of the Council have called and which they have recognized as important. 30. In our view, such a unanimous decision on the vital question we are now considering-the condem- nation of Israel for the completely unprovoked attack by its armed forces on the territory of a ncighbouring State-will serve as a serious warning designed to prevent any repetition of similar acts. ïn order to meet the wishes of other delegations for a unanimous decision by the Security Council, the Soviet delegation is prepared not to press for priority in the voting for the Syrian-Soviet draft resolution, an~ to concede priority to the Yugoslav draft resolution. In that event, the Soviet delegation wouId be prepared to support the Yugoslav draft resolutlon.
The general attitude of the Government of Israel was fulfy outlined in the address which 1 made to the Council at the 713th me(;ting. At this stage, 1 should like to confine myself to sorne comments on the draft resolutions hefore the Security Council and on the observations of the representative of Syria and of members of the Council concerning them. 32. The remarks just made by the representative of Syria ev(>~e our profound disquiet whit regard to the prospects of restoring peacc in the Lake Galilee area. The Syrian representative, in the course of this debate, has drawn across our horizon many fantastic and extre- mist proposaIs-about expulsion, about sanctions, about 28. Cependant, par son ton et par sa teneur, le projet de la Yougoslavie expose avec plus d'exactitude la situation qui s'est créée dans la région du lac de Tibériade. Je continue de pen~eT qu'il n'y a pas lieu de faire allusion, dans ce projet, aux événements qui ont précédé l'incident du Il décembre, car le Conseil de sécurité ne possède pas tous les éléments d'information en la matière et, en fait, n'a pas procédé à son sujet à la discussion nécessaire. Cependant, s'il faut en parler dans une certaine mesure, j'estime que le projet d" résolution de la Yougoslavie, par sa teneur, contient un exposé plus exact de la situation que le projet des t!"ois puissances. 29. La délégation dl.' l'Union soviétique continue de penser que le projet de lé'. Syrie modifié par l'URSS est celui qui répond le mieux au problème dont le Conseil de sécurité est saisi. Cependant, nous cstilnons aussi que le projet de résolution de la Yougoslavi~ peut utilement servir de base à une décision unanime du Conseil de sécurité, que de nombreux membres du Conseil de sécurité ont préconisée et dont ils ont reconnu l'importance. 30. A notre avis, une décision unanime sur cette importante question relative à la condamnation d'Israël, p~)U:- l'attaque nullement justifiée que ses troupes ont lancée sur le territoire d'un pays voisin, constituera un avertissement solennel qui aùra pour effet de prévenir toute nouvelle action de ce genre. Estimant comme d'autres délégations qu'il convient de réaliser l'unani- mité au Conseil de sécurité, la délégation de l'Union sovjétique est dhr"'~pP à ne pas insister pour qu'on donne la priorité, lors du vote, au projet de résoluthn de ia Syrie et de l'URSS, et elle accepte qu'on donne la priorité au projet de la Yougoslavie. La délégation de l'Union soviétique appuiera alors ce projet de résolution. 31. M. EBAN (Israël) [traduit de l'anglais): La position du Gouvernement d'Israël a été exposée à fond dans la déclaration que j'ai faite devant le Conseil à la 713e séance. Pour l'instant, je me bornerai à faire quelques remarques sur les projets de résolution dont le Conseil de sécurité a été saisi et sur les observations formulées à leur sujet par le représentant de la Syrie et certains membres du Conseil. 32. Ces observations du représentant de la Syrie pro- voquent chez nous une profonde inquiétude en ce qui concerne les perspectives de rétablir la paix dans la région du lac de Tibériade. Au cours du débat, le représentant de la Syrie a fait surgir à l'horizon des pro- positions tantastiques et extrémistes - il a parlé d'ex- 33. If 1 understood Mr. Shukairy correctly, L" has stated th~ t the adoption of the draft resolution submitted by Franl'e, the United Kingdom and the United States [S/3530/Rev.3] would be taken by him as an endorsement of the correctness of the poIl.cy which the Arab States have foUowed in respect of the Palestine question. In other words, there has been a policy of war and of aggression, oi btlligerency, of boycott, of blockade, of incursion, of marauding, of the causing of a dreadful toU of human life on both sides, ~nd Syria interprets this draft resolution as an endol1lement 'Jf the policies which have led to these results. . 34. Whether the delegations of France, the United Kingdom and the United States desire their draft re- solution to be interpreted as an endorsement of the policies followed by the Arab States towards Israel for these seven years is, of course, a consideration whicn must arise in their minds. My delegation would like to beIieve th(3 t that is not the intention, but that is clearly the effec'., and the observations which 1 made at the 713ih I!teeting about the effects of this draft resolution haw; bcen strikingly borne out by the observations of the representative of Syria. 3.'>. This is of far more than theoretical importance, because it brings our attention to bear on the basic problem of Syrian interventions in contravention of the Armistice Agreement against activities on Lake Tiberias. 36. In thi3 connexion, 1 have noticed that th~ œpre- sentative of Syria gave an indication that Syria, or Syrians, would continue with the "peaceful exercise of... rights" upon the lake. 1 am therefore compelled to point out that Syria and Syrians have no rights whatever, whether peaceful or non-peaceful, upon LaKe Tiberias, which, as has been pointed out by the repre- sentacives of the United Kingdom and Australia and others, lies totally and unreservedly within Israel juris- diction under the terms of the General Armistice Agreement. 37. Quite clearly, Israel would be compelied and entitIed to take measures of law against any Syrian who intruded for any purpose upon Lake "': iberias, unless, of cour::e, an agreement regu!ating (~rtain activities is made upon the lines which my Government is prepared to endorse and in support of which 1 spoke at the 713th meeting. But the jurisdiction of Israel upon the lak~ and its shores applies without any reservatioD, and it is extremcly disquieting to hear a!1 implication that, without any prior agreement, Syria regards itself as entitled to intrude Ïts activities into an area of Israel jurisdiction. This would constitute a violation of several provisions of the Annistiee Agreement. 37. Il est parfaitement évident qu'Israël serait obligé et aurait le droit de prendre des mesures légales contre tout Syrien qui, pour une raison quelconque, s'aven- turerait sur le lac de Tibériade - à moins, bien entendu, qu'on n'arrive à un accord touchant certaines activités d'après des principes généraux que mon gouvernement est prêt à approuver et que j'ai préconisés dans mon intervention de la 713e séance. Cependant, la juri- diction d'Israël sur le lac et ses rives est absolue, ci: il est extrêmement inquiétant d'entendre tirer la conclusion que, sans aucun accord préalable, la Syrie se considère comme étant en droit de pousser ses activités jusque dans une zone relevant de la juridiction d'Israëi. Ce serait une violation de pIusif"H'S dispositions de la ! Convention d'armistice. 33. Si j'ai bien compris, M. Shukairy a déclaré que l'adoption du projet de résolution présenté par les Etats- Unis, la France et le Royaume-Un: [S/3530/Rev. 3] serait interprétée par lui comme une approbatIOn -:lu bien-fondé de la politique que les Etats arabes suivent en ce qui concerne la question tle Palestine. En d'autres termes, on a suivi une politique de guerre et d'agression, de belligérance, de boycottage, de blocus, d'incursion, de maraudage, une politique qui a entraîné des pertes te.ribles en vies humaines pour les deux parties, et la Syrie interprète ce projet de résolution comme une approhation des principes qui ont abouti a ces résultats. 3L!. Que les délégations des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni veuillent que leUr" projet de résolution soit interprété comme une approbation de la politique suivie par les EtaŒ arabes à l'égard d'hraë! au cours de ces sept années est évidemment une pCSJJibilité. Ma délégation voudrait croire que telle n'est pas leur intention, mais l'effet produit est clair, et les observations que j'ai faites à la 713" séance concernant les consé- quences de ce projet de résolution oni été étonnnr>..uneut mises en relief par les observations du représentant de la Syrie. 35. Ces considérations sont très loin d'être thévriques, car elles attirent l'att''ntion sur le problème fonda- mental des interventions syriennes contre les activités lll'T le lac de Tibériade en v:olation de la Convention d'armistice. 36. En effet, ainsi que j'ai pu le constater, le repré- sentant de la Syri~ a indiqué que la Syrie ou les Syriens cont _ueraient d'exercer «pacifiquement ('.es droits» sur le lac, selon sa propre expression. Je me vois donc obligé de faire observer que la Syrie et les Syriens n'ont aucun droit, pacifiqne ou non, sur le lac de Tibériade ; en effet, les re{>résentants du Royaume-Uni, de l'Austr~lie et de plusieurs autres pays ont rappelé qu'aux termes de la Convention d'armistice général ce lac est situé entièrement et sans conteste en territoire relevant de la juridiction d'IsraëL 39. 1 should like to comment, ln the context of the Soviet draft resolution [8/3528], upon certain obser- vations which the representative of the Soviet Union made in his remarks yesterday [714th meeting]. At the 713th meeting, 1 expressed concern at the situation created by the lack of objectivity in the Soviet J.t":lft resolution, and a1so commented upon the effects of unobjective attitudes, when they are linked with the possession of a privileged voring status, upon the freedi'nt of the Security Council to adopt resolutions during the past two years in accordance with majorit)' vote. 40. The concern which 1 expressed related not so much to resolutions which the Security Council had adopted, but to draft resolutions which the Security Council wished to adopt and was prevented from adopting owing to the application of these voting pro- visions of the Charter. But 1 would like to m~!-~ it quite clear that the concern which 1 expressed about the developing effects of this position over the past iwo years, and the tactical influences which it had exercised upon the freedom of the Security Council to give impartial satisfaction to aU parties concerned, was not expressed in any personal sense, but on hehalf of the Govemment and the people of Israel. 41. In this connexion, my delegation heard with regret that the repI'eSentative of the Soviet Union had expressed a charge against Israel whieh goes far beyond the context of recent incidents on Lake Tiberias. 1 quote from the verbatim record. The Soviet representative s:oid: "A number of representatives have pointed out in the Council that, in view of the fact that the State of Israel, since the very first days of its existence, has pursued a threatening pt)licy towards its neighbours, the Security Council cannot confine itself merely to noting the facts. [714 the meeing, para. 52]" 42. First, it is in my view and impression inaccura~e to state that a number of representatives of the Security Council have committed themselves to the extraordinary view that. since the verv first davs of its existence. Israel has pursu'ed a threatening policy towards its neighbours. As far as 1 know, only one member of the Security Council has ever said-and that very recently-that view that, since the very first days of its existence, Israel pursued a threatening policy towards its neighbours. 1 doubt whethpl' the representative of the Soviet Union would be able to quote and to specify which are the other members of the Security Council that have ever committed themselves to that st:atement. 43. It is, however, sufficiently grave for us to hear that statement-that, since the very first days of its existence, Israel has taken a threatening attitude, a threatening 39. A propos du projet de résolution ~::: l'Union sovié- tique [8/3528], je voudrais répondre à certaines obser- vations que le représentant de l'URSS a fonnulées hier [7148 séance]. J'ai, à la 713e séance, exprimé mon inquiétude au sujet de la situation créée par le manque d'objectivité du projet de résolution de l'Union sovié- tique, ainsi qu'au sujet des effets de certaines attitudes peu objectives lorsque ceux qui les adoptent jouissent, pour ce qui est du vote, d'un statut privilégié qui entrave la liberté du Conseil de sécurité et qui l'empêche depuis deux ans d'adopter des résolutions à la majorité. 40. L'inquiétude que j'ai exprimée visait moins les résolutions que le Conseil de sécurité a adoptées qu" celles qu'il n'a pas pu prendre, malgré son désir, en raison des dispositions de la Charte relatives au vote. Cependant, je voudrais préciser que ce n'est aucune- f"1C:1 t en mon nom propre, mais au nom du Gouver- nement et du peuple d'Israël, q'.le j'ai fait part de mon souci et de mes appréhensions devant l'évolution de la situation au cours des deux dernières années et devant l'influence qu'elle a exercée au point de vue tactique sur la capacité du Conseil à donner librement et impar- tialement satisfaction à toutes les pm'ties intéressées. 41. A cet égard, nous regrettons d'avoir entendu le représentant de l'Union soviétique porter contre l'Etat d'Israël une accusation qui dépasse de loin le cadre des incidents récemment survenus sur le lac de Tibériade. Je cite le compte rendu sténographique. Le représentant de l'Union soviétique a déclaré: «Un certain nombre des membres du Conseil ont montré que, étant donné que l'Etat d'Israël, depuis les ,premiers jours de son existence, mène une politique menaçante à l'égard de ses voisins, le Conseil ne saurait se borner à constater purement et simplement des faits» [714e séance, par. 52]. 42. En premier lieu, selon moi, Il est inexact de dire qu'un certain nombre des membres du Conseil ont adopté cette opinion extraordinaire, à savoir que, depuis les premiers jours de son existence, l'Etat d'Israël mène une politique menaçante à l'égard de ses voisins. Pour autant que je sache, un seul membre du Conseil de sécurité a dit, d'ailleurs tout récemment, que l'Etat d'Israël, depuis les premiers jours de son existence, menait une politique menaçante à l'égard de ses voisins. Je doute que le représentant de l'Union soviétique soit en mesure de dire expressément quels sont les autres membres du Conseil qui ont pu prononcer ces paroles. 43. Cependant, il est suffisamment grave pour nous d'entendre le représentant de l'URSS déclarer que, depuis les premiers jours de son existence, Israël a This, then, ls the definition of the Israel Minister for Foreign Affairs of the value of the statement that, since the very first days of its existence, Israel has pursued a threatening policy towards its neighbours. 45. The question of what has happcned to the State of Israel ·nd what has been done by it sinee the very first days of its existence, aIl these matters are engraved upon the record and memory of the Security Council itLelf, and l would paya tribute to the Soviet Union and to its representatives over the past years, inasmuch as those representatives have played a leading part in defining the record of the origin of this conillct in accurate and compelling tenns. 46. Therefore, if the Soviet representative addressed us yesterday on what has happened since the first days of Israel's existence, our minds naturaIly go back to those very turbulent, decisive and for us eternally glorious days. During those days, there sat two members of Soviet delegations at the table of the Security CounciI, and this is what they said about the responsibility for violence in the very first days of Israel's existence. 47. On 15 May 1948, Mr. Tarasenko, the repre~en­ tative of the Ukrainian SSR, spoke as follows: "What does the Govemment of Egypt consider to he its objective in invading Palestine? At the end of the declaration by Egypt, the assertion was made that the intervention had no other object in view than the restoration of security and order to Palestine." [292nd meeting, p. 25] Two days later, on 20 May 1948, Mr. Tarasenko said: "We are concerned with the plain fact that a number of Palestine's neighbour States have sent their troops into Palestine. Our knowledge of that fact is not based on rumours, or on newspaper reports, «II existe apparemment des gouvernements aux mains desquels des faits historiques incontestables ressemblènt à de l'argile aux mains d'un potier; ils prennent certaines fonnes, qu'ils perdent à nouveau selon les nécessités de l'heure. :. . .Le Ministre des affaires étrangères a poursuivi: «Cette déclaration relative à l'attitude préten- dument menaçante d'Israël à l'égard de ses voisins a provoqué, non seulement un profond regret, une grave rancœur et un sentiment amer de ridicule chez la population d'Israël, mais encore l'étonnement et la colère chez ceux qui aiment la vérité un peu partout dans le monde. » Voilà ce que le Ministre des affaires étrangères d'Israël pense de la déclaration selon laquelle l'Etat d'Israël, depuis les premiers jours de son existence, n'a cessé de poursuivre une politique menaçante à l'égard de ses voisins. 45. Quant à ce qui est arrivé à l'Etat d'Israël et ce qu'il a fait depuis les premiers jours de son existence, la réponse est inscrite ~ans les documents du Conseil de sécurité, elle est gravée dans la mémoire de sel; membres. D'ailleurs, je voudrais rendre hommage à l'Union sovié- tique et à ses représentants, car, au cours des années, ces représentants ont joué un rôle dominant en contri- buant à définir l'origine de ce conflit eu des tenues précis et vigoureux. 46. C'est pourquoi, si le représentant de l'Union sovié- tique nous a p~rIé hier de ce qui est arrivé depuis les premiers jours d'Israël, nos esprits se tournent naturel- lement vers ces jours turbulents, décisifs et qui resteront pour nous éternellement glorieux. Pendant ces jours-là, deux membres de délégations soviétiques siégeaient au Conseil de sécurité, et voici ce qu'ils ont dit de la res- ponsabilité des actes de violence pendant les premiers jours de l'existence d'Israël. 47. Le 15 mai 1948, M. Tarassenko, représentant de la RSS d'Ukraine, s'est exprimé comme suit: « Quel est, selon le Gouvernement égyptien, le but de son invasion en Palestine? Nous lisons, à la fin de la déclaration égyptienne, que le but de l'intervention est le rétaofusement de l'ordre et de la sécurité en Palestine. Mais chacun sait que, selon les principes qui régissent les relations internationales, un gouver- nement n'a le droit de rétablir l'ordre que dans son propre pays» [2928 séance, p. 25]. - Deux jours plus tard, le 20 mai 1948, M. Tarassenko a déclaré : « En vérité, il est un fait qui nous apparaît comme évident: c'est qu'un certain nombre d'Etats voisins de la Palestine ont lancé leurs années contre ce pays, ainsi qu'en témoignent non pas des rumeurs, non pas .. 1 should like to point out in passing that none of the States whose troops have entered Palestine can clai.-n that Palestine fom15 part üf ils territory. It is an altogether separate territory without any rela- tionship tel the territories of the States whic" have sent their troops into Palestine." [297th m.eting,] [pp. 4 and 5]. 48. In the same discu:>sion, Mc. Gromyko, speaking for the Soviet Union, said: .. The USSR delegation cannot but express surprise at the position adopted by the Arab States.. [which] have resorted to such action as sending their troops ioto Palestine and ~ng out military operations aimed at the suppression of the national liberation movement in Palestine." [229th meeting, p. 7] 49. On 28 May 1948, Mr. Tarasenko said : .. 1 would point out, in the first place, that we do not know of a single case of the invasion of the terri- tory of another State by the anned forces of Israel, except in self-defence, where they had to beat off attacks by the anned forces of other States on Israel territory. That was self-defence in the fuB sense of the word" [307th meeting, p. 15] 50. Finally, on l4 July 1948, in a discussion concluded on the Securitv Council's detennination that Arah action had cn'ated a'threat to the peace, Mr. Gromyko said: .. The Arab States have no reason to consider the creation of an independent Jewish State in Palestine as a threat to themselves. Seven hundred thousand or 1 million Jews cannot represent any danger to 26 million Arabs. A Jewish State cannot he a threat to the Arab East." [336th meeting, pp. 29 and 30] 51. During the discussion of the same problem in another context, Mr. Jacob Malik, the representative of the USSR, said : •• Ever since its birth, this State declared that it wished to live in peace and entertain peacefpl relations with aH its neighbours and with all the nations of the 1 world. It is not to blame for the fact that this appeal did not meet with any response.... from its neighbours." [383rd meeting, p. 22] 52. If those statements were truc then, as a description of the origins of the conflict which the Security Council is still discussing, they do not become untrue today. And those statements themselves compel us to express our regret and surprise at any indication that the Soviet Government believes that "the State of Israel, since the very first days of its existence, has pursued a threatening policy towards its neighbours". It is difficult to think of a more àirect and total collision than that which has 48. Au cours de la discussion de la même question, M, Gromyko a déclaré ce qui suit au nom de l'Union soviétique : «La délégation de l'URSS ne peut manquer d'ex· primer l'étonnement que lui cause l'attitude adoptée par les Etats arabes qui se sont décidés à envoyer des troupes en Palestine et à prendre des mesures militaires dans le but d'anéantir le mouvement de libération nationale qui se manifeste dans. ce pays 7> [29ge séance, p. 7]. 49. Le 28 mai 1948, M. Tarassenko a dit: «Tout d'abord, les forces armées d'Israël n'ont, pour autant que nous sachions, jamais pénétré sur un territoire étranger, à l'exception des cas où elles ont dû repousser les attaques lancées contre leur territoire par les forces années de certains Etats. Il s'agissait très nettement de légitime défense» [307e séance, p. 15]. 50. Enfin, le 14 juillet 1948, au cours d'une discussion à la suite de laquelle le Conseil de sécurité avait conclu que les actes commis par les Etats arabes avaient créé une menace contre la paix, M, Gromyko a déclaré : «En effet, ces Etats n'ont rien à redouter de la création d'un Etat juif. Sept cent mille Juifs ou même un million de Juifs ne sauraient constituer un danger pour 26 millions d'Arabes. L'Etat juif ne présenterait aucune menace pour l'Orient arabe 7> [336e séance, p. 29 et 30]. 51. Pendant les débats consacrés à un autre aspect du même problème, M. Jacob Malik, représentant de l'URSS, a éloquemment résumé la situation lorsqu'il a dit: «Dès sa création, [l'Etat d'Israël] a déclaré qu'il désirait vivre en paix et entretenir des relations paci- fiques avec tous ses voisins, ainsi qu'avec tous les autres peuples du monde. Ce n'est pas sa faute si cet appel n'a pas trouvé d'écho dans les pays voisins... » [383e séance, p. 22]. 52. Si ces paroles décri,"aient exactement, à l'époque, les origines du conflit que le Conseil de sécurité examine encore aujourd'hui, elles ne sont pas moins vraies. Nous sommes donc obligés de manifester notre regret et notre surprise lorsque le Gouvernement de l'URSS indique d'une façon ou d'une autre qu'à son avis «l'Etat d'Israël, depuis les premiers jours de son existence, mène une politique menaçante à l'égard de ses voisins ». II est difficile d'imaginer une contradiction plus directe 53. 1 pass to the explanation of my Government's views on some of the amendments which have arisen in this discussion, and especially those which have been embudied in one of the main draft resolutions. 54. Following the submission of an amendment by the representative of Iran, a new language now appears in the preamble of the three-Power draft resolution [8/3530jRev.3]. The fourth paragraph of the pre- amble reads now: " Noting also, without prejudice to the uItimate rights, daims and positions of the parties, that, ac- cording to the reports of the Chief of Staff, there has been interference by the Syrian authorities with Israel activities on Lake Tiberias, in contravention of the tenus of the General Armistice Agreement between Israel and Syrîa". 55. 1 confess that my delegation is unable to understand -and 1 use that word in the most elementary sense of language-the relevance of the addition to the centraI thought of the paragraph. 1 do not understand how the noting of a fact c?n be considered to prejudice ' . not to prejudice the provisions of an international agreement. It seems to me to be a non sequitur in the sharpest sense of that term. The provisions of the Armistice Agreement bind Israel and Syria and, obvious- ly, no reference to some episode or to some fact can possibly prejudice the provisions of that agreement. Therefore my comment and conclusion is that the addition of those words adds nothing to and subtracts nothing from the content of the paragraph. Ali that it does is to create a defect of language and of logic, and 1 simply leave the paragraph in an expression of sincere inability to understand what those particular words mean in the context to which they are here related. 56. If such words had any value in clarifying the draft resolution, my delegation could perhaps have understood a direct quotation from the language of the Armistice Agreement. The representatives of France and Cuba have stated that it is to the text of the Armistice Agreement that this particular reference applies. The Armistice Agreement, in article II, paragraph 2, says : "No provision of this Agreement shall in any way prejudice the rights, daims and positions of either party hereto in [he uItimate peaceful settlement of the Palestine question. . . . " 56. Si pareils mots pouvaient tant soit peu servir à préciser les intentions des auteurs du projet de réso- lution, ma délégation aurait peut être pu comprendre que l'on cite textuellement les termes de la Convention d'armistice. Les représentants de la France et de Cuba ont déclaré que ces mots constituent une référence au texte de la Convention d'armistice. Le paragraphe 2 de l'article II de la Convention d'armistice est ainsi conçu: «... Aucune disposition de la présente Convention ne devra, en aucun cas, porter préjudice aux droits, prétentions et positions de l'une ou l'autre partie dans le règlement pacifique et final de la question palestinienne... ». 53. Je passe maintenant à l'explication des vues de mon gouvernement sur certains des amendements qui ont été présentés au cours du débat et, notamment, des modi- fications apportées à l'un des principaux projets de résolution. 54. A la suite de la présentation d'un amendement de l'Iran, nous voyons apparaître un nouveau langage dans le préambule du projet de résolution des trois puissances [S/3530jRev.3]. Le quatrième considérant est mainte- nant ainsi conçu : «Notant aussi, sans porter prejudice aux droits et prétentions que les parties pourront invoquer, ni aux positions qu'elles pourront prendre dans l'avenir, que, selon les rapports du Chef d'état-major, les autorités syriennes ont entravé les activités israéliennes sur le lac de Tibériade en contravention des dispositions de la Convention d'armistice général entre Israël et la Syrie ». 55. J'avoue que ma délégation ne comprend pas - et j'emploie ces mots dans leur sens le plus élémentaire - comment ce qui a été ajouté se rattache à l'idée centrale de ce considérant. Je ne comprends pas comment le fait de noter quelque chose peut être considéré comme portant ou ne portant pas préjudice aux dispositions d'un accord international. A mon avis, il y a là un illo- gisme dans toute l'acception du terme. Les dispositions de la Convention d'armistice lient Israël et la Syrie, et il est évident qu'on ne peut, en mentionnant un épisode ou un fait, porter préjudice aux dispositions de cette convention. Aussi, je fais observer et je conclus que l'insertion de ces mots n'ajoute rien à la teneur de ce considérant. Le seul résultat est que l'on commet une faute de langage et de logique, et j'abandonne tout simplement le paragraphe en me déclarant sincèrement incapable de comprendre ce que ces mots signifient dans le contexte où on les a placés. 58. While wc criticize that insertion as adding nothing and subtracting nothing, but as i.•troducing a certain linguistic and juridical confusion, 1 should like to comment in a different approach upon the other amend- ment by Iran which has been embodied in the tripartite draft resolution. 59. Paragraph'7 now J'l'ads: "Requests the Chief of Staff to pursue his sugges- tions for improving the situation in the area of Lake Tiberias without prejudice to the rights, c1aims and positions of the parties, and to rep.ort to the Council as appropriate...." Here the injunction to respect the provisions of the Annistice Agreement and not (0 prejudice them arises in the context of the suggestions of the Chief of Staff. 60. 1 have stated that certain suggestions, such as that for leaving 250 metres of the surface of Lake Tiberias free from Israel activity, would, in our view, require us to go beyond our obligations under the General Annis- tice Agreement. We have e;~pressed the fear that certain infonnal arrangements suggested would prejudice our rights under existing provisions of the General Annistice Agreement. It is our hope and desire that the Chief of Staff will make efforts to improve the situation in the area of Lake Tiberias, but in full understanding of the paramountcy of the provisions of the General Annistice Agreement. 61. In respect of this view, the Iranian amendment is helpful to both parties in so far as they wish to preserve fully their rights under the General Annistice Agreement; therefore this amendment does represent an objective improvement of the text. 62. 1 should now like to refer to the draft resolution proposed by the delegation of Yugoslavia [8/3536]. 1 believe that a more careful and leisurely examination of this text will show that it possesses serious defects both in equity and in logic, and 1 should be less than frank if 1 were not to say that its adoption would, in our view, contribute to an increase of tension in the Middle 58. Nous critilluons cettc insertion, qui n'ajoute rien et ne retranche rien, mais qui, au contraire, tend à semer la confusion en droit et dans les tennes. J'en viens, mais dans un esprit différent, à l'autre amendement de l'Iran qui a été repris dans le projet de résolution des trois puissances. 59. Le paragraphe 7 est actuellement conçu comme suit: «Requiert le Chef d'état-major de poursuivre la mise en œuvre de ses suggestions pour l'amélioration de la situation dans la région du lac de Tibériade, sans préjudice des droits, prétentions et positions des parties, et de faire rapport au Conseil en temps utile... » Ici, l'ordre de respecter les dispositions de la Convention d'annistice et de ne pas y porter préjudice résulte du texte même des suggestions fonnulées par le Chef d'état-major. 60. J'ai déclaré que certaines suggestions, comme celle qui tend à interdire toute activité israélienne à moins de 250 mètres de la rive du lac de Tibériade, nous contraindraient, à notre avis, à aller au-delà des obli- gations que nous impose la Convention d'annistice général. Nous avons exprimé la crainte que certains des accords officieux qu'on envisage ne portent préjudice aux droits qui nous sont acquis aux tennes des dispo- sitions actuelles de la Convention d'annistice général; nous espérons sincèrement que le Chef d'état-major s'efforcera d'améliorer la situation dans la région du lac de Tibériade, étant entendu qu'il doit bien comprendre que les dispositions de la Convention d'annistice général l'emportent. 61. A cet égard, l'amendement de l'Iran rend service aux deux parties dans la mesure où elles désirent main- tenir intégralement les droits que leur reconnaît la Convention d'annistice général; l'amendement repré- sente donc, en toute objectivité, une amélioraticil du texte. 62. Je voudrais parler maintenant du projet de réso- lution présenté par la délégation yougoslave [8/3536]. Je crois qu'un ('xamen plus attentif et moins précipité de ce texte montrera qu'il est entaché de sérieux défauts du point de vue du droit et de la logique, et je man- querais de franchise si je ne disais qu'à notre avis son adoption contribuerait à accroître la tension dans le ,1 ference~ Therefore the first criticism \vhich 1 offeT of the Yugoslav draft resolution is that the omission of a specifie reference to the Syrian contraventions seriously disturbs its balance in equity and in logic, and would make it a most unsatisfactory basis for approaching the future task of pacification in the Lake Tiberias area. 64. Secondly, we note that the Yugoslav draft re- solution does not caU upon Syria, or cali upon both parties, to comply with their obligations, under article V of the General Armistice Agreement, to respect the armistice demarcation line and the demilitarized zone. The armistice demarcation line has not been respected; shooting across the demarcation !ine upon Israel vessels on the lake has been affirmed and attested by the Chief of Staff to have been a regular feature of tension in the area concerned. Therefore, any resolution emerging from this Council would be seriously defective if it did not illustrate the seriousness with which the Security Council regards the immunity of the demarcation line and the inadmissibility of shooting across it on to Lake Tiberias for any purpose at aIl. 65. One delegation, referring to the incidents of 10 De- cember, described them as insignificant. We do not regard shooting across the armistice demarcation line as insignificant. The workers and fishermen on Lake Tiberias would be surprised to hear that it couId be said to be "insignificant" whether they were murdered lIpon their own lake or not. This is not an insignifi- cant matter, and therefore 1 again would say that the omission of any such provision from the Yugoslav draft l'l'solution is a serious and substantive defect in the balance of that text. 66. Thirdly, on the question of prisouers, which figures in paragraph 4 of the Yugoslav draft, 1 simply wish to draw attention to what seems to be a clerical error. 1 have not reached the stage of believing that anybody wishes the Council to say that, whereas Syrian prisoners should be reIeased-and for this we have- expressed our full readiness-Israel prisoners held in Syrian gaols against the injunctions of the Mixed Armistice Commis- sion should continue to rot away there. 1 am sure that that is not the intention, but the language of paragraph 4 as formulated is open, 1 am sure inadvertentfy, to the interpretation that Yugoslavia proposes only the release 66. Troisièmement, à propos de la question des pri- sonniers, qui figure au paragraphe 4 du projet de la Yougoslavie, je voudrais simplement attirer votre attention sur ce que j'appellerai un lapsus ca/ami. Je n'en suis pas encore arrivé à croire que l'on veuille faire dire au Conseil que les prisonniers syriens doivent être ';bérés - ce que nous sommes prêts à faire, nous l'avons déclaré - et que les prisonniers israéliens détenus par la Syrie malgré les injonctions de la Commission mixte d'armistice doivent continuer à pourrir dans les prisons syriennes. Je suis sûr que l'on n'a pas cette intention, mais le paragraphe 4 est rédigé de telle façon - par 6+. En second lieu, nous remarquons que le projet de résolution de la Yougoslavie n'invite ni la Syrie, ni les deux parties, à s'acquitter, aux termes de l'article V de la Convention d'armistice général, de leur obligation de respecter la ligne de démarcation et la zone démili- tarisée fixées par l'armistice. Cette ligne de démarcation n'a pas été respectée; le Chef d'état-major a affirmé et prouvé que les Lirs effectués à travers la ligne de démar- cation sur les bateaux israéliens du lac ont été un élément de tension dans la région en question. C'est pourquoi toute résolution du Conseil laisserait beaucoup à désirer si elle ne soulignait pas l'importance que le Conseil attache au respect de la ligne de démarcation et à l'interdiction de tirer à travers cette ligne sur le lac de Tibériade pour quelque raison que ce soit. 65. Un représentant a dit que les incidents du 10 décembre étaient sans importance. A notre avis, il n'est pas sans importance de tirer à travers la ligne de démar- cation prévue par l'armistice. Les ouvriers et les pêcheurs du lac de Tibériade seraient surpris d'apprendre que l'on peut dire qu'il est sans importance qu'ils soient tués sur leur lac. La chose n'est pas sans importance, et c'est pourquoi, je le répète, le projet de résolution de la Yougoslavie est entaché d'un défaut grave et fonda- mental qui nuit à son équilibre, à savoir une lacune complète sur ce point. 67. Finally, there is the passage on compensation, paragraph 3. 1 would suggest to the delegation of Yugoslavia that it should consider the juridical aspects of this recommendation. 1 believe that this passage is ultra vires and unconstitutional. It states that the "violation of the General Armistice Agreement entails compensation by the party responsible for the loss of and damage to life and property ". 68. 1 should like to speak on the purely legal aspects of that statement. What is the General Armistice Agreement? It is a bilateral contract between two sovereign States-nameley, Syria and Israel. The terms of that Agreement set out what it does entail and what it does not entail. 1 cannot understand how anyone not a party to that Agreement can inform us that it entails what is not written in it. The General Armistice Agreement cannot be said to entail anything that Israel and S}Tia have not mutually agreed that it should entail. 69. This legal principle is borne out by the jurisprudence of the Mixed Armistice Commission. The Mixed Armistice Commission bas determined that the Agree- ment cannot he held to entail anything which is not specifically provided for in its text, and for that very reason has refused ta rule on the questioh of mutual claims, holding by implication that such matters rest within the domain of the bilateral relationships between Israel and Syria. 1 suggest that the terms of the Armistice Agreement between Israel and Syria should be respected by aIl other parties, and 1 fear that this juridical respect for treaties would not be sustained if, ouside the consent of the parties concerned, the Armis- tice Agreement were determined to entail something not contained in its text. That, then, is a legal con- sideration. 70. 1 think that the practical implications of this paragraph 3 should also be considered. This paragraph would state: "Considers that an established violation of the General Armistice Agreement entails compensation by the party responsible for the loss of and damage to life and property.... " 71. This is an extremely far-reaching statement in its practical implications. Under it, for example, the Government of Israel would be entitled, and 1 am sure that is part of its intention, to present claims for the 84{) cases of death and serious mutilation arising thro11gh violations of the Armistice Agreement by Syria or by other Arab States. Similarly, this text would he open to this interpretation: an established violation of 67. Enfin, je parlerai du passage de la résolution relatif à l'indemnisation (paragraphe 3). Je demande à la délégation yougoslave d'examiner les aspects juri- diques de cette recommandation. Je crois que ce passage est ultra vires et contraire aux textes. Il y est dit que la «violation dûment établie de la Convention d'armistice général entraîne, pour la partie responsable, l'obligation de verser une indemnité en réparation des pertes humaines et matérielles... ». 68. Je voudrais parler des aspects purement juridiqùes de cette proposition. Qu'est-ce que la Convention d'ar- mistice général? C'est un contrat bilatéral entre Etats souverains, lé'. Syrie et Israël. Ses dispositions indiquent ce que la convention entraîne et ce qu'elle n'entraîne pas. Je ne comprends pas comment quelqu'un qui n'est pas partie à cette convention peut nous dire qu'elle entraîne des conséquences dont elle ne dit rien. On ne peut pas dire que la Convention d'armistice général entraîne quoi que ce soit qui n'ait pas fait l'objet d'un accord entre Israël et la Syrie. 69. Ce principe juridique est corroboré par la juris- prudence de la Commission mixte d'armistice. Cette commission a jugé que l'on ne pouvait admettre que la convention pût entraîner des conséquences qui ne sont pas expressément prévues dans le texte, et, pour cette même raison, elle a refusé de se prononcer sur nos reven- dications mutuelles, considérant implicitement que de telles questions relèvent du domaine des relations bila- térales entre Israël et la Syrie. Je pense que les clauses de la Convention d'armistice entre Israël et la Syrie devraient être respectées par les tiers, et je crains que l'on s'écarte du respect juridique des traités si l'on décidait, sans le consentement des parties, que la Convention d'armistice entraîne des conséquences qu'elle ne prévoit pas. Il y a là une considération juridique. 70. J'estime que l'on devrait également tenir compte des conséquences pratiques de ce paragraphe 3. D'après ce paragraphe, le Conseil : «Considère qu'une violation dûment établie d~ la Convention d'armistice général entraîne, pour la partie responsable, l'obligation de verser une indem- nité en réparation des pertes humaines et maté- rieUes... » 71. C'est une déclaration qui, par ses conséquences pratiques, peut avoir un~ portée très grande. Aux termes de cette déclaration, par exemple, le GouverneMent israélien aurait le droit, et je suis sûr qu'il a l'intention de présenter des revendications concernant les 840 cas de décès et de mutilations graves résultant d'infractions à la Conven+=')n d'armistice commises par la Syrie ou par d'autres Btats arabes. De même, ce texte pourrait 73. It is not for me to state whether unanimity is an important consideration, but 1 would seriously suggest in aIl earnestnf'SS to members of the Council that padia- mentary unanimity cannot take precedence over substan- tive considerations of justice, of law, of the sanctity of agreements and of the absolute need to establish complete objectivity in the policies of the Security Council in our region.
Now that we have heard the partif's, and the members of the Council have given their views, 1 feel that the time has come to make a clear and definite statement of the attitude of the three Powers which, some time ago, submitted the draft resolution before the Council. 75. 1 have listened with great attention to the arguments put forward by the representative of the Soviet Union. If 1 understood him correctly, while he would, of course, prefer the amendments [8i3528] that he has himself made to the Syrian draft resolution [8/3519], failing that, he would support the Yugoslav draft resolution [8/3536]. 76. 1 must sayat once that, whatever the advantages of that draft resolution, we could not accept it. 1 should like to pay a tribute to the Yugoslav representative's efforts to achieve his purpose, namel), unanimity in the Security Council, but 9 fuI that his proposaI is somer- what late. ï would remind the Council that ours was submitted as long ago as 11 January 1956. The differences of stress and balance between the two drafts should be borne in mind. 77. The Yugoslav draft resolution does not mention, as we do in the fourth paragraph of our preamble, the Chief of Staff's reports concerning interference by the Syrian authoritieG. Neither does it say anything about the appeal which 1 think we should make to the two parties to respect the annistice demarcation line, as we 73. II ne m'appartient pas de dire si l'unanimité est une considération importante, mais je tiens, en toute conscience, à faire remarquer aux membres du Conseil que l'unanimité parlementaire ne peut avoir la priorité sur des considérations. fondamentales telles que les principes de justice et de droit, le caractère sacré des accords et la nécessité absolue pour le Conseil de sécurité de poursuivre dans notre région une politique de par- faite objectivité. 74. M. ALPHAND (France): Je crois que, main- tenant que nous avons entendu les parties et que les membres du Conseil ont exprimé leur avis, le moment est venu de dire, d'une façon claire et décisive, quel est le sentiment des trois puissances qui ont présenté, il y a quelque temps déjà, le projet de résolution qui est soumis au Conseil. 75. J'ai écouté avec beaucoup d'attention les arguments exposés par le représentant de l'Union soviétique. Si j'ai bien compris M. Sobolev, tout en préférant, bien entendu, les amendements qu'il a lui-même apportés [8/3528] au projet de résolution de la Syrie [8/3519], il se rallierait, en définitive, au projet de résolution de la Yougoslavie [8/3536]. 76. Je dois dire tout de suite que, quels que soient les avantages de ce projet de résolution, nous ne pourrions pas l'accepter. Je rends hommage aux efforts faits par le représentant de la Yougoslavie pour aboutir à ce qu'il souhaite, c'est-à-dire à l'unanimité du Conseil de sécurité. Cependant, je crois que sa proposition est un peu tardive. Je rappelle que la nôtre a été déposée dès le 11 janvier 1956. Je crois que sa proposition présente avec la nôtre des différences de nuances et des diffé- rences d'équilibre qui doivent être soulignées. 77. Dans le projet de résolution de la Yougoslavie, en effet, il n'est pas fait mention, <.;omme nous le faisons au quatrième paragraphe de notre préambule, des rapports du Chef d'état-major concernant les entraves apportées par les autorités syriennes. II n'y est rien dit non plus quant à l'invitation que nous devons adresser, 78. For aU these reasons, 1 believe that the three- Power draft resolution, as amended, is preferable to the Yugüslav draft. 79. l should like to stress the fact that we have amended the three-Power draft resolution four times already to take account of all the views that have been expressed around this table and, in particular, to take account of the amendments submitted by the represen- tative of Iran and the amendments and wishes of the Soviet delegation. We have stated that there is no prejudice ta the ultimate rights, daims and positions of the parties; this is stipulated both in the fourth para- graph of the preamble and in paragraph 7 of the operative part of our draft resolution. This represents two amendments. 80. Next, iinmediately after referring to the inter· ference by the Syrian autpJ.iw...: w r point out, as we did in our speeches. that 'le hold that such interference in no way justifie' the :~rael action. This is the tt':-d amendment. provIsIOn that an immediate 81. Lastly, we have accepted the arrangements should be made for exchange of aIl prisoners. This amendment. 18 the fourth 82. 1 must state on behalf of the tluee Powers that this represents the extreme limit of the concessions we can make. A time cornes when we JIlUst finish with the matter, and 1 must remind you that this important question has been before members of the Council for discussion and negotiation for over a month. 1 think the three-Power draft resolution, as amended [S135301 Rev.3] represents a maximum of compromise, in- tended to enable as many of us as possible to vote for it. This draft resolution condemns the action of Il December 1955, but establishes a certain necessary balance. It draws attention to the rights and obli- gations of the parties and is, 1 think, the strongest resolution ever adopted by the Council on such a subject. 1 appeal to all my colleagues to ensure that this draft resolution receives the vote of every member of the Council or, failing that, a heavy majority. 83. The Syrian representative said a little while ago that we had before us a question of considerable importance. Emphasizing this point, the Syrian repre- sentative quoted the words of the United Kingdom Prime Minister. We are seized with a problem which may have serious consequences and must settle it, as we propose, with the least possible delay. 84. 1 would add that, among the concessions which the three Powers have made, and which we accepted straight away, there is one which is important and which meets a request by the Soviet delegation for a 78. Pour toutes ces raisons, je pense que le projet de résolution des trois puissances, tel qu'il a été amendé, est préférable au projet de la Yougoslavie. 79. Je tiens à insister sur le fait que, pour tenir compte de tous les avis qui ont été exprimés autour de cette table et, en particulier, pour tenir compte des amen- dements du représentant de l'Iran et des amendements présentés par la délégation de l'URSS ou des souhaits qu'elle a exprimés, nous avons, à quatre reprises déjà, amendé le projet de résolution des trois puissances. Nous avons noté qu'il n'est pas porté préjudice aux droits, prétentions et positions des parties. Cette mention figure à la fois au quatrième considérant et au paragraphe 7 du dispositif de notre projet de résolution. Cela repré- sente donc deux amendements. 80. En outre, après avoir rappelé les entraves apportées par les autorités syriennes, nous avons immédiatement indiqué, comme nous l'avons dit dans nos discours, que nous considérons que ces entraves ne justifiaient en rien l'action d'Israël. Ceci est le troisième amendement. 81. Enfin, nous avons accepté que des dispositions soient prises pour l'échange immédiat de tous les pri- sonniers. Cela constitue le quatrième amendement. 82. Je dois dire, au nom des trois puissances, que c'est là l'extrême limite des concessions que nous pouvons faire. Il y a un moment où nom devons terminer, et je dois rappeler qu'il y a plus d'un mois que cette importante question est soumise à la discussion et à la négociation des membres du Conseil. Je crois que le projet de résolution des trois puissances, tel qu'il a été amendé [Sj3530/Rev.3], représente le maximum de la conciliation pour permettre au plus grand nombre d'entre nous de le voter. Ce projet de résolution condamne l'action qui a été commise le Il décembre 1955. Il comporte cependant un certain équilibre néces- saire. Il rappelle les droits et les obiigations des parties, et il représente, je crois, la: plus forte des résolutions qui aient été adoptées sur de pareils sujets par le Conseil de sécurité. Je fais appel à tous mes collègues pour que ce projet de résolution recueille l'ensemble des voix du Conseil ou, en tout cas, le plus grand nombre de ces voix. 83. Le représentant de la Syrie l'a dit tout à l'heure: nous nous trouvons devant une question d'une impor- tance considérable. En le soulignant, le représentant de la Syrie a cité les paroles du Premier Ministre du Royaume-Uni. Nous sommes saisis d'un problème qui peut avoir des conséquences graves, et nous devons le régler, comme nous le proposons, dans les délais les plus brefs. 84. Je voudrais ajouter que, parmi les concessions qui ont été faites par les trois puissances et que nous avons tout de suite acceptées, il en est une qui est importante et qui répond à une demande de précision de la délé-
, Procès-verbaux officiels du Conseil de sécurité, quatrième année, Supplément spécial n° 3.
When 1 asked.for the adjournment of the debate yesterday evening to allow time for the study of the counter-amendments proposed by the three great Powers, 1 had no intention of prolonging the discussion, the outcome of which is of deep concern to my delegation. My main purpcse v,ras to compare the tlu'ee-Power draft resolution, including the amendments accepted, with the last part of my amendment [8/3537] to the fourth paragraph of the preamble. 1 wished also to consider whether or not to press my proposaI. After long reflection, 1 reached the conclusion that it would be better for my delegation, even if not completely satisfied, to do nothing to hinder the unanimous adoption of the draft resolution. It was in this spirit that 1 took my decision; and, continuîng my efforts to arrive at a compromise, 1 decided-not, 1 must admit, without reluctance-to accept the French representative's counter-amendment to the fourth paragraph of the preamble and the United States amendment to operative paragraph 8 concerning the exchange of prisoners. 86. We consider that the amended draft resolution should strengthen the Securify Council's prestige, for it proves that, if Israel were ta renew its attacks, the Council would not rest content with a mere condem- nation, but would consider what further measures under the Charter were required to maintain or restore the peace. If 1 construe this provision correctly, this refers to the measures provided for in Chapter VII of the Charter. Furthermore, by accepting my amendment to operative paragraph 7 and to the fourth paragraph of the preamble, the Council would remove any possi- bility of misinterpretation prejudicial to the rights of the Syrians under resolution 181 (II) adopted by the General Assembly in 1947. 87. 1 also accept the counter-amendment submitted by the United States representative concerning the release of prisoners, whether Syrian or Israeli. This means prisoners in the sense in which this term is defined, and not spies; at any rate, that would be my delegation's . interpretation of such a provision. Where the release of prisoners is concerned, my delegation feels that humanitarian considerations must prevail over political considerations. My delegation would therefore be the last to oppose the release of the Israel prisoners. 1 am firmty convinced that agreement on the exchange of prisoners will reduce tension between Syria and Israel; 85. M. ABDOH (Iran) : Lorsque, hier au soir, j'ai demandé l'ajournement du débat pour disposer du temps nécessaire à étudier les contre-amendements pro- posés par les trois puissances, je n'avais nulle intention de prolonger la discussion dont le résultat intéresse profondément ma délégation. Mon intention était surtout de comparer, d'une part, le projet de résolution des trois puissances, y compris les amendements qui ont été acceptés et, d'autre part, la dernière partie de l'amendement que j'avais soumis [8/3537 et Gorr.l] quant au quatrième considérant. Je voulais aussi réfléchir à la question de savoir s'il convenait d'insister sur ma proposition. Après avoir longuement médité, je suis arrivé à la conclusion qu'il serait préférable que ma délégation ne fasse rien qui soit de nature à entraver l'adoption du projet de résolution à l'unanimité, même si elle n'a pas entière satisfaction. C'est dans cet esprit que j'ai pris ma décision, et, poursuivant mes efforts pour arriver à un compromis, j'ai été amené - non sans réticence, je dois l'admettre - à accepter le contre- amendement proposé par le représentant de la France au quatrième considérant ainsi que !"ame:'ldement de la délégation des Etats-Unis qui a trait au paragraphe 8 du dispositif relatif à l'échange des prisonniers. 86. Nous estimons que le projet de résolution amendé est de nature à renforcer le prestige du Conseil de sécurité, car il prouve que le Conseil ne se contenterait pas, dans le cas où Israël renouvellerait ses attaques, d'une simple condamnation, mais qu'il serait amené à envisager les mesures propres à maintenir ou à rétablir la pai.", dans le cadre de la Charte des Nations Unies. Si mon interprétation est correcte, il s'agit des mesures prévues par le Chapitre VII de la Charte. D'autre part, en acceptant mon amendement au paragraphe 7 du dispositif ainsi qu'au quatrième considérant, le Conseil écarterait toute implication erronée de nature à porter atteinte aux droits des Syriens fondés sur la résolution 181 (II) que l'Assemblée générale a adoptée en 1947. 87. De même, j'accepte le contre-amendement soumis par le représentant des Etats-Unis tendant à mettre en liberté les prisonniers, qu'ils soient Syriens ou Israéliens. Il s'agit là de prisonniers qui tombent sous la définition que l'on accorde à ce terme et non pas d'espions; c'est du moins l'interprétation que ma délégation donnerait à une telle disposition. En effet, pour ce qui est de la libération des prisonniers, ma délégation est d'avis que les considérations d'ordre humanitaire doivent l'em- porter sur les considérations politiques. Ma délégation serait donc la dernière à s'opposer à la libération des prisonniers israéliens. Je suis fermement convaincu qu'un 89. These circumstances incline us to believe that the incident of 10 December was only a manoeuvre on the part of Israel to justify the large-scale attack of Il De- cember. Moreover the onlv conclusion that could be drawn from the doc~ents in' question is that the Syrian military authorities had given orders t ,'open fire on any Israel military craft approaching within less than 250 metres from the shores of Lake Tiberias. It is also apparent that the Syrian military forces had been ordered not to fire on Israel fishing boats. Further- more, as General Burns' report shows, no incident of that kind had occurred for sorne time before the large- scale attack by the Israel military forces. 90. The mere intention, however-and that is aIl of which these documents provide evidence-is far from constituting interference, as stated in the three-Power draft resolution. Interference presupposes action, whereas mere intention implies no action whatever and cannot be regarded as interference in the sense of the fourth paragraph of the preamble. 91. We realize that the three Powers may have allowed political considerations to prevail over legal considera- tions, particularly in a political body of the United Nations, and that it is these political considerations that may have led them to press for the maintenance of the fourth paragn.ph nf the preamble as it now stands. In the opinion of my delegation, it should be borne in mind that this paragraph is of quite secondary importance in comparison with other provisions of the draft resolution, which deal with the condemnation of Israel and the 89. Ces circonstances peuvent aisément nous amener à pense! que l'incident du 10 décembre n'était qu'une manœu'!re de la part d'Israël pour justifier l'attaque de 2'rande envergure du Il décembre. De plus. la ~~eule con~lusion que l'on pourrait tirer des d~cu~entH en question, c'est que les autorités militaires syriennes avaient donné des ordres pour que l'on tire sur les embarcations militaires israéliennes s'approchant à moins de 250 mètres des bords du lac de Tibériade. II en ressort également que les forces militaires syriennes avaient reçu l'ordre de ne pas tirer sur les bateaux de pêche israéliens. D'ailleurs, ainsi que le montre le rapport du général Burns, aucun incident de cette nature ne s'était produit depuis quelque temps, avant l'attaque de grande envergure lancée par les forces militaires 1 israéliennes. 90. Or, l'intention en elle-même et c'est la seule conclusion qui pourrait ressortir de ces documents - n'est pas, tant s'en faut, à considérer comme une entrave, ainsi que l'indique le projet de résolution des trois puissances. En effet, l'entrave suppose l'action, alors que l'intention à elle seule n'implique aucune action quel- conque et ne peut être considérée comme une entrave au sens où l'entend le quatrième considérant du projet. 91. Nous comprenons que des considérations d'ordre politique de la part des trois puissances pourraient l'emporter sur les considérations juridiques, notamment dans un organe politique des Nations Unies, considé- rations politiques qui les auraient amenées à insister pour mainteniï le quatrième considérant sous sa forme actuelle. Ma délégation est d'avis qu'il convient de rappeler que ce considérant n'a qu'une importance tout à fait secondaire qui ne peut être comparée à celle des autres dispositions du projet de résolution concernant
In view of the impor- tant and constructive declaration just made by the representative of Iran, it now seems probable that the Security Council will be able to adopt a resolution with a very large measure of agreement, if not complete agreement. 94. The sponsors of the three-Power draft resolution have made a great contribution towards the achieve- ment of that unanimity which we aIl recognize to be desirable. They have shown, 1 believe, a readiness to accept several amendments put forward by other members of the CounciI. The representative of Iran, too, has shown an encouraging spirit of accommodation. 95. My delegation also appreàltes the constructive efforts of the Yugoslav delegation in preparing an alternative drait resolution with a view to facilitating the reaching of agreement in the Security Counci!. In view, however, of the progress made in revising the three-Power draft resolution, so that it now appears likely to command general support, we consider that the later text should retain its priority. 1 believe that the three-Power draft resolution offers a more balanced statement of the issues in this case. That, indeed, was cIearly demonstrated in the very lucid exposition given the Council a few minutes ago by the representative of France. The Australian delegation is prepared to vote in favour of the three-Power draft resolution, as now revised. 96. 1 consider it necessary, however, to make a further observation, following the statements which have been made here. 97. 1 ùo not sec how anyone can fail to have bccn impressed by the description that the representative of Israel has given of the atmosphere of hostility to which the people of Israel have been continually subjected by their neighbours-a hostility which, 1 fear, was reflected in sorne of the remarks made by the representative of Syria. In order to avoir] any misunderstanding, let me say again that thp !.u:;Lralian delegation does not find even in this sustained hostility of Israel's neighbours any justification for the Israel attack which is the subject of Syria's present complaint to the Council. But 1 must express the Australian delegation's concern at the lack of progress in resolving the fundamental issues between Israel and its neighbours. 93. M. WALKER (Australie) [traduit de l'anglais] : Etant donné la déclara.bn importante et constructiv~ que vient de faire le représentant de l'Iran, il semble probable que le Conseil de sécurité sera en mesure d'adopter une résolution à l'unanimité, ou presque. 94. Les auteurs nu projet de résolution des trois puis- sances ont beaucoup contribué à réaliser cette una- nimité que nous jugeons tous souhaitable. Ils se sont montrés, semble-t-iI, disposés à accepter plusieurs amen- dements déposés par d'autres membres du Conseil. Le représentant de l'Iran a, lui aussi, fait preuve d'un esprit de conciliation encourageant. 95. Ma délégation est reconnaissante à la délégation yougoslave des efforts utiles qu'elle a déployés en pré- sentant un autre projet de résolution dont l'objet est de recueillir tous les suffrages des membres du Conseil. Cependant étant donné les progrès réalisés dans la revision du projet des trois puissances qui semble main- tenant recueillir l'appui général, nous estimons que c'est à ce texte qu'il convient de donner la priorité. Je crois que le projet de résolution des trois puissances expose d'une façon équilibrée les éléments de l'affaire. Le repré- sentant de la France a clairement montré qu'il en était bien ainsi dans le brillant exposé qu'il a fait il y a quelques minutes. ' .a délégation australienne est disposée à voter pour le projet de résolution des trois puissances sous sa forme revisée. 96. Cependant, j'estime nécessaire de formuler une autre observation à la suite des déclarations que nous venons d'entendre. 97. Je ne pense pas que l'on puisse manquer d'être frappé par l'exposé que le représentant d'Israël a fait de l'atmosphère d'hostilité dans laqueUe le peuple d'Israël a été plongé par ses voisins; cette hostilité, je le crains, a trouvé son expression dans certaine3 des ob- servations du représentant de la Syrie. Pour éviter tout malentendu, je jois dire une fois de plus que la délé- gation austral:cnne ne voit, même d:.ns cette hostilité continue de la part des voisins d'Israël, aucune justi- fication de l'attaque qui fait l'objet de la plainte actuelle de la Syrie. Cependant, la délégat;~n australienne se doit d'exprimer sa préoccupation devant l'absence de tout progrès dans le règlement des problèmes fondamentaux qui opposent Israël et ses voisins. 99. 1 also wish to make it c1ear that, as we now join in supporting a draft resciution that condemns Israel's action on this occasion, anù in issuing to Israel a solemn warning with regard to the measures which the Security Council might be obliged to take in the event of further violations of the Armistice Agreement by Israel, we do 50 becausc we firmly believe that ail States should carry out their international obligations. No State, and abO\'e aU no Member of the United Nations, is entitled to take aggressive action against its neighbours, even if there be provocation. Consequently, in the event of further violations of the Armistice Agreement by any of the parties, we hope that appropriate action will be taken by the Securit'y Council.
Mr. Sobolev Union of Soviet Socialist Re- publics #149596
1 wish to make a very brief observation on the stateme••t by the Israel representative which we have just heard. 101. In the course of his remarks, Mr. Eban correctly quoted my remark yesterday to the eErect that Israel was carrying on a policy of threats towards its neighbours. But Mr. Eban also attributed to me 50mething 1 did not say. In particular, 1 said nothing about the origins of the Palestine conflict, nor is that question under consideration at the present moment. 102. At the same time, Mr. Eban qu6ted a number of statements· made by Soviet represcntatives in the Secu- rity Council on various occasions, during discussions on the Palestine question. 1 do not propose to alter anyth- ing in those statements, nor do 1 sec any need to do 50. Moreover, 1 wouId point out that those statements in no wa;' conflict with what the Soviet representative is saying in the present instance. 103. For very understandable reasons, Mr. Eban did not mention Ùiat, since then, Israei had been responsible for incidents such as that at Qibya in 1953 and at Gaza at the beginning of 1955. As we aIl know, those two incidents were condemned by the Security Couneil as utterly unjustified violations by Israel of the provisions of the Charter and the armistice agreements. ~04. The Security Council is now considering the case of an attack by Israel armed forces on the territory of Syrla, on the night of 11 to 12 December 1955. It has already becn pointed out here in the Security Council that this is the fourth time in two years that Israel has appeared before the Council to answer for violations of the provisions of the Charter and the armistice agree- ments concluded with its neighbours. 105. Mr. Eban was also silent with regard to the statements he himself had made in the Securify Council in defending bis " policy of retaliation" against Israel's neighbours. 99. Je tiens également à préciser que, si nous sous- crivons à un projet de résolution qui condamne Israël pour une action déterminée et si nous nous joignons aux autres membres du Conseil pour avertir solennellement Israël des mesures que le Conseil pourrait être obligé de prendre en C<'..l de nouvellt. violation de la Convention d'armistice, nous le faisons dans la ferme conviction que tous les Etats doivent faire honneur à leurs obligations internationales. Aucun Etat, et surtout aucun Membre de l'ONU, n'a le droit de recourir à des mesures d'agression contre ses voisins, même s'il y a eu provo- cation. En conséquence, si l'une ou l'autre des parties commet une nouvelle violation de la Convention d'ar- mistice, nous espérons que le Conseil de sécurité prendra les mesures qui s'imposent. 100. M. SOBOLEV (Union des Républiques socia- listes soviétiques) [traduit du russe]: Quelques mots seulement au sujet de l'intervention du représentant d'Israël. 101. M. Eban a cité exactement l'observation que j'avais faite hier et selon laquelle Israël suit une poli- tique menaçante à l'égard de ses voisins. Cependant, il m'a attribué des paroles qu~ je n'avais pas prononcées. Notamment, je n'ai rien dit au sujet des origincs du conflit de Palestine. Cette question n'est d'ailleurs pas à l'étude. 102. En même temps, M. Eban a cité un certain nombre de déclarations que les représentants de pays soviétiques avaient faites au Conseil de sécurité, au cours de l'examen de la question de Palestine. Je n'ai aucune raison de changer quoi que ce soit à ces':::Ia- rations. Je tiens à signaler d'ailleurs que ces déclarations ne contredisent en aucune façon ce que le représentant de l'URSS dit actuellement. 103. Pour des raisons tout à fait compréhensibles, M. Eban n'a rien dit des incidents plus récents dus à l'ini- tiative d'Israël, notamment de l'incident de Qibya en 1953 et de l'incident de Gaza au début de ~ 355. On sait que le Conseil de sécurité a condamné Israël pour ces deux incidents qu'il a qualifiés de violations entiè- rement injustifiées des dispositions de la Charte et des conventions d'armistice. 104. Aujourd'hui, le Conseil de sécurité examine l'at- taque que les troupes israflicnncs ont commise en territoire syrien dans la nuit du Il au 12 décembre 1955. On a déjà signalé ici que c'est la quatrième fois en deux ans qu'Israël comparaît devant le Conseil, inculpé d'avoir violé les dispositions de la Charte et celles des conventions d'armistice conclues avec ses voisins. 105. M. Eban n'a rien dit non plus des déclarations qu'il a faites lui-même au Conseil pour défendre la «politique de représailles» que son pays applique à l'égard de ses voisins. 108. Sir Pierson nIXON (United Kingdom): 1 asso- ciate myself and agree with the statement made earlier this moming by Mr. Alphand, in which he explained the position of the three Powers in regard to the tripar- tite draft resolution which is before the Council in its final form in document S/3530/Rev.3. 1 should like to express my recognition of the desire to smooth the path of unanimity which animated the representative of Yugoslavia in submitting the draft resolution submitted by his delegation. 109. Mr. Alphand has explained why the sponsors do n~ consider that it would be practicable for the Council to reopen its discussion on ilie basis of that draft reso- lution. 1 should like to explain briefiy, before we come to the vote, why we hold, with confidence, that the three-Power draft resolution as revised should repre- sent the conclusion of the Council on the item before it. 110. Mr. Alphand, Mr. Lodge and 1 submitted the draft resolution contained in document S/3530 and Cord on 12 January [71Oth meeting]. The Gouncil has dealt extensively and intensively with the Syrian complaint on its agenda. The debate bas, it seems to me, been in many respects useful and constructive. As my colleagues are aware, the sponsors have had pro- longed discussions with the representative of Iran, who has in the course of the Council's proeeedings sub- mitted two sets of amendments [S/3532 and S/3537]. 1JJ. The central features of the three-Power draft re- solution are, of course, the condemnation, in strong terms, of the Israel action on the night of Il to 12 De- cernber 1955, and the waming to the Govemment of Israel of the consequences here in the Council of anv TPpetition of such action. . 112. The terms of the condemnation have bef'n gene- rally agreed upon, and the sponsors stand firmly by the waming which they think that the Council should give. In order to clarify the position for the representative of the Soviet Union, we have agreed to add to this section the words "under the Charter". We have not considered that it would he right to omit the last paragraph of the preamble, as the representative of Iran first proposed, nor have we feIt able to accept the whole of his subsequent amendment. We have, however, inserted in the operative part a new paragrap 1 of importance, making clear that inter- ference on the lake in no way justified the Israel attack. J13. We have also added the "without prejudice" clause, both in the last paragraph of the preamble and in operative paragraph 7. In the preambular paragraph this 'Will, 1 hope, serve 10 dispel miscon- ceptions. In paragraph 7 it seems to me of considerable importance. The efforts of the Chief of 108. Sir Pierson nIXON (Royaume-Uni) [traduit de l'anglais] : Je m'associe à la déclaration par laquelle M. Alphand a expliqué ce matin la position des trois puissances au sujet du projet de résolution dont elles ont saisi le Conseil et qui porte sous sa forme définitive la cote S/3530/Rev. 3. Je tiens à rendre hommage au représentant de la Yougoslavie qui, en déposant le projet de résolution de sa délégation, était animé du désir d'aplanir les difficultés pour aboutir à l'unanimité. 109. M. Alphand a expliqué pourquoi les auteurs du projet de résolution des trois puissances ne pensent pas qu'~J serait possible au Conseil de rouvrir le débat en se fondant sur ce projet de résolution. Avant que nous pas- sions au vote, je dhai brièvement pourquoi nous sommes convaincus que le projet revisé des trois puissances devrait représenter la conclusion à laquelle le Conseil est parvenu sur la question dont il est saisi. J10. M. Alphand, M. Lodge et rr>.oi-même avons pré= senté le 12 janvier [I 1~ séance] le projet de réso- lution qui porte ia cote Sj353Û. Le Conseil a examiné, en détail et à fond, la plainte de la Syrie inscrite à son ordre du jour. A mon avis, les débats ont été utiles et constructifs à bien des égards. Ainsi que mes collègues le savent, les aute'lrs de ce projet de résolution ont discuté longuement avec le représentant de l'Iran, qui a, au cours des débats du Conseil, présenté deux séries d'amendements (S/3532, S/3537 et Corr. 1]. 111. Les éléments essentiels du projet de résolution des trois puissances sont bien entendu la condamnation, en termes énergiques, de l'action entreprise par Israël dans la nuit du 11 au ]2 décembre 1955, et l'avertissement adressé au Gou'vemement israélien au sujet des consé- quences que pourrait avoir, au Conseil, toute répé- tition d'une telle action. 112. D'une façon générale, cette formule a été acceptée, et les auteurs tiennent essentiellement à maintenir les termes de l'avertissement que le Conseil, à leur avis, devrait donner. Afin de préciser la situation, à l'in- tention du représentant de l'Union soviétique, nous avons accepté d'insérer dans cette partie les mots «dans le cadre de la Charte ». Nous d'avons pas estimé qu'il conviendrait de supprimer le dernier considérant, comme le représentant de l'Iran l'avait tout d'aoord proposé, et nous n'avons pu accepter en totalité son amendement ultérieur. Nous avons cependant inséré dans le dispositif un nouveau - et très important - para- graphe 1, qui indique clairement que les entraves apportées sur le lac ne justifient en rien l'action israé- lienne. 113. Nous avons également ajouté la clau:iC «sans pré- judice» dans le dernier considérant, ainsi que dans le paragraphe 7 du dispositif. Da!...s le considérant cette clause servira, je l'espère, à écarter les malentendus. Au paragraphe 7, elle me semble d'une très grande imper·. tance. Les efforts du Chef d'état-major pourraient bien 114. Aiter the uscful discussion of the subject here in the Council, the representative of Iran has not felt it necessary ta maintain his earlier arllendment dealing with the difficult question of the right of compensation by the Council. On the other hand, thanks to ms initiative, the draft resolution, in its third revision, now contains a useful paragraph calling for an immediate exchange of prisoners. In view of what MI'. Abdoh said this morning on that subject, 1 should emphasize that, in the view of the sponsors, this paragraph deals, as it expressly says, with al! military personnel on bath sides. 115. In its new form, 1 have no hesitation in recommending the three-Power draft resolution to the Council, and 1 hope that it will receive unanimous support. It is severe in regard to the Government of Israel, hecause severity in this case was necessary, but we believe that it ;5 also just and fair. ï 16. MI'. BRILEJ (Yugosiavia): :1 shouid Hke to make a few comments concerning the remarks of the repre- sentative of Israel in regard to the draft resolution submitted by my delegation [8/3536]. 1 do not believe that it is necessary for me ta go into the details of his observations with regard to certain points on which my delegation has already expressed its views dearly, such as the question of so-caHed Syrian inter- ference and the question whether an established vic:ation -and 1 stress the words "established violation "-of the General Armistice Agreement entails, or dlJes not entail, compensation by the parties responsible. Il i. There is, however, one poiT't which 1 should like to take up. This concerns the question of military prisoners. There is no doubt of my delegation's desire to see aIl military prisoners liberated; this was one of the purposes of our draft resolution. Paragraph 4 of our text refers to the release of prisoners taken .. in this action" for a very simple reason, namely, that the latter is the item on our agenda. We are dealing in the Council at present with the Israel attack of 11 to 12 December. 118. On the other hand, by requesting the Chief of Staff to take the necessary steps to pursue his suggestions for improving the situation, we have covered, 1 think, ail the military prisoners held by one side or the other. 119. As the representative of Israel knows very weIl, the Chief of Staff has suggested the exchange of ail prisoners, in accordance with the provisions of the Geneva Convention, and, in requesting the Chief of Staff to pursue these suggestions, my delegation wholly endorses them and hopes that aIl prisoners will b( released at the earliest possible moment. 115. J{' n'hésiterai pas à recommander au Conseil le projet revisé des trois puissances, et j'espère qu'il recueil- lera l'unanimité. Il est sévère à l'égard du Gouvernement israélien, parce que la sévérité s'impose dans ce cas, mais nous croyons qu'il est également juste et équitable. i i6. M. BRILEJ (Yougosiavie) [traduit de l'angiais] : Je voudrais commenter brièvement les observations que le représentant d'Israël a faites au sujet du projet de résolution de ma délégation (8/3536]. Je ne pense pas devoir examiner en détail ce qu'il a dit de certains points sur lesqu::-Is ma délégation s'est déjà clairement prononcée ; je veux parler notamment de la prétendue intervention syrienne et de la question de savoir si une violation dt!ment établie - et je souligne les mots «violation dûment établie» - de la Convention d'ar- mistice général entraîne ou non pour les responsables l'obligation de verser des indemnités. 117. Il Y a cependant une question sur laquelle je voudrais m'arrêter, celle àes militaires prisonniers. Il ne fait aucun doute que ma délégation souhaite la libération de tous ces prisonniers; tel est d'ailleurs l'un des buts de notre projet de résolution. Au paragraphe 4 de notre texte, nous préconisons la libération des prisonniers ~aits «au cours de cette action»; nous avons inséré cette disposition pour cette simple raison que l'action en question constitue précisément le point inscrit à notre ordre du jour. En effet, le Conseil traite actuellement de l'attaque israélienne commise dans la nuit du Il au 12 décembre. 118. En outre, en requérant le Chef d'état-major de poursuivre la mise en œuvre de ses suggestions pour l'amélioration de la situation dans la région, nous avons, je crois, visé tous les militaires prisonniers détenus par l'une ou l'autre des parties. 119. Le représentant d'Israël sait fort bien que le Chef d'état-major a proposé l'échange de tous les prisonniers conformément aux dispositions de la Convention de Genève, et, en n~quérant le Chef d'état-major de pour- suivre la mise en œuvre de ses suggestions, ma délégation souscrit entièrement à ces suggestions et espère que tous les prisonniers seront libérés le plus tôt possible.
Mr. Sobolev Union of Soviet Socialist Re- publics #149597
The USSR dele- gation cannot agree with the United Kingdom representative's proposaI that the draft resolution sub- mitted ta the Security Council by France, the United Kingdom and the United States should he given priority. According to the rules of procedure and to established practice, draft resolutions are put to the vote in the order of their. submission to the Council. 122. As we aIl know, the Syrian draft resolution [8/3519] was submitted to the Council long before the representatives of France, the United Kingdom and the United States presented their draft resolution. In accordance with rule 38 of the rules of procedure, the Soviet Union endorsed the Syrian draft resolution, with certain additions that it thought necessary. In a letter to the President of the Council [8/3528], the USSR delegation requested that that amended draft should be put to the vote. The text of the draft is set forth in our letter oi 9 january; if you insist on giving it a name, you may call it the Syrian-Soviet draft resolution. The draft reso!ution in my letter was submitted to the members of the Security Council !~r their consideration on 10 Janual'Y, whereas the first version of the draft resolution of the three Western Powers was submitted on Il January. Consequently, there are no legal grounds for giving priority in the voting to the draft resolution introduced by France, the United Kingdom and the United States.
1 must point out ta the Soviet representative, with ail due respect, that, while we have a rule of priority by chrono- logical arder, wc also have the established practice of the Council and of the General Assembly, under which, if priority is requested, the decision is left to the members' discretion. Therefore, as a request for priority has been made by the three Powers, 1 shaH have to put that motion to the vote, so that the Council itself may decide whether it wishes to give priority to the draft resolution in question.
Mr. Sobolev Union of Soviet Socialist Re- publics #149599
1 am sarry, but 1 {eel compelled to quote the rules of procedure in order to re-establish the facts. 125. There is no provision in the Security Council's mIes of procedure for arranging an order of priority in the voting on draft resolutions. Rule 32 leaves no room fOT doubt on that point. It reads as foHows: .. Principal moti-:ns and dr-aft resolutions shaH have precedence in the order of their sumission." And that is ail, on that point. 121 \f. SOBOLEV (Union des Républiques socia- listes :..ovîétiques) [traduit du Tusse]: La délégation de l'Union soviétique ne peut accepter la proposition du représentant du Royaume-Uni tendant à donner prio- rité au projet de résolution des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni. Conformément au règlement intérieur et à la pratique, les projets de résolution sont mis aux voix dans l'ordre où ils sont présentés au Conseil. 122. On sait que le projet de résolution de la Syrie [8/3519] a été présenté au Conseil bien avant celui des .Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni. Confonnément à l'article 38 du règlement intérieur, l'Union soviétique a repris le projet de résolution de la Syrie, sous réserve de quelques modifications qu'elle estimait nécessaires. Dans une lettre au Président du Conseil [8/3528], la délégation de l'URSS a demandé qu'il soit procédé au vote sur ce projet, que vous pouvez appeler si vous y tenez projet de résolution de la Syr.ie et de l'URSS, et dont le texte figure dans notre lettre du 9 janvier. Le projet de résolution reproduit dans ma lettre a été déposé devant le Conseil de sécurité le 10 janvier, tandis que ~a première version du projet des trois puissances a été soumise le Il janvier. En consé- quence, rien ne nous autorise à donner la priorité, lors du vote, au projet de résolution des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni. 123. Le PRESIDENT (traduit se l'espagnol): Je tiens à faire respectueusement observer au représentant de l'Union soviétique que, si cette règle de priorité d'après l'ordre chronol~que existe effectivement, la jurLprudence du Conseil, conune celle de l'Assemblée générale, veut qu'on laisse la question de la priorité à la discrétion des membres, chaque fois que la priorité est demandée. En conséquence, comme les trois puis- sances ont demandé la priorité, je me verrai obligé de mettre la motion aux voix afin que ce soit le Conseil lui-même qui dise s'il veut donner la priorité à ce projet de résolution. 124. M. SOBOLEV (Union des Républiques socia- listes soviétiques) [traduit du russe]: Je vous plie de m'excuser, mais je suis obligé de citer le règlement intérieur pour mettre les choses au point. 125. Le règlement intérieur du Conseil de sécurité ne dit rien de l'établissement d'un ordre de priorité à donner, lors du vote, aux projets de résolution. L'article 32 ne laisse aucun doute à ce sujet. En effet, il est ainsi conçu: « Les propositions principales et les projets de résolution ont priorité dans l'ordre où ils sont présentés. » Cet article nt> dit rien de plus à ce sujet.
1 have no wish to embark on a procedural discussion with the Soviet representative. Such discussions are always lengthy. 1 must point out to him, however, that the rules of procedure are not exhaustive, and that il: is established practice--and indeed a general rule--for a body to he master of its own rules of procedure, which may be amended if a request to that effect is made in advance. 128. In the circumstanccs, the be&t course will be to treat the Soviet representative's objection as a challenge to the President's ruling. That being so, 1 caU upon the Security Council to take a decision on that challenge. 129. 1 have just learned that the Soviet representative's remarks did not constitute a challenl!e to the President's ruling. 1 thank him for the info~ation. 130. 1 accordingly put to the vote the pro}X>sal that priority he given to the three-Power draft resolution [S/3530/ Rev.3]. A vote was taken by show of hands-. ln favour: Belgium, Cuba, Cpina, France, Australia, Peru, United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland, United States of America. Against: Yugoslavia, Union of Soviet Socialist Republics. Abstaining: Iran. The proposaI was adopted by 8 votes ta 2~ with 1 abstention.
First, 1 should like to explain why my delegation voted against priority for the three-Power draft resolution. Since my delegation submitted its own draft resolution and believes that this draft corresponds much more closely to a just and adequate evaluation of the case, it is very logical for my delegation to be opposed to the request for priority. ln the present situation, with the President's permission, 1 should like to make another statement regarding the Yugoslav draft resolution. 132. i feel that there is no need for me to explain again why my delegation deemed it necessary to submit its draft resolution and why we were and still are convinced that our draft would he a much more ade- quate expression of the debate here in the Council. My delegation explained all these reasons in its two previous statements. 127. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol) : Je ne désire pas engager un débat sur la procédure avec le représentant de l'Union soviétique. Les débats de ce genre se prolongent toujours. Néanmoins, je dois rap- peler que le règlement n'épuise pas tous les cas, et, en vertu de la jurisprudence - il s'agit d'ailleurs d'une règle générale - tout organe est maître de sa procédure et peut la modifier si cette modification a été préala- blement sollicitée. 128. En pareil cas, il vaudrait mieux considérer l'objection formulée par le représentant de l'Union soviétique comme une contestation de la décision prési- dentie'le. En conséquence, je demanderai au Conseil de sécurité de statuer sur cette contestation. 129. j'apprends à "instant que les paroles du repré- sentant de l'Union soviétique ne constituaient pas une contestation de la décision présidentielle. Je remercie ce représentant de m'en avoir informé. 130. De ce fait, je mets aux voix la demande de prio- rité en faveur du projet de résolution des trois puissances [S/3530/Rev. 3]. Il est procédé au vote à main levée. V otent pour: Belgique, Cuba, Chi..ê, France,. Australie, Pérou, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Etats-Unis d'Amérique. Votent contre: Yougoslavie, Union des Républiql!es socialistes soviétiques. S'abstient : l'Iran. Par 8 voix contre 2, avec une abstention, la motion est adoptée. 131. Mr. BRILEJ (Yougoslavie) [traduit de l'anglais]: Je tiens d'abord à expliquer pourquoi ma délégation a voté contre la proposition tendant à accorder la priorité au projet de résolution des trois puissances. Puisque ma délégation a présenté son propre projet de résolution et estime que ce dernier procède d'une analyse beaucoup plus juste et beaucoup plus complète de la situation, il est parfaitement logique que nous refusions que l'on donne la priorité au projet des trois puissances. Je voudrais maintenant, avec la per- mission du Président, faire une autre déclaration au sujet de notre projet de résolution. 132. Je n'ai nul besoin, je pense, d'expliquer à nouveau pourquoi ma délégation a jugé bon de présenter un projet de résolution et pourquoi nous étions et nous sommes encore persuadés que ce projet refléterait beaucoup plus fidèlement les débats du Conseil. J'ai exposé toutes ces raisons dans mes deux interventions précédentes. 134. The three-Power draft resolution has been improved by the acceptance of sorne amendments sub- mitted by the representative of Iran and by improve- ments of the text by its original authors. This bas not made the text completely satisfactory; nevertheless, 1 feel it has made it more acceptable for aIl of us. 134. Le projet de résolution des trois puissances est maintenant mieux rédigé, car ses auteurs ont accepté certains des amendements de l'Iran et lui ont apporté eu?C-mêmes quelques améliorations. Ce qui ne veut pas dire que le projet est parfaitement satisfaisant; néanmoins, j'estime que nous pouvons tous plus faci- lement l'accepter. 135. In addition to this general consensus, there is another important point, namely, the fact of having a unanimously adopted decision of the Council. The debate in the Council has c1early shown that any future action of the kind which wc have been discussing during the last week will mect not only \Y-ith conàcmnation by this Couneil but perhaps with other measures provided for in the Charter. The fact that this is not suffieiently cIearly expressed in the three-Power drait resolution will not change the effect which our consideration of the case will have on public opinion, and especiaIly on public opinion in the two countries concerned. 136. For aIl these reasons. mv dele!!'ation will find it , possible to vote, in a spirit ~f c~mpro~ise, for the three- Power draft resolution, even though it is not entirely satisfactory owing to certain shortcomings.
Mr. Sobolev Union of Soviet Socialist Re- publics #149602
Under rule 32 of the rules of procedure of the Council, a vote may he taken not only on a proposaI as a whole, but also on parts of a proposaI. 138. 1 request that a separate vote be taken on the fourth paragraph of the preamble to the three-Power draft resolution. This will enable those memhers of the Security Couneil which do not share the view set forth in that paragraph to express their position on it directly and unambiguously.
The relevant provision is contained in mIe 32 of the mIes of procedure, and reads as follows: "Parts of a motion or of a draft resolution shall he voted on separate1y at the request of any representative, unless the original mover objects."
As the original mover, on behalf of the three Powers, of the draft resolution now before us, 1 must raise objection to the proposaI of the representative of the Soviet Union. My reason is this. The three-Pover draft resolution is a carefulty drafted document embodying a number of significant amendments. To omit or to amend any 135. Outre l'accord général, il faut souligner un autre point: il importe que le Conseil adopte une décision unanime. Il ressort clairement de nos débats qu'au cas où un incident analogue à celui que nous venons d'examiner se reproduirait, le Conseil ne se bornerait pas à une condamnation, mais envisageraît peut-être d'autres mesures prévues par la Charte. Le fait que cette idée ne soit pas exprimée avec une clarté suffisante dans le projet de résolution des trois puissances ne changera rien à l'effet que nos débats auront sur l'opinion publique, en particulier sur celle des deux pays \ntéressés. 136 T POlir toutes ces raisons, ma délégation, dans un esprit de compromis, estime possible de voter pour le projet de résolution des trois puissances, malgré ses quelques imperfections. 13/. M. SOBOLEV (Union des Républiques SOClo- listes soviétiques) [traduit du russe] : Conformément à. l'article 32 du règlement intérieur du Conseil, le vote sur les propositions peut avoir lieu, non seulement sur i'ensembie, mais par division. 138. Je demande que le quatrième considérant du projet de résolution des trois puissances soit mis aux voix séparément. Cette procédure permettrait aux membres du Conseil de sécurité qui ne partagent pas le point de vue exposé dans ce texte de se prononcer clairement et sans ambages à son sujet. 139. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Le texte pertinent figure à l'article 32 du règlement; il se lit comme suit: « La division est de droit si elle est demandée, à moins que l'auteur de la proposition ou du projet de résolution ne s'y oppose. » 140. Sir Pierson DIXON (Royaume-Uni) [traduit de l'anglais]: Ma délégation, qui a présenté au nom des trois puissances le projet de résolution dont nous sommes saisis, doit s'opposer à la proposition du repré- sentant de l'Union soviétique. Voici pourquoi: le projet de résolution des trois puissances est un do- cument minutieusement rédigé, dans lequel on a incor-
The President on behalf of sponsors that the draft resolution should be voted on as a whole #149605
ln application of rule 32, and in compliance with the request made on behalf of the sponsors that the draft resolution should be voted on as a whole, 1 put to the vote the draft resolution submitted by France, the United Kingdom and the United States of America [8/3530/Rev.3]. A vote was taken by show 01 hands. In lavour: Australi::t, Belgium, China, Cuba, France, Iran, Pero, Union of Soviet Socialist Republics, United Kingdom of Great Britain and Northcrn lreland, United States of America, Yugoslavia. The dralt resolution was adopted unanimously.
1 ask the indulgence of the members of the Council to make a statement. 143. This question came before the Security Couneil in the form of a complaint by the Government of Syria against the Government of Israel. As the represen- tative of Peru, 1 had occasion to praise the moderation shown by the Government of Syria in face of the attack made upon it; instead of reacting in a way which would have produced a general conflict in the area, it preferred a restrained attitude which enabled it to come before the Security Council as the victim of an attack. 144. The representative of Iran pointed out that the Perovian representative's opinion had also been expressed by other delegations. Accordingly, it seems to me that, since it was not considered appropriate to make any reference to that point in the resolution, it is the Council's moral duty to record its approval of this temperate conduct on the part of the Government of Syria; and 1 accept with much l;j~asure the Iranian representative's invitation to me ta \ oke that approval. 145. We have just adopted, by a signih-:antl)' unanimous vote, a resolution whose greatest merit ,'ests on the two circumstances to which 1 am about to refer. 146. It is now almost a month since the Security Council began giving this problem its most zealous attention; and we have held eight meetings to study the question thoroughly. Three draft resolutions were presented, and there was constant negotiation on the amendments presented by the representative of Iran, who, in his turn, modified and improved his amendments with a perseverance and a competence which 1 can only praise. The outcome is a resolution of a somewhat melancholy nature, it is true; a resolution inspired by justice with a view to the strict fulfilment of the painful duty which the condemnation of an act done by a member of the United Nations must be. But, at the same time, while condemnation is a painful matter, 141. Le l'~<..ESIDENT (traduit de l'espagnol): En application de l'article 32, et étant donné que les auteurs ont demandé que le vote ait lieu sur l'ensemble du texte, je vais mettre aux voix le projet de résolution présenté par les Etats-Unis d'Amérique, la France et le Royaume-Uni [8/3530/ Rev. 3]. Il est procédé au vote à main levée. Votent pour: Australie, Belgique, Chine, Cuba, France, Iran, Pérou, Union des Républiques socialistes soviétiques, Royaume-Uni de Grande-Bretâ5ue et d'Irlande du Nord, Etats-Unis d'Amérique, Yougoslavie A l'unanimité, le projet de résolution est adopté. 142. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Je demande l'indulgence du Conseil pour faire une déclaration. 143. Le Conseil de sécurité s'était réuni en vue d'exa- miner une plainte que le Gouvernement syrien avait déposée contre le Gouvernement israélien. En ma qualité de représentant du Pérou, j'ai eu l'occasion de féliciter le Gouvernement syrien de la retenue dont il ~ fait preuve à la suite de l'attaque dont il a été victime; Il a,. en effet, préféré s'abstenir de toute mesure qui aurait pu provoquer une généralisation du conflit dans la région, pour adopter une attitude modérée qui lui a permis de se présenter devant le Conseil de sécurité en tant que victime d'une attaque. 144. Le représentant de l'Iran a fait remarquer que cette façon de voir du représentant du Pérou avait été exprimée également par d'autres délégations. Puisqu'on n'a pas jugé utile d'en faire mention dans la résolution, il me semble que le Conseil a le devoir moral - et j'accepte avec plaisir l'invitation que m'a a, 1~"cssée le représentant dp. l'Iran - de prendre acte de la modé- ration du Gouvernement syrien. 145. Nous venons d'adopter à l'unanimité - c'est là un fait significatif - une résolution dont les grandes qualités peuvent se résumer dans les deux faits ci-après: 146. Depuis près d'un mois, le Conseil de sécurité conS2.cre toute son attention à ce problème, et nous nous sommes réunis huit fois pour étudier la question à fond. Les membres du Conseil ont présenté trois projets de résolution, et des entretiens prolongés ont eu lieu au sujet des amendements déposés par le représentant de l'Iran, amendements que ce dernier a, à son tour, modifiés et améliorés avec une ténacité, une compétence et un esprit dont il convient de faire l'éloge. Il en est sorti une résolution qui présente, certes, un aspect assez triste, mais un aspect inspiré par la justice et l'obser- vation rigoureuse d'un pénible devoir: condamner un acte commis par un Etat Membre de l'Organisation des Nations-Unies. Mais, en même temps, malgré le sen- 147. 1 should like to stress this note of hope. We hope that both parties will regard the armistice line as sacred and inviolable, not merely because they accepted it, but also because it was created by the solemn intervention of the United Nations. We aIso trust that they will regard as sacred the duty implied in our appeal to them to co-operate with the Chief of Staff of the Truce Supervision Organization, who represents the United Nations not only in a purely administrative capacity, but also in thp. interest of peace, and endowed with full moral powers. Sometimes the mere discharge of a duty, the halting of certain actions at a particular line- steps which may appear simple and insignificant-have incalculable consequences; but what is still more important than this negative legal attitude is a positive policy of effective co-operation for peace and interna- tional harmony. 147. Je vais la préciser. Nous espérons que les deux parties considéreront la ligne d'armistice comme sacrée et inviolable, non seulement parce qu'elles l'ont acceptée mais en raison de l'intervention solennelle de l'Orga- nisation. Nous comptons que les parties estimeront qu'à la suite de l'appel que nous leur avons adressé, elles ont le devoir sacré de prêter leur concours au Chef d'état- major qui n'assume pas seulement une fonction pure- ment administrative au nom de l'Organisation, mais qui représente là-bas les intérêts de la paix, avec toutes les attributions qui découlent de cette charge morale. Parfois, l'accomplissement modeste d'un devoir, l'arrêt de certains actes sur une ligne, qui paraît quelque chose de bien simple et bien modeste, peut avoir des conséquences incalculables; mais ce qui peut être encore plus important, à côté de cette attitude juridique négative, c'est l'attitude positive que représente une collaboration efficace en faveur de la paix et de l'harmonie internationale. 148. These words of mine are of more than purely formai significanee; tooay, after the Syrian represen. tative's reference to the recent statements made by the Prime Minister of the United Kingdom, they have a human and very immediate meaning. The geogra- phical position of the Middle East makes it a sensitive area in the politica1 life of mankind. Important political interests clash there, and, as far as the United • Nations is concerned, the sacred interests of peoples living under the aegis of the Organization. And not merely the geographica1 position of the Middle East, but its history, one of great profundity and imposing majesty, leads us to believe that the fate of humanity may be decided in that area. 148. .le viens de prononcer des paroles qui n'ont pa.'! seulement un ser.1S protocoiaL.~, mais qui, aujow.-if'hui, après que le représentant de la Syrie a cité les dernières déclarations du Premier Ministre britannique, ont un sens humain et actuel. Le Moyen-Orient occupe une situation géographique qui en fait une région névral- gique dans la vie politique de l'humanité. C'est là que s'affrontent les plus hauts intérêts politiques et, pour ce qui est de l'ONU, les intérêts sacrés des peuples qui vivent sous le signe de l'Organisation. Ce n'est pas seulement la situation géographique, c'est une perspec- tive historique, d'une profondeur et d'une majesté prestigieuses, qui nous font penser que les destinées humaines pourront se décider dans le Moyen-Orient. 149. Il est certain que la paix est indivisible et que toute violation de la paix dans n'importe quelle partie du monde compromet, d'une façon ou d'une autre, la paix universelle ; cependant, à l'heure actuelle, compte tenu de la situation mondiale et du passé, nous pouvons établir une gradation des dangers, et aussi une graw dation des espoirs. 149. It is true that peace is indivisible, and that a violation of peace in one area to some extent endangers the peace of the world; but today, in the present world situation, and aware of the events of the past, we are able to draw up an order of intensity of dangers, and of hopes too. 150. 1 should like to conclude with a sincere appeal for moderation and self-control; for, while certain strong feelings on either sicle may he legitimate, the higher interests of humanity sometimes demand sacrifices and toleerance. 1 therefore sincerely appeal for such a spirit of co-operation, based on the awareness that not 150. Je voudrais terminer par un appel sincère à la modération et au sang-froid, car s'il est vrai qu'une certaine émotion de part et d'autre est légitime, les intérêts les plus élevés de l'humanité exigent parfois de la tolérance et des sacrifices; j'adresse donc un appel sincère à cette œuvre de collaboration, compte tenu du fait que ce ne sont pas seulement les intérêts humains qui sont en jeu, mais les intérêts des pays eux-même.s ; en effet, la paix ouvre la voie aux destinées les plus glorieuses, tandis que la guerre, l'hostilité et la haine ne. peuvent entralner que la mort, la destruction et la rume. 1 only the interests of humanity, but also the interests of the countries themselves, are at stake; for peace opens up a vista of most glorious possibilities, while war, hos- tility and hatred can lead only te death, destruction and min.
1 have asked for per- mission to speak in order to express to the President our great appreciation for the dignity, patience and impar- tiality which he has displayed in conducting the 151. M. SHUKAIRY (Syrie) [traduit de l'anglais]: J'ai demandé la parole pour exprimer au Président nos remerciements pour la dignité, la patience et l'impar- tialité dont il a fait preuve en dirigeant les débats du 153. In this resolution the Council further, and in the strongest terms of censure, condemns the attack of Il to L~ December 1955 as a flagrant violation of the relolutions of the Security Council, of the terms of the General Armistice Agreement and of the provisions of the Charter, and expresses its grave concern at the fail- ure of Israel to comply with its obligations to respect the provisions of the Charter and to respect the terms of the Armistice Agreement. The Council has expressed itself very c1early and in unequivocal terms in calling upon Israel ta refrain from committing any aggressions hi. the fut....li"e, and to carry out its obligations under Llte Armistice Agreement, in default of which it will consider what further measures under the Charter will be required to maintain peace, to restore the tranquillity of the area and to prohibit any act of aggression or violation. 154. These are the achievements in the resolution. The matter is not, however, at an end. Measures of expulsion, of economic sanctions and of compensation have not been dealt with. 1 shall, therefore, keep these deman':ls standing before the Council to be invoked at the appropriate time. 155. The most fitting way for me ta conclude is to thank the President of the Council, a man of great prestige and integrity, for the statement he has just made on behalf of the Council commending the restraint of Syria, its Government, its army and its people, and condemning the attack of Israel on our army, on our people and on our territory. 156. 1 should like to seize this opportunity ta state that the deliberations of the Council have reinforced our conviction that preaching, sermons, or even condem- nations and warnings are, by themselves, no security against aggression. Aggression is repelled by all measures of self-defence, as declared in the Charter. This is the message which 1 shall convey to my country as an additional experience in support of our sublime cause. It goes without saying that, when aggression is launched, we shaH defend our country by aH the means at our disposaI. Yet we are for peace-a peace based upon right, upon justice and upon human dignity.
Mr. Sobolev Union of Soviet Socialist Re- publics #149608
The Soviet delega- tion wishes ta explain its vote on the resolution we have just adopted. 153. Puis, le Conseil a condamné en termes extré- mement énergiques l'attaque cornmise dans la nuit du Il au 12 décembre 1955 comme une violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité, des termes de la Convention d'armistice général et des dispositions de la Charte ; il a également exprimé la sérieuse inquiétude qu'il ressent devant les manquements d'Israël à ses obligations au titre des dispositions de la Charte et des termes de la Conventions d'armistice. Le Conseil a un outre invité Israël, en termes extrêmement clairs et sans équivoque, à s'abstenir de toute nouvelle agression dans l'avenir et à satisfaire à ses obligations au titre de la Convention d'armistice, faute de quoi le Conseil envisagerait les mesures ultérieures, dans le cadre de la Charte, propres à maintenir la paix, à rétablir la tran- quillité dans la région et à interdire tout acte d'agression ou de violation. 154. Tels sont les résultats obtenus dans cette réso- lution. Cependant, nous ne sommes pas encore venus à bout de la question. Le Conseil n'a pas traité des mesures d'exp ....lsion, de sanctions économiques et d'indemnisation. Je laisse donc ces demandes devant le Conseil pour y revenir en temps utile. 155. Je ne saurais mieux conclure qu'en remerciant le Président, homme de grand prestige et de haute intégrité, de la déclaration qu'il vient de faire au nom du Conseil, louant la modération de la Syrie, de son gouvernement, de son armée et de son peuple, et condamnant l'attaque qu'Israël a commise contre notre armée, contre notre peuple et contre notre territoire. i56. Je voudrais saisir cette occasion pour déclarer que les débats du Conseil nous ont confirmés dans l'opinion que les sermons, ou même les condamnations et les avertissements, n'assurent en eux-mêmes aucune sécurité contre l'agression. Pour repousser l'agression, il faut faire appel à la légitime défense. C'est ce que la Charte prévoit. Tel est le message que je communi- querai à mon pays et qui viendra appuyer encore notre cause sublime. Il va sans dire qu'en cas d'agression nous défendrons notre pays par tous les moyens en notre pouvoir. Cela dit, nous nous prononçons pour la paix, pour une paix fondée sur le droit, la justice et la dignité humaine. 157. M. SOBOLEV (Union des Républiques socialistes soviétiques) [traduit du russe] : La délégation de l'UR SS voudrait expliquer les raisons de son vote sur la résolution que nous venons d'adopter. 159. Our vote in favour of the three-Power draft re- solution does not mean that we share the view expressed therein that the Syrian authorities have interfered with Israel activities on Lake Tiberias. From the facts brought out in statements made in the Security Council, and from the report ot the Chief of Staff, it is quite evident that Israel anned forces invaded Syrian terri- tory on the night of 11 ta 12 December, and that Syria was the victim of an invasion. There were and could be no ext~nuating circumstances surrounding Israel's action; hence there can be no question, as sorne speakers maintained, of dividing the respective responsibilities of Israel and Syria. 160. In this connexion, we would emphasize that, in effect, operative paragraph 1 of the resolution just adopted recognizes that there was no interference by Syria, such as several speakers had alleged. 161. We should like ta address an appeal to the Security Councîl ,vith due attention and seriousness, and accordingly ta take aIl necessary steps ta end hostile action on the Israel-Arab frontier. 162. We draw attention to paragraph 5 of the re- solution just adopted, wmch expressly states that, if Israel fails ta comply with its obligations, the Security Council will have ta consider what further measures under the Charter are required to maintain or restore the peace; it will he remembered that the Charter provides for the application of the provisions of Ardcle 39 in the event of a threat ta peace and security in anyarea. 163. We hope the Government of Israel will give serious thought to the decision which the Security Coun- cil has adopted today, and will take appropriate steps to prevent such intolerable incidents in the future. 164. Since the thr~e-Power draft resolution has been adopted unanimously, and as the Security Council also has before it the Syrian draft resolution as amplified by the Soviet delegation, 1 should like ta ask whether the representative of Syria still considers a vote on this draft resolution necessary.
1 need not lead the Council again through the resolution which has just been unanimously adopted. It speaks for itself and it stands as a whole. AIl 1 wish to say is that those who have voted for it must be assumed to have voted for it as a whole, for aU its contents, and the parties to whom it is addressed must be expected simi- lady to accept it for what it is with aIl its contents- this resolution which has behind it the unanimous voice of the Security Council. 159. Notre vote pour le projet de résolution des trois puissances ne signifie pas que nous partagions l'opinion exprimée dans ce texte, à savoir que les autorités syriennes ont entravé l'activité d'Israël sur le lac de Tibériade. Il ressort tout à fait clairement des faits cités au Conseil, ainsi que des rapports du Chef d'état-major, que les troupes israéliennes ont lancé un raid en territoire syrien dans la nuit du Il au 12 décembre et que la Syrie a été la victime de ce raid. Rien ne justifie et ne peut justifier l'acte d'Israël; par conséquent, on ne saurait dire, comme l'ont fait certains orateurs, qu'il faut partager les responsabilités entre Israël et la Syrie. 160. A ce sujet, je tiens à faire observer qu'il ressort en fait du paragraphe ! du dispositif de la résolution que nous venons d'adopter que la Syrie n'a aucunement apporté d'entraves aux activités d'Israël, contrairement à ce que certains orateurs ont prétendu. 161. Je voudrais inviter le Gouvernement israélien à tenir compte, avec l'attention et le sérieu.'C qui s'Lrnposent, de l'avertissement que le Conseil de sécurité lui donne, et à prendre en conséquence toutes les mesures né('~.i­ saires pour mettre fin aux actes d'hostilité sur les frontières qui le séparent des Etats arabes. 162. J'attire votre attention sur le paragraphe 5 de la résolution oue nous venons d'adonter: il v est dit ou· v~rtem~nt qu'au cas où le Gouv~rne~ent israélien ne satisferait pas à ses obligations, le Conseil envisagerait les mesures ultérieures, dans le cadre de la Charte, propres à maintenir ou à rétablir la paix; or, comme on le sait, la Charte envisage l'application de l'Article 39 lorsqu'il existe une menace contre la paix et la sécurité dans une région donnée. 163. Nous espérons que le Gouvernement israélien réfléchira sérieusement à la décision que le Conseil a prise aujourd'hui et prendra les mesures nécessaires pour éviter le retour d'incidents intolérables. 164. Etant donné que le projet de résolution des trois puissances a été" adopté à l'unanimité, et que le Conseil de sécurité est saisi aussi d'un projet de résolution de la Syrie auquel la délégation de l'Union soviétique a apporté certains compléments, je voudrais savoir si le représentant de la Syrie juge encore bon de mettre ce projet aux voix. 165. Sir Pierson DIXON (Royaume-Uni) [traduit de l'anglais]: Je crois inutile de lire une nouvelle fois la résolution qui vient d'être adoptée à l'unanimité. Cette résolution s'explique d'elle-même et elle constitue un tout. Je voudrais simplement faire ressortir ceci: il faut considérer que ceux qui ont voté pour cette résolution ont voté pour toute la résolution. Quant aux parties auxquelles elle s'adresse, elles doivent l'accepter telle quelle, intégralement, car il s'agit d'une résolution qui a pour elle le vote unanime du Conseil de sécurité. 167. The Coundl has adopted a resolution unanimously and we have observed that, in accordance with its right, the Council has reversed the order of precedence between our draft resolution and that of the three Powers. In the circumstances, 1 would not press for a vote on our draft resolution at this meeting; 1 should prefer it to remain standing in the Security Council until an opportune moment. That is why 1 request the repre- sentative of the Soviet Union not to press for a vote on this draft resolution; nor is it my desire that the remaining parts of our draft resolution as originally fonnulated should be considered at the present time. Prlnted in France Priee: D.S. $ 0.30; 2/- stg.; Sw. fr. 1,25 (or equivalent in other currencies) 12121-October 1956-1,675 167. Le Conseil vient d'adopter une résolution à l'una· nimité ; à cet égard, nous avons constaté que, comme il en avait le droit, le Conseil a renveiSé l'ordre chrûnû- logique en accordant la priorité au projet des trois puissances. Dans ces conditions, je n'insisterai pas pour que notre projet de résolution soit mis aux voix au- jourd'hui; je préférerais que le Conseil de sécurité en restât saisi en attendant une occasion propice. C'est pourquoi je prie le représentant de l'UrJon soviétique de ne pas insister pour que le Conseil vote sur notre projet de résolution; je ne désire pas non plus que les autres parties de notre projet original soient examinées en ce moment. La séance est levée à 14 h. S.
The meeting rose at 2.0S p.rn.