S/PV.854 Security Council
FIFTEENTH YEAR
QUINZIEME ANNEE
NEW YORK
The agenda was adopted.
L'ordre du jour est adoptee
I should like to begin my remarks by joining the representatives who have spoken before me in their expressions of distress and sorrow for the incidents which have caused so great a loss of human lives in South Africa. The deepest sympathy of the Italian people goes to all those who have suffered and to their families. Inci- dents of such seriousness, of such gravity indeed, are bound of course to stir up an emotional reaction wherever they happen and whatever their cause is. But the deep feeling throughout the world following the events in South Africa-p:roved also by the re-
~ proprement parler, une menace ~ la paix et ~ la securite internationales. Non pas qu'elle ne recon- naisse pas pleinement la gravit~ de ces {\v~nements; mais elle ne partage pas I 'opinion d'autres delegations quant ~ leur aspect international. Elle voit, bien au contraire, les dangers qui pourraient naftre d'une internationalisation inconsideree de conflits internes. Vel's quelles complications ne nous trouverions-nous pas entrafnes, vel'S quels conflits possibles ou vel'S quelle aggravation des conflits, si pouvaient, ~ tout bout de champ, se trrmver discutees, devantle Conseil de securite ou devant I 'Assemblee, la non-application, dans tel ou tel pays determine, du principe de 1'egalite des races, des religions ou des sexes, et la violation des libe;rtes fondamentales? Maintenir la paix est l'objet m~me de notre organisation. Respecter la competence, les droits et la souverainete de chacun de ses membres en est une des conditions.
10. J'eprouve, pour la meme raison, des doutes sur le genre de resolution ~ laquelle parell debat peut aboutir. Est-ce ~ dire qu'en face des evenements de Johannesburg et du Cap nous devions demeurer indif- ferents? Certes non.
11. C'est avec satisfaction et avec un reel soula- gement que cette delegation a appris la decision du Gouvernement sud-africain de suspendre, pour tous les noirs, sur le territoire de 1'Union, la formalite des laissez-passer speciaux. Nous esperons que cette suspension sera suivie d'une suppression definitive et que ce sera l~ un premier pas dans la voie qui peut amener l'apaisement et contribuer ~ etablir entre les divers elements raciaux d'Afrique du Bud la coopera- tion souhaitable et necessaire. C'est ~ encourager et
~ faciliter les efforts du Gouvernement sud-africain dans ce sens que, pleinement conscients d'ailIeurs des difficultes de sa tache, nous devons nous attacher. Et, dans le meme temps, nous esperons que les orga- nisations africaines s'emploieront ~ prevenir, elIes aussi, des incidents violents qui, en compliquant une situation dej~ dramatique, risqueraient de rendre plus difficile ou plus lente cette evolution liberale que nous souh&.itons du fond du creur voir s 'affirmer dans 1'Union sud-africaine.
12. M. ORTONA (!talie) [traduit de l'anglais]: Je voudrais, pour commencer, me joindre aux represen- tants qui ont exprime avant moi la profonde tristesse suscitee par les incidents qui ont cause la mort de tant de personnes en Union sud-africaine. Le peuple italien s'associe ~ la douleur de tous ceux qui ant souffert et de leurs familles. Des incidents aussi serieux, que dis-je, aussi graves, ne peuvent manquer d'emouvoir l'opinion, Oll quIlls se produisent etquelIe qu'en soit la cause. L'emotion profonde ressentie dans le monde entier ~ la suite de.s evenements sur- venus en Union sud-africaine, emotion quIa traduite
13. Si nous regardons la realite en face, nous cons- tatons que ces incidents ont une fois de plus attire 1'attention de la communaute internationale sur un
~tat de choses sans analogie et qui va h. 1'encontre h. la fois de la conscience universelle dans ses aspira- tions actuelles et de 1'evolution historique du monde. C'est pourquoi nous sommes reunis ici aujourd'hui. La gravite d'un incident, ou meme d'une serie d'in- cidents, ne suffirait ~videmment pas h. elle seule h. susciter un tel ~moi dans la communaute internatio- nale. Ce sont les causes profondes, la situation dont lis proc~dent, qui donnent h. ces incidents un telle portee, car cette situation est en contradiction avec les normes de conduite du monde. Elle 1'etient, depuis de nombreuses annees, l'attention de notre organisa- tion, et a fait l'objet d'une desapprobation qui s'est manifestee chaque annee dans des resolutions que l'Assemblee generale a adoptees h. une majorite ecrasante•
14. L'attitude passee de la delegation italienne lors des debats sur l'"apartheid" h.l'Assemblee generale montre clairement quelle est notre position au sUjet de la discrimination pour cause de race ou de couleur. L'Italie reprouve tout genre de compartimentage artificiel impose par des mesures discriminatoires, en quelque lieu et en quelque circonstance que ce soit. Sans meconnaitre les difficultes inherentes h. certains
probl~mes raciaux dans le monde, notre delegation n'a cesse de souligner que ces probl~mes ne peuvent etre resolus par une politique fondee sur le principe de la superiorite raciale d'un groupe donne determinee
d'apr~s la couleur. Une telle politique, nous en sommes convaincus, est vouee h.l 'echec et ne peut ~tre qu'une source de graves troubles sociaux et politiques.
15. En un mot, nous pensons que ce genre de discri- mination est contraire aux droits fondamentaux de 1'homme. Permettez-moi d'ajouter qu'il va egalement
15. In substance we believe that this kind of dis- crimination is against the fundamental rights of man. Permit me to add that it is also against the religious principles which Italian people practise, and which have been so vividly summarized in some recent declarations of the highept Catholic spiritual author- ity who, on the day of the first elevation of an African to the cardinalship, said:
~ 1'encontre des principes religieux pratiques par le peuple italien, et qui ont ete resumes de faQon si frappante par la plus haute autorite spirituelle du catholicisme qui a declare, le jour oh un Africain a ete eleve pourla premi~refois h.la dignite de cardinal:
"All are created equal to the glory of God which does not Imow discrimination of language, origin, colour, this event being the seal of an ancient doctrine and of a tradition followed for two thou- sand years. " I woul<i alSo say that such forms of discrimination appear bound to go against the very interests of the social community which imposes them against the clock of history.
"Tous les hommes sont cr€l€ls €lgaux pourlagloire de Dieu, qui ne fait de discrimination ni de langue, ni d'origine, ni decouleur, etl'ev€lnementd'aujourd'hui vient attester une ancienne doctrine et une tradition suivies depuis 2.000 ans." J'ajouterai que les pI atiques discriminatoires ne peu- vent que se retourner contre la communaute qui tente de les imposer malgre le cours de 1'histoire.
16. Or crest en Afrique que nous souhaiterions le plus de voir tous les peuples s'efforcer de supprimer leurs conflits raciaux et d'etablir entre les races un climat de comprehension et d'harmonie, que seule l'egaUte des droits peut creel'. NOllS aimerions ~gale ment voir les peuples qui ont eu la chance de joui!' avant les autres des bienfaits du progr~l!l et de la civilisation se montrer ilIa hauteur de leurs responsa- bilites en Afrique et donner 1'exemple de 1'entente et de la comprehension mutuelle. Unavenirbiensombre
16. Now Africa is the one place in the world where we would more strongly wish to see all people strive to eliminate racial differences and to establish a climate of understanding and harmony amongst races, Which only equality of rights can create. Further- more, we would strongly desire to see peoples who Were lucky enough to get the benefits of progress and civilization earlier than other peoples live up to their responsibilities in Aftica and give the ex- ample of coexistence and mutual understanding.
17. Certainly it is hard to project the incidents of these days in South Africa against the background which is gradually coming to prevail in Africa and in the relationship between African and other coun- tries-a background characterized by the strongtrend and the sincere will of all to proceed speedily to the elimination of racial differences and to co- operate constructively for the amelioration of the lot and the development of the living standards of the African countries.
18. Of course we want to be realistic. Therefore we do not belittle the difficulties which are raised in a country by the very existence of a multiracial society. We have all listened to the "expose" made by the representative of South Africa, and we also heard the statements of other representatives in- cluding those invited to the Council table. From those statements it appears that the pertinent facts about the incidents to which our attention has been drawn by the two sides are utterly conflicting.
19. On the one hand we have heard that the pro- visions adopted by the South African Government are meant to secure order, tranquillity and proper economic and social patterns, and that bloodshed was inevitable because of the threats of the pressing masses. On the other hand we have heard indict- ments of a policy which is meant to arouse growing disturbances. Moreover we have learned that those masses were, on the contrary, acting with modera- tion and restraint, through a process of passive resistance. Already in this discrepancy in the de- scription of facts there lies, I think, a rift which does not augur well at all for the future. It is also a sign that, unless urgent and appropriate action it taken, South Africa will be beset by further dra- matic occurrences. It is a sign that proves that, if one wants to avoid new upheavals, the situation must be attacked vigorously. If the multiracial so- ciety of South Africa cannot express itself through an orderly process of co-operation, then I am afraid the problem will hardly make any headway.
20. In this as in all important political and social problems, unfortunately a miracle cannot be achieved in a single day. And we fully realize how great an effort is required to overcome the obstacles and the resistance which bar the road toward the realization of the goal. But we cannot see how, because of such difficulties and obstacles, the problem could be ignored, and moreover we cannot conceive that the sincere preoccupations voiced in this Council could go_ unheard by the South African Government. This
17. n nous eatcertes difficile de nous representer les recents ~v~nements survenus en Union sud-africaine dans le climat qui predomine peu h peu en Afrique et dans les relations des pays d'Afrique avec les autres pays - un climat qui se caracterise par une forte tendance, due h la vOlonte sinc~re de taus, h chercher h eliminer rapidement les antagonismes raciaux et h collaborer de fagon constructive hI'amelioration du sort des pays africains et h 1'el€~vation de leur niveau de vie•• 18. Bien entendu, nous voulons atre realistes. C'est pourquoi nous ne minimisons pas les difficultes que cree dans un pays l'existence d'une societe multira- ciale. Nous avons tous ecoute1'expose du representant de 1'Union sud-africaine et nous avons aussi entendu les declarations d'autres representants, notamment de ceux que nous avons invites h la table du Conseil. n ressort de ces declarations qu'il y a contradiction absolue sur les faits pertinents relatifs aux incidents et sur lesquels notre attention a ete attiree par les deux parties.
19. D'un cOt~, on nous a dit queles dispositions prises par le Gouvernement de 1'Union sud-africaine visent h assurer l'ordre, la tranquillite et les modes de vie economique et sociale qui conviennent, et que1'effusion de sang a ete rendue inevitable par1'attitudemenagante de foules de manifestants. De l'autre, nous avons en- tendu mettre en accusation une politique qui ne peut qu'engendrer des troubles croissants, et nous avons appris que ces foule~ faisaient au contraire preuve de moderation et de retenue, usant uniquement de la resistance passive. Cette contradiction dans la des- cription des faits contient en ella-mame 1'indication d'un antagonisme qui ne fait pas bien augurel' de 1'avenir. n semble egalement en ressortir qu'hmoins que les mesures qui s'imposent soient prises rapide- ment, 1'Union sud-africaine serale thM.tTe de nouveaux evenements dramatiques. n semble aussi que, pour eviter de nouveaux bouleversements, il faut que soient prises des mesures vigoureuses. Si la societe multi- raciale de 1'Union sud-africaine ne peut trouver son expression dans une cooperation paisible, je crains bien que la solution du probl~me ne fasse aucun
progr~s. 20. Dans le cas present, comme lorsqu'il s'agit de tous les grands probl~mes politiques et sociaux, il est malheureusement impossible de faire des miracles en un jour. Et nous mesurons pleinement l'etendue des efforts necessaires pour surmonter les obstaCles et la resistance qui s 'opposent h la realisation des ob- jectifs desires. Mais nous ne voyons pas comment; h cause de ces difficultes et de ces obstacles, on pourrait ignorer le probl~me et nous ne pouvons con- cevoir que les preoccupations sinc~res exprimees
21. On ne peut dire encore ce qui resultera de notre debate A mon aViS, il a certainement ete utile, je dirai meme indispensable, de tenir ce debate J'ai dej~ dit, au debut de la discussion, que nous devrions faire preuve de grande sagesse pour orienter nos delibe- rations dans la bonne voie. J'estime que notre objectif primordial, maintenant, doit etre de ne negliger aucun effort pour que ce debat puisse contribuer de fagon positive ~ eliminer dela sc~ne, enUnion sud-africaine, les obstacles qui s 'opposent ~ une collaboration paci- fique des races. Nous esperons vivement que le fait meme que le Conseil examine ces graves evenements conduira ~ une amelioration de la situation en Union sud-africaine. IT ne faut pas oublier, ~ ce sUjet, que toute decision de notre part dont nous n'aurions pas bien pese toutes les consequences pourrait en fin de compte compromettre nos espoirs de voir la situation s 'ameliorer, inciter ~ de nouveaux troubles et se re- tourner contre ceux-amemes que nous desirons aider.
21. One cannot yet foresee how the present debate will develop. In my opinion, it has certainly been useful-and indeed it was indispensable-to have a debate. I stated at the beginning of our meeting that the steering of a proper course in our deliberations would have been a serious challenge to our wisdom. I do believe that what is of paramount importance is to make every effort in order to have this debate achieve a positive influence towards removing, in South Africa, the hurdles which stand in the way of peaceful and racial collaboration. It is also our earnest hope that the very fact that the Council is considering these serious incidents should lead to favourable developments in South Africa. In this respect it should be borne in mind that any action on our part which was not appropriately weighed, could ultimately frustrate our hopes for favourable developments, inciting further disturbances andwork- ing against the best interests of the very people which we desire to help.
22. N'oublions pas que la qualite essentielle de notre organisation est son pouvoir de persuader plutOt que de contraindre, et que nos debats seront d'autant plus fructueux qU'ils auront puconvaincre toutes les parties interessees. L'Organisation des Nations Unies doit etre une garantie d'equite et de justice pour tous. Ce que nous devons esperer, c'est que notre debatmettra en evidence le desir constant de l'opinion mondiale de voir regner la justice dans les relations interraciales.
22. Let us not forget that the main quality of our Organization is :its power to induce rather than to coerce, and that our debates will be all the more effective if they succeed in persuading all parties concerned. The United Nations must be a guarantee of fairness and justice for everybody. W":1at we have to hope is that this debate win evidence the unfailing interest of the world in fair practices in the field of interracial relationship.
23. Nous croyons, nous esperons fermement que le peuple et le Gouvernement de l'Union stld-africaine trouveront dans nos deliberations une raison qui les encouragera a chercher a. resoudre, dans l'esprit des principes de I 'Organisation des Nations Unies et de la Declaration universelle des droits de l'homme, les probl~mes de leur societe multiraciale.
23. We believe and trust that in our proceedings the people and the Government of South Africa will find reason and encouragement to solve the problems arising from their multiracial society in the spirit of the principles of the United Nations and of the Universal Declaration of Human Rights.
24. Permettez-moi de terminer sur une observation d'ordre personnel. Lorsque j'~tais en poste en Union sud-africaine, voici bien des annees, j'ai vu le haut degre de progr~setles qualites attrayantes de ce pays; je sais combien la nature a ete genereuse envers lui et quelles grandes possibilites et perspectives lui sont offertes dans les domaines de l'economie et de la production. Je peux done dire en connaissance de cause, il me semble, et avec une inquietude fondee, que je verrais les desseins de Dieutragiquement con- trecarres si l'Union sud-africane nepouvaitconnaure la prosperite et jouir de ses richesses en etablissant l'harmonie raciale sur son territoire et en s'alignant ainsi sur le nouveau cours de l'histoire.
24. Let me end on a personal note. Having enjoyed the high degree of progress and the attractive quali- ties of South Africa during the period in which I served in that country years ago, !mowing of the bounty which nature has dispensed over that territory, aware as I am of the great possibilities and open- ings that South Africa has in the fields of economy and production, it is with particular !mowledge and well founded concern that I can state that it would be a tragic distortion of God's design if South Africa could not prosper and enjoy its resources, reaching full racial peace within its borders, thereby aligning itself with the new course of history.
25. M. SOBOLEV (Union des Republiques socia1is~es sovietiques) [traduit du russe]: Lea coups de feu qui ont eclate le 21 mars en Union sud-africaine ont emu les peuples du monde entier. Ce jour-la, comme on l'a appris, les autorites sud-africaines ont soumis a une repression sang1ante des Africains sans armes qui manifestaient pacifiquement contre les 10is ra- eistes adoptees par le Gouvernement de l'Union sud- africaine.
The shots which sounded in the Union of South Africa on 21 March have roused the peoples of the entire world. On that day, as you !mow, the South African authorities carried out bloody reprisals on unarmed Africans who were taking part in peaceful demonstrations against the racial laws enacted by the Government of the Union of South Africa.
27. The events which took place on 21 March in the Union of South Africa were not accidental; they were not isolated. They were the outcome of the systematic, legally enforced policy of racial dis- crimination and the oppression of millions ofAfricans which the Government of the Union of South Africa is conducting in all spheres of the country's political, economic and cultural life.
28. In the political sphere this racial discrimination means that the indigenous inhabitants are arbitrarily deprived of the elementary civil rights and freedoms, that they are excluded from service in government establishments and prohibited from taking any part whatever in the country's political and social life.
29. In the economic sphere it means the creation of conditions ensuring for the settlers the possibil- ity of a ruthless and unobstructed exploitation of the local population, depriving the latter of all rights to the means of production, to the land and What lies under it, and converting the African population into a cheap, underprivileged labour force.
30. In the cultural sphere discrimination means the exclusion of the indigenous population from the kind of education available to the whites, the deliber9.te hindering of their cultural development and the ac- tual encouragement of illiteracy among them.
31. Beneath the policy of discrimination and segre- gation lies the chauvinist idea, born of colonialism, of the superiority of the white man, the aim of which is to perpetuate the under-privileged position of the African population in order that they may be exploited by a negligible portion of the European minority. The worst aspect of this policy is that it translates the attempt of a small minority of the white immigrant population to consolidate its su- premacy over the vast majority of the population, the indigenous Africans. The policy of racial dis- crimination pursued by the South African authorities, known as the policy of "apartheid", has been raised to the level of the official state policy and is sup- ported by appropriate legislation. The present Na- tional Party Government-the Government which on 21 March approved the actions of the police who visited bloody retribution on a peaceful demonstra- tion-has, from the moment it came to power in 1948, systematically extended a complex system of laws inspired by the spirit of racialism and aimed at
Apr~s le passage de la police et de la troupe, le sol €ltait joncM de centaines de morts et de bless€ls. Ce qui avait commenc€l par etre une manifestation pacifique s'est achev€l dans un bain de sang atroce et absurde. Le massacre de manifestants pacifiques et sans armes en Afrique du Sud a suscit€l une vague de col~re, d'indignation et de r€lprobation dans les pays ind€lpendants et les territoires non autonomes d'Afrique, en Asie, sur les continents americain et europeen, bref dans le monde entier. Les nombreuses nationalites de l'Union sovietique ont joint leur voix A celle des autres peuples pour exprimer leur col~re et condamner sev~rementces actes.
27. Les ev€mements qui se sont produits le 21 mars en Union sud-africaine ne sont ni fortuits, ni isoles. ns sont la consequence d'une politique systematique de discrimination raciale et d'oppression h 1'egard de millions d'Africains, erigee en loi et appliquee par le Gouvernement sud-africaine dans tous les domaines de la vie politique, economique et culturelle du pays.
28. Dans le domaine politique, cette discrimination raciale signifie que les habitants autochtones sont pri- ves arbitrairement des droits civiques et des libertes fondamentales; l'acc~s A la fonction publique leur est ferme et il leur est interdit de prendre la moindre part Ala vie politique et sociale du pays.
29. Dans le domaine €lconomique, elle permet Aceux qui sont venus d'ailleurs d'exploiter cruellement et en toute libert€lla population autochtone, de la priver de tous droits sur les moyens de production, la terre et les ressources minerales et de faire ainsi de la population africaine une main-d'ceuvre A bon marche et depourvue de droits.
30. Sur le plan culturel, ellesignifiequelapopulation autochtone n'est pas admise Arecevoirl'enseignement qui est ouvert aux blancs, que 1'on freine artificiel- lement son developpement culturel et qu'en fait on favonse l'analphabetisme au sein de la population locale.
31. A la base de la politique de discrimination et de segregation, on trouve l'idee chauvine, nee du colo- nialisme, de la suprematie de 1'homme blanc, qui vise A perpetuer le deni de tout droit Ala population africaine afin qu'une minorite insignifiante d'Euro- peens pUissent 1'exploiter. Ce qu'il y a de particuli~re ment revoltant dans cette politique, c 'est qu'elletraduit le dessein d'une faible minorite d'fltrangen blancs d'affermir leur domination sur l'llcrasante majorite de la population africaine autochtone. La politique de discrimination raciale des autorites sud-africaines, connue sur lenomd'''apartheid'', est erigee en doctrine de 1'Etat et s'appuie sur une legislation correspon- dante. Le gouvernement nationaliste actuel, c\elui-lA meme qui a approuve 1'action de la police qui, le 21 mars, a massacre des manifestants pacifiques, a systematiquement etendu, depuis son accession au pouvoir en 1948, la legislation tr~s complexe d'inspi- ration raciste qui vise A renforcer l'oppression dont est victime 1'immense majorite de la population. n suffit de dire qu'A de nombreuses autres lois est venue
32. The discriminatory policy of the South African anthorities towards the peoples of Africa and Asia cannot fail to arouse feelings of legitimate indigna- tion since it entails the gross violation of element- ary human rights and freedoms, permits violent and arbitrary actions, kindles racial enmity and hostility and jeopardizes the preservation of peace on the African continent.
33. Many States Members of the United Nations, and in the forefront of them the independent countries of Asia and Africa who only yesterday threw off the yoke of colonialism, have, in numerous joil1~ state- ments at conferences at Bandung, Cairo and Accra, firmly condemned racialism in all its manifestations and especially racial segregation in the Union of South Africa. After condemning racial discrimination as an evil and a manifestation of inhumanity the Conference of Independent African States meeting at Monrovia noted in particular that racialism was a threat to international peace and security, and re- commended that all states should take appropriate measures to persuade the Government _of the Union of South Africa to heed the voice of world public opinion which is asking that the shameful policy of racialism should be brought to an end.
34. The just and legitimate demands of the African and Asian peoples have found the widest support in all countries of the world.
35. The question of the racial conflict in the Union of South Africa has been on the agenda of the General Assembly for many years n0W. Many resolu- tions have been adopted condemning the policy of "apartheid" pursued by the Government of the Union of South Africa. Each of these resolutions has pointed out that the practice of racial discrimination and segregation is contrary to the United Nations Charter and incompatible with the recognition of human rights and fundamental freedoms. These resolutions have also declared that a government policy aimed at increasing or maintaining racial discrimination was detrimental to international harmony. All the resolutions recommended that the Government of the Union of South' Africa shoufd reconsider its policy in the light of the :purposes and Principles of the United Nations Charter and in acco;~dance with the demands of world public opinion.
36. However, the authorities of the Union of South Africa, systematically ignoring the views of the United Nations, have not only continued to practice a policy of racial oppression but have now gone on to employ methods of mass destruction against the people of other races. Since the tragic events of 21 March there have been further shootings of Afri-
can~ and police attacks on the settlements of peace- ful inhabitants. The information coming fro~ the Union of South Africa shows that the Government of the Union of South Africa intends to continue to
32. La politique de discrimination des autorites sud- africaines ~ 1'egard des peuples d'Asie et d'Afrique ne peut manquer de provoquer unsentimentd'indigna- tion legitime etant donne qu'elle conduit ~une violation
grossi~re des droits de I'homme et des libertes fon- damentales, qu'elle m~ne:Haviolence et lll'arbitraire, qu'elle attise I'hostllite et la haine raciales et qu'elle est une menace ~ la paix sur le continent africain.
33. Beaucoup d'Etats Membres de I'Organisation des Nations Unies, et enpremierlieules pays independants ,d'Asie et d'Afrique qui viennent ~ peine de secouer le joug du colonialisme, ont, dans les nombreuses decla- rations communes qu'lls ont faites aux conferences de Bandoung, du Caire et d'Accra, condamne en termes -categoriques le racisme sous toutes ses formes, et no- tamment la segregationraciale enUnion sud-africaine.
Apr~s avoir d€monce la segregation raciale "comme un fleau et une manifestationinhumaine", la Conference des Etats independants d'Afrique qui slest tenue ~ Monrovia a souligne en particulier que "le racisme est en soi une mena'ce pour la paix etla securite interna- tionales" et a relcommande ~ tous les Etats de prendre les mesures necessaires pour convaincrele Gouverne- ment suci-africain d'ecouter la voix de la communaute mondiale, qui exige qu'll soit mis fin ~ la honteuse politique raciste.
34. Les revendications justifiees et legitimes des peuples africains et asiatiques trouvent le plus large appui dans tous les pays du monde.
35. Depuis de nombreuses annees, la question du conflit racial en Union sud-africaine reste inscrite
~ l'ordre du jour del'Assembleeg€merale.Ona adopte de nombreuses resolutions condamnant la politique d'''apartheid'' du Gouvernement suci-africain. Toutes ces resolutions soulignent que la discrimination ra- ciale et la segregation sont des pratiques contraires ~ la Charte et incompatibles avec le respect des droits de 1'homme et des libertes fondamentales, et que d'autre part une politique gouvernementale qui accentue ou vise ~ maintenir la discrimination raciale est preju- diciable ~ 1'harmonie internationale. Elles contiennent toutes une recomm~ndationinvitant le Gouvernement sud-africain ~ reviser sa politique en fonction des buts et principel! de la Charte de 1'Organisation des Nations Unies et de ce qu'exige l'opinion mondiale.
36. Cependant, les autorites de 1'Union sud-africaine, meconnaissant systematiquement 1'opinion de 1'Orga- nisation des Nations Unies, non seulement continuant de pratiquer une politique d'oppression raciale, mais ont maintenant recours ~ des methodes d'extermina- tion massive ~ 1'egard des personnes appartenant ~ d'autres races. Depuis les ev€mements tragiques du 21 mars, de nouveaux Africains ont peri sousles balles et la police a fait des descentes en des lieux oh habite 'tIne population pacifique. n ressort des nouvelles re- gues de 1'Union sud-africaine que le Gouvernement
38. It is precisely to this that the twenty-nine Asian and African States refer in their letter to the Secu- rity Council [S/4297 and Add.1], rightly pointing our that as a result of the actions of the South African authorities a situation has arisen which is pregnant with grave potentialities for international friction and endangers the maintenance of international peace and security. 39. The request made by these States to the Secu- rity Council was based on Articles 34 and 35 of the Charter. As you know, under Article 34:
"The Security Council may investigate any dis- pute, or any situation which might lead to inter- national friction or give rise to a dispute, in order to determine whether the continuance of the dispute or situation is likely to endanger the main- tenance of international peace and security."
40. The Security Council must heed the views of more than a third of the States Members of the United Nations; it must carefully weigh the material placed before it, and attentively examine the alarm- ing situation which has arisen and fulfil its task under the Charter in maintaining peace and security.
41. During the Council's meetings the representa- tives of a number of African and Asian States have drawn attention to the seriousness of the situation which has arisen in the Union of South Africa, par- ticularly in view of its international repercussions. The majority of those who spoke pointed out that the events taking place in the Union of South Africa are not isolated occurrences, nor are they confined within the frontiers of a single country or even a single continent, but may have serious implications not only for Africa, but also for other parts of the world. The Security Council's attention has been drawn to the fact that the slaughter of Africans in the Union of South Africa could lead to racial con- flict in the African countries and arouse feelings of aJ,tagonism in many non-European countries.
42. Mr. Slim, the representative of Tunisia, said [851st meeting]: "It is to be feared that the dis- tressing events occurring inside South Africa may start a chain reaction which will seriously endanger international security".
43. The representative of Pakistan, Prince Aly Khan, speaking in the same vein, stressed particu- larly [852nd meeting] that the continuance of the
38. Tel est precis~ment le sujet de la lettre adres- see au Conseil de securite par les gouvernements de 29 Etats d'Afrique et d'Asie [S/4279 et Add.1] qui souligne ~ juste titre que les actions des autorites sud-africaines ont dej~ crM une situation grave qui pourrait entrafner un desaccord entre nations et qui menace le maintien de la paix et de la securite inter-- nationales.
39. Ces Etats ont saisi le Conseil de securite de la question en vertu des Articles 34 et 35 de la Charte. Aux termes de l'Article 34:
"Le Conseil de securite peut enqu~ter sur tout differend ou toute situation qui pourrait entraiher un desaccord entre nations ou engendrer un differend, afin de determiner si la prolongation de ce differend ou de cette situation semble devoir menacer le maintien de la paix et dela securite internationales."
40. Le Conseil de securite a 1'obligation d'entendre l'avis de plus du tiers des Etats Membres de l'Orga- nisation, d'etudier attentivement les elements soumis
~ son examen, d'analyser avec soinla situationinquie- tante ainsi creee et de s'acquitter des taches que lui
co~re la Charte concernant le maintien de la paix et de la securite.
41. Au cours des seances du Conseil, les represen- tants de divers pays d'Afrique et d'Asie ont appele 1'attention du Conseil sur la gravite de la situation qui s'est creee en Union sud-africaine, compte tenu surtout de ses repercussions internationales. La plu- part des orateurs ont souligne que les evenements de 1'Union sud-africaine ne sont pas un phenom~neisole, limite ~ un seul pays oumame ~un continent, et qu'ils peuvent avoir de graves consequences non seulement pour 1'Afrique, mais aussi pour les autres parties du monde. L'attention du Conseil de securite est appelee sur le fait que la repression dont sont1'objet les Afri- cains en Union sud-africaine risque de conduire ~ un conflit racial dans les pays d'Afrique et de susciter un sentiment d'antagonisme dans beaucoup de pays non europeans.
42. Comme l'a declare le representant de la Tunisie
[851~me seance], M. Slim, nil etait ~ craindre que des eVEmements douloureux ~ 1'interieur de 1'Afrique du Sud n'engendrent une serie d'evenements en chafne qui mettent effectivement en danger la securite inter- nationale"•
43. M. Aly Khan, representant du Pakistan, evo- quant la mame question, a particuli~rement souligne
[852~me seance] que le maintien de la situation exis-
45. Le Consen de s€lcurit€l ne peut meconnaftre de tels avertissements. n ne peut meconnaftrelamise en garde d'un homme d'Etat aussi eminent queM. Nehru, premier ministre de1'Inde. lequel a declare que1'Union sud-africaine professe ouvertement la politique ra- ciste des nazis hitleriens. qui revendiquaient le droit non seulement de dominermais d'exterminerles races qu'ns qualifiaient d'"inferieures", politique qui. on le sait, a conduit 11 la seconde guerre mondiale.
45. The Security Council cannot afford to ignore these warnings. The Security Council cannot afford to ignore the caution voiced by one of the world'S leading statesmen, Mr. Nehru, Prime Minister of India, that the Union of South Africa is openly pro- claiming the racialist policy of Hitler's Nazis, claim- ing the right not only to suppress, but even to exter- minate those it considers to be inferior races-a policy which, as we know, led to world war.
46. The Security Council must realize that the shocking acts of violence and other arbitrary acts perpetrated on the country's indigenous population by the South African authorities will cause racial hatred and enmity to flare up and will threaten peace and security in Africa.
46. Le Conseil de s€lcurite doit comprendre que les actes revoltants de violence et d'arbitraire commis par les autorites sud-africaines h l'egard de la popu- lation autochtone ne peuvent qu'attiser la haine et 1'inimitie raciales et menacent le maintien de la paix et de la securite en Afrique.
47. With regard to the Soviet people, they have always condemned racial discrimination in all its forms. Broad sections of the Soviet population were profoundly disturbed to learn of the brutal slaugh- tering of entirely innocent inhabitants of the Union of South Africa, who were struggling for recogni- tion of their legitimate human rights.
47. Quant au peuple sovietique, il a toujours condamne la discrimination raciale -sous toutes ses formes. De larges secteurs de la population sovietique ont appris avec une profonde indignationle cruelmassacre en Union sud-africaine d'habitants parfaitement inno- cents qui cherchaient h faire reconnaftre leurs droits legitimes en tant qu'etres humains.
48. Les milieux officiels de 1'Union sovi€ltique par- tagent le sentiment d'indignation du peuple sovietique et condamnent la conduite des autoriMs sud-africaines, qui viole grossi~rementdes droits de1'hommeuniver- sellement reconnus.
48. Official quarters in the Soviet Union share the feeling of indignation of the Soviet people and con- demn the actions of the South African authorities, which constitute a gross violation of generally re- cognized human rights.
49. La delegation sovietique estime que le Consen de securit€l, organe principal des Nations Unies pour le maintien et la defense de la paix et de la securite internationales, doit consid~rerdes plus s~rieusement la lettre des 29 Etats d'Afrique et d'Asie. Le Consen a le devoir non seulement de condamner les actes inhumains des autorites sud-africaines. mais encore de ·'ettre en garde le Gouvernement de 1'Union sud- africaine contre les graves consequences que ces actes pourraient entratner.
49. The Soviet delegation considers that the Security Council-which is the principal organ of the United Nations concerned with the maintenance and pre- servation of international peace and security-should give the most serious attention to the appeal to the Council of the twenty-nine African and Asian coun- tries. The Security Council is compelled not merely to condemn the inhuman actions of the South African authorities but also to warn the Government of the Union of South Africa of the weighty consequences which these actions may have.
50. The Security Council must take immediate mea- sures to put a stop to and prevent the recurrence of such acts of violence and despotism against the African people and endow them with full rights in accordance with the requirements of the United Nations Charter and the Universal Declaration of Human Rights.
50. Le Consen de securite a le devoir de prendre sans delai des mesures pour faire cesser ces actes de violence et d'arbitraire h 1'egard de la population africaine et en empecherle retour. etpourfaire accor- der h cette population tous les droits prevus par les dispositions de la Charte et de la Declaration univer- selle des droits de 1'homme.
51. Le Conseil de securite doit montrer aux peuples d'Afrique que. dans leur lutte pour la liberte et 1'in- dependance. pour les droits fondamentaux de1'homme et du citoyen, ils ont h leurs cotes 1'Organisation des Nations Unies. ainsi que 1'opinion mondiale et tous les peuples du monde.
51. The Security Council should show the African peoples that the United Nations is on their side in their struggle for freedom and independence and for the basic human and civil rights, as, indeed, are world public opinion and all the peoples of the world.
At the request of twenty-nine Member
52. M. AMADEO (Argentine) [traduit de 1'espagnol]: A la demande de 29 Etats Membres. le Conseil est
53. For my country, just as for the other nations of Latin America, racial prejudice is an aberration which is hard to understand. We grow up in toe belief that all human beings are equal because they are all children of the same God, and our civil laws are based on tl:e absolute equality of all races. We have no laws specifically prohibiting discrimi- nation, because such a thing would be simply un- thinkable. We must recognize with gratitude that this spirit of brotherhood transcending any difference of colour is one of the most priceless elements in our Spanish heritage.
54. In our view the importance of the events that we are considering lies in the fact that they are not iSQlated incidents. The immediate cause of the bloody events that have occurred in South Africa and the consequent 9bvious state of tension in which its people are living may be open to discussion, but in our opinion there is no denying that this situation is the fruit of the policy of discrimination that has been pursued in the Union of South Africa for many years. Moreover, other organs of the United Nations, and more especially the General Assembly, have long been concerned with the situation resulting from that policy and from the legislation behind it and with the fact that three-quarters of the population of one of our Member States have in consequence been relegated to a position of inferiority. There is no need for me to say anything concerning the widely lmown results that have been brought about by this consideration of the matter by the United Nations. Disapproval has been almost unanimous, and year after year the Government of the Union of South Africa has been urged to change its policy. The practical outcome of these appeals is likewise lmown to everyone here; year after year the General As- sembly's decisions have me, with unbroken silence from the Union Government, which has not only persisted in its attitude but, far from changing it, has gradually made both the legislation and its ap- plication even more stringent than before.
55. We accordingly give full weight to the state- ments made at earlier meetings by those who have already taken part in this debate that the events in question are the unhappy and inevitable result of the course followed by the Union Government.
56. In order, however, to decide what forms of action are open to the Council, we must first clearly define the problem which the General Assembly has over the years been considering and which is now before us. Up to the present time, the matter has been one of examining the situation caused by specific legislation ,and of adopting'appropriate mea- 'sures, within the competence of the Assembly, to
53. Pour mon pays, comme pour les autres pays d'Am€lrique latine, les prejug€ls raciaux constituentune aberration difficile A admettre. Fid~les au principe selon lequel tous les etres humains sont €lgaux parce qu'ils sont les fils d'un m~me Dieu, nous avons fond€l notre syst~me social sur l'egalite la plus absolue entre les hommes de toutes races. n n'existe chez nous aucune loi interdisant expressementladiscrimi- nation raciale, parce que celle-ci est pour nous tout simplement inconcevable. Nous devons reconnaftre avec gratitude que cet esprit de fraternite, qui fait abstraction des diff€lrences de couleur, constitue 1'un des €llements les plus precieux de notre heritage hispanique.
54. L'importance des evimements que nous examinons reside, A notre avis, dans le fait qu'll ne s'agit pas d'evenements isoIes. La cause immediate des incidents sanglants qui se sont produits en Union sud-africaine et l'€ltat evident de tension qu'lls ont provoqueet dans lequel vit actuellement la population peuvent preter A discussion. Mais ce qui ne nous paraft pas discutable, c'est que cette situation resulte de la politique de discrimination appliquee depuis de nombreuses annees enUnion sud-africaine. D'autre part, depuis longtemps, les organes des Nations Unies, et notamment l'As- semblee generale, examinent la situation d€lCoulant de cette politique et delalegislation qui!'a engendree, politique et lllgislation qui placent dans des conditions d'inferiorite les trois quarts de la populationd'un Etat Membre. Point n'est besoin de dire, pUlsquechacunle sait, quel a lite le resultat de cet examen. La reproba- tion a ete quasi unanime et chaque annee1'Organisation des Nations Unies a adressll un appel au Gouvernement sud-africain pour lui demander de modifier sa poli- tique. nest inutile l:galement de dire, car chacun le sait aussi, quel a etele rllsultat pratique de ces appels. Chaque annee, les recommandations de l'Assemblee
~n~rale sont rest€les sans €lcho aupr~s du Gouverne- ment de 1'Union sud-africaine qui, non seulement a persiste dans son attitude, mais encore a renforce les lois raciales et les a appliquees avec plus de rigueur.
55. C'est pour ces raisons que nous comprenons tout le poids et mesurons toute la gravite des declarations faites aux seances precedentes par les orateurs qui sont dejh intervenus daus le debat, et selonlesquelles les evenements qui se sontproduits sontlaconsequence inevitable et deplorable de la politique suivie par le Gouvernement sud-africain.
56. Cependant, afin de determiner les possibilites d'action qui s'offrent au Conseil, nous devons delimi- ter nettement le probl~me que l'Assemblee g€merale a €lte appelee jusqu'ici h examiner etceluiqui se pose aujourd'hui h nous. Dans le premier cas, il s'agissait d'€ltudier la situation r€ll!lultant d'une certaine legis- lation et d'adopter, dans la limite delacomplltence de l'Assembl€le, les mesures n6cessaires pourrem€ldier
57. Lors de la quatorzi~mesession de 1'Assemblee g€merale, au cours du debat sur ce sujet, nous avons declare ce qui suit:
57. During the fourteenth session of the General Assembly we said:
"Equality before the law, equality of opportunity, freedom of worship, free access to political life and education are all basic and fundamental prin- ciples of our democracies-the same democracies for whose ideals the Union Government fought.
"These principles are the very pillars of our Organization. When they are flouted we must exer- cise the full powers, even though they are limited powers, of the General Assembly. This does not imply intervention in the domestic affairs of the Union of South Africa, for our competence comes from Articles 55 and 56 of the Charter, under which we have pledged 'to take joint and separate action in co-operation with the Organization' to promote 'universal respect for .•• human rights and fundamental freedoms for all without distinc- tion as to race, sex, language, or religion'.III
58. Dans le cas qui nous occupe actuellement, nous nous trouvons en presence d'une situation differente de celle qui existait lorsque nous avons examine ce
58. At the present time, the situation is not the same as when we were considering this problem in the General Assembly, and, in our view, the powers of the organ concerned, namely the Council, are also different. Faced with a situation that is likely to endanger the maintenance of international peace and security, we are acting in virtue of the provi- sions of Article 35, paragraph 1, of the Charter.
probl~me h. 1'Assemblee generale. Les pouvoirs de 1'organe qui en est aUjourd'hui saisi, c'est-~-dire du Conseil de securite, sontegalement, ~ notre avis, differents. Nous agissons ici en vertu des dispositions du paragraphe 1 de l'Article 35 de la Charte et nous sommes en presence d'une situation qui peutmenacer le maintien de la paix et dela securite internationales.
59. Dans ce cas, ma delegation n'eprouve pas nOD plus de doute quant ~ 1'irrecevabilite de 1'exception de competence nationale. Nous savons tous qu'il n'existe pas de ligne rigide etinflexible determinantles limites de la competence nationale, dont 1'exception, mati~re
59. My delegation does not entertain the slightest doubt that in this case also the plea of domestic jurisdiction is inapplicable. We all know that it is not possible to draw any hard and fast line indicat- ing where domestic jurisdiction ends. The exclusion of matters within domestic jurisdiction from consi- deration by the United Nations is, as has often been pointed out here, one of the corner-stones of our Organization. It has often been said that the line of d~m3J"cation is flexible and that the stand to be
~ discussion pour l'Organisation des Nations Unies, constitue, ainsi qu'onl'a souvent dit dans cette enceinte, la clef de tout notre syst~me. Cette ligne, comme on l'a dit tant de fois, varie et il convient d'adopter, <,ians chaque cas, la position dictee par les circons- tances qui lui sont propres. En inscrivant 11 son ordre du jour la question qui nous est soumise, le Conseil s'est prononc6 clairement sur sa com~tence.Si, du point de we juridique, il nepeut subsister aucun doute touchant la competence du Conseil apr~s l'adoption de son ordre du jour, les declarations que nous avons entendues ont egalement banni de nos esprits toute trace, 'lesitation quant ~ cette competence. Comment pourrait-on, en effet, soutenir qu'une situation qui a eu des repercussions aussi graves et qui a souleve une emotion si unanime dans le monde entier- repeT- mIssions et emotion qui se sont traduites ici meme - ne doit pas ~tre un sujet .de pr60ccu.pation pour la c.:ommunaut6 des nations?
~aken must be determined by the special circum- stances of each case. By approving the inclusion of this item in the agenda the Council has clearly asserted its competence to deal with the matter. By this action the Council has, from the legal point of view, removed· all doubt concerning its compe- tence, but the last vestiges of hesitancy on this score have been banished from our minds by the state- ments to which we have listened. How, after all, can it be maintained that a problem which has made such an impression on world opinion and given rise to such a uniform reaction, both of which have been reflected in this Council, is not the concern of the international community?
Y Cette d&:laration a etHaite le 3 novembre 1959. 11 la 142l!me seance de la Commission politlque splkiale, dont les comptes rendus ne sont publies que sous forme analytique.
11 This statement was made on 3 November 1959 at the 142nd meeting of the -Special Political Committee. the official record of which was published only in summary form.
"L'egalite devant la loi, 1'egalite de droits, celle des cultes, le libre acc~s ~ la vie publique et h. l'en- seignement, constituent des principes fondamentaux de nos democraties, de ces democraties pour les ideaux desquels a lutte 1'Union sud-africaine ena- meme.
"Ces principes constituent egalement les piliers de notre organisation. Devant la violation de ces principes, nous ne pouvons manquer d'exercer les pouvoirs de1'Assemblee, en depit de la porteelimitee des mesures que nous pouvons prendre. Hien de cela ne signifie une intervention dans les affaires inte- rieures d'un pays. Notre competence reposeeneffet sur les Articles 55 et 56 de la Charte aux termes desquels nous nous sommes tous engages ~prendre, tant conjointement que separement, en cooperation avec 1'Organisation des Nations Unies, des mesures permettant de garantir le respect universel des droits de 1'homme et des libertes fondamentales pour tous!/."
61. The Argentine delegation does not wish in this general statement of views to suggest any specific form that the Council's decision should take; it merely wishes to affirm its support for any formula that will facilitate a solution which, while equitable and acceptable, will nevertheless constitute an ef- fective means of solving the problem. Only by finding such a solution can we fulfil the hopes placed in us by a vast section of mankind.
62. I would not want to conclude this statement without expressing my delegation's deep regret at being obliged to state its position in such terms. My country maintains traditional relations of friend- ship with the Union of South Africa, a bond which is most welcome to us. Nevertheless, our position is based on the fundamental and vital principles that are at stake,' and consequently no extraneous consi- deration, however important, can induce us to change that position.
63. We still hope that this debate and the decisions that result from it will constitute an appeal to conscience that will lead to the establishment of fraternal equality between the people inhabiting the southern extremity of the African continent. 64. Mr. MICHALOWSKI (Poland): The questionwhich we are debating here in the Security Council today is both serious and unusual. We are not dealing with a dispute involving two nations, but, in fact, with a dispute between one Member State and all the other Member States. It involves, on the one side, a set of inhuman racial laws and, on the other, some of the most important principles of humanity em- bodied in our Charter and in the Universal Declara- tion of Human Rights. It is a clash between a horrible system of oppression and all the basic principles of ethics, religion and morality which the human race has produced; and that in itself determines the international, universal character of the problem in question. 65. The ideology which bases itself on racial su- periority, on a system of privileges for reasons of race, on racial hatred, is not new. Fascism and Nazism embodied all these principles. When these movements developed rapidly in the thirties, some were also inclined to consider them as internal affairs of the countries concerned, and the League of Nations was incapable of uniting, while there was still time, the rest of the world in order to avoid a catastrophe. At that time also we heard voices warning us not to hurt the national feelings of cer- tain Governments. But when the "Herrenvolk" finally decided to put ideals into deeds, the whole world had to pay for them.
61. En faisant cette d€lclaration de caract~regllneral, la delegation de 1'Argentine ne pretend pas indiquer au Conseille genre de decision qu'il pourraitprendre dans le cas qui nous occupe. Mais elle appuiera toute formule equitable et non offensante qui fournirait un moyen efficace de resoudre le probl~me, car c'est seulement de cette mani~re que nous ne decevrons pas les espoirs quIa mis en nous une grande partie de 1'humanite.
62. Je ne veux pas terminer cette intervention sans exprimer le regret qu'eprouve ma delegation d'avoir dti pr~ciser sa position en ces termes. Mon pays en- tretient depuis longtemps des relations d'amiti6 avec I 'Union sud-africaine et ces liens nous sont chers. Mais notre position est fondee sur des principes si fondamentaux et si essentiels qu'aucune consideration
etrang~re, si importante soit-elIe, ne peut nous amener
~ la modifier.
63. Nous ne perdons pas I'espoir que ce debat, et les decisions qui en resulteront, constitueront un avertis- sement qui aidera ~ etablir I '€lgalite fraternelle entre les peuples qui vivent ~ I 'extreme sud du continent africain. 64. M. MICHALOWSKI (Pologne) [traduit de I'anglais]: La question que nous discutons aUjourd'hui auConseil de securite est ~ la fois grave et inhaoituelle. Nous ne nOUS occupons pas d'un differend entre deux nations, mais, en fait, d'un differend qui oppose un Etat Membre
~ tous les autres Etats Membres. Nous avons, d'une part, une serie de lois raciales inhumaines et, d'autre part, certains des principesles plus importants pour 1'humanite, inscrits dans notre Charte et dans la De- claration universelle des droits de 1'homme. n s'agit d'un conflit entre un syst~me atroce d'oppression et tous les principes fondamentaux de la morale et de la religion qu'a con~us le genre humain. Cela en soi donne dej~ au probl~me un caract~re international et universel. 65. L'ideologie fondee sur un principe de superiorite raciale, sur un syst~me de privil~ges accord6s en fonction de la race, sur la haine raciale, n'est pas chose nouvelle. Le fascisme et le nazisme renfer- maient tous ces principes. Lorsque ces mouvements se sont rapidement developpes, apr~s 1930, certains ont ete portes, l~ aussi, ~ considerer qu'il s'agissait d'affaires interieures des pays interesses, etlaSociete des Nations a ete impuissante ~unir,lorsqu'il en etait encore temps, les autres pays du monde pour eviter la catastrophe. A 1'epoque egalement, nous avons entendu des voix s'elever pour nous conseillerdenepas heur- ter les sentiments nationaux de certains gouverne- ments. Mais lorsque le "Herrenvolk" decidafinalement de traduirEl son ideologie par des faits, le monde entier eut a en souffrir.
67. We must at all costs avoid makingthe same mis- takes all over again. It is essential for us to make it clear once and for all that racism is an inter- national problem which, by its very nature, leads to international conflicts, that it has been the cause of many disputes, that it has often been the cause of war, and that it always threatens the peace.
68. We, in Poland, unfortunately are well aware of what it means to be the object of racial discrimina- tion, and we know the slogans of the "Herrenvolk" and their sacred missions only too well; therefore, we refuse to recognize the argument that these problems are internal problems. On the contrary, they are our common problems and we must solve them together.
69. Plusieurs orateurs ant dejh eu 1'occasion de dire qu'il y avait beaucoup de points communs entre la fac;lon dont le Gouvernement sud->africain traite ses citoyens africains et cerie dont les Allemands trai- taient les Juifs dans leur propre pays et en Europe occupee. Je n'ajouterai qu'un commentaire. Dans trois semaines, nous celebrerons le dix-septitlme anniversaire du soul~vement du ghetto de Varsovie. Une poignee d'hommes fameliques et desesperes se
69. A number of speakers have already mentioned the fact that there is much in common between the way the South African Government treats its African citizens and the way the Germans treated the Jews in their own country and in occupied Europe. I should like to add to this just one thought. In three weeks we shall commemorate the seventeenth an- niversary of the uprising in the Warsaw ghetto. A handful of half-starved and desperate people rose against their well armed and numerically vastly superior oppressors. Today we stand in admiration of the heroism of these men. And who, I should like to ask, will condemn those Africans who, one day, out of sheer desperation shall raise their hands against their tormentors?
70. A few strongholds of colonialism still exist in our century, but among them the Union of South Africa has the sad distinction of being the most brutal and striking example of the methods of colo- nial oppression and exploitation. Let me remind the Council, for instance, of the fact that, while the national income per head of a white man in the Union amounts to 350 South African pounds, the national income per head of the African population amounts to 16 pounds, 2 shillings.
71. The Foreign Minister of the Union, Mr. Louw, describes the poiicy of "apartheid" as a policy of peaceful coexistence of races and puts it into practice by driving 12 million Africans into reser- vations-in other words, by trying to squeeze 80 per cent of the population of South Africa into 13 per cent of the Union's territory.
71. Le Ministre des affaires etrang~res de 1'Union, M. Louw, ditquelapolitiqued'"apartheid" estune poli- tique de coexistence pacifique des races, etil applique cette politique en obligeant 12 millions d'Africains h vivre dans des reserves - en d'autres termes, en essayant d'entasser 80 pour 100 de la population sur 13 pour 100 du territoire de 1'Union.
72. Another incredible, but true, example of those methods, taken from officially published statistical data, is that in the year 1957 South African authori- ties arrested 1,525,612 people, 11 per cent of its entire population.
72. Autre exemple de ces methodes, exemple in- croyable mais veridique, tire des statistiques officiel- les: en 1957, les autorites sud-africaines ont arrete 1.525.612 personnes, soit 11 pour lOO de l'ensemble de la population.
73. n suifit de rappeler au Conseil toute la serie des lois raciales et les nombreuses violations des droits fondamentaux de l'homme qui ne cessent d'atre com- mises dans le territoire sous la juridiction du Gou- vernement de 1'Union, et qui ont ete si souvent citees dans cette enceinte devant divers organes, pour que la cause soit entendue. De tout cela, le Gouvernement de l'Union a decid6 de ne tenir aucun compte; il en
73. It would be sufficient just to remind the Council of the whole set of racial laws and the many viola- tions of basic human rights which are constantly being perpetrated on the territory under the juris- diction of the Union Government, and which have so often been quoted from various rostrums in this buildi4lg, and the case would be stated. All this, the TInion Government has chosen consistently to ignore;
67. Nous devons h tout prix eviter de retomber da;ns les mames erreurs qu'autrefois. n est indispensable de dire clairement une fois pour toutes que le racisme est un probl~me international qui, par sa nature mame, engendre des conflits internationaux, qu'il a ete h 1'origine de nombreux differends, qu'il a souvent ete cause d'une guerre et qu'il est une menace constante h la paix. 68. Nous ne savons que trop bien, en Pologne, ce que c'est que d'atre soumis h une discrimination raciale et nous ne connaissons que trop bien les slogans sur le "Herrenvolk" et sa mission sacree. C'est pourquoi nous nous refusons h admettre la th~se selon la,quelle ces probl~mes sont d'ordre interne. Tout au contraire, ce sont des probl~mes qui noUB sont communs et que nous devons resoudre ensemble.
dress~rent contre leurs oppresseurs, bien armes et infiniment plus nombreux. Aujourd'hui nous admirons l'heroisme de ces hommes. Et qui, je vous le demande, condamnera les Africains le jour ob, par desespoir, ils se dresseront contre leurs bourreaux?
70. n subsiste encore, au :XX~me si~cle, quelques bastions du colonialisme, mais, parmi eux, l'Union sud-africaine a le triste privil~ge d'offrir l'exemple le plus caracteristique et le plus brutal des methodes d'oppression et d'exploitation coloniales. Permettez- moi de rappeler au Conseil, par exemple, qu'enUnion sud-africaine, si le revenu national par habitantblanc
s'el~ve h 350 livres sud-africaines, il n'est que de 16 livres 2 shillings par habitant africain.
75. Colonialism is an international problem and the struggle to keep it growing must inevitably create international friction and, therefore, constitutes a clear-cut threat to peace.
76. The situation in South Mrica is extremely ex- plosive and, aside from everything else, it is our duty to call on the oppressors to stop their folly in their own interests, because folly it is, in the middle of the twentieth century, to maintain a system which is contrary to the whole trend of contemporary ethics and political development. It is folly to think that by sheer physical repression it would be possible to halt the historical trend among the people of Mrica to gain their freedom from their former masters and to create free, independent countries.
77. South Africa is now flanked by new, enthusiastic and free African nations. Ideas, as we all know, travel fast and traverse all barriers. It is unthinkable that the citizens of the Union of South Africa should not be encouraged in their opposition to their op- pressors by the example of their brothers all over the continent who are in the process of forming and building, for the first time in centuries, their own countries. The contrast between the frt1e African living only a short distance away and the virtual African slave in the Union is too fantastic to be able to survive for many years to come.
78. If the Government of the Union of South Mrica does not recognize the facts of life, which are visible to anyone who wants to look, we here should make every effort to draw its attention to them-in its own interest as well as in the interest of all Africa, and possibly of the world-because if the Union Gov- ernment does not in the very near future change its policy towards the majority of its citizens there will be more and more trouble which, eventually, will reach beyond the frontiers of the Union and spill over into other territories. We all know what that could mean. 79. The Africans in the Union have so far shown remarkable se~f-control and restraint, but their patience cannot last for ever and is being tried every day and every hour of every day. There are 12 million of them as against 3 million whites. The day may come when all bounds will break, and if that should take place there is no predicting now how and wh~re it may end. It is our task and our duty to
probl~mes d'ordre interne, mais leur ensemble cons- titue une situation qui preoccupe le monde entier et 'qui recele les ferments d'un conflit plus vaste. Au cours des 10 derniers jours, des dizaines de personnes ont ete tuees, des centaines blessees. Ce8 chiffres effrayants montrent la logique implacable de 1'evolu- tion des evenements dans cette region. Le colonia- lisme, par sa nature meme, tend 11 provoquer des conflits d'interet, qui ne peuvent qu'entrainer des luttes, surtout 11 un moment ott certains essaient de sauver la domination coloniale en ayant recours 11 des methodes polici~res et 11 des moyens militaires. 75. Le colonialisme est un probl~me international et les efforts deployes pour maintenir cette domination ne peuvent manquer d'engendrer des desaccords inter- nationaux et repr6sentent, parconsequent, une menace directe 11 la paix.
76. La situation en Union sud-africaine est extreme- ment dangereuse et, independamment de toute autre consideration, il est de notre devoir d'inviter les oppresseurs 11 renoncer 11 leur folIe politique, dans leur prope intedt, car c'est folie, en plein ~me
si~cle, de s 'accrocher 11 un syst~me qui est en oppo- sition avec toute la morale contemporaine et tout le
progr~s politique. C'est folie de croire que la seule oppression materielle permettra d'endiguer 1'6volu- tion historique des peuples d'Mrique, qui veulent se liberer de leurs anciens maitres et creer des pays libres et independants. 77. L'Union sud-africaine est desormais entouree de jeunes nations africaines enthousiastes et libres. Les idees, nous le savons, vont vite et renversent tous les obstacles. n serait inconcevable que les citoyens de 1'Union sud-africaine ne soient pas encourages, dans leur opposition 11 l'oppresseur, par l'exemple de leurs fr~res d'Mrique qUi sont en train de creer et d'edifier, pour la premi~re fois depuis des si~cles, leur propre pays. Le contraste entre les Africains libres qui vivent non loin des fronti~res de 1'Union sud-africaine et les citoyens africains de 1'Union qui sont pratiquement des esclaves est trop choquantpour qu'il puisse subsister longtemps encore.
78. Si le Gouvernement de 1'Union sud-africaine ne reconnait pas des verites qui sont evidentes pour qui- conque veut bien lee voir, nous devons, ici, faire tout ce qui esten notre pouvoir pourles lui signaler - dans son propre interet, comme dans celui de toutel'Mrique et peut~trem~medu monde - car, si le Gouvernement de 1'Union ne change pas tr~s prochainement de poli- tique h l'egard de la majorite de ses citoyens,les d6sordres ne feront que crortre etfiniront par d6passer les fronti~resde 1'Unionetgagner d'autres territoires. Nous savons tous ce que cela pourrait signifier.
79. Les Mricains de l'Union ont fait preuve jusqu'h present d'une maitrise d'eux-memes et d'une mode- ration remarquables, mais leur patience ne saurait durer eternellement car elle est mise 11 l'epreuve chaque jour et 11 toute heure. ns sont 12 millions, contre 3 millions de blancs. Un jour peut-etre, 1'ex- plosion se produira et, si elle se pr,oduit, nul ne peut predire jusqu'ot! iront les desordres et comment cela
80. Pour ~outes ces raisons, nous considerons que la demande de discussion de la question sud-africaine par 29 Etats Membres a €lt€l une d€lmarche aussi judi- cieuse qu'opportune et que 1'examen de cette question par le Conseil de securit€l est un acte de prevoyance politique. Si nous pouvons trouverlemoyend'€lliminer la menace 11. la paix surle continentafricain que cons- titue la situation actuelle, le sang vers€l 11. Sharpeville et dans d'autres localit€ls de 1'Union sud-africaine ne 1'aura pas ete en vain. Le Conseil de securite a la possibilite d'intervenir pendant qu'il en est temps encore, avant qu'un conflit grave n'eclate. C'estl11.une occasion grave et importante. Ma d€llegation appuiera toute proposition qui ouvrirait la voie 11. une telle solu- tion dans cette affaire tragique.
80. For all the aforementioned reasons we consider that the introduction of the South African question by twenty-nine Member nations was a wise and very timely move, and that this discussion in the Security Council is an act of political far-sightedness. If we should be able to find the right means in order to avoid the threat to peace on the ·African continent resulting from the situation which is arising, then the blood which has been shed in Sharpeville and in other South African communities will not have been shed in vain. The Security Council has the possibility to intervene while there is still time and before a serious conflict develops. It is a great and signifi- cant opportunity. My delegation will support any proposals which point to such a solution of this tragic case.
My first words on behalf of the people I repre- sent cannot be other than words of reverent homage before the graves laid open by the tragic events which the Council is now considering.
81. M. CORREA (Equateur) [traduit de 1'espagnol]: Les premi~res paroles que je prononcerai au nom du peuple que je repr€lsente seront des paroles d'hommage respectueux devant les tombes encore fratches des victimes des €lv€lnements tragiques dont le Conseil a €lte saisi.
82. The Security Council is meeting at the request of twenty-nine States Members of the United Nations whose view it is that the situation in South Africa arising out of the large-scale Xillings of peac~ful deinonstr,ators against racial-discrimination and seg- regation in the Union harbours grave potentialities for international friction which might endanger the maintenance of international peace and security.
82. Le Conseil de securit€l se reunit 11. la demande de 29 Etats Membres des Nations Unies qui estiment que la situation existant en Union sud-africaine 11. la suite du massacre de personnes qui manifestaient pacifiquement contre la discrimination et la segrega- tion raciales dans 1'Union comporte de graves dangers de nature 11. provoquer un desaccord entre nations qui pourrait menacer la paix etla securite internationales.
83. The Council has listened attentively to the statements of eight of the twenty-nine Governments which proposed the item.
83. Le Conseil a €lcoute avec attentionles d€lclarations des representants de huit des 29 Etats qui ont demande 1'inscription de cette question 11. 1'ordre du jour.
84. The representative of the Union of South Africa, whose presence in this conference room and at the Council table is greatly appreciated, has denied that the Council is competent to discuss the situation and has invoked in this connexion the principle of non- intervention laid down in Article 2, paragraph 7, of the Charter. He also saw fit to outline his Govern- ment's version of what has taken place.
84. De" son cote, le representant de 1'Union sud- africaine, dont la presence dans cette salle et 11. cette table esthautement appreciee, aconteste queleConseil soit competent pour examinerla situation, eninvoquant le principe de la non-intervention consacre par le paragraphe 7 de l'Article 2 de la Charte. Notre eminent
col1~gue de 1'Union sud-africaine a egalement crubon de donner au Consell un compte rendu sommaire des ev€mements, tels que les voit son gouvernement.
85. Ma delegation se propose d'examiner la situation sans perdre de vue ni les limites juridiques que nous impose la Charte des Nations Unies, ni les devoirs qu'elle impose au Consell et 11. ses membres, ni le sens positif de 1'obligation que nous avons de veller au maintien de la paix, et sans oublier non plus les sentiments humanitaires qui doivent animer les repre- sentants de peuples dont le destin et 1'avenir sont indissolublement lies.
85. My delegation proposes to examine the situation without losing sight of the framework of juridical limitations established in the United Nations Charter, or of the duties of the Council and its members under the Charter, or of the constructive approach which our obligation to guard the peace compels us to take, and without, on the other hand, ignoring our humanitarian feelings as representatives of peo- ples whose futures and destinies are inextricably linked.
86. From the legal point of view, the objection to the Council's competence on the basis of Article 2, paragraph 7, as raised once again by the Union of South Africa, is to our mind unacceptable. The fact that the" General Assembly has dealt with this prob- lem at various sessions, that it has established a subsidiary organ to study the question and that it has
87. The duties stated in Articles 55 and 56 pertain to the General Assembly and the Economic and Social Council. One of them is to see that Member States respect and fulfil the contractual commitment-a fully binding commitment freely entered into upon signature of and accession to the Charter-to respect and promote the observance of human rights. This is the situation as far as Articles 55 and 56 are concerned.
88. Article 34 of the Charter, on the other hand, prOVides that the Security Council may investigate any situation which might lead to international fric- tion or give rise to a dispute, in order to determine whether the continuance of the dispute or situation is likely to endanger the maintenance of international peace and .security. If, therefore, the Assembly's practice precludes the use of Article 2, paragraph 7, to nullify Articles 55 and 56, we can hardly conceive that the power of investigation vested in the Council under Article 34 of the Charter might be rendered ineffective or inoperative by that paragraph.
89. We have heard voiced in the Assembly the idealistic the.sJs that the peace Which the Security Council is called upon to preserve is not simply the negative condition represented by the absence of armed conflict, but rather a positive peace having as one of its essential elements the universal ob- servance of human rights, and that consequently any case of systematic violation of human rights must be viewed as a threat to the peace.
90. I cannot claim to follow this line of argument, however logical it may be and however popular it may have become among the people of many of our countries. In the present case, I prefer to view the matter from a standpoint of greater immediate realism. We must admit that while every violation of human rights perpetrated by a State as a matter of State policy constitutes a violation of obligations assumed under the Charter, it does not necessarily and in every case constitute an immediate danger to international peace and security. In some cases, on the other hand, the violation of human rights may be surrounded by circumstances such that the maintenance of international peace and security is endangered, with the result that the situationbecomes open to Security Council action. It rests with the Council to determine whether such a situation has arisen.
91. Having thus stated our position on the question of competence, I must now refer to the events in South Africa. I should like to be able to do so without becoming dramatic or adding a tragic colour to my words, but the facts themselves are so tragic that they call forth an emotional reaction. According to the available eVidence, we are faced, in short, with
87. L'Assemblee generale et le Conseil economique et social ont des devoirs en vertu des Articles 55 et 56 de la Charte. L'un de ces devoirs est de veiller
~ ce que les Etats Membres respectent 1'obligation contractuelle, de nature strictement juridique, qu'ils ont prise die leur propre gre en signant ou en ratifiant la Charte, de respecter les droits de 1'homme et de favoriser leur respect. Telle est donc la situation en ce qui concerne les Articles 55 et 56. 88. Par ailleurs,l'Article 34 dispose quele Conseil de securite peut enqueter sur toute situation qui pourrait entrafuer un desaccord entre les nations ou engendrer un differend, afin de determiner si la prolongation de ce differend ou de cette situat.ion semble devoir me- nacer le maintien de la paix et de la securite interna- tionales. Si donc la jurisprudence de 1'Assemblee ne permet pas d'invoquer le paragraphe 7 de l'Article 2 pour faire abstraction des Articles 55 et 56, il est difficile de considerer que ce paragraphe annule le pouvoir d'enquete confere au Conseil de securite par l'Article 34 de la Charte.
89. Nous avons dej~ entendu au sein de 1'Assemblee la th~se idealiste selon laquelle la paix quele Conseil de securite est appele ~ preserver n'est pas simple- ment l'absence de conflit arm6, mais une paix plus positive, dont 1'un des elements essentiels est le respect universel des droits de 1'homme, et, par con- sequent, toute violation systematique des draits de 1'homme devrait etre consideree comme une menace
~ la paix.
90. Je n'entends.pas me ranger ~ cettefaQonde voir, si logique qu'elle soit, et malgre la faveur dont eUe jouit aupr~s de 1'opinion publique dans nombre de nos pays. Dans le cas present, j'aborderaile probl~meavec plus de realisme et tel qu'u se pose dans 1'immediate n faut reconnaftre que, s'u estvrai que toute violation des droits de 1'homme commise par un Etat dans sa politique meme constitue une violation des obligations contractuelles de la Charte, cette violation ne com- promet pas forcement dans 1'immediat la paix et la securite internationales. Mais, certains cas de vio- lation des droits de l'homme peuvent s'assortir de circonstances telles qu'Us constituent un danger pour le maintien de la paix et dela securite internationales et justifient par consequentune intervention du Conseil de securite. C'est au ConseU de decider si ces cir- constances sont effectivement reunies.
91. Apr~s avoir defini notre position ~ 1'egard du
probl~me de la competence du ConseU, je dois main- tenant passer aux evenements SUrvenus en Union sud- africaine. Je voudrais pouvoir le faire sans drama- tiser, sans donner ~ mes paroles un ton de tragedie, mais les faits sont Ill., si tragiques qu'ils ne peuvent manquer d'emouvoir. D'apr~s les preuves dont nouS
93. The tragic happenings in the Union of South Africa are the inevitable result of "apr,rtheid", of the blindness with which world public opinion has been disregarded and of the systematic violation of the United Nations Charter. The events are deeply to be regretted, but they cannot have come as a surprise to anyone who has closely followed the campaign carried on' in the United Nations against "apartheid".
94. The 1953 and 1954 reports of the United NaUons Commission on the Racial Situation in the Union of South AfricaY-documents which are a credit to their authors for their detachment, their equanimity and their wisdom-contain information and recom- mendations which are highly pertinent atthis moment. Allow me to single outthe following: First, "apartheid" , which the Government proposes to apply systemat- ically, is a policy of racial discrimination and segre- gation affecting nearly all aspects of social life. Secondly, this policy conflicts in every respect with the obligations of Member States assumed under the United Nations Charter. Thirdly, this policy is being imposed on the population against its will and there is no indication that it will ever be accepted. Lastly, I should like to draw the Council's attention to the following paragraph, which our colleague from Ceylon yesterday [852nd meeting] termed a prophetic utterance. The report reads:
"As the 'apartheid' policy "-';.l::''''Je~.':lps, the situation it has made is constantlyr::eillg aggravated and daily becomes less open to settlement by concilia- tion, persuasion, information or education, daily more explosive and more menacing to internal peace and to the foreign relations of the Union of South Africa. Soon any solution will be precluded and the only way out will be through violence, with all its inevitable and incalculable dangers."V
This policy, carried forward despite the many ap- peals from the General Assembly, is what has caused the tragic events we are now considering.
Y Official 'Records of the General Assembly. Eighth Session. Sup: plement No, 16 (A/2505 and Add.l). and ibid., Ninth Session, SuP: plement No, 16 (A/2719). V Ibid.. Eighth Session. Supplement No. 16, para. 905 (£).
92. Le representant de I 'Union sud-africaine nous &. dit qu'il s'agissait d'incidents avec la police, dugenre de ceux qui peuvent se produire en tout autre pays entre les autorites qui sont chargees de maintenir l'ordre et des groupes subversifs. Je ferai respec- tueusement remarquer que cette version des faits semble n~gliger d~liMr~ment les pr~cMents dont les NaUons Unies se sont occupees depuis plusieurs annees et ne pas tenir compte des forces spirituelles et humaines qui ant determine ces evenements.
93. Les tragiques evlmements survenus enUnionsud- africaine sont I 'inevitable consequence de la politique d'''apartheid'', de l'avenglement que l'on a mis Ane pas tenir compte de I'opinion mondiale, delaviolation systematique de 13. Charte des Nations Unies. Ces €lv€lnements sont profond€lment regrettables, mais ils ne peuvent surprendre ceux qui ont suivi de pr~s la lutte contre la politique d'''apartheid'' 1l1'Organisation des Nations Unies.
94. Les rapports presentes en 1953 et 1954 par la Commission des Nations Unies pour l'etude de la situation raciale dans l'Union sud-africaineY, rap- ports dont l'objectivite, la mesure et la profondeur du jugement font honneur A leurs auteurs, contiennent des renseignements et des recommandations qui sont des plus pertinents en ce moment. Permettez-moi d'y relever les points suivants. Premi~rement, la politique d'"apartheid" que le gouvernement pretend appliquer au pied de la lettre implique la discrimina- tion et la segregation raciales dans presque tous les aspects de la vie sociale. Deuxi~mement, tous les aspects de cette poliUque sont contraires aux oblfga- Uons contractees par les Etats Membres aux termes de la Charte des Nations Unies. Troisi~mement,cette politique est imposee A la population contre sa volonte et rien ne permet de croire qu'elle sera jamais accep- tee. Enfin, qu'H me soit perrois d'attirer I'attentiondu Conseil sur le passage suivant, que notre colU~gue de Ceylan qualifiait hier de prophetique [852~meseance]• On lit en effet dans ce rapport:
"Ainsi s'est cr~~e et s'aggrave de fa~on con- tinue, en fonction du developpement de la politique d'"apartheid", une situation taus les jours plus re- belle au traitement par la conciliation, la persuasion, l'information ou l'education, une situation tous les jours plus explosive et plus menac;ante pour la paix interieure comme pour les relations exterieures de I'Union sud-africaine, une situation qui risque de ne trouver dans un proche avenir d'issue - sinon de solution - que dans des epreuves de force, avec tous les perils absurdes qu'elles comportent inevi- tablementY." Cette politique, poursuivie malgr€lles appels repetes de I'Assemblee generale, est la cause des evenements tragiques dont nous nous occupons.
Y Documents officiels de l'Assembl1!e g1!n1!rale, huitieme session. Supplement No 16 (A/2505 et Add.l), et ibid•• neuvieme session, Sup: pl1!ment No 16 (A/2719). Y Ibid., huitieme sessi0n. Supplement No 16. par. 90S, alin. £.
96. There is, in our view, ample justification for the request made by various speakers that the Coun- cil should ta.~e effective action to stem the tide of events in the Union of South Africa. It rests with the members of the Council to seek the most ad- visable course of action, sincerely and in good faith.
97. Permit me to recall in this connexion that the case of South Africa represents a chapter, a great chapter, in the world struggle for human rights. This struggle is a moral one, with the imponderable forces involved in it taking unforeseen turns. It is a long-term struggle which will last as long as man- kind itself. In the battle for human rights, the results do not stand in direct proportion to the efforts made. The combatants are whole peoples, and international bodied can at times do no more than make a moral contribution. We must not, however, underestimate in any way the significance of such moral support.
98. With these considerations in mind, I would submit that the Security Council should reaffirm the opposition of the United Nations to llapartheid", should place on record that the continuance of this policy may constitute a threat to international peace and security, and should once again invite the Union of South Africa to comply withthe General Assembly's recommendations. We may perhaps be told that we shall be adding uselessly to the collection of inef- fectual resolutions. I do not believe this to be the case. I do not believe that there are any dead-letter resolutions in the fight for justice. Nor do I believe that the reports of the United Nations Commission on the Racial Situation in the Union of South Africa are archive curiosities. They represent today in- valuable documents for the furtherance of human rights. A resolution of the Security Council along the lines I have suggested would give faithful expres- sion to world public opinion and to the United Nations position in the matter. It would, in a word, be a most valuable moral contribution.
99. In the realm of practical achievements, I should like to draw the Council's attention to the observa- tions made by the aforementioned Commission on the nature of the problem. We are confronted with a problem which has involved the feelings and emo- tions of two groups of people in such a way that a peaceful solution-and I say peaceful because it would be tragic to think in terms of a violent solution- would require a long process of co-operation. We harbour the hope that the recent tragic events have opened the eyes of South African leaders to the urgera: need of finding a way out of the situation; I repeat-the urgent need of finding a way out of the situation. We harbour the hope that the Union Gov- ernment will soon-and before it is too late-realize
96. A notre avis, la demande de plusieurs orateurs de voir le Conseil prendre des mesures effectives pour rem6dier au cours des 6vlmements enUnion sud- africaine est parfaitement justifi6e. n appartient aux membres du Conseil d'etudier en toute conscience quelle est la meilleure m6thode h suivre 11. cet effet.
97. Permettez-moi de rappeler avant tout, 11. ce pro- pos, que le cas de l'Union sud-africaine constitue un grand chapitre dans la lutte mondiale pourle triomphe des droits de l'homme. C'est une lutte morale dans la- quelle des forces impond6rables s'ouvrent des voies insouP9onnees. C'est une lutte de longue haleine qui durera tant qu'il y aura des hommes. Dans cette lutte pour le respect des droits de l'homme, le rapport entre les r6sultats et les efforts deployes n'est pas toujours visible; les acteurs en sontles peuples memes et les organismes internationaux ne peuvent, parfois, leur preter qu'un appui moral. Mais nous ne devons pas minimiser la valeur de ce soutien moral.
98. En ayant ces considerations presentes 11.1'esprit, je me permets d'ajouter que le Conseil de securite doit, 11. notre avis, reaffirmer la position des Nations Unies, qui condamne l'"apartheid". n dolt declarer que la poursuite de cette politique peut constituer un danger pour la paix et la securite internationales et il doit inviter de nouveau 1'Union sud-africaine 11. se conformer aux recommandations de l'Assemblee generale. On nous dira peut-etre que nous ne ferons qu'allonger inutilement une serie de resolutions de- meurees sans effet. Je ne le crois pas. Je ne crois pas que des resolutions qUi defendent la cause de la justice soient des resolutions mortes. Je ne crois pas que les rapports de la Commission des Nations Unies pour 1'6tude de la situation raciale dans l'Union sud- africaine ne soient que des documents d'archives. ns constituent aUjourd'hui des t6moignages precieux de la lutte pour le respect des droits de 1'homme. Une resolution du Conseil de securite dans le sens que je me suis permis d'esqnisser seraitl'expression
fid~le des vreux de 1'opinion mondiale, 1'expression
fid~le de la position des Nations Unies en la mati~re. Ce serait, en un mot, une precieuse contribution d'ordre moral.
99. Sur le plan des realisations pratiques, jevoudrais attirer l'attention du Conseil sur les observations faites par cette commissiontant citee quant 11.la nature du probl~me. Nous nous trouvons devant un probl~me qui a concentre 11. tel point les sentiments et emotions de deux groupes humains que sa solution pacifique - je dis bien "sa solution pacifique", car il serait tragique de songer 11. une solution de force - exige un long processus de cooperation. Nous esperons que les recents evenements tragiques auront ouvert les yeux des dirigeants sud-africains sur la necessite urgente de trouver une issue au probl~me. Je le rep~te: la necessite urgente de trouver une issue. Nous esperons que le Gouvernement de I'Union se laissera convaincre - puisse ce jour ~tre proche et venir avant qu'il ne
100. I admit that we cannot be optimistic, but if this were to happen and if the way to co-operation and conciliation could be opened, the United Nations must be prepared. And, should the circumstances be favourable, no one is better fitted to co-ordinate United Nations action than the Secretary-General.
101. The draft resolution which I have submitted [8/4299], gives concrete expression to this view of possible action by the Security Council. I recommend it to the favourable consideration of the Council.
101. Le projet de resolution que je me suis permis de pr6senter [S/4299] formule de faQon concr~te cette conception des p05sibilitlls d'action qui s'offrent au Conseil. Je le recommande respectueusement 1\ l'at- tention bienveillante du Conseil. 102. J'ai s,ssaye d'exprimer bri~vementet sans re- serves la position de l'Equateur. Pemlettez-moi de rappeler pour terminer que je viens d'un continent et parle au nom d'unpaysdontlapopulationest composee de races diverses. de races qui se sont melees, et que nous avona la chance, dans notre region du monde, de voir les ~tres humains partager, sans distinction de race, les gloires et Ies mis~res, les droits et le!; devoirs de tous les hommes. 103. Je m'el~ve done contreladiscriminationraciale au nom d'un peuple qui fait avec succ~s I'experience pratique de 1'egalite des droits pour tous les etres humains. 104. Le PRESIDENT (traduit del'anglais): Uncertain nombre de membres du Conseil m'ontfaitpartde leur d6sir de disposer d'un certain delai afin de recevoir des instructions au sUjet duprojet de resolution. Apr~s consultation avec Son Excellence M. 1'Ambassadeur Amadeo. qui presidera le Conseil de sllcurite pendant le mois d'avril, j'aidecid6derecommanderauConseil de lever immediatement sa seance et de se reunir 1\ nouveau demain matin 1\ 11 heures.
102. I have attempted to set forth briefly and without reservations the position of Ecuador. In conclusion, I should like to recall that I come from a continent and speak on behalf of a nation which are made up of a variety of races. These races have mixed with each other, and, happily for us, the people in our part of the world share nlike in glory and misery, in rights and duties, without any kind of racial dis- tinction.
103. I therefore speak out against racial discrimi- nation in the name of a people which has been suc- cessful in bringing equality of rights to all.
A number of members of the Council have told me of their desire to have some time to obtain instructions on the pending re- solution. After consultation with Ambassador Amadeo, who will be the President of the Security Council during the month of April, I have decided to recom- mend to the Council that we adjourn now and meet at eleven a.m. tomorrow.
The meeting rose at 6.20 p.m.
La st§ance est levt§e a18 h 20.
Orders and inquiries from countries where sales agents have
nol yel been appoinled may be senl 10: Sales and Circulalion
Sedion, United Nations, New York, U.S.A.; or Sa/as Section,
Uniled Nations Of/ice, Palais des Notions. Geneva. Switzerland.
Litho in U.N. Price: $U.S. 0.35; 2/6 stg.; Sw.fr. 1.50 (or equivalent in other currencies) 18343-November 1960-1,675 Les commandes et demandes cle renseignemenfs emano"' cle pays ou iI "'existe pas encore de" depositaires peuvent it,e adressees a la Section des venles et de la distribution, Organisalion des Nal;on. Un;e., New·York (ftats·Unis d'Ame· rique); ou a la Secfio'l des ventes, Organisation des Nations Unies, Palai. des Nalions, Geneve (Suisse).
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