S/PV.923 Security Council

Thursday, Jan. 5, 1961 — Session 16, Meeting 923 — New York — UN Document ↗

NEW YORK
The agenda was adopted.
Pur- suant to the decision already adopted, and ifthere is no objection from the members of the Council, 1 shall invite the representative of Cuba to take a place at the Council table. At the invitation of the President, Mr. Radl Roa, representative of Cuba, took a place at the Council table. 2 Mr. PADMORE (Liberia): My delegation has listened attentively ta the statement of the Minister for External Felations of Cuba, as weIl as to the re- buttal of the United states representatlve. My delega- tion can understand the fears and anxieties of the Cuban Government because Liberia was also hemmed for more than a century by more powerful neighbours during the colonial expansion period. 3. During those days there were no communication media whereby the peoples of the world, especially those who rnight be sympathetlc, could be aroused to one's defence; neither was there any international forium, sllch as this, that a smaller country could appeal ta in the event of a national emergency. 4. Apart from the United States delegation's cate- gorical denial of any intent by this great country to invade Cuba, my delegation is not convinced that the evidence prodcced by Cuba gives substantive proof of an actual imminent invasion. VVe probably can Président: M. O. LOUT FI (République arabe unie). Présents: Les représentants des Etats suivants: Ceylan, Chili. Chine, Equa.teur, Etats-Unis d'Amérique, France, Libéria, République arabe unie, Royaume- Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Turquie, Union des Républiques socialistes soviétiques. Ordre: du jour provisoire (5/ Agenda/ 923) 1. Adoption de l'ordre du jour. 2. Lettre, en date du 31 décembre 1960, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Ministre des relations extérieures de Cuba (S/4605). Adoption de l'ordre du jour L'ordre du jotlr est adopté. Lettre, en date du 31 décembre 1960, adressée au Prési- dent du Conseil de sécurité par le Ministre des relations extérieures de Cuba (5/4605) 1. Le PRESIDENT: En application de la décision déjà prise, j'invite, sous réserve de l'accord du Conseil, le représental'it de Cuba à prendre place à la table Ju Conseil. Sur l'invitation du Président, M. Raul Roa (Cuba) 'r~end place à la table du Conseil. 2. M. PADMORE (Libéria) [traduit de l'anglais]: Ma délégation a écouté attentivement la déclaration du Ministre des relations extérieures de Cuba, ainsi que la réfutation des Etats-Unis. Ma délégation est bien placée pour comprendre les craintes et les inquiétudes éprouvées par le Gouvernement de Cuba, car pendant plus d'un siècle, au cours de la période d'expansion coloniale, le Libéria a été lui aussi entouré de voisins plus puissants que lui. 3. A l'époque, il n'existait pas de moyensdecommu- nication permettant d'appeler à l'aide les peuples du monde, et en particulier ceux dont on pouvait attendre de la sympathie; il n'y avait pas non plus de tribune internationale comme l'OrgWlisation des Nations Unies à laquelle un petit pays puisse faire appel en cas de crise nationale. 4. Sans parler du fait que la délégation des Etats- Unis a catégoriquement démenti que ce grand pays ait quelque intention que ce soit d'envahir Cuba, ma délégation n'est pa[~ convaincue que les faits avancés par le Gouvernement cubainfournissent la preuve d'une 5. The United Nations, to which Cuba has appealed, ia the h~'re, llnd possibly the only hope, of the African people for the political stability and economic develo!l- ment of their countries and territories without the harussment of more powerful States. Therefore, when the structure of the United Nations was so vehemently challenged many of us were dismayed and confounded. 6. Let me also assure the i:nik l States that its history is one of the greatest i' ;entives in the struggle of the Africau peoples for pvlitical fT'pedom and the search for human dignity. It is beyvnd our conception that the Government of Cuba and the Government of the United States cannot assuage the anger, fear and suspicion of each other withüut this international ciamour and fanfare. 7. 1 wi"h 1 could impress upon the Cuban people the fact that my delegation, and what it represents, is ever on the alert in the interest and welfare of smaller States. It would not then be amiss for me to suggest that national expediency sometimes supersedes na- tional policy. 8. My delegation, therefore, has noted with interest the concern of the Cuban Government and people regarding al imminent invasion by the United States and heartily welcomes the categorical denial of the United States in connexion with such a plot. In our opinion, there is not much else to be done by the Security Council in the circumstances. 9. Ml'. BERARD (France) (translated from French): On the evening of 31 December, the Cuban Minister for External Relations requested the President of the Secur,ity Council to calI a highly urgent meeting of the Council to prevent a direct milital'y aggression which, he said, the United States Government was about to perpetrate within a few hours against the Government and people of Cuba, thus placing international peace and s'.'lcurity in grave peril. 10. Couched in such language and coming on such a date, that request, to be just'fied, needed to be bas{)d on well-established facts. It wouId beobviouslyincon- sistent with the dignity of our Council to place it on guard without serious cause and to sound the alarm over a threat to international pe..ce and sec...~ lLY if no auch threat really existed. 11. Four days have elapsed since then, and the dramatic events whlch, we were told, were to take place in the next few hours have not occurred. There is no indication, even, that they couldhaveoccurred. Thatls the first observation which 1 feel constrained to make at the outset of my statement. But since the Cuban complaint contains a formaI accusation, let us study 5. L'Organisation des Nations Unies, à laquelle Cuba a fait appel., est pour les peuples d'Afrique un espoir - peut-être même le seul - de stabilité politique dans leurs pays et territoires et de développement é'Jono- mique s'opérant sans harcèlement de la part de pays plus puissants. C'est pourquoi, lorsque la structure des Nations Unies a été violemment mise en cause, tant d'entre nous ont été déconcertés et consternés. 6. Je voudrais également assurer les Etats-Unis que leur histoire est l'un des plus grands encouragements pour les peuples d'Afrique dans les efforts qu'ils font pour assurer leur émancipation politique et leur dignité humaine. Nous avons peine à comprendre que le Gou- vernement de Cuba et celui des Etats-Unis ne trouvent pas le moyen d'apaiserleur colère et de dissiper leurs craintes et soupçons réciproques sans une mise en scène internationale aussi bruyante. 7. Je voudrais que le peuple cubain comprenne bien que ma délégation et mon pays sont de très vigilants défenseurs des intérêts et du bien-être des petits pays. Mais que l'on me permette de dire aussi que, de par le monde, des considérations d'opportunisme l'emportent parfois sur les principes dans une poli- tique nationale. 8. Je dirai, pour terminer, que ma délégation a pris note avec compréhension du souci qu'éprouvent le peuple et le gouvernement de Cuba quant à une invasion imminente qui viendrait des Etats-Unis, et a été très heureuse que les Etats-Unis aient catégoriquement démenti toute intention de complot de ce genre. En la circonstance, il n'y f\. à notr.e avi&, pas grand-chose d'autre que le Conseil de sécurité puisse faire. 9. M. BERARD (France): Dans la soirée du 31 dé- cembre, le Ministre des relations extérieures de Cuba demandait à notre président de réunir d'extrême urgence le Conseil pour prévenir une agression mili- taire directe que s'apprêtait, disait-il, à déclencher dans quelques heures le Gouvernement des Etats-Unis contre le gouveJ'nement et le peuple cubains et qui constituait une menace grave contre la sécurité et la paix internationales. 10. Conçue en de pareils termes, intervenant à une !"::.reille date, cette démarche, poursejustifier,devait se fonder sur des faits bien établis. Il ne répondrait évidemment pas h la dignité de notre conseil de l'aler- ter sans motif grave et de crier à une menace à la paix et à la sécurité internationales si celles-ci n'étaient pas véritablement en danger. Il. Quatre jours se sont écoulés depuis lors et les événements dramatiques qui, nous disait-on, devaient éclater dans les prochaines heures ne se sont pas produits. Aucun indice ne donne même à penser qu'ils eussent pu se produire. C'est là une première consta- tation que nous nous voyons contraints de faire au début même de cette intervention. Mais puisque la 13. Before turning to faet or facts, the Cuban Minister for External Relations attacks the policy ofdiplomatic isolation allegedly pursued by the United States, in Latin America, with regard ta Cuba, As proof, he cites the Ouaterr tian Government's ruptt:re of diplomatie relations with Havana, the announcement that the Peruvian Government would tnke similar action, and news from Montevideo ta the effect that Uruguay was pl'eparing tu follow the same course. He does not hesitate to describe these actions as evidence that the United States has compelled these countries ta follow the path of subjugation, surrender and 'reason. It is not for me ta speak on behalf of the Latin American States; they are represented at this table. I shall only say that, from my standpoint of impartial observer, the intemperance of the words, here again, fails to cal"'y conviction. These accusations, which some will undoubtedly find insl.41ting, seem quite gratuitous. We know the Governments of Guatemala, Peru and Uruguay too weil to think that, if they have decided or are about ta decide to break off diplomatic relations with Havana, they lack serious reasons for doing sa. The isolated position in which the Cuban Government finds itself within Latin America Is not a sign that can be interpreted in its favour. 14. We now come to the last part of this lettel'-the only part which is of any substance, since here the Cuban Government speaks of having in itl:! possession a document containing,the threat of a military invasion planned for the hours immediately following the evening of 31 December. We have already pointed out that no effect has been given to this imminent threat. But let us go further: the Cuban Minister for External Relations tells us, in his letter, that the United States Government is prepared to order a military interven- tian in Cuba in arder ta prevent the installation in the island of seventeen sites for the launching of Soviet rockets, and that the document in question states that ~~~:~~;:!~~=:;:it1~;~::;~if1:.~~s~~~~~~ understand by this that the Cuban Government has {, declded to ,esume construction .nd le.r. the possible 13. Avant d'arriver !l ce ou à ces faits, l<:! Ministre des relations extérieures de Cuba s'en prend à la poli- tique d'isolation diplomatique à laquelle les Etats-Unis se livn,raient, dalkl le monde latino-américain, à l'égard de Cuba. Il en invoque pour preuves la rupture des relations diplomatiques du Gouvernement du Guatemala avec La Havane, l'annonce d'une mesure semblable que prendrait le Gouvernement du Pérou, enfin des nouvelles de Montevideo suivant lesquelles l'Uruguay se préparerait à suivre la même voie. Le Ministre des relations extérieures de Cuba n'hésite pas à présenter ces mesures comme engageant ces pays, de par la coercition du Gouvernement des Etats- Unis, sur la voie, écrit--il, de la subornation, de la soumission et de la trahison. Il ne ID'appartient pas de parler au nom des Etats latino-américains. Ils sont représentés à cette table. Je dirai seulement que, du point de vue d'un observateur impartial qui est le mien, la violence des mots, ici encore, est loin d'emporter la conviction. Ces accusations, que certains ne man- queront pas de trouver injurieuses, paraissent bien gratuites. Nous connaissons trop les gouvernements du Guatemala, du Pêrou et de l'Uruguay pour douter que, s'ils ont décidé ou sont sur le point de décider de rompre les relations diplomatiques avec La Havane, ils n'aient, pour ce faire, des motifs sérieux. L'isole- ment dans lequel se trouve le Gouvernement de Cuba au sein du monde latino-américain n'esl pas un signe qui milite en sa faveur. 14. Nous 'en arrivons à la dernière partie de cette lettre, la seule qui présente quelque substance puisque le Gouvernement cubain y parle cette fois d'un docu- ment en sa posBession qui contiendrait la menace de cette invasion militaire qui devait se produire dans les heures suivant immédiatement la soirée du 31 dé- cembre. Nous avons déjà remarqué que l'imminence de cette menace ne s'était pas réalisée. Mais allons plus avant: la lettre du Ministre des relations exté- rieures de Cuba nous dit que le Gouvernement des Etats-Unis serait prêt à ordonner une intervention militaire pour empêcher l'installation, à Cuba, de 17 sites de lancement de fusées soviétiques. Le docu- ment incriminé reconna1'trait que la construction de ces rampes a été suspendue et indiquerait que l'action serait ordonnée quand cette constructio'l serait entre- prise. Devons-nous comprendre que le ùouvernement cubain a décidé de reprendre cette construction et 16. The Cuban Minister for External Relations has sought, in a more general way, to establishthat certain circles in the United States are plotting the forcible overthrow of the Government and the régime of Ml'. Castro, tb.at they are being abetted by the United States Government, and that al'ms of American origin have been found in the possession of anti-Castro agents. It is a question, therefure, no longer ofthe first accu- sation mentioned in the lettel', but of a much braader and more indefinite charge. 1 can readilv imagine that, among the hundreds of thousands of Cubans who have fled Ml'. Castro's régime, there are many who are working against it. But 1 do notthink that Ml'. Roa has brought us any proof of the United States Govern- mentis connivance, and the reply made by our United States colleague has confirmed us in this bellef. 17. This is not the first time that the Cuban Minister for External Relations and his Government he.ve come before this Council to denounce what they call the inti- midating manœuvres, pressure and acts of aggression of the United states. The Counoil discussed these matters, at their request, as long ago as 18 and 19 July of last year. By a majority of 9 votes, witt. 2 absten- tions, it refused to condemn the United States Govern- ment in any way or to recognize that the Cuban complaint was justüied in anyparticular, and adopted a draft resolution, at the 876th meeting, submitted by the representatives of Argentina and Ecuador [S/4392], which refened the matter t.o the Organization of American states. 18. Subsequently, on 26 September in the General Assembly [872nd plenary m~eting], we heard a state- ment, lastingfour and one-halfhours by the clock, from the Prime Minister of Cuba in which he denounced the so-called colonialist, imperialist and aggressive policy of the United states. The Cuban Minister for External Relations expressed the wlsh that the question be reconsidered in plenary meeting, before the adjourn- ment of the session. The Assembly rejected this request [91Oth plenary meeting]. The statements made by Mr. Roa yesterday have not, it seems to me, ];Jre- sented us with any more convincing proof. 19. In these circumstances, my delegation wonders whether there was really any reason for the Cuban Government to refer the question to the Council and, furthermore, te do this so pressingly and ta strike such a note of gravity. Are not the action and the statement of the Cuban Minister fci' External Relations more in the nature of a propaganda move like those to which, for several months, his Government has accustomed us, either here or in the General Assembly? 20. Mr. Roa has told us that the only conclusion of the present debate which he could accept would he a resolution condemning the United States Government 17. Ce n'est pas la première fois que le Ministre des relations extérieures de Cuba et son gouvernement s'adressent à ce conseil pour dénoncer devant lui ce qu'ils appellent les manœuvres d'intimidation, les pressions ou les actes d'agression des Etats-Unis. Le Conseil en avait déjà délibéré, sur leur demande, les 18 et 19 juillet derniers. Par une majorité de 9 voix, avec 2 abstentions, il avait refusé de condamner en aucune manière le Gouvernement des Etats-Unis, de reconnartre comme fondée en quoi que ce fQt la plainte de Cuba, et avait adopté, àsa 876ème séance, un projet de résolution déposé pli..r les représentants de l'Argen- tine et de l'Equateur [8/4392] et qui renvoyait cette affaire devant l'Organisation des Etats américains. 18. Plus tard [872ème séance plénière], nous avons entendu, pendant 4 heures et demie d'horloge, le Premier Ministre de Cuba dénoncer, le 26 septembre, devant l'Assemblée générale, la politique dite colo- nialiste, impérialiste et agressive des Etats-Unis. Le Ministre des relations extérieures de Cuba avait souhaité, avant l'ajournement de la session, que cette question fQt reprise en séance plénière. L'Assemblée s'y est refusée [910ème séance plénière]. Les dévelop- pements auxquels s'est livré hier M. Roa n'ont pas apporté, me semble-t-il, de preuve plus convaincante. 19. Ma ttf;l.égation en arrive, dans ces conditions, ho se demander s'il y avait vraiment matière, pour le Gouvernement cubain, ho saisir le Conseil et, plus en- core, ~ le faire avec une telle urgence et un tel accent de gravité. N'y a-t-il pas plutôt, dans la démarche et dans le discours du Ministre des relations extérieures de Cuba, principalement une action de propagande comme celles auxquelles, depuis plusieurs mois, son gouvernement nous a habitués, soitdans cette enceinte, soit devant l'Assemblée générale? 20. M. Roa nous a dit qu'il n'accepterait comme conclusion du présent débat qu'une résolution qui con- damnerait le Gouvernement des Etats-Unis en tant 21. Nor will my delegation vote for any draft resolu- tion implying that neither Cuba nor the United States had proved its case, It would fear that, by doing so, it might give the impression of regarding the Havana Government's complaint as well-founded. 22. We sincerely hope that these debates will at least have the effect of calming the anxiety which the Cuban Government claims to feel. 23. France profoundly regrets the tension at present characterizing the Cuban Government's relations with the United States, and earnestly hopes that there will be a prompt restoration of the friendly relations which previously had existed between the two countries.
It is a matter of deep regret to the Ceylon delegation that the relations between the -Government of Cuba and the Government of the United States of America had reached a stage when it was deemed necessary to seyer diplomatie relations between the two countries' which, by incontrovertible fa'J~g of geography, are suchclose neignbours. Our sincere hope is that in the n"t tor distant future their relations will be restored to normal through the rebuilcling of underste.nding and confidence in each other. 25. Si grandes qu'aient été par le passé cette compré- hension et cette confiance, et si vif que soit notre désir de les voir rétablies, nous ne pouvons, pour le moment, qu'éprouver de l'inquiétude devant la ter.sion qui existe entre les deuxpays. Nous espérons qu'il ne se produira aucun événement regrettable qui pourrait rendre plus difficile le rétablissement de relations normales. Nous recommandons instamment à ces deux pays de s'at- tacher à reprendre des rapports de bon voisinage, non seulement dans leur propre intérêt, mais aussi dans celui du monde entier, oi), les nouvelles possibilités techniques font que nous devons choisir entre un abrIDe de destructions et de désolation ou des rêalisations d'une envergure que l'homme n'a enGore jamais at- teinte dans l'histoire. 25. However much these qualities were evident in their relations in the past, and however much we look forward to their restoration in the future, we cannot but take into account the present and feel apprehension at the strained relations between these two countries at the moment. We hope that nothing untoward will occur to make a i'eturn to normal relations between the two countries difficult. We urge and plead that these two neighbours follow a path of good neighbourliness not only in their own interests, but also in the interests of the whole of hl.i.manity, whoso present-day achieve- ments offer us the choice between an abyss of destruc- tion and desolation or realms of attainment that man has never before attained in known history. 26. Dans ces circonstances, le désaccord qui existe actuellement entre le Gouvernement de Cuba et le Gouvernement des Etats-Unis mérite la plus grande attention de la part du Conseil de sécurité, Que les accusations portées et leur 1'éfutation soient fondées ou ne le soient pas, un fait se dégage manifestement: c'est qU'il règne entre les deux pays une atmosphère envenimée de suspicion. Il appartient à tous ceux qui ont de la sympathie pour ces deux pays voisins de veiller, dans l'intérêt des deux pays, à ce que les nombreu.x liens qui existent entre eux ne soient pas irréparablement compromis par la suspicion actuelle. C'est en cela, nous semble-t-il, que le Conseil de sécurité en tant que principal organe des Nations Unies chargé du maintien de la paix et de la sécurité inter- nationales, pourrait aider au rétablissement de rela- tions harmonieuses entre Cuba et les Etats-Unis en exprimant son opinion collective et contribuer ainsi à 26. Such being the issue, the present lack of under- standing between the Government of Cuba and the Government of the United states ofAmerica merits the most serious consideration by this Couneil. Whatever are the merits and demerits of the allegations-and their rebuttals-there is one fact that emerges clearly, namely, the poisoned atmosphere of suspicion that pre- vails between the two coun.tries. It is for those, who have goodwill towards these two neighbours, to see that the many ties which exist between them for their mutual advantage do ..'lot get damaged irreparably during the present period of suspicion through which they are passing. It is here that we feel the Security Couneil, as the principal organ of the United Nations entrusted with the preservation of international peace and security, could lend its assistance to the restoration of harmonious relations between Cuba and the United States by an expression of its collective opinion and 21. Ma délégation ne votera pas, non plus, pour un projet de résolution qui parartrait renvoyer Cuba et les Etats-Unis dos ~ dos. Elle redouterait, en se pronon- çant en faveur d'un pareil texte, de parartre tenir pour fondée le plainte déposée par le gouvernementde La Havane. 22. Nous espérons sincèrement que ces délibérations auront eu, du moins, pour résultat dlapaiser les inquié·· tudes qu'affirme ressenti:- le Gouvernement cubain. ~'3. La France regrette profondément ta tension qui caractérise actuellement les rapports du Gouverne- ment cubain avec les Etats-Unis, et elle souhaite du fond du cœur que soient promptement rétablies les relations d'amitié qui, jusqu'à present, avaient tou- jours uni les deux pays. 24. M. WIJEGOONAWARDENA (Ceylan) [traduit de l'anglais]: La délégation de Ceylan regretteprofondé- ment que le Gouvernement de Cubaet le Gouvernement des Etats-Unis d'Amérique, deux pays qui sont géo- graphiquement de si proches voisins, en soient venus à considérer qu'ils devaient rompre leurs relations diplomatiques. Nous espérons sincèrement que, dens un avenir assez proche, ils parviendront à renouer des relations normales par le rétablissement de la compréhension et de la confiance mutuelles. 28. The Security Council considered this complaint and adopted a resolution [S/4395] on 19 July 1960 in which it expressed its concern at the situationexisting between Cuba and the United states, noted that this situation was under consideration by the Organization of American States, and decided to adjourn its own consideration of the complaint pending the receiptofa report from the OAS. 29. This resolution was communicated to the 8ecre- tary-General of the Organization of American States which at the Seventh Meeting of Consultation il" San José, in the following month, set up an ad hoc Commtt- tee of Good Officee to facilitate !'. settlementof contro- versies between American Governments. 30. Shortly thereafter, the acting representative ofthe United States on the Council of the Organization of American sta.tes requested the convocation of this ad hoc Committee to clarliy the facts in relation to the matterl3 in controversy between the Governments of Cuba and the United states. The acting representa- tive's letter dated 12 September 1960 quoted from a statement made in San José by the Sec1"etary of 8tate of the United states, Ml'. Hertel'. This quotation reads as follows: "1 bell.eve that a fact-findingcommission should he established to eeparate faet from fiction, so that the Organization of American States will have an ade- quate basis t,)r passing judgÈlment on the assertions which have been made." [8/4559, annex 1.] 31. The Secretary-General of the Organization of American states conveyed .this proposal ta the repre- sentative of Cubathree times-on 28 8eptember, 28 Oc- tober and 2 November IDWi., annexes m, IV and V]. Sa far as the 8acurity Council is aware, there has been no reply from the Government ofCuba. The documents to ww:~h 1 have just referred have been communicated to the Security Conncil bythe Secretary-General ofthe Organization of American states, but they can hardly be said to constitute the report required by the Conncil. Moreover, it seems unlikely that we shall receive any such report, since we have also hadthe Cuban Foreign Minister's letter of 26 November [S/4565], inwhichhe declares that the revolutionary Government has not thought m to have recourse to the clarüications llnd good offices of the ad hoc Committee. 32. 1 do not intend to discuss the merits of the Cuban position in relation to the procedures ofthe Organiza- tion of American states. others here are far more ~ San José, par le Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, M. Herter, et rédigé dans les termes suivants: "J'estime qu'une commission d'enquête doit être créée et chargée de distinguer les faits réels des iIiventicns afin que l'Organisation des Etats améri- cains dispose d'une base suffisante pour prononcer un jugement sur les allégations qui ont été formu- lées." [S/4559, annexe 1.] 31. A trois reprises, les 28 septembre, 28 octobre et 2 novembre, le Secrétaire général de l'Organisation des Etats américains a fait part de cette proposition au représentant de Cllba [ibid.~ annexes III, IV et V]. Auta~t que le Conseil de sécurité le sache, il n'y a pas eu de réponse de la part du Gouvemement de Cuba. Les d00uments dont je viens de parler ont été communiqués au Conseil de sécurité par le Secrétaire gênéral de l'OEA, mais l'on ne peut les considérer comme constituant le rapport demandé par le Conseil. De plus, il est improbable que le Conseil reçoive un rapport de ce genre, puisque le Ministre des relations extérieures de Cuba, dans sa lettre au Conseil en date du 26 novembre [S/4565], a déclaré que le gouverne- ment révolutionnaire de Cuba n'avait pas jugé bon de recourir aux éclaircie':lements et aux bons offices de la Commission ad hoù. 32. Je ne désire pas chercher h juger quel peut être le bien-fondé de l'attitude de Cuba à l'égarddes procé- dures de l'Organisation deu Etats américains. D'autres tio~hat condition was the receipt of a report from the ùrganization of American States. No such report has been received, apparently because of the non- co-operation of the Government of Cuba. It Is this Government which has now brought the question back to the Security Council. 34. Now 1 must leave the narrative of the events in the Security Council for a moment to touch on another initiative taken by the Government of Cuba. 35. It will he remembered that the grievances ofthat Government were described at length in the general debate at the opening of the fifteenth session of the General Assembly. Subsequently, or. 18 October, the delegation of Cuba requested the inscription on the Assembly's agenda of an item entitled "Complaint by the revolutionar} Government of Cuba regarding the various plans of aggression and acts of intervention being executed by the Government of the United States against the Republic of Cuba, constituting a manifest violation 0f its territorial integrity, sovereignty and independence, and a cIeal' threat to international peace and security." The explanatory memorandum sub- mitted by the delegation ofCuba referred to "the large- scaie invasÎ')n ... which, according to reliable infor- mation in th", possession of the Cubanauthorities, will be attempted in the next few days."!J 36. 'I1?!Ys was on 18 October 1950 and onl November, in his speech befora the Generd Assembly on the adoption of this item, the Minister for External Rela- tions of Cuba said: "Although the invasion has not yat taken place, it may happen at any moment Those who have ùenied that invasion plans for D-Day exist, are adoptingthe old technique of 'stop thief'. Stop thie:n'"Y The item was inscribed on the agenda ofthe Assembly and allocated to the First Committee, but discussion of it there was postponed until the second part of the session. It is in these circumstallces that the Cuban delegation has now taken its third initiative in the United Nations. 37. We received, on 1 January 1961, copies of a letter from the Minister for External Relations of Cuba to the Preside:lt ofthe Security Council, request- ing an Immediate meeting of the Council on the ground that the Government of the United stateswas "about to perpatrate, within a few hours, direct military aggres- sion against the Government and people of Cuba." [8/4605.] That document was dated 31 December 1960. It is now 5 January 1961. 38. Yesterday we had another letter [S/4611], which again informed us that according to reliable reports a direct military aggression against the Government and people of Cuba would ocCUI' "within a few hours". 36. Ceci se passait le 18 octobre 1980. Le lE''' no- vembre, dans le discours qu'il a prononcé devant l'Assemblée générale sur l'inscription. de cette ques- tion à Pardre du jour, le Ministre des relations exté- rieures de Cuba a déclaré: "8i l'invasion n'a pas encore eu lieu, elle Deut se produire 11. tout instant. Ceux qui ont dit que lê jour J est passé sans G.ue l'invasion. ait lieuontfait comme celui qui criait: "Au loup~Y" La question a été inscrite à l'ordre du jour de l'Assem- blée générale et renvoyée à la Première Commission, mais la discussion en. a été remise à la seconde partie de la session. C'est dans ces conditions que la délé- gation cubaine a pris maintenant sa troisième initia- tive aux Nations Unies. 37. Le 1er janviel' 1961, nous avons reçu copie d'une lettre du Ministre des relations extérieures de Cuba au Président du Conseil de sécurité, qui demandait la convocation immédiate du Conseil enaffirmant: "... le Gouvernement des Etats-Unis ... s'apprête à déclen- cher dans quelques heures, contre le gouvernement et le peuple cubains, une agressionmilitairedirecte." [S/4605.] Cette lettre était en date du 31 décembre 1960. Nous sommes maintena'lt le 5 janvier 1961. 38. Hier, nous avons reçu une autre lettre [8/4611] qui nous informait de nouveau que, d'après des ren- seignements dignes de foi, une agression militaire directe contre le gouvernement et le peuple de Cuba allait se produire "dans un délai de quelques heures" . li Documents officiels de l'Assemblée générale. 9uinz!~lJIe session. Annexes. point 90 de l'ordre du jour. dllCUment A/4543. y Ibid.. Séances plén!~res, 910~me séance. par. 156. 40. When the Government of Cuba came before the Security Council for the first time, the Courlcil feit that there might he something to investigate and that that appropriate forum for such an investigation was the Organization of American States. The Gov-ernnent of Cuba has chosen not to avail itseif of the machine,:; provided by thatOrganization. !thas also, ifl correctly understood the speech of its representative yestercky, informed us that it rejects in advance any resolution providing for a direct negotiation of its differences with the Government of the United States. 41. The conclusion seems unavoidable that the Gov- ernment of Cuba has not come here to submit its accusations to impartial exarnination or to seek the help of the Security Council in measures of concl!ia- tion. It has come ostensibly ta seek endorsement by the Council for a charge of aggression or of the inten- tion to commit aggression. But the Cuban Government must be well aware that this Council does not make grave decisions on so flimsy a basis. 42. 1 can only conclude from the facts which 1 have set forth, from the persistence with which the Govern- ment of Cuba is seeking to engage the attention of the United Nations, and from the nature of the statements made by ita 1'ep1'esentatives 11e1'e and inthe Assembly, that the object of all this activity ia to make p1'opa- ganda and inflame feeling against the United states of America. In these circumstances, it is the viewof the United Kingdom delegation that the Security Council ahould not adopt any resolution. 43. 1 respect the careful thought and the conciliatory intentions which are expressed in the draft resolution presented to us by the representatives of Chile and Ecuador [S/4612]. But the representatives of bath the United states and Cuba have expresaed themselves negatively ou any resolution of this klnd. The United Kingdom delegation therefore remains of the view that further action by the Security Council is unneceasary and would be of no positive value. 44. Ml'. SCHWEITZER (ChUe) (tranalatedfromSpan- ish): The Security Council ia now dealingwith a matter affecting two aister countries of the continentofwhich Chile forma part. For us it is a painful development, which we are the first to deplore, because by virtue of an uninterrupted tradition we are linked t0 both these countries by ties of every kind, which it has been our constant endeavour to strengthen. Not only have our Governments always maintained friendly'diplomatic relations, but our peoples feel that their destinies are linked, and anything affecting one must also affect the other. 45. Moreover, we are all thr;:e members of the Organization of American States, a regionl;ll agency of the United Nations. Hence the sacred nature, for us, of the principle of non-intervention, which we have 40. Lorsque le Gouvernement de Cuba S'Qst adressé au Conseil de sécurité pour la première fois, le Conseil a estimé 'qu'il y avait peut-être matière à enquête et que liinstance appropriée, pour une telle enquête, était l'Organisation des Etats américains. Le Gouvernement de Cuba a décidé de ne pas utiliser le dispositif offert par cette organisa"ion. Si j'ai bien compris ce qu'a dit hier le représentant de Cuba, il nous a également in- formés que son gouverneI:lent repoussait à l'avance toute résolution qui prévoirait des négociations dï·· rectes avec le Gouvernement des Etats-Unis sur les dêsaccords qui les séparent. 41. La conclusion qui semble s'imposer 8St que le Gouvernement de Cuba n'est pas venu ici pour faire examiner impartialement ses accusations ou recher- cher l'aide du Conseil de sécurité àdesfins de conci- liation. Il est venu ici de toute évidence pour faire confirmer par le Conseil une accusation d'agression ou d'intention d'en commettre une. Mais le Gouverne- ment cubain devrait savoir que1e Conseil ne prend pas aussi à la légère de décisions aussi graves. 42. Etant donné les faits que je viens d'exposer, la persistance avec laquelle le Gouvernement de Cuba s'emploie ~ retenir l'attention des Nations Unies, etla nature des déclarations que ses représentants ont faltes au Conseil et à l'Assemblée, je me vois obligé de conclure que tous ces efforts ne l'éponGent qu'à un seul but: faire de la propagande et susciter des senti- ments d'hostilité contre les Etats-Unis d'Amérique. Dans ces conditions, la délégation du Royaume-Uni est d'avis que le Conseil de sécurité ne doit adopter aucune résolution. 43. J'apprécie les préoccupations réfléchies et conci- liantes qui ont trouvé expression dans le projet de résolution que nous ont présenté les représentants du Chili et de l'Equateur [S/4612]. Mais les représentants des Etats-Unis et de Cuba se sont déclarés l'un et l'autre opposés à toute résolution de ce genre. La délégation du Royaume-Uni continue donc ~ considérer que toute nouvelle mesure de la part du Conseil de sécurité est inutile et ne serait d'aucune valeur positive. 44. M. SCHWEITZER (Chili) [traduit de l'espagnol]: L'affaire qui retient en ce moment l'attention du Con- aeil oppose r:laux pays frères, sur le continent dont le Chili fait aussi partie. C'est une affaire dont nous sommes très peinés, car nous avons, avec ces deux pays, des liens très anciens de toute sorte que nous avons toujours cherché à consolider. Non seulement nos gouvernements ont toujours entretenu des rela- tions diplomatiques amicales, mais nos peuples sentent que leurs destinées sont liées et tout ce qui peut affec- ter ces deux pays affecte aussi le mien. 45. D'autre part, nous faisons aussi partie de l'Orga- nisation des Etats américains, organisme régional des Nations Unies. Le principe de la non-intervention est donc à nos yeux un principe sacré. C'est parce que nous 46. Jealous defenders of our sovereignty and inde- pendence, in proscribing any foreign intervention in matters which are essentially within the domestic jurisdiction of States we rule out, not m':rely recourse to armed force, but any other kind of interference or attempt to undermine the individuality of the State and its constituent elements. 47. The corner-stone of this system cf collective security is the principle that any attack by any State against the integrity, territorial inviolability, sov- ereignty or political independence of anAmerican State will be regarded as an act of aggression against all the other American States. We have reaffirmed these principles in a series of international pacts and agree- ments, to the execution of which our various countries are pledged, in common undertaking to defend, jointly, the solidarity and the security of the American continent. 48. What the Cuban Minister for External Relations, in a letter dated 31 December 1960, has submitted to the Security Council is an alarming charge which has induced my country to support its inclusion in our agenda, with a view to the Counci! examining it and clearing it up. 1 propose ta refer solely ta those aspects of it which are new, or basic. 49. We are told that "the Government of the United States '" is about to perpetrate, within a few hours, direct military aggression against the Government and people of Cuba". Although it is not my desire to embark upon an extensive analysis of this statement, the mere fact that it has been made compels me to say -although this is superfluous, given the clear-cut principles contained in the United Nations Charter- that we do not accept and never will accept any re80rt ta force, or the solution of difficulties between States by other than peaceful means. 50. However, the statement in question subsequently, in the same document, aUeges something that is no longer imminent but is conditional, is postponed. We prefer to believe that the fears to which it gives expression are unjustified, since justification for the assertions is found in a confidential note which the United States Government is alleged to have circulated to the Governments of Latin America. Similarly, the United States Government is charged with preparing its supposed armed aggression by means of a ma- nœuvre designed to 'isolate Cuba diplomatically from the l'est of Lst.in America. 51. So far as Chile is concerned, 1 am expressly instructed by my Government to tell tQe Council, categorically, that neither the confidential note re- ferred to, nor any other note of a similar kind, has reached the Chilean Foreign Ministry. Nor has there been received. in that Ministry, any suggestion, either orally or in writing, that there should be a rupture of diplomatie relations with Cuba. 52. 1 hasten to assure you, once again, that relations between Chile and Cuba remain normal, and 1 would add that nothing but our own sovereign decision could change that situation. 46. Nous défendons jalousement notre indépendance et notre souveraineté et, en proscrivant toute inter- vention extérieure dan'> les affaires qui relèvent du domaine réservé des Et<.ts, nous n'excluons pas seule- ment le recours à .la fOlce armée, mais aussi toute autre forme d'ingé:l'ence oc de tendance attentatoire à la personnalité de l'Etat et des éléments qui le constituent. 47. Pour parfaire ce système de sécurité collective, il est établi que toute agression d'un Etat contre l'intégrité et l'inYiolabilité du territoire ou contre la souveraineté et l'indépendance politiques d'un Etat américain constitue une agression contre tous les autres Etats américains. Nous avons réaffirmé ces principes dans divers accords et pactes internationaux que nos pays se sont engagés à respecter pour défendre en commun la solidarité et la sécurité amé- ricaines. 48. L'affaire soumise au Conseil de sécurité par le Ministre des relations extérieures de Cuba dans sa lettre du 31 décembre 1960 est constituée par une grave accusation, que mon pays a dé -iré voir inscrire à notre ordre du jour, afin que nous puissions l'exami- ner et la tirer au clair. Je me bornerai à parler des aspects flssentiels ou nouveaux de cette affaire. 49. On nous dit que le Gouvernement des Etats-Unis va déclencher, d'ici quelques heures, une agression armée contre le gouvernement et le peuple de Cuba. Je ne veux pas entreprendre d'analyser longuement cette accusation, mais le seul fait qu'elle a été portée m'oblige à dire, si superflu que cela puisse paraftre étant donné les principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, que nous n'admettons pas et n'admet- trons jamais de recours à la force pour le règlement de difficultés entre Etats, ni de solution de ces diffi- cultés par des moyens autres que pacifiques. 50. L'agression, décrite eomme imminente au début de la lettre, n'est plus présentée que commehypothé- tique et moins proche dans la suite de cette lettre. Nous voulons croire que les appréhensions en question ne sont pas fondées, puisqu'elles ne résultent que d'une certaine note confidentielle que le Gouvernement des Etats-Unis aurait envoyée aux gouvernements des pays d'Amérique latine. De même, le Gouvernement des Etats-Unis est aC:1usé de préparer cette agression par des manœuvres destinées ~ réaliser un isolement diplomatique de Cuba au sein des pays d'Amérique latine. 51. En ce qui concerne le Chili, j'ai été expressément chargé par mon gouvernement d'affirmer catégorique- ment au Conseil que le Ministère chilien des relations extérieures n'a reçu ni la note confidentielle en ques- tion, ni aucune autre note de ce genre. Il n'a reçu, non plus, ni par écrit ni oralement aucunedemandel'invi- tant à rompre les relations diplomatiques avec Cuba. 52. ,.Te m'empresse de réaffirmer que les relations entre le Chili et Cuba continuent à être normales et j'ajoute que rien d'étranger à notre propre volonté souveraine ne pourrait modifier cette situation. 54, This means, in our view, that the fears repeatedly expressed by the repl'esentatives of Cuba have not been substantiated. We cherish the hope that the nlarm conveyed to us will nevel' be more than lt is at present: a fear which the fncts do not confirm or justify, 55. 1 have already described the inter-American security system, under which Cuba, like every other American State, can l'est assured that its independence, integrity and sovereignty will be fully guaranteed and defended. Furthermore, at the Seventh Meeting of Consultation at San José, an ad hoc Committee of Good Offices was established. My country and five others Iu'e members of that Committee, whose task is to study and help resolve any difficulties that may arise betweeu members of the Organization of American States. We are still convinced that a peaceful solution of differ- ences and disputes can be achieved through full application of the principles governing relations between the American States. 56. My delegation does not wish to increase the reaL or apparent difficulties at present obstructing normal relations between two countries of this continent, coun'.ries which are members 01: our regionalOrgani- zation and of the United Nations. On the contrary, it ia our keenest hope that these difficulties will disappea l' and that the countries in question will very soon re- establish friendly relations. To emphasize and analyse their mutual recriminations would be neither construc- tive nor fruitful. 57. For this reason, and because we shouLd fail in our most elementary duties if we were to stand with folded hands b~fore the pre8ent deterioration in th cc relations between these two friends of ours in the American continent, we submitted, in agreement with the dele- gation of Ecuador, a draft resolution [S/4612] which we hoped the Council could adopt unanimously. This draft resolution contains nothing more than a fervent appeal to the Governments of the United States and Cuba to seek a solution for their differences by ail the peaceful means provided for in the Charter and in the American regional system. It also appeals to ail Governments to refrain from any action which might aggravate the present tension between the two coun- tries. 58. No objection could be raised to uny part of the draft resolution, since we are ail under an obligation to act in the way it recommends, It has been said that 54. Cela signHie, à notre avis, que les inquiétudes exprimées Il tant de reprises par les représentants de Cuba ne se sont pas confirmées. Nous espérons que les craintes de ce pays dont nous sommes saisis demeureront des craintes, que les faits ne viendront ni confirmer ni justifier. 55. J'ai déjà rappelé en quoi consiste le système de sécurité des pays du continent américain. Comme tout autre Etat américain, Cuba peut compter que ce sys- tème garantira et défendra pleinement son indépen- dance, son intégrité et sa souveraineté. De plus, la septième Héunion de consultation de San José a créé une commission ad hoc de bons offices composée de six pays dont le mien, qui est chargée d'étudier et d'aider à résoudre les difficultés qui pourraient surgir entre les membres. Nous demeurons convaincus qu'il sera possible de régler tous désaccords ou conflits par l'application intégrale des principes qui régissent les Etats américains, 56. Ma délégation ne veut pas grossir les difficultés, réel! es ou apparentes, qui font obstacle à des relations normales entre deux pays de notre continent, membres 11 la fois de notre organisation régionale et de l'Organi- sation des ~btiuns Unies. Bien au contraire, notre plus vif désir est de faire dispara!'tre ces difficultéa et de voir ces deux pays renouer les liens d'amitié qui les unissaient récemment encore. Fouiller dans leurs récriminations réciproques ne serait rien d'utile ou de const ructif. 57. C'est pour ces raisons, auxquelles s'ajoute le fait que nous ne pourrions, sans manquer 11 nos devoirs les plus élémentaires, demeurer impassibles devant la détérioration des relations entre ces deux gou- vernements de notre continent, que nous avons pré- senté, en accord avec la délégation de l'Equateur, un projet de résolution [S/4612J qui. nous l'espérions, rencontrerait l'agrément de tous les membres du Conseil. Il ne contient qu'un appeï sincère aux Gouver- nements de Cuba et des Etats-Unis pour qu'ils cherchent 11 résoudre leurs différends par les moyens pacifiques que prévoient la Charte des Nations Unies et le système régional interaméricain et 11 tous les gouvernements pour qu'ils s'abstiennent de tout acte qui pounait aggl'llver la tension actuelle entre les dpux pays. 58. AUCWle des dispositions de ce projet de résolution n'aurait da soulever de critique, car nous avons tous l'obligation d'hgir comme elles l~ recommandent. On 59. We would reply that the Security Council is not a court of lllW and cannot, with reference to the charges and counter-charges of either side, give II decision one way or the other without effecting an investigation, which it is not at the moment in a position to do. The United States has tried to bring about such an investi- gation; Cuba has not. But it is certain that relations between the two countries have progressively deterior- ated, to the point where, less than forty-eight hours aga, diplomatic relations were broken off. 60. In these circumstances the Security Council, if it ls to fulfil its dutY of maintaining international peace and security, cannot fold its arms and postpone action, but, without acquitting or condemningone party or the other, should recommend them to use every means of avoiding further aggravation of a dangerous and explosive situation, by resorting to the peaceful measures provided for in the Charter and in the American regional system. This realistic and objective approach is in Une with the need for reason and calm, for conduct which will reflect our unanimous desire for peaceful relations, t'l'ee from the kind of tension that at present exists. 61. Our move was based simply on a sincere desire for constructive co-operation with a view to the estab- lishment of calm and normal relations, which we are convinced must come about as soon as the present obstacles, fraught with danger, hav'e been overcome. 62. We have been informed that a number of delega- tions consider themselves unable to support our draft resolution. This we regret, since we should have pre- ferred to see the resolutiol! aciopted. 63. In these circumstances, without pressing for a vote on this draft resolution, 1 would express the hope that calm will t restored with a return to a normal state of things, thllt in the near future aIl the fears which have given l'Ise to this debate will be dispelled, and that peaceful and friendly relations between the United States of America and the Republic of Cuba will be re-established once and for aIl. 64. MI'. MENEMENCIOGLU (Turkey): At the outset J wish to state that the precedent according to which the Security Council must proceed to a careiul and thorough examination of uny complaint made by any government, based on the charge that it is under the threat of imminent aggression, constitutes in the long l'un, in the opinion of my delegation, one of the funda- mental guarantees for the proper functioning of the system of security and the pacifie settlement of dis- putes envisaged by the Charter. 65. As a matter of general principle, it is always important that the Council should continue to be re- ceptive to any such requests to examine fully aIl evidence brought before it which, if Subst9:1tiated, ry lead to events that may endanger peace in any part of the world. 59. Nous ferans observer, pour notre part, que le Conseil n'est pas un tribunal. Il a entendu les récri- minations des deux parties, mais il ne pourrait se prononcer dans un sens ou dans l'autre sans avoir procédé 11. une enquête, qu'il n'est pas en mesure d'effectuer pour l'instant. Les Etats-Unis ont cherché 11. faciliter une telle enquête; Cuba ne l'a pas fait. Il se trouve, cependant, que l'êtat des relations entre les deux pays n'a cessé d'empirer, au point qu'il s'est produit Ilne rupture il y a moins de 48 heures. 60. Dans ces conditions. le Conseil, dont le devoir est de maintenir la paix et la sécurité, ne peut se croiser les bras et attendre pour agir. Il devrait, sans chercher 11. absoudre ou condamner l'un ou l'autre des intéressés. leur recommander d'user de tous les moyens permettant d'empêcher qu'une situation cri- tique et pleine de risques ne s'aggrave plus encore, en recourant aux modes de règlement pacifiques prévus dans la Charte et dans le système régional inter- américain. Ce serait là une attitude objective et réaliste, conforme 11. la nécessité de faire prévaloir le calme et le bon sens et de faire adopter des genres de conduite qui répondent au désir que nous avons tous de voir ces deux pays entretenir des rapports paisibles, affranchis de la tension actuelle. 61. Nous n'avons été inspirés que par le désir sincère d'une coopération positive visant à hâter le rétablisse- ment du calme et d'une situation normale dans des relations qui, nous en sommes sars, sont appelées à se normaliser dès qu'auront été surmontées les graves difficultés actuelles. 62. Nous avons appris maintenant que plusieurs délé- gations ne croient pas pouvoir accorder leur appui à notre projet de résolution, ce que nous regrettons beaucoup, cal' nous comptions sur leur appui. 63. Sans insister, par conséquent, pour que ce projet soit mis aux voix, je dirai que je fais des vœux pour que la situation revienne à la normale par le simple jeu des éVènements et pour que les craintes qui ont été. la cause de ce débat se dissipent rapidement, de façon que les rapports entre Cuba et les Etats-Unis d'Amérique retrouvent un caractère pacifique et amical. 64. M. MENEMENCIOGLU (Turquie) [traduit de l'an- glais]: Je voudrais dire tout d'abord que la pratique selon laquelle le Conseil se fait un devoir d'examiner avec soin et de façon approfondie toute plainte de gouvernement qui se dit l'objet d'unemenaced'agres- sion imminente est une pratique qui constitue, de l'avis de ma délégation, l'une des principales garanties du bon fonctionnement du système de sécurité et de règlement pacifique des différends internationaux, prévu dans la Charte. 65. 1-'our une raison de principe, il importe que le Conseil soit toujours disposé, lorsqu'on le lui demande, à examiner avec attention toutes allégations concernant des faits qui, s'ils se trouvaient corroborés, pourraient conduire 11. des événements mettant la paix en danger, en quelque région du monde que ce soit. 67. The statement which we heard yesterday has reiternted this charge and placed before the Council the reasons which, accol'ding ta the Cubnn Government, have formed the premises of its assumption and its complaint to the Security Council under Articles 34, 35 (1) and uther articles of the United Nations Charter. 6S. As a result of our careful scrutiny and leaving aside our opinion concerning certain terminologyused in that document and statement, my delegation has not found any of the reasons invoked before the Council as capable of being construed as evidence in support of the charge of imminent !lggression, the charge which has constltuted the reascn for the present meeting of the Security Council. 69. On the other hand, we have noted the statement of the representative of the United States in which he has reiterated his Government's denial of any intention of aggressive action. ln these circumstances, faced with the complaint of the Cuban Government as il now stands before us, my delegation cannot sel' how the Security Council can proceed to take any action which would go beyond the careful examination whichhas been given ta the claims and answers concerning the question figuring on the agenda. 70. ln concluding my statement, 1 wish to express the satisfaction of my delegation in having heard both the representative of the United States and the representa- tive of Cuba mention in their statements the ties of friendship which basically exist between the people of the United States and the peC'ple of Cuba. Il is our ardent hope that these bonds and common interests may predominate in the future relations between these two neighbouring countries. 71. Ml' TSlANG (China): ln the language of our agenda, the main business of this series of meetings is the "Letter dated 31 December 1960 addressed to the President of the 8ecurity Council by the Minister for External Relations of Cuba". This letter [S/4605], in its very first paragraph sets forth Cuba' s complaint in very definite terms. The complaint is that the Government of the United States "is about to perpe- trate, within a few hours, direct military aggression against the Government and people of Cuba". This letter, artel' stating the complaint in such very definite and concrete terms, proceeds immediately ta cite the evidence. Il affirms that there has been a confidential note circulated by the United States Government among the Governments of Latin American States. Il is alleged that in this confidential note the United States bases its plans of aggression on the pretext of the construction on the island of Cuba of seventeen sites for the launching of Soviet rockets. 72. The letter of 31 December touches upon several other matters, but the main charge is that of military aggression and the main eviden~e is this so-called confidential note. Il seems to my delegation that the 67. Dans sa déclaration d'hier. le représentant de Cuba a renouvelé cette accusation et exposé au Conseil les l'aisons pour lesquelles le Gouvernement de Cuba a été amené 1\ porter plainte devant lui, conformément 1\ divers articles de la Charte des Nations Unies. notamment les Articles 3-1 et 35, paragraphe 1. 68. Après avoir soigneusement étudié ces documents et cette déclaration, et quoi qu'elle ait pu penser de leur phraséologie. ma délégation n'a trouvé, dans les allégations faites. rien qui puisse être considéré comme la preuve de l'imminence d'une agression. Une telle accusation est. pourtant, ce qui a motivé la convocation du Conseil de sécurité. 69. Nuus avons pris note. d'autre part, du fait que le représentant des Etats-Unis, dans son intervention, a de nouveau déclaré que son gouvernement n'avait aucune intention d'agression contre Cuba. Dans ces conditions, et eu éga rd 11 ce qu'est en ce moment la plainte de Cuba. ma délégation ne voit pas ce que le Cunseil peut faire de plus que ce qu'il a fait, c'est-1I- dire examiner soigneusement cette plainte et le dé- menti qui y a été opposé. 70. En terminant, je tiens 1\ dire que madl:légation a eu plaisir d'entendre évoquel' par le représentant des Etats-Unis et par le représentant de Cuba, les liens d'amitié qui existent entre le peuple des Etats-Unis et le peupie cubain, Nous espérons ardemment que la conscience de tels liens et de l'intérêt commun sera la considération qui dominera les rapports entre ces deux pays voisins. 71. M. TSlANG (Chine) [traduit de l'anglais]: Le Con- seil a été convoqué pour examiner, comme ledit notre ordre du jour. la "lettre, endatedu 31 décembre 1960, adressée au Président du Conseil de SéCUllité par le Ministrc des relations extérieures de Cuba". Le tout premier paragraphe de cette lettre [S/4605]. indique en termes très précis le sujet de la plainte de Cuba. C'est ;ue le Gouvernement des Etats-Unis "s'apprête à déclencher dans quelques heures, contre le Gouver- nement et le peuple cubains, une agression militaire directe!t. Après avoir ainsi indiqué en termes très précis et très concrets le sujet de la plainte, cette lettre donne immédiatement la preuve apportée à l'appui de cette accusation. Il s'agit d'une note confi- dentielle qui aurait été envoyée par le Gouvernement des Etats-Unis aux gouvernements des Etats d'Amé- rique latine. D'après cette note confidentielle. les Etats-Unis tireraient prétexte pour leurs plans d'agression. de la construction à Cuba de 17 rampes de lancement de fusées soviétiques. 72. La lettre du 31 décembre évoque plusieurs autres questions. mais la principale accusation concerne l'agression en question et le principal élément de preuve est cette prétendue note confidentielle. De 73. In the first pince, Cuba charged that aggression would take place in a few hours. The letter was dated 31 December, and today is 5 January. One hundred hours huve passed, and we have seen no evidence of militnry action. in other words, events have already pl'oved the charge ta be groundless. H. In the second place, Cuba has not shawn to us any copy of this important document, this confidential note. When 1 came to the Security Council yesterday, 1 fully expected to be given. if not a photostatic copy, at least a mimeographed copy, but up to this moment we have not seen the document. The letter of 31 December makes this document the chief evidence for the charge. The letter l'efers ta that confidential note in rather vague and contradictory terms and, strange ta say. the Millistel' for External Relations of Cuba in his long speech yesterday paid very litUe attention ta that circulaI' nole. 75. In the third place, we must note that the United States representative has categorically denied this charge and furthermore has denied tl1at any such docu- ment exists. 76 ln the fourth place, aur two colleagues from Latin America bath have given us additional light in regard to this so-called confidenti:!1 note. Yesterday, the representative of Ecuador, in referring to this matter, said: "The allegations maàe by the Cuban Minister for External Relations are based on fears arising out of a difference of views and methods. We should like to say'.hat, for our part,"-that is, on the part of Ecuador-r.we have been subjected to no pressure and have received no document implying the use of pressure or threats against the Government of Cuba." [922nd meeting, para. 52.] This afternoon, the representative of Chile in the course of his speech also assured us that his Govern- ment had received no such note. 77. The conclusion from these facts is inescapable; it is that there has been no such note and that the charge of imminent United states aggression against Cuba is groundless. Since this is the main business of the Security Council in this series of meetings, 1 believe it might be useful ifthe Council made a formaI finding that the Cuban charge is groundless, for 1 know that repeated charges of this nature have formed a part of a persistent propaganda campaign of hate. It seems ta me that the situation cannat change for the better, indeed, cannot return to normal ifthl'lt campaign of propaganda, of hatred against the United States should not stop. If the Council could find it possible to tell the world unmistakablythat these repeated charges of United states intended aggression against Cuba are groundless, much of that campaign would fail ta have any effect and. as a result, the Cuban authorities might be persuaded or might find it possible to stop this campaign which is against the spirit of the Charter and which, 1 presume to say, is also against the spirit of the principles of the Organization of American States. 13 73. Tout d'abord, le Gouvernement cubain a prétendu que cette agression aurait 1ieu dans quelques heures. Sa lettre e~t en date du 31 décembre et nous sommes maintenant le 5 janvier. Cent heures se sont passées et nous n'avons vu aucune action militaire. Autrement dit, les événements ont déjà prouvé que cette accusa- tion était sans fondement. 74. Deuxièmement, le Gouvernement t:ul.nün n'a pas produit le texte de cet im}Jortant document, cette note confidentielle. Lorsque je suis venu au Conseil de sécurité, hier, je croyais qu'on nous en montrerait, sinun un photostat, du moins une copie miméographiée, mais nous n'avons pas encore vu ce document. La lettre du 31 décembre lait de ce document la pièce principale de l'accusation. Elle en parle d'ailleurs en termes assez vagues et contradictoires et, ce qui est fort curieux, le Ministre des relations extérieures de Cuba en a trèspeuparlédanssonlong discours d'hier. 75. Troisièmement, nous devons tenir compte du fait que le représentant des Etats-Unis a catégoriquement nié cette accusation et nié l'existence de tout document de ce genre. 76. Quatrièmement. nos deux collègues d'Amérique latine nous ont, l'un et l'autre, donné des indications supplémentaires en ce qui concerne cette prétendue note confidentielle. Le représentant de l'Equateur nous a dit, hier, à ee sujet: "Les allégations formulées par le Ministre des relations extérieures de Cuba découlent de craintes résultant d'une différence d'idéologie et de méthodes. Nous tenons à dire que, pour notre part, nous n'avons été l'objet d'aucune pression et n'avons reçu aucun document qui implique une pression ou une menace à l'égard du Gouvernement de Cuba." (922ème séance, par. 52.] Le représentant du Chili nous a assurés, cet après- midi. que son gouvernement n'avait reçu aucune note de ce genre. 77. La conclusion qui s'impose est que cette note n'existe pas et que l'accusation d'agression imminente portée par Cuba contre les Etats-Unis est sans londe- ment. Comme cette accusation est l'affaire pour laquelle le Conseil se trouve réuni, j'estime qu'il serait bon que le Conseil de sécurité se prononce en déclarant officiellement que l'accusation de Cuba est sans justi- fication car je sais que des accusations répétées de ce genre font partie d'une campagne persistante de propagande haineuse. Il me semble que la situation ne peut s'améliorer ou se normaliser que s'il e~t mis lm terme 1\ cette campagne de hair,e contre les Etats- Unis. Si le Conseil pouvait dire au monde, sans équi- vaque, que CeEJ accusations répétées qui prêtent aux Etats- Unis l'intention d'attaque l' Cuba sont dénuées de tout fondement, cette campagne de propagande n'aurait plus grand effet et le Gouvernement cubain compren- drait peut-être qU'il doit faire cesser cette campagne qui est contraire non seulement à l'esprit de la Charte, mais aussi, je crois bien, aux principes de l'Organisa- tion des Etats américains. 79. What the present Government of Cuba hasdoneis ta open an additional front for the coId war between international communism and the free world. SA far as 1 can see, this campaign serves no Cuban interest and it serves no Latin American interest. If it serves any interest at a11. it serves only the interests of inter- national cornmunism. 80. The PRESlD~N'r (trar.::llated from French}: T should now like ta say a few words in my capacity as representative of the UNITED ARAB REPUBLlC. 81. Today the Security Council i8 dealing with the complaint of Cuba. We note with regret that relations between the Republic of Cuba and the United States of America continue ta be strained. The culminatingpoint of this tension was reached yesterday, when diplomatie relations between the two States were broken off-a fact which we cannat but deplore. Cuba and the United States fi re neighbours. belonging ta one and the same regional community, and, in the general interest and in the interests of peace, friendly relations should exist between them. 82. 1 will fit"st say a ward about a very important principle governing relations between States, a prin- ciple that was mentioned at the last meeting by the representative of Ecuador. Ml'. Benites Vinueza spoke of the principle of non-intervention by one State in affairs falling within the domestic jurisdiction of another State. 83. My delegation entirely agrees with this principle; it is enshrined in the Charter ofthe United Nations, and we support it. We have always believed that each coun- try is entitled ta adopt the political and juridical sys- tem which it considers suited ta its needs, and that it is for no one ta interfere in its domestic affairs. 84. The Government and people of the United Arab Republic have from the outset followed with sympathy the course of the Cuban revolution, and especially the efforts made and reforms introduced in the economic and social fields-matters in regard to which Cuba alone has the right of decision. 85. 1 listened with much attention ta the statements made by the Cuban Minister for External Relations and the United States representative. It appears that certain faets, and the tension existing between the two countries, explain the fears mentioned by the Cuban Minister for External Relations as ta an imminent invasion by the United States. 86. Here 1 would quote what The New York Times stated in a leading article of 3 January 1961 entitled "The Cuban Charges", which explains what 1 have Just said. After speaking of the complaint of Cuba, the lead- ing article continued: " .. , there remains somethingelse to be said of para- mount importance. This is the simple fact that the Cuban revolutionary leaders do sincerely believe in 14 79. Ce qu'a fait le gouvernement actuel de Cuba a été d'ouvrir un front nouveau pour la guerre froide entre le communisme international et le monde libre. Autant que je puisse en juger, cette campagne ne sert ni l'intérêt de.Cuba ni celui de l'Amérique latine. L'inté- rêt qu'elle sert n'est que celui du communisme international. RO, Le PRESIDENT: Je voudrais me permettre de dire maintenant quelques mots en ma qualité de repré sentant de la REPUBLIQUE ARABE UNIE. 81. Le Conseil de sécurité se penche aujourd'hui sur. la plainte de Cuba, Nous constatons avec regret que les relations entre la République de Cuba et les Etats- Unis continuent à être tendues. Le point culminant de cette tension a été atteint hier, lorsque les relations diplomatiques entre les deux Etats ont été rompues, fait que nous ne pouvons que déplorer, En effet, Cuba et les Etats-UniE sont deux Etats voisins, appartenant à une même communauté régionale et qui doivent, dans l'intérêt général et dans celui de la paix, entretenir des relations amicales. 82. Je dirai d'abord un mot d'un principe important qui régit les relations entre les Etats et qui a été évoqué à la dernière séance par le représentant de l'Equateur; en effet, M. Benites Vinueza nous a parlé du principe de la non-intervention d'un Etat dans les affaires qui relèvent du domaine réservé d'un autre Etat. 83. Mf délégati m est tout à fait d'accord avec ce principe, qui est contenu dans la Charte des Nations Unies et que nous appuyons. Nous avons toujours estimé que chaque peuple a le droit de se donner le système politique et juridique qu'il juge adéquat à ses besoins, et qu'il n'appartient à personne de s'ingérer dans ses affaires intérieures. 84. Le Gouvernement et le peuple de la République arabe unie ont suivi avec sympathie la révolution cubaine dès le début, et nOLamment les efforts dé- ployés et les réformes entreprises dans les domaines économique et social, sur lesquels il appartient à Cuba seul de décider. 85. J'ai écouté avec beaucoup d'attention l'interven- tion du Ministre des relations extérieures de Cuba ainsi que celle du représentant des Etats-Unis d'Amé- rique. Il semble que certains faits et l'état de tension qui existe entre les deux pays expliquent les craintes que nous a signalées le Ministre des relations exté- rieures de Cuba, quant à une invasion américaine imminente. 86, Je voudrais citer ici ce qu'a écrit le New York Times dans son éditorial du 3 janvier 1961, intitulé "The Cuban Charges", et qui explique ce que je viens d'avancer. Après avoir parlé de la plainte de Cuba, cet éditorial dit: {Passage cité en anglais par l'orateur.] ". , . il reste à dire quelque chose qui est d'une très grande importance: c'est que les chefs révolution- naires je Cuba croient sincèrement que les Etats- 87. On the other hand, the United States representa- tive has told us that his Government has stated no intention of launching a military intervention against Cuba. He also said: "Of course there was no invasion, there was never any plan for any such invasion ...". [922nd meeting, para. 20.] Itake noteofthis statement. 88. My delegation considers that it is the dutY of the security Council to find, for this problem, a solution in keeping with the Charter, [,nd to end this state of tension which can have very serious l'epercussions. The Council has primal'y responsibility for the main- tenance of internat' .:mal peace and security The solu- tion. we believe, should be found on the basis of Chapter \'1 of the Charter, concerning the pacific settlement of disputes. 89 We do not think it serves any very useful purpose to go into the detnils of the facts adduced in the com- plaint of Cuba or in the reply of the United States representative. The main requirement is to seek an objective and constructive solution for the settlement of this dispute between two States which, as l said before, should maintain friendly relations in the gen- eral interest and in the interests of pence. 90. This solution has. moreover, been found. We can only pay tribute to the efforts made by the representa- tives of Chile and Ecuador, who have submitted a draft resolution designed to setUe this dispute in accordance with the Charter. It might be said that this dl'ait merely reaffirms the principles of the Charter; when we are confronted with problems like the present one, with a dispute between two States Members of the United Nations, such disputes can only he settled by the prin- ('iples of the Charter, and therefore it is useful ta recall them. 91. My delegation accordingly supports the joint draft resolution of Chile and Ecuador, which stresses the faet that States should setUe their internationn 1disputes by peaceful meuns. The sponsors of this draft have pre- ferred no· to specify the means, but to leave their selection to the two countries concerned. There might perhaps be contacts, either directly between the two States, or through friendly countries chosen by the two States in agreement. My delegation cannot but support the principle stated in the operative paragraph 1 of the draft resolution, as weIl as paragraph 2, which urges Member States to refrain from any action which might aggravate the present tension between the two countries. 92. We regret that sorne delegations consider them- selves unable to support tllis draft. 93. We sincerely hope that the Governments of Cuba and the United States will be able to find a formula for settling this dispute by peaceful means, as is appro- priate between neighbours belonging to the same part of the world. 1 87. D'autre part, le représentant des Etats-Unis nous a affirmé que son gc'uvernement n'a pas manifesté l'intention de déclencher une intervention militaire contre Cuba. Il nous a dit aussi: "Bien entendu, il n'y a pas el! d'invasion, il n'y a jamais eu de plan d'invasioI'.." [922è:ne séance, par. 20.] J'enregistre cette déclaration. 88. Ma délégation estime qu'il incombe au Conseil de sécurité de trouver une solution à ce problème qui soit conforme à la Charte, et de mettre fin à cet état de tension qui peut entraîherde graves répercussions. En effet, c'est le Conseil qui a la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales. A notre lwis, cette solution devrait être trouvée sur la base du Chapitre VI de la Charte relatif au règlement pacifique des différends. 89. En effet, nous ne pensons pas qu'il soit très utile de nous pencher sur les détail:s des faits contenus dans la plainte de Cuba, ou dans la réplique du repré- sentant des Etats-Unis. Il faut chercher une solution objective et constructive pour régler ce différend qui sépare deu.x Etats qui, dans l'intérêt général - comme je l'ai déjà dit - et dans l'intérêt de la paix, doivent entretenir des relations amicales. 90. D'ailleurs, cette solution a été trOl.ivée. On ne peut que rendre hommage ici aux efforts déployés par les représentants du Chili et de l'Equateur, qui ont déposé un projet de résolution visant au règlement de ce conflit conformément à la Charte. On pourrait peut- être dire que ce projet ne fait que réaffirmer les principes de la Charte, mais quand nous nous trouvons en face de problèmes tels que celui d'aujourd'hui, quand nous nous trouvons en présence de conflits entre deux Etats Membres de l'ONU, ces conflits ne peuvent être réglés qu'en appliquant les principes de notre Charte, et il est ulile de les rappeler. 91. C'est pourquoi ma délégation appuie le projet de résolution commWl du Chili et de l'Equateur. qui met l'accent sur le fait que les Etats doivent résoudre leurs différends internationaux par des n1C'~ens paci- fiques. Les autem's de ce projet ont préféré ne pas mettre l'accent sur ces moyens, en laissant le choix au.x deux pays intéressés. Peut-être des contacts pourraient-ils avoir lieu directement entre les deux Etats, ou par l'intermédiaire de pays amis sur le choix desquels les deux Etats tomberaient d'accord. Ma délégation ne peut qu'apPuYèr le principe contenu dans le paragraphe 1 du dispusitif du projet de résolution, comme elle ne peut qu'appuyer aussi le paragraphe 2 qui demande aux Etats Membres de s'abstenir de tout acte qui pourrait aggraver la tention actuelle entre les deux pays. 92. Nous regrettons que certain::-s délégations ne jugent pas être en mesure d'appuyer ce projet. 93. Nous espérons fermement que le Gouvernement de la Républ'lque de Cuba et les Etats-Unis d'Amérique pourront trouver une formule pour régler ce différend par des moyens pacifiques, ainsi qu'il convient entre voisins appartenant à la même partie du monde. 96. 1 cannot say, today, that our faith i5 weaker, but 1 must confess that our hope is less robust, We shall maintain OUi' faith in the principles. We shall maintain it becèiuse it is the one thing to which we can cling in this world of contradictions; "..t 'ts for our hope that the principles will themselves se 've as a means for attaining, forthwith, the noble ai ms t-, :,''trds which they are directed, it is constantly receding. 97. 1 need hardly say that 1 am referringto \ 'hl'l.t was stated a few minutes ago by the representative of L-hile. He said that he had reason to believe that the neces- sary unanimity would not be forthcoming, and that therefore our draIt resolution no longer had any "raison d'être". That being so, 1 must say that my delegation will not fight an impossible battle alone. 1 am too realistic to believe in the usefulness of resolutions that are not supported by the parties to which they refer. But if my delegation cannot continue to maintain its draft resolution as it would have preferred, and if we are constrained not to press for a vote, at least we believe in our right to defend that draft, to defend the good faith which inspired it, and to uphold the correct- ness of the principles on which it was based. 98. Ifresponsibilities-historic responsibilities-have to be assumed, my delegation will not refuse to bear its burden, Let each of us accept his share of respons- ibility-responsibility in face of the judgement of history, and in face of what the American conscience, today, demands, 99. First of all, my delegation must uphold the correctnesE of its intentions. Its sole intention, infact, was to fulfil a clear and inescapable duty-the dutY towards American solidarity, which compelled us to seek peaceful solutions for the problems at issue between two friends of ours on this continent. 100. For this reason 1 should like to recall the facts, state the principles and apply the principles to the facts. 101. The facts are well known, There is a controversy between two American Sta,tes-Cuba and the United States of America. The existence of that controversy has been recognized in official United States docu- ments, such as the letter dated 12 September addressed to the Secretary General of the Organization of American states by the acting United States repre- sentative on its Council, Ml'. Jamison [S/4559, annexl]. This recognition of the existence of a controversy was later confirmed in a further letter of 28 October 1960, addressed to the Secretary General ofthe Organization of American StateE ~:r the United States representa- tive on its Council, '11'. Dreier (ibid., annex II]; and the controversy was .lin admitted by the United States 96. Je ne peux pas dire aujourd'hui que notre foi ait vacillé, mais je dois dire que notre espoir a faibli. Nous conserverons notre foi dans les principes de la Charte; nous la conserverons parce que c'est la seule ancre de salut en un monde de contradictions. Mais nous voyons s'éloigner l'espoir que ces principes serviront d'emblée pour la réalisation des nobles buts de la Charte, 97. Il est inutile de préciser que je pense à ce que le représentant du Chili a dit il Y a un instant. Il sait de bonne source que l'unanimité que nous désirions ne se réalisera pas sur notre projet de résolution, lequel perd ainsi sa raison d'être. Dans ces conditions, ma délégation n'entreprendra pas un combat solitaire contre une impossibilité. Je suis trop réaliste pour croire à l'efficacité de solutions qui n'obtiennent pas l'acquiescement des intéressés. Si ma délégation ne peut donc soutenir ce projet de résolution et se voit obligée de ne pas inSister pour qu'il soit mis aux voix, elle n'en a pas moins, je crois, le àroit d'en défendre le bien-fondé, de défendre les sentiments de bonne foi qui l'ont inspiré et de défendre la justesse des prin- cipes sur lesquels il reposait. 98. S'il faut assumer des responsabilités - des res- ponsabilités historiques -, ma délégation ne refuse pas de le faire. Que chacun endosse sa part de responsa- bilités, devant le jugement de l'histoire comme devant les impératifs actuels de la conscience américaine. 99. Ma délégation tient, tout d'abord, à défendre'la rectitude de ses intentions. Sa seule intention était de s'acquitter d'un devoir manifeste auquel elle ne veut pas se d~rober: la solidarité américaine nous fait un devoir de rechercher des solutions pacifiques aux pro- blèmes qui opposent deux peuples de notre conti~.':lnt qui sont nos amis. 100. Permettez-moi donc de rappeler les faits, d'évoquer les principes et de montrer comment ces principes peuvent s'appliquer aux faits. 101. Les faits sont connus. C'est qu'il existe un différend entre deux Etats américains - Cuba et les Etats-Unis. L'existence de ce différend a été reconnue dans des documents officiels des Etats-Unis, notam- ment dans la lettre, en date du 12 septembre, adressée au Secrétaire général de l'Organisation des Etats américains par M. Jamison, représentant par intérim des Etats-Unis au Conseil de cette organisation [S/4559, annexe 1]. La reconnaissance de l'existence de ce différend a été confirmée dans la lettre en date du 28 octobre 1960, adressée au Secrétaire général de l'Organisation des Etats américains par M. Dreier, représentant des Etats-Unis au même Conseil [ibid., annexe II], et dans la déclaration que M. Wadsworth a 102. Thus none can say that there is no controversy. Thc controversy exists; it is a fact, and a fact that deeply affects us American States, aspiring as we do to peace and solidarity for the defence of common ideals. This controversy has, furthermore, been offi- cially recognized by international organizations. Ithas come before the Security Counoil, where a resolution was passed on it, and before the General Assembly and the Organization of American states. It has finally culminated in an official rupture of relations which is of deep concern to the countries of this continent. Those are the facts. 1 nationau.'{. Il u 6t6 porté devant le Conseil de ::>Gcuriié, i où il a fait l'objet d'une résolution. Il a été porté devant l'Assemblée générale et aussidevantl'Organi- sation des Etats américains. Il a abouti enfin à une rupture officielle des relations diplomatiques, qui in- quiète vivement les pays du continent américain. Tels sont les faits. 103. Now, as a resuIt of this controversy and of this international tension, the Republic of Cuba has ex- pressed a fear of invasion. My delegation has not pronounced a jucgement on the facts; it has simply pointed out that they stem from fears. 104. Nor does the draft resolütion which we submitted refer to those facts. It refers to the tension existing between two American states friendly to us-a circum- stance which is undeniable and self-evident. These are clear-cut, definite and unavoidable facts; and they constitute a threat to the harmony of our continent. 105. It would be a ludicrous, ostrich-like policy to try to stick our heads in a hole so as to avoid the serious responsibilities of the moment. That is why we feIt it necessary to recall the peaceful means of settle- ment provided for in the Charter-the Charter being a multilateral treaty, absolutely binding on aIl Member States. For my part, 1 have the satisfaction of knowing that 1 have, on behalf of my country, fulfilled a duty towards the conscience of America. 106. 1 would stress that the draft resolution contains nothing that could be interpreted as acceptance, rejection, endorsement or denial of the accusations and allegations made by the Cuban Minister for External Relations . 107. In my statement of yesterday, 1 said that we did not believe the1'e was any possibility of aggression. Nevertheless, we could not refrainfrom recommending to the parties that they should try to settle their differ- ences by the peaceful means specified in the Charter. Such action on our part in no way implied any judgement on whether the allegations giving rise to this meeting of the Council were well-founded. Any other course- refusaI to face the matter-would have amounted to turning one's back on a conflagration; it would have reflected a negative and cowardly attitude, an attitude which neither my Government nor my people is pre- pared to adopt. 108. The peaceful means of solution provided for in the Charter of the United Nations do not exclude those 102. On ne peut donc pas dire qu'il n'existe pas de différend. Ce différend existe; c'est là un fait qui affecte profondément les Etats américains, car nous voudrions voir régner la paix et la solidarité pour la défense de notre idéal commun. Qui plus est, ce diffé- rend a été porté à l'attention d'organismes inter- 103. Par suite de l'existence de ce différend, at de la tension internationale qui en résulte, la République de Cuba a fait savoir qu'elle craignait une invasion. Ma délégation n'a pas porté de jugement sur les faits motivant cette crainte; elle a dit simplement qu'il ne s'agissait que de craintes. 104. Le projet de résolution que nous avons présenté ne fait pas non plus d'allusion aux faits , il ne se réfère qu'à la tension évidente et incontestable qui existe entre deux Etats américains qui sont nQs amis. C'est Hl. quelque chose de clair, de précis, d'indéniable, et qui compromet l'harmonie des relations sur notre continent. 105. Ce serait se comporter comme l'autruche qui s'enfonce la tête dans le sable que de ne pas faire face aux lourdes responsabilités de l'heure présente. C'est pourquoi nous avons cru bon de rappeler les moyens de .règlement pacifique des différends que prévoit la Charte, traité multilatéral dont les obliga- tions s'imposent à tous les Etats signataires.J'aurai, pour ma part, la satisfaction de m'être acquitté, devant la conscience américaine, du devoir que j'avais en tant que représentant de mon pays. 106. Je tiens à insister sur le fait que rien, dans le projet de résolution, n'indiquait que nous acceptions ou appuyions les accusations du Ministre des relations extérieures de Cuba. 107. J'ai déjà dit, dans mon intervention d'hier, que nous ne croyons pas ~ l'éventualité d'une agression. Mais nous ne croyions pas pouvoir nous abstenir de recommander aux parties de chercher ! résoudre leur différend par les moyens pacifiques que prévoit la Charte, sans vouloir porter un jugement sur le bien- fondé des allégations qui ont conduit à ces réunions du Conseil. Si nous nous étions abstenus de le faire, cteût été comme si nous étions restés les "hras croisés devant une maison en flammes; c'eQt été une attitude nég~tive et lâche dont ni mon gouvernement ni mes compatriotes n'auraient pu s'accommoder. 108. Les moyens de règlement pacifique des diffé- rends prévus par la Charte des Nations Unies n'ex- 110, Operative paragraph 2 of the draft resolution needs no comment. 1 would merely point out that it is similar to a provision adopted on this very matter by the Security Council on 19 July 1960 [Sj4395]. It would he absurd to reject, today, what was approved yester- day. 111. We do not p1"'ess fora vote on ourdraft resolution, since my delegation adheres to the principle that only practicable resolutions-that is, resolutions accept- able to the parties concerned-snould be proceeded with. But 1 wish to record, exprefsly, how deplorable it is that, in a world filled with fear and alarm, the Security Council finds itself unable to recommend, as a valid means of settling a dispute, application of the principles which constitute the very foundation of our Organization. However, my delegation is satisfied that it has fulfilled its dutY. 112. Ml'. ROA (Cuba) (translatedfromSpanish): 1have asked for the Hoor in order to exercise my l'ight of reply. 113. ln his statement yesterday, the United States representative referred to the char!,-",s made by Cuba as empty, groundless and hysterical. He went even furtheI'; he went so far as to say the specifie,precise al).d cIeaI' accusations brought by Cubawere so fantastic that they reminded him of Alice inWonc:erland.l must say, using similar mythological or, if you like meta- phorical language, that the counter-allegations made by the United States representative reminded me strongly of Candide's garden, where Dr. Pangloss walked, watering his roses and helieving that he lived in the best of all possible worlds. 114. Cuba is entitled to state categorically that questions submitted for the consideration and judge- ment of the Security Council should he treated with more austerity, more seriousness and more maturity. It is, however, characterstic of the great Powers-and aU of us here have had manifold proof of this-that they envelop in a cloud ofdenials and sophistries facts which are as brutal and real as a clenched fist. 115. There is no need for me to reiterate or repeat our charges; everyone is familiar with them. lt is, however, highly significant that practically none of the delegations which have spoken in the Security Council have dealt directly with those charges and aUegations by Cuba. 116. The statement of the United states representa- tive, like those made by the representatives of France, the United Kingdom and China, concentratM orimarily on the letter signed by me and addressed to the Presi- dent of the Security Council, requesting an immediate meeting of the Security Council. Their statements, in 110. Le paragraphe 2 du dispositif du projet de réso- lution se passe de commentaire. Je me contenterai de rappeler qu'il est identique 'à celui que le Conseil de sécurité a adopté le 19 juillet dernier [S/4395] .sur la même question. N'est-il pas absurde de ne pas vouloir aujourd'hui ce que 1'on a approuvé si récemment? 111. Nous n'insisterons pas pour que le projet de résolution soit mis aux voix, car ma délégation estime que seules des résolutions de valeur pratique, c'est-à- dire accep'.ibles pour les parties intéressées, doivent être maintenues. Mais, je tiens à le dire, il est très regrettable que, dans le monde en proie aux craintes et aux alarmes où nous vivons, le Conseil de sécurité ne puisse recommander d'appliquer, pour la solution d'un différend, les principes qui sont à la base de notre organisation. Ma délégation, pour sa part, pense avoir fait son devoir. 11~. M. ROA (Cuba) [traduit de l'espagi:nl]: J'ai de- mandé la parole pour user de mon droit de réponse. 113. Dans sa déclaration d'hier, le représentant des Etats-Unis a dit que les accusations de Cuba étaient dépourvues de justification et de fondement, ne repo- saient sur rien et étaient hystériques. Il est même allé plus loin, il a été jusqu'à dire que ces accusations concrètes, précises et claires formulées par Cuba étaient si fantastiques qu'elles faisaient penser à Alice au pays des merveilles. Je dirai, pour èmployer à mon tour t'n langage imagé ou, si l'on veut, méta- phorique, que les allégations que le représentant des Etats-Unis a opposées ~ nos accusations m'ont rappelé de manière frappante le jardin de Candide, oil le docteur Pangloss se promenait en al'rosant ses roses et en croyant vivre dans le meilleur des mondes possible. 114. Cuba a le droit de dire sans ambages que les questions soumises au Conseil pour examen etdécision devraient être traitées avec plus de rigueur, plus de pénétration, plus de sérieux et plus de matu.rité d'esprit. Mais il est assez dans les habitudes des grandes puisi"ances - nous en avons tous ici des preuves multiples - d'envelopper la réalité brutale des faits dans dGS nuées de dénégations et de sophismes. 115. Je n'ai pas besoin de reprendre ou de répéter nos accusations, qui sont connues de tous. Cependant, il est extrêmement significatif que presque al.:':lune des délégations qui ont pris la parole au Conseil de sécurité n'ait examiné directement ces accusations de Cuba. 116. La déclaration du représentant des Etats-Unis, comme celles des représentants de la France, du Royaume-Uni et de la Chine, a porté essentiellement sur la lettre que j'ai adressée au Présidentdu Conseil de sécurité pour demander la convocation immédiate du Conseil. Tout ou presque tout, dans leurs déclara- 117. In my complaint yesterday, 1gave that statement the importance which it merited, because the essential thing, in considering such a subject as we have before us, is ta include any kind of argument or proof which cornes within the broad context, The alternative is over-simplification, a method to which the great im- perial Powers are frequently addicted, We have already seen here how Kasa-Vubu and Mobutuhave been trans- forme'l into the authentic representatives of the sov- ereignty of the Congolese people. We have already seen here how the great imperial Powers have ignored the dramatic reality of the struggle in Algeria and have adopted an attitude of opposition to the independence, self-determination and sovereignty of peoples who are truly oppressed and exploited. AlI that we have seen here. 118. The Unit\~d states reprcsentative yesterday accused Cuba of being the SOl'rce of tension in the Caribbean and to support his accusation he stated that expeditions supported by the Government of Cuba had sailed from Cuba to invade Panama, Nicaragua, Haiti and the Dominican Republic. 119. 1 shall not go into these questions in detail, because it is really not necessary; but 1 do want to point out, as an indisputable example of what he omitted, that the United States representative com- pletely distorted the facts regarding the expedition ta Panama. That expedition was organized in Cuba by a group of Panamanians and Cuban adventurers, under the leadership of a gentleman named César Vega, who never had any connexion with the Cuban revolution or with the Revolutionary Government, and it was the Government of Cuba in the Organization of American States, to which 1 was Ambassacior at thattime, which was most concerned that that international adventure should be stopped at once and to that end it sent Cuban army officers to Panama to co-operate withthe Pana- manian Government in putting an end to the whole affair. 120. The Panamanian Minister for ForeignAffairs in the former Government could say whether 1 am lying about the many occasions on which the Government of Cuba maintained a position entirely in accordance with that maintained hy Panama. The day after those events 1 went to the Panamanian Mission to the Organization of American States and stated on behalfofmy Govern- ment that we were in full agreement with the attitude taken by the Government of Panama and that we ",~~d prepared to support any type of solution which Panama might present for the consideration of the OAS. That is more than enough on that subject. 121. Concerning the fact that Cuba cast a vote in favour of the Soviet Union's proposai concerning the acts of aggression of which it accused the United states in connexion with the espionage flight of the U-2 air- 117. Dans ma déclaration d'hier, j'ai donné ~ cette note toute l'importance qu'elle revêt car ce qui con- vient, dans l'examen d'une question comme celle dont s'occupe le Conseil, c'est d'accorder une attention suffisante à tous les éléments pertinents d'appréniation et à toutes les preuves. Le reste n'est que simplisme, ce simplisme si cher aux grandes puissances impé- rialistes. Nous avons vu ici comment on a fait des Kasa-Vubu et des Mobutu les authentiques représen- tants de la souveraineté congolaise. Nous avons vu comment les grandes puissances impérialistes ferment les yeux sur la réalit~ dramatique du conflitd'Algêrie et ont adopté une attitude contraire à Pindépendance, ~ la libre déterminationet à la souveraineté de peuples vraiment opprimés et exploités. Tout cela, nous Pavons vu ici. 118. Hier, le représentant des Etats-Unis a accusé Cuba d'être le foyer des tensions existant aux Antllles et il a déclaré, ~ l'appui de cette accusation, que des expéditions d'envahisseurs étaient parties de Cuba, grâce ~ l'aide du Gouvernement cubain, endirection du Panama, du Nicaragua, d'Haiti et de la République Dominicaine. 119. Je ne vais pas parler ici en détail de telles questions, car ce n'est pas rigoureusement nécessaire, mais, je tiens ~ indiquer, ~ titre de mise au point que je pourrais faire aussi sur d'autres sujets, comment le représentant des Etats-Unis a déformé les faits en ce qui concerne l'expédition contre le Panama. Cette expédition a bien été organisée ~ Cuba, mais par un groupe de Panaméens et dl aventuriers cubains ayant ~ leur tête un certain César Vega, qui n'a jamais eu aucun lien avec la révolution cubaine ni avec le gou- vernement révolutionnaire, et c'est le Gouvernement de Cuba, qui a demandé avec le plus d'insistance, ~ l'Organisation des Etats américains, oi),j'étais alors le représentant de Cuba, qu'elle s'oppose immédiatement ~ cette ave:lture intern:ltionale et il a même envoyé au Panama des officiers de notre armée pour aider le Gouvernement panaméen à liquider l'entreprise de ces aventuriers . 120. L'ancien Ministre des relations extérieures du Panama pourrait dire si je mens lorsque j'affirme qu'en de nombreuses occasîons le Gouvernement de Cuba a adopté une position entièrement en accord avec celle du Panama. Le matin même oh ces événe- ments se sont produits, je me suis rendu ~ l'ambassade du Panama aU'1rès de l'Or~anisationries Etats améri- cains et j'y ai fait savoir, au nom dE- mon gouverne- ment, que notre attitude était solidr,ire de celle du Gouvernement pa.naméen et que nous souscririons ~ toute mesure que le Gouvernement panaméen propo- serait en la circonstance ~ l'OEA. Cela n'est-il pas suffisamment clair? 121. En ce qui concerne le vote de Cuba sur la propo- sition de l'Union soviétique relative aux actes d'agres- sion dont ce pays accuse les Etats-Unis du fait notam- ment de vols comme celui de l'avion-espion U-2, le 122. The charge levelled against us that the isolation of Cuba i8 the result of our close relations with the Socialist countries could not be more false. It is true that attempts have been made to isolate Cuba, but it is not Cuba which has tried to isolate itself. That would obviously be folly. No State isolates itself. There have been attempts to isolate Cuba, which is a different matter, and the party which has tried to isolate it and is still striving to isolate it at this very moment is the reactionary and imperialist Government of MI'. Eisenhower. 123. The Cuban revolution-I must say this, because MI'. Wadsworth seems to have forgotten it-is a true and complete revolution. In the cou:"tries of Latin America, as we all know, there arise from time LC' time popular movements whose object is to transform the prevailing economic, social, cultural or juridical situation. Some of those movements are imbued with a deep popular and democratic feeling. At othertimes- and indeed more frequently-there are "coups d'état", palace conspiracies, aimed at usurping the power more or less legitimately exercised by the Government in office. But what happened in Cuba was not a "coup d'état" or a palace conspiracy, nor was it a minor revoIt, a "revolisco", as we say in my country. What happened in Cub[' was a true revolution. 124. What do we mean by a revolution? A revolution is a radical transformation, qualitative in character, of the general structure of life in a country. That is what has taken place in Cuba. And why has the United States Government, from the very outset, opposed the Cuban revolution? It is completely untrue that the Eisenhower Government welcomed the 8uccess of the Cuban revolution. It is completely untrue and it could not he true, because the primepromotorofthe Batista dictatorship, and its prime supporter, was the Govern- ment of President Eisenhower. 125. The reason why President Eisenhower's Govern- ment opposed the Cuban revolution is that Cuba was a colonial dependency of the United States, and when the revolution tried to recover the national wealth, to ensure to the people of Cuba the full exercise of its sovereignty, to ensure that the fruits of the labour of the Cuban people were enjoyed by the Cubanpeople, it came into fatal collision with United States interests, which dominated the whole economic structure ofpower in my country. That is the true basic reason why Mr. Eisenhower's Government opposed the Cuban revolution from the beginning and fought against it by every means. 126. The course of relations between the United States and Cuba throughout that period 1S too long a story for me to attempt to expound it now, but 1 should like to emphasize one point. In spite of the insults to which we have been subjected, the Government of Cuba en- deavoured at all times to maintain the most cordial relations with the United States Government on a basis 123. La révolution cubaine - il me faut le dire, car il semble que M. Wadsworth l'ait oublié - est une vraie et complète révolution. Comme chacun sait, il sepro- duit à certains moments, dans les pays d'Amérique latine, des mouvements populaires visant à trans- former la structure économique, sociale, culturelle, juridique, et( . Certains de ces mouvements populaires sont soutenus par un profond sentiment démocratique. Parfois aussi, le plus souvent même, il s'agit de coups d'Etat, de complots de palaiS, destinés à renverser celui qui exerce plus ou moins légitimement le pouvoir à ce moment-là. Mais ce qui s'est produit à Cuba, ce n'est ni un coup d'Etat, ni un complot de palais, ni ce que nous appelons, à Cuba, un "revolisco". C'est une véritable révolution. 124. Qu'est-ce qu'une révolution? C'est une trans- formation radicale de toute la structure de l'organi- sation d~un pays. C'est ce qui s'est passé à Cuba '\t pourquoi le Gouvernement des Etats-Unis a-t-il été opposé dès le début à cette révolution cubaine? Car il est absolument faux de venir nous dire que le gouver- nement Eisenhower a salué avec joie le triomphe de la révolution cubaine. Cela est absclument faux et rien ne permet de le prétendre, car c'est le gouvernement du président Eisenhower qui a été le principal cham- pion et le principal soutien de la dictature de Batista. 125. Si le gouvernement duprésident Eisenhower a été hostile à la révolution cubaine, c'est parce que Cuba était une dépendance coloniale des Etats-Unis. Lorsque la révolution cubaine a entrepris de revendiquer la souveraineté de Cuba sur ses richesses, de faire en sorte que le peuple cubain soit pleinement souverain et puisse jouir des fruits de son travail, elle s'est fatalement heurtée aux intérêts américains, qui do- minaient toute la structure économique de mon pays. C'est là la raison profonde et véritable pour laquelle le gouvernement Eisenhower s'est opposé dès le déhut à la révolution cubaine et l'a combattue par tous les moyens. 126. Je ne ferai pas l'historique des relations entre les Etats-Unis et Cuba pendant toute cette période, car cela serait trop long. Je tiens cependant à bien préciser que le Gouvernement cubain s'est constam- ment appliqué, malgré les injustices qui nous ont été faites, à esayer de maintenir, avec le Gouvernement des Etats-Unis, les relations les plus cordiales sur 127. From that moment began the whole series of aggression, provocr.tions, reprisais, embargoes, asyl- um in the United States for counter-revolutionaries and war criminals and, finally, as Le culmination of this whole long story, which could scarcely be blacker or more shameful, the breaking off of diplomatie relations. 128. It is true that Cuba enjoys friendly relations with the socialist countries and trades with them. No one can object to that, since the exercise Oi freedom of trade is within the sovereign jurisdiction of each State; but it is important to emphasize that these friendly relations and this trade with the socialist countries do not and cannot entai! any compromise or political subordination in the matter of CubaIs sov- ereignty, self-determination and independence. My country has not mortgaged one iota of its self- determination, independence or sovereignty under the commercial, economic and technical assistance agree- ments which it has reached with the socialist countries. But the truth is that the United States absolutely con- trois trade in Latin America. Most of our countries, unfortunately, are producers of raw materials and basic commodities which have the further misfortune to be entirely subject 1.0 the convenience and interests of the North American market. That was the case in Cuba before the revolution, with the result that Cuba was nothing more than a great sugar factory with the fictitious attributes of sovereignty, a flag, a national anthem and a seat in international organizations. 1 détermination. de son ind~pendance ou de sa souve- 1 raineté en concluant des accords commerciaux et économiques et les accords d'assistance technique avec les pays socialistes. Mais, comme l'on sait, les Etats-Unis exel'cent un contrôle absolu sur le com- merce extérieur des pavs d'Amérique latine. La plu- part de ces pays ne sont, hélas, producteurs que de matières premières et de produits de base, et ils ont, de plus, le malheur d'être assujettis aux intérêts et aux commodités du marché nord-américain. Il en était de même à Cuba avant la révolution et Cuba n'était qu'une vaste fabrique de sucre dotée d'attributs fictifs de souveraineté, avec un drapeau, un hymne et un siège dans les organisations internationales. '.29. 1 should like to recoul1t a small anecdote of what happe.led to me the first time 1attended this universal forum of nations. An Ambassador from a large Asian country invited me ta lunch and told me: "1 would like to tell you, before we start lunch, that this is the firs! time that l, who have been at the United Nations for eight years, have had lunch or spoken to a Cuban Ambassador, because until now they al! carried marked votes, and those votes were marked by the State De- partment" . 1 l'OrgeJlisation des Nations Unies. L'ambassadeur d'un grand pays d'Asie m'a invité à déjeuner et m'a dit: "Je tiens à vous signaler, avant que nous commencions à déjeuner, que c'est la première fois, bien que je sois 1 à l'ONU depuis huit ans, que je déjeune ou converse avec un ambassadeur de Cuba. Jusqu'à présent, tous venaient ici avec des votes préparés à l'avance par le Département d'Etat." 130. 1 am the Minister for Foreign Affairs of Cuba, and as such 1 have had the opportunity to make a care- fui study of the Ministry' s files, which disclose the spirit, the nature and the purposes of diplomatie relations between Cuba and the United States through- out the history of the Republic. It was a most painful experience. Cuba's vote was not even canvassed; it was imposed on us. 130. Je suis Ministre des relations extérieures de Cuba et j'ai donc eu la possibilité de vérifier, grâce aux archives de mon ministère, quels ont été le carac- tère, la nature et les objectifs des relations diploma- tiques de la République de Cuba avec les Etats-Unis. Ces relations ont été quelque chose de vraiment navrant, On ne demandait même pas sa voix à Cuba: on lui disait comment voter. 127. C'est alors qu'a commencé la série des actes d'agression, de harcèlement, de représailles, d'em- bargo, de protection des contre-révolutionnaires et des criminels de guerre aux Etats-Unis, qui ont abouti finalement il. la rupture des relations diplomat.iques, couronnement de ce long processus qui ne pourrait être ni plus sombre ni plus honteux. 128. Cuba entretient, en fait, des relations d'amitié et des relations commerciales avec les pays socia- listes. Nul ne peut rien y trouver à redire, car l'exer- cice de la liberté du commerce relève de la souve- raineté de chaque Etat. Mais. i! importe de le süuligner, ces relations d'amitié et ces relations commerciales avec les pays socialistes ni ne donnent ni ne peuvent donner lieu à des concessions ou un asservissement politique limitant la souveraineté, la libre détermination et l'indépendance de Cuba. Mon pays n'a absolument rien hypothéqué de son auto- 129. Je me permettrai de raconter ici ce qui m'est arrivé lorsque je suis yenu pour la première fois à 132, We have not isolated ourselves ,fl'om the world, nor do we wish to do so. Befol'e 1 January 1959, Cuba had very limited diplumatic relations and vel'y few commercial links with the l'est of the wOl'ld, Il was the l'evolution that extcnded Cuba's diplomatic rela- tions with a11 parts of the woll'Id and diversified our intel'llational t rade mal'kets, which has resulted in the strengthening <>1' Cuban sovereignty, 1:l3. These l'vents wCl'e fUl'eseen by José l\lartf, OUI' great libel'ator, whu, 1 need not add, is unknown to the experts on Latin :\mcl'ican affairs in the State Department. The same thing occurred in the case of Simôn Bolfval', 134, Never befol'e has Cuba maintained such an inde- pendent international poliey. whieh is essentially Cuban and designcd tu serve the highe l'llims of the nation and the fundamental aims of humanity, 135, 1 categorically refute a11 the allegations made by the represent:!tive of the United States yesterday evening, which are an affront to the sovel'eigntyof my country. Th01'e are certain a11egations made by Ml', Wad::worth relating to the internai jurisdiction of Cuba wllh::h 1 cannot allow: 1 simply reject them, Naturally, 1 do not wish at this stage, a contrario sensu, ta embark on an analysis of the internai life of this "RepûbIica imperial ll , as José MartIdescribed it at the end of the last century. 136. Ml', Wadswol'th also spoke yesterday of the urgent need for a tl'ue self-determination of the Latin American peoples, The tel'm "tl'ue self-detel'mination" is the crux of the question. "Self-determination" for the Government of the United States means uncondi- tional subordination to that count l'y. That is self- determination as defined by the United States, 137, 1 wish now to refer briefly, in order not to pro- long this statement unduly, to the declaration made by the representativeof France. 1 have very little to say about it, His colonialist brief ls crystal clellr, When he attacks Cuba and defends United States imperialism, he is defending oppression in Aigeria and French colonial domination, 138, As regards the statement by the repl'csentative of the United Kingdom and in particular his reference to the ad huc Commitlee of Good Offices of the OAS and to the whole husiness of the charge against Cuba in the Sccurity Council last July, 1 must point out that his facls are distorted; hc distul·ted thern to the point of saying that, in l'ffect, the Cuban question and the dispute between Cuba and the United States had becn brought befol'e the Council of the Organization of Amel'ican States, although a11 herc pl't'sent know pe,'fectly weil that thc dispute could not have been brought before the Council of the Organization of 132, Nt'us ne nous sommes pas isolés du rpste du monde et nous ne voulons pas l'être. Avant le Jer jan- viel' 1959, Cuba avait des rell1ticns diplomatiques ou des l'elations de commerce avec très peu d'autres pays. C'est précisément la révolution qui a intensifié les relations diplomatiques de Cuba avec le reste du monde et a diversifié ses déboucht><; extérieurs, ce qui a l'en- fOl'cé la souveraineté cubaine. 133, Cc qui s'est passé avait été prophétii"ê par José Martf. notre grand libérateur, qui est, ai-je besoin de l'ajouter, un illustre inconnu pour les experts en affaires d'Amérique latine du Département d'Etat. Il en est dl' même, je pense, de BolCvar. 134. A aucun autre moment de son histoire, Cuba n'a eu de politique extérieure qui soit aussi indépendante qu'aujourd'hui, qui soit si bien la sienne, qui vise autant 1\ la réalisation des buts supérieurs de la nation et des grands objectifs de l'humanité, 135. Je m'élève catégoriquement contre toutes les allégations formulées hier par le représentant des Etats-Unis qui consistaient Il mettre en doute la pleine souveraineté de mon pays, M, Wadsworth a fait égale- ment certaines assertions que je ne peux admettre sur la situation intérieure de mon pays, Je me contenterai d'y opposer un démenti pur et simple, Je ne veux évidemment pas répliquer par une analyse de la vie interne de cette république impériale - pour l'appeler comme l'a fait José Martf 1\ la fin du siècle dernier, 136, M. Wadsworth a évoqué hier le besoin impérieux de libre détermination véritable qu'ont les peuples d'Amérique latine, C'est précisément dans cette "libre détermination véritable" qu'est toute la question, Pour le Gouvernement des Etnt:'l-Unis, cette libre dêtel'- mination est une soumission absolue à son autorité, Voilll ce que les Etats-Unis entendent par "li~re détermination" . 1:J7. POUl' ne pas trop prolonger mon intervention, je ne parlerai que très incidemment de la déclaration du représentant de la France. Je n'ai d'ailleurs que quelques mots 11 en dire, Son plaidoyer colonialiste s'explique aisément, En attaquant Cuba et en excusant l'Impérialisme des Etats-Unis, c'est l'oppression en Algérie et le colonialisme français qu'il cherche aussi 1\ défendre, 138, Pour ce qui est de la déclaration qu'a faite le représentant du Royaume-Uni, et plus pa rticulièrement de 'ses observations concernant la Commission ad hoc de bons offices de l'OEA et l'examen des accusations de Cuba pal' le Conseil de sécurité en juillet dernier, je dois (lire qU'il va jusqu'1I déformer les faits. Il les déforme en considérant que le Conseil de l'Organisa- tion des Etats américains était snisi de la question de Cuba, du différend entre Cuba et les Etats-Unis, ce qui, comme le savent tous ceux qui sont ici, n'était pas le cas, puisque ni les Etats-Unis ni Cuba n'avaient porté la question devant le Conseil de l'Organisation des 139. 1 must point out that the ad hoc Committee of Good Offices was not created either for Cuba or for the United States, but ta solve quarrels between the Latin Ameriean countries on the basis of fi prior request by any StateR involved in a conflict or dispute. Cuba did not request the good offices of this commis- sion and, therefore. no reproaches ean be levelled ngainst Cuba. HO. Nor do 1 intend now to give an aceount of the whole process of machinations, intrigues and con- spiracies on the part of the United States Governme.lt aimed ut creating an iron l'ing around Cuba, first by the collective and now by the graduai breaking off of relations between the Latin American countries and Cuba. Hl. In other words. we ean say that-because we have not resigned ou roelves to dying, living in subjec- tian and once more I>lleoming satellites of the State Department-the GpVl'l'lImetlt of President Eisenhower wishes to kill us; I)ut it does not wish to kill us by itself and is theref"l'l~ recruiting accomplices. The crime must be justified in the eyes of America and the world, so that th0 United States Govel'nment will not be stnined with the blood of the Cuban people. 142. 1 shall nu\\' l'efe l' ta the breaking off of diplomatie relations. The arguments used in this connexion could not be more despic,lble; they are completely unfounded. The United Statco Guvernment has broken off diplo- matie relations with Cuba because this breach repre- sented the culminating point of a plan which had been carefully worked out beforehand. 1 had already warned the United Nations of this manœuvre. The excuse given could not be more puerile, false or inadmissible. In additiù!1. there are draft articles approved by the Sixth Committee, which refer to diplomatie intercourse and immunities. These draft articles \Vere then sub- mitted to the General Assembly, which agreed to refer them to a special conference to be held sometime this year-if 1 remember correctly, in March. Article 10 reads as follows: "1. In the absence of specifie agreement as to the size of the mission, the receiving State may refuse to accept a 3ize exceeding what is reasonable and normal, having regard to circumstances and condi- tions in the receiving State, and to the needs oÏ the particular mission. "2. The receiving State may equally , within similar bounds and on a non-discriminatory basis, refuse to accept officiais of a particular category." 143. Naturally, Article 10 was not the result of a metaphysical trance Gxperieneed by its authors. It is the legal expression of a series of norms, practical rules and international eustoms . And accordingly, the Cuban Government had a !'~rfect right, by vil'tue /Jf its sovereignty, to request tne United States Government to observe, with regard to the size of its Embassy in Cuba, parity with our Embassy in Washington which numbered only eleven officiais. The number of United 23 143. Cet article n'est pas, bien entendu, une invention arbitraire de ses auteurs, C'est l'expression juridique de normes, de règles et de coutumes internationales en vertu desquelles le Gouvernement cubain avait parfaitement le droit, dans l'exercice de sa souve- raineté, d'exiger du Gouvemement des Etats-Unis que le nombre des membres de son ambassade à Cuba soit le même que celui de la n6tre à Washington, qui n'était que de Il fonctiolU1aires . Le nombre des fonctionnaires Quant à la Commission ad hoc de bons offices, je \.lois dire qu'elle n'a pas été crMe pour Cuba et les Etats-Unis, mais pour s'occuper de régler des litiges entre pays d'Amérique latine, sur demande de ceux de ces pays qui auraient un différend ou un conflit à régler. Cuba n'a pas demandé les bons offices de cette commission. et par conséquent on nepeutl'accuserde rien, 140. Je ne rappellerai pas non plus toutes les machi- nations. intrigues et manœuvres auxquelles s'est livré le Gouvernement des Etats-Unis pour enserrer Cuba dans un carcan de fer, en essayant d'abord d'amener les pays d'Amérique latine à rompre en bloc leurs relations diplomatiques avec Cuba, et ensuite en essayant d'y parvenir progressivement, pays par pays, 141. On peut dire en somme que, parce que nous ne nous sommes pas résignés à nous soumettre, à vivre à genoux, à redevenir un satellite du Département d'Etat, le gouvernement du président Eisenhower veut nous mater, mais sans le faire par lui seul, car il cherche à trouver des complices pou.!' pouvoir justifier son crime devant l'opinion américaine et l'opinion mondiale, afin que le sangdupeuple cubain ne retombe pas uniquement sur lui. 142. Je voudrais dire maintenant quelques mots sur la rupture des relations diplomatiques entre les Etats- Unis et Cuba. Les arguments avancés à ce propos ne pourraient être plus futiles: ils ne reposent absolument sur rien. Le Gouvernement des Etats-Unis a rompu ses relations diplomatiques avec Cuba parce que c'était Hl qU'il voulait en venir. J'avais averti les N:ltions Unies que cette manœuvre se préparait. Le prêt8xte qui Il été invoqué ne pourrait être plus puéril, plus trompeur et plus inadmissible. Je tiens aussi à rappe- ler à ce sujet qu'il existe ici un projet concernant les rElations et immunités diplomatiques que la Sixième Commission a adopté, n a été examiné par l'Assemblée générale, qui a décidé de le transmettre à une confé- rence spéciale qui aura lieu, si je me souviens bien. en mars prochain. L'article 10 de ce projet est ainsi conçu: "1. A défaut d'accord explicite sur le nombre des membres du persolU1el de la mission, l'Etat accrédi- taire peut refuser d'accepter que l'effectif dépasse les limites de ce qui est raisolU1able et normal eu égard aux circonstances et conditions qui règnent dans cet Etat et aux besoins de la mission en cause. "2. L'Etat accréditaire peut également, dans les mêmes limites et sans discrimination, refuser d'ad- mettre des fonctiolU1aires d'une certaine catégorie." 144. However, l know that we are fighting here for a great caus~. The great merit of the Cuban Revolution i8 precisely that it is the work of a small country struggling against a colossus whichhas beenjoined, as is logical and natural, by all the most reactionary, primitive and obscul'antist forces in history. This 1 know and this is the greatness of my country at this time. And this is what 1 want to put before the repre- sentatives of the colonial Powers, who do not even listen with due seriousness to a statement ofthis kind. When the Secul'ity Council or the General Assembly disCllsses questions which fundamentally affect the needs and aspirations of peoples, the colonial Powers are always opposed to those needs and aspirations. either explicitly or implicitly. 145. 1 must also refer to certain other interventions made here. In particular, 1 wish to refer to the state- ments of the representatives of Ecuador and Chile, in which they decisively stressed that they are opposed to any means, procedures, methods or techniques in- volving the use of force or Interference in the internaI affairs of our countries. 1 must also refer to the United Arab Republic and to other countries which have spoken along the same 11nes. 1also wish to refer to the drait resolution of Chile and Ecuaèor [S/4612], which was truly a noble effort, probably frustrated by the great Powers, as is usually the case. 146. We have aIl heard the accusations levelled by the Soviet Union against the policy of harassment, aggression and intervention pursued by the United States against Cuba. My country is grateful for this assistance and help, and is not afraid to say so here or anywhere else . The r:"'ht of peoples to survival is an unlimited right. Nobody can oppose this. 147. Furthermore, 1 must also express my satisfac- tion at having generally sensed in the Security Council a desire to arrive at peaceful formulae and methods in this controversy between Cuba and the United States. As 1 have accused the United States of aggression against Cuba, 1 am deeply gratified to have found this spirit so widespread in the Security Council, because it clearly shows that many of the representatives here present agree that only peaceful means should be used to solve international conflicts of aIl types and, in particular. of the nature of the one which we are now discussing. Naturally, 1 wish ta take advantage of this opportunity to reiterate the request of Cuba. My Gov- ernment requests that the reactionary and imperialist Eisenhower Government be condemned as an aggres- sor. 148. 1 do not wish to conclude without reading the declaration published last night by the Council of Ministers concerning the breaking off of diplomatie 144. Je sais que je lutte ici pour une noble cause. Un grand titre d'honneur de la révolution cubaine est pré- cisément qu'un tout petit pays se dresse contre un colosse. Ce dernier a pour allié, comme il fallait s'y attendre. toutes les forces de la réaction, de l'oppres- sion et de l'obscurantisme. Je le sais, mais c'est là. justement ce qui fait la grandeur de la révolution de mon pays. Je tiens à le dire aux représentants des puissances coloniales, qui ne suivent même pas cet exposé avec l'attention qu'il mérite. Toutes les fois que le::. besoins et aspirations des peuples font l'objet de discussions, que ce soit au Conseil de sécurité ou à l'Assemblée générale, on constate que ces puissances s'y opposent, ouvertement ou de manière détournée. 145. Je tiens à dire aussi quelque..; mots sur les inter- ventions qu'ont faites les représentants de l'Equateur et du Chili. Ils se sont déclarés, sans équivoque, opposés à toutes mesures, tous procédés, toutes mé- thodes qui impliquent l'emploi de la force ou l'inter- vention dans les affaires intérieures de nos pays. La République arabe ui1ie et d'autres pays ont adopté la même attitude. Le projet de résolution du Chili et de l'Equateur [S/4612], qui constituait assurément un noble effort, s'est heurté, comme il fallait s'y attendre, à l'opposition des grandes puissances. 146. Nous avons entendu l'Union soviétique s'élever contre la politique de harcèlement, d'agression et d'intervention que les Etats-Unis poursuivent à l'égard de Cuba. Mon pays lui sait gré de cette aide et il ne craint pas de le dire, ni ici, ni ailleurs. Le droit des peuples à la vie est un droit imprescriptible. Tout le monde devrait en convenir. 147. Je dois aussi exprimer ma satisfaction d'avoir constaté de manière générale, au sein du Conseil de sécurité, un souci de rechrjrcher des formules paci- fiques pour le règlement du différend qui oppose Cuba aux Etats-Unis. Ayant accusé les Etats-Unis de se comporter en agresseur vis-à-vis de Cuba, j'ai été heureux de trouver ici un tel esprit, qui montre que beaucoup de membres du Conseil reconnaissent qu'il faut recourir aux moyens pacifiques pour régler tous les conflits internationaux, et en particulier celui qui occupe le Conseil en ce moment. Je saisis donc l'occasion pour répéter ce qu'est la requête de Cuba. Mon gouvernement demande que le gouvernement réac- tionnaire et impérialiste de M. Eisenhower soit con- damné en tant qu'agresseur. 148. Je ne veux pas terminer sans avoir donné lecture de la déclaration que le Conseil des ministres cubain a publiée hier soir, concernant la rupture par le pe~ted protests of the Cuban Government at the con- tinued interference in the internaI affairs of our country. It was only logical that the long series of aggressions against Cuba by the present Adminis- tration of the United States should culminate in this act and threaten other much worse and more serious acts before the m.andate expires. But we are resolved to withstand aU such acts. The Cuban people con- siders that relations have been broken off with the United States Government, but not with the people of the United States; and we hope that these relations will be officially re-established when the United States leaders finally understand that it is possible to maintain sincere and friendly relations with the people of Cuba on the basis of mutual respect for sovereign rights, legitimate interests and national dlgnities." 149. 1 should like to conclude by simply restating our position. We have come to the Security Council under a clear threat of military intervention in Cuba. The threat still hangs over us. The United States may deny this, 1 The existence of this threat and its imminence may have been dismissed as absurdo We al.\ know ~ull weIl that the great Powers always disguise and conceal their true aims. The history ofthe last few centuries clearly shows this. We aIl know this, and the historyof America also bears witness to it. ! 150. 1 shall not refer to the events of the last century; 1 shaH only mention what happened in Mexico in 1930, when it was the object of the same insults, the same allegations, the same acrimony, the same aggression alld the same intrigues as the Cuban Government is today suffering at the hands of the United States im- perialist Government. Today Ambassador Hill, the most meddling of aIl the United States Ambassadors in any country in the Americas, boasts that the Mexican revolution was a good revolution and the Cuban revolu- tion is a bad one, 151. Cuba knows aIl this perfectly weIl, as does Bolivia. The Bolivian revolution endured the same harassment, the same intrigues, and the same aggres- sions. Guatemala also knew al! this in 1954, when it was invaded by an army of mercenaries commanded by Castillo Armas, an army sponsored and supported by the United States Government. The Guatemalans know this; they are today suffering under the puppet régime 151. Cuba sait tout cela. La Bolivie le sait aussi. Elle se souvient que la révolution bolivienne a été l'objet, elle aussi, du même harcèlement, des mêmes intrigues, des mêmes actes d'agression. Le Guate- mala se souvient aussi qu'il a été envahi en 1954 par une expédition de mercenaires commandée par Castillo Armas et organisée avec l'appui: du Gou- vernement des Etats-Unis. Les Guatémaliens le 149. Je terminerai en disant encore quelque mots sur notre position. Si nous sommes devant le Conseil de sécurité, c'est parce que Cuba est menacé de façon manifeste d'une intervention militaire imminent~, Cette menace continue de planer sur mon pays. Le fait que les Etats-Unis la nient, qu'ils dépeignent comme une absurdité cette menace et son imminence n'y change rien, Nous ne savons tous que trop que les grandes puissances dissimulent toujours les buts qu'elles poursuivent. Toute l'histoire des derniers siècles le montre amplement, comme nous le savons tous, et l'histoire de l'Amérique latine l'atteste de façon plus éclatante encore. 150. Je ne rappellerai pas tout ce qui s'est passé au XIXe siècle. Je me contenterai d'évoquer ce qui s'est produit au Mexique en 1930 et qui a fait l'objet, de la part du gouvernement impérialiste des Etats- Unis, des mêmes vitupérations, des mêmes calomnies, aussi bien que des mêmes actes d'agression et des mêmes intrigues, L'ambassadeur Hill, qui est le plus intrigant de tous les diplomates américains dans les pays d'Amérique latine, prétend aujourd'hui approuver cette révolution mexicaine, mais la révolution cubaine est pour lui une mauvaise chose. 152. Ml'. ZORIN (Union·of Soviet Socialist Republics) 152. M. ZORINE (Union des Républiques socialistes (translnted from Russian): At our meetings yesterday soviétiques} [traduit du russe]: Nous avons, au cours and today we have heard the representatives of aIl des séances d'hier et d'aujourd'hui, entendu les repré- States which participate as membet·s of the Council. sentants de tous les Etats membres du Conseil. Ils Many arguments and facts have been put forward and ont émis nombre de considérations, cité nombre de many itûerences have been made from these facts so faits et tiré de ces faits nombre de conclusions, de that we are now in Il position to corne to some definite sot'te que nous pouvons dresser le bilan et nous pré- conclusions and to close our discussion of this item parer li clore la discussion de la question inscrite à which was placed on our agenda at the request of the notre ordre du jour. sur la demande du gouvernement Revolutionary Government of Cuba. 1 shall therefore révolutionnaire de Cuba. Je me bornerai donc il. for- confine myself to a few remarks dealing mainly with muler quelques observations, qui tendront surtout à the opinion we have formed at the end of our discussion dégager l'essentiel du présent débat. of this item. 153. In the first place, 1 should like to say that, as is evident from the whole discussion, the majority of members of the Council and particularly the repre- sentatives of the small countries participating in its work, have expressed their concern and alarm at the situation which has developed in the relations between the United States and Cuba and at the danger of aggres- sive acts against Cuba ta peace in this area and in the world as li whole. A study of the statements by a large number of representatives Wlquestionably leads to this conclusion. 154. In the second place, the representatives of sorne cOWltries, mainly allies ofthe United States, have tried ta minimize the danger of the situation that has arisen in the relations between the United States and Cuba, and sorne of them have openly stated, for example, that there is no evidence of aggressive acts by the United States. 155. 1 do not think there is any need to recall the many facts that were given to the Council both yester- day and today. It is enough to point to one single fact which is, in our opinion, of cardinal significance in the present situation. 156. Even if no other facts existed and if we were concerned only with the rupture of relations between the United States and Cuba, this fact alone would he sufficient to cause alarm regarding the future course of events and to l'aise the issue of a threat to peace. 157. Does the rupture of relations between two States in fact signify a desire for a peaceful settlement of an issue. for an improvement in relations between States? 1 think that there can be only one answer to this question. The rupture of relations always has been and is evidence of a deierioratiuH in relations; it indicates that events and relations between the States concerned may take li dangerous course. 158. Who broke off relations? It was the United States of America, a great Power, which broke off relations with a small country. Does this faet alone not justify the statement that a small cOWltry is faced with a serious threat from a great Power? This is a tangible fact which the Council cannot disregard. Anyone who attempts to minimize the significance of aIl the facts referred to in the Council is plainly deviating from the truth. 153. Premièrement. il ressort de la discussion que la plupart des membres du Conseil et surtout les repré- sentants de petits pays, se préoccupent et s'inquiètent de l'état des relatiuns entre les Etats-Unis et Cuba, ainsi que du danger que présentent pour la paix dans la région et pour la paix mondiale, les actes agressifs dirigés contre Cuba. Si l'on étudie les déclarations faites par de nombreux représentants, cette conclusion s'impose. 154. Demdèmement, certains représentants, surtout ceux des pays alliés des Etats-Unis. ont cherché à atténuer le danger qui résulte de l'évolution des rela- tions entre les Etats-Unis et Cuba; d'aucuns ont même carrément déclaré qu'ils ne relevaient pas le moindre indice d'actes agressifs de la part des Etats-Unis. 155. Point n'est besoin, je crois, d'évoquer à nouveau les nombreux faits qui ont été cités hier et aujourd'hui. Il suffit d'en rappeler Wl seul, qui, dans les circons- tances actuelles, revêt à mon avis Wle importance exceptionnelle. 156. Même s'il n'y avait rien d'autre que la rupture des relations entre les Etats-Unis et Cuba, cela suffi- rait pour que nous nous inquiétions de l'évolution future des événements, pour que nous y voyions un danger pour la paix. 157. La rupture des relations traduit-elle Wldésir de trouver une solution pacifique, d'améliorer les rap- ports entre deux Etats? TI n'y a pas deux réponses à cette question: la rupture des relations est toujours l'indice d'une détérioration des relations, d'Wldanger pOlir l'évolution future des rapports entre les Etats. 158. Or qui a rompu les relations? Ce sont les Etats- Unis d'Amérique. Une grande puissance a rompu ses relations avec lù1 petit pays. Ce fait à lui seul ne suffit-il pas à montrer qu'un petit pays est gravement menacé par une grande puissance? C'est une réalité que le Conseil ne peut méconnai'tre. Tous ceux qui essaient de minimiser l'importance des faits dont il a été question ici et notamment de celui-ci vont' nettement à l'encontre de la vérité. 160. But, as the representatives of sorne States have said here in the Council, the United States categorically denies the chal'ges of aggressive intentions against the Republic of Cuba In other words, it has not denied the faets; it has said that it has no aggressive intentions. Unfortunately, however. facts and deeds have so far provided no grounds for reassurance on this score. Facts and deeds, as weknow, speaklouderthan words, Can the United States representative' s verbal denials be regarded as evidence of that country's genuinely peaceful intentions towards Cuba? Do these verbal statements pl'ovide evidence of the renuncialion ofthe use of aggressive and coercive measures in the settlement of controversial issues arising hetween the Governments of the United states and Cuba? Can we place any trust in these verbal assertions? 161. A number of representatives who have spoken here, including sorne of today's speakers, have said that they wish to believe them. Sorne have even said that they are convinced of their truth. If this is so, such words should be followed by the appropriate deeds, which should lead, not to the exacerbation, but to the normalization of relations, to the peaceful settlement of contt'oversial issues on the basis of the complete equality of the two parties and without any attempt by the stronger party to impose its terms upon the other. If words are not followed by deeds, they are utterly worthless. 162. In the fourth place, a draft resolution designed precisely with a view to the peaceful settlement of controversial issues has been submitted by the repre- sentatives of Ecuador and ChUe. This proposai recom- mends action in accordance with the basic principles of the Charter. in other words, renunciation of mili- tary measures as a method of settling differences and adoption of the policy of resolvingdisputes by peaceful means, We now, however, seem to be faced with the fmct that this drait resolution, which proposes such a simple and sound method of solving the problem, can- nat be adopted on account of the objections of the United States and ottèr countries-allies of the United States-who for some reason find sueh a proposaI unacceptable. 163, We appreciate that the representatives ofEcua- dol' and Chile do not feel able to press for a vote on their proposaI at the present time. They have said today that they regret the Council's inability to recommend measures based on the principles of the Charter. And such is in fact the case. It is matter for serious regret, for if the Security Council ClllUlot recommend rr :~a­ sures based on the pl'Înciples of the Chal'ter owing to the objections raised by a few great Powers, things have indeed come ta a sorl'y pass. 1 need hardly say that this state of affairs hardly testifies to good intentions on the pal't of the Powers in question. 164. The representative of Ceylon has pointed out. however, that the Council can assist those countries which appeal to it by an expression of its collective opinion. This is, of course, true. 160. Cependant,-comme l'on relevé certains repré- sentants, les Etats-Unis ont catégoriquement nié d'avoir des intentions agressives contre la République de Cuba. Autrement dit, ils n'ont pas réfuté les faits: ils ont déclaré ne pas avoir d'intentions agressives. Malheureusement les fnits, les actes, n'ont rien de rassurant. Et l'on sait que les faits,les actes ont plus de poids que les paroles. Peut-on donc considérer les démentis opposés ici par le représentant des Etats- Unis comme la preuve de:; intentions pacifiques de ce pays à l'égard de Cuba? Ces simples déclarations sil?;nifient-elles que les Etats-Unis renoncent à recou- rir à l'agression, à la force, pour résoudre leurs différends avec Cuba? Peut-·on ajouter foi 1l. ces déclarations? 161. Certains représentants ont déclaré, notamment aujourd'hui, être prêts à y croire. D'aucuns ont même dit qu'ils étaient convaincus. S'il en est ainsi, les paroles doivent faire place aux actes et il doit en résulter non pas Ulle aggravation mais un assainisse- ment des relations, un règlement pacifique des différends sur la base de l'égalité complète des deux parties et sans aucune tentative, de la part du plus fort, d'imposer ses conditions au plus faible. Si les paroles ne font pas place aux actes, elles n'ont aucune valeur. 162. Quatrièmement, c'est précisément pour favori- ser le règlement pacifique des différends que les représentants de l'Equateur et du Chili ont déposé au Conseil leur projet de résolution recommandant d'agir conformément aux dispositions fondamentales de la Charte, autrement dit de renoncer aux mesures mili- taires pour résoudre les différends et de s'engager dans la voie d'un règlement pacifique. Or il semble que ce texte, qui propose pourtant une solution simple et juste, ne puisse être adopté en raison de l'opposition des Etats-Unis et de leurs alliés, qui l'estiment inacceptable. 163. Nous comprenons pourquoi les représentants de l'Equateur et du Chili n'ont pas jugé possible d'insister pour que leur projet de résolution, pourtant bien simple, soit mis aux voix. Aujourd'hui, ils ont déclaré regretter que le Conseil ne puisse recommander des mesures fondées sur les principes de la Charte. Effectivement, il faut le déplorer cal' si le Conseil de sécurité ne peut, en raisûn de l'opposition de certaines grandes puissances, recommander des mesures fon- dées sur les principes de la Charte, c'est très fâcheux. Cela ne témoigne nullement de bonnes intentions de la part de ces puissances. 164. Ceper.iant. comme l'a souligné à juste titre le représentant de Ceylan, le Conseil peut, en exprimant son opinion collective, aider les pays qui se tournent vers lui. 166. Let us hope that the new United States Govern- ment will adopt the policy of settling the dispute which has arisen by peaceful means, of solvingcontroversial issues pea':?efully on the basis of the complete equality of the parties and of recognition ofthe sovereign right of the Cuban people to establish its own system of gov- ernment and ita own economy and culture, in accord- ance with its own wishes, without external interference. 167. The Soviet delegation accordingly expresses the hope that the discussion which has taken place in the Council will serve to strengthen peace and improve relations between the States which are parties to the dispute the Council has been considering at the present meeting. We also express our confidence that the Cuban people, firmly convinced of the justice of its cause, will continue to fight for its independenee and freedom, and will obtain the full support of all freedom-loving states, of aIl peoples. 168. Ml'. BARCa (United States ofAmerica): Iwishto make one or two comments on sorne ofthe very inter- esting speeches that we have heard this afternoon. 1 say "interesting" because at least two of them expressed a lack of content and atone which, in view of the way in which this debate began, 1 find somewhat extra- ordinary and something to be noted well by the Security Council. 1 am referring in particular to the statements of the Minister for External Relations of Cuba and the representative of the Soviet Union. 169. 1 feel that it is desirable and necessary that members of the Council remember what this meeting began with. The Minister for External Relations of Cuba alleged, as the reason for these meetings, that the United States was preparing to lnvade Cuba "within a few hours". Today he has made a general attack on the United states. He has submitted no evidence whatsoever of his previous allegation that the United States was going to invade Cuba within a few hours. As members of the Council will recall, thi::> i::; not the first time that the Minister for External Relations of Cuba has made this kind of charge. On the basis of such charges he has obtained meetings of the Security Couneil and has taken up the time of the General Assembly. 1 think that this ls of very serious eoncern to all those who are interested in truth, in the purposes of the United Nations and in the obligations of all members of the Security Counei!. 166. Espérons que le nouveau gouvernement des Etats-Unis s'engagera dans la voiedurèglementpaci- fique du conflit, de la solution pacifique des différends sur la base de l'égalité complète des parties, en reconnaissant les droits souverains du peuple cubain, son droit d'édifier comme il l'entend son régime poli- tique" son économie et sa culture, sans aucune inter- vention extérieure. 167. La délégation soviétique espère donc que la discussion qui s'est déroulée au Conseil servira à affermir la paix et à améliorer les relations entre les Etats dont nous venons d'examiner le différend. Nous sommes également sars que le peuple cubain, convaincu de son bon d1'oit, continuera de lutter pour son indépendance et sa liberté et qu'il bénéficiera du plein appui de tous les Etats pacifiques et de tous les peuples. 168. M. BARCa (Etats-Unis d'Amérique) [trâduit de l'anglais]: J'aimerais faire quelques observations sur certaines interventions très intéressantes que nous avons entendues cet après-midi. Je dis "intéressantes" parce que, vu la façon dont le présent débat a com- mencé, le manque de substance et le ton de deux au moins des interventions sont ~ mon avis assez singu- liers et méritent de retenir l'attention du Conseil. Je songe notamment aux déclarations du Ministre des relations extérieures de Cuba et du représentant de l'Union soviétique. 169. Je crois qu'il est bon et nécessaire aussi de rappeler quel fut d'abord l'objet du présent débat. Le Ministre des relations extérieures de Cuba a prétendu que le Conseil avait été convoqué parce que les Etats- Unis se préparaient à envahir Cuba "dans quelques heures". Aujourd'hui, il a lancé une offensive générale contre les Etats-Unis. Il n'a produit aucune preuve de son accusation antérieure selon laquelle les Etats- Unis se préparaient ~ envahir Cuba dans quelques heures. Comme les membres du Conseil le savent, ce n'est pas la première fois que le Ministre des relations extérieures de Cuba porte de telles accusa- tions. Elles lui ont permis d'obtenir des réunions du Conseil de sécurité et d'occuper la tribune de l'Assem- blée générale. Il y a là de quoi préoccuper tous ceux qui s'intéressent ~ la vérité, aux buts de l'Organisation des Nations Unies et aux obligations de tous les membres du Conseil de sécurité. 171. The representative of the Soviet Union made one allegation, in an otherWÎse rather extraordinary statement, when he said that the breaking off of diplomatic relations by the United states was in itself a threat to Cuba of aggres8ion from the United states. 1find this in itself rather extraordinary, cominp; from the representative of the Soviet Union who knows what aggression is; he knows it as the representative of the Soviet Union. 1 find it rather extraordinary that he and the representative of Cuba have sought to make the breaking of diplomatic rela- tions by the United States with Cuba, something which is unconnected with the fact that the Cuban Government limited diplomatic representation of the United States to eleven, and that this occurred before the rupture of diplomatie relations by the United States, and that they have further sought to imply that we in the United States have in some way restricted Cuba to eleven members of its diplomatic mission inthe United states -which, of course, is not true. But it is typical of the type of statement that we hear from these representa- tives, trying to distort the facts and the sequence of events. 172. 1 have one further thing to say about the state- ment of the representative of the Soviet Union. He expressed a viewpoint which, 1submit, is not the view- point of other members of this Counci!. He can speak for himself and his Government; li that is his view- point, very weIl. But 1 hope that he will not expect that others here accept as a summation of this debate and as a concluding note to it his renditi.on of the facts. 1 think that it is noteworthy that the representative of the Soviet Union ended his statement with a quite mild approach, in view of the way in which this aIl began, to the new United States Administration. 1found this quite significant, but 1would remind the representative of the Soviet Union that the American people are united and that our policy is consistent. 173. 1 should like to make one comment on the state- ment made by you, Ml'. President, as the representa- tive of the United Arab Republic whenyouquoted from The New York Times editorial of 3 January 1961. The statement that you read i8 qufte true. a part of that editorial; 1 take no exception to it. It is an editorial in which The New York Times expresses its own incredulity that the Cubans can believe we are about to invade their islaud. Then, after sorne further comment, it says that, as you said, Ml'. President, "This is the simple fact that the Cuban revolutionary leaders do sincerely believe in the danger of an armed attack sorne dây or other from the United States." 174. 1 can accept that there exist fantasies in the minds of the revolutionary leaders in Cuba and the fact that they exist is something that needs to be dealt with. 1 think that The New York Times editorial put it in the right perspective when it went on to say that: 172. Un mot encore sur la déclaration du représen- tant de l'Union soviétique. Le point de vue qu'il a exprimé n'est, je crois, celui d'aucun des autres membres du Conseil. Il a certes le droit d'exprimer son opinion, en son nom et en celui de son p;ouverne- ment. Mais j'espère qu'il ne s'attend pas que les autres membres du Conseil acceptent sa version des événements comme conclusion de notre débat. On aura remarqué qu'il a terminé sa déclaration par des observations d'un ton très modéré - sil'onconsidère ce qui avait précédé - à l'égard du prochain gouverne- ment des Etats-Unis. Je n'ai pas manqué de le constater, mais je tiens à lui rappeler que le peuple américain est uni et que notre politique est cohérente. 173. Je voudrais aussi, formuler une remarque à propos de la déclaration que vous avez faite, Monsieur le Président, en qualité de représentant de la Répu- blique arabe unie et au cours de laquelle vous avez cité un éditorial du New YorkTimes du 3 janvier 1961. Vous avez cité un passage de cet éditorial - le fait est exact et je n'en disconviendrai pas. Dans cet article, le New York Times a exprimé son incrédulité quant au fait que les Cubains puissent croire que nous sommes sur le point d'envahir leur ne. Après quelques autres phrases, cet éditorial dit, comme vous l'avez fait, Monsieur le Président, '" qu~ les cheis révolution- naires de Cuba croient sincèrement que les Etats- Unis pourraient déclencher un jour ou l'autre une attaque armée contre leur pays" . 174. J'admets qu'il puisse y avoir des idées bizarres dans l'esprit des chefs révolutionnaires de Cuba et que l'existence de telles idées soit un fait dont il faille tenir compte. Mais je crois que cet éditorial du New York Times a bien mis les choses au point en 175. 1 submit that the best thing this Council can do is to treat this utterly fantastic allegation, with which the Minister for External Relations of Cuba came, in that spirit, and to convincethe representatives of Cuba that they are wrong. It is in this spirit that 1 express our sympathetic understanding of the efforts of the representatives of ChUe and Ecuador, efforts which 1 feel wisely have not been pressed. 176. 1 should HIre to conclude by saying that, as is always the case, 1 think the representative of China, Mr. Tsiang, put the question inproper perspective when he said this afternoon that the best thing the Security Council candowhenallegationsofthiskindare made is to adopt a resolution which concludes, as is the case here, that they have not been substantiated. This is certainly the point of view of the United States, and 1 feel that the Security Council would do weIl to ponder this question for the future if the Council is 10 remain an effectiveorganforpeace. It shouldnot allow the type of allegation that we have heard here to faU to the ground by the very presentation of those who have alleged it without pointing this out. This, as 1 say, would be the viewpoint of the United States. We are not pressing tbis view on the Council. We think that it is clear to an,
{Passage quote;l in English by the speaker.!
[The speaker continued in Spanish.1
1 understand that the representatives of Chile and Ecuador do not ask for a vote ontheir draft resolution. 178. At the conclusion o{this debate, 1 should Uke to make a short statement as President of the Security Council. 1 am confident that this debate will help in reducing the tension between the Republic of Cuba and the United States, whose relations should be governed by the Charter of the United Nations; and that, there- fore, nothing will be done to aggravatethetension now existing. The meeting rose at 7.30 p.m. 177. Le PRESIDENT: Je crois avoir compri!t que les représentants du Chili et de l'Equateur ne demandent pas qu'un vote intervienne sur leur projet de résolution. 178. Je voudrais, à lafin de ce dêba., faire une courte déclaration en ma qualité de Président. Je suis confiant que ce débat contribuera à diminuer l'état de tension qui existe dans les relations entre la République de Cuba et les Etats-Unis d'Amérique qui doivent être régies par les dispositions de la Charte des Nations Unies et que, partant, rien ne devrait être fait qui pourrait aggraver cet état de tension. La séance est levée à 19 h 30.