S/PV.725 Security Council
YEAR ELEVENTH
ONZIÈME Al NÉE
NEW YORK
The agenda was adopted.
At the invitation of the President, Mr. Loutfi, repre- sentative of Eg)'pl.. MT. Eban, Tepresenlative ot Israel, Mr. Rita'i, representative of Jordan, Mr. Ammoun, representative ot Lebanon, and Mr. Shukairy, represen- tative ot Syria, took places at the Security Gouncil table.
Now that 1 have the fioor again, allow me to make a general analysis of the draft resolution submitted by the United Kingdom delega- tion [S/3600/Rev.l]. Before doing so, however, 1 should like to assure the Council that, as a last effort, 1 have purposely decided to refrain from certain observa- tions that 1 have in mind in order to facilitate whatever efforts are being made to produce, in the words of the President, a resolution that will not only receive the unanimous vote of the Council but will be met with general and widespread acceptance by the parties not represented on the Council, since, after aIl, it is that acceptance which ",'ill eventually make a resolution of the Security Council fruitful aud profitable.
':"''':·''·'·'é';::'.:--",!:ië~·.;C:~.:'''~':''''1:",~~~''''''-,",,!>.''·'':?''·?i;;;~fOC ~~,-,.~.~
Président: M. J. BRILEJ (Yougoslavie).
Présents: L-es représentants des pays suivants: Australie, Belgique, Chine, Cuba, France, Iran, Pérou, Union des Républiques socialistes soviétiques, Royaume- Uni de Grande-Bretagne et d'Idande du Nord, Etats- Unis d'Amérique, Yougoslavie.
Ordre du jour provk9ire (S/At,enda/725)
1. Adoption de l'ordre du jour. 2. Question de Palestine : suite donnée au conventions d'armistice général et aux résolutions adoptées par le Conseil de sécurité pendant l'année écoulée :
a) Rapport du Secrétaire général adressé au Conseil de sécurité en exécution de la résolution du Conseil du 4 avril 1956 concernant la question de Palestine.
Adoption de l'ordre du jour
L'ordre du jour est adopté. Question de Palestine: suite donnée aux conventiolUl d'armistice général et aux résoiutiODS adopt&:8 par le Conseil de sécurité pendant l'année éooulée (S/3561) : a) Rapport du Secrétaire général adressé au Conseil de sécurité en exécution de la résolution du Conseil du 4 avril 1956 conceruant la questi9n de Palestine (S/35%) - Sur l'invitation du Prérident, M. Loutfi~ représentant de l'Egypte, M. Eban, rt!présentant d'Israël, M. Rifa'i, représentant de la Jordanie, M. Ammoun, représentant du Liban, et M. Shukairy, représentant de la Syrie, prennent place à la table du Conseil.
1. M. SIIUKAIRY (Syrie) [traduit de l'anglaisj ~ Puisque le Président m'a donné à nouveau la parole, permettez-moi de faire une analyse générale du projet de résolution présenté par la délégation du Royaume- Uni [S/3600/Rev.l]. Toutefois, je voudrais aupa- ravant assurer le Conseil que je m'efforcerai de m'abstenir de certaines observations que j'ai pourtant présentes à l'esprit, afin de faciliter les efforts qui pourraient être déployés pour aboutir, comme le Pré- sident l'a dit, à une résolution qui non seulement pourra rallier l'unanimité du Conseil, mais qui pourra aussi être accueillie sans réserve par les parties qui ne sont pas représentées au Conseil. En fait, seule une résolution du Conseil de ~écurité acceptable par ces parties pourra, en fin de compte, êtrf:' fmctueuse et profitable.
3. In his statement before the Council, the representa- tive of the United Kingdom said: "1 do not think it would be heipful if the Council were to indulge in a detailed post-mortem on the various aspects of the problem covered in the Secre- tary-General's report" [7~3rd meeting, para. 14].
4. To speak of the voblpén or of the report in the context of a post-mo' em discloses-I say this, again, wîth aIl due respect- a post-mortem observation. Nei- ther the report nor th(~ problems covered are in astate of death. The report is a living document. The problem is a living one, too. At least one indication of that is the fact that it has engaged the attention of the Security Council fo!' the last eight yearn, as it is doing today. That is why we prefer to address ourseJve5 to Sir Pierson Dixon in particular, and to the whole Councit in general, not in the language of diplomacy but in the language of frankness. Happity enough, th~ English language of Sir Pierson Dixon is a proper vehic1e for both frankness and diplomacy, and is capable of boundless eloquence, too.
5. That is why we can describe the draft resQlution of t'-e United Kingdom as undenninlng the report of the ~cretary-General down to its foundation. If the draft resolution is passed by the Security Coundl, it will amount to a strangulation and mutilation of the Secre- tary-General's mission.
6. To justify this conclusion, we neecl only ;-ead the draft resolution. The third paragraph of the preamble takes note of a portion of the report dealing 'with the élS.>llI'allces given to observe the cease-fire. 1 do not desire to say that this is a suppression or a misrepresen- tation of facts, far from that. Suffice it 10 say that this is not a fully correct statement. Indeed, it represents only a minor part of the report of the Secretary-General.
i. As 1 explained this IDL'rning, Mr. Hammarskjold dealt at length with the cease-fire assurances, the self- defence reserve, the general framew"rk outlined by the Arab Governments, the interdependen..:e of the prO\;~ sions of the armistice agreements, the matters of recipro- city, the independent status of the cease-fire, and final- ly-which is equally important-the climate under which the cease-fire was operating. These ideas and many oiliers are spread aIl over the main report of the Secrc- tary-General [8/3596], and also the interim report [8/35941 which has been entirely ignored in the draft resolution of the United Kingdorn. AlI these serious
3. Dans la déclaration qu'il a faite devant le Conseil, le représentant du Royaume-Uni a dit ce qui suit: «Je ne pense pas que le Conseil ferait œuvre utile en disséquant les différents aspects du problème qui fait l'objet du rapport du Secrétaire général» [7231' séance, par. 14].
4. Parler de dissection à propos de la question de Palestine ou du rapport du Secrétaire général, c'est - et je dis ceci sans vouloir offenser qui que ce soit - parler d'une chose morte. Ni le rapport, ni les problèmes qu'il traite ne sont choses mortes. Le rapport est un document vivant. La question de Palestine aussi est une chose vivante. Je n'en veux pour preuve que le fait qu'elle a occupé le Conseil de sécurité pendant les huit dernières années, comme elle l'occupe encore aujourd'hui. C'est pourquoi nous préférons nous adresser à sir Piersoll Dixon en particulier et au Conseil en général) dans une langue qui est non pas celle de la diplomatie, mais celle de la sincérité. Par bonheur, l'anglais de sir Pierson Dixon réussit à exprimer à la fois la franchise et la diplomatie et peut avoir aussi l'accent d'une éloquence infirJe.
5. C'est pourquoi nous pouvons dire que le projet de résolution du Royaume-Uni sape jusque dans ses fon- dements le rapport du Secrétaire général. Si le Conseil de sécurité ~dopte ce projet de résolution, il étranglera et mutilera la mission du Secrétaire général.
6. Il suffit, pour montrer le bien-fondé de cette conclusion de lire le projet de résolution. Le troisième considérant fait allUSIon'aux passages du rapport qui traitent des assurances qui ont été données touchant l'observation de la suspension d'annes. Je ne veux pas dire qu'on passe ainsi des faits sous silence ou qu'on les présente de façon tendancieuse. Je n'irai pas jusque-là. Je me contenterai de dire que cette déclaration n'est pas tout à fait correcte. Ces passages ne sont, en réalité, qu'une toute petite partie du rapport du Secrétaire général.
7. Ainsi que je l'ai dit ce matin, M. Hammarskjold a traité longuement des assurances données touchant l'observation de la suspension d'armes, de la réserve rela- tive à la légitime défense, dt! plan d'ensemble esquissé par les Etats arabes, de l'interdépendance des disposi- tions des conventions d'armistice, des questions de réci- procité, du caractère indépendant des dispositions rela- tives à la suspension d'armes et finalement - ce qui est tout aussi important - de l'atmosphère dans laquelle la suspension d'armes est appliquée. Ces sujets et bien d'autres sont examinés tout au long du rapport prin- cipal du Secrétaire général [8/3596], de même que dans
8, The Syrian Government, as 1 explained in my previous statement, has stressed the general framework within which the assurances were given. For their part, the other Govemments have stated their position beyond any shadow of a doubt. If we are to convey those assurances in any draft resolution-not necessarily the United Kingdom draft resolution as it stands-we need only take note of the whole report in toto. We either take the whole report into <),ccount or ignore the whole, but we cannot reduce it to splinters and rush it to the Security Council on a stretcher. The Security Council, no -:oubt Sir Pierson Dixon will admit, is not an infir- mary where mutilared ideas or fractul'f'd conceptions are admitted. '
9. Parallel to the third paragraph of the preamble, but more dangerous, is the SDI.th :""aragraph, which reads:
"Conscious of the need to create conditions in which a peaceful settlement on a mutuaUy acceptable basis of the dispute between the parties can be made".
10. On the face of it, the idea of a "settlement on a mutually acceptable basis" strikes a melodious note. But in effect it actuaHy brings about no settlement. The United Nations has already adopted a settlement. It decided on the repatriation of the refugees, and Israel opposes their repatriation; it decided on full intematio- nalization of the Jerusalem area, and Israel opposes intemationalism; it decided on a territorial plan, and Israel refuses to recede one inch from the area in excess of that plan. We would be prepared to hear from Mr. Eban that he is prepared to recede even that one inch in excess of the territorial adjmtnent decided by the United Nations. Sa much for the United Nations stand and the United Nations resolutions.
11. For us, Palestine is part and parcel of the Arab homeland. The Arab world is not prepared to surrender one single atom of its right to this sacred terri· tory, let alone subject it to the acceptance or refusai of Israel or any other party in the world.
12. What is really amazing, however, is for the United Kingdom to come forward now with this idea of a settlement "on a mutually acceptable basis". 1 say "now" for one legitimate reason. As the Manda- tory Power, the United Kingdom endeavoured for
8. Le Gouvernement de la Syrie, ainsi que je l'ai déjà expliqué, a insisté sur le cadre général dans lequel les assurances en question ont été données. Les autres gou- vernements ont, pour leur part, précisé leur position d'une façon qui ne laisse place à aucun doute. Si nous voulons faire figurer ces assurances dans un projet de résolution quelcon.que - pas nécessaîrement le projet de résolution du Royaume·Uni tel qu'il est actuellement rédigé - il nous faut prendre acte de tout le rapport. Ou bien nous faisons état dans le projet de l'ensemble du rapport, ou bien nous le la~ns de côté tout entier. Mais nous ne pouvons le réduire en lambeaux et le, apporter en toute hâte sur un brancard au Conseil de sécurité. Sir Pierson Dixon reconnaîtra sans doute que le Conseil de sécurité n'est pas une infinnerie où l'on peut apporter des idées mutilées et des conceptions fracassées.
·9. Faisant pendant au troisième considérant, mais d'une conception plus dangereuse, le sixième considérant est ainsi conçu : «Conscient de la nécessité de créer des conditions dans lesquelles puisse intelVenir un règlement paci- fique, sur une base mutuellement acceptable, du diffé- rend qui oppose les parties:..
10. 1;, première vue, l'idée d'un «règlement... sur une base mutuellement acceptable:. est séduisante. Cependant en fait, elle n'amène aucun règlement. L'Organisation des Nations Unies a déjà adopté un règlement. Elle a décidé de rapatrier les réfugiés, mais Israël s'y oppose ; elle a décidé d'internationaliser entièrement la région de Jérusalem, mais Israël s'y oppose; elle a décidé de mettre en œuvre un plan de div~on territoriale, mais Israël refuse de céder un pouce de terrain en sus de ce qui est prévu par ce plan. Nous serions prêts à entendre M. Eban déclarer qu'il est disposé à céder même C'ë: pouce de terrain en sus de ce qui est prévu par le règle- ment territorial décidé par l'Organisation des Nations Unies. Telle est la position de l'Organisation; telles sont les résolutions qu'elle a adoptées.
Il. En ce qui nous concerne, la Palestine fait partie intégrante du patrimoine arabe. Le monde arabe n'est pas disposé à abandonner un seul atome des droits qu'il détient sur ce territoire sacré; à plus forte raison n'admettra-t-i1 pas de soumettre ces droits au bon plaisir d'Israël ou de n'importe quelle autre partie.
12. Il est cependant étonnant de voir maintenant le Royaume-Uni prése.lter cette idée de règlement «sur une base mutuellement acceptabl~:.. Je dis «mainte- nant:. pour une bonne raison. En tant que Puissance mandataire, le Royaume-Uni s'est efforcé pendant
13. To advocate the idea of a mutually acceptable solution must inevitably lead to a reversai of aU the resolutions of the United Nations, and aIl the resolutions would include each and every resolution adopted by the United Nations in the General Assembly or in the Secu- rity Council. We must begin from the beginning. We must start de novo and on a clean sheet. Everything written by the United Nations should be written off, ever since 29 November 1947, because this is the solution of a mutuaUy-acceptable-basis conception. The establish- ment of Israel, i15 membership in the United Nations, and all other resolutions, even including the question of the repatriation of the refugees, the internationalization of Jerusalem and the territorial adjustment, will have to he revo.keà. Then, and only then, can the United Nations look forward to a solution "on a mutually acceptable basis".
14. 1 come next to paragraph 4 of the operative part of tJ.e draft resolution. Here the draft resolution wishes che Security Council to endorse one single view of the Secretary-General regarding the re-establishment of full compliance with the armistice agreements. This is a rather strange course to follow. The report of the Secretary-General forms an integral whole with the annexes and correspondence attached to it. The Secretary-Gen{;ral has advanced a number of valuable views, equally important and of far-reaching signHicance. To seled just one view anà ignore the others is a great injustice ,to the general balance of the report of the Secretary-GeneraI.
15. We can point out many aspects that are worthy of endorsement. But why should we labour in this direc- tion? What views must he endorsed, or what views must be revoked, snould not be our main concern. We should concentrate, as the representative of the United States put it so ably in his statement on 29 May, [723rd meeting], on the measures, not on the views, required to re-establish the armistice agreements.
16. The item before the Council is of a re.;tricted character, thanks to the labours of Ml'. Lodge and his able clarification of the position taken by the United States in placing this item on the agenda of the Security Counci!. 1 should iike to remind the representatives seated around this table that we are dealing with an item inscribed on the agenda in March on the initiative of the United States Government, an item which was fully clarified by Ml'. Lodge in his valuable intervention at the meeting of the Se;:;urity C-:'llllCiJ of 26 March 1956 [717th meeting].
17. This is not a l.ew item. There is no request to inscribe anything on the agenda of the Security CounciL This is a continuation of the item as inscribed, as explained, as requested, and we must adhere to the limitations of the item. 1 do not want to leave the
13. En favorisant une solution sur une base mutuelle- ment acceptable, on !:ncouragera inévitablement le ren- versement de toutes les résolutions de l'Organisation des Nations Unies, qu'eUes aient été adoptées par l'Assemblée générale ou par le Conseil de sécurité. Nous devrons recommencer par le commencement. NO'.lS devrons repartir de zéro, entamer une page nouvelle. Il faut annuler tout Ce que l'Organisation des Nations Unies a énoncé depuis le 29 novembre 1947, car telle est la
soluti~n qui repose sur la notion d'une base mutuelle- ment acceptable. II fa.udra révoquer la création d'Israël, son admission dans l'Organisation des Nations Unies, et toutes les autres résolutions, mêmes celles qui concernent la question du rapatriement des réfugiés, l'internationa- lisation de Jérusalem et les règlements territoriaux. Alors, et alors seulement, l'Organisation des Nations Unies pourra envisager une solution «sur une base mutuelle- ment acceptable ».
14. Paswns maintenant au paragraphe 4 du projet de résolution. Ici, l'auteur du projet de résolution désire que le Conseil de sécurité fasse sienne l'opinion du Secré- taire général au sujet du rétablissement de conditions dans lesquelle" les conventions d'armistice seraient inté- gralement observées. C'est là une méthode assez étrange. En effet, le rapport du Secrétaire général, ses annexes, et la correspondance qui s'y rapporte, forment un tout. Le Secrétaire général a énoncé un certain nombre d'idées intéressantes; ces idées sont toutes aussi importantes les unes que les autres et ont une grande portée. En choisir une et ne pas tenir compte des autres, ce serait porter gravement atteinte à l'équilibre général du l'apport du Secrétaire général.
15. Nous pourrions souligner de nombreux aspects du rapport qui méritent notre approbation. mais pourquoi le ferions-nous? Notre principale préoccupation ne doit pas être d'approuver ou de désapprouver telle ou telle vue. Nous devons nous préoccuper surtout, comme le représentant des Etats-Unis l'a indiqué si judicieusement 'le 29 !pai [723e séance], des mei>ures à prendre pour renforcer les conventions d'armistice, et non pas des opi- nions qui ont été exprimées à cc sujet.
16. La question dont le Conseil est saisi a un caractère restrici:if, et cela grâce aux efforts de M. Lodge et aux éclaircissements qu'il a donnés sur l'initiative que les Etats-Unis ont prise d'inscrire cette question à l'ordre du jour du Conseil de sécurité. Je voudrais rappeler aux membres du Conseil que nous examinons une question inscrite à l'ordre du jour au mois de mars, sur l'initia- tive du Gouvernement des Etats-Unis, et que, le 26 mars 1956, M. Lodge a donné à son sujet toutes les précisions nécessaires [717e séance].
11. Il ne s'agit pas aujourd'hui d'une question nouvelle. Il n'y a pas de demande d'inscription d'une question à l'ordre du jour du Conseil de sécurité. Nous continuons à discuter la question dont la délégation des Etats-Unis a demandé l'inscription à l'ordre du jour et sur laquelle
18. Finally, 1 should like to deal with paragraph 7 of 18. Enfin, je voudrais commenter le paragraphe 7 du the draft resolutiun, under which the Security Council projet de résolution aux tennes duquel le Conseil deman- would request the Secretary-'}eneral "to continue his .. derait au Secrétaire général «de oontinuer à mettre ses good offices with the parties, and to report to the Secu- bons offices à la disposition des parties et de faire rity Council as appropriate". rapport au Conseil de sécurité lorsqu'il y aura lieu!.
19. It is here that the draft resolv.tion ends, but only 19. Le projet de résolution se termine sur ce para- ta start on an avenue of vagueness and obscurity, to graphe, mais ce n'est que pour ouvrir - et je parle en put it in the most milcl terms. To begin with, good -termes mesurés - des perspectives vagues et obscures. offices, like ';;Qnciliation and mediation, is a procedure Tout d'abord, les bons offices, comme la conciliation et well-Imown in international usage. Is it intended-and la médiation, constituent une procédure bien connue 1 put the question-to appoint the Secretary-General dans les affaires internationales. Vise-t-il - et je pose as a man of good offices, side by sicle with the United la question - à s'assurer officiellement les bons offices Nations Conciliation Commission for Palestine? In du Secrétaire général au même titre que ceux de la his statement, Sir Pierson Dixod told the Cou:'1cil that Commission de conciliation des Nations Unies pour la the good offices, as he understood the term in "" draft Palestine? Dans sa déclaration, sîr Pierson Dixon nous resolution, did not mean a mission or a mandate. Those dit que ces bons offices, au sens où il l'entendait dans were the very words of the representative of the United son projet de résolution, ne représentaient ni une mission Kingdom. If it is not a mission or a mandate, let me ni un mandat. Ce sont 1à les paroles mêmes du repré- ask Sir Piei1>ûn Dixon to tell us what would it be. It sentant du Royaume-Uni. Si ce n'est ni une mission ni becomes, in my humble thinking and understanding, un mandat, qu'il me soit permis de demander à sir nothing. What is the Secretary-General supposed to 'Pierson Dixon de quoi il s'agit. A mon humble avis, de continue if it is nothing? There would be nothing to rien du tout. Quelle tâche le Secrétaire général est-il continue. censé poursaivre dans ce cas ? Aucune.
1.
20. Nous savons que, le 4 avril 1956 [722e séance1 le Conseil a confié au Secrétaire général une mission et un mandat que nous avons acceptés et que nous sommes tout prêts à voir continuer. II est compréhensible que la même mission, conférée en vertu du même mandat, doit se poursuivre ; mais continuer une tâche inconnue, qui ne serait ni une mission ni un mandat, pour reprendre les paroles de sir Pierson Dixon, est une pratique qui, pour nous, n'existe pas en matière internationale. Si cette tâche inconnue est celle que l'on envisage à propos des conventions d'armistice, pourquoi ne pas le dire sim- plement? Pourquoi ne pas prendre connaissance des paroles pertinentes que M. Lodge a adressés au Conseil à la 723e séance, lorsqu'il s'est prononcé en faveur de l'action que le Secrétaire général a entreprise à propüs de la résolution du 4 avril 1956 du Conseil de sécurité [8/3575] ?
20. We know that this Council, at is meeting on 4 April 1956 [722nd meeting], entrusted L.'le Secretary-General with a mission and with a mandate which we accepted and with which we are quite prepared to continue. It is understan<1ahle that the same mission under the same mandate should be continued, but to continue something which is unknown, something which is neither a mission nor a mandate, to use the words of Sir Pierson Dixon, is a practice which to us is unknown in international affairs. If this unknown thing is related to the armis- tice agreement, why not say so in simple words? Why not consult the able words 'of Mr. Lodge at the Council's 723rd meeting, in which he expressed himself in favour of the efforts of the Secretary-General in connexion with the resolution of the Security Council of 4 April J.956 [S/3575]?
1 t
QI. A l'origine, cette qJ.estion a été inscrite à l'ordre du jour à la demande des Etats-Unis, qui ont fait preuve à cette occasion d'une grande prudence. Je demande instamment aux membres du Conseil de ne jamais oublier qu'ils siègent actuellement à la suite de cette demande, sinon, nous risquerions d'avoir affaire à divers projets de résolution qui n'ont rien de commun avec la question dont le Conseil de sécurité est saisi.
21. This item was initially inscribed on the agenda upon the request of the United States, a request which was made with great '::aution. 1 appeal to the members of the Council always tr.J remember that they are now meeting on the basis of that request, otherwise we might find ourselves faced with various draft resolutions which are quite foreign to the item before the Security Council.
23. It was envisaged that the Secretary-General's mission would protect the armistice, and nothing more. As 1 h:we said, the Secretary-General has performed his mission beyond expectation. lt is with this aim in mind that a resolution should bz adopted by the Security Council-a resolution that takes note of the report, thanks the Secretary-General and calls or. the parties to implement the measures proposed by the Chief of Staff of the Truce Supervision Organization, with a further request to the Secretary-General that he should be avaHable to use his efforts to implement the provisions of the Security Council resolution of t April 1956. This is the resoiution with which we .Ung; we are not dea1:ng with any other resolution. We louk to a rcsolution that will serve these purposes in plain and simple pnraseology.
24. In his visit to the Middle East, our Secretary- General, as 1 have said, did an excellent job. He was well received everywhere, and he wil! always he well received eveIJ"Nhcre. He took with him the weIl- balanced resolution of 4 April 1956. Ac; the author of that resolution, the United States has taken a clear- cut attitude, ~ree from ambiguity and free from matters foreign to the substance of the item. The initiative taken by the United States was well conceived and we should be gratdul for that unbiased p03ition. We never fail to express gratitude when gratitude is due.
2.5. However, 1 regret to say that the position is different with regard to this draft resolution. The United Kingdom proposaI is outside the ambit of the item. 1t cantains uncalled folC' pronouncements. 1t embraces eviJ-I know of no other word to use, and perhaps Sb- Pierson Dixon, with his rich vocabulary, might assist me-it contains evîl without necessity.
26. This draft resolution, if adopted as it stands-and 1 hope it will not be adopted-would bring the matter ta an end. 1t is because we do not want to bring the matter to an end that we do not think this draft resolu- tion should be adopted by the Council. If adopted, the Secretary-General would find destroyed the bridges which he had constructed. His efforts would he frozen; his endeavours would be arrested. AlI prospects would he sealed off and all roads to the Middle East would be blocked. The Secretary-General would f.nd himself unable to proceed. This would be regretted most by us because we desire to see order in the area. In any event, such a course would not be our wish nor our desire
23. Le Conseil avait prévu que la mIssIon du Secré- taire général viserait à sauvegarder les conventions d'armistice; ün peint c'est tout. Comme je l'ai dit, le Secrétaire Général a rempli sa mission au-delà de tout espoir. C'est avec cet objectif en vue que le Conseil doit adopter une résolution dans laquelle il prendra note du rapport, remerciera le Secrétaire générai, demandera aux parties de mettre en œuvre les mesures prope,sées par le Chef d'état-major de l'Organisme cl, ~rgé de la surveillance de la trêve et invitera en outre le Secrétaire général à se mettre à la disposition dell parties pour s'efforcer d'assurer l'exécution des dispositions prévues par la résolution du Conseil de sécurité en date du 4 avril 1956. C'est de cette résdution et d'elle seule qUe nous nous occupons. Nous voudrions une résolution qui ,remplisse ces objets en tennes simples et non équivoques.
24. Ir,rs de son voyage au Moyen-Orient, notre Secrétaire général a, je l'ai dit, fait un excellent travail. Il a été partout bien accueilli et il sera toujûürs bien accueilli partout. Il avait avec lui une résolution équilibrée, celle du 4 avril 1956. En tant qu'auteur de cette résolution, les Etats-Unis ont adopté une attitude franche, sans ambiguïté, laissant dt. côté toutes les questions étrangères au fond de la question. Les Etats- Unis ont eu une initiative judicieuse' et nous devrions leur être reconnaissants de leur impartialité. Nous TIf. manquons jamais d'exprimer notre gratitude lorsqu'elle est méritée.
25. Cependant, je regrette de dire que la situation est différente en ce qui _.•1Cème le projet de résolution dont nous semmes saisis. La proposition du Royaume-liai sort du cadre de la question. EUe contient des dfuma- tions hors de propos. Elle est empreinte de malignité - je ne vois pas quel autre mot utiliser et peut-être sir Pier.lon Dixon pourra-t-il me venir en aide avec son riche vocabulaire - elle est empreinte de malignité sans nécessité.
26. S'il était adopté tel quel - et j'espère qu'il ne sel il. pas adopté - ce projet de résolution tenninerait l'affaire. C'est parce que nous ne voulons pas clore l'affaire que nous ne croyons pas que le Conseil devrait adopter ce projet. S'il en était autrement, le Secrétaire général verrait coupés les ponts qu'il a jetés. Son élan serait arrêté; son entreprise serait suspendue. Toutes les issues seraient fennées, toutes les routes du Moyen- Orient blo<juées. Le Secrétaire général se verrait dans l'impossibilité de progresser. Nous serions les premiers à regretter u'ne llituation de ce genre, cal' nous voulons ~ voir l'ordre i'égner dans la région. De toute façon, nous ! n'avons ni le désir ni l'intention d'en arriver à une ~
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28. So, from the very arguments of Sir Pierson Dixon himself, from his own words and from his own statement. 1 think 1 should appeal to the Cmmcil, including Sir Pierson Dixon. The Council should adopt a different resolution, a resolution that would take full account of the fears, the aspirations and the views stated by the parties mainly concerned. 29. We are here asscmbled to protect the armistice, so let us proceed directIy to that end in tt.e simplest and purest of words. The Council should not be moved from this purpose, for what is at stake is the peace of the Holy Land that has givell the world the Messenger of Peace.
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Israel eAtended its full co- operation tiJ the misJion which the Secretary-General undertock in th'e Middle East, pursuant to the resolution V.Dl\nimously adopted by the Security Council on 4- April 1956 r,~,/3575] on the initiative of the United States.
? 1
31. That resolution was limited in scope. It sought to win a respite in which security might be restoreà to a safer equilibrium and time be g&ined for measures of longer range aiming fust at the prevention of war and then at the establishment of peaceful conditions. This was an important objective. The Se7retary·General went forth on his mission attended by universal hopes for his success and by general confidence in his determinatioù to ward off the dark prospects which seemed to impend.
32. The leaders of my Governmentreceived the Secretary-General with a full mcasure of courtesy and candour. AlI the elements of tension between Israel and its neighbours were brought under careful and reasoned scrutiny. 33. The issues which lay in the balance became graver with every passing day, for while the Secretary-General's
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~iscussion proceeded, armed units from a neighbouring State were operating deep in our territory, taking a to11 of innocent life a'Ud themselves suffering due retribu- tion. À sequence of events was on foot which might well have broadened into general conflict. My Government was conscious that we were dealing with hazards on the highest scale.
34-. In these grave circumstances, our minds were dominated not only by the Security Council's resolution of 4- April 1956, but also by the Charter of the United Nations under which seventy~six States, including our neighbours, are committed to respect the integrity and independence ,.,.,ç aIl other Member States.
30. M. EBAN (Israël) [traduit de l'anglais]: Israël a apporté sa collaboration enti~re au Secrétaire général dans la mission qu'il a entrep:is au Moyen-Orient, en exécution de la résolution adof ,tée à l'unanimité par le Conseil de sécurité le 4- avril 1956 [8/3575], sur la. proposition des Etats-UrJs.
31. Cette résolution avait nne portée limitée. Elle visait à :rendre possible un répit .l-~endant lequel on pourrait rétablir- dans la région d!':s cOllditions de sécurit~ et un équilibre plus satisfaisant, et à permettre de gagr.er du temp5 pour pouvoir prendre des ~~sures à plus long terme afin tout d'abord d'empêcher la guerre, puis de rétablir un climat de paix. Ces objectifs étaient impor- tants. _s espoirs du monde entier ont accompagné à son dép<.rt en mission le Sel:rétaÏtre général, qui, chacun. en était convaincu, s'efforcerait d'écarter les sombres perspectives qui semblaient imminentes. 32. Les dirigeants de mon gouvernement ont reçu le Secrétaire général avec tous les égards et a.vec toute la franchise voulue. Toutes les raisons de la tension qui existe entre Israël et ses voisins ont été sojgneusement examinées.
33. Les questions en jeu prenaient d~' ".;..lr en jour un caractère plus grave, car, tandis "= t: se poursuivaient les discussions avec le Secretaire général, des ur/.tés armées venant d'un Etat voisin pénétraient profondé- ment sur notre territoire, causant la perte de vies innocentes et subissant elles-mêmes des pertes méritées. Une suite d'événements semblait se préparer qui aurait pu dégénérer en un conflit général. Mon gouvernement avait conscience de se trouver devant les plus graves dangers.
34-. Dans ces graves circonstances, nous avions surtout présentes à l'esprit non seulement la résolution du 4- avril 1956 du Conseil de sécurité, mais aussi la Charte des Nations Unies, aux termes de laquelle 76 Etats, Y compris nos voisins, s'engagent à respecter l'intégrité et l'indépendance de tous les autres Etats Membres.
36. The most important result of the Secretary-General's mission is that aIl the parties to the annistice agreements have given assurances unconditionally to observe the cease-fire. This confonns with the obligations of the Arab States and Israel under the Charter of the U....;ted Nations to renounce the use of force, except in self- defence. My Government attaches great importanœ to the unconditional character of the cease-fire assurances.
37. It is deeply regrettable that, since this solemn contract was renewed a few weeks ago, anned attacks have been committed against life and property in Israel. The tension on the Jordan-Israel frontier evokes our deep coIicern. We hope that the sharp admonitions addressed by the Mixed Armistice Commission to the Jordan Government on 9 May, 14 May and 19 May last will meet with an effective response and that my Govern- ment will he able to attach good faith ta the uncondi- tional assurances which its four neighbours have given to the Secretary-General of the United Nations.
38. It cannot be said that the authority of the cease- fire has been augmented by the speech of the Syrian representative this morning. 1 refer especially to his suggestion that the cease-fire obligation of Syria is affected by whatever may happen in the problem of the Jordan waters. The Charter of the United Nations contains an exhaustive list of the legitimate uses of anned force, but these do not include the right of one State to use anned force to ~nsure that another State should waste its water resources. The doctrine that Syria is entitled to ensure by force the non-utilization of another nation's waters has nu support in world opinion or in inter- national law. There are no resolutions of the Security Council on this subject which have oot been exhaustive- ly implemented. The resolution of 27 October 1953 [S/3128] certainly offers no support to the Syrian posi- tion on this subject in 1956.
36. Le résultat le plus important de la mission du Secrétaire général réside dans le t2.Ît que toutes les parties aux conventions d'annistice ont pris l'engage- ment de respecter sans conditions la suspension d'armes.
C~tte attitude est confonne aux obrigations que les Etats arabes et Israël ont contractées en vertu de la Charte des Nations Unies lorsqu'ils se sont engagés à renoncer au recours à la force, sauf en cas de légitime défense. Mon gouvernement attache une grande importance au caractère inconditionnel des assurances relatives à la sus- pension d'annes.
37. Il est hautement regrettable que, depuis le moment où ce contrat solennel a été renouvelé il y a quelques semaines, des attaques années aient été commises au détriment de vies et de biens en Israël. La tension qui existe à la frontière jordano-israélienne nous préoccupe profondément. Nous espérons que les fennes avertisse- ments que la Commission mixte d'annistice a adressés au Gouvernement jordanien les 9, 14 et 19 mai seront suivis d'effet et que mon gouvernement pourra avoir toute confiance dans les assurances inconditionnelles que ses quatre voisins ont données au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies.
38. On ne saurait dire que la suspension d'armes a acquis plus de force après le discrurs qu'a prononcé ce matin le représentant de la Syrie. Je fais surtout allu- sion à sa déclaration selon laquelle l'obligation de cesser le feu prise par la Syrie est fonction de tous les événe- ments aui Dourraient se Droduire à propos de la question des ea~ du Jourdain.' La Chart~ d~s Nations Unies contient une liste exhaustive des cas de recours légitim" à LI. force année, mais on n'y trouve pas mention du droit qu'aurait un Etat de recourir à la force armée pour faire en sorte qu'un autre Etat dilapide ses ressources en eau. La thèse selon laquelle la Syrie a le droit d'empêcher par la force un autre pays d'utiliser ses ressources hydrauliques ne peut trouver d'appui ni auprès de l'opinion mondiale, ni dans le droit inter- national. Il n'y a pas de résolution du Conseil de sécu- rité sur cette question qui n'ait été intégralement appli- quée. La résolution du 27 octobre 1953 [S/3128] ne justifie certainement pas la position que la Syrie prend sur cette question en 1956.
40. A cease-fire agreement, indispensable as it is, cannot be regarded as an adequate substitute for peaceful conditions. It is urgent that the armistice agreements he restored to their full and reciprocal integrity. We therefore agree that further progress should be made in consolidating the. gains resulting from the Secr· .,.ry- General's mission, with a view to the full implementation of the armistice agreements. Israel will co-operate in any further effort, consistent with its rtghts under the armistice agreements, capable of reducing tension on the frontiers.
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41. Agreement of the parties and full reciprocity are essential conditions for the success of any measures aim- ing at the consolidation of the cease-fire and the strengthening of armistice observance. The establish- ment of agreed local arrangements has its due place in the process of armistice consolidation, but in our view these local arrangements are subordinate to the overrid- ing and paramount question itself, the political decision of the signatory parties to maintain the armistice and ta prevent u' .uthorized crossings of the demarcation line. Long experience has proved that, if this political attitude on the part of the signatory Governments is lack- ing, local arrangements by thems~lves cannot prevai!.
42. Full compliance with the armIstice agreements is the objective defined by the United Kingdom represen- tative and others who have followed him as the purpose of the Security Council's current efforts. It is impor- tant that we should understand what is involved in this term "full compliance with the armistice agreements".
43. Under the armistice agreements, each party is entitled to respect for its security and freedom from fear of attack by the armed forces of the other. Full implementation of these agreements requires the aboli- tion of belligerent practices, on land or by sea, which have been ruled by the Security Council to be iIïconsistent with the armistice. Full implementation of these agree- ments is incompatible with the invocation of a state of war, either in theory or in practice. Under these agreements, Israel and the Arab States have agrep.d that any change in the territorial status qlkO shaH be dependent on the consent of the other party.
44. Here let me say that the hist~ry of the demarca- tion lines and their relationship to demographic or property questions have no bearing whatever upon the duty of the parties to respect their immunity and to avoid any transgression of them. They have more historical background than was indicated this morning, but we feel with great strength that the only useful state- ments about these armistice lines are thos(; which uphold and reinforce their authority and their full juridical status. This authority and this status are absolute until
40. Une suspension d'armes, si indispensable qu'elle soi c, ne saurait remplacer la paix. Il est urgent que les cO:lVentions d'armistice soient rétablies dans leur inté- grité et avec toute leur réciprocité. Nous reconnaissons donc que de nouveaux progrès devront être maintenant accomplis dans la voie de la consolidation des résultats obtenus grâce à la mission du Secrétaire général et de la mise en oeuvre intégrale des conventions d'armistice. L:;raël collaborera à tout nouvel effort compatible avec. les droits que lui confèrent les conventions d'armistice et de nature à. réduire la tension sur les frontières.
41. L'accord des parties et une entière réciprocité sont les conditions essentielles du suce< s de toute mesure visant à renforcer la suspension d'armes et à faire observer intégralement l'armistice. Certes, les arrange- ments locaux trouvent leur place dans le processus de consolidation de l'armistice, mais, à notre avis, ces arran- gements doivent être subordonnés à la question princi- pale, c'est-à-dire à la décision politique, que devraient prendre les parties aux conventions, de maintenir l'armis- tice en vigueur et d'empêcher le franchissement illégal des lignes de démarcation. Une longue expérience a montré qu'en l'absence d'une telle déci3ion politique de la part des gouvernements signataires, les arrangements locaux ne peuvent suffire par eux-mêmes.
42. Le but des efforts que déploie actuellement le Conseil de sécurité et qui a été défini par le projet de résolution du Royaume-Uni et par les membres du Conseil qui l'ont appuyé, est d'assurer «l'observation intégrale des conventions d'armistice ». Il importe que nous sachions ce que l'on doit entendre par «observa- tion intégrale des conventions d'armistice ».
43. En vertu des conventions d'armistice, chaque partie a le dro;.t de voir sa sécurité assurée et d'être libérée àe toute crainte d'attaque de la part des forces armées de l'autre partie. L'observation intégrale des conventions d'armistice exige l'élimination de tous actes de belligérance, sur terre ou sur mer, actes que le Conseil de sécuirté a jugés incompatibles avec les clauses de l'armistice. L'observation intégrale des conventions d'armistice est incompatible avec la proclamation d'un état de guerre t.h.éorique ou rée!. Au.x termes des conven- tions <i'a~"'lIlistice, Israël et les Etats arabes ont convenu qu'aucune modification du statu quo territorial ne pourra être faite sans le consentement de l'autre partie.
44. Qu'il me soit permis de dire ici que l'historique des lig••es de démarcation et le lien qu'elles ont avec des questions démographiques ou foncières ne doivent influer en rien sur l'obligation qu'ont les parties de les respecter et d'éviter de les franchir. Leur historique est plus long qu'on ne l'a laissé entendre ce matin; mais nous sommes fermement persuadés qu'en ce qui concerne les lignes de démarcation, les seules déclarations qui présentent un intérêt sont celles qui maintiennent et qui renforcent leur portée et leur caractère intégral. Cette autorité et
46. Re&pect for the armistice agreements involves an understanding of their character as steps towards permanent peace, and accordingly of the obligation of the signatories to extend their scope by the negotiation of a final seulement. It follows that full compliance with the armistice agreements requires far mon' than the maintenance of a cease-fire. We are still remote from the goal of full compliance with the armistice agreements, let alone from progress beyonà the armistice towards the permanent peace which the annistice agreements them- selves envisage and require.
47. 1 do not propose to describe or analyse aIl the policies practised by certain Governments in our region which conflict with their undertakings under the armis- tice agreements. But 1 cannot omit reference to a recent example of a tendency to hold up the armistice agreements and the United Nations Charter to clear violation.
48. On .Tuesday, 29 May 1956, the Security Council assembled to exercise its primary responsibility for inter- national peace and security. At 7.30 that morning, the State-contrclled radio of Cairo broadcast a declara- tion by the Prime Minister of Egypt calling upon the "Palestinian" troops who had been mobilïzed in the Gaza strip to "take vengeance" for their country, and expressing his deep personal solidarity with the notorious
Fe.d~yeen and his pride in the accomplishment of their mission.
49. We are at a loss to understand how this threat can he reconciled with an armistice agreement described in its own text as "an indispensable step toward the liquidation of armed conflict and the restoration of peace".
50. It is no less difficult to understand how any sigua- tory of the armistice agreements, and indeed of the United Nations Charter, can regard itself as entitled to organize the penetration of armed gangs into the terri- tory of a neighbouring State for purposes of murder, sabotage and terrorÏzation. We are speaking here of formations which have no defensive purpose at aU and whose functions only .commence with the act of invad- mg the territory of a neighbouring State for offensive and murderous operations.
1 Ojfû:ial Recorth of the Security Council, Fourlh Year, Special Supplement No 1.
46. Le respect des conventions d'armistice suppose que ron compn'nne leur signification en tant que mesures
prélimin~ires vers l'établissement d'une paix permanpnte et que l'on comprenne donc que les signataires sont tenus d'en étendre la portée en négociant un règlement final. Il s'ensuit que le maintien de la suspension d'annes est loin de suffire, si l'on veut que les conventions d'arnlistice soient intégralement respectées. Le respect intégral des conventions d'armistice est un but que nous ne sommes pas près d'atteindre, à plus forte raison sommes-nous loin de dépasser la stade de l'armistice et de nous rapprocher de celui de la paix permanente que les conventions d'armistice elles-mêmes envisagent l't dont elles établissent la nécessité.
47. Je n'ai pas l'intention de décrire ni d'analyser les différentes politiques que certains gouvernements mettent en œuvre dans la région et qui sont incompatibles avec les obligations prévues par les conventions d'armistice. Cependant, je ne peux m'empêclher de mentionner un exemple récent d'une tendance que certaines partit's ont à invoquer les conventions d'armistice et la Charte des Nations Unies pour en justifier la violation.
48. Le mardi 29 mai 1956. le Conseil de sécurité st' réunissait pour s'acquitter de la responsabilité importante qui est la sienne en ce qui concerne la paix et la sécurité internationales. A 7 h. 30, ce matin·là, la radio natio- nale du Caire diffusait une déclaration par laquelle le Premier Ministre d'Egypte faisait appel aux troupes « palestiniennes» qui avaient été mobilisées dans la zone de Gaza pour qu'elles «vengent» leur pays, par laquelle il exprimait personnellement son sent:;ment dl' profonde solidarité à l'égard des fameux fedayin et la fierté que lui inspirait l'accomplissement de leur mission.
49. Nous comprenons mal qu'on puisse faire cadrer ces paroles menaçantes avec une convention d'armistice général, qui se définit elle-même comme «une indispen- sable étape vers la liquidation du conflit armé et la res- tauration de la paix ».
50. Il n'est pas moins difficile de comprendre comment un signataire des conventions d'armistice et, à vrai dire. de la Charte des Nations Unies peut s'estimer fondé à organiser la pénétration de bandes armées sur le terri· toire d'un Etat voisin pour y perpétrer des meurtres et des sabotages et pour le terroriser. Je parle ici de forma- tions qui n'ont absolument aucun but déiensif et dont les fonctions ne commencent que lorsqu'elles envahissent le territoire d'un Etat voisin pour l'attaquer et pour y commettre des meurtres.
1 Documents officiels du Conseil de sécurilé, quatrième année, Suppl':menl spécial nO 1.
52. The basic question of the attitude of the parties to the cease-fire agreement already achieved and to the annistice agreements of which the cease-fire is a part arose with renewed force as we listened to the observa- tions of the Syrian representative today. His speech has brought us face to face with sorne of the harsh reali- tics of the situation in the Middle East.
53. If my understanding is correct, the Syrian representallve enunciated three main doctrines: first, that the cease-fire assurance given by bis Government to the Secretary-General on 2 May 1956 [8/3596, annex 3] was not unconditional-in other words, Syrïa daims the right to open fire on Israel on grounds of its own choosing not recognized by the Israel-Sy~ianGeneral Armistice Agreement 3 or by the Charter; second, that the annistice demarcation line should not exist and is in fact a source of tension; and, third, that there is no sovereign State of Israel and that peace in the Middle East is to be envisaged only on the basis of Israel's non- existence.
54. To these peads of wisdom and moderation Mr, Shu- kairy added another thought, namely, that Palestine is a part of southern Syria. Thus, he has verbally expressed a desire to extend his country's frontiers to take in the whole territory of Israel and part of the Kingdom of Jordan.
.55. As far as we are concemed, this expansion will never get beyond the verbal stage. But the question arises: what use is there in such allusions or in such efforts to prejudice the sovereignty of existing States? As 1 look around this table, 1 see the representatives of seven States which were once part of the sovereign domain of other States. But here they are toclay, in the integrity of their separate sovereignty. If the separate sovereignty of each Member State is not taken as a primary axiom, then there is litde meaning in the United Nations system as a whole.
55. En ce qui nous concerne, cette expansion ne dépas- sera jamais le stade des mots. Cependant, une question se pose: à quoi servent de pareilles allusions ou des efforts de ce genre visant à mettre en cause la souve- raineté d'Etats existants? En jetant un coup d'œil autour de la table du Conseil, je vois les représentants de sept Etats qui firent jadis partie du domaine de souveraineté d'autres Etats. Aujourd'hui, ces Etats sont représentés ici, avec tous les attributs de leur propre souveraineté. A moins que l'on n'accepte comme axiome que chaque Etat Membre a sa propre souveraineté, l'ensemble du mécanisme de l'Organisation des Nations Unies a peu de sens. 56. Je voudrais maintenant résumer notre point de vue. Nous sommes heureux des résultats qui ont été enregistrés à la suite de la résolution du Conseil de sécu- rité en date du 4 avril 1956 et grâce aux efforts habiles du Secrétaire général. Cependant, cette satisfaction est
56. Let me therefore summarize our appraisal. We are gratified by the gains which have been recorded in pursuance of the Security Council's resolution of 4 April 1956 and by dint of the skilful efforts of the Secretary- General. But this satisfaction must be tempered by a
1 Ibid., Special Supplement No. 3.
1 Ibid., Special Supplement No. 2.
52. La question fondamentale de l'attitude des parties à l'égard de la suspension d'annes déjà réalisée ainsi qu'à l'égard des conventions d'annistice, dont la sus- pension d'annes fait partie, se posait avec une acuité nouvelle tandis que nous écoutions les obseIVations que le représentant de la Syrie a présentées aujourd'hui. Les discours que nous avons entendus nous ont fait toucher du doigt certaines des dures réalités de la situation au Moyen-Orient.
53. Si je l'ai bien compris, le représentant de la Syrie a énoncé trois idées principales: en premier lieu, l'assu- rance que son gouvernement a donnée au Secrétaire général le 2 mai en ce qui concerne la suspension d'annes [S/3596, annexe 3] n'est pas inconditionnelle; en d'autres tennes, la Syrie pretend avoir le droit d'ouvrir le feu sur le territoire israélien pour des motifs de son choix, que ni la Convention d'armistice général entre Israël et la Syrie 3 ni la Charte ne reconnaissent ; en deuxième lieu, les lignes de démarcation de l'annistice ne devraient pas exister et constituent en fait une source de tension ; troisièmement, il n'y a pas d'Etat souverain d'Israël et on ne pourra envisager la paix au Moyen- Orient que lorsque Israël n'existera plus.
54. A ces trésors de sagesse et de modération, M. Shu- kairy a ajouté une autre pensée, à savoir que la Pales- tine est une partie de la Syrie méridionale. Ainsi, il a exprimé oralement le désir d'étendre les frontières de son pays de façon à englober l'ensemble du territoire d'Israël et une partie du Royaume de Jordanie.
1 Ibid., Supplémenr IIpkial nO 3.
1 Ibid., SupplhnBnl IIpkïal nO 2.
58. This is the picture of the Middle East today-a tense and brooding turbulence held back so far from the ultimate point of explosion, but still fraught with great menace to peace-Ioving mankind.
59. It is vitally important in these circumstanct; to sec the Security Couneil invited today, in the United Kindgom draft resolution, to express its consciousness of the "need to create conditions in which a peaceful settlement on a mutually acceptable basis... can be made" between Israel and the Arab States.
60. The Security Council will disperse when its present action is taken, and it is uncertain when further measures will be adopted. Our attention therefore cornes to rest on an important statement in the Secretary-General's report. "The initiative" he writes, "is now in the hands of the Governments parties to the annistice agreements". He goes on to suggest that pcace "should be fostered and encouraged, not by attempts to impose from outside solutions to problems of vital significance to everyone in the region, but by a co-operation which facilitates for the Governments concerned the taking unilaterally of steps to increase confidence and to demonstrate their wish for peaceful conditions" [8/3596, para. 105].
61. It is appropriatt' in the context of this appeal to their initiative that the parties concerned should declare how they stand on the overriding issue of their mutuai coexistence.
62. Let me make it clear how Israel stands. Israel aspires to a peaceful settlement with its neighbours on a mutually acceptable basis. To that end, the Govern- ment of Israel is prepared, as its Prime Minister has recently announced, to negotiate at the highest level of
58. Tel est le tableau qu'offre aujourd'hui le Moyen- Orient: de noirs nuages s'y amoncellent et si l'on a jusqu'à présent empêché l'orage de se déchaîner, ils n'en sont pas moins lourds de menaces pour l'humanité éprise de paix.
59. II est du plus grand intérêt, dans ces conditiom, de voir le Conseil de sécurité invité à dire, dans le projet de résolution soumis par le Royaume-Uni, qu'il est conscient de la «nécessité de créer des conditions dans lesquelles puisse intervenir un règlement pacifique, sur une base mutuellement acceptable... » entre Israël et les Etats arabes.
60. Les membres du Conseil de sécurité se sépareront lorsque le Conseil aura pris sa décision et l'on ne sait quand de nouvelles mesures seront adoptées. Notre attention se trouve de ce fait retenue par une observa- tion importante qui figure dans le rapport du Secrétaire général. «L'initiative est maintenant aux gouverne- ments qui sont parties aux conventions d'annistice », déclare le Secrétaire général, et, parlant de la volonté de paix, il poursuit en exprimant l'avis « qu'il faut favo- riser cette volonté non en essayant d'imposer du dehors des solutions à des problèmes qui sont d'importance capitale pour tous les intéressés dans la région, mais en apportant aux gouvernements intéressés une coopération qui les aiderait à prendre, unilatéralement, des meSüïes propres à accroître la confiance et à prouver leur désir de paix» [8/3596, par. 105].
61. Il conviendrait, dans le cadre de cet appel à leur initiative, que les parties fassent connaître leur position sur la question primordiale de leur coexistence mutuelle.
62. Pennettez-moi de préciser quelle est la position d'Israël. Israël aspire à un règlement pacifique avec ses voisins sur une base acceptable pour tous. A cettt' fin, le Gouvernement israélien est disposé, comme son premier ministre l'a annoncé récemment, à négocier
64. We believe that the Arab nation, in its nine newly liberated States, with a vast inheritance of political and economic opportunity stretching out before it, can welI, afford to live in peace with the smaller State of Israel, ' now resuming the great sequence of its independent national history.
65. Wor!d opinion, which has done much to endow the Arab peoples with their lavish emancipation, may justly exhort and request them to overcome past rancours and open up ... new era of welfare and peace across the expanses of a free Middle East.
66. History decreed long ago, a~d has now re-enacted, that this is a region in which the people of Israel and the Arab peoples must live together for aIl time. The basis for their living together is that laid down in the Charter, namely, sovereign equality of Member States within an organized international community. Between these two peoples there are traditions of kinship far older than the recent hostility which we seek to efface. We have set our hands to agreements, now seven years old, which command us to respect each other's security. But we are also the signatories of another treaty-the Charter of the United Nations-which commits us to courses of co-operation and recognition more far-reach- ing than the mere avoidance of war.
67. We have stood very close in recent weeks to a chasm of danger which might have engulfed many things precious to us both. We arc still too near that precipice for safety. Israel's most urgent preoccupa- tion is to become sufficiently strong in defence to banish the temptations of violence against it. But, in pursu- ing this and other indispensable objectives, we know that the true destiny of these two peoples lies not in hostile confrontation, but in the union of their efforts for regional and international peace.
68. If any of these ideas which we hold with earnest conviction raises any echo on the other side, then indeed, in the words of the Secretary-General, "the present situation affords unique possibilities" [8/3596, para. 106],
64. Nous pensons que les neuf Etats nouvellement libérés qui constituent la nation arabe et devant lesquels s'ouvrent de vastes perspectives politiques et économiques peuvent s'ils le veulent vivre en paix avec le petit Etat d'Israël, qui reprend maintenant le cours glorieux de son histoire nationale indépendante.
65. L'opinion publique mondiale, qui a tant fait pour l'émancipation généreuse des peuples arabes, peut leur demander à bon droit d'oublier les rancœurs oassées et de faire régner une nouvelle ère de bien-être ~t de paix dans les vastes étendues d'un Moyen-Orient libre.
66. L'histoire a décidé il y a longtemps, et elle l'a réaffirmé de nos jours, que c'était là une région dans laquelle le peuple d'Israël et les peuples arabes devaient vivre ensemble pour l'éternité. Les bases de leur existence en commun sont celles qu'indiquent la Charte des Nations Unies, à savoir l'égalité souveraine des Etats Membres dans une communauté internationale orga- nisée. Il existe entre ces deux peuples des traditions d'alliance beaucoup plus anciennes que l'hostilité récente que nous cherchons à effacer. Nous avons souscrit à des conventions qui dateht maintenant de sept ans et qui nous font une obligation de respecter la sécurité les uns des autres. Mais nous avons aussi signé un autre pacte - la Charte des Nations Unies - qui nous engage à aller, dans la voie de la coopération et de la reconnais- sance mutuelle, beaucoup plus loin que l'étape au cours de laquelle on se borne à éviter la guerre.
67. Nous avons, au cours de 'ces dernières semaines, côtoyé un abîme où aurait pu être englouti beaucoup de œ qui nous est, aux uns et aux autres, le plus précieux. Nous sommes encore trop près de cet abîme pour nous sentir en sécurité. La préoccupation la plus urgente pour l'Etat d'Israël est de devenir suffisamment fort pour décourager toute tentation de violence per- pétrée contre lui. Mais, en poursuivant cet objectif et d'autres objectifs indispensables, nous savons que la vraie destinée des deux peuples n'est pas de s'affronter dans l'hostilité, mais au contraire de conjuguer leurs efforts pour la paix de la région et celle du monàe.
68. Si ces idées, que nous professons avec la plus grande sincérité, trouvent un écho dans l'autre camp, alors vraiment, comme le dit le Secrétaire général, «la situation présente offre des possibilités exceptionnelles:.
1 wish to thank the President for giving me the opportunity to state my delegation's position with regard to the item on the Council's agenda.
70. At the Security Council's meeting of 28 March 1956; 1 stated with regard to the draft resolution which had been proposed by the United States representative, and which was to be adopted by the Council on 4 April 1956: " ... it appears from the text of the draft resolution ... that the ain of the sponsor of the draft resolution is to find means of eliminating the tension prevailing on the armistice lines with a view to restoring calm- and this within the framework of the armistice agree- ments--and to entrust this delicate task to Mr. Ham- marskjold, who enjoys general confidence" [718th meeting, para. 29]. 1 added that 1 was certain that my interpretatioii of the draft resolution coincided exactly with the intention of the sponsor of the dmft resolution, the United States representative.
71. At the same meeting, Mr. Lodge was good enough to confirm my interpretation by stating: "the under- standing expressed by the representative of Egypt concerning the draft resolution is fully in accord with my opening remarks at this meeting" [ibid., para. 54J.
72. After the resolution had been adopted, Mr. Ham- marskjold undertook his journey to the Middle East and acquitted himself successfully of the delicate task allotted to him, through the exercise of his usual tact and the patience he has shown himself to possess. In order not to e~barrasss our Secretary-General, 1 shaH merely state that 1 associate myself with the words of praise rightly addressed to him by previous speakers.
73. In the report [8/3596] which he has submitted, and which is now before us, Mr. Hammarskjold has kcpt within the bounds of the task which was assigncd to him, and which 1 cndeavoured to define in opening my remarks. Indeed, in my view this is one-and not the least--of the reasons for the success of his mission. Ml'. Hammarskjold states in paragraph 9 of his report tha.t:
"My talks with the Governments concerned have, without exception, been conducted on the basis of agreement that their purpose was to explore the possibility of re-establishing the full implementation of the armistice agreements." Thus, the task that the Secretary-General had set himself was ta re-establish total compliance with the armistice agreements.
74. At the 722nd meeting, on 3 April 1956, 1 informed the Council that Egypt was always ready to collaborate with General Burns and Mr. Hammarskjold in seeking
69. M. LOUFTl (Egypte) : Je remercie le Président d'avoir bien voulu me donner la parole pour définir la position de ma délégation en ce qui concerne la question inscrite à l'ordre du jour du Conseil.
70. A la séance du Conseil de sécurité tenue le 28 mars 1956, j'ai déclan\ au sujet du projet de résolution soumis par les Etats-Unis, que le Conseil devait adopter le 4 avril 1956 :
« ... il ressort du texte du projet de résolution... que l'objectif que s'est fixé l'auteur du projet de résolution est de rechercher les moyens d'éliminer l'état d!' tension qui règne sur les lignes de démarcation pour y faire naître la tranquillité, et ce dans le cadre des conventions d'armistice, et de confier cette tâche délicate à M. Hammarskjold, qui jouit de la confiance générale» [718e séance, par. 29]. j'ai ajüuté que j'étais certain que j'interprétation que j'avais donnée du projet de résolution coïncidait exacte- ment a\cc i'intention de l'auteur.
71. M. Lodge, à cette même séance, a bien voulu confirmer l'interprétation que j'avais donnée en déclarant: «... l'interprétation donnée par le repré- sentant de l'Egypte au projet de résolution correspond exactement aux observations que j'ai faites au début de la séance» [Ibid., par. 54].
72. Après l'adoption de la résolution, M. Hammar- skjold a accompli son voyage dans le Moyen-Orient et s'est acquitté avec succès de la tâche délicate qui lui avait été assignée, grâce à son tact habituel et à la patience dont il a fait preuve. Pour ne pas embarrasser notre secrétaire général, je me bornerai à déclarer que je m'associe aux éloges qui lui ont été si justement adressés p~r les orateurs qui m'ont précédé.
73. D'après le rapport qu'il nous a présenté et qui sc trouve entre nos mains [8/3596], M. Hammarskjold est demeuré dans les limites de la mission qui lui avait été assignée et que j'ai essayé de définir au début de cette intervention. C'est d'ailleurs, à mon avis, un des motifs, et non des moindres, pour lesquels sa mission a été cou- ronnée de succès. Il déclare. au paragraphe 9 de son rapport:
« Il a été convenu que fobjet de mes entretiens était de rechercher la possibilité de revenir à l'application pleine et entière des conventions d'armistice; c'est sur cette base que, san~ exception, les entretiens a,'''c les gouvernements intéressés se sont déroulés. » Ainsi, l'objectif que s'est assigné le Secrétaire géneral était de rétablir l'observation intégrale des conventions d'armistice.
74. J'avais déJ " eu l'occasion, à la 7228 séance, le 4 avril 1956, de déclarer au Conseil que l'Egypte était toujours prête à collaborer avec le général Burns et
76. We have agreed, for instance, to the establishment on each side of the demarcation line of an equal number of fixed United Nations observer posts. Incidentally, 1 should like to emphasîze that this proposaI of General Burns had been suggested by Egypt. Since February 1955, our delegation on the Egyptian-Israel Mixed Armistice Commission had been asking for the co-opera- tion of observers in ascertaining who was responsible for the many exchan6es of fire along the demarcation line. We even agreed to United Nations observers being stationed on the Eg'lptian sicle, and t.1ley have heen so stationcd, since 12 April 1955, on our request, exœpt for a very short period last year. General Burns confirmed my remarks in a recent statement to the Press.
77. Wc are happy, therefore, that agreement on this point has been achicved. At the same time we have to point out that Israel has specified that the agreement should remain in force for six months, whereas the Egyptian Government has set no time limit.
78. Last ycar, we also suggestcd a practical measure to reduce tension in the area of the demarcation Hne, namely, the separation of the armed forces stationed along that line. We therefore had no difficulty in accepting without reservation, as may be seen from the Secretary-General's report, his proposaI to that effect. The report states:
"The proposaI that the parties should withdraw their anned forces, especially patrols, observation posts and defensive positions, back from the demarcation line to a distance sufficient to eliminate or greatly reduce provocation which might induce undisciplined individuals to open fire leading to extensive breaches of article II, paragraph 2, of the General Armistice Agreement has been accepted by Egypt without re- selvations" [8/3596, para. 79].
79. In his report, the Secretary-General has rightly been careful to define the functions of the obscrvers on the basis of the resolution of 11 August 1949 [8/1376, 11], in which the Security Council took note cf the general armistice agreements. He says that one of the functions of the observers is, together with the authori- tics concerned, to ensure compliance with the cease-fire provisions contained in the armistice agreements. The
76. Nous avons notamment accepté la création, de chaque côté de la ligne de démarcation, d'un nombre égal de pOSH'::; fixes occupés par des observateurs des Nations Unies. D'ailleurs, je tiens à souligner que cette proposition du général Burns a été suggérée par l'Egypte. Depuis le mois de février 1955, notre délégation auprès de la Commission mixte d'armistice égypto-israélienne avait demandé la coopération des observateurs pour déterminer à qui incombait la responsabilité dans les cas des nombreux échanges de coups de feu qui avaient lieu le long de la ligne de dé..-narcation. Nous avio!"'.! même accepté que les observateurs des Nations Unies soient postés du côté égyptien et ils l'ont été, en fait, depuis le 12 avril 1955, sur notre demande, excepté pour une très courte période l'année dernière. Le général Burns vient de confirmer ce que j'avance dans une décla- ration qu'il vient de faire à la presse.
77. Aussi soulignons-nous avec satisfaction que l'accord a été réalisé sur ce point. Mais nous ne pouvons man- quer de signaler qu'Israël a précisé que l'accord resterait en vigueur pendant six mois, et que le Gouvernement égyptien n'a pas fixé de limite de temps.
78. Nous avions également suggéré dès l'an dernier une mesure d'ordre pratique tendant à réduire la tension sur la ligne de démarcation ; cette mesure consistait à séparer les forces armées stationnées le long de cette ligne. Par conséquent, il nous était facile de souscrire sans réserve, comme cela découle du rapport du Secré- taire général, à la proposition que ce dernier a présentée à cet effet: «L'Egypte a accepté sans réserve la proposition tendant à ce que les parties retirent leurs forces armées, notamment les patrouilles, et ramènent leurs postes d'observation et leurs positions défensives à une distance, en deçà de la ligne de démarcation, suffisante pour éliminer ou réduire considérablement les possi- bilités de provocation qui pourraient inciter des élé- ments indisciplinés à ouvrir le feu et provoquer ainsi de graves violations du paragraphe 2 de l'article II de la Convention d'armistice général:. [8/3596, par. 79].
79. Dans son rapport, le Secrétaire général a tenu, avec raison, à préciser les fonctions des observateurs en se basant sur la résolution du 11 août 1949 [8/1376, 11], dans laquelle le Conseil de sécurité a pris note des con- ventions d'armistice. Il a précisé également qu'une des fonctions des obseIVateurs était de veiller avec les auto- rités intéressées, à l'observation des clauses de suspen- sion d'armes qui figurent da.ns les conventions d'armis-
80. My Government also accepted aIl the other proposaIs which were presented by General Burns and the Secretary-General and which are described in the report.
81. We have not changed our posItIOn. We are still ready to examine any proposaI made by the Secretary- General and by General Burns with a view to eliminat- ing tension along the demarcation Hnes and in the demilitarized zones, within the framework of the General Armistice Agreement between Egypt and Israel.
82. 1 should also like to mention that Egypt has acccpted without reservation the principle of the freedom of movement of military observpr<: in the region of El Auja and Gaza. Israel das nu. glVen complete assurances of this tYr-.
83. 1 should like DOW to deal with a matter connected with the Secretary-General's report and the draft resolu- tion proposed by the United Kingdom representative [S/3600/ Rev.I], the question of the cease-fire. My Government has given an assurance that it will observe unconditionally the provisions of article II, paragraph 2, of the Egyptian-Israel General Armistice Agreement, while reserving the right of self-defence as stipulated in the United Nations Charter. The exchange of letters between the parties and the Secretary-General on this matter is reproduced in document 8/3584.
84. A matter which is ..·'mnected with this undertaking by my Government, and which is referred to in the report, is that of the diversion of the waters of the Jordan river, with which you are aIl acquainted. On this point, the Secretary-General writes the foIlowing in his report: "It appears from the letters from the Governments of Jordan and Lebanon that the two Governments consider that a resumption of the work might put the situation along the demarcation line under an undue strain. This view has been expressed to me also by the other Governments of the Arab ccuntries. 1 have given this aspect of the question my most serious attention. 1 find that the strain feared in case of a resumption of the work should not be permitted to endanger the cease-fire, but, as stated during my negotiations, l feel, with equal strength, that, legal considerations apart, it is the duty of aIl parties to the present effort to reduce tensions to av~id any action that may create an added strain" [S/3596, para. 98J.
85. My Government, of course, considers that diversion of the Jordan river cannot but dangerously increase tension along- the demarcation Hnes and may easily have
80. Toutes les autres propositions qui ont été présentées par le général Burns et le Secrétaire général et qui se trouvent mentionnées dans le rapport ont été favora- blement accueillies par mon gouvernement.
81. Notre position n'a pas changé. Nous sommes toujours prêts à examiner toutes les propositions qu'ils pourraient faire en vue d'éliminer la tension sur la ligne de démarcation et dans la zone démilitarisée, et ce dans le cadre de la Convention d'armistice général entre l'Egypte et Israël.
82. Enfin, je voudrais signaler aussi que l'Egypte a accepté d'admettre sans réserve le principe de la liberté de déplacement des observateurs militaires dans la région d'EI-Auja et de Gaza. Des assurances de ce genre n'ont pas été entièrement données par Israël.
83. Je voudrais maintenant aborder une question qui concerne le rapport du Secrétaire général et le projet de résolution soumis par le représentant du Royaume- Uni [S/3600/Rev.I]. Il s'agit de la suspension d'armes. Mon gouvernement a donné l'assurance qu'il respecterait inconditionnellement les dispositions du paragraphe 2 de l'article II de la Convention d'armistice général entre l'Egypte et Israël, tout en se réservant le droit de légi- time défense reconnu par la Charte des Nations Unies. L'échange de lettres entre les parties et le Secrétaire général concernant cette question constitue le document S/3584.
84. Une question qui est liée à cet engagement qu'a pris mon gouvernement et qui figure au rapport est celle du détournement des eaux du Jourdain que vous con- naissez tous, sur laquelle le Secrétaire s'exprime en ces termes:
«Il ressort des lettres que j'ai reçues du Gouver- nement de la Jordanie et de celui du Liban que, de l'avis de ces deux gouvemements, une reprise des tra- vaux pourrait ajouter dangereusement à la tension qui règne sur la ligne de démarcation. Les gouver- nements des autres pays arabes ont exprimé devant moi le même avis. J'ai réfléchi très sérieusement à cet aspect de la question. J'estime qu'il ne faut pas laisser compromettre la suspension d'armes par la tension qui, craint-on, résulterait d'une reprise des travaux, mais, comme je l'ai déclaré au cours des négo- ciations, je suis persuadé à un égal degré que, toutes considératiens juridiques mises à part, il est du devoir de tous ceux qui participent aux efforts que nous faisons actuellement pour arriver à une détente d'éviter tout acte qui pourrait créer un surcroît de tension» [S13596, par. 98J.
85. Il est évident que mon gouvernement estime que le détournement des eaux du Jourdain ne peut qu'aug- menter dangereusement la tension qui règne sur la ligne
86. In paragraph 47 of his report, explaining the cease- fire and its relation to the reservation concerning self- defence, the Secretary-General states: "More important than the legal uncertamtles is the dependence of the cease-fire arrangement on the gencral situation. Strains may develop which will put the arrangement to a test for which the re- established legal obligations prove too weak. 1t is first of aIl-and 1 want to stress this last sentence- a question of the general atmosphere in which the cease-fire is implemented."
1 feel that 1 can add nothing ta the Secretary-General's analysis. 1 will 'not dwell further on this subject, which has been so ably deaIt with by the Syrian representative, and 1 associate myself with his conclusions.
87. My delegation would have preferred the United Kingdom draft resolution Eot to go beyond the Secretary-General's report and the resolution of 4 April 1956 [8/3575] entrusting Mr. Hammarskjold with his mISSIOn.
88. The United Kingdom representative has submitted a revised text, and 1 fully recognize that in it he has made an effort to come closer to our point of view. Unhappily, in respect of sorne points which are of considerable interest to our delegation, we do not find the draft resolution satisfactory.
89. The sixth paragraph of the preamble, in particular, states: "Conscious of the need to create conditions in which a peaceful settlement on a mutually acceptable basis of the dispute between the parties can be made".
90. Ma délégation trouve que ce considérant n'est pas d'un grand secours; comme je l'ai déjà expliqué, le projet de résolution doit rester dans le cadre du rapport, pour ne pas soulever des questions controversées et nous amener à toucher des sujets brûlants. Que le texte de ce considérant soit emprunté à la déclaration anglo- soviétique du 27 avril 1956 ne saurait aucunement justifier sa mention dans le projet de résolution. En effet, cette déclaration contient d'autres passages qui concernent le Proche-Orient et qui même cadrent mieux avec la résolution du 4 avril 1956 et avec le rapport du Secrétaire général. Nous lisons par exemple dans cette déclaration : «Dans ce but, ils accorderont [c'est-à-dire le Royaume-Uni et l'Union soviétique] le soutien néces- saire aux Nations Unies dans la tentative que font celles-ci pour renforcel la paix dans la région de la Palestine et pour faire appliquer les décisions appro- priées du Conseil de sécurité. »
90. My delegation feels that tOO paragraph in the present draft resolution does not help very mw:h; as 1 have already explained, the draft resolution should remain within the framework of the report to avoid raising controversial questions and leading us into a discussion of thorny issues. The fact that the text of this paragraph was taken from the Anglo-Soviet declaration of 27 April 1956 does not justify its inclusion in the draft resolution. The Anglo-Soviet declaration in fact deals with other questions which concern the Near East and which have a closer relation to the resolution of 4 April 1956 and the Secretary-General's report. For example, the declaration states: "For this purpose, they [that is to say, the United Kingdom and the Soviet Union] will give the necessary support to the United Nations in its endeavour to strengthen peace in the region of Pales- tine and to carry out the appropriate decisions of the Security Council."
86. D'ailleurs, au paragraphe 47 de son rapport, expli- quant la suspension d'armes et ses liens avec la réserve de légitime défense, le Secrétaire général a déclaré : «Ce qui est plus important que les incertitudes juridiques, c'est le lien qui existe entre le sort de la suspension d'armes et la situation générale. Certaines difficultés pourraient surgir, qui exerceraient sur cet ensemble d'assurances données une pression à laquelle pourraient mal résister les obligations juridiques qui viennent d'être réaffirmées. Tout dépend donc - et j'insiste sur cette dernière phrase - essentielIement de l'atmosphère générale dans laquelle sera observée la suspension d'armes. » J'estime que je ne peux rien ajouter à cette analyse du Secrétaire général. Je ne m'étendrai d'ailleurs pas davan- tage sur ce sujet qu'a si brillamment abordé le repré- sentant de la Syrie, et je m'associe à ses conclusions.
87. Ma délégation aurait préféré que le projet de réso- lution déposé par le représentant du Royaume-Uni ne dépasse pas les limites du rapport du Secrétaire général et de la résolution du 4 avril 1956 [8/3575] qui a assigné à M. Hammarskjold la mission que vous connaissez.
88. Le représentant du Royaume-Uni nous a présenté un texte revisé dans lequel, je dois l'admettre, il s'est efforcé de se rapprocher de notre point de vue. Mal- heureusement, sur certains points qui présentent pour notre délégation un intérêt considérable, le projet de résolution ne paraît pas adéquat.
89. Le sixième considérant, notamment, dispose:
«Conscient de la nécessité de créer des conditions dans lesquelles puisse intervenir un règlement paci- fique, sur une base mutuellement acceptable, du diffé- rend qui oppose les parties ».
92. 1 apologize for having strayed outside the limits of today's debate, but that is not entirely my fault, since the parngraph of the draft resolution which 1 felt 1 had to comment upon is not entirely relevant and leads us away from our subject. It would certainly have been better not to include it Ïn the draft resolution.
93. 1 have a comment to make on paragraph 3 of the operative part, which rearls:
"Declares that full freedom of movement of United Nations observers must be respected in aIl areas along the armistice dcmarcation lines, in the demilitarized zones and in the defensive areas as defined in the armistice agreements ..."
94. This paragraph is not word for word the same as the text ~dopted by the Council at its meeting of 4 April 1956. The phrase "in aIl areas" does not appear in that text, which was originally proposed by the United States. 1 wonder ""hat purpose this addition is intended to serve, and whether it adds anything to the resolution of 4 April 1956. 1 should be grateful if the United Kingdom representative could enlighten me on this point.
95. Another point on which some explanation is needed is paragraph 7 of the operative part of the draft resolu- tion, which reads: "Requests the Secretary-General to continue his good offices with the parties, and to report to the Securit.y Council as appropriate".
96. This paragraph requires explanation. It does not state whether the Secretary-General's good offices relate to the application of the resolution of 4 April 1956 or even to the recommendations contained h. his j;'eport; hence, this paragraph can be interpreted as conferring another mission on Ml'. Hammarskjold and even as giving him instructions to seek other solutions to the Palestine probJem, instructic!ls which Ml'. Hammarskjold himself has never sought.
97. But, according to Sir Pierson Dixon's statement yesterday: "This is not a mission. It is not a mandate. It is not proposed that the Council should ask the
92. Je m'excuse d'être sorti du cadre de nos discussions d'aujourd'hui, mais ce n'est pas complètement ma faute, puisque ce considérant, que je me suis senti dans l'obli- gation de commenter, n'est plJ-S très pertinent et nous ék ;gne du cadre de nos discussions. Il aurait certaine- ment été préférable de ne pas le faire figurer dans le projet.
93. J'ai maintenant une observation à formuler sur le paragraphe 3 du projet de ré30lution, qui est ainsi rédigé: «Déclare que la pleine liberté de mouvement des observateurs des Nations Unies doit être respectée dans toutes les zones le long des lignes de démarca- tion ci.:- l'armistice, dans les zones démilitarisées et dans les régions défensives, telles qu'elles sont définies dans les conventions d'armistice... »
94. Ce paragraphe n'est pas tout à fait identique au texte qui a été adopté par le Conseil à sa séance du 4 avril 1956. En effet, dans ce texte déposé à l'origine par les Etats-Unis, le membre de phrase « dans toutes les zones» n'existe pas. Je me demande quel est l'objectif de cette adjonction et si elle apporte quelque chose de nouveau au texte de la résolution du 4 avril 1956, et je serais reconnaissant au représentant du Royaume-Uni de bien vouloir me renseigner à ce sujet.
95. Il est un autre point sur lequel certains éclaircis- sements sont nécess:i.Ïres: je veux parler du para- graphe 7, qui dispose: «Demande au Secrétaire général de continuer de mettre ses bons offices à la disposition des parties et de faire rapport au Conseil de sécurité lorsqu'il y aura lieu ».
96.. Ce paragraphe appelle une explication. En effet, il ne dit pas si les bons offices du Secrétaire général concernent l'application de la résolution du 4 avril 1956 ou même des recommandations contenues dans le rapport, si bien qu'il peut être interprété comme assignant à M. Hammarskjold une autre mission, et même comme lui donnant mandat de rechercher d'autres solutions au problème palestinien, mandat qu'il n'a jamais sollicité de sa propre autorité.
.,
97. Or, voici ce qu'a déclaré hier sir Pierson Dixon :
«II ne s'agit pas ici d'une mission. Il ne s'agit pas davantage d'un mandat. Le Conseil ne demande pas
98. In these circumstances, my delegation cannot understand why the paragraph could not be amended on the lines of the explanation and intcrpretation giV€!l by the United Kingdom representative.
99. In his statement yesterday, Ml'. Lodge, who introduced the text adopted on 4 April 1956, gave the United Kingdom resolution an interpretation identical with that given by Sir Piersoll Dixon. He saiel:
"The draft resolution sponsored by the representa- tive of the United Kingdom has a basic purpose, which is to emphasize the Security Council's wish first that the agreements already arrived at should be speedily put into effect and, secondly, that the remaining measures called for in: the Security Council's re.sohltions and not yet fully agreed upon should be ad<;?pted without delay" [723rd meeting, para. 79]. He stated further: "Thus the task before the Security Council today is to consolidate the gains made by the Secretary- General in the agreements he has reached with the parties to prevent a recurrence of a situation such as prcvailed earlier in the year. It seems fitting-in fact, it seems wise-to calI upon the Secretary-General to make further effort~ with the parties to that end" [ibid., para. 83].
100. Il me semble que l'interprétation que je viens de donner de ce paragraphe coincide avec celle des repré- sentants du Royaume-Uni et des Etats-Unis. Je serais reconnaissant si l'auteur du projet de résolution pouvait confirmer mon point de vue. 101. Voilà les observations que je voulais faire sur le projet de résolution. J'espère qu'il sera tenu compte de mes remarques, formulées uniquement pour éclaircir davantage le projet de résolution, et que des amende- menti: pertinents y seront apportés sur les points que j'ai soulevés, pour permettre son adoption à l'unanimité.
100. 1 think the interpretation 1 have just placed upon this paragraph coincides with that given by the United Kingdom and United States representatives. 1 should he grateful if the sponsor of the draft resolution would confirm this. ' 101. That is what 1 wanted to say about the draft resolution. 1 hope that my remarks, which have been made purely in order tû throw more light on the draft, will be taken into account, and that the points to which 1 have referred will be alnended as necessary, so that the text can be adopted unanirnously.
102. En conclu~.ion, je voudrais déchrcr encore une fois que ma delégation donnera son concours au Secré- taire général et au Chef d'état-major de l'Organisme chargé de la surveillance de la trêve, pour permettre l'application des mesures pratiques qui ont été proposées dans le cadre de la Convention d'armistice général entre l'Egypte et Israël du 24 février 1949, que nous avons signée ct que, partant, nous sommes disposés à appliquer.-,... ~.
102. In conclusioZ'l, 1 should like to slate once more that my delegation will co-operate with the Secrctary-General and the Chief of Staff of the Truce ~upervision Organization in order to make possible the application of the practical measures proposed under the General Armistice Agreement concluded between Egypt and Israel on 24 February 1949, which we signed and which we are accordingly prepared to apply.
98. Dans ces conditions, ma délégation ne peut com- prendre les raisons pour lesquelles ce paragraphe ne pourrait être amendé dans ie sens de l'e:x-plication et de l'interprétation qui en ont été données par le représen- tant du Royaurr..e-Uni.
99. Dans la déclaration qu'il a faite hier, M. Lodge, qui avait présenté le projet de résolution adopté le 4 avril 1956, a rlonné du projet de résolution du Royaume-Uni une interprétation identique à cel!e de sir Pierson Dixon. Voici ses paroles : «Le projet de résolution présenté par le représen- tant du Royaume-Uni a pour but essentiel Je sou- ligner que le Conseil de sécurité désire : premièrement, voir mettre en œuvre sans tarder les conventions déjà adoptées ; deuxièmement, voir adopter au plus tôt les autres mesures prévues dans les résolutions du Conseil de sécurité et sur lesquelles l'accord ne s'est pas encore fait complètement» [723e séance, par. 79]. Il a encore déclaré : «J\insi, ce que le Conseil de sécurité doit faire aujourd'hui, c'est consolider les résultats que le Secré- taire général a obtenus grâce aux accords qu'il a réalisés avec les parties en vue d'empêcher le retour d'une situation du genre de celle que nous aVOn9 connue au début de l'année. Il semble qu'il convien- drait - il paraît même judicieux - de demander au Secrétaire général le faire de nouveaux efforts dans ce sens avec les parties en présence» [Ibid., par. 83].
104. Mr. RIFA'I (Jordan): In a sincere expression of appreciation before this Council, 1 should like to compli- ment the Secretary-General, Mr. Hammarskjold, on his report and on the skilful manner in which he camed out the mission delegated ID him by the Security Council in its resolution of 4 April 1956.
105. Apart from the official aspect of his successful achievement, he personaHy won the admiration of the political leaders with whom he dealt in that region. This is the impression that he made in my country, which impression, 1 believe, he aIso left in other countries of the area. In conductinrz his discussions. he was led ail the way through by his si~ce:"ity and intcÏligence with a great reserve of diplomacy. The good report which he has written and which has been submitted to this Council is a true example of his ability. This, however, should not he construed to mean that my delegation fully subscribes to all his findings.
106. Li.rniting himsdf to Ll}e scope of the reso!ution of 4 April 1956, he tried to he as comprehensive as possible. His report gives a complete 5urvey of the conditions along the armistice demarcation Unes in the Palestine area and an analytical study of the question of compliance or non-compliance with the general armistice agreements. His main task was to reduce tension along the armistice lines; and, as he puts it, he devoted aIl his attention to the limited task of re-establishing, first of aIl, a cease-fire and, based on the cease-fire, a state of full compliance with the armistice agreements.
107. Perhaps the main objective which he achieved was the assurances he received from the parties concerned that they would observe the cea.c;e-6_re, with the reser- vation on self-defence as recognized by the Charter of the United Nations. My Government, having given such an assurance, made another strong reservation by draw- ir.g the Secretary-Gener-al's special attention to the grave consequences that would ensue if the Jordan river diversion works were resumed by Israel.
108. In this connexion, my delegation wishes to refer to the Secretary-General's stand on this particular matter, and to my Government's reaction to it, as stated in the report. In his report, the Secretary- General says : "... 1 have found that my formaI stand under the terms of my manà..i;ë must be to request the parties to abide by decisions concerning the matter taken by the Security Council or under the armistice agree- ments, and, as indicated in a previous section, to
101. M. RIFA'I (Jordanie) [traduit de l'anglais] : Je voudrais adresser au Secrétaire général mes sincères remerciements et mes félicitations pour le rapport qu'il a rédigé et pour l'habileté avec laquelle il a rempli la mission que lui a confiée le Conseil de sécurité par sa résolution du 4 avril 1956.
105. En dehors du côté officiel du succè~ Qu'il a obtenu. M. Hammarskjold a conquis l'admiration cies chefs poii: tiques de la région avec lesquels il s'est entretenu. Telle est l'impression qu'il a laissée dans mon pays et aussi, je pense, dans les autres pays de la région. Au cours des discussions qu'il a eues avec les dirigeants des divers pays, M. Hammarskjold a été servi par sa sincérité, son intelligence et beaucoup de réserve diplomatiql.\ L'excellent rapport qu'il a rédigé et qu'il soumet ,,' Conseil montre bien la mesure de ses capacités. Cette affirr.lation ne doit cependant pas être interprétée comme signifiant que ma délégation approuve entière- ment toutes les conclusions du rapport du Secrétaire général.
106. Tout en s'en tenant au" termes de la résolution du 4 avril 1956, M. Hammarskjold s'est efforcé de donner aux entretiens la plus large portée possible. Il fait, dans son rapport, un tableau complet des condi- tions qui règnent le long des lignes de démarcation en Palestine et examine la mesure dans laquelle les conven- tions d'armistice général ont été ou p''''nt pas été observées. La tâche principale du Secreîaire général était de réduire la tension le long des lignes de démar- cation de J'armistice. Comme il l'indique lui-même, il s'est attaché surtout à la tâche limitée de rétablir tout d'abord la suspension d'armes, puis d'assurer l'observa- tion intégrale des conventions d'armistice.
107. Le principal résultat acquis par le Secrétaire général est peut-être d'avoir obtenu des partie~ inté- ressées l'assurance qu'elles observeront la suspension d'armes, en se réservant le droit de légitime défense reconnu par la Charte des Nations Unies. Mon gou- vernement, qui a donné cette assurance, a fait une autre réserve formelle en attirant l'attention du Secrétaire général sur les graves conséquences qu'aurait la reprise, par Israël, des travaux de détournement des eaux du Jourdain.
108. A cet égard, ma délégation désire rappeler l'atti- tude prise sur cette question par le Secrétaire général et la réaction de mon gouvernement indiquée en ces termes dans le rapport :
« ... j'ai pensé qu'aux tennes de mon mandat, sur le plan juridique, il m'appartenait de demander aux parties de respecter les décisions prises à ce sujet, soit par le Conseil de sécurité, soit en application des con- ventions d'annistice, et, cozmne je l'ai dit plus haut,
109. It is a matter of major significance to my Govern- ment to reiteratc what our Prime Ministel wrote to the Sccretary-General ln his letter dated 29 Aprii i 956. He said : "Our agreement is hereby confirmed [8/35!16, annex 1]." The reference is 10 the agreement between the Prime Minister and the Secretary-General with regard to the unconditional observance of obligations under article III, paragraph 2, of the !srae!.Jordan General Armistice Agreement, on the basis of reciprocity and reserving our right to self·defence. In the same letter, the Prime Minister wcnt on to say:
109. Mon gouvernement estime important que je répète ce que le Premier Ministre de Jordanie écrivait au Secrétaire générai ie 29 avril i956 : «J'aï l'honneur de confirmer notre accord [8/3596, annexe 1]. Il s'agit de l'accord conclu entre le Premier Ministre de mon pays et le Secrétaire général au sujet de l'observation sans condition des obligations énoncées au paragraphe 2 de l'·~rticle III de la Convention entre Israël et la Jor- danie, étant entendu que l'autre partie observerait éga- lement ces obligations et sous réserve de notre droit de légitime défense. Dans cette même lettre, le Premier Ministre disait également au Secrétaire général: «Vous m'avez déclaré que seul le Conseil de sécu- rité peut interpréter la résolution que le Conseil a prise au sujet de ce problème; il est donc évident que
"On the slrength of your statemcnt to me that the Security Council resolution affecting this problem can only be interpreted by the Security Council alone, it becomes evident that any unilateral action by Israel \4fould mean not on!y vicIation of the said rcsolution" -that is, the resolution of 27 Oetober 1953 [8/3128]- "but also defiance of the principle indicated by you."
110. That is mv Government's poSltlOn in respect to the cease·fire assurances which w~ have given. . Thus, we have added to our dean record a new assurance that we shall observe the obligations concerning a cease-fire laid down in the armistice agreement, subject to the above-mentioned rcscrvations.
110. Telle est la position de mon gouvernement à l'égard des assurances que nous avons données relati- vement à la suspension d'armes. Ainsi, nous avons ajouté à un passé irréprochable la nouvelle assurance d'observer les obligations relaùves à la suspension d'armes, énoncées dans la Convention d'armistice, sous les réserves ci-dessus mentionnées.
111. Having secured such assurances from aIl the parties concerned, the Secretary-General accomplished the primary object of his mission, thereby making it possible te bring about the present conditions of quiet- ness along the armistice !ines. In other words, he succeeded ln reducing the tension that had prevailed prior to his visit to the area and at the time of his arriva!.
111. Ayant obtenu de toutes les parties intéressées la même assurance, le Secrétaire général a atteint le but essentiel de sa mission et a ainsi permis de rétablir le caL-ne qui règne actuellement le long des lignes de démarcaiÏon de l'armistice. En d'autres termes, le Secré- taire général a réussi 2 réduire la tension qui régnait dans la région avant et au moment de son arrivée.
112. The reprcsentative of the United Kingdom was quite right when he said, the day before yesterday: "Thus, the primary object of the Secretary-General's mission was to reduce tension along the armistice demarcation lines" [723rd meeting, para. 17].
112. Le représentant du Royaume-Uni avait tout à fait raison de dire avant-hier : «Ainsi, la mission du Secrétaire général visait essentiellement à réduire la tension qui régnait sur les lignes de démarcation de l'armis'i:Ïcc» [7238 séance, par. 17]. Cette observation correspond exactement à la conception que le Secrétaire général s'est faite des limitations et de la portée de son mandat. Il n'a pas voulu dépasser le cadre que lui fixait la résolution du 4 avril 1956. M. Hammarskjold déclare en effet dans son rapport : «La mission que le Conseil de sécurité m'avait confiée... avait trait directement à l'état de tension qui régnait sur les lignes de démarcation de l'armis-
This remark is in full conformity with the understand- ing of the Secretary-General of the limitations and dimensions of his mandate. He did not accep~ LO go beyond the defined scope of the resolution of 4 April 1956. Mr. Hammarskjold says: "My mandate ... is directIy concerned with the state of tension along the armistice demarcation lines and the state of compliance or non-complia.nce with the
tout~ action unilatérale de. Ïa :part d'Is~ël ~eprésen ternIt non seulement une Violation des d15pûSltlOns de ladite résolution - c'est-à··dire de la résolution du 27 octobre 1953 [8/3128] - mais encore un défi aux principes dont vous avez fait état. »
114. Now the Security Council bas heen summoned again to discuss the report of the Secretary-General and 1:0 L-f te pass a further resolutioll on t.~e S3..TIle problem. In the light of the fulfilment of the immediate purpose of the previous resolution and the success of the Secretary-General in reducing tension and maintain- ing order on the armistice demarcation lines, the natural method in drafting a new resolution would be to keep within the limits of the resolution of 4 April 1956 and not create ncw issues that might influence the situation obtained by the re-establishment of a cease-fire. The Secretary-General says:
"1 said in my repon that 1 had stayed stricdy within the scope of my mandate. This means that 1 have left aside those fundamental issues which so deeply.influence the present situation ..." [8/3596, para. 102].
115. The present draft resolution of the United Kingdom brings up, 1 am afraid, such new issues.
116. In paragraph 4 of the operative part of the draft resolution it is stated that the Council: "Endorses the Secretary-General's view that the re-establishment of full compliance with the armistice agreements represents a stage which bas to he passed in order to make progress possible on the main issues hetween the parties".
117. This paragraph, as it stands, goes far heyond the simple indication borne out by the conclusions of the Secretary-General. In the report of the Secretary- General, the statement to which this paragraph refers represents the views of the Secretary-General and his own understanding. It is a conclusion introduced by him along with severai other conclusions. Whether those conclusions are perfectIy correct or questionable, they should not necessarily he included in a Security Council resolution.
118. Moreover, 1 do not think that when the Secretary- General presented these views he actually meant to see them incorporated in a resolution. The theories of the Secretary-Generai could he of help to everyone, for private meditation, or to draw one's own conclusions
114. Le Conseil de sécurité vient d'être convoqué pour examiner le 1~Pport du Secrétaire général et pour essayer d'adopter une autre résolution sur la même question. Etant donné que le but immédiat de la précédente réso- lution a été atteint et que le Secrétaire général a réussi à réduire la tension et à rétablir l'ordre sur les lignes de démarcation de l'armistice, la façon normale de rédiger un nouveau projet de résolution serait de rester dans les limites de la résolution du 4 avril et de ne pas sou- lever de nouvelles questions qui pourraient exercer une influence sur l'état de choses réiultant de la confirma- tion de la suspension d'armes. Le Secrétaire général dit encore : «J'ai déclaré aussi dans ce rapport que j'avais strictement respecté la portée de mon mandat. C'est dire que j'ai laissé de côté les questions fondamentales qui ont des répercussions si profondes sur la situation actuelle... » [8/3596, par. 102].
115. Le projet de résolution présenté par la délégation du Royaume-Uni soulève, je le crains, de telles questions.
116. Aux termes du paragraphe 4 de ce projet, il est dit que le Conseil de sécurité: «Fait sienne l'opinion du Secrétaire général selon laquelle le rétablissement de conditions dans lesquelles les conventions d'armistice seraient intégralement observées représente une étape qu'il faut franchir si l'on veut faire avancer le règlement des questions principales qui restent à régler entre les parties ~.
117. Tel qu'il se présente, ce paragraphe est très loin de la simple indication que font ressortir les conclusions du Secrétaire général. Dans le rapport, la déclaration à laquelle se réfère ce paragraphe présente les vues du Secrétaire général et sa propre interprétation. C'est une conclusion qu'il dégage en même temps que plusieurs autres conclusions. Que ces conclusions soient parfai- tement exactes ou qu'on puisse les mettre en doute, on ne doit pas nécessairement les faire figurer dans une résolution du Conseil de sécurité.
118. En outre, je ne pense pas que le Secrétaire général voulait vraiment que l'on incorporât ces avis dans une résolution lorsqu'il les a présentés. Ses théories pourraient être utiles à chacun: chacun pourrait les méditer, ou tirer ses propres conclusions quant à leur importance, ou
119. Why should not the Security Council endorse t"'~ view of the Secretary-General that the general will to peace in the region should be encouraged, but not by attempts to impose from outside solutions to problems of vital significance to everyûne in the region? Or why should the Security Counci1 not endorse the opinion of the Secretary-General that the final settlement is probably still far off? 1 can see no reason for inserting any conclusions, and especially that in paragraph 4 of the United Kingdom draft resolution, in any resolution which ihe present discussions might produce. It is greatly preferable to limit ourseives to the specific re- quirements of the resolution of 4 April 1956 which was adopted after a great deal of thorough and detailed discussion.
120. My delegation, therefore, takes a critical stand on the aforementioneddause, and hopes that the resolution adopted by the Council will deal only with the practical measures that could be taken for fulfilling the limited objectives of the previous resolution. We are therefore in full agreement with the vjews expressed in paragraph 2 of the draft resolution and in the state- ments of sorne of the members .of tP;c: Council that measures which have been agrced upon should he put into effect by the parties without delay, and that the parties should co-operate with the Secretary-General and the Chief of Staff of the Truce Supervision Organization for putting into effect further practical proposaIs, pursuant to the resolution of 4 April 1956.
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121. In other words, the resolution of 4 April 1956 is an adequate instrument for the Secretary-General ta continue his efforts to attain all its objectives. In tbis connexion, 1 would like to compliment the representa- tive of China for his masterly argument on this poiat. My delegation could not agree with him more that the present draft resolution should be set aside and that the purpose of this meeting should be limited to renewing the Council's mandate to the Secretary-General in accordance with the previous resolution.
122. It is quite clear from the report of the Secretary- General that the attitude of the Arab Governments was very co-operative in facilitating his task. The specific matters in which they showed snch co-operation are enumerated in the report. Negotiations for the local commanders' agreement, which the Secretary-General feels should take place betweèn the Hashemite Kingdom of the Jordan and Israel, were expected to be proposed to both parties by the Chief of Staff. My Government would weIcome the continuation of the Secretary- General's efforts to reach practical arrangements that eould he carried out pursuant to the resolution of 4 April 1956.
123. While we favour the continuation of the efforts of the Secretary-General to implement the parts of that
119. Pourquoi le Conseil de sécurité ne devrait-il pas approuver l'opinion du Secrétaire général suivant laquelle il convient d'encourager la volonté générale de paix qui se manifeste dans la région, mais sans essayer d'imposer du dehors à tous ceux qui habitent la région la solution de problèmes qui présentent pour eux une importance vitale? Ou bien, pourquoi le Conseil ne devrait-il pas approuver l'idée du Secrétaire général suivant laquelle le règlement définitif de la question est probablement encore lointain? Je ne vois aucune raison pour que l'on incorpore l'une ou l'autre de ces conclusions, notamment celle qui figure au paragraphe 4 du texte présenté par le Royaume-Uni, dans la résolution qui pourrait sortir du présent débat. Il est bien préfé- rable de nous limiter aux objectifs précis de la résolution du 4 avrJ 1956, que le CûrlScil a adoptée après l'avoir examinée en détail.
120. Ainsi donc, la délégation de la Jordanie critique la disposition précitée et espère que la résolution qu'adoptera le Conseil ne traitera que des mesures pra- tiques que l'on pourrait prendre pour atteindre les objectifs limités de la résolution précédente. Elle approuve donc entièrement les opinions eX'"yrïmées dans le paragraphe 2 du projet de résoJution actuel et dans les déclarations de certains membres du Conseil, d'après lesquelles les parties devraient mettre en vigueur sans délai les mesures convenues et coopérer avec le Secre- taire général et le Chef d'état-major de l'Organisme chargé de la surveillance. de la trêve en vue d'exécuter d'autres propositions pratiques, conformément à la réso- lution du 4 avril 1956.
121. En d'autres termes, la résolution du 4 avril 1956 est un instrument qui permet au Secrétaire général de poursuivre son action pour atteindre tous ses objectifs. Je tiens ici à féliciter le représentant de la Chine, qui a si magistralement exposé son argument à ce sujet. La délégation jordanienne ne peut que l'approuver d'avoir suggéré que le Conseil laisse de côté le présent projet de résolution et se borne à renouveler le mandat qu'il a donné au Secrétaire général aux termes de la résolution précédente.
122. D'après le rapport du Secrétaire général, on voit parfaitement que l'attitude des gouvernements des Etats arabes a beaucoup aidé le Secrétaire général dans sa mission. Les questions au sujet desquelles ils ont mani- festé cette coopération sont énumérées dans le rapport. D'ailleurs, le Chef d'état-major devait proposer aux parties de négocier en vue de l'accord entre les com- mandants locaux qui, de l'avis du Secrétaire général, devrait être conclu entre le Royaume hachémite de Jor- danie et Israël. Le Gouvernement jordanien serait heureux de voir le Secrétaire général continuer l'action qu'il a entreprise pour parvenir à des arrangements réa- lisables dans la pratique en exécution de la résolution du 4 avril 1956.
123. Si nous sommes en faveur d'une continuation de l'action qu~ le Secrétaire général a entreprise pour
124. 1 submit that this clause lacks clarity and that it is somehow incomplete, despite the fact that the author of the draft resolution tried to give it adequate explana- tion in his statement on 29 May [723rd meeting]. 1 do not think the term "to continue his good offices" is the right term to he used for the nature of the activities of th.e Secretary-General. What ,...,ou!d be 3. more accurate tenu in this respect would be very simple language that accurately applied to the mission of the Secretary-General; that is, "to continue to arrange with the parties for the adoption of practical measures further te reduce tensions on the annistice deUlâfcâtion lines". Or we could say instead, "to continue his efforts with the parties for the implementation of the resolution of 4 April 1956".
125. The reason 1 have for demanding such clarifica- tion is that the present draft resolution attempts to deai with issues which go far beyond the limited scope of the resolution of 4 April 1956. This fact would cause ambiguity in the meaning- of such clauses if thev were not fully' explained. - ,
126. In expressing my thoughts with such frankness, 1 wish to assure the Council that l, as a representative of my country, do not have the slightest suspicion about the honesty and truthfulness of the Secretary-General, Mr. Hammarskjold. On the contrary, 1 hold him in the highest esteem. But we are dealing with a resolu- tion which will have its outcome and effect on the future of the problems that we are considering and on the interests and right" of the people concerned. There- fore we have to make a careful approach and an accurate appraisal of every step that might be taken.
127. The provisions of paragraph 7 of the United Kingdom draft resolution constitute a part of the approach towards a new concept of a peaceful settlement between the parties. The paragraph could therefore be interpreted in the light of that contemplated settle- ment. Perhaps the representative of the United Kingdom does not agree with me on this interpretation. If that is the case, then 1 request him to use in his draft resolution a more explicit and simple wording of the clause in question in order to wipe out any misunder- standing, and 1 am confident that Sir Pierson Dixon, in his wise judgement, will agree to my request.
128. 1 have said that there is a trend in the present draft resolution towards a new concept of a peaceful settlement between the parties in the dispute. This appears clearly in the sixth paragraph of the preamble, which reads as follows:
124. J'estime que cette disposition manque de clarté et qu'elle est, en quelque sorte, incomplète, bien que l'auteur du projet de résolution ait cherché à donner les explications nécessaires lors de son intervention du 29 mai [723e séance]. Je ne crois pas que l'expression «continuer de mettre ses bons offices» soit l'expression qu'il faille utiliser lorsqu'il s'agit des activités du Secré- taire général. Il serait plus exact d'utiliser à cet égard une expression très simple qui s'appliquerait fidèlement à la mission du Secrétaire général, par exemple «conti- nuer de s'entendre avec les parties pour adopter des mesures pratiques en vue de réduire èncore davantage la tension qui règne sur les lignes de démarcation ». Nous pourrions dire aussi: «poursuivre ses efforts auprès des parties en vue de la mise en œuvre de la ré~olution du 4 avril 1956 ».
125. Si je propose cet éclaircissement, c'est parce que le présent projet de résolution, dans certaines de ses dis- positions, vise à régler des questions qui dépassent de beaucoup la portée limitée de la résolution du 4 avril 1956, ce qui introduirait une certaine ambiguïté dans ces dispositions si elles ne faisaient l'objet d'une expli- cation complète.
126. En m'exprimant avec autant de franchise, je peux assurer le Conseil qu'en tant que représentant de mon pays, je n'ai pas le moindre soupçon en ce qui concerne J'honnêteté et la sincérité de notre secrétaire général. Je le tiens au contraire en très haute estime. Mais nous sommes saisis d'un projet de résolution qui aura des répercussions sur les problèmes que nous examinons ainsi que sur les intérêts et les droits des peuples en cause. Par conséquent, nous devons aborder la question avec prudence et faire une analyse exacte de chaque mesure que nous pourrions prendre.
127. D'autre part, le paragraphe 7 contribue à enVi- sager d'une nouvelle manière un règlement pacifique entre les parties. C'est pourquoi il pourrait être inter- prété compte tenu du règlement ainsi envisagé. Le repré- sentant du Royaume-Uni ne sera peut.être pas d'accord avec moi sur cette interprétation. Si tel est le cas. je le prierai de rédiger son projet de résolution en utilisant pour la disposition en question des termes plus explicites ct plus simples, afin d'éliminer tout malentendu et je suis sûr que, dans sa sagesse, sir Pierson Dixon fera droit à ma demande.
128. J'ai dit qu'il existait dans le projet de résolution actuel une tendance cn faveur d'une nouvelle concep- tion d'un règlement pacifique entre les parties au diffé- rend. C'est ce qui apparaît clairement au sixième consi- dérant, qui est ainsi conçu :
130. Moreover, the peaceful settlement for which the present draft resolution wishes to create the conditions is not a settlement based on equity and justice, as this Council should recommend it to be; it is not a settlement established on the restoration of the legiti- mate rights of the original inhabitants of Palestine; it is not a settlement based on the resolutions of the United Nations, resolutions which have been confirmed and reaffirmed on every occasion, but a settlement of the dispute on a mutually acceptable basis between the parties. This is a new approach to a peaceful settlement of which the Arabs did not dream, and a new basis for the solution to the Palestine problem. It marks the start of a change in the political thinking of those who might support these views in respect to the solution of the Palestine question.
131. We trust that the Security Counci.l will advocate one settlement, and only one, a settlement that preserves the prestige of the United Nations first and foremost, a settlement that calls upon Israel to abide by the United Nations resolutions which brought Israel itself into existence, a settlement which defends human rights and upholds international moral obligations, a settlement which puts an end to the miseries of one million Palestine Arab refugees who are living in despair, despite their recognized rights to their homeland.
131. Nous sommes sûrs que le Conseil de sécurité sera partisan d'un règlement et d'un seul, d'un règlt:ment qui sauvegarde en premier lieu le prestige de l'Organisation des Nations Unies, qui demande à Israël de respectell' les résolutions de l'Organisation des Nations Unies, à qui Israël même doit son existence, qui défende les droits de l'homme et renforce les obligations morales de la communauté internationale, qui mette fin aux misères de 1 million de réfugiés arabes de Palestine, vivant dans le désespoir malgré les droits acquis qu'ils ont sur leur patrie.
132. This is the kind of settlement that should be introduced, if we mean to secure peace and achieve permanent stability; not a settlement on a mutually acceptable basis between the parties, thus precondition- ing the acceptance of Israel by its vietims. Then, what is that peaceful settlement which could be acceptable to both parties? What is the common denominator be- tween the Arabs and Israel? The Secretary-General
132. Tel est le genre de règlement qu'il faudrait pro- poser si nous voulons obtenir la paix et assurer la stabi- lité permanente, et non pas un règlement, sur une base mutuellement acceptable, du différend qui oppose les parties, posant ainsi com..1Jle condition préalable l'appro- bation d'Israël par ses victimes. Quel est donc le règle- ment pacifique que les deux parties pourraient accepter? Quel est le dénominateur commun entre les Arabes et
t
133. The result of this calculation, as it looks to me, wll1 end in nought. Thus the new theory of introduc- ing a settlement on a mutually acceptable basis is very unrealistic. But if the Security Council wishes to seek a real solution to the Palestine question and to establish peace and restore confidence, then the ooly way would he to take action for the implementation of the United Nations resolutions.
134-. My delegation takes a strong stand against this clause, and 1 humbly request its deletion. If it is meant to build a bridge between the gains of the Secretary- General and the future hopes for better condition.;;, then the bridge should be büilt on safe foundations to ensure a safe crossing; not on hollow ground that will saon give way.
135. This concludes the views of my delegation on the sixth paragraph of the preamble, and on paragraphs 4 and 7 of the operative part of the United Kingdom ciraft resolution. It will be observed that we objected to three paragraphs of the whole draft. Needless to say that, in doing so, we are prompted by the spirit of co-operation that has always guided my Government's actions in the international field.
136. 1 reserve my right to speak at a later stage in the debate if the occasion arises.
In once more addressing the Security Council, 1 should like to reaffirm my Government's determination to collaborate with United Nations organs in safeguard- ing the peace and removing causes of tension and anxiety which might disturb or threaten the peace. This is the spirit in which the Secretary-General was welcomed in Lebanon, where he set up bis headquarters, and was afforded aIl the assistance he required for the complete accomplishment of the mission entrusted to him by the Security Council. Having witnessed the efforts he made to discharge his responsibility, so far as was humanly possible, my Government cannot praise him too highly.
138. We believe that the best way to express our feel- ings conc:erning the Secretary-General and the work he has so brilliantly accomplished is to help him to consolidate the results he has obtained and to assure him of our continued co-operation in the implementa- tion of other practical measures designed to ensure compliance with the armistice agreements and the elimination of the causes of tension along the demarca- tion lines.
133. Le résultat de cette tactique est, me semble-t-il, complètement négatif. Ainsi, la nouvelle méthode qui consiste à proposer un règlement sur une base mutuel- lement acceptable est fort peu pratique. Mais si le Conseil de sécurité veut trouver une véritable solution à la question dt:. Palestine, instaurer la paix et rétablir la confiance, le seul moyen consiste à prendre des mesures pour assurer la mise en œuvre des résolutions de l'Or- ganisation des Nations Unies.
134. La délégation de la Jordanie est foncièrement hostile à la disposition dont je viens de parler, et j'ai l'honneur de demander qu'elle soit supprimée du
préa,.~bule. Si cette disposition a pour objet d'être un pont entre les résultats obtenus par le Secrétaire général et l'espoir d'une amélioration, il faudrait construire ce pont sur des fondations solides, pour assurer un passage sûr, et non pas sur un terrain mouvant qui céderait aussitôt.
135. J'en ai terminé avec les observations que la délé· gation jordanienne avait à faire au sujet du sixième considérant et des paragraphes 4 et 7 du projet de réso- lution soumis par la délégation du Royaume-Uni. On constatera que nous n'avons formulé d'objections que contre trois paragraphes dans tout le projet. Inutile de souligner qu'en agissant ainsi, nous sommes guidés par l'esprit de collaboration qui a toujours déterminé les décisions de mon gouvernement dans le domaine inter- national.
136. Je me réserve le droit de reprendre la parole, le cas échéant, à un stade ultérieur du débat.
137. M. AMMOUN (Liban) : En reprenant la parole devant le CC!lseil de sécurité, je voudrais affirmer à nouveau la détermination de mon gouvernement de collaborer avec les organes des Nations Unies à la sauve- garde de la paix et à la suppression des causes de tension ou d'inquiétude capables de la troubler ou de la menacer. C'est dans cet esprit que le Secrétaire général a été accueilli au Liban, où il s'était établi, et que lui a été assurée toute l'aide nécessaire à l'accomplissement intégral de la mission que le Conseil lui avait confiée. Mon gouvernement, témoin des efforts qu'il a déployés pour s'en acquitter, dans la mesure des possibilités humaines, ne saurait, en toute conscience, lui ménager les éloges.
138. Le meilleur moyen à nos yeux d'exprimer notre sentiment à l'égard du Secrétaire général et de l'œuvre qu'il a brillamment accomplie, c'est de travailler à conso- lider les résultats de cette œuvr.e et de l'assurer de notre continuelle coopération pour l'application des autres mesures pratiques tendant à assurer le respect des conventions d'armistice et à supprimer les causes de la tension sur les lignes de démarcation.
140. The resolution of 4 April 1956 [8/3575] 140. II avait sans doute été fait allusion, dans la réso- contained references to the resolutions of 30 March 1955 lution du 4 avril 1956 [8/3575] aux résolutions du [S/3379], 8 September 1955 [8/3435] and 19 January 30 mars 1955 [8/3379], du 8 septembre 1955 [8/3435] 1956 [8/3538] regarding the acts of aggression et du 19 janvier 1956 [8/3538] relatives aux agressions committed by Israel at Gaza and Lake Tiberias; but the commises par Israël à Gaza et au lac de Tibériade; greatest danger to peace and security lies in the threat mais c'est dans les menaces des responsables israéliens de of the Israel leaders to appropriate the waters of the s'approprier les eaux du Jourdain que gît le danger le Jordan. plus grave pour la paix et la sécurité. 141. 1 would ask you to recall the t(;Dsion resulting 141. Qu'on se rappelle en effet la tension créée par from these threats and the detennination of the Arnbs ces menaces et la résolution des .A_rahes de s'y oppl).~ri to oppose them, the intervention of the Govemments of l'intervention des Gouvernements des Etats-Unis, du the United States, the United Kingdom and France in Royaume-Uni et de la France en vue de dissuader an endeavour to dissuade Israel from carrying out these Israël de mettre ces menaces à exécution, enfin, l'aveu threats, and, lastly, the admission that the only result of que cette triple intervention n'a réussi qu'à reculer de this triple intervention was to postpone by two months deux mois l'ultimatum israélien, véritable ultimatum the Israel ultimatum-a true ultimatum addressed not lancé non point à la Syrie, non point à la Jordanie, ou to Syria, not to Jordan or Lebanon, the primary au Liban, premiers bénéficiaires des eaux du Jourdain beneficiaries of the waters of the Jordan, because it rises puisque c'est sur leur territoire que jaillissent ses sources and flows most abundantly in théir territory, but to the et coulent ses eaux les plus abondantes, mais à la face Security Council and the United Nations. àu Conseil de sécurité et de l'Organisation des Nations Unies. 142. Si le Conseil s'est réuni le 26 mars 1956 [7178 séance] à la demande du Gouvernement des Etats- Unis, c'est surtout en prévision des conséquences de cette attitude menaçante d'Israël. Comment, en effet, ne pas lier cette initiative heureuse du Gouvernement des Etats- Unis, dictée par un sincère souci de paix, à l'insuccès essuyé dans l'intervention qu'il avait exercée de concert avec les Gouvernements de la France et du Royaume- Uni? 143. Il y avait lieu de craindre que les Israéliens, après avoir repoussé cette triple démarche, se contentant de reculer la date de leur ultimatum, ne mettent bientôt à exécution la grave menace qu'il comporte. En effet, de deux choses l'une : ou les déclarations incriminées sont le résultat d'une détermination de leurs auteurs de passer de l'intention aux actes comme, deux ans auparavant, à Qibya, et il fallait les prévenir ; ou ces déclarations ne constituent qu'un pur chantage, mais recèlent néan- moins un danger, car elles sont de nature à surexciter des esprits qu'on ne cesse de soumettre à une dangereuse propagande, ainsi qu'il en fut lors de l'assassinat du comte Bernadotte et, dans cette hypothèse comme dans la précédente, il fallait prévenir, et l'on a fait appel, à la suite de l'échec des trois puissances occidentales, au Conseil de sécurité. 144. En confiant au Secrétaire général la mission où avaient échoué ces puissances on se demande si l'on n'a pas trop présumé de l'autorité que lui confèrent les hautes fonctions qu'il assume, ou plutôt si l'on n'a pas trop prénmé de la bonne volonté d'Israël.
142. When the Security Council met on 26 March 1956 [717th meeting] at the request of the United States Govemment, it was largely because the consequences of Israel's threatening attitude had been foreseen. How can we fail to connect that praiseworthy initiative of the United States Government, motivated by a sincere desire for peace, with the' failum of the intervention it had undertaken jointly with the French and United Kingdom Govemments? 143. There was reason to fear that, after rejecting this triple request and merely postponing the date of their ultimatum, the Israelis would soon proceed to carry out the serious threat it contained. There were only two possibilities: either the statements in question meant that those who made them were determined to proceed from words to deeds, as they had done two years earHer at Qibya, and that they must be stopped; or those statements were nothing but blackmail, but were a menace nevertheless as· they were Hable to over-excite people constantly exposed to dangerous propaganda, as in the case of the assassination of Count Bernadotte; in this case also preventive action had to be taken, and, after the three Western Powers had failed, an aPPLal was made to the Security Council.
144. The qu~stion arises whether, when the Secretary- General was entrused with a task in which these Powers had failed, the Security Couneil did not overestimate the authority he exercised by virtue of bis high office or rather, if it did not overestimate Israel's goodwill.
146. In view of this serious situation, the Arab States could not but make express reservations lest Israel should, as it has clearly stated it would do, violate the clauses of the armistice agreements and, in defiance of the Security Council's decisions, embark on a course of action endangering security and seriousry compromising the situation created by the armistice agreements.
147. For this is not a mere economic scheme-under- taken, 1 might add, in violation of the age-oId rights of the Arabs to these waters; its unavowed purpose is in fact to destroy the equilibrium of the opposing forces and to secure for Israel a strategie and political advantage prohibited by the general armistice agree- ments, as the representative of Syria pointed out this morning. The Israelis are no doubt cageT to make use of the waters of the Jordan, but their daims must not take the waters away from the millions of refugees who have been driven into our territories and who have from time immemorial been the legitimate beneficiaries. How can the rights of the refugees be reconciled with the unlawful undertaking with which the Israelis are threatening them? If the waters of the Jordan were diverted for purposes of rnilitary and political expansion, it would in fact be at the expense of the refugees.
148. It must also be pointed out that the works planned by Israel would drastically change the terrain, thereby violating the provision of the general armistice agreements prohibiting any act which might affect the rights, daims or positions of either party in the final settlement.
149. In other words, what Israel is still seeking is a fait accompli-a situation which has always worked to its advantage, and which we can no longer tolerate.
150. 1 have dwelt on this point in order to show that it must be taken into consideration in assessing the practical value of the assurances obtained from the parties regarding the unconditional observance of the cease-fire order. The Secretary-General's success in this connexion, 50 warmly welcomed, might prove ta he illusory and the assurances themselves might be reduced to mere formaI and theoretical-and consequently ineffective--dedarations, if the real cause of the present tension were to remain. This is no doubt the possibility that the Secretary-General had in mind when he stated in his report: "More important than the legal uncertainties is the dependence of the cease-fire arrangement on the general situation. Strains may develop which wiII put the arrangement to a test for which the re- established legal obligations prove too weak" [8/3596, para. 47].
146. Dans cette grave conjoncture, les Etats arabes ne pouvaient que faire les réserves les plus expresses pour le cas où Israël, violant, ainsi qu'il en a nettement exprimé l'intention, les clauses de l'armistice, et se rebellant contre les décisions du Conseil de sécurité, engagerait une action mettant en danger la sécuritf. et compro- mettant sérieusement la situation résultant des conditions de l'armistice.
147. Car il ne s'agit pas d'une simple entreprise de nature économique, entreprise tentée d'ailleurs au pré. judice des droits séculaires des Arabes sur ces eaux; le but non avoué est, en effet, de détruire l'équilibre des forces en présence et de procurer à Israël un avantage d'ordre stratégique et politique qu'interdisent les conven· tions d'armistice général et que le représentant de la Syrie a souligné ce matin. Sa.'15 doute les Israéliens sont soucieux de profiter des eaux du Jourdain. Encore faut· il qu'ils n'en privent pas, par leurs prétentions, des millions de réfugiés refoulés sur nos territoires et qui en ont de tout temps été les légitimes bénéficiaires. Comment peut-on concilier les droits de ces derniers avec l'entreprise de spoliation dont les Israéliens les menacent? En effet, c'est à leur détriment, au détriment des réfugiés, qu'en définitive les eaux du Jourdain se:aient dé~~urnées pour des desseins d'expansion mili- taire et pohtique.
148. En outre, i~ y a lieu de souligner que les travaux envisagés par Israël auront pour résultat de modifier de façon définitive la configuration des lieux, violant ainsi la disposition des conventions d'armistice général, inter- disant de rien faire qui soit de nature à porter préjudice aux droits, prétentions ou positions de l'une ou l'autre partie dans le règlement final.
149. Autrement dit, c'est le fait accompli, dont il a toujours bénéficié, qu'Israël ne cesse de poursuivre et que nous ne saurions tolérer désormais.
150. Si j'ai tenu à m'étendre sur ce point, c'est pour faire ressortir la nécessité de le prendre en considération lorsqu'on veut apprécier la valeur pratique des assu- rances obtenues des parties au sujet du respect incon- ditionnel de l'ordre de cesser le feu. Le succès du Secré- taire général dans ce domaine, chaleureusement accueilli, pourrait s'avérer illusoire et ces assurances mêmes se réduire à des déclarations théoriques et de pure fomie et, partant, inefficaces, si cette cause véritable de la tension actuelle devait persister. C'est sans doute à cette éventualité que le Secrétaire général fait allusion lorsqu'il affirme dans son rapport : «Ce qui est plus important que les incertitudes juridiques, c'est le lien qui existe entre le sort de la suspension d'armes et la situation générale. Certaines difficultés pourraient surgir, qui exerceraient sur cet ensemble d'assurances données une pression à laquelle pourraient mal résister les obligations juridiques qui viennent d'être affirmées:. [8/3596, par. 47].
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152. However, while one of the main causes, if not the main cause, of the tension remains, leaving uncompleted the mission defined by the Security Council in its resolu- tion of 4 April 1956, the United Kingdom draft resolu- tion seeks to extend the mission to new fields. Before contemplating such an extension it would have been desirable to see the original mission wholly fulfilled by observance of the armistice agreements and the afore- mentioned decisions of the Council, as the real interests of peace require.
152. Cependant, tandis que l'une des causes principales de la tension, sinon la principale cause, subsiste et laisse inachevée la mission que le Conseil de sécurité avait déli- mitée dans sa résolution du 4 avril 1956, on constate que le projet de résolution du Royaume-Uni s'applique à l'étendre à de nouveaux domaines. Avant que de songer à cette extension, on eût aimé voir la première mission intégralement accomplie dans le respect des conventions d'armistice et des décisions précitées du Conseil, confor- mément à l'intérêt véritable de la paix.
153. N'est-ce pas d'une extension qu'il s'agit effecti- vement, quand le projet envisage un règlement pacifique du différend qui sépare les parties, insistant sur la néces- sité de créer les conditions qui pennettent un tel règle- ment, et charge en même temps le Secrétaire général de poursuivre ses bons offices ? Le fait de ne pas préciser dans quel but ces bons offices sont requis permet de penser qlie le Secrétaire général est appelé à s'occuper de l'ensemble des problèmes de tous ordres, politique, économique ou juridique, qu'il s'agirait de régler. :roT".", avons pourtant montré à suffisance au cours des p~cé dentes réunions du Conseil, les dangers d'une telle extension dans la situation actuelle et l'intérêt qui s'attache à la limitation de l'intervention du Secrétaire général aux questions rentrant dans le cadre des conven- tions d'armistice. Le Conseil en était unanimement convenu.
153. Is it not indeed an extension of the mission which is intended, when the draft resolution refers to a peace- fuI settlement of the dispute between the parties, emphasizes the need to create conditions for such a settlement, and at the same time instructs the Secretary- General to continue his good offices? The absence of any indication of the purpose these good offices are to serve seems to imply that the Secretary-General is required to deal with every problem, be it political, economic or legal, which may calI for settlement. Yet we demonstrated clearly enough, at previous meetings of the Council, the danger of extending the Secretary- General's mandate in this way in present circumstances and the desirability of confining his action to matters within the scope of the armistice agreements. The Council unanimously agreed to this.
154. D'autre part, en prévoyant un règlement pacifique sur une base mutuellement acceptable, le sixième consi- dérant du projet convie le Conseil à évoquer des pro- blèmes dont l'Assemblée générale avait été saisie et aux- quels elle a apporté des solutions par ses résolutions [181 (II)] du 29 novembre 1947, [194 (III)] du 11 décembre 1948 et [303 (IV)] du 9 décembre 1949. On peut nous objecter que le sixième considérant, qui prévoit un règlement pacifique mutuellement acceptable, figurant dans le préambule, n'a pour but que d'écarter la possibilité d'un règlement qui serait imposé aux parties, et qu'il n'est pas destiné à définir les conditions requises pour le règlement de la question de Palestine. II n'en reste pas moins vrai que ce texte nous propose l'objectif final vers lequel devraient tendre tous les efforts de l'Organisation des Nations Unies. En tant que tel, il équivaut à une affirmation d'un principe qui doit inspirer ces efforts et les diriger ; de là l'importance que nous y attachons et la nécessité, pour nous aussi bien que pour les membres du Conseil, d'cn préciser la portée.
154. Furthermore, by providing for a peaceful settle- ment on a mutually acceptable basis, the sixth para~aph of the preamble invites the Council to raise problems with which the General Assembly has already dealt, and for which it provided solutions in its resolutions of 29 November 1947 [resolution 181 (II)], 11 De- cember 1948 [resolution 194 (Ill)] and 9 December 1949 [resolution 303 (IV)]. It may be argued against us that, as this paragraph providing for a peace- fuI settlement on a mutually acceptable basis appears in the preamble, it is designed merely to preclude the possibility of a settlement being imposed on the parties and is not intended to define the necessary conditions for the settlement of the Palestine question. It is nevertheless true that this paragraph states the final objective towards which aU the efforts of the United Nations should be directed. It thus amounts to a state- ment of the principle on which those efforts should be based and by which they should be guided; that is why we consider it so important, and why, both for our sake ar.d for that of the members of the Council, its scope must be made clear.
155. En examinant de près le texte de ce considérant, on est contraint d'admettre qu'en principe du moins, s'il n'écarte pas expressément les résolutions de l'Assem- blée générale, il ne les considère pas cependant comme la base sur laquelle la solution de ces questions doit être établie. Autrement dit, il ouvre la voie à toute autre
155. When we examine the text of this paragraph closely, we must admit that, in principle at least, while it does not expressly deviate from the General Assembly's resolutions, it nevertheless does not consider them as the basis on which the solution of these questions must rest. In other words, it opens the door to any other concep-
157. Should the Governments of the Arab States and Israel be free to decide jointIy on the future of the refugees, whose rights and legal status have been detennined by General Assembly resolution 194 (III) of Il December 1948? The text cf the sixth paragraph of the preamble gives them the right of sovereign decision on this question. Is the fate of Jerusalem, whose international status was established by General Assembry resolution 303 (IV) of 9 December 1949, also to be left to the pleasure of the Arab and Israei Govern- ments? The proposed text invites us to settle this problem without the participation of the persons concerned, who number about haIf of the world's popula- tion. The world community, through the General Assembiy, has expressed its wiH to place the Holy City under international authority. Is it for the Arab States and Israel, constituted as a sort of court of appeal superior to the General Assembly, to revoke the latter's historie decision? Such would be the consequences of the adoption of the sixth paragraph of the preamble.
158. We are looking for the causes of the tension which the Israel representative has described in such sûmbrc colours. According to him, there is a veritable plot indîcated by staff and troop concentrations, intensive armament, invasions of Israel territory-all of them signs of imminent hostilities. Meanwhile, Israel is yearning for a peaceful settlement of aIl the problems which divide it from the Arab States. We are told that the Prime Minister of Israel would even be ready to meet the Arab leaders to negotiate the peace he so fervently desires. However, the Secretary-General has just returned from the Arab countries and Israel which he visited on a peace mission. 1 look in vain in bis report for any information which might justify the Israel representative's daims; are we to believe that the Secretary-General has betrayed his mission and distorted the facts?
159. Yet, if the truce observers had been rcceived in Israel as other than tourists or visitors, they would have observed more than statements of intention and appeals to peace. They would have discovered the arsenal Israel has been building up in the Middle East for ten years aIready, which enables it to t1v'eaten its neighbours and, over their heads, the United l';ations itselJ:, with such undertakings as the diversion of the Jordan. It is true that these threats, from which even the Security Couneil is not immune, are coupled with invocations of peace. The Prime Minister of Israel had only to replace one record by another for us to hear now a war chant, now a sweet pastorale.
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157. Serait-il loisible aux gouvernements des Etats arabes et à Israël de décider en commun du sort des réfugiés, dont les droits et le statut légal ont été pourtant consacrés par la résolution 194 (III) de l'Assemblée générale en date du 11 décembre 1948? Le texte du sixième considérant leur donne la faculté de se prononcer souverainement sur cette question. Abandonnerait-on également au bon vouloir des gouvernements arabes et d'Israël de décider du sort de Jérusalem, dont le statut international a été établi par la résolution 303 (IV) de l'Assemblée générale en date du 9 décembre 1949? Le texte proposé nous convie à régler ce problème, à le régler en dehors des intéressés, c'est-à-dire à peu près la moitié du monde. La communauté universelle a manifesté sa volonté, par l'intermédiaire de l'Assemblée générale, de placer la Ville sainte sous l'autorité internationale. Appartient-il aux Etats arabes et à Israël, établis en quelque sorte en juridiction d'appel supérieure à l'Assemblée générale, de révoquer la décision historique prise par celle-ci? Telles seraient les conséquences de l'adoption du sixième considérant du projet de réso- lution.
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158. On l':herche la cause de la tension dont le repré- sentant d'Isi-:i.ël vient de brosser le sombre tableau. Selnn lui, il s'agirah' d'un véritable complot que manifestent les concentrati')ns d'états-majors et de troupes, un arme- ment intensif, des incursions en territoire israélien, toutes circonstances qui présagent une conflagration imminente. Pendant ce temps Israël aspire au règlement pacifique de tous les problèmes qui l'opposent aux Etats arabes. Le Premier Ministre d'Israël serait même disposé à ren- contrer les responsables arabes pour négocier cette paix tant désirée. Cependant, le Secrétaire général, ~hargé d'une mission de paix, vient de rentrer des pays arabes et d'Israël. Je cherche vainement dans son rapport quelque information qui puisse justifier des prétentions telles que celles que vient de définir le représentant d'Israël. Le Secrétaire général aurait-il trahi sa mission et travesti la vérité ?
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159. Si cependant les observateurs de la trêve avaient été reçus en Israël autrement que comme des touristes ou des visiteurs quelconques, ils auraient observé autre chose que des proclamations d'intentions, que des appels à la paix. Ils auraient décelé cet arsenal accu- mulé par Israël au Moyen-Orient depuis déjà 10 ans et qui lui permet de proférer à l'adresse de ses voisins et, au-delà de ses voisins, à l'Organisation des Nations Unies elle-même, des menaces telles que celles qui ont trait au détournement des eaux du Jourdain. Il est vrai que ces menaces, auxquelles n'échappe même pas le Conseil de sécurité, sont assorties d'appels à la paix. Il aurait suffi au premier Ministre d'Israël de changer de disque po'!.lr nous faire entendre tantôt un chant de guerre, tantôt une douce pastorale.
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~arning that any resolution on Palestine which was not in conformity with the principles of the Charter and the concepts of justice would endanger international securit)r.
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161. Events were to prove us right. A so-called political solution was chosen in preference to a just solution, and that is the mot of the evil. That solution, which was based on expediency, we later accepted, but it was never carried out and the failure to carry it out, resulting as it did in insecurity and encouraging successive infringements of law and justice, could not but lead us to the situation in which we find ourselves today.
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162. Although, as the United States representative has pointed out, the Security Council has devoted ninety meetings to the Palestine question over the past seven years, the United Nations has done nothing to imple- ment the resoluiÏons which it has adopted and which aIl the parties concerned accepted in the Lausanne Protocol -an acceptance which was to be rendered ineffective, however, by the opposition which Israel, one of the signatories, expressed then and has continued to maintain up to the present.
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163. It is no mere coincidence that the Lausanne Protocol was signed and immediately repudiated seven years ago by one of tre parties, and that the Security Council has had to devote so many meetings to the question during the past seven years.
164. One who seeks the reasons for the dangerous state of stagnation of the Palestine problem since that time, or who wishes to discover the causes of the clashes that have shaken the region from time to time, shoulû not look to the Arabs for the answer.
165. Surely it must be admitted that the situation which we deplore and which originated in the systematic opposition to the wishe.3 of the international community embodied in the resolutions of the United Nations, and to the implementation of the Lausanne Protocol, is due, in the first place, to the increasingly hostile attitude towards the Security Council's decisions, and particu- lady the decision of 27 October 1953 [S/3128] which prohibited any interference with the natural course of the Jordan. Surely it was against the failure to observe the decisions of the United Nations-whether of the Gr,neral Assembly or the Security Council-that the General Assembly resolutions of 3 November 1950, entitled "Uniting for peace" [resolution 377 (V)] were directed. It is pertinent to recall that, in the terms of section E of resolution 377 A (V), which was adopted unanimously, "a genuine and lasting peace depends also upon the observance of aIl the principles and purposes established in the Charter of the United
161. L'événement devait nous donner rnison. Une solution prétendue politique a été préférée à ia solution de droit et c'est là la cause initiale du mal. Cette solution de facilité que nous avons entre-temps acceptée, mais qui ne fut même pas appliquée et dont la non-appli- cation, entretenant l'insécurité et encourageant les empié- tements successifs sur le terrain du droit, devait nous conduire fatalement au point où nous sommes.
162. Si, en €ffet, comme l'a fait observer le repré- sentant des Etats-Unis, le Conseil de sécurité a consacré depuis sept ans 90 séances à la question de Palestine, c'est que, depuis sept ans aussi, l'Organisation des Nations Unies n'a rien fait pour mettr~ en œuvre les résolutions qu'elle avait adoptées et que mutes les parties en cause avaient acceptées par le Protocole de Lausanne, acceptation qui cependant devait se révéler inefficace par suite de l'opposition que lui fit Israël, l'un des signa- taires, et qJ'il maintint jusqu'à ce jou'.'.
163. Ce n'est pas une simple coïncidence que le Pro- tocole de Lausanne ait été signé et renié tout aussitôt, il y a sept ans, par l'une des parties, et que, depuis sept ans, le Conseil de sécurité ait été appei~ à siéger tant de fois.
164. Aussi bien, si l'on veut rechercher les causes de l'état de stagnation dangereuse où se trouve depuis lors le problème de Palestine, si l'on veut notamment déceler les motifs des secousses qll; remuent ~a région de temps à autre, ce n'est pas aux /,rabes qu'il faut le demander.
165. Ne faut-il pas reconnaître que la situation que nous déplorons, et dont l'origine se rattache à l'oppo- sition systématique faite à la volonté universelle, consacrée dans les résolutions de l'Org:misation des Nations Unies et à la mise en œuvre du Protocole de Lausanne, a pour cause initiale l'attitude hostile de jour en jo':r plus accentuée, vis-à-vis des décisions mêmes du Conseil de sécurité et notamment de la décision du 27 octobre 1953 [S/3128], qui interdit de porter atteinte au cours naturel du Jourdain? N'est-ce pas à cause de l'inobservation des décisions de l'Organisation des Nations Unies - Assemblée générale et Conseil de sécu- rité - qu'ont été adoptées les résolutions 377 (V) de l'Assemblée générale en date du 3 novembre 1950 dites « L'union pour le maintien de la paix» ? Il est toujours utile de rappeler qu'aux termes de la résolution 377 A (V), adoptée à l'unanimité, «le maintien d'une paix
rl~elle et durable dépend aussi de l'observation de tous les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations
167. 1 have endeavoured to show that the retention of the sixth paragraph of the preamble in its present terms would not only serve no uscful purpose but, 1 would even say, would constitute '\ threat to pcace. 1 hope that this apprehension, which is shared by ail the Arab Governments, will he taken into consideration by the Couneil in order to enable the Secretary-General to pursue his mission effectively.
168. With regard to that mission, 1 have already stressed the importance of explaining the scope of paragraph 7 of the draft resolution by speeifying that the Secret:lry-General is requested to continue to fulfil it within the terms of reference laid down by the resolu- tion of 4 April 1956. Those terms of reference have been one of the reasons for the success lhe Secretary- General has already achieved in his mission, and thcy should he retained in order to assure him of further success, with the collaboration of the Arab Govemments and in conformity with the United Nations resolutions.
169. Mr. SOBOLEV (Union of Soviet Socialist Repub- lies) [translated from Russian]: In a resolution adopted unanimously on 4 April 1956 [8/3575], almost two months ago, the Security Couneil requested the Secretary-GeI!eral to undertake a survey of the various aspect; of enforcement of the armistice agreements between the Arab States and Israel and to arrange with the parties for the adoption of possible measures to reduce existing tensions along the armistice demarcation lines.
170. We are gratified to note that th~ Secretary- General's visit to the Middle East has resulted in agree- ment being reached on the cease-fire. That is important. No less important are the assurances given to the Secretary-Gene,,:,;a by tl-- Governments of the States signatories tl) the ',rmistice agreements of their desire to comply v:~th those agreements.
171. It is still too early to express any view on the consequences of what the Secretary-General really achieved by his visit to the Middle East. It can,
howeve~, he affinned with full confidence that there is every possibility of avoiding an armed conflict in the
167. Je me suis efforcé de démontrer que le maintien du sixième considérant, dans les termes où il est conçu, loin d'être utile, recèle, j'ose le dire, un danger pour la paix.. Cette appréhension, partagée par tous les gouver- nements arabes, sera, je l'espère, prise en considération par le Conseil, en vue de permettre au Secrétaire général de poursuivre efficacement sa mission.
168. Au sujet de cette mission, j'ai déjà souiigné la nécessité d'expliquer la portée du paragraphe 7 du projet de résolution en précisant que le Secrétaire général est appelé à la poursuivre dans le cadre délimité par la résolution du 4 avril dernier. Cette délimitation a été l'une des raisons de la réussite de la mission dont le ~crétaire général s'est déjà acquitté, et il convient de la maintenir, pour qu'avec la collaboration des gouver- nements arabes et dans le respect des résolutions dt l'Organisation des Nations Unies, le même succès soit assuré au Secrétaire général.
169. M. SOBOLEV (Union des républiques socialistes soviétiques) [traduit du russe]: Il y a presque deux mois, le 4 avril 1956, dans une résolution adoptée à l'unanimité [8/3575], le Conseil de sécurité a chargé le Secrétaire général d'étudier les divers aspects de la mise en vigueur des conventions d'armistice conclues entre les pays arabes et Israël et de s'entendre avec les parties pour adopter les mesures qu'il serait possible de prendre pour réduire la tension existant sur les lignes de démarcation de l'annistice.
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170. Nous pouvons noter avec satisfaction que le voyage du Secrétaire général dans le Moyen-Orient a abouti à un accord sur la suspension d'armes. C'est là un point important. D'autre part, les assurances que les gouvernements des Etats signataires des conventions d'armistice ont données au Secrétaire général quant à leur désir d'observer ces conventions n'ont pas moins d'importance.
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171. Il est encore trop tat pour parler des conséquences qu'auront les résultats obtenus à la suite du voyage du Secrétaire général dans le Moyen-Orient. CependalÂt, on peut déclarer avec une entière certitude qu'il y a toute possibilité d'éviter un conflit armé dans le Moyen-Orient
173. It is quite obvious that the success of the measures taken by the United Nations to strengthen pcace in the Palestine area depends primariIy on the co-operation of the parties in the implementation of those measures. That is why it would he right for the Security Council to lay particular stress on that fact and to ca1l upon the parties to refrain from any actions that would constitute violations of the annistice agreements and the relevant United Nations decisions, for such violations would inevitably aggravate the situation in that region. We hope that the parties will approach the consideration and settlement of the questions that arise from the point of view of the preservation and strengthening of peace.
174. It is our firm conviction that the effectivenes of United Nations measures to secure peace in the area will aIso depend on the extent to "which the other States Memhers of the United Nations, and particularly the memhers of the Security Council, do everything possible 10 assist the United Nations in achieving a k-'eaceful settle- ment of the differences hetween the A.ra.b States and Israel. So far as the Soviet Government is concemed, it is ready to give the United Nations the necessary support in its efforts in that direction, on the under- standing that measures to relax the present tension in the Palestine area will he taken with due regard for the wishes of the States of the Middle East and without interference in their domestic affairs.
175. In our oplDl0n, the Security Council should he guided by these principles in drafting its resolutions. The preparation of the Security Council's resolutions, and of other measures which the United Nations will take with a view to strengthe11ing peace in that region, should he preceded by careful consultation, particularly with the countries concemèd and aIso among the memhers of the Security Council, which bears the main responsibility for the maintenance of international peace.
176. Unfortunate1y, the preparation of the draft resolution submitted by the United Kingdom [S/3600/ R«v. 1] in connexion with the Secretary-General'~r-~port which is now before the Councll, was not in fact preceded by consultations between the sponsors and the representatives of the parties concemed, or between the sponsol'l and certain other memben of the Security Council, although there wu sufficient time for such consultatiPD. As Sir Pierson Dixon admitted in bis
173. Il est parfaitement clair que le succès des mesures prises par l'Organisation des Nations Unies pour ren- forcer la paix dans la région de la Palestine dépend avant tout de la coopération dont les parties feront preuve pour mettre ces mesures en œuvre. C'est pour- quoi il serait bon que le Conseil de sécurité souligne particulièrement ce fait et demande aux parties de s'abstenir de toute action qui soit de nature à enfeindre les conventions d'armistice et les décisions pertinentes de l'Organisation des Nations Unies; en effet, ces infrac- tions entraîneraient inévitablement une aggravation de la situation dans cette région. T)e notre côté, nous exprimons l'espoir que les parti ~nvisageront l'examen et le règlement des problèmes qui se poseront en se plaçant au point de vue du maintien et de la consoli- dation de la paix.
174. Nous sommes persuadés que l'efficacité des mesures prises par l'organisation des Nations Unies pour assurer la paix dans cette région dépendra. également de la mesure dans laquelle les autres Etats Membres, et en particulier ceux qui sont m~bres du Conseil de sécu- rité, feront tout ce qui est en leur pouvoir pour aider l'Organisation à résoudre pacifiquement les dift'érends qui opposent les Etats arabes et Israël.. Pour ce qui est du Gouvernement de l'Union soviétique, il est prêt il fournir à l'Organisation des Nations Unies l'appui que nécessitent ses efforts dans ce sens, étant entendu que l'on prendra les mesures }Jropres à atténuer la tension qui existe dans la région de ]a Palestine en tenant compte de la volonté des Etats du Moyen-Orient et sans que l'étranger s'immisce c:b.ne les affaires intérieures de ces Etats.
175. A notre avis, le Conseil de sécurité doit s'inspirer de ces principes lorsqu'il se prépare à prendre ses déci- sions. La préparation des décisions du Conseil de sécu- rité, ainsi que des autres mesures que l'Organisation des Nations Unies prendra. en vue de renforcer la ~ dans cette région, doit être précédée de consultations minu- tieuses, surtout avec les pays intéresséz, mais également avec les membres du Conseil de sécurité, qui porte la
~nsabilité principale du maintien de la paix inter- nationale.
176. Malheureusement, l'élaboration du projet de réso- lution relatif au rapport du Secretaire général et qui est présenté au Conseil par la délégation du Royaume-Uni [S/3600/Rev.l] n'a pas été réellement précédé de consultations entre les auteurs du projet et les repré- sentants des pays int:éresRs, ou de consultations avec plusieurs membres du Conseil de skuri~, bien que le temps nécedSaire n'ait pas manqué. Il en est résulté, ainsi que sir Pienon Dixon l'a reoonnu dans son discoun pro-
177. We should like to make a few preliminary remarks about the United Kingdom draft resoiution. The draft contains a number of important provisions with which the Soviet Union delegation is in agreement. It aIso contains sorne provisions which give rise to doubt. There are also, in our opinion, certain points in the draft resolution which still require elucidation. This applies in particular to paragraph 7, in which the Secretary- General is requested ta continue his "good offices" with the parties. The meaning of this paragraph became clearer after the statment made by Sir Pierson Dixon. ln the light of his explanation, we understand this para- graph to mean that the Secretary-General's terms of reference in rendering his good offices will not exceed those conferred on him by the Security Council resolu- tion of 4 April 1956.
178. In his statement, Sir Pierson Dixon said that the Secretary-General "would he available to help [the parties] now to make progress towards the full implementation of the resolution of 4 April 1956 and full compliance with the armistice agreements" [723rd meeting, para. 52]. 1 think ail membf>~ of the Council agree with this interpretation of the Secretary- General's task at this stage. If that îs so, why should we not state this clearly in the draft resolution, by making paragraph 7 more specifie? The Council's resolution could only gain from this clarification, and would take on additional authority. 1 appeal to the
~ponsors of the draft resolution to introduce the necessary clarification into paragraph 7.
~ 79. We note with satisfaction the other amendments which the United Kingdom delegation made to its draft resolution at the 723rd meeting, which clarify the text and makc it more precise; and we hope the United Kingdom delegation will take into account the desire expressed at the Council's meeting that a resolution should be drafted in a form which the Council could approve unanimously and which would he acceptable to the parties concerned. In particular, we must draw attention to what the Egyptian representative said with reference to paragraph 3, namely, that the wording of that paragraph departed somewhat from the wording used in the resolution of 4 April 1956, although both paragraphs dealt with the same subject and there would appear to be no reason for any change in wording.
180. It seems to us that the Council still needs sorne time in which to continu,. the consultations to which the representative of Iran, in particular, has referred here. ln our view, these consultations may lead to the produc- tion of a draft resolution acceptable to ail the parties directIy concerned. 177. Nous voudrions faire quelques observations préa- lables sur ie projet de résolution qu'a présenté la délé- gation du Royaume-Uni. Ce projet comprend plusieurs dispositions importantes que h 'délégation de -l'Union soviétique approuve. D'autre part, il contient certaines dispositions qui soulèvent des doutes. Il est aussi certains points du projet de résolution qu'à notre avis il est encore nécessaire de préciser. C'est le cas en premier lieu du paragraphe 7, dans lequel on propose que le Secrétaire général continue de mettre ses « bons offices» à la disposition des parties. Le sens de ce paragraphe est devenu plus clair après la déclaration de sir Pierson Dixon. Compte tenu des éclairciss~ments qu'il a donnés, nous comprenons ce paragraphe de la façon suivante: les pouvoirs dont le Secrétaire général disposera pour mettre ses bons offices à la disposition des parties n'iront pas au-delà de ceux qui sont définis dans la résolution du Conseil de sécurité en date du 4 avril 1956. 178. Dans sa déclaration, sir Pierson Dixon a dit que le Secrétaire général «resterait à la disposition des parties pour les aider à mettre pleinement en œuvre la résoiution du 4 avril 1956 et à observer intégralement les conventions d'armistice» [723e séance, par. 52]. Je suppose que tous les membres du Conseil approuvent cette façon de comprendre la tâche du Secrétaire général au stade actuel. S'il en est ainsi, pourquoi ne pas le dire nettement dans le projet de résolution, en précisant éga- lement le paragraphe 7? La décision du Conseil ne pourrait que gagner à cette précision et elle n'en aurait que plus d':lUtorité. Je fais appel aux auteurs du projet de résolution pour qu'ils apportent les précisions néces- saires au paragraphe 7. 179. Nous notons avec satisfaction que la Je1égation du Royaume-Uni a apporté à son projet, au cours de la 723e séance, plusieurs autres amendements qui le rendent plus clair et plus précis; nous espérons qu'elle tiendra compte des vœux qui ont été exprimés au Conseil pour élaborer un projet de résolution qui recueillera l'approbation unanime du Conseil et sera acceptable pour les parties. Il est indispensable en particulier d'appeler l'attention sur l'observation que le représentant de l'Egypte a faite au sujet du paragraphe 3 lorsqu'il a indiqué qu'il existait certaines divergences entre le texte de ce paragraphe et celui qui figure dans la réso- lution du 4 avril 1956, bien que tous deux aient trait à une seule et même question et qu'il n'y ait, semble-t-il, aucune raison de modkfier le texte de ce paragraphe. 180. Selon nous, il est indispensable de laisser au Conseil quelque temps encore pour poursuivre les consul· tations dent a parlé ici, en particulier, le représentant de l'Iran. A notre avis, ces consultations pourraient conduire à l'élaboration d'un projet de réso!ution que toutes les parties directement intéressées pourront accepter. La séance est levée à 18 h. /O.
The meeting rose at 6./0 p.m.