S/PV.943 Security Council
SIXTEENTH YEAR 943
. ·ème SEANCE: 10 MARS 1961 SEIZIÈME ANNÉE
NEW YORK
If representatives will so far indtùge me, 1 shotùd like to say that, speaking 1 am sure for all of our colleagues, and certainly for my- self, 1 wish ,to convey to the representative of the United Kingdom, Sir Patrick Dean, our gratitude and admiration for his service as President during the month of February. 1 must say that if it were in my power, Sir Patrick, 1 assure you that 1 shotùd like nothing more than to nominate you immediately for re-election. 1 think your electionwotùdbe by acclama- tion, and 1 think it wotùd be better for the Council. 1 know that it wotùd be better for me. But since that is not possible let me, as your successor, be the first to aclmowledge'that you have earned a respite and also set an example of the impartiality and ,dispatch with which this high office shotùd be conducted.I hope we may profit from your example. As for me, 1 must plead ignorance in this l'ole and ask for the patience and the charity of my more experienced colleagues.
Even though 1 must thankftùly decline the proposal you have made, Ml'. President, 1 shotùd like to thank you for your very generous remarks. 1 shotùd, Imustconfess,have liked to claim the credit for myself, for 1think one does deserve some consolation for the ardours of presiding over this Council, but in all honesty 1 must say that the compliments which you have paid me should be shared by aU my coUeagues at this table, including you yourself, Sir, for. it is all of you who, by you!' forbearance and co-operation, lightened the task of conducting those rather, shall 1 say, unusual meet- ings which we held last month.
Président: M. A. STEVE:NSON (Etats-Unis d'Amérique).
Présents: Les représentants des Etats suivants: Ceylan, Chili, Chine, Equateur, Etats-Unis d'Amé- rique, France, Libéria, République arabe unie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Turquie, UlÙon des Républiques socialistes soviétiques.
Ordre du jour provisoire (SIAgenda/943) 1. Adoption de l'ordre du jour. 2. Lettre, en date du 20 février 1961, adressée au Président du Conseil de sécurité par le représen- tant du Libéria (S/4738).
Remerciements au Président sortant 1. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Si les membres du Conseil vetùent bien me le permettre, je tiens, j'en suis convaincu au nom de mes collègues et certainement en mon nom personnel, à. assurer le représentant du Royaume-Uni, sir Patrick Dean, de toute notre gratitude et de toute notre admiration pour la façon dont il s'est acquitté de ses fonctions de président pendant le mois de février. S'il était en mon pouvoir de le faire, soyez assuré, sir Patrick Dean, que mon plus cher. désir serait de proposer immédiatement votre réélection. Je suis certain que vous seriez élu par acclamation, et, à. mon avis, ce serait pour le plus grand bien du Conseil. En tout cas; ce serait pour mon plus grand bien. Pourtant, puisque cela est impossible et puisque je suis votre successeur, qu'il me soit au moins permis d'être le premier à. reconnaitre que vous avez bien gagné un temps de répit et que vous avez aussi dOlmé l'exemple de l'impartialité et de la diligence dont il convient de faire preuve pour s'acquitter des hautes charges de la présidence. J'espère que nous mettrons votre exemple à. profit. Quant à. moi, je dois invoquer mon ignorance et demander à. mes collègues plus expéri- mentés de se montrer à. mon égard patients et chari- tables.
2. Sir Patrick DEAN (Royaume-Uni) [traduit de l'an- glais]: Tout endéclinant avec reconnaissance lapropo- sition que vous avez faite, Monsieur le Président, je tiens à. vous remercier de vos très aimables re- marques. Je dois reconnaitre que j'aurais aimé en garder pour moi-même tout le mérite, car je pense que les diffictùtés dont s'accompagne la présidence du Conseil de sécurité donnent droit à. certaines com- pensations, mais, en toute honnêteté, je tiens à. dire que les compliments que vous m'avez faits doivent s'adresser aussi à. tous mes collègues réunis autour de cette table, y compris vous-m~me, car c'est vous tous qui, par votre patience et votre esprit de coopé-
Thank you very much, Sir Pat- rick, for your goodwishes. Imust confess that 1 should be glad to sacrifice the prosperity of my voyage if 1 could be sure of the calm.
Adoption of the agenda
In his letter of 7 March 1961 [S/4760], the representative of Portugal has asked to be heard in the discussion on the inscription of the item on the provisional agenda. 1 understand that it has been standard Council practice for non-members not to participate in the discussion of the adoption of the agenda. 1 therefore 3uggest that we should follow the Council's procedure at its 851st meeting, when it received a similar request on an item related to the Union of South Africa. Should the Councilvote to adopt the agenda, the representative of Portugal would be recognized after the vote to speak in connexion with the agenda. After that, the Council would begin its discussion of the substance of the question before it.
6. In connexion with the adoption of the agenda 1 calI on the representative of Liberia.
7. Ml'. PADMORE (Liberia): 1 should first liketo join you, Ml'. President, in extending our thanks to Sir Patrick Dean, the United Kingdom representative, for his able guidance during last month's meetings of the Security Council. We certainly enjoyedthe evening which we spent here with him at the Council's last meeting. We wish you, Ml'. President, theverybest of luck and we are sure that you will guide us most ably during this month.
8. On 20 February my delegation took the liberty of addressing a letter to the President of the Security Council [S/4738] requesting a meeting of the Council to deal with the crisis in Angola under Portuguese administration. In that letter, to which reference is made in the provisional agenda, the Government and delegation of Liberia express the opinion that: "im- mediate action should be taken by the Security Council to prevent further deterioration and. abuse of human rights and privileges in Angola".
9. As bdefly as possible 1 shall elaborate on the concern thus expressed. At this stage 1 shall try to refer to such points and evidence as may assist the Security Council inits decision concerningthe inscrip- tion of the item on the agenda.
10. 1 think that the Security Council should have the opportunity for a fair and unbiased discussion of the
4. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Je vous remercie sincèrement de vos bons vœux, sir Patrick Dean. Je dois reconnattre que je serais heureux de sacrifier l'agrément du voyage à la certitude d'une mer calme.
Adoption de l'ordre du jour
5. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Dans une lettre en date du 7 mars 1961 [S/4760], le représen- tant du Portugal a demandé à être entendu au cours de la discussion concernant l'inscription à l'ordre du jour du Conseil de la question prévue à l'ordre du jour provisoire. Je crois savoir qu'il est d'usage courant dans la pratique du Conseil, que les Etats non membres ne participent pas à la discussion relative à l'adoption de l'ordre du jour. Je propose donc de nous en tenir à la procédure suivie par le Conseil à sa 851ème séance, alors qu'il était saisi d'une demande analogue touchantune questionqui inté- ressait l'Union sud-africaine. Si le Conseil adopte l'ordre du jour provisoire, je donnerai la parole après le vote, au représentant du Portugal qui pourra présenter ses observations sur l'ordre du jour. Après quoi, le Conseil commencera l'examen quant au fond de la question dont il sera saisi.
6. En ce qui concerne l'adoption de l'ordre du jour, je donne la parole au représentant du Libéria.
7. M. PADMORE (Libéria) [traduit de l'anglais]: Je t.iens d'abord, Monsieur le Président, à m'associer à vous pour remercier sir Patrick Dean, représentant du Royaume-Uni, de la compétence avec laquelle il a dirigé les séances du Conseille mois dernier. il est certain que nous avons vivement apprécié la soirée que nous avons passée ici avec lui à la dernière séance du Conseil. Nous vous souhaitons bonne chance, Monsieur le Président, et nous sommes persuadés qu'au cours du mois, vous dirigerez noS débats avec la plus grande compétence.
8. Le 20 février, ma délégation a pris la liberté d'adresser au Président du Conseil de sécurité une lettre dans laquelle elle demandait que le Conseil se réunisse pour s'occuper de la crise en Angola sous administration portugaise [S/4738]. Dans cette lettre, dont il est fait mention dans l'ordre du jour provi- soire, le gouvernement et la délégation du Libéria expriment l'opinion que "le Conseil de sécurité devrait agir immédiatement pour empêcher que les droits de l 'homme continuent à être violés en An- gola". 9. Je m'efforcerai de décrire le plus succinctement possible l'inquiétude que nous avons ainsi exprimée. Pour le moment~ je tâcherai de faire état des points et des éléments de preuve de nature à permettre au Conseil de prendre une décision relative à l'inscrip- tion de la question à l'ordre du jour.
10. il faudrait selon moi que le Conseil ait la possi- bilité d'examiner avec justice et équité la situation
12. We are assured that all is now quiet in Angola. But there are many kinds of quiet. There is the quiet of contentment, and there is the quiet of the grave.
13. Much of what happened in those early days of February in Angola has been cloaked by rigorous censorship. But even official pronouncements tell a grim enough story. On 4 February 1961, between 2 a.m. and 3 a.m., a group of more than 300 people, most of them Africans but some Europeans, attacked the police barracks and prison. Fourteen of them, by the Portuguese Government's own count, Were killed, while six European policemen and one Africansoldier also lost their lives. Between forty and fifty persons were wounded, and more than 100 were taken into custody. On 5 February, an incident duringthefuneral of the seven official victims of the fighting touched off new disorders, as the result ofwhichten Africans- again by the Portuguese Government's count-were killed. On n February, there wasanother raid on the prison, and casualties were later givenassevenkilled and several wounded.
14. Those are what may be called bare statistics. History may clothe .them with greater numbers. But, in circumstances of this kind, l trust that our efforts will be concentrated on finding a cure for the disease rather than on reciting in exact detail its all too familiar symptoms.
15. What is known for certain is that a band of brave and desperate men embarked on an enterprise which offered little prospect of success· but in which they were prepared to venture their lives, as men do only when there is some great cause to be served or some great wrong to be righted. The African peoples do not see the uprising in Luanda as an isolated display of mob fury. They see it as a repetitionof the dangerous phenomenon of the cloud no bigger than a man's hand which, if not taken as aportentandforestalled in time, can rapidly grow intoastormofterrifyingdimensions.
12. On nous assure que le calme est maintenant revenu en Angola, mais il existe diverses sortes de calmes: le calme indice de la satisfaction et le calme de la tombe.
13. Les événements qui sont survenus enAngola dans les premiers jours de février ont été engrande partie voilés par une censure rigoureuse. Cependant, même les communiqués officiels révèlent assez le tragique de la situation. Le 4 février 1961, entre 2 et 3 heures du matin, un groupe de plus de 300 personnes, des Africains pour la plupart mais aussi quelques Euro- péens, .a attaqUé les postes de police et la prison. Selon les chiffres fournis par le Gouvernementportu- ga.5s, 14 d'entre elles ont été tuées, tandis que 6 po- liciers européens et un soldat africain perdaient également la vie. Entre 40 et 50 personnes ont été blessées et plus de 100 personnes ont été empri- sonnées. Le 5 février, un incident survenu au cours des funéî'ailles des 7 victimes officielles de ces manifestations a provoqué de nouveaux désordres au cours desqt.\els - toujours selon les chiffres du Gouvernement portugais - 10 Africains ont été tués. Le 11 février, à. la suite d'un nouvel assaut livré contre la prison, il y eut de nouvelles victimes dont le chiffre, révélé par la suite, s'élevait à. 7 tués et plusieurs blessés.
14. il s'agit là. de simples statistiques. il se pourrait fort bien d'ailleurs que l'histoire nous apprenne plus tard que le nombre des victimes était plus élevé. Quoi qu'il en soit, dans de telles circonstances, j'espère que nous nous efforcerons de trouver un remède à. la maladie plut8t que d'en décrire en détail les symptames qui ne nous sont que trop familiers.
15. Ce qui est c"ertain, c'est qu'un groupe d'hommes courageux et désespérés se sont lancés dans une entreprise qui n'offrait que peu de chances de succès mais pour laquelle ils étaient prêts à. risquer leur vie, comme les hommes le forit seulement lorsqu'il s'agit de servir une grande" ca.use ou de réparer de graves injustices. Les populations de l'Afrique ne considèrent pas le soulèvement de Luanda comme un exemple isolé de la fu.reur qui peut soulever les foules. Elles y voient une manifestation du danger que peut annoncer un simple nuage perdu dans le ciel, si l'on n'a pas su reconnaftre qu'il risque d'être à. l'origine d'une tempête terrifiante et prendre en temps voulu les mesures nécessaires.
17. 1 have every reason to believe that in recom- mending the inscription of the subject ofAngola on the agenda, 1 have the support and sympathy ofthe African- Asian nations. 1alsolookfor anunderstanding response from the United Kingdom and France, who have shown such remarkable wisdom and goodwill in di,sengaging themselves from their old imperial associations. 1 must count on the approval of the inscription on the agenda by the Latin American States, my coUeagues from Ecuador and Chile, who haveseenBrazildevelop into a mighty 'multi-racial Power, not as a fief of Portugal but as Portug!Ù's friend and equal, its body politic sustained and refreshed by that precious air of freedom which the Angolans are not allowedtobreathe.
18. 1trust that Turkey, since the day of Kemal Pasha AtatUrk a granite bastion of anti-imperialism in Ea.stern Europe and the Near East, will castits vote in favour of the African peoples.
19. The Governmènt of the representative of China has sent envoys t,a' most ,of the independent States of Africa expressing its supportofthe aspirations oftheir peoples. This is an opportunity to make real and genuine a practical measure of this friendship.
20. Lastly, 1 appeal for encouragement and succor from the new representative of the United States, whose appearancè a:inong us has aroused suchbuoyant hopes in the bO'som of.every African representative. 1 am sure 1 shall not exhort him in vain to remember President Kennedy's declaration that in international a..t'fairs there are sorne things which must be done, not because they are cQnvenient, not because they are advantageous, not because some rival forworldpower insists on doing them, but simply because they are right. If aU these friends of freedom will rally now to freedom's calI, then we shall speak with one voice, since other members of the Council made it known that they agreed to the inscription of the question of Angola on the agenda when the attempt was first made for an inscription of this item.
21. If 1 take the solettm step of invoking Article 34 of the Charter, it is not in orderto castigate Portugal
17. En recommandant que la question d'Angola soit inscrite à l'ordre du jour, j'ai tout lieu de croire que j'aurail'appuietlasympathie des nations d'Afrique et d'Asie. J'espère aussi que le Royaume-Uni et la France feront preuve de compréhension, car ces pays ont montré une sagesse et une bonne volonté remar- quables lorsqu ~ils ont cherché à se dégager de leurs liens impériaux d'autrefois. Je dois compter sur l'approbation des Etats de l'Amérique latine, repré- sentés par mes collègues de l'Equateur et du Chili, qui ont Vl1 le Brésil se transformer -.non pas en tant que fief du Portugal mais comme l'ami et l'égal de ce pays - en une grande puissance oi). se cetoient de nombreuses races et devenir une entité politique stimulée et vivifiée par cet air précieux de liberté que les Angolais n'ont pas·le droit de respirer.
18. Je compte fermement que la Turquie, devenue depuis l'époque de Kemal pacha AtàtUrk le bastion inébranlable de l'anti-impérialismeen Europe orien- tale et dans le Proche-Orient, votera en faveur des populations de 'l'Afrique.
19. Le gouvernement au nom duquel parle le repré- sentant de la Chine a envoyé des représentants dans la plupart des Etats indépendants d'Afrique exprimant ainsi l'appui qu'il entend donner aux aspirations des populations de ces Etats. Ce gouvernement a ici l'occasion de manifester réellement et sincèrement cette amitié dans la pratique. 20. Enfin, j'attends encouragement et appui du nou- veau représentant des Etats-Unis dont l'apparitionici a suscité tant d'espoirs fervents chez tous les repré- sentants africains. Je suis certain que je ne l'exhor- terai pas en vain à se souvenir de la déclaration du président Kennedy, selon laquelle, en matière de politique internationale, certaines mesures doivent
~re prises non pas parce qu'elles sont commodes et avantageuses, non pas parce que certaine puissance rivale ch~rchant à dominer le monde insiste pour qu'elles soient prises, mais simplementparce qu'elles sont justes. Si tous ces amis de la liberté répondent maintenant à l'appel de la liberté, ctest une voix una- nime qui s'élèvera, puisque d'autres membres du Conseil ont fait savoir qu'ils acceptaient que la ques- tion d'Angola fût inscrite à l'ordre du jour, lors- qu'on a déjà précédemment essayé d'inscrire cette question. 21. Si je prends la décision solennelle d'invoquer -l'Article 34 de la Charte, ce n'est pas'Jlour stigma-
22. l pray the subject of Angola maY,be inscribed on the agenda of the Counci! for discussion and debate. To do a great moral right letus not get involved about an unimportant procedural v..-rong.
For the purpose of addressing the Council on the adoption of the agenda, l calI on the representative of the United Arab Republic.
The delegation ofLiberiahasrequested the inclusion of the question of Angolainthe agenda of the Security Council. The statement from the Govern- ment of Liberia drew attention to the fact that "au- thoritative reports from Angola indicate that funda- mental human rights are, contrary to the Universal Declaration of Human Rights, beingviolatedinAngola, and this is likely to endanger the maintenance of international peace and security". [934th meeting, para. 9.] In so doing, the delegation of Liberia has reflected the point of view of the greatmajority of the countries of Africa and Asia whosê opiniononcolonial questions is weIl known.
25. The tragic events which took place on 3,4 and 10 February last, andwhichunfortunately costso many human lives, have led the Government of Liberia to submit this complaintto the Security Council, as was so eloquently explained to us by Mr. Padmore.
26. Press reports, some of which are official, indi- cate that on 3 February demonstrators attacked the prisons of Luanda, the radio station and police premises. It has been officially admitted that of the thirty-one persons killed, seven we;re members of the provincial forces. Moreover, fifty-three persons were wounded and 100 arrested.
27. Such are, in brief, the events which took place. Our information is based on official figures, but ac- cording to other reports the losses in human Iife and the number of wounded were considerablylarger. It is, however, difficult to obtain accurate details onaccount of the censorship whichhas prevented journalists from sending out their information. According tothePress, in particular The Economist of 1 February 1961, the Portuguese authorities seized cameras, films, dis- patches and even certain journalists themselves who were on the spot and wished to send reports on the events. According to the same periodical, theyalso cut telephone communications and censoredmessabes, and some journalists were expelled. This brief outline of the latest avents which have taken place in Angola is, as l said before, based on official documents and generally on the Portuguese version.
28. When demonstrations ofthiskindoccurandstrong counter-measures are taken, the events in question require close study in order to ascertain their causes
22. Je demande l'inscription de la question de l'An- gola ~ l'ordre du jour du Conseil afin que celui-ci puisse 1'examiner ~ fond. Pour rétablir lL."l droit mo- ral important, ne nous laissons pas oentratner da.us des questions de procédure sans importance.
23. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Je donne la parole au représentant de la République arabe uilie qui souhaite faire devant le Conseil une dëclaration
relati~e ~ l'adoption de l'ordre du iour.
24. M. LOUTFI (République arabe unie): La délé- gation du Libéria a demandé l 'inscription ~ l'ordre du jour de la question de la situationenAngola. Dans une déclaration, le Gouvernement du Libéria a fait re- marquer que "selon les rapports~ dignes de foi semble-t-il, les droits fondamentaux de 1'homme sont violés dans ce pays, contrairement aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l'homme, ce qui risque de menacer le maintien de la paix et la sécurité internationales" [934ème séance, par. 9.]. Ce faisant, la délégation du Libéria a reflété le point de vue de la. grande majorité des Etats d'Afrique et d'Asie dont l'opinion sur les questions coloniales vous est bien connue.
25. Les tristes événements qui se sont déroulés les 3, 4 et 10 février dernier, et oill'on a eu ~ regretter de nombreuses pertes de vies humaines, ont amené le Gouvernement du Libéria ~ soumettre cette plainte au Conseil de sécurité, comme nous l'a brillamment expliqué M. Padmore.
26. En effet, il résulte d'informations de presse- dont quelques-unes sont officielles - que des mani- festants ont attaqué les prisons de Luandale 3 février, la station de radio, ainsi que les quartiers de la police. il a été officiellement admis que, sur les 31 morts, on comptait 7 membres des forces pro- vinciales. En outre, 53 personnes ont été blessées et 100 personnes ont été arrêtées.
27. Voil~, en résumé, les événements qui se sont déroulés. Nous nous sommes fondés ici sur des chiffres officiels; mais, d'après d'autres informa- tions, les pertes en vies humaines et le nombre des blessés ont été beaucoup plus élevés. Toutefois, ilest difficile d'avoir des nOJlvelles exactes ~ cause de la censure qui a empêché les journalistes d'envoyer leurs informations. D'après certains journaux, notamment l'Economist du 1er février 1961, les autorités portu- gaises ont saisi les appareils photographiques, les films, dépêches et même la personne de certains journalistes qui se trouvaient sur les lieux et vou- laient envoyer des informations sur les événements. Elles ont, toujours d'après ce 'journal, coupé les communications téléphoniques et censuré les mes- sages, et certains journalistes ont été expulsés. Voil~, en peu de mots, l'exposé des derniers événements qui se sont déroulés en Angola. Nous nous sommes fondés, pour vous les présenter, sur des documents officiels, comme je vous l'ai dit, etgénéralement sur la version portugaise.
28. Quand des démonstrations de ce genre se pro- duisent et que des répressions vigoureuses sont exercées, il faut toujours se pencher sur les événe-
30. We do not believe that the inclusion of this question in the agenda should meetwith anyobjection. It is the direct consequence of the dangerous and serious situation prevailing in Angola. The situation is one which might lead to international friction and, under Article 34 of the Charter, the Security Council may investigate that situation in oràer to determine whether the continuance of the dispute or situation is likely to endanger the maintenance of international peace and security.
31. If the Securi.ty Council were to refuse to include this item in its agenda, it would be refusing thereby to exercise its jurisdiction, to discharge its functions and to use the powers conferred upon it by the United Nations Charter. There can benodoubtthatthis situa- tion is a matter' of serious concern to members of the international community, and l think that the United Nations can hardly refuse to study a problemwhich is certainly arousing world-wide anxiety.
32. The argument is advanced that Angola is an in- tegral part of Portugal and that the United Nations cannot therefore intervene in the matter, according to Article 2 (7) of the Charter, which lays down that "Nothing contained in the present Charter shaH authorize the United Nations to intervene in matters which are essentiallywithin the domestic jurisdiction of any state." 33. l would first of aIl point out that it was the Portuguese Government which decided unilaterally that Angola was an integral part of Portugal. Angola and its people have never had the opportunity to express their views onthatunilateral decision accord- ing to which Angola is a Portuguese province. They have never been able to exercise their right of self- determination, and have never been consulted as to whether they agreed or not to the1r integration with Portugal. In addition, the distance between the two countries is enormous. Hence, to our mind, this juridical definition, or- rather this fiction, cannot induce us to subscribe to the view that Article 2 (7) of the Charter is applicable in this case.
34. Furthermore, from the point of view ofthe inter- national status of Angola, whether it is considered an integral part of Portugal or a Portuguese colony over which Portugal exercises sovereignty, the position remains the same so far as the Security Council's jurisdiction is concerned.
35. In fact the jurisprudence of the Security Council, ü l may use such a term, corroborates our argument. The Council itself adopted the same attitude with regard to the question of Spain, the question of Indo- nesia and the question of CZ,echoslovakia. Moreover,
30. A notre avis, l'inscription de cette question à. l'ordre du jour ne devrait pas soulever d'objection. Elle est la conséquence directe de la situation grave et sérieuse qui règne en Angola. Cette situationpour- rait entrafher un désaccord entre nations et, comor- mément à. l'Article 34 de la Charte, le Conseil de sécurité peut enquêter afin de déterminer si la pro- longation de ce düférend et de cette situation menace le maintien de la paixetde lasécurité internationales.
31. Si le Conseil de sécurité refusait d'inscrire ce point à. son ordre àu jour, il refuserait par là même d'exercer sa compétence, de remplir les fonctions et d'utiliser les pouvoirs que la Charte des Nations Unies lui a confiés. n n'y a pas de doute que cette situation constitue un sujet de préoccupation sérieuse pour les membres de la communauté internationale et il me semble difficile que les Nations Unies puissent refuser de se pencher sur ce problème qui, certaine- ment, inquiète l'opinion mondiale.
32. On soutient que l'Angola fait partie intégrante du Portugal et que, par conséquent, les Nations Unies n'ont pas compétence pour intervenir dans cetteques- tion, et cela en vertu du paragraphe 7 de l'Article 2 de la Charte qui dispose: "Aucune disposition de la présente Charte n'autorise les Nations Unies à. inter- venir dans des affaires 'qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d'un Etatn "
33. Je voudrais d'abord faire observer que c'est le Gouvernement portugais qui a décidé, d'une façon unilatérale, que l'Angola faisait partie intégrante du Portugal. L'Angola et le peuple angolais n'ont jamais eu l'occasion de se prononcer sur cette décision uni- latérale selon laquelle l'Angola constitue une province portugaise. ns n'ont pas pu exercer leur droit à dis- poser d'eux-mêmes et n'ont pas été consultés sur le point de savoir s'ils approuvaient ou non leur inté- gration au Portugal. De plus, la distance qui sépare les deux pays est énorme. Donc, à. notre avis, cette construction juridique ou plutat cette fiction ne peut nous amener à. souscrire à l'opinion que le para- graphe 7 de l'Article 2 de la Charte s'applique en la matière.
34. D'ailleurs, au point de vue du statut international de l'Angola, qu'il soitune partie intégrante du Portugal ou une colonie portugaise sur laquelle s'exerce la souveraineté du Portugal, la position reste la même en ce qui concerne la compétence du Conseil de sécurité.
35. En effet, la jurisprudence du Conseil de sécurité, si je peux employer ce mot, corrobore le point de vue que nous soutl~nons. Le Conseil lui-même dans la question espagnole, la question de l'Indonésie, laques- tion tchécoslovaque a adopté le même point de vue.
36. It would therefore seem that, when faced withthe question of human rights, of which the right of peoples to self-determination is one of the fundamental prin- ciples, the United Nations has declared itself com- petent whenever the question of the violation ofhuman rights affected the friendly relations which should prevail among States Members of the United Nations.
37. Indeed no question can remain any more essen- tially within the domestic jurisdiction of a State if it is international in scope and if it has international repercussions, especially if those repercussions are liable to impair the friendly relations which should exist among States or to threaten international peace and security. There is no doubt that, if the situation in Angola continues, it is likely to have an effect on relations between States and to constitute a threat to peace and security in that part of the world.
38. 1 should like to make two further observations on this matter.
39. First of all, the decision of Portugal to consider Angola and other provinces as integral parts of Portugal was taken in 1951 prior to the entry of Portugal into the United Nations. Thus, Portugal has been considering Angola to be an integral part of its territory for barely ten years. Previously the C0UUtry was considered a colony.
40. Finally, on 15 December, during the first part of its fifteenth session, the General Assembly adopted resolution 1542 (XV) on the transmission of informa- tion under Article 73 e of the Charter. It is stated in that resolution that the General Assembly:
Ill. Considers that, in the light of the provisions of Chapter. XI of the Charter, General Assembly resolution 742 (VIII) and the principles approved by the Assembly in resolution 1541 (XV) of 15 Decem- ber 1960, the territories under the administration of Portugallistedhereunder are Non-8elf-Governing Territories within the meaning of Chapter XI of the Charter •••" There follows a list of all the namvs of the terri- tories, among them Angola, including the enclave of Cabinda. The resolution continues as follows:
"2. Declares that an obligation exists on the part of the Government of Portugal to transmit informa- tion under Chapter XI of the Charter concerningthese Territories, and that it should be dischargedwithout further delay."
41. The text of this resolution clearly indicates that the United Nations considers that Angola is not an integral part of Pori"~ll.l and that it constitutes in fact a Non-8elf-Governiv g erritory within the meaning of Article 73 of the Ch!..... ;'dr. Inthose circumstance.s there is no doubt in our minds as to the jurisdiction of the United Nations and the SecuritY Council to deal with this problem.
36. TI semble bien que lorsque se pose la question des droits de l'homme, dont le droit des peuples à. disposer d'eux-mêmes constitue un des principes fondamentaux, les Nations Unies se sont déclarées compétentes quand cette question de violation des droits de l 'homme affectait les relations cordiales qui doivent régner entre les Etats Membres de 110rga- nisation des Nations Unies.
37. En effet; aucune autre question ne peut plus re- lever essentiellement de la compétence nationale dInn Etat si elle a une portée internationale etsi elle a des répercussions international~s, surtout si ces réper- cussions sont de nature â. compromettre les relations amicales qui doivent régner entre Etats ou menacer la paix et la sécurité internationales. Or, il n'y a pas de doute que le prolongement de cette situation en Angola est de nature à. entrafher des conséquences dans les relations entre Etats et une menace à. la paix et à. la sécurité dans cette région du monde.
38. Je voudrais faire deux autres observations con- cernant cette question.
39. D'abord, la décision du Portugal de considérer l'Angola et d'autres provinces comme partie inté- grante du· Portugal a été prise en 1951, avant l'entrée du Portugal à.l'Organïsation des Nations Unies. Donc, il y a à. peine 10 ans que le Portugal considère que l'Angola fait partie intégrante de sonterritoire. Avant, ce pays était considéré comme une colonie.
40. Finalement, le 15 décembre, au cours de la pre- mière partie de sa quinzième session, l'Assemblée générale a adopté la résolution 1542 (XV) concernant la communication de renseignements au titre de l'alinéa e de l'Article 73 de la Charte. Dans cette
résolutio~, il est dit:
"1. Considère, à. la lumière des dispositions du Chapitre XI de la Charte, de la résolution 742 (VIII) de l'Assemblée générale et des principes approuvés par l'Assemblée dans sa résolution 1541 (XV) du 15 décembre 1960, que les territoires suivants, administrés par le Portugal, sont des territoires non autonomes au sens du Chapitre XI de la Charte •••" Ensuite viennent les noms des territoires, notamment l'Angola, y compris l'enclave de Cabinda. Le texte continue de la façon suivante:
"2. Déclare que le Gouvernement portugais a l'obligation de communiquer des renseignements sur ces territoires au titre du Chapitre XI de la Charte, et qu'il devrait s'en acquitter sans autre délai."
41. TI résulte clairement du texte de cette résolution que les Nations Unies considèrent que l'Angola ne fait pas partie intégrante du Portugal etqu'il constitue, en fait, un territoire non autonome, conformément à. l'Article 73 de la Charte. Dans ces conditions, la compétence des Nations Unies, du Conseil de sécurité dans ce problème ne fait, pour nous, aucun doute.
"Intervention means the taking by a State of any action constituting intrusion into the domestic or external affairs of another State in order to demand the performance or non-performance of a specified act. The interveningState acts through its authorities in seeking to impose its will~ to exert pressure and compel compliance with its views."11
43. The inclusion of the question of Angola in the agenda, the discussion of that question or even the formulation of recommendations thereon cannotinany event constitute an intervention inthe domestic affairs of Portugal.
44. We are now only at the stage of dealing with the inclusion of the question in the agenda, andno one can contend that such inclusion, if it is approved by the Council, can constitute any kind of intervention in the domestic affairs of Portugal. If we wish to ascertain definitely whether these events endanger peace and security within the meaning of Article 34 of the Charter, then we must discuss them here.
45. l request you to include the question of Angola in the agenda of the Security Council.
!fhe next speaker on my list is the representative of Ceylon. l wouldlike to remind the members of the Council that we are now speaking on the question of the adoption of the agenda and to express the hope that they will confine their remarks to the inscription of this item on the agenda. If the agenda is adopted, there will then be full opportunity to discuss the substance of the question thereafter.
l appreciate the President's rema.rks that we should confine ourselves to the question merely of whethertoinscribethisitem on the agenda, but, because of the importance of the question, l should like to associate myself with the representatives of Liberia and the -United Arab Re- public in urging the inscription of the item. l shall not deal with the substantive question, but l wish to set forth the reasons for supporting the request for inscription.
48. In asking for inscription, l wish tomake one point clear: My delegationis not motivatedby any considera- tion other than the identity of interests we have with the colonial peoples all over the worldandthe bearing that this colonial problem has on international peace and security.
49. We want the Portuguese people to be prosperous and happy and to enjoy liberty as much as we want the colonial peoples to be free, prosperous and happy and to enjoy liberty. If, however, the policy of Portugal is
11 Charles Rousseau, Droit international public, Paris, Librairie du Recueil Sirey. 1953, p. 321.
ilL'intervention est le fait d'un Etat qui accomplit un acte d'ingérence dans les affaires intérieures ou extérieures d'un autre Etat pour exiger l'exécution ou l'inexécution d'une chose déterminée. L'Etat intervenant agit par voie d'autorité cherchant à im- poser sa volonté, à exercer une pression, à faire prévaloir ses vues.!l."
43. Or, le fait d'inscrire la question d'Angola à l'ordre du jour, de discuter même cette question ou de faire même des recommandations, ne peut consti- tuer, en aucun cas, une intervention dans les affaires intérieures du Portugal.
44. Nous sommes ici seulement au stade de l'inscrip- tion de la question à l'ordre du jour et personne ne peut soutenir que cette inscription, si elle est ap- prouvée par le Conseil, peut constituer une inter- vention quelconque dans les affaires intérieures du Portugal. Si nous voulons être fixés d'une façon défi- nitive pour savoir si ces événements portent atteinte à la paix et à la sécurité, dans le cadre de l'Article 34 dela Charte, il faut que nous en discutions ici.
45. Je vous demande, Messieurs, d'inscrire laques- tion d'Angola à l'ordre du jour du Conseil de sé- curité.
46. Le PRESIDENT [traduit de l'anglais]: Le prochain orateur inscrit sur ma liste est le représentant de Ceylan. Je tiens à rappeler aux membres du Conseil que nous parlons maintenant de l'adoption de l'ordre du jour et je voudrais exprimer l'espoir qu'ils limi- teront leurs observations à l'inscription à l'ordre du jour de la question qui nous intéresse. Si l'ordre du jour est adopté, nous aurons dês lors tout le temps voulu pour discuter du fond de la question.
47. M. SUBASINGHE (Ceylan) [traduit de l'anglaiS]: Je tiendrai compte de l'observation du Présidentselon laquelle nous devons nous borner à examiner s 'il nous faut ou non inscrire la question qui nous occupe à l'ordre du jour; toutefois, étant donné l'importance de cette question, je voudrais m'associer aux repré- sentants du Libéria et de la République arabe unie pour demander instamment qu'elle soit inscrite à l'ordre du jour. Je n'ai pas l'intention d'examiner le fond du problême mais je tiens à exposer les rai- sons pour lesquelles nous appuyons cette demande d'inscription.
48. A ce propos, je tiens en partiClùier à préciser 'un point: cette décision de ma délégation n'est en effet motivée par aucune considération autre que l'identité d'intérêts qui nous lie à tous les autres peuples coloniaux du monde et l'influence que ce problême colonial exerce sur la paix et la sécurité internationales.
49. Nous souhaitons autant aupeuple portugais qu'aux peuples coloniaux de vivre dans la prospérité, le bonheur et la liberté. Toutefois, si la politique du Portugal consiste à assurer la prospérité et le
11 Charles Rousseau, Droit international publlc (Paris, Librairie du Recueil Sirey, 1953), p. 321.
nBut we also find this concern in the people, in the man, in the street who talks and discusses African problems with aknowledge ofthe facts, since there are many journals and publications devoted to overseas affairs. The man in the street knows very well that the future of Portugal is in its overseas territories, laden with enormous riches, such as the oil wells which have been drilled in Angola, and that the life itself of Portugal exists in those countries which look to the future, since it is also known with certainty that without those overseas provinces, namely, its territories on both sides of Africa, Portugal would lose its very 'raison d'être'. Thatis why in recent months •••n_I wish to emphasize this-llthe Portuguese Army has got into closel' con- tact with African problems and is facing up to any- thing which might obscure the future. n
If policies such as this, if implemented, do not affect international peace and security, 1 do not know what kind of policy does affect international peace and security.
51. Often, countries such as mine are described as "uncommittedn nations. Broadly speaking, particularly "vis à visn the cold war, this is a correct description. But there are issues on which we are fully committed. On the question of the subjugation of one people by another, we are heavily committed on the side of the subjugated people. This is a period in which the sub- ject peoples are sweeping away the fetters that were imposed on them by powerful colonial Powers in an earlier period. The Government which I represent is also one that has come into being as a consequence of this world-wide movement for nationalliberation. So are the many Governments whose representatives have today addressed a letter [S/4762] tothe President of the Security Council, conveying their support for the inscription of this item.
52. Four hundred and fifty years of colonial history are being reversed in a matter of a couple of decades, and its final stage is being reached in Africa, where vast social and political changes are taking place. Angola may be one of the last bastions of colonialism. Nevertheless it is a bastion that will and must fall.
53. It is not only we who have Just emerged as inde- pendent nations that are anti-colonialist. So is the United Nations as a whole. Does not the Charter, in Article 73, lay this down quite clearly'? Similarly, did not the United Nations reiterate this Article andadopt a Declaration on the granting of independence to co- lonial countries and peoples on 14 December 1960 [resolution 1514 (XV)], without a single dissenting vote'? This Declaration will be regarded in times to come as being as significant an achievement of the
nMais nous trouvons également cette préoccupation parmi les peuples, chez l'homme de la rue qui s fin_ téresse aux problèmes africains et en discute en connaissance de cause étant donné que de nombreux journaux et publications sont consacrés aux ques- tions d'outre-mer. Lfhomme de la rue saitparfaite- ment que l'avenir du Portugal réside dans ses terri- toires dfoutre-mer, comblés dfimmenses richesses telles que les puits de pétrole forés en Angola, et que la vie même du Portugal dépend de ces pays tournés vers l favenir; chacun sait de façon certaine que sans ses provinces dfoutre-mer, c'est-à-dire les territoires qu'il possède de part et d'autre du continent africain, le Portugal perdrait sa raison d'être. C'est pourquoi, ces derniers mois •••n - je tiens à insister sur cepoint- n••• Parmée portu- gaise a pris plus étroitement conscience des pro- blèmes africains et elle est prête à faire face à tout ce qui pourrait assombrir Pavenir.n Si de telles politiques, une fois ,mises en pratique, ne portent pas atteinte à la paix et à la sécurité inter- nationales, je ne sais quel genre depolitique y portera atteinte.
51. Souvent, des pays comme le mien sont qualifiés de nnations non~ngagéesn. A tout prendre, et surtout à l'égard de la, guerre froide, cette expression est exacte. Toutefois il est des questions au sujet des- quelles nous sommes nettement engagés. En ce qui concerne Passervissement d'un peuple par un autre, nous prenons;'résolument parti pour lepeuple asservi. Nous vivons à une époque où les peuples asservis se libèrent des entraves qqfà une époque antérieure les puissances coloniales leur ont imposées. Le gouver- nement que je représente appartient à la catégorie de ceux dont l fexistence résulte de ce mouvement universel de libération nationale. il en est de même pour les nombreux gouvernements dont les repré- sentants ont adressé aujourdfhui au Président du Conseil de sécurité une lettre [S/4762] dans laquelle ils se déclarent en faveur de l finscription à l fordre du -jour de la question qui nous occupe.
52. En 20 ans, se trouventeffacés quatre siècles et demi dfhistoire coloniale et ciest en Afrique, où se produisent maintenant de vastes bouleversements so- ciaux et politiques, que la phase ultime est atteinte. L fAngola est peut-être un des derniers bastions du colonialisme, il n'en est pas m.oins un bastion qui doit tomber et qui tombera. 53. Ce ne sont pas seulement les nations quiviennent dfobtenir leur indépendance qui sont anticolonialistes, c'est aussi l fOrganisation des Nations Unies dans son ensemble. LfArticle 73 de la Charte nfénonce-t-ilpas ce fait sans ambiguil;é? De même, les Nations Unies nfont-elles pas réaffirmé la teneur de cet article lorsque PAssemblée générale a adopté, le 14 dé- cembre 1960, la Déclaration sur Poctroi de Pindé- pendance aux pays et aux peuples coloniaux [réso- lution 1514 (XV)], sans qufait été exprimé un seul
54. We believe that the contravention of both these dechu'ations by the authorities who exercise control over Angola is a matter that we are in a position to prove. We tu'e also in a position to prove that the contravention of these two declarations is causing tension between the newly independent States, both in Asia and Africa, on the one hand, and Portugal on the other. This is a cogent reasonfor the inscription of this item. The relations between Member States must not be ~ùlowed to deteriorate through the failtu'e of the Security Council to take note of such developm8nts. It might be tu'gued that a discussion of this item will be acrimonious and therefore will poison the at- mosphere of international relations. My delegation cannot agr::le with such an argument. My delegation lmows OlÙY too well how, when socio-political up- heavals in colonial territories and newly emergent nations tu'e not correctly evaluated, and when timely action is not taken along the correct lines, there is a tendency for great Powers to be drawn into the vortex of those upheavals. 1 need not eh"Pand on the dangers to world peace in such developments.
55. The case of the Congo provides the most recent example. In that case, the Fourth Commi~tee at- tempted to obtain information about the Congo and fix a ttu'get date for independence. The Belgiau Govern- ment took the position that it was not the concern of the United Nations. We lmow what followed. Now the Congo has beconle a very expensive concern of tile United Nations. It has become the dangerous concern of tile United Nations and the world.
56. My delegation believes that events in Angola tu'e following tile same pattern as in the Congo. Therefore, it is dangerous for us to ignore tile lessons of tile pasto We tu'e not unawtu'e of the views of the Portugl1ese Government tilat tile United Nations is precludedfrom Article 2 (7) of the Chtu'ter from considerilit; matters concerning the Portuguese territories overseas, sillce these territories do not faU withill the scope of Chapter XI of the Chtu'ter but tu'e, on the other hand, Integral ptu'ts of Portugal.
57. Neither the time nor the occasion requires any demolition of this often heard and repeated theme, but, Ml'. President, you will ptu'don me if 1 quote a passage from a publication of the Ministry of External Affairs of the Government of India called Goa and the Charter of the United Nations, which 1 thilù( is the best eh'})osure of tilis great Portuguese fallacy that Goa, Mozambique, Angola and other territories are Integral ptu'ts of metropolitan Portugal. It is headed "From 'Colonies' to 'Provinces'":
54. Nous sommes convaincus de pouvoir prouver que les autorités qui exercent leur contrÔle sur l'An- gola ont violé ces deux déclarations. Nous sommes aussi en mesure de prouver qu'en violant ces deux décltu'ations ces autorités sont à l'origine de la tension qui existe entre le Portugal, d'une part, et les Etats d'Asie et d'Afrique qui ont récemment accédé à l'indépendance, d'autre part. C'est là une raisonqui justifie l'inscription de ce point à l'ordre du jour. On ne saurait permettre une aggravation des relations entre les Etats Membres, qui serait due au fait que le Conseil de sécurité n'a pas voulu se saisir de ces événements. On pourra faire valoir que la discussion de cette question donnera lieu à des propos acerbes et par conséquent qu'eUe contribuera à envenimer l'atmosphère des relations internationales. Ma délé- gation ne saurait souscrire à des arguments de cet ordre. Elle ne sait que trop bien qu'en ne jugeant pas à leur valeur exacte les bouleversements sociaux et politiques qui surviennent dans les territoires colo- niaux et dans les nations en cours de formation et qu'en ne prenant pas les meSlU'es opportunes, dans le sens qui convient, on tend à créer une situation où les grandes puissances risquent de se trouver happées dans le tourbillon de ces bouleversements. il est inutile que je m'iitende SlU' les dangers que ces évé- nements présentent pour la paL" du monde.
55. Le cas du Congo nous en offre un exemple très récent. Dans cette affaire, la Quatrième Commission avait cherché à obtenir certains renseigllements sur le Congo et à fixer une date d'accession à l'indépen- dance. Le Gouvernement de la Belgique a estimé que cette question n'était pas du ressort de l'Organisation des Nations Unies. Nous savons ce qui est arrivé. Le Congo est maintenant du ressort de l'ONU qui sait ce qui lui en coO.te. Qui plus est, la question du Congo intéresse maintenant non seulementl'Organisation des Nations Unies, mais aussi l'ensemble du monde sur lequel elle fait peser un danger.
56. Ma délégation estime que les événements qui se produisent à l 'heure actuelle en Angola évoluent de la même façon que les événements du Congo. il serait donc dangereux que nous ne tenions pas compte des leçons du passé. il ne nous échappe pas que, selon le point de vue du Gouvernement portugais, les Nations Unies ne sauraient, en vertu des dispositions dupar'a- graphe 7 de l'Article 2 de la Chtu'te, se saisir des questions touchant les territoires portugais d'outre- mer, étant donné que ces territoires échappent aux dispositions du Chapitre XI de la Charte, et font, au contraire, partie intégrante du Portugal.
57. Ce n'est ni le moment ni le lieu de battre en brèche cet argument souvent entendu et souvent répété, mais si vous le permettez, Monsieur le Président, je voudrais citer un passage d'une publi- cation du Ministère des affaires étrangères du Gouver- nement de l'Inde, publication intitulée Goaetla Charte des Nations Unies et qui, selon moi, réduit à néant l'argument spécieux avancé par le Portugal selon le- quel Goa, le Mozambique, l'Angola et d'autres terri- toires font partie intégrante du territoire métropolitain portugais. Ce passage s'intittùe "Du statut de colonies à celui de provinces":
"Portugal was indeed looking far ahead. Hel' ap- plication for admission to the United Nations had been rejected, yet she would continue to apply and at some time or the other wotùd become a member of that body. There wollid be serious obstacles in the way then. The Charter of the United Nations had categoricaUy rejected colonialism and had solemnly written in the right of subject peoples to inde- pendence. Therefore, before Portugal became a member of the United Nations, it was a matter of necessity for her to prove through suchlegal change that she no longer had colonies under ber control; they were all part of a large free state, equal in every respect, enjoying the fundamental freecioms, democratic in structure, and infact indistinguishable from a nation like the United States of America or Brazil, which in a large geographical area had a population composed of various ethnic groups, re- ligions, languages and the like.
"The detestable word 'Colony' was, therefore, dropped and the word 'Province' took its place in what came to be known as the 'Ultramar Portugues'."
58. My delegation is clearly of the view that Por- tugal's territ9ries overseas are not integral parts of Portugal, but are non-self-governingterritories rlùed by Portugal. In short, they are Portuguese colonies. Any scienttiic definition of a colony applies to Angola and other Portuguese territories overseas.
59. No anlendments of the Portuguese Constitution, whether recent or otherwise, can alter the facts of history, geography, anthropology, economics and, above aIl, of common sense. Arbitrary legislation or edicts CaImot hold back the tide of history. They must correspond with historical trends ü they are to en- dure. Portugal must surely know this.
60. There was a time, as in 1493, when a Papal bull collid assign areas of the earth to European rivals contending for expaIlsion. There was a time, as in 1494, when Spain and Portugal, by an agreed treaty, divided their respective fields of exploitation. The validity of such Papal bllils and treaties were chnl- lenged then by nations whose r-epresentatives sit at this very table today. Will not the irrational legisla- tion of the Portuguese Government be challenged even more determinedly in this mid-twentieth century by peoples who are struggling to be free"/ Rather than
"Le mot hal13sable de "colonie" fut donc abandolllé et remplacé par le mot "province" dans ce qui fut COlmu dès lors comme l' "Ultramar Porlugues."
58. Ma délégation est incontestablement d'avis que les territoires d'outre-mer du Portugal ne font pas partie intégrli.i.lte de ce pays mais sont des territoires non autonomes sous domination portugaise.ns'agit en somme de colOlùes portugaises. Toute définition scientüique du terme "colonie" s'applique à l'Angola et aux autres territoires portugais d'outre-mer.
59. Aucun amendement à la Constitution portugaise, qu'il soit récent ou non, ne sam'ait rien changer aux faits que nous enseignent l'histoire, la géographie, l'anthropologie, les sciences économiques et, avant tout, le bon sens. Ni la législation, ni les édits arbi- traires ne peuvent s'opposer au courant de l'histoire. Pour durer, il faut qu'ils correspondent auxtendances historiques. C'est là un fait que le Portugal n'ignore certainement pas.
60. Il fut un temps, comme en 1493, 011 une bulle pa- pale pouvait attribuer des régions du globe à des rivaux européens luttant pour l'expansion de leur territoire. il fut un temps, comme en 1494, où l'Espagne et le Portugal, en vertu d'un traité accepté de part et d'autre, se partageaient des domaines d'exploitation respectüs. La validité de ces blliles du pape et de ces traités a été contestée alors par des nations dont les représentants sont aujourd'hui présents à cette table. Les peuples qui luttent au- jourd'hui pour être libres ne contesteront-ils pas
61. There are seated at this table some of Portugal's oldest allies. Of course, th~y are themselves colonial Powers, but thç leaders of these countries have shown a greater understanding of the rising forces in their colonial territories. For example, M. Macmillan, Prime Minister of the United Kingdom, has said:
"The wind of change is blowing through the con- tinent ••• we must accept it as a facto Our national poticies must take account of it."
Similarly, President de Gaulle of France has said:
"In the face of the changes taking place among the African peoples, we must agree to form a com- munity with them on a new basis-that is, on a basis of free choice for all."
62. Ml'. President, the Chief Executive of your own country, President Kennedy, has confirmed the state- ment attributed to a h1gh official of the Administration that "Africa belongs to the Africans".
63. AlI these statements imply that they are pre- pared to recognize the l'ole of the nationalist move- ments when they become irresistible. Cannot this same principle be applied to Portugal through a discussion in the Security Council? Can we not in the Se{:urity Council discuss this item with a view to finding a solution without allowing things to drift until we are confronted with a more serious situation?
64. Lastly, let us assume for the sake of argument that Angola is part of Portugal, however absurd that may be. The Council will recall that only a year ago, in March 1960, certain tragic events occurred in Sharpeville in the Union of South Africa. The Council decided to discuss those events and to take some action, however limited that action was. Should not the precedent apply.to Angola?
65. Thus my delegation, looking at this problemfrom many angles, is convinced that the request of the delegation of Liberia must be acceded to. Let not the Angolese, let not the Africans and let not the world, say that the Security Council waits till a crisis over- takes it before arguing about action, rather thanfore- stalling trouble, which in this case can very well be a danger to peace and security.
l calI on the representative of the Soviet Union to address the Council onthe adoption of the agenda.
67. Ml'. ZORIN (Union of Soviet Socialist Republics) (translated from Russian): Ml'. President, the Soviet delegation already had an opportunity, attheCouncil's
61. Certains des plus anciens alliés du Portugal sont présents à cette table. TI s'agit évidemment aussi de puissances coloniales, mais les chefs de ces pays ont montré qu'ils comprenaient mieux les forces qui se manifestent sur leurs territoires coloniaux. C'est ainsi que le Premier Ministre du Royaume-Uni a déclaré:
"Un vent nouveau souffle à. travers le continent ••• C'est un fait auquel nous devons nous résigner. TI faut que nous en tenions compte dans l'élabo- ration des principes directeurs de notre politique nationale." De même,le président de Gaulle a déclaré:
"En présence des changements qui surviennent parmi les peuples africains, nous devons accepter de former avec eux une communauté fondée sur des bases nouvelles, c'est-à-dire fondée sur le libre choix de chacun." 62. Le chef de l'exécutif de votre propre pays, Monsieur le Président, le président Kelmedy, a con- fh'mé une déclaration attribuée àunhautfonctionnaire de l'administrationselonlaquelle "l'Afrique appartient aux Africains". 63. Toutes ces déclarations impliquent que les pays en question sont prêts à reconnartre le rÔle joué par les mouvements nationalistes, lorsque ceux-ci de- viennent irrésistibles. Ne peut-on appliquer ce même principe au Portugal en saisissant le Conseil de sécurité de la question? Ne pouvons-nous pas au Conseil de sécurité examiner cette question en vue de lui trouver une solution, sans atten~e que les événements n'évoluent défavorablement et que nous nous trouvions en présence d'une situation bien plus grave?
64. Enfin admettons pour les besoins de la discus- sion que l'Angola fait partie du Portugal, aussi absurde que cela puisse être. Le Conseil se rappelleraqu'il y a seulement un an, en mars 1960, certains événements tragiques se sont produits à Sharpeville, en Union sud-africaine. Le Conseil de sécurité a décidé d'exa- miner ces événements et de prendre certaines me- sures, aussi limitées qu'elles aient pu être. Ne peut- on appliquer ce précédent à l'Angola?
65. Ma délégation ayant donc étudié ce problème sous ces multiples angles est convaincue qu'il convient d'accéder à. la demande du Libéria. Ne donnons pas aux Angolais, aux Africains et au monde entier l'oc- casion de dire que le Conseil de sécurité attend, dans les périodes de crise, d'être dépassé par les évé- nements pour commencer à discuter des mesures à prendre, au lieu d'essayer de prévenir les troubles qui, en l'occurrence, peuvent fort bien mettre en danger la paix et la sécurité.
66. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Je donne la parole au représentant de l'Union soviétique sur la question de l'adoption de l'ordre du jour.
67. M. ZORINE (Union des Républiques socialistes soviétiques) [traduit du russe]: La délégation sovié- tique a déjà eu l'occasion de déclarer, à la séance du
68. The objections put forward by the representative of Portugal in his letter of 7 March [8/4760] to the President of the 8ecurity COilllCil, which has been circulated to us, to the inclusion of the question of Angola in the Council's agenda, are completely un- founded. The Portuguese Government alleges, in the first place, that the matter concerns the "maintenance of internal public order" and that the 8ecurityCouncil is not vested with authority to deal with problems of internal public order". These allegations are notnew. They have already been put forward repeatedly by the representatives of Portugal in the United Nations and rejected by an overwhelming majority of Member 8tates.
69. The situation in the Portuguese colony of Angola is not a matter falling within the domestic jurisdiction of Portugal because Angola is not simply an integral part of Portugal. It is not an "overseas province", as the Portuguese Government contends, but a colony-a Non-8elf-Governing Territory within the meaning of the Charter-which is now under the control of Portu- guese colonizers. This fact was recognized and con- firmed by the General Assembly in its resolution 1542 (XV) of 15 December 1960, concerning the transmis- sion of information under Article 73 e of the Charter, on the basis of a report from the Fourth Committee,Y after detailed discussion of all legal and political questions relating to the Portuguese colonies. In that resolution the General Assembly specifically states that Angola, including the enclave of Cabinda, and the other eight Portuguese colonies, are Non-8elf-Govern- ing Territories and that accordingly the provisions of Chapter XI of the Charter apply.
70. It is well known that Portugal itself for several centuries regarded Angola as a colony and defined its legal status in what was known as the Colonial Act. Obviously, matters did not change simply because the Portuguese Government decided in 1951 to rename its colonies "overseas provinces". At the present time, when the General Assembly has adopted a formal resolution, on the subject, statements that Portugal has no colonies sound completely lm- convincing.
68. Les objections que le représentant du Portugal avance contre l'inscription de la question à l'ordre du jour du Conseil, dans la lettre qu'il a adressée au Président du Conseil de sécurité le 7 mars [8/4760], ne sont nullement fondées. En tout premier lieu, le Gouvernement portugais affirme qu'il s'agit en l'oc- currence du "maùltien de l'ordre public intérieur" et que le Conseil de sécurité "n'est pas habilité à oon- na.1'tre de problèmes intéressants l'ordre public inté- rieur d'un Etat". De telles affirmations ne sont pas nouvelles. Elles ont déjà été formulées à maintes reprises par les représentants du Portugal devant l'Organisation des Nations Unies, mais elles ont été rejetées par une majorité écrasante d'Etats Membres.
69. La situationqui règne actuellementdans la colonie portugaise de l'Angola ne relève pas de la compétence nationale du Portugal, ne serait-ce que parce que l'Angola est autre chose qu'une simple partie inté- grante du Portugal. Ce n'est pas une "province d'outre-mer" comme l'affirme le Gouvernement por- tugais, mais bien une colonie, un territoire non auto- nome au sens de la Charte des Nations Unies, qui se trouve actuellement sous la domination des coloni- sateurs portugais. L'Assemblée générale, le 15 dé- cembre 1960, a reCOlmu et formellement établi ce fait dans sa résolution 1542 (XV), intitulée "Commu- nication de renseignements au titre de l'alinéa g de l'Article 73 de la Charte", après un examen détaillé de toutes les questions juridiques et politiques se rapportant aux colonies portugaises. Cette résolution a été adoptée sur la base du rapport de la Quatrième CommissionY. L'Assemblée générale y a clair3ment ùldiqué que l'Angola, y compris l'enclave de Cabinda, ainsi que les huit autres colonies du Portugal, sont des territoires non autonomes et qu'ils relèvent, par conséquent, des dispositions du Chapitre XI de la Charte des Nations Unies.
70. On sait que, pendant plusieurs siècles, le Por- tugal lui-même avait considéré l'Angola comme une colonie et que le statut de ce territoire était défini par ce que l'on a appelé l'Acte colonial. il va de soi que la situation n'a pas changé du fait qu'en 1951 le Gouvernement portugais a décidé de changer le nom de ses colonies pour les appeler désormais des "pro- Vùlces d'outre-mer". A présent, après la décision formelle de l'Assemblée générale, les déclarations qui prétendent que le Portugal n'a aucune colonie ne sont absolument pas convRÙlCantes.
jJ Documents officiels de l'Assembl~egénérale, qulnzillme session, Annexes, point 38 de l'ordre du jour, document A/4651.
72. Thefact is that a situation has been created in Angola which may at any moment turn explosive and lead to military clashes and conflicts,thus endangering world peace. The representative of Ceylon said quite rightly that this danger existed at the present time. Seeking to preserve the colonial order in Angola, the Portuguese Government has instituted a régime of military and police terror in this African country, cruelly persecuting and physically destroy~ng the Angolan patriots who fight for the liberty ana inde- pendence of their country. The African population of Angola, deprived of all political and civil rights, is at the complete. mercy of the Portuguese colonizers. Using armed force, the Portuguese authorities ruth- lessly suppress any attempt of the African inhabitants to improve theil' situation and gain theil' freedom and independence. This is what is building up the threat to peace in the African continent. The conditions under which the Portuguese colonizers force the Africans of Angola to live are literally unbearable. As the repre- sentative of Liberia pointed out earlier, menare dying in Angola, they are being cast into prison. What is more; Africans are subjected to forced labour in its cruelest forms and on a mass scale. Official statistics show that about 700,000 Angolans from seven to seventy years of age worked in conditions of forced labour during 1957. According to the prominent Portuguese figure, Galvao, "onlythedeadarereleased from forced labour". The President of Ghana, Ml'. Nkrumah, declared in his statement before the General Assembly on 23 September 1960 that "in Portuguese Africa ... though it is difficult to believe, the condition of the ordinary African i8 worse even than it is in the Union of South Africa".1/
73. The Portuguese authorities have outlawed the activities of nationalist organizations and political parties. They stop at nothing in theil' endeavours to suppress the national liberation movement of the Angolan people. In a memorandum of the Union of Peoples ofAngola circulatedto representatives attend- ing the fifteenth session of the General Assembly, we read the following:
1/ Ibid., Flfteenth Session (Part 1), Plenary Meeti~ vol. l, 869th meeting, para. 46.
72. En vérité, la situation présente en Angola est dangereusement explosive et peut à tout moment dégé- nérer en un conflit armé qui mettra en péril la paix du monde entier. Le représentant de Ceylan a eu raison d'appeler notre attention sur cette menace actuelle. Le Gouvernement portugais, qui cherche à maintenir le régime colonial en Angola, a instauré dans ce pays africainun régime de terrorisme policier et militaire. Les patriotes angolais qui luttent pour la liberté et l'indépendance de leur pays sont cruellement persécutés et exterminés; la population africaine de l'Angola, privée de tous droits politiques ou civils, est victime de l'arbitraire des colonialistes portugais. Ces derniers, à l'aide de la force armée, répriment brutalement toute tentative que la populationafricaine fait pour améliorer son sort et pour accéder à l'indé- pendance et à laliberté. C'est celaqui constitue préci- sément une menace pour la paix sur le continent africain. Les colonialistes portugais ont rendu la condition des Africains en Angola proprement into- lérable. Ce n'est pas sans raisons que le représentant du Libéria nOus a informés aujourd'hui qu'en Angola des hommes sont jetés en prison et voués à la mort. Bien plus, le travail forcé des Africains est organisé sur une vaste échelle dans les conditions les plus cruelles. Conformément aux statistiques officielles établies pour 1957, près de 700 000 Angolais, O-gés de 7 à 70 ans, avaient été astreints au travail forcé. Selon une déclaration faite par. M. Galvao, homme politique portugais, "seuls les morts échappent au travail forcé". Ce n'est point par hasard que le Prési- dent du Ghana, M. Nkrumah, a déclaré dans l'inter- vention qU'il a faite le 23 septembre 1960 devant 1'As- semblée généralell, qu'en Afrique portugaise, même si la chose est difficile à croire, la condition de l'Africain moyen est plus mauvaise encore que dans l'Ulùon sud-africaine.
73. Ayant interdit les activités des organisations nationalistes et sociales ainsi que celles des partis politiques qu'elles ont mis hors la loi, les autorités portugaises n'ont hésité devant aucune mesure pour écraser le mouvement national de libérationdu peuple angolais. Dans le mémoire de l'Union des peuples d'An- gola, présenté aux délégations à la quinzieme session de l'Assemblée générale, nous relevons ladéclaration suivante:
11 Ibid., quinzième session (1ère partie), S~ances pl~nlères, vol. l, 869!!me s~ance, par. 46.
74. The members of the Security Council are well acquainted with the facts of the massacre of African Angolans which took place in early February 1961 and which was referred to by the representatives of Liberia, the United Arab Republic and Ceylon. The incomplete reports received from Angola indicate that in the course of the massacre the Portuguese colonizers killed at least 100 persons , while many others were wounded and hundreds thrown into prison. According to eye-witnesses, the repression of Africans in a settlement near Luanda resembled a slaughter. The streets of Luanda are patrolled by armoured cars and by police armed with machine guns. By special order of the Governor General, all military units have been placed in combat readiness. Accordingtofigures given in the British periodical The Economist of 18 February 1961, there are now 20,000 Portuguese troops in Angola, and reports are constantly arriving of major new reinforcements transported from Portugal to Angola by air and sea. Everything points to the fact that the Portuguese colonizers are pre- paring further measures of repression agaillst the African population of Angola.
75. In a cable addressed to Ml'. Khrushchev, the Chairman of the Council of Ministers of the USSR, Ml'. Mario de Andrade, the Chairman of the Popular Movement for the Liberation of Angola, wrote on 1 February 1961: "The Portuguese colonialists continue in t11eir policy of mass extermination of Luanda's population. We demand intervention by the United Nations Security Council and the dispatch of a mission of investigation to Angola. We rely firmly on your Government's solidarity in the struggle for inde- pendence of the Angolan people."
76. The extremely tense and uneasy situation in Angola is mentioned in many other communications and telegrams from representatives of Angolan po- litical parties and public organizations and from representatives of international organizations.
77. It goes without saying that the people of Angola, the other peoples of Africa and the United Nations as a whole calUlOt and must not tolerate the present situation in Angola. They camlot remain passive Ùl the face of the brutal repression of the African poplÙation by the Portuguese colonizers.
78. Recent events clearly indicated that the POl'tu- guese Govenmlent is discounting all possibility for
74. Les membres du Conseil connaissent bien les faits qui ont marqué la répression sanglante exercée contre la poptùation africaine de l'Angola au début de février 1961; les représentants du Libéria, de la des informations incomplètes en provenance de l'An- gola, les colonisateurs portugais ont tué, au cours de cette répression, une centaine de victimes pour le moins. il y eut un grand nombre de blessés et des centaines de personnes jetées en prison. Selon des témoins oculaires, la répression menée contre les Africains a transformé en abattoir une des localités proche de Luanda. A Luanda, des patrouilles de voi- tures blindées et de policiers armés de mitrailleuses sillOlment les rues. Sur instruction spéciale du Gouverneur général, toutes les unités militaires ont été mises Sill' pied de guerre. D'après des renseigne- ments publiés par le journalbritannique The Economist du 18 février 1961, l'armée portugaise compte à. l 'heure actuelle 20 000 hommes en Angola. Chaque jour, paraissent des ù1formations selon lesquelles de nouveaux renforts importants sont transférés du Portugal en Angola par la voie aérienne ou maritime. Tous ces faits prouventque les colonisateurs portugais sont en traùl de préparer de nouveaux actes de ré- pression contre la poplÙation africaine de l'Angola.
75. Dans un télégramme adressé à. M. Khrouchtchev, président du Conseil des ministres de l'Union sovié- tique, M. de Andrade, président du Mouvement popu- laire de libération de 1'Angola, écrivait ce qui suit le 1er février 1961: "Les colonialistes portugais continuent à. exter- mùler en masse la population de Luanda. Nous exi- geons que le Conseil de sécurité intervielme et envoie sur les lieux une mission pour enquêter sur la situation. Nous comptons fermement sur lasolidarité de votre gouvernement dans notre lutte pour l'indé- pendance du peuple de l'Angola."
76. La situation alarmante et extrêmement tendue qui règne en Angola apparat\; également à. la recture de nombreux autres commwùqués et télégranmtes émanant de représentants de partis politiques et d'organisations sociales du pays ou de représentants d'institutions internationales.
77. il va de soi que ni le peuple de l'Angola, ni les autres peuples d'Afrique, ni l'Organisation des Nations Unies dans son ensemble ne peuvent et ne doivent accepter que se prolonge la situation actuelle en Angola. ils ne sauraient non plus demeurer passifs devant la répression sanglante exercée contre la population africaine par les colonisateurs portugais.
78. Les évenements récents montrent clairement que le Gouvernement portugais écarte toute possibilité
79. This action by Portugal 1s in flagrant violation of the Declaration of 14 December 1960, in which the General Assembly expressly states:
IlAlI armed action or repressive measures of all ldnds directed against dependent peoples shail cease in order to enable them to exercise peacefully and freely their right to complete independence." [Reso- lution 1514' (XV).]
The whole Assembly voted for this resolution. There were no opposing votes. No one, not even the most inveterate colonialists, dared to vote against it. But the Portuguese Government took an openly hostile position with regard to this General Assembly resolu- tion and plainly stated that it did not intend to imple- ment it. The ruler ofPortugal, Salazar, openlydeclared that Portugal would not agree to being deprived in any way of its overseas territories, either by alienation, cession, renunciation, plebiscite, referendum or self- determination. Can we accept such a statement?
80. Ali this indicates that the United Nations must demand of its Member, Portugal, that it fulfil the Charter obligations it assumed on being admitted to the Orgiillization, obligations it now cynically and flagrantly violates. There is no doubt whatsoever that the Portuguese colonizers will be expelled from African soil-from Angola and their other colonies. But the events in Angola indicate that Portugalintends to mark its inevitable withdrawal by further mass murders of Africans.
81. The Security Council must notpermitthe Angolan colonizers to commit these fresh crimes. The bitter experience of the Congo suffices.
82. That is why the Soviet delegation fully supports the initiative of the Liberian delegation, even as it supports the statements by the representatives of Liberia, the United Arab Republic and Ceylon, asking that the question of Angola should be included in the agenda and carefully examined by the Security Council with a view to averting a serious threat to inter- national peace,and security and to adopting practical measures designed to give effect to the provisions adopted by the General Assembly in its Declara'~Lon on the granting of indepeii.ltlUce to colonial countries and peoples.
79. Ces agissements du Portugal constituent une grave violation de la Déclaration du 14 décembre par laquelle l'Assemblée générale aproclamé clairement: lin sera mis fin à. toute action armée et à. toutes mesures de répression, de quelque sorte qu'elles soient, dirigées contre les peuples dépendants,pour permettre à. ces peuples d'exercer pacifiquement et librement leur droit à. l'indépendance complète. ft [Résolution 1514 (XV).] En fait, toute l'Assemblée a voté en faveur de cette déclaration. n n'y a pas eu de voix contre. Personne, pas même les colonialistes les plus acharnés, n'a osé voter contre cette résolulion. Cependant, le Gouver- nement portugais a adopté une attitude ouvertement hostile à. l'égard de cette déclaration de l'Assemblée générale, en disant qu'il n'entendaitpas y donner suite. M. Salazar a précisé clairement que le Portugal n'acceptera aucune décision qui le priverait de ses territoires d'outre-mer, que ce soit par transfert, séparation, abandon, plébiscite, référendum ou libre détermination. Pouvons-nous admettre des décla- rations de ce genre?
SO. Tout celadémontre que l'Organisationdes Nations Unies doit exiger du Portugal, qui est l'un de ses membres, qu'il s'acquitte des obligations contractées conformément à. la Charte, lors de son admission à. l'ONU, obligations qu'il enfreint actuellement avec cynisme et impudence. n ne fait aucun doute que les colonisateurs portugais seront rejetés de.la terre africaine, de l'Angola et d'ailleurs. Mais les événe- ments qui se passent en Angola prouvent que le Por- tugal a l'intention de marquer son dépaz:i; inévitable des colonies par d'autres massacres généralisés d'Africains.
SI. Le Conseil de sécurité ne saurait admettre ces nouvelles atrocités que les colonialistes commettent en Angola. n suffit de l'expérience amère du Congo.
82. C'est pourquoi la délégation de l'Union soviétique appuie pleinement l'initiative prise par la délégation du Libéria, ainsi que les déclarations faites par les représentants du Libéria, de la République arabe unie et de Ceylan, qui ont demandé que la question d'Angola soit inscrite à l'ordre du jour et que le Con- seil de sécurité l'examine sérieusement afind'écarter une menace sérieuse pour la paix et la sécurité internationales. n importe que le Conseil prenne des mesures concrètes qui contribuent à. l'application des dispositions que l'Assemblée générale a approu- vées dans sa Déclaration sur 1ioctroi de l'indépen- dance aux pays et au peuples coloniaux.
The meeting rose at 1 p.m.
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