S/PV.929 Security Council
NEW YORK
L'ordre du jour est adopté.
As there are at present no names of other members of the Council inscribed on my list to speak 1 shall, with the permission of the
"Dans ces conditions, le Comité estime qu'il con- vient d'appeler d'urgence votre attention sur les conséquen<;es ,;raves que l'incarcération continue de M. LU~1Umba risque d'avoir, ~ son avis, sur les efforts déployés en vue de la réconciliation et de l'unification nationale. étant donné surtout que des mois ont passé sans que des mesures aient été prises pour régler la situation du détenu conformément ~ une procédure régulière. il est évident que la signi- fication politique des présentes observations est renforcée par le récent transfert de M. Lumumba, qui ne peut qu'accroftre les complications entramées par son arrestation et sa détention." [Si4637 et Add.1, sect. III.]
19. Voil~ les problèmf<ls tels qu'ils se posent en réa- lité. Quels sont alors les remèdes que les Nations Unies doivent y porter? De l'avis de la délégation ceylanaise il importe tout d'abord de désarmer et de licencier les hommes du colonel Mobutu; deuxième- ment, de relaxer tous les membres du Parlement et les membres du gouvernement légitime de la Répu- blique du Congo; troisièmement, de convoquer le Parlement; quatrièmement de retirer du Congo tout le personnel belge militaire et paramilitaire, con- seillers et techniciens; cinquièmement, de remettre au gouvernement légitime du Congo tous les aéro- dromes civils et militaires, les stations de radio- diffusion et autres établissements dont le contrôle lui a été retiré; et enfin, d'empêcher les autorités belges d'utiliser le Territoire sous tutelle du Ruanda- Urundi pour attaquer, que ce soit directement ou indirectement, la République du Congo.
20. En conclusion, je voudrais rappeler que nous devons faire preuve de sens historique. Les difficultés que les Nations Unies ont rencontrées dans la Répu- blique du Congo peuvent être attribuées ~ l'état d'esprit de certains qui ne reconnaissent pas l'im- portance de l'évolution historique. il ne nous est pas possible de conserver plus longtemps une tournure d'esprit propre ~ une époque qui est révolue. Il ne nous est pas possible de prétendre maintenir des régions du monde dans un état de dépendance, avec
l'espci~ de: subsister et de prospérer grâce ~ l'ex- ploitation égoiste de leurs ressources.
21. Cette façon de voir appartient au passé. L'Asie a ruiné cette notion. L'Afrique est en train d'en faire autant. Pas plus en Afrique qu'en Asie, on ne pourra endiguer le courant de l'histoire. Cela ne sera pas. Plus tôt ceux qui se sont laissé distancer
~ cet égard ajusteront leurs esprits ~ ces dures réa- lités, plus vite nous pourrons tous affronter notre époque avec dignité, courage et espoir.
22. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Aucun membre du Conseil ne demandant la parole, je vais la donner, avec votre accord, au représent}iut du
24. My delegation feels that there are a number of contradictions here; a head of government, arrested in his own territory, is transferred to anoth6r State whose head regards himself as outside the general body of the Congo. Contradiction exists when Kasa- Vubu implicitly recognizes that Lumumba represents samething in the Congo. by agreeing-according to the Press-to Lumumba's participation in a round table conference, while at the sarne time approving of his detention.
25. If my delegation intervenes in this debate today it is in order to state clearly what everyone is think- ing. We consider that, if there is to be a fruitful discussion, a minimum of frankness is necessary; otherwise everybody will be misled. The Congolese tragedy continues because of a misu'nderstanding. We must clear up that misunderstanding if we want to achieve anything.
26. When President Modibo Keita asserts that the United ~tates could have stopped the tragedy in Al- geria, we should remember that that is equally valid for the Congo. 1 shall come back to the problem of our security later, and let no one think that 1 arn digressing from the subject which now concerns us. My purpose wHl be to prave the urgent need for seek- ing a solution in the Congo, for upon it depends the security of our 0\\-ï1 State. The problems of colonial domination are connected, and a disrupted Congo is a constant threat on our own fronticr.
27. The Congolese tragedy continues because of a misunderstanding and 1 shall explain what 1 mean. A colony, an entire people is fighting for its independ- ence, and ia languishing in prisons, in ignorance, a.lld in misery. This people has been kept ignorant and brutalized b) slavery-for colonization is nothing else but that-but sorne men emerge from that condition, place themselves at the head of the masses, extort concessions, and gain their independellce despite the fury of the colonial Power. Monopolies are whittled away and towering profits jeopardized.
28. What could be the reaction of the colonial Power-in this case Belgium, since we are dealing with the Congo? Belgium has allies, the signatories of the North Atlantic Treaty. It had to convince them of the necessity to put an end to the existence of a Government set up by the people, aGovernmentwhose members had taken part in the struggle for national
24. Pour ma délégation. cela fait beaucoup de contra- dictions: un chef de gouvernement arrêté sur son territoire est transféré dans un autre Etat dont le chef se considère en dehors de l'ensemble congolais. La contradiction existe quand Kasa-Vubu reconnaît implicitement que Lumumba représente quelque chose au Congo en acceptant. c'est la presse qui nous en a informés. sa participation !l. une conférence de la table ronde et que. d'un autre côté. il approuve la détention de celui-ci.
25. Si ma délégation intervient aujourd'hui dans ce débat c'est pour dire clairement ce que tout le monde pense. Nous considérons que pour qu'une discussion soit fructueuse un minimum de franchise est néces- saire, sans cela tout le monde sera trompé. Le drame du Congo continue sur un malentendu. il faut le dissi- per si Iron veut faire une œuvre constructive.
26. Quand le président Modibo Keita affirme que les Etats-Unis auraient pu arrêter le drame en Algérie, il faut considérer que cela est aussi valable pour le Congo. Je reviendrai sur le probl~me de notre sécurité tout !l. l'heure et que l'on ne pense pas que je m'éloigne du sujet qui nous préoccupe présentement. Ce sera pour démontrer l'urgence de la recherche d'une solution au Congo. cette solution commandant la sécurité même de notre Etat. Les probl~mes de domination coloniale sont connexes. Et un Congo troublé est en permanence sur nos fronti~res comme une menace.
27. Le drame du Congo continue sur un malentendu, et je m'explique. Une colonie, tout un peùple lutte pour son indépendance. moisit dans les prisons, dans l'ignorance. dans la mis~re. Complèterr. ::mt abrutis par l'obscurantisme de l'esclavage - car la coloni- sation n'est autre chose que cela - des hommes émergent de cet état, guident la masse populaire, arrachent des concessions, acqui~rent leur indépen- dance !l. la fureur de la puissance colonisatrice. Des monopoles s'effritent, des super-bénéfices sont com- promis.
28. Quelle pouvait être la réaction de la puissance coloniale, en l'occurrence la Belgique puisqu'il s'agit du Congo? La Belgique a des alliés, les pays signa- taires du Traité de l'Atlantique nord. 11 êtatt néces- saire de 11'8 convaincre de mettre fin ~ l'existence d'un gouvernement instauré par le peuple, d'un gou- vernement dont les hommes ont participé ~ la lutte
29. May 1 be allowed, through the Security COUDcil, to address my remarks to the representative of the United States. If 1 do so it is because r arn convinced that if the policy of the United States with regard to the Congo and to Mr. Lumumba were to change, then we could hope for some peace and order in that martyred land. Is it natural that the United States Government should accept all the lies the Government of Belgium has spread about the Congolese leaders, or that it should take as advisers those very perSc.,1S who ha.ve been dismissed by Lumumba? What other information on Lumumba could the United States Government expect the Belgians to give it? Lumumba is the Belgians' worst enemy, but he ia at the s arne time a man who is an honour to the Congolese people and to the whole of thinking Africa. Is it natural that the United States, in the name of 1t8 allhlrïce, should accept all this advice and oppose African patriots, thus becoming an accessory to acts which arouse indignation in all right-minded persons-and that against its own principles? The United States was wise enough not to liston to the French colonialists in the case of Mali, for 1 am certain that the French Ministry üf Foreign Affairs must have represented Mr. Khrushchev as a quiet businessman compared with Modibo Keita. Why should that sarne wisdom not prevail in llie case of the Congo?
30. 1 really hope that, since its ambassadors arel now in Africa, the United States Government wi 1 come to see African problems in a clearer 11ght. { am sure that that Government will not be satisfied with the ready-made votes cast by certain African countries whicil are completely discredited by their servile political alignment. As proof, 1 refer to that amazing communication from a country which is an independent Member of the United Nations inviting us all to address our correspondence vi~ the French delegation. 1 do not th!nk that you want that type of majority-a majority made to order, lacking in con- viction and ready to change with every change in the alignment of forces, because it is gJ.so lacking in principle. The question of the Congo is urgent. Change your African policy in the light of the new facts, and you wililay the best groundwork for a policy of peace in Africa, many human lives will be spared, and Afric a will he grateful.
31. If we make this appeal today, it is because we feel the tragedy of the Congo in our own flesh, and any humiliation inflicted on Patrice Lumumba is one that we share with the entire Congolese people.
32. The Secretary-General is responsible for carry- ing out the decisions of the Security COUDcil. Mis- takes have been made in the Congo; but to make a mistake is no dishonour, for ooly those who do not act make no mistakes. Dishonour would be involved only if the act were deiiberate, carried out with evil
~.. Que l'on me permette de m'adresser, par le trur.,hement de cette assemblée, au distingué repré- sentant des Etats-Unis. Si je le fais, c'est que j'ai la conviction que si la politique des Etats-Unis changeait vis-ll.-vis du Congo et de M. Lumumba, on pourrait espérer une lueur de paix etd'ordre dans ce territoire martyr. Est-il normal que le Gouvernement des Etats-Unis accepte tous les mensonges que le Gouver- nement belgf'l a débités sur les dirigeants du Congo, que le Gouvernement des Etats-Unis prenne pour conseillers ceux-Ill mêmes qui ont été chassés par M. Lumumba? Que pouvait espêrer le Gouvernement des Etats-Unis des renseignements que lui donnaient les Belges sur M. Lumumba, leur pire ennemi, et pourtant l'homme qui fait l'honneur du peuple congo- lais et de l'Afrique consciente? Est-il normal pour les Etats-Unis, au nom de leur alliance. d'accepter tous ces conseils et d'agir contre des patriotes afri- cains en se rendant indirectement complices d'actes qui soulèvent l'indignation de toute conscience saine et cela contre leurs propres~ principes? Les Etats- Unis ont eu la sagesse de n'avoir point écouté les colonialistes français en ce qui concerne le Mali, car je suis certain que le Ministère des affaires étran- gères français a da présenter M. Khrouchtchev comme un gentil bourgeois comparé II Modibo Keita. Pourquoi la même sagesse ne prédominerait-elle pas en ce qui concerne le Congo?
30. J'ai bon espoir que. ses ambassadeurs étant sur place, le Gouvernement des Etats-Unis verra plu!:> clair sur les problèmes africains. Je suis certain que ce gouvernement ne se contentera pas des votes commandés de certains pays africains complMement discrédités par un alignement servile - pour preuve, je vous demande de vous reporter II cette note ahu- rissante d'un pays indépendll1It Membre de l'ONU, nous invitant tous II adresser nos correspondances ~ la délégation française. Je ne crois pas quevous vou- drez une majorité de cette nature, de cette majorité de commande sans conviction et prête li. lâcher h tout instant, au moindre changement dans les relations de force. parce que sans idéal. Le problème du Congo est un problème urgent. Changez votre politique afri- caine avec les nouvelles données et vous apporterez ainsi la meilleure fondation pour une politique de paix en Afrique. Plusieurs vies humaines serontépargnées et l'Afrique vous sera reconnaissante.
31. Si nous lançond aujourd'hui cet appel c'est que nous ressentons vivement, dans notre chair, le drame du Congo, et toute humiliation infligée au président Lumumba, nous la partageons avec le peuple congolais tout entier.
32. Le Secrétaire général est responsable de l'exé- cution des décisions de ce conseil. Des erreurs ont été commises au Congo. En commettre ne déshonore personne car seuls ne font point d'erreurs ceux qui n'agissent point; cela pourrait être déshonorant si les actes etaient délibérés, procédaientd'une intention
34. The Secretary-General has the necessary forces to maintain order. He says that he cannot Interfere in the domestic affairs of the Congo; but 1 wonder whether there are still domestic affairs in the Congo. In thi8 case, he knows quite well that the pilots of the airborne operations had had their faces blacked. He has only to have them washed, and under the coating of burnt cork he will find skins as white as snow.
35. We are also seriously dlsturbed by incidents of the type that has occurred at Bukavu in Kivu pro- vince. A debate took place on this subject in the Security Council [924th to 927th meetings], which was called at the request of the USSR Jrepresentative. No decision was taken. To us, who were present as observers, Belgian aggression was clear beyond a doubt. And yet the Council was satisfied with absten- tions on a very mild resolution merely because the Belgian representative, in refuting the accusations of the Soviet delegation, had said that Soviet policy was to blow up minor incidents, and that the crimes which his Govermnent, in fact, continues to commit in the Congo were iroaginary. But where the peoples of Africa are cOh~erned, Belgium has been unmasked once and for all, and its empty assertions will con- vince no one. We are ready to admit, in order to please everybody, that it is usual for the Soviet Union to exaggerate the facts; but what we fail to understand is why any and every statement should he condemned ln arlvance because it cornes from the Soviet Union.
36. 1 must admit that 1 was momentarily filled with astonishment when the representative of France rose up as a champion of Belgium. 1 say "momentarily", for 1 realized at once that it was quite natural that this should be so. To understand why, you have only to turn to French history since the last World War. France is the only colonial Power that has not known any peace. Since the end of the Second World War, France has been constantly making war on peoples wishing to be independent and to emeJ.:ge from under French domination-in Indochina, Morocco, Tunisia, and now Algeria. And again, but for the wisdom shown by the leaders of Mali, after preparing for the br'" <>k- up of the Federation of Mali, France would have j.Jl'e-
34. Le Secrétaire général dispose des forces néces- saires au maintien de l'ordre: il dit ne point intervenir dans les affaires intérieures du Congo - je me de- mande s'il y a encore des affaires intérieures au Congo. En l'occurrence, il sait pertinemment que les aviateurs de cette action aéroportée étaient grimés. Qu'il les lave, il découvrira sous la couche de charbon des peaux aussi blanches que des voiles de mariées.
35. Nous troublent aussi les incidents de la nature de ceux de Bukavu dans la province du Kivu. Un débat a eu lieu l'l. ce sujet au Conseil de sécurité [924~me l'l. 927ème séance], convoqué ~ur la demande du repré- sentant de l'Union soviétique. Aucune décision n'a été prise. Pour nous qui avons assisté l'l. titre d'observa- teurs l'l. cette réunion, l'agression belge était patente et l'on s'est contenté ici d'abstentions sur une réso- lution bénigne, parce que le représentant de la Bel- gique, pour réfuter les accusations du représentant soviétique, s'est contenté de dire que c'est la mé- thode soviétique de grossir des incidents mineurs, que les crimes que son gouvernement perpétue au Congo sont fantomatiques. Pour les peuplelufricains. la Belgique est définitivement démasquée. et ses élucubrations ne convaincront personne. Nous vou- lons admettre, pour faire plaisir l'l. tout le monde, qu'il est dans les habitudes soviétiques de grossir les faits, mais ce que nous ne comprenons pas, c'est· que toute intervention soit condamnée d'avance parce que venant de l'Union soviétique.
36. J'avoue que j'ai eu un instant de stupeur quand le représentant de la France s'est érigé en défenseur de- la Belgique. Je dis seulement "un instantR car j'ai compris qu'il était normal que cela soit ainsi. il suffit pour cela de se reporter l'l. l'histoire de France depuis la derni~re guerre mondiale. C'est la seule puissance coloniale qui nia pas eu de paix. Depuis la fin du conflit mondial. elle a constamment eu l'l. faire la guerre, sans répit, aux peuples épris de leur indépendance et sous sa domination: l'Indochine. le Maroc, la Tunisie, et cela continue avec l'Algérie. Et encore. sans la sagesse des dirigeants du Mali. aprlls avoir préparé l'éclatement de la Fédération du Mali. elle préparait un coup dans la République du
37. In the record of Ule 925th meeting of the Secu- rity Council on 13 Ja.llum'y 1961 l read:
"Ile [President Kasa-Vubu) was exereising 'the sovereign rights of the Republic of the Congo' as specifkrùly mentioned, l might point ~~t, in this pm'agraph Ô, whkh reads as follows: IWithout prejudice to the sovcreign rights of the Republic of U1C Congo, c:ùls upon :ùl States to refr:lin from the direct and indirect provision of :u'ms or othcr materials of war ...'" [925th meeting, para. 10.1
And the reprcsentative of France continues:
"The Belgtan Government respondcd to a request which had been made by the official Congolese authority in the exerdse of Us full sovereignty. That Government did nothing more th:m make it possible for the Congolese executive power to move a military contingent from one point on Congolese territory to another point on Congolese territory.ft [Ibid., para. 11.)
38. li 1 understand correctly, the French repre- sentative considers it natural for the Belgians to give milit[ll'y assistance to the power established in the Congo, provided this power be the authority recog- nized by the United Nations-and, in the case we [lI'e discussing, President Kasa-Vubu. For shanw! The members of this Council are not children. If in the time of Lumumba, when he was recognized by the Unfted Nations and, on his invitation, the United Nations entered the Con~o-if, at that time, the Soviet Union had acceded to such a request made by Prime Minister Lumumba, would France have regarded Soviet assistance as "natural"? 1 am sure that France would have been the first to l'aise a hue and cry about Soviet intervention, the subversive methods of inter- national communism, the infiltration of Russians into the :\frican continent, and such like nonselll:lC fit only to impress the mentally retarded. We in Mali judge on the basis of the facts. There are only two Russians at present in the whole of our territory, and we are sorry this is SOt In the United States, 1 believe, there are more than 200 Russians in diplomatie missions, but that does not make the United States a communist country.
39. What 1 want to bring out is that it is a method resorted to by colonialists the world oval' to daim that those who have led their country to independence are agents with an anti-Western bias. This device is used to alienate the sympathies of the non-colonial countries which might otherwise have helped the new countries in theil' development. It is an insult to African countries to believe that they are incap9hle of deciding anything for themselves, and that they must necessarily be the pawns of une power bloc or another.
37. Dans le compte rendu de la 925ème séance, le 13 janvier 1960, je lis ceci:
lin exerç'ait - il s'agit de Kasa-Vubu - "les droits souverains de la Hépubllque du Congolf qui se trouvent, il n'est pas inutile de le rappeler, spécialement mentionnés dans ce paragraphe 6 qui se lit comme suit: "Sans préjudice des droits sou- verains de la Hépublique du Congo, invite tous les Etats rt s'abstenir de fournir directement ou indi- rectement des armes ou autre matériel de guerre, etc••••" [g25ème séance, par. 10.]
Et le représentant de la France continue:
ilLe Gouvernement belge s'est conformé rt une requête de l'autorité officielle congolaise agissant en pleine souverainetê. li s'est bornê à àonner au pouvoir exécutif congolais la possibilité d'amener un contingent militaire d'un point du territoire congolais 11 un autre point du territoire congo- lais •••" [Ib!~, par. 11.]
38. Si je comprends bien, le représentant de la France trouve normal que les Belges prêtent assis- tance militaire au pouvoir établi au Congo ~ condition que ce pouvoir soit l'autorité reconnue par les Nations Unies et. dans le cas qui nous préoccupe. le président Kasa-Vubu. Un peu de pudeur! Les membres de cette assemblée ne sont pas des enfants. Si l'Union soviétique, au temps de Lumumba- recon- nu par l'Organisation des Nations Unies qui a même accepté, sur son invitation, de se rendre au Congo - avait accédé au désir de cette nature formulé par le président du gouvernement Lumumba, la France aurait-elle trouvé normale l'assistance soviétique? E:lle serait la première II crier au loup, lll'inter- vention soviétique, aux méthodes subversives du communisme international, II l'implantation des nusses sur le continent africain et autres balivernes à l'usage des diminués mentaux. Nous, au Mali, nous jugeons sur les faits. n n'y a pas, sur tout notre territoire, plus de deux nusses présentement et nous le dtlplorons. Aux Etats-Unis. on en compte plus de 200 dans les missions, je crois. Les Etats-Unis ne sont pas pour autant communistes.
39. Ce que je veux que l'on sache, c'est que la mé- thode de tous les colonialistes du monde consiste ~ faire croire que tous les dirigeants ayant amené leur pays ~ l'indépendance sont des agents étrangers II l'Occident. On utilise cette formule pour aliéner 11 (ces pays la sympathie des puissances sans colonies qui auraient pu les aider dans leur développement. C'est faire injure aux pays africains que de croire qu'ils ne peuvent rien décider par eux-mêmes et qu'il faut obligatoirement qu'ils soient inféodés ~ un bloc.
41. Cela n'est un mystère pour personne que plusieurs fois Lumumba a failli être libéré par ses geôliers. Je préfère me référer pour cela aux déclarations de presse qu'aux rapports de l'ONU, tardifs et souvent douteux, parce que, quand il s'agit de M. Lumumba, on fait tout au grand jour avec convocation des jour- nalistes, de la télévision, et l'on procède lHout l'appa- rat nécessaire pour intimider les Africains en leur présentant l'exemple de Lumumba qui a cherché l'indépendance sans tutelle de l'autorité coloniale.
41. It is well known that on several occasions Lumumba was on the point of being freed by his jailers. 1 prefer, in this connexion, to base myself on the informa.tion given in the Press rather than on. United Nations reports, which ure slow in coming and . often untrustworthy, for, when it is a question of Mr. Lumumba, everything is done with full publicity; newspapermen and television men are called in, and the entire apparatus is mobUized in order to in- timidate Africans by showing them the eXanlple of Lumumba, who sought independence that would ex- clude guiiance by the colonial Power.
42. Ml". Lumumba was sold by Mobutu so that Mobutu would be wle to pay his mercenaries who are ready to wandon him on each pay day. All these things tl1ke place, 1 repeat, quite openly, under the very nose of the United Nations Command and to the indignation of 'the entire Press-even the most reactionary news- papers, such as France-8oir. At the present time, it is only we-and by nwe n 1 mean the United Nations- who believe in the power of the so-called Presidents of the Congo and of the Mobutus. whose actual au- thority scarcely extends beyond the walls of their huts.
43. On parle de la situation inextricable au Congo. Chacun dit qu'il ne comprend rien. Je me demande si ce n'est pas que chacun ne veut rien comprendre. Car enfin, il y a un représentant du Congo Kasa-Vubu- Mobutu qui siège l\ l'Organisation des NatioT!s Unies; il y a bien un coll~ge de commissaires avec un res- ponsable aux affaires étrangères qui dicte ses Ins- tructions au représentant permanent du Congo rt l'ONU. Je n'apprends rt personne que le représentant du Congo ici a été nommé par Kasa-Vubu. tandis que le Collège des commissaires a été nommé par Mobutu, lUi lui n'est pas membre du Gouvernement du Congo. Pour votre information, j'ajoute que j'ai lu dans une "feuille de chou" éditée par le Ministère de l'informa- tion du Congo Mobutu que le Collège des commissaires
43. There ls talk wout the inextricwle situation in the Congo. Everyone says he cannot understand what is happening. 1 .wonder if It is not a question of not wanting to understand. For, after all, a representative of the Kasa-Vubu-Mobutu Congo has a seat in the United Nations, arid tt'1ere 15 aIso a College of Com- missioners with an official in charge of foreign affairs who gives instructions to- the permanen representative of the Congo at the United Nations. It is no news to anyone here that the representative of the Congo was appointed by Kasa-Vubu, while the College of Commissioners was appointed by Mobutu, who is not a member of the Congolese Government. For the Council's information, 1 would add that 1 have l'ead in a rag put out by the Ministry of Information
42. M. Lumumba est vendu par Mobutu pour que celui-ci puisse payer ses mercenaires prêts !l. le lâcher ll. chaque échéance. Tous ces faits se perpétuent au grand jour, je le répète, sous le nez du Comman- dement des Nations Unies et !l. l'indignation de l'en- semble de la presse et même des journaux les plus réactionnaires comme France-Soir. Actuellement, il n'y a que nous - quand je dis nnous", je parle des Nations Unies - qui croyons au pouvoir des prétendus présidents du Congo et des Mobutu, dont l'autorité réelle ne dépasse point les limites de leurs cases.
45. This buffooncry must stop. Such goings-on dis- credit this international Organization. The admission tickets to the spectacle are being paid for with the lives of Africans and are an affront to all that is human and noble in the principles of liberty and of individual and national rights.
46. Very little is needed in the Congo today to pre- cipitate a collapse, and the colonialists are getting ready to do that. A foreign legion is being formed in the Congo. In The New York Times of 27 January we read the following:
"Colonel Paul Trinquier is reported to have gone to Katanga Province of the Congo to consider an offer to hea!! its armed forces and its police. The offer ••• was said to have been made by the pro- vincial President, Moise Tshombé."
1t was also reported that Trinquier was well-known in Algeria for having pitilessly repressed the sub- versive activities of the "rebels", and for having taken an active part in the uprising which lead to the end l?f the Fourth Republic. These are fine character references.
47. Has the Secretariat donè anything to protest agaiIlBt these machinations, which are threatening the peace? For, after all, Tshombé is recognized by no one on the international level. In the circumstances, no one could complain about intervention, if the president of the province of Stanleyville, Mr. Gizenga, were to request mllitary assistance tomorrow. We cannot apply a double standard. These acts constitute direct intervention in the affairs of the Congo, which necessarily encourages and justifies other forms of intervention. The colonialists unleashed their great offensive to intimidate the Africans in the United Nations, Wld today we see African troops of the United Nations leaving the Congo. They will be re- placed by the colonialists themselves, and that will at least have the advantage of bringing the real an- tagonists out into the open. Everyone will be able to decide in accordance with where his true sympathies lie, and not on the basis of legality, since the rule of law no longer applies in the Congo.
48. No one any longer doubts that a far-reaching plot was hatched by the colonialists. The whole of Africa is now on the move, and all the owners of the big monopolies are banding together to carry out the nefariouB task of disorganizing and isolating the countries that have just regained their freedom. The colonial Powers are forced to try to make people accept the idea that Africans are incapable of manag- ing their own affairs. But we, the peoples of the former colonies, owe nothing to our old masters. Their armies were made great with the sacrifice of our blood. We helped to Uberate their territory. We gave their leader the time to make his preparations, so that he would be present at the moment of allied victory. As a reward, our fighters were massacred
14 , 1
45. TI faut que ce cirque cesse. Des agissements de cette nature discréditent le sérieux de cette organisa- tion internationale. Les billets d'accès ~ ce cirque cofitent la vie ~ des Africains et portent atteinte ~ tout ce que comportent d'humain et de grand les principes de la liberté, des droits des individus et des nations.
46. fi suffit de peu aujourd'hui au Congo pour dêclen- cher la débâcle, et les colonialistes la préparent. La légion étrangère se constitue au Congo. Dans le New York Times du 27 janvier, on lit:
"Le colonel Paul Trinquier a reçu l'autorisation de se rendre ~ Elisabethville oh if doit prendre le commandement de l'armée et de lapolice du Katanga
~ la suite de l'offre de Tshombé ••• "
Et le journal ajoute que Trinquier était connu en Algérie pour avoir rêprimé impitoyablemelit les acti- vités subversives des "rebelles" et avoir pris une ,part active dans le soulèvement qui amena la fin de la IVème République. C'est toute une référence.
47. Le Secrétaire général a-t-il fait quelque chose pour protester contre ces agissements qui menacent la paix? Car enfin, personne ne reconnan Tshombê sur le plan inter national. On ne pourra plus reprocher
~ quicJnque denain son intervention si le président de la province de 3tanleyville, Gizenga, demandait l'as- sistance militaire. fi ne peuty avoir deux poids et deux mesures. Ces actes sont des interventions directes dans les affaires du Congo qui appellentd'autres inter- ventions nécessairement et les légitiment. Les colo- nialistes ont déclenché leur grande offensive envue de décourager les Africains de l'Organisationdes Nations Unies, et aujourd'hui l'on assiste au départ des troupes africaines de l'ONU. Elles seront remplacées par les colonialistes eux-mêmes, et au moins l'avantage sera de montrer au grand jour les antagonistes. Chacun pourra se déterminer selon ses sympathies et non en fonction du droit tout court, la justice n'ayant plus cours au Congo.
48. Personne ne doute plus du vaste complot des colonialistes. L'Afrique entière est en mouvement et tous les tenants des grands monopoles se donnent la main pour accomplir l'œuvre néfaste de dissocia- tion, de désorganisation des pays qui viennent de ..'e- couvrer leur liberté. C'est une nécessité pour les puissances coloniales d'accréditer l'idée que les Africains sont incapables d'orienter leur destin. En ce qui nous concerne, nous, les anciens colonisés, nous ne devons rien ~ nos anciens manres. Nous avons fait la gr-:.ndeur de leur armée par le sacrifice de notre sang. Nous avons contribué ~ libêrer leur territoire; nous avons permis ~ leur chef de se préparer et de ne pas être absent au moment de la victoire des alliés. Comme reconnaissance, nos combattants sont massa-
50. It is not enough for the Secretary-General to exchange correspondence with the Belgian authorities or with Ml'. Kasa-Vubu. We ask the ~ecretary-Gen eral to take resolute action in the light of his own experience. Mistakes have been made, but we are willing to recognize that he was not in possession of all the facts concerning the situation in the Congo. Re seems now-at least according to what is said in the United Nations corridors-to accept the idea that Lumumba embodies something. Any action he might take which would restore peace to the Congo, even if it slightly e~.ceeded his mandate, could only, 1 am sure, meet with the approval of nearly all the Mem- bers of the United Nations. VVllat purpose can now be served by the Conciliation Commission for the Congo? Who are the parties to be conciliated? The Secretary- General spends a great deal of money for nothing on all these missions, which will probably try to recon- cile Tshombé with the Belgians. But they are ac- complices already-it is more than a friendly busi- ness relationship. The fact that ail these incidents have recurred troubles our conscience and casts a doubt on the Secretary-General's efforts. 1 repeat, 15
50. Les échanges de lettres du Secrétaire g~néral) avec les autorités belges ou avec Kasa-Vubu ne suffisent plus. Nous demandons au Secrétaire général d'engager résolument l'action h la lumière de sa propre expérience. Des erreurs ont été commises: nous voulons concéder qu'il n'était pas en possession de tous les éléments sur la situation au Congo. fi semble admettre maintenant que Lumumba représente quelque chose, toujours d'après ce qui se dit dans les couloirs de l'ONU. Toute action qu'il entreprendra, même un peu en marge de son mandat, ne pourra, J'en suis certain, qu'emporter l'approbation de la quasi-totalité des Membres de l'Organisation si cette action rétablit la paix au Congo. A quoi sert actuellement la Commission de conciliation pour le Congo? Quelles sont les parties lt concilier? Le Secrétaire général dépense beaucoup d'argent pour rien avec toutes ces missions qui doivent certainement essayer de concilier Tshombé avec les Belges. Ceux-
l~ sont déjh complices. C'est plus que de l'amitié dans les affaires. Le renouvellement de tous ces faits trouble notre conscience et crée un doute sur l'action du Secrétaire général. La continuation de la situation
53. These gsmes of the great Powers, WI ereby they tocs the bal1 back snd forth and mske the fd’-st pos- sible use of this international forum for propaganda es, are extremely dangerous. They aredanger- ecause it is always the small nations which tranquil minds that we cari con- n 0~ peoples’ interest.
54. Tbe cold war forces us to divert a part of our energies and OUT llmited resources to national de- fente. Beace in the Congo is ss necessq to us as it is to the Congolese people. I wa~ saying afew mo- ments ago t.b& colonial affaira are inter-dependent and tbat tbe problem of the Congo is inseparably em of our security. f the Congo experi- If in difficulty would dispatch of United Nations troops to its territory.
55. But it is essentiel that we sbould have confidence in this ~nst~~t~on~ An explosive situation exists to the north of our borders becauee f the Algerian war and the DPeamce of Frencb base in our national terri- provocation on tbe part of tbe Frcnch officer d be e~~~b to @et off dis-
create a danger0 a k being uBed ta
u’ted In tbe of inciting tbe n to civil diaobedience. Some
56. T%e United Natio
in Mali. eocurlty
53. ll est souhaitable que la guerre froide ne s’ins- talle point a 1’ONU où les blocs sont effectivement dejà constitués. L’idBal aurait &te qu’il n*y ait aucun bloc, mais simplement des Etats ,souverains venant exposer leurs problèmes particuliers.
53. Ces jeux de grandes puissances se renvoyant la balle et utilisant à fond ce forum international pour une tribune de propagande est excessivement dangereux, car les petites nations en sont toujours les victimes. Ce n’est eue dans la paix des esprits que nous pouvons r aliier notre propre experience de la conduite de nos affaires dans lVnt&$t de nos populations. 54. La guerre froide detourne une partie de notre ênergie que nous sommes obliges de consacrer a notre protection alors que nos moyens sont limites. La paix au Congo nous est aussi nécessaire qu’au peuple congolais. Je disais tout & l’heure que les affaires coloniales se commandent mutuellement et tue le urobl&me du Conpo est pour nous inseparable du probl8me de notre-s&u&t& Je disais aussi qu’aucune nation africaine en difficult8 n’osera plus demander l’envoi des troupes de 1’ONU sur son territoire % la lumibre de l’exp&ience du Congo.
55. Or il est vital que nous ayons confiance dans cette institution. La situation est explosive B nos fron rre d’ Al ses 5ur provooation de8 officiers franpais pour declencher den troubles. D ) l’on se sert de la ~aur~tante pour
58. Let not the Congo become a bone of contention between the East and the West. As far as we are con- cerned, we no longer know where the West is. We maintain good relations with West Ckrmany, Switzer- land, Denmark, Austria and other countries; yet the moment our policies are opposed to those of Belgium or France, we are considered to be anti-Western. Is the West then bounded by France, Belgium, and Portu- gal-aH colonial Powers? If this is the West, we are anti-Western indeed, because in Africa we are all nationalists a'ld hence anti-colonialists. Let us then be told where the other non-communist countries, with which we maintain good relations, are situated.
59. Men's l!lves, the lives of Africans, and our own security are at stake in the Congo. Heads of independ- ent African States met at Casablanca to seek a solu- tion to the problem because they were impatient with the ineffectivenes Cl of the United Nations when so Uttle is needed to restore order.
60. Let the UnIted States begin an immediate re- appraisal of its position and cease to identify itself with the Belgians as fellow members of the West. Africa is still well disposed towards it. Let the United Nations order the immediate withdrawal of all Belgian troops stationed in the territory of Ruanda- Urundi, which is being used as a base for aggression against the Congolese people. Let the United Nations disarm Mobutu's hordes and set free all the im- prisoned members of ParUament and of the legiti- mate Government of the Congo. This ia a basic pre- requisite for the convening of Parliarnent, the sole . arbiter of the Congo's dcstinies. It is wrong and un- natural to use Belgian personnel, whether military or civilian, when Belgium itself caused the chaos. Nothing will ever make me beUeve that countries other than Belgium are unable to provide the neces- sary personnel. Let all Belgians be expelled from the Congo, so that the Congolese will be able to place at least a minimum degree of confidence in the United Nations personnel. The United Nations should restore to the legitimate Government of the Congo all that is necessary to the smooth functioning (lf its institu- tions. of which it was illegally deprived. Only by such actions can peace be brought to the Congo and to Africa. This is what the CasablancaConference called for. The conscience of the Africans represented at Casablanca will no longer enable them to sponsor the actions of the United Nations if they continue in the sarne direction. We want to prevent any unilateral act, just as the resolutions adopted in this very hall have recommended. But the present situation cannot continue; human lives are at stake. The colonialists are still active and dream of reconquest.
61. l am instructed to state on behalf of the Govern- ment and people of Mali that we shall reassert our
58. Que l'on ne fasse pas du Congo une querelle entre l'Est et l'Ouest! En ce qui nous concerne, nous ne savons plus oil est l'Occident. Nous entretenons de bonnes relations avec l'Allemagne de l'Ouest. la Suisse, le Danemark, l'Autriche et d'autres pays. il suffit cependant que notre politique soit opposée rt la politique de la Belgique, ou de la France, pour que nous soyons considérés comme anti-Occidentaux. L'Occident a donc comme limites la France, la Belgique, le Portugal, puissances coloniales? Si c'est cela l'Occident, nous sommes biens des anti-Occiden- taux parce que vous ne trouverez en Afrique que des nationalistes et, partant. des anticolonialistes. Que l'on nous situe alors les autres pays non communistes rt l'égard desquels nous avons de bonnes intentions.
59. C'est la vie des hommes qui est enjeu au Congo, c'est la vie des Africains et notre propre sécurité. Des chefs d'Etats indépendants d'Afrique se sont réunis ~ Casablanca pour trouver une solution ~ ce
probl~me parce qu'ils sont irrités de l'inefficacité des Nations Unies, alors qu'il suffit de peu pour ré- tablir l'ordre.
60. Que les Etats-Unis commencent tout de suite ~ reconsidérer leur position et ne s'identifient plus aux Belges comme membres de l'Occident. L'Afrique a encore de bonnes dispositions rt leur égard. Que les Nations Unies ordonnent l'évacuation immédiate de toutes les forces belges stationnées Elur le territoire du Ruanda-Urundi qui sert de base d'agression contre le peuple du Congo. Que les Nations Unies désarment les hordes de Mobutu et lib~rent tous les membres du Parlement et du gouvernement légitime du Congo. Cela est un préalable indispensable pour la réunion du Parlement, seul maître de la destinée congolaise• il est anormal et contre nature d'utiliser du personnel. qu'il soit militaire ou civil. du personnel belge. alors que c'est la Belgique qui a créé ce chaos. On ne me fera jamais croire que d'autres pays que la Belgique ne peuvent fournir le personnel nécessaire. Que l'ensemble de ce personnel soit éliminé du Congo afin que les Congolais accordent un minimum de con- fiance au personnel de l'ONU. Les Nations Unies doivent remettre au gouvernement légitime du Congo tous les éléments nécessaires au bon fonctionnement des institutions, éléments que ce gouvernement s'est vu illégalement retirer. Ce n'est que par ces actes qu'une paix pourra venir au Congo, en Afrique. C'est èela que réclame la Conférence de Casablanca. La conscience des Africains représentés ~ Casablanca ne leur permet plus de cautionner les actes de l'ONU dans le sens de ce qu'ils sont présentement. Nous voulons éviter tout acte unilatéral dans le sens des résolutions adoptées ici même. Mais cela ne peut durer, des vies humaines sont en cause. Les colonia- listes sont actifs et rêvent de reconquête.
61. Je suis chargé de vous dire au nom du Gouver- nement et de tout le peuple du Mali que nous ra-
people. We are prepared to join in sny truly dis- France fasse droit aux revendications 16gitimes du
interested co-operation. But we shall continue to )euple algerien. Nos mains resteront tendues pour me collaboration saus arrf&re==pens.$e. Mais nous denounce auy plots tbat may be directed against the African peoples. :ontinuerons % d6noncer tous les complots dirig& :ontre les peuples d’Afrique.
63. Allow me, in conclusion, to read out the state- meut of Preuident Modibo Keita, whicb remaius timely even though it wss made on 18 Jauuary 1961: *La& Friday, the true situation in our sister Republic of tbe Congo came to light: newspaper correspondent&! reported that the soldiers of Thys- ville assigned to guard Prime Minister Lumumba came very close to setting him free.
*The Congolese have thus taken a clearly=defined position; the dismsenuous attemnts to reoresent this patriotic gesture as a minor dispute over wages bave deceived no one, especially not Mobutu and Kasa-Vubu, who only barely escaped from their owu soldiers. In order to restore the situation, tbe traitors were obligea to try, at the people’s expense, to reach a compromise with Prime Minister Lummnba, a84ubu offered a mimsterial post.
*Today there csnnot be the sligbtest doubt that tbe Lumumba Government holds more thau half of the territory of the Republic of the Congo. QI view of this turn of events in the Congo, what are tbe colonialists plotting?
aLa& week, a delegation led by Mr. Bomboko, which had been sent by the Congolese traitors snd Mroduced by Father Fulbert Youlou, was received by Mr. Foccart. Througb tbe good offices of the Secret~=-General of the French Communiti. Mr. Bomboko was put in touch with Mr. Spaak, the President of tbe six-member European Economie Community, wftb a delegation of the Compagnie gbnbrale du eongo and witIi Mr.
j3. Souffrez que je vous lise pour conclure les Iéclarations du pr&ident Modibo Keita qui restent i~actualite.bien qu’elles datent du 18 janvier 1961:
@@Vendredi dernier a 6clat6 au grand jour la v&ritable situation dans la r6publique sœur du Congo: les correspondants de presse rapportent que les soldats de Thysville, charges de garder le premier ministre Patrice Lumumba, ont bien failli lib&rer le prisonnier.
“Cette prise de position des Congolais est bien nette; les tentatives sournoises de pr&enter ce geste patriotique comme une petite revendication de salaires n’ont trompe personne, surtout pas Mobutu et Kasa-Vubu qui n’ont Bchapp6 aux soldats, leurs propres soldats, que de justesse.
“Afin de r&ablir la situation. force Btait aux traîtres de tenter sur le dos du peuple un compromis avec le pr&ident Lumumba h qui Kasa-Vubu propose un poste minist&riel.
WR ne fait plus de doute donc aujourd’hui que le gouvernement de Lumuinba detient plus de la moiti8 du territoire de la RBpublique du Congo.
“Devant ce rebondissement de l’affaire congolaise, que pr6parent les colonialistes?
@La semaine derni&re. une d916sation conduite uar M. Bomboko, envoy6e par les tr&res congolais et introduite par lQabb6 Fulbert Youlou. a &ttB recue par M. Foccart. Gr2ce au SecrBtaire-g6n6ra1 de la Communaut6 française, M. Bomboko a ét6 mis en contact avec M. Spaak, pr&ident de PEurone des Six, avec une d&l&gatiOn- de la Compagnie g&&ale du Congo et avec M. Rothschild.
“Les Belges et les nationaux de la Com
initivement le physique du
“Le processus? 806 000 francs belges (soit
es xe ra er
u de 1s rappeler, lors de la
"The colonialist and imperialist coalition is wide- ranging. Preparations are even now being made to launch a counter-offensive to undo the success of the Congolese nationalists. On Friday, 9 January, in the expectation of Lumumba's escape and dis- appearance and its probable consequences, six air- craft were landed at Brazzaville with equipment and war matériel estimated at about 60 million francs CFA. Thua, the former French Congo is serving as a staging-area.
"We have learned that Lumumba and two persons, who had been held with him have been transferred to a safe place in Katanga. Let our warning not be heeded too late!
"In any event, public opinion is on the alerte The instigators of this plot against the Congo and the nationalists will protest strongly and make fiat denials, but they will deceive no onA. I pray to Gad that they should have no opportunity to committheir crime. The Government and the people of Mali once again warn the United Nations of the serious conse- quences of the continued detention of the Congolese nationalists, Lumumba in particular, and ask it, if it wishes to enjoy some prestige, at least, among the independent African States, to make every effort to restore legality to the Congo, meaning t11e normal fwwtioning of the Parliament and the free- dom of action of the legal government headed by Lumumba."
64. The Secretary-General spoke here yesterday to inform us of new developments in the Congo. I have not yet studied the French version of his statement, but I think it must contain some positive elements since, for the fil'St time, the Secretary-General is advancing specifie proposals, even if they are not entirely to our liking. I therefore reserve my right to speak again after I have read the French text of his statement.
As no member of the Council wishes to speak at present, I shall, with the per- mission of the COUDcil, calI upon the representative of India, who has been invited by the COUDcil to p~:r ticipate in the discussion.
66. Ml'. JHA (India): Ml'. President, permit me first of all to thank you and, through you, the members of the Security Council for the courtesf of extending an invitation to my delegation to sit round this table. I can assure you and members of the COUDcil that we asked to participate in these meetings of the Security Council in full realization of the seriousness of the situation and in the hope that we might be able to make a humble contribution to the solution of the problem before us.
\fLa coalition colonialiste et impérialiste est d'envergure. En effet, les préparatifs ont lieu en ce moment pour dêclencher une contre-offensive contre les succès des nationalistes congolais. Vendredi 9 courant, dans la perspective de la disparition de Lumumba évadé et de ses conséquences, six avions ont débarqué lt Brazzaville cl;: l'équipement et du matériel militaire estimés ~ environ 60 millions de francs CFA. Ainsi donc, le Congo ex-français sert de relais.
"Nous apprenons que Lumumba et deux de ses codétenus sont transférés au Katanga en lieu silr. Pourvu que notre cri d'alarme ne soit pas entendu trop tard.
"De toute façon, l'opinion publique est alertée. Les instigateurs du complot contre le Congo et les nationalistes vont protester énergiquement, donner des démentis. ils ne tromperont personne. Dieu fasse qu'ils n'aient plus de possibilitêsdeperpétrer leur crime. Le peuple et le Gouvernement du Mali alertent une fois de plus l'ONU sur les graves con- séquences d'une détention plus prolongée des natio- nalistes congolais et plus particulièrement de Lu- mumba et lui demandent, si elle veut conserver encore UD peu de crêdït auprès des pays indépen- dants de l'Afrique, de tout mettre en œuvre pour le rétablissement de la légalité au Congo, c'est-lt-dire le fonctionnement normal du Parlement et la liberté d'action du gouvernement légal présidé par Lumum- ba."
64. Le Secrétaire général est intervenu hier, nous
apport~nt des éléments nouveaux sur le Congo. Je n'ai pas encore étudié la version française de son exposé. Mais je pense que ce texte doit contenir quelque chose de positif, si l'onconsidère que, pour la premi~re fois, le Secrétaire général formule des propositions con- crètes, même si alIes ne sont pas toutes de notre goilt. Je me réserve donC' de reprendre la parole après que j'aurai pris conn::"lssance du texte français de l'exposé du Secrétaire général.
65. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Aucun membre du Conseil ne demandant la parole, je vais, avec votre accord, la donner au représentant de l'Inde, que le Conseil a invité lt participer au débat.
66. M. J11A (Inde) [traduit de l'anglais]: Monsieur1e Président. permettez-moi tout d'abord de vous re- mercier, ainsi que les membres dL Conseil de sécurité, d'avoir bien voulu inviter ma délégation lt siéger ~ cette table. Je puis vous assurer et assurer les membres du Conseil que, lorsque nous avons demandé lt participer lt ces réunions, c'était enpleine conscience de la gravité de la situation et dans l'espoir de pouvoir apporter notre modeste contribution lt la solution du problème qui nous occupe.
68. In its subsequent resolutions of 22 July and 9 August 1960 [8/4405, 8/4426], the 8ecurity Council elaborated the decisions taken on 14 July. Both these resolutions confirmed the earlier decisions calling upon Belgium to vacate its aggression by withdrawing its troops immediately from all parts of the Congo, including the province of Katanga. These also con- firmed the l'ole of the United Nations in assisting in the maintenance and restoration of law and order without intervening so as to influence the outcome of any internal conflict.
69. The purpose of the United Nations was thus 1 clear. The United Nations operat~'ns in the Congo were undertaken at the request and with the :ull con- currence of the Congolese Government. Indeed, there was a specific agreement between the United Nations and the then Governrnent of the Congo. One would hav9 thought, therefore, that the United Nations, in effective co-operation with the Congolese Govern- ment, would be enabled to carry out its purposes and that the United Nations forces .and other personnel in the Congo would be an effective instrument not only for helping in the mairltenance of law and order and in the preservation of its independence but also in providing sorely needed technical assistallce, all of which would give the young republic an excellent start in its career as an independent 8tate.
70. Six months ago the United Nations undertook responsibilities in the Congo. It was a moment of great expectations. Rere was an opportunity-aunique and unprecedented one-for the United Nations to play a constructive l'ole in the maintenance of peace and in the building up of the newly emergent countries of Mrlca. Success in these undertakings was expected to add enormous prestige and strength to the United Nations and to its purposes and principles. For the Congo, and indeed for the wh01e of Afriea, this was the beginning of a co-opcrative endeavour with the United Nations and a chance ta consolidate the;1' free- dom and build up their economy and administration.
71. The progress of this matter in the United Nations since and the tragedy and deterioration in the Congo are a matter of recent history. It is not my purpose here to go through every phase or every detail of the Congo experience during the last six months and to take on the l'ole of a political analyste It is sufficient to say that the United Nations has gone through many crises and vicissitudes through this periode AU this would have been worth-while and wouId indeed have given cause for satisfaction if there had been pro- gress in the realization of the objectives of the 1'esolutions of the Security Council.
72. The situation today, however, unfortunately is 1 72. Malheureusement, la situation est telle qu'il faut Bueh that one has to admit frankly that not only has admettre frap-chement que, non seulement les Nations the United Nations been prevented from pursuing the Unies ont été empêchées de poursuivre les objectifs
68. Dans ses résolutions ultérieures, du 22 juillet et du 9 aoÛt 1960 [S/4405, S/4426],leConseilde sécurité a explicité les décisions qu'il avait prises le 14 juillet. Ces deux résolutions ont confirmé les premi~res,par lesquelles le Conseil demandait ~ la Belgique de mettre fin ~ son agression en retirant immédiatement ses troupes de toutes les parties du Congo, et notam- ment de la province du Katanga. Ces résolutions ont également confirmé le rôle des Nations Unies, qui consiste ~ aider le pays ~ maintenir et ~ rétablir l'ordre public, sans ingérence aucune qui puisse influer sur l'issue des conflits intérieurs.
69. Le mandat des Nations Unies était donc clair. L'opération du Congo avaitétéentreprise~lademande et avec l'entier agrément du Gouvernementcongolais. Et il existait même un accord précis entre les Nations Unies et le gouvernement que le Congo s'était dOll'lé ~ l'époque. On aurait donc pu penser que les Nations Unies, travaillant en étroite coor-ération avec le Gouvernement congolais, auraient pu mener
.~ bien leur tâche et que la présence des forces armées et des fonctionnaires de l'ONU au Congo aurait efficacement contribué non seulement ~ maintenir l'ordre public et ~ préserver l'indépendance du pays, mais encore rt fournir rt la jeune république l'assis- tance technique dont elle avait si grand bessoin, de
mani~re rt lui faire prendre un bon départ dans sa carrière d'Etat indépendant.
70. Il y a donc six mois de cela, les Nations -- 'ies ont assumé des responsabilités au Congo. Les plus grands espoirs étaient permis. C'était pour elles l'occasion - unique et sans précédent - de jouer un rôle constructif dans le maintien de la paix et dans la consolidation des nouveaux Etats d'Afrique. On pensait que le succ~s de cette entreprise conférerait un prestige énorme rt l'Organisation des Nations Unies, renforçant son influence et favorisant ses buts et ses principes. Pour le Congo, et même pour tous les pays d'Afrique, c'était le début d'un effort de coopération avec l'ONU et une chance de consolider leur liberté et d'édifier leur économie et leur appa- reil administratif.
71. L'évolution de la situation rt l'ONU depuis et les événements tragiques et lamentables survenus au Congo sont connus de tous. il ne m'appartient pas de faire ici une analyse politique de la situation, en entrant dans tous les détails de l'expérience congolaise au cours des six derniers mois. il suffit de dire qae, pendant cette période, l'Organisation des Nations Unies a traversé bien des crises et connu bien des vicissitudes. Celi! n'eth pas été vain, et c'eût été une cause de satisfaction, eût-on enregistré un progrès dans la voie des objectifs des résolutions du Conseil de sécurité.
73. Let us look more closely into the present state of affairs. There is no effective central Government of the Congo. The Republic of the Congo faces the danger of disintegrating. Parallel groups have been set up controlling different parts of the country. My Government has no interest in any individual or group in the Congo nor do we even know them, but in our opinion the authorities who pose as the lawful Goverll- ment of the Congo in Leopoldville have no constitu- tional sanction behind them, nor have they any moral or political strength. The lawful Government of Ml'. Lumumba, which was elected by a Parliament freely elected on the basis of adult franchise and which has still, as far as one can see, the support of the Parlia- ment, was arbitrarily dismissed from office. Ml'. Lumumba and his supporters are under detention and are being subjected to the most cruel and humiliating treatment in violation of all human rights and funda- mental freedoms.
74. The situatiùn with respect to other political leaders and memb€rs of Parliament is similar. There is a systematic violation of such rights and freedoms in the Congo, perpetrated by all kinds of people in- cluding those who pass as the lawful Govermnent of the Congo. The powers which under the fundamental law were distributed among the Chief of State, the Prime Minister and his Government and the Parlia- ment have all been assumed by the President of the Republic without any constitutional sanction. Parlia- ment has been suspended indefinitely, contrary to the terms of the "Loi fondamentale" of the Congo. Secessionist tendencies have grown stronger, thanks to foreign intervention and assistance, military and other, and succour to secessionists, particularly in Katanga. There is a complete absence of the rule of law, and personal and tribal vendetta and struggle for power in all their nakedness are the order of the day. 75. Rival authorities in the Congo are in a state of undeclared war against each other. According to the la':.ust reports, even aerial bombillgs of defellceless civilial1 populations have started. Private armies flourish. Arms and ammunition are coming into the Congo in increasing quantities in four-engine planes. Belgian military officers, in spite of repeated prohi- bition by the Security Council and the General As- sembly and contrary to the pledges given by Belgium, are pouring into Leopoldville and Elisabethville. According to our information dozens of Belgian mili- tary officers and advisers have come into Leopold- ville and Elisabethville in recent weeks. The Congo has became a happy hunting ground for foreign mercenary military personnel who are descenJmg into the Congo in increasing numbers. According to a United Nations spokesman there are over 200 of them in Katanga apart from the 140 Belgian armed personnel. Even the mere enumeration of the re- ported nationalities of these mercenaries bodes Hl for the problem of the Congo and indeed has an awful
73. Voyons Je plus près quelle est actuellement la situation. Il n'existe pas de gouvernement central effectif au Congo. La République du Congo est menacée de désintégration. Des groupes parallèles se sont constitués et exercent leur autorité sur diverses ré- gions du pays. Mon gouvernement n'a aucun intérêt qui l'attache rt quelque individu ou groupe que ce soit au Congo et ne connaît même aucune de ces personna- lités ni de ces groupes; mais, rt notre avis, les auto- rités de Léopoldville qui revendiquent le titre de gouvernement légitime du Congo ne peuvent s'appuyer sur aucune base constitutionnelle et ne représentent rien, ni sur le plan moral ni sur le plan politique. Le gouvernement légitime de M. Lumumba, qui avait été élu par un Parlement lui-mêlue librement choisi rt la suite d'élections au suffrage universel des adultes, et qui, autant qu'on puisse en juger, a encore l'appui du Parlement, a été renversé arbitrairement. M. Lu- mumba et ses partisans ont été arrêtés et subissent les traitements les plus cruels et les plus humiliants, en violation de tous les droits de 1'homme et de toutes les libertés fondamentales.
74. Ce sort est partagé par d'autres dirigeants poli- tiques et membres du Parlement. On assiste rt une violation systématique des droits de l'homme et des libertés iondamentales, dont se rendent coupables toutes sortes de gens, y compris ceux qui prétendent constituer le gouvernement légitime du Congo. Les pouvoirs qui, selon la Loi fondamentale, étaient ré- partis entre le chef de l'Etat, le Premier Ministre et son gouvernement et le Parlement, ont tous été assu- més par le Prêsident de la République sans aucune justification constitutionnelle, Le Parlement a été suspendu indMiniment, contrairement aux dispositions de la Loi fondamentl'le. Les tendances sécessionnistes se sont renforcées grâce rt l'aide et rt l'intervention étrangères, de caractère militaire et autre, et grâce aux secours fournis aux sécessionnistes, notamment au Katanga. Le droit n'est respecté nulle part et les vengeances personnelles et tribales et la lutte sans merci pour le pouvoir sont partout à. l'ordre du jour,
75. Les autorités rivales du Congo sont en état de guerre sourde les unes contre les autres. Selon les derniers renseignements, des bombardements aé- riens, dont est victime une population civile sans défense, auraient même commencé. Les armées privées se multiplient. Les armes et les munitions, chargées sur des avions rt réaction quadrimoteurs, arrivent au Congo en quantités croissantes. Malgré .les interdictions répétées du Conseil de sêcurité et de l'Assemblêe générale, et au mépris des engage- ments pris par la Belgique, des officiers belges arrivent constamment rt Léopoldville et rt Elisabeth- ville. Selon les renseignements qu.i nous ont été communiqués, des officiers et conseillers belges sont arrivés ~ Léopoldville et ~ Elisabethville par dizaines au cours des dernières semaines. Le Congo est devenu le champ d'élection des mercenaires étrangers qui fondent sur le pays en nombre de plus en plus élevé. Un porte-parole de l'Organisation des Nations Unies a déclaré qu'il y en aurait plus de 200 au Katanga, sans compter les 140 militaires belges.
76. In such a situation, t:he United Nations has be- come increasingly ineffeetive in the Congo. The policy pursued by it has the appearance of having no definite ,ùm. United Nations action apart from techni- cal assistance which, despite adverse conditions appears ta have been useful, has largely consisted in attempts ta thwart misdeeds here and there by vari- ous groups including those which owe allegiance ta Colonel Mobutu. These have had little success and the situation has deteriorated progressively. It ap- pears that the régime headed by President Kasa- Vubu has neither the will nor the ubility to deal with the situation satisfactorily or to follow the decisions of the United Nations. Withcat any constitutional basis it often sets itself in direct opposition and hostility ta the United Nations and its representatives. :\s a result of the passive attitude of the United Nations which is partly forced upon it in tIlis chaotic situation and partly results fI'am the inadequacy of its man- date, the impression gains ground that the United Nations presep..ce helps the régime ta consolidate itself.
77. The malady from which the Congo suffers is all too evident. Let us try ta diagll0se the disease itself. The whole "!\Sis of the United Nations action in the Congo was a request by the Ce'ltral Government of the Congo. 'Thp effectiveness of the ";Jni.ted Nations action pr~-supposed the contiuued existence of an effectiVf and lawful government working hand in hand
,~·:.tl~ Ll1e United Nations, co-operating fully with them and deriving the fullest advantage from the r;.assive technical assistance likely ta be available from the United Nations.
78. Secondly, the central purpose of the Security Council resolutions was the withdrawal of the Belgian forces from the Congo. Such a demand finds place in all the three Security Council resolutions with in- creasing urgency. Membcrs of the Security Council, out of politeness or sorne other reason, refrained from using the word "aggression", but the plain meaning and purpose of the Security Council resolu- tions was the end of the aggression involved in the presence of foreigll Belgian troops in lm independent State.
79. As 1 have indicated earlier, bath these funda- mental assumptions have been bclied. No effective central government of the Congo cxists, and Belgian military intervention in the Congo contintleS with in- creasing vigour and ruthlessness and disref;ard of world public opinion and the dicta of the United Nations.
80. Bere, Ml'. President, if 1 may digress for a while, with your permission 1 should Iikn to say that even the complete withdrawal of the then BelgiUll troops, which the Secretary-Gcneral has said took place by the end of \ugust, does not appear ta have become a relùity. The continucd presence of BclgiUll military officers, in Bclgian uniform, long after, as brought out in the second progrcss report of the Secrctary-General's Special Hepresentative in the Congo [S/4557], only gocs to show that BelgilUl with-
76. Dans cette situation, l'action des Nations Unies au Congo a perdu de plus en plus de son efficacité. La politique suivie par l'ONU ne paraIt pas avoir d'objectif bien défini. En dehors de l'assist" e tech- nique qui, malgré des conditions défavorables, parait avoir été utile, l'Organisation a surtout tenté d'en- rayer, ici et l~, les méfaits de divers groupes, no- tamment de ceux qui sont sous les ordres du colonel Mobutu. Ces tentatives n'ont gu~re rencontré de
succ~s et la situation a empiré progressivement. Il semble que le régime du président Kasa-Vubu n'ait ni la volonté ni les moyens de régler la situation de façcn satisfaisante et d'app' luer les décisions des Nations Unies. Dépourvu de toute base constitution- nelle, il se montre souvent directement opposé et hostile à. l'Organisation des Nations Unies et ~ ses représentants. En raison de l'attitude passive de l'ONU, 'lttitude qui lui est en partie ÎIl'Posée par cette situation politique chaotique et qui résulte aussi des lacunes de son mandat, on a de plus en plus l'im- pression que la présence des Nations Unies contrilme
~ renforcer le régime au pouvoir.
77. Que le Congo soit malade, cela n'est que trop évident. Essayons de diagnostiquer ia maladie. Toute l'opération des Nations Unies au Congo est fondée sur une demande du gouvernement central de ce pays. Pour être efficace, l'action des Nations Unies suppo- sait le maintien au pouvoir d'un gouvernement légi- time et efficace, travaillant en pleine harmonie avec les Nations Unies, coopérant sans réserve avec elles et retirant le maximum d'avantages de l'assistance technique massive qu'il pouvait en espérer.
78. Deuxi~mement, l'objectif essentiel des réso- Utions du Conseil de sécurité était d'assurer le re- trait des troupes belges du Congo. Cette demande ressort des trois résolutions du Conseil de sécurité et prend, dans chacune, un caract~re de plus grande urgence. Les membres du Conseil de sécurité, soit par politesse soit pour d'autres raisons, se sont abstenus d'employer le terme "agression", mais il est manifeste que lesdites résolutions avaient pour objet de l'ai re mettre fin ~ }iagression que constituait la présence de troupes étrang~res dans un Etat indé- pendant.
79. Comme j:3 l'ai déj~ dit, ces deux conditions fonda- mentales n'ont pas été remplies. il n'existe aucun !{ouvernement central effectif au Congo et l'interven- tion militaire belge dans ce pays se poursuit avec une vigueur et une âpreté grandissantes, au mépris de l'opinion publique mondiale et des décisions des Nations Unies.
80. S'il m'est permis, Monsieur le Président, d'ou- vrir ici une parenth~se, je dirai que même le retrait total des troupes belges qui, selon le Secrétaire géné- ral, était achevé à la fin d'aofit, ne paraIt pas être devenu une réalité. La présence d'officiers belges, en uniforme belge, lon~emps apr~s, constatée par le représentant spécial du Secrétaire général au Con!{o dans son deuxième rapport d'activité [S/4557], montre bien en effet que le retrait était soit incom- plet soit dépourvu de bonne foi. Mais depuis lors,
82. The main reason for inaction in the Security Council has been the failure of the big Powers to agree. It is obvious that unless they are in agreement no decision can be taken by the Security Council. It appears to us, therefore, that the big Powers should agree on a minimum policy for the Congo without loss of any more time. In this connexion, may I take the liberty of quoting the very wise words uttered by President Kennedy of the United States in his inaugu- ral address the other day. He said: "Let both sides explore what problems unite us instead ofbelabouring those problems which divide us." 1 submit that this is the right approach and the process can and ought to start here and 1l0W in the Security Council, in regard to the question of the Congo.
83. Permit me to express the views of my delegation on what should be the basis of agreement for future United Nations action in the Congo. As 1 said earlier, the United Nations has been handicapped right from the beginning because of the non-fulfilment of the two postulates on which the Security Council resolutions were based. It is obvious that if the United Nations is to continue its work in the Congo with any reasonable chance of success, the basic assumptions of the three Security Council resolutions must become a reality; that is to say, there should be a complete withdrawal of Belgian military and paramilitary personnel and a complete prohibiti011 of the influx of any such person- nel in the Congo, in whatever guise. There is no doubt in our minds that so long as Belgian military and paramilitary perSOT"- "}l are in the Congo ard Belgian intrigue prev~.ils there, there will be no f olution of the Congo problem. In conjunction with this I would add that Belgium must cease to misuse the Trust Territory of Ruanda-Urundi as a base and jumping
82. Si le Conseil de sécurité s'est trouvé paralysé, la raison essentielle en est l'incapacité des grandes puissances h s'entendre. Il est évident qu'en l'absence d'accord entre elles, le Conseil ne peut pas prendre de décision. il nous semble donc que les grandes puissances devraient sans autre délai s'entE'ndre sur un programme minimum pour le Congo. A c,~t égard, je me permettrai de citer les paroles tr~s sages prononcées l'autre jour par M. Kennedy, président des Etats-Unis, dans son discours inaugural: "Cherchons de part et d'autre - a-t-il dit - les points qui nous unissent, au lieu de ne nous arrêter qu'à ceux qui nous divisent". J'estime que c'est l!l., en effet,l'attitudequi s'impose et que le Conseil de sécurité devrait adopter dlls maintenant !l. propos de la question du Congo.
83. Permettez-moi d'exprimer les vues de ma délé- gation sur ce qui devrait former la base d'un accord sur l'action future des Nations Unies au Congo. Comme je l'ai déj!l. dit, les Nations Unies se sont trouvéet'. handicapées dlls le début parce que les deux conditions sur lesquelles les résolutions du Conseil de sécurité étaient fondées n'ont pas été remplies. il est évident que si les Nations Unies doivent pour- suivre leur œuvre au Congo avec une chance rai- sonnable de succlls, les conditions fondamentales sur lesquelles reposent les trois résolutions du Con- seil de sécurité doivent devenir une réalité: c'est-!l.- dire qu'il faut assurer le retrait intégral du personnel militaire et paramilitaire belge et interdire défini- tivement l'entrée de personnel de ce genre au Congo, sous quelque forme que ce soit. Nous sommes per- suadés que tant qu'il l'estera au Congo du personnel militaire et paramilitaire belge et que les Belges continueront d'intriguer dans le pays, aucune solution du probillme congolais ne sera possible. J'ajouterai
~
l
85. rt is obvious iliat such a government should be a legal and constitutional government having the sanction of Parliament and based on the will of the people. Any government the source of whose power is a "coup d'état" or an unconstitutional fiat of the Chief of State cannot be regarded as an effective and consti- tutional central Government of the Congo. In practi- cal terms too, as experience in the Congo during the last few months has shown, there can be no such government without conciliation and without 3. consti- tuttonal basis.
86. rt is a matter of common knowledge that bitter~ ness and internal conflict in the Congo have gone on increasing ever since the President of the Republic suppressed Parliament and dismissed the lawfully elected Prime Minister. The seizure of power in Leopoldville by Colonel Mobutu's forces, under the patronage of the President, ia not acceptable to lcrge sections of the people of the Congo, especially to the nationalist elements who stand behind Mr. Lumumba. The detention and cruel treatment of Mr. Lumumba by thB Leopoldville ré~me has only served to rouse the deepest emotions and bitterness and increasing opposition by the Lumumba supporters, and indeed has strengthened Lumumba's position. Today it does not need a political prophet to say that unless there is a return to the path of constitutionalism and con- ciliation, it will be impossible to prevent a civil war in the Congo.
87. 1 would like to express the deep sense of shock and disgust felt by my Government and by public opinion in my country at the treatment to which Ml'. Lumumba has been subjected. Not only has he been arrested and is being kept in detention without lawful authority, but, even worse, he has been transferred to Katanga, which amounts to pushing him into the lair of his mortal enemies. On these points my dele- gation agrees with the legal analysis made at the last meeting by the representative of the United Arab Re- public. Ml'. Lumumba and his supporters are being manhandled and mistreated and humiliated in a man- ner which offends all concepts of civilized behaviour and amounts to the worst form of tyranny.
85. Il est évident qu'un tel gouvernement doit être légitime et constitutionnel, recevoir la sanction du Parlement et se fonder sur la volonté du peuple. Tout gouvernement qui détient son pouvoir d'un coup d'Etat ou d'un acquiescement anticonstitutionnel donné par le chef de l'Etat ne peut être considéré comme le gouvernement central constitutionnel et effectif du Congo. En pratique aussi, comme l'expérience de ces derniers mois au Congo l'a montré, un tel gouver- nement ne peut être viable sans concessions réci- proques et s'il n'est pas établi sur une base constitu- tionnelle.
86. Nul n'ignore que l'amertume et les conflits internes n'ont fait que croftre au Congo depuis que le Président de la République a supprimé le Parlement et démis de ses fonctions le Premier Ministre légi- timement élu. La prise de pouvoir par les forces du colonel Mobutu ~ Léopoldville, accomplie sous le pa- tronage du Président, n'est pas acceptée par des groupes importants du peuple congolais, notamment par les éléments nationalistes qui appuient M. Lu- mumba. La détention de M. Lumumba et les mauvais traitements qu'il a subis sur les ordres du régime de Léopoldville ont suscité une émotion et une amertume
tr~s profondes, ont amené ses partisans ~ durcir leur position et ont en fait renforcé la popularité de Lu- mumba. A cette heure, il n'est pas nécessaire d'être un prophète en matièrp politique pour prédire que, faute de reprendre la voie du constitutionnalisme et de la conciliation, il deviendra impossible d'empêcher la guerre civile au Congo.
87. Je voudrais exprimer l'émotion et le dégoût profonds ressentis par mon gouvernement et par l'opinion publique de mon pays devant le traitement infligé ~ M. Lumumba. Non seulement il a été arrêté et est détenu illégalement, mais, ce qui est pire, il a été transféré au Katanga, c'est-h-dire jeté dans le repaire de ses ennemis mortels. A ce sujet, ma délé- gation est d'accord avec l'analyse juridique faite ~ la
derni~re séance par le représentant de la République arabe unie. M. Lumumba et ses partisans font l'objet de traitements brutaux et humiliants qui sont une insulte ~ toutes les notions de conduite civilisée et rejoignent les pires formes de tyrannie.
89. It is our view, therefore, that Parliament should be reconvened without delay. It is Parliament which must become the forum for conciliation and for con- stitutional settlement. It is obvious that there cannot be a meeting of the Parliament unless all members of Parliament at present in detention, especially Ml'. Lumumba and other political leaders, are released. When I say this, I mean all such persons wherever and in whatever custody they may be. Where neces- sary, after their release, at their request or with their consent, such persons may be taken under United Nations protection. There should be an im~ mediate cessation of all practices which constitute a violation of human rights and fundamental freedoms.
90. It is obvions that without conciliation there can be no peace or stability in the Congo; and there can be no conciliation unless Ml'. Lumumba and his followers, who obvi':lUsly command a large following in the Congo, and other politicalleaders, are free to take part in the processes of conciliation in the Parliament and outside. Indeed, in our view, Parlia- ment would be the best forum for conciliation, and once Parliament is convened, a government having the support of Parliament will not take time to emerge•
91. The sort of round table conference which Presi- dent Kasa-Vubu has convened, without the participa- tion of Lumumba and other most important political leaders who are still in detention, can in our view not OlÙy not succeed in bringing about conciliation, but will make future conciliation much more difficult.
92. The Parliament has, of course, to be cOllvened by due cOllstitutional process. We believe, however, that the Security Council should urge the immediate convening of the Parliament. The combined effect of any such resolution of the Security Council and of the persuasion exercised by those who are in a position to influence President Kasa-Vubu will, we feel sure, result in the restoratioll of the Parliamellt. It is the view of my GovernnJ.ent-and we believe that it is aIso the view of the Arrican countries-that the Congo should be kept out of the cold war. None of us wishes to see the development in the Congo of a Korean situation. It is imperative that the Congo should be insulated from the supply of arms and military as- sistance of all kinds to the various factions contend- ing for power. It is therefore necessary that all arms supplies to the Congo, from whatever source, except for that channelled through the United Nations, must stop. Paragraph 6 of resolution 1474 (ES-IV), adopted by the fourth emergency special session of the Gen- ertÙ Assembly on 20 September 1960 without a dis- senting voice, clearly calls upon all States to refrain
89. Nous pensons donc qu'il conviendrait de réunir sans retard le Parlement. C'est le Parlement qui doit devenir l'organe de la conciliation et d'un r~glement constitutionnel. Or, il est évident qu'on nepeutconvo- quel' le Parlement si l'on ne lib~re pas tous ceux de ses membres qui sont actuellement détenus, et no- tamment M. Lumumba et les autres leaders politiques. J'entends par 111. relâcher toutes ces personnes otl qu'elles se trouvent et quelle que soit leur prison. Le cas échéant, une fois libérées, ces personnes pourront, si elles le demandent ou avec leur consentement, être placées sous la protection des Nations Unies. n faut mettre immédiatement un terme h toutes les pratiques qui constituent une violation des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
90. n est évident que sans conciliation, il ne saurait y avoir de paix et de stabilité au Congo; or, il ne peut y avoir de conciliation si M. Lumumba et ses amis, qui disposent, de toute évidence, d'unnombreconsidê- l'able de partisans au Congo, et les autres chefs poli- tiques ne sont pas libres de prendre part au mouve- ment de conciliation au Parlement et ailleurs. A notre avis, le Parlement serait en fait le meilleur théâtre pour la conciliation, etune fois le Parlement convoqué, un gouvernement fort de son appui ne tarderait pa"l A se constituer.
91. La Conférence de la table ronde que le président Kasa-Vubu a réunie sans la participation de M. Lu- mumba et d'autres chefs politiques de premier plan, encore détenus, ne peut, h notre avis, amener de réconciliation; elle ne fera au contraire que la rendre plus difficile.
92. Naturellement, le Parlement doit être réuni selon les formes constitutionnelles. Toutefois, nous esti- mons que le Conseil de sécurité devrait insister pour une convocation immédiate. Toute résolution en ce sens adoptée par le Conseil de sécurité et la persuasion exercée par ceux qui sont h même d'influencer le président Kasa-Vubu conduiront, nous en sommes convaincus, au rétablissement du Parlement. De l'avis de mon gouvernement - et nous pensons que les pays
~fricains le partagent - le Congo devrait être sous- trait h la guerre froide. Personne parmi nous ne souhaite que le Congo devienne l'ne nouvelle Corée. n faut absolument fermer le Congo A toutes les four- nitures d'armes et ~ l'assistance militaire destinée aux diverses factions qui luttent pour le pouvoir. n faut donc arrêter toutes les fournitures d'armes A destination du Congo, quelle qu'en soit la source, A l'exception de celles fournies par l'intermédiaire des Nations Unies. Le paragraphe 6 de la résolution 1474 (ES-IV), adoptée h l'unanimité le 20 septembre 1960 A la quatri~me session extraordinaire d'urgence de l'Assemblêe générale, invite clairement tous les Etats
94. 1 would like to repeat what 1 said earlier, that in order for the Security Council to be effective, there shotùd be a basic agreement among the big Powers. It is our belief that such a basis can and must be found and that it shotùd be possible for agreement to be :r.eached on the essential points that 1 have just enumerated.
95. We heard with great attention the important stateÎnent made yesterday by tlie Secretary-General. We are in general agreement with his analysis and assessment of the situation. We also agree with him
th~t the influx of arms, ammunition, military person- nel, and so on, into the Congo must stop and that all private armies shotùd be neutralized. We are, how- ever, firmly of the opinion that piecemeal measures will not do in the Congo.
96. The suggestions of the Secretary-General are well worth consideration, but only in conjunction with other measures which 1 have stated before. These are the release of all political leaders and members of Parliament, in particular Mr. Lumumba and his sup- porters, the immediate reconvening of Parliament, and the immediate withdrawal of all Belgian military and paramilitary personnel, and other suchpersonnel.
97. AlI these measures, as a matter of fact, hang together. For example, if the ANC is neutralized without the Parliament meeting or without Mr. Lu- mumba and others being released, or without the Belgian withdrawal, the festering sore of discontent, bitterness and the struggle for power will continue, and out of these will spring up again warring groups and factions. It is the focus of the trouble that must be attacked, and that can only be done by the re- establishment of the rule of law and the setting in motion of the processes of conciliation, without which any piecemeal measures will, in effect, be lending support to unconstitutional régimes.
98. We are firmly of the opinion that, without the elimination of tyranny and lawlessness, which at present prevail in the Congo, the measures proposed by the Secretary-General, useful as they may be, will
94. Permettez-moi de rappeler ce que j'ai dit pré- cédemment, à savoir que le Conseil de sécurité ne sera efficace que si les grandes puissances parviennent à un accord sur les points fondamentaux. Nous avons la conviction qu'une telle base peut et doit être trouvée et qu'il devrait être possible de parvenir à un accord sur les questions essentielles que je viens d'énumé- rer.
95. Nous avons écouté avec la plus grande attention la déclaration importante faite hier par le Secrétaire général. Nous sommes d'accord dans les grandes lignes avec son analyse et son évaluation de la situa- tion. Comme lui, nous pensons qu'il faut mettre un terme à l'entrée des armes, des munitions et du per- sonnel militaire au Congo et que toutes les armées privées devraient être neutralisées. Toutefois, nous sommes fermement convaincus que ce n'est pas avec des mesures fragmentaires que l'on résoudra le pro- blème congolais.
96. Les propositions du Secrétaire général méritent d'être exam:ilnées mais à la condition de ne pas les séparer des autres mesures que j'ai exposées plus haut. Je veux parler de la libération de tous les diri- geants politiques et des membres du Parlement, en particulier de M. Lumumba et de ses partisans, de la convocation immédiate du Parlement, et du retrait rapide de tout le personnel militaire et paramilitaire belge ainsi que de tout autre personnel de même na- ture.
97. A vrai dire, toutes ces mesures sont liées. Par exemple, si la neutralisation de l'ANC ne s'accompagne pas d'une réunion du Parlement ou de la libération de M. Lumumba et des autres dirigeants, ou du retrait des Belges, la situation continuera à se gangrener, et la lutte pour le pouvoir, le mécontentement et les rancunes ne tarderont pas à dresser une fois encore les uns contre les autres, groupes et factions. Le mal doit être combattu à son foyer même; il est donc indispensable de rétablir la légalité et de mettre en branle le processus de réconciliation, sans lequel toute mesure partielle ne servira, en fait, qu'à fournir un appui aux régimes anticonstitutionnels.
98. Nous sommes fermement persuadés que si l'on n'élimine pas la tyrannie et l'anarchie qui règnent actuellement au Congo, les mesures proposées par le Secrétaire général, pour utiles qu'elles soient, ne
99. It only needs the casting aside of mutual sus- picion by the big Powers, and the realization of the imperativeness of the success of the United Nations effort in the Congo, for the members of the Security Council ta come ta an agreed decision on the lines 1 have already outlined. The alternative to a more de- cisive policy is the fizzling-out of the United Nations operation for both political and financial reasons and the Congo becoming involved in large-scale civil war with outside intervention. The time for decision is now; later it may be too late.
1 entraîné dans une guerre civile généralisée, compli- quée d'interventions étrangères. Le moment de la décision est maintenant venu; si l'on attend plus long- temps, il risque d'être trop tard. La séance est levée à 12 h 55.
The meeting rose at 12,55 p.m.
99. Pour cela, il suffit que les grandes puissances oublient leurs soupçons mutuels, et que l'on comprenne que l'Organisation doit !l. tout prix réussir au Congo, et alors les membres du Conseil àe sécurité pourront prendre une décision concertée sur les mesures que j'ai exposées. Faute d'une politique plus nette, l'opé- ration des Nations Unies fera long feu pour des raisons !l. la fois politiques et financières et le Congo sera
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