S/PV.963 Security Council

Thursday, July 20, 1961 — Session 16, Meeting 963 — New York — UN Document ↗

NEW YORK
The agenda was adopted.
Before calling on the speakers on my list, with the permission of the Council. l should like to call on the representa- tive of France, who has asked for the floor in order to make a statement.
l have asked for the floor merely in order to transmit the following information to the Conncil: 3. In accordance with the decision taken this morning by the Council. AdmiraI Amman. who is in command of the Bizerta base. immediately received instructions to contact the Tunisian authorities at once. with a view to: first. the establishment of a cease-fire as soon as possible and, in any case, before the early hours of the morning of 23 July (Tunisian time); secondly. if, as is hoped. the cease-fire is concluded at that time, the organization of a meeting tomorrowafternoon ta com- mence discussions on the means of returning to normal conditions. Président: M. L. BENITES VINUEZA (Equateur). Présents: Les représentants des Etats suivants: Ceylan, Chili, Chine, Equateur, Etats-Unis d'Amé~ rique, France, Libêria, République arabe unie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Turquie, Union des Républiques socialistes soviétiques. Ordre du jour provisoire (S/AgendaI963) 1. Adoption de l'ordre du jour. 2. Télégramme. en date du 20 juillet 1961, adressé au Président du Conseil de sécuritê par le Secre- taire d'Etat aux affaires étrangères de la Répu- blique tunisienne (S/4861). Lettre, en date du 20 juillet 1961, adressée au Président du Conseil de sécuritê par le représentant permanent de la Tunisie (S/4862). Adoption de l'ordre du jour L'ordre du jour est adopté. Télégramme, en date du 20 juillet 1961,_ adressé au Prési. dent du Conseil de sécurité par le Secrétaire d'Etat aux affaires étrangères de la République tunisienne (S/4861). Lettre, en date du 20 juillet 1961, adressée au Président du Conseil de sécurité par le représentant permanent de la Tunisie (S/4862) Sur l'invitation du Président. M. Mongi Slim (Tuni- sie) prend place à la table du Conseil. 1. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Avant de donner la parole aux orateurs inscrits depuis ce matin, je voudrais, avec l'autorisation des membres du Conseil. donner la parole au représentant de la France qui désire faire nne déclaration. 2. M. BERARD (France): Monsieur le Président. je vous ai demandé la parole simplement pour faire au Conseil la communicatibn suivante. 3. A la suite de la décision prise ce m.îtin par le Conseil, l'amiral Amman. commandant la base de Bizerte, a reçu aussitôt instruction d'entrer en rap- port immédiatement avec l'autorité tunisienne envue: premièrement, d'établir un cessez-le-feu aussitôt que possible et, en tout cas. avant les premières heures de la matinée du 23 juillet (heure de Tunis); deuxièmement, si. comme on l'espère. le cessez- le-feu est conclu ~ ce moment, d'organiser une réunion dans l'après-midi de demain pour commencer ~ dis- cuter des modalités d'un retour ~ la situation nor- male.
Before calling on the speakers on the list, l shall give the floor to the representative of Tunisia, who wishes to make a statement. 7. Ml'. SLIM (Tunisia) (translated from French): l am unfortunately not inthe same position as the French delegation-that is, l have not yet receivedan official communication from my Government, and the other members of the Council and you, Ml'. President, will understand why when you realize that my communica- tions with Tunis, by radio or by telephone, must go through Paris. 8. l have as yet no official communication, but after the statement just made to us by the representative of France, l should like to say that, to the best of my knowledge, it was not the purpose of the interim reso- lution adopted fuis morning to conclude an agreement, under conditions to be defined, between the French military authorities at Bizerta andthe representatives of the Tunisian Government who are on their own ter- ritory. It merely dealt with an immediate cease-fire and-I quote operative paragraph 7 of the resolution- "a return of all armed forces to their original posi- tion". The resolution deaIs even lesswithadiscussion between the authorities representing the Tunisian Government on their territory and the Frenchmilitary authorities with a view to organizinga return to normal conditions. What is meant by "normal conditions", by "return to peace"? It seems to me that the Security Council is still considering the substance of the ques- tion which consists, as l defined ityesterday and again this morning, in ensuring that an aggression is halted and that aIl the foreign troops on Tunisian soil are evacuated. It is a matter which is still in the hands of the Council. At the moment we are dealing only with a cease-fire and a return of aIl armed forces to their original positions. 9. Although l have not yet received a communication, for the reasons which l have explained, l think that my Government will have no objection to all the decisions taken in the Security Council and will implement them in good faith as speedily as possible. 10. Ml'. WIJEGOONAWARDENA (Ceylon): It hasbeen a matter of the utmost concern for the Ceylon delega- tion to find that the relations between two Member States of the United Nations which havehadsuch close co-operation and have acted in such close collaboration should have come to what they are today. In fact, not so long ago it was a source ofgreat satisfaction to every one of us to find that, onthe northern littoral of Africa, was a Member of the UnitedNations functioning so actively as a peace-maker in that region in France's disput~ with Algeria-I refer, of course, to Tunisia. This "',mdly State, led by its distinguished Head of State, iiad beeu more than a ray ofhope in that region, which is subject to the irredentist feelings that we 6. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Avant de donner la parole aux orateurs inscrits depuis ce ma- tin, je voudrais la donner au représentant de la Tunisie qui désire faire une déclaration. 7. M. Mongi SLIM (Tunisie): Je ne suis malheureu- sement pas dans la même position que la délégation française, c'est-~-dire que je n'ai pas encore reÇu de communication officielle de mbn gouvernement, et les membres du Conseil et vous-même, Monsieur le Président, comprendrez pourquoi lors.que vous saurez que mes communications avec Tunis, soit par radio, soit par téléphone, doivent passer par la voie de Paris. . 8. Je n'ai pas encore de communication officielle, mais en tout état de cause je voudrais, ~ la suite de la déclaration que vient de nous faire le représentant de la France, dire que: pour autant que je sache, il ne s'agit pas, dans la résolution intérimaire adoptée ce matin, de mettre sur pied un accord, suivant des modalités ~ définir, entre les autorités militaires françaises qui se trouvent ~ Bizerte et les repré- sentants du Gouvernement tunisien qui se trouvent sur leur territoire. Il s'agit seulement au para- graphe 1 du dispositif d'un cessez-le-feu immédiat et du "retour de toutes les forces armées ~ leurs positions initiales". Il s'agit encore moins, d'après cette résolution, qu'une discussion ait lieu entre les autorités représentant le Gouvernement tunisien sur leur territoire et les autorités militaires françaises en V'..le d'organiser le retour ~ une situation normale. Qu'entend-on par "situation normale", par "retour ~ la paix"? Il me semble que jusqu'~ présent le Conseil de sécurité demeure saisi du fond du pro- blème qui consiste, comme je l'ai défini hier et en- core ce matin, ~ voir cesser une agression et ~ voir évacuer toutes les troupes étrangères qui se trouvent sur le sol tunisien. C'est un problème qui demeure entre les mains du Conseil. Il s'agit maintenantunique- ment d'un cessez-le-feu et d'un retour de toutes les forces armées ~ leurs positions initiales. 9. Bien que je n'aie pas encore reçu de communica- tion, pour les raisons que j'ai indiquées, je pense que mon gouvernement ne fera aucune objection ~ toutes les décisions qui émanent du Conseil de sécu- rité et qu'il les exécutera avec bonne foi dans les meilleurs délais possibles. 10. M. WIJEGOONAWARDENA (Ceylan) [traduit de l'anglais]: La délégation de Ceylan a éprouvé une très vive inquiétude en constatant que les relations entre deux Etats Membres de l'Organisation des Nations Unies, qui avaient établi des liens de coopération et de collaboration si étroits, ont pu en arriver au point oil. elles en sont aujourd'hui. De fait, naguère encore, il était particulièrement réconfortant pour chacun d'entre nous de voir, sur le littoral septentrional de l'Afrique, un Membre de notre organisationtravailler aussi activement ~ la paix dans la région qui est le théâtre du conflit entre la France et l'Algérie - je veux parler, bien entendu, de la Tunisie. Cet Etat ami, qui a ~ sa tête un chefd'Etat si distingué, représentait 12. Because of their historical relationship, there have also been one or two unresolved problems which concern both of them intimately. Theseproblemshave been brought to light in detail in the debate to which we listened yesterday. It is, therefore, not necessary for me to go over them once again. Suffice it to say that with the restoration of the tradition of under- standing that these two countries have had, they are not insoluble. Indeed it is certainly possible to say that those problems are the relies of a colonial age, and indeed it is possible to say that their continuance is the symptom of a way of thinking which is charac- terized by the word "colonialism". But, we feel that whatever labels are to he attached to these problems, the important thing is to try to solve them-and 1 re- peat, try to solve them. 13. From the statements made by the representative of France and the representative of Tunisia, there is ample reason to believe that both Tunisia and France have been trying to seek solutions to these problems. But it would seem that, as circumstances have proved, there have been sources of irritation which have brought about the present situation which the Council is considering. It would seem that some of the nettles have goaded the parties concerned to such an extent tnat the irritation had gone beyond the point of en- durance; but no one studying closely the statements made by the representatives of France and Tunisia can help but feel that a solution can also be found. It is here, on this common grOl!nd ofa possible restora- tion of understanding, that the Ceylon delegation seeks to build a structure of hope. 14. We feel that no further opportunity shouldbe given for the destruction of human life or injury to human beings or damage to property. This mustbe considered as the first and foremost considerationin the restora- tion of harmony between Tunisia and France. For this objective to be achieved, it is necessary that there must be an immediate stop to the fighting that has broken out, and that conditions should return to those that prevailed prior to the present outbreak of hos- tilities. To this the Council addressed itself this morning, and adopted a resolution. We are happy about this. 15. In the view of the Ceylon delegation, it seems absolutely necessary, as an immediate step, for the 12. C'est également â cause des liens que <;les pays ont entretenus au cours de l'histoire qu'un ou deux problèmes qui les concernent directement sont restés sans solution. Ces problèmes ont été mis en évidence par le détail au cours du débat d'hier. Je n'ai donc pas li. y revenir. Qu'il me suffise de dire que, si ces deux pays renouent avec leur tradition de compré- hension mutuelle, ces problèmes ne sont pas inso- lubles. Certes, on peut parfaitement dire que ces problèmes sont les vestiges d'une époque coloniale et que leur survivance est le symptôme d'une façon de penser caractérisée par l'expression "colonia- lisme". Mais nous estimons que, quelles que soient les étiquettes attachées li. ces problèmes, l'impor- tant - et j'insiste - est d'essayer de les résoudre. 13. D'après les déclarations du représentant de la France et du représentant de la Tunisie, nous avons tout lieu de croire que les deux pays se sont effor.cés de trouver des solutions 11 ces problèmes. Mais il semblerait, ainsi que les circonstances l'ont prouvé, que des sources d'irritation soient 11 l'origine de la situation que le Conseil examine aujourd'hui. Il sem- blerait même que certains faits aient irrité les parties intéressées au point qu'elles n'ont pu en supporter davantage. Mais quiconque étudie de près les décla- rations des représentants de la France et de la Tunisie ne peut se défendre de penser qu'une solution peut pourtant être trouvée. C'est sur cette base d'un rétablissement de l'entente entre ces deux Etats que la délégation de Ceylan cherche 11 fonder ses espoirs. 14. Nous estimons qu'aucune nouvelle occasion d'in- fliger des morts ou des blessures, ou de porter atteinte aux biens, ne doit nanre. Telle doit être la première et la principale considération lorsqu'il s'agit de res- taurer l'harmonie entre la Tunisie et la France. Pour atteindre ce but, il faut mettre fin immédiatement aux combats qui ont éclaté et il faut que la situation redevienne ce qu'elle était avant la récente ouverture des hostilités. Tel est l'objectif que s'est fixé ce matin le Conseil de sécurité et il a adopté une réso- lution dans ce sens. Nous nous en réjouissons. 15. De l'avis de la délégation de Ceylan, lapremière mesure qui s'impose est que les forces armées
l was about to speak at the last meeting in order to introduce the resolution sponsored by the United States and my own delegation [S/4879). Before l could do so, however, the 8ecretary~Generalmade his helpful proposaI which has resulted in the wise initiative of the representa- tive of Liberia in proposing the resolution which this Council has adopted. 17. My delegation was happy to vote for this resolu- tion and sincerely hopes that it will lead to an im- mediate cease-fire so that the loss of life and damage may cease. The statement justmade by the representa- tive of France is further hope thatthis may come about very soon. This, in turn, should give an opportunity for passions to. subside and peaceful methods through negotiation to come into their own. 18. The circumstances ofthe present conflictbetween Tunisian and French forces has greatly distressed Her Majesty's Government. We would in any circumstances have deplored discord between two Members of this Organization, with whom the United Kingdom enjoys such friendly relations. We are aIl the more distressed that the situation has been so aggravated as to lead to fighting between the two sides and the death of many Frenchmen and Tunisians, both civilians and members of their respective armed forces. 19. The COUDcil will, of course, recall earlier dis- agreements between Tunisia and France. The repre- "sentatives of both France and Tunisia have given an historical account of these, and particularly of the events of 1958 when this Council met to discuss the situation between France and Tunisia. 20. On that occasion, as was only natural, the Govern- ments of the United Kingdom and the United States did a11 they could to reduce the intensity of these dis- agreements and to bring the two countries closer to- gether. These efforts met withsome success, notleast because of the considerable fund of mutual goodwill and statesmanship that was found on both sides. The United Kingdombelieves that that goodwill stillexists- as weIl it might in view of the long and historical ties of sympathy and interest in common between Tunisia and France. 21. l have already spoken of the good relations the United Kingdom has with both countries. This also in 11 laquelle il donna naissance en 1789. 16. Sir Patrick DEAN (Royaume-Uni) [traduit de l'anglais]: Je me proposais, 11 la dernière séance, de présenter la résolution qui a pour auteurs les Etats-Unis et le Royàume-Uni [S/4879]. Or, avantque l'occasion m'en ait été donnée, le Secrétaire général a fait la proposition qui a conduit le représentant du Libéria ~ prendre la sage initiative de proposer la résolution que le Conseil a adoptée. 17. Ma délégation a été heureuse de voter pour cette résolution et elle espère sincèrement que celle-ci aura pour résultat un cessez-le-feu immédiat per- mettant d'arrêter les atteintes aux vies et aux biens. La déclaration que vient de faire le représentant de la France renforce notre espoir de voir les choses prendre cette tournure très rapidement. Cette mesure devrait ~ son tour permettre aux passions de se calmer et frayer la voie ~ des méthodes pacifiques par voie de négociation. 18. Les circonstances du conflit actuel entre les forces tunisiennes et les forces françaises ont vive- ment ému le Gouvernement de Sa Majesté. Nous aurions en toutes circonstances déploré une discorde entre deux Membres de notre organisation avec lesquels le Royaume-Uni entretient des relations amicales. Mais nous sommes d'autant plus émus que cette situation s'est aggravée au point de pro- voquer des combats entre les deux parties et la mort de nombreux Français et Tunisiens, civils et mili- taires. 19. Le Conseil se souvient certainement de désacco~ds antérieurs entre la Tunisie et la France. Les représentants de la France et de la Tunisie en ont fait un historique et ont notamment rappelé les événements de 1958 qui avaient amené le Conseil 11 se réunir pour examiner la situation entre la France et la Tunisie. 20. A cette époque, les Gouvernements du Royaume- Uni et des Etats-Unis avaient, ce qui n'était que naturel, fait tout ce qui était en leur pouvoir pour atténuer la violence de ces désaccords et pour rap- procher les deux pays. Ces efforts avaient été cou- ronnés d'un certain succès parce qu'il y avait, de part et d'autre, beaucoup de bonne volonté et de sagesse politique. Le Royaume-Uni a la conviction que cette bonne volonté existe encore aujourd'hui et qU'il ne peut en être autrement étant donné les liens historiques de sympathie et d'intérêt commun qui unissent de longue date la Tunisie et la France. 21. J'ai déj~ parlé des bonnes relations que le Royaume-Uni entretient avec ces deux pays. De ce 22. Both coUntrles have indeed made valuable con- tributions to the purposes of the United Nations. We aIl know the valuable l'ole playedbyTunisianforces in the Congo and the benefit the whole Organization has derived from the wise influence of President Bour- guiba and of the representative of Tuni(3ia here today. France has done no less. We have only to see the new countries in this Organization who bear tribute to the speed and skill with which it has brought so many countries to independence. 23. My delegation has listened very carefully to the statements which have been made in this Council, particularly those made by the representatives of France and Tunisia. It is clear from these that now that there are strong hopes for an early cease-fire. The essential requirement in the situation with which we are confronted is that the two countries should negotiate promptly with each other. 24. None of the regrettable events ofthe past few days has removed this need for negotiations; indeed they have reinforced it. Nor is it unreasonable to hope that these negotiations can in fact lead to a successful conclusion. 25. The representatives oÏ both France and Tunisia made it clear that the will to negotiate exists on both sides. But plainly negotiations cannot readily take place while fighting continues, and therefore it is of the utmost importance that both sides should agree upon the implementation of the resolutionwhich this Council has just adopted for an immediate cease-fire, to be followed by a speedy return of aIl forces to their pre- vious positions• 26. My delegation is confident that the Governments of both France and Tunisia will soon reach agreement in the terms of this resolution. This in turn will give room for statesmanlike policies to operate. 27. At the same time, of course, it will be essential that aIl parties concerned should refrain from any action which might prejudice the restoration of peace in the area and what we may reasonably hope to be a building-up of mutual confidence between the two sides. 28. With these considerations in mind my delegation has therefore joined with the delegation of the United States of America in submitting to the Council the draft resolution which is contained in document S/4879. We have done 130 in the belief that the action there recommended for this Councilwill be widely supported, and will commend itselfnot onlyto France and Tunisia, but to aIl who have the restoration of good relations between these two countries at heart. 29. Before concluding, my delegation wishes to ex- plain why it prefers the draft resolution which it has co-sponsored with the delegation of the United States to that submitted by the delegations of Liberia and the 22. Les deux pays ont sans conteste apporté une con- tribution précieuse A l'œuvre de l'ONU. Nous con- naissons tous le rôle important que les forces tuni- siennes ont joué au Congo et les services que le président Bourguiba et le représentant de la Tunisie qui siège ici aujourdihui ont, par leur sage influence, rendus ~ l'Organisation tout entière. La France, pour sa part, n'a pas eu un rôle moins important. Il nous suffit, pour nous en convaincre, de voir les nouveaux pays qui font partie de notre organisation et qui témoignent de la rapidité et de l'habileté avec les- quelles la France a su les mener jusqu'~ l'indé- pendance. 23. Ma délégation a écouté très attentivement les déclarations faites devant le Conseil, notamment celles des représentants de la France et de la Tunisie. Ces déclarations nous prouvent clairement que nous avons maintenant toutes les raisons d'espérer sous peu un cessez-le-feu. La condition essentielle dans la situation présente est que les deux parties négocient rapidement. 24. Malgré les regrettables événements de ces derniers jours, des négociations demeurent néces- saires. En fait, elles le sont plus que jamais. Il n'est pas déraisonnable non plus d'espérer que ces négo- ciations pourront être couronnées de succès. 25. Les reprûsentants de la France et de la Tunisie ont précisé que la volonté de négocier existe de part et d'autre. Or, de toute évidence, les négociations ne peuvent être entamées tant que les combats se pour- suivent et il est donc de la plus haute importance que les deux parties conviennent d'appliquer la résolution que le Conseil vient d'adopter en vue d'un cessez-le- feu immédiat suivi d'un retour rapide de toutes les forces A leurs' positions antérieures. 26. La délégation du Royaume-Uniest convaincue que les Gouvernements français et tunisien parviendront bientÔt A un accord dans les conditions prévues par cette résolution, ce qui ouvrira la voie Ades solutions dictées par la sagesse politique. 27. Bien entendu, il sera également indispensable que les parties intéressées s'abstiennent de toute ac- tion qui pourrait compromettre le rétablissement de la paix dans la région et l'instauration progressive de la. confiance mutuelle que nous pouvons raison- nablement espérer. 28. S'inspirant de ces considérations, ma délégation s'est associée A la délégation des Etats-Unis d'Amé- rique pour présenter au Conseille projet de résolution qui fait l'objet du document S/4879. Nous l'avons fait parce que nous sommes persuadés que les mesures préconisées recevront l'approbation et l'apPui non seulement de la France et de la Tunisie, mais aussi de tous ceux qui ont A cœur le rétablissement de bonnes relations entre ces deux pays. 29. Avant de conclure, ma délégation tient Aexpliquer pourquoi elle préfère le projet de résolution qu'elle a déposé avec la délégation des Etats-Unis A celu~. qui a été présenté par les délégations du Libéria et de la 30. We think it would be wiser fortheSeeurity Coun- cil in the diffieult eireumstances whieh now exist not to preseribe too closely the limits within which the parties coneerned should settle their differences. The draft resolution submitted by the United States and my delegation seems, therefore, to my delegation to be preferable on these points and 1 therefore wish to commend it to this Couneil. 31. Ml'. BARNES (Liberia): When 1 addressed this Council yesterday [961sL meeting] on the matter ofthe complaint of Tunisia, charging France with aets of aggression infringing the sovereignty and security of Tunisia and threatening international peace and se- curity, 1 stated elearly and without prevarication that my Government views with complete understandingthe position of the Tunisian Government in this matter. 32. As we see it, the basic problem, which has pro- duced the tragic spectacle of two friendly countries confronting eaeh other in a eonflict which has so far caused many deaths of French and Tunisian people, arises from the faet that the French Government con- tinues to remain in possession of the base at Bizerta, a possession which may be traced to an acquisition duri~g colonial days. 33. There is perhaps an even more significant moral that ean he drawn from this situation. Does it not demonstrate once and for aU the necessity for im- mediate liquidation of every vestige of the colonial pattern? For we have on the one hand. a small nation uniquely distinguished for its moderation and its re- sponsibility, yet ehafing at the bit under the restraints of its freedom inherited from its colonial pasto Ob- viously, the pace of colonial liquidation must be ac- celerated, when we see a true friend of democracy and peace which can no longer accept what it considers as indignities, springing from the remnants of colonial- ism. We must recognize the intensity ofthe desire for complete and unfettered independence. In this process our Organization must continue to play a leading l'ole, by implementing boldly new categories of political thinking which have been outlined in the Charter of the United Nations-a Charter which will become areality only as we utilize its principles to master the power- fuI forces abroad in the world today. 34. Having said this, 1 wish to reiterate what 1 said here yesterday, that this Council must act promptly and vigorously to bring an immediage cessation tothe armed conflict now raging and take steps to remove the causes ofthis conflict. The Security Council, having already acted to bring the conflict to an immediate end, by calling for a cease-fire and the return of all armed forces to their original position, the next step 30. Nous pensons qu'il serait plus sage que le Conseil de sécurité, étant donné le caractère délicat de la situation actuelle, ne fixe pas de façon trop précise les modalités selon lesquelles les parties intéressées devraient régler leur différend. C'estpour ces raisons que le projet de résolutionprésenté par les Etats-Unis et ma délégation me semble préférable et que je tiens à en recommander l'adoption au Conseil. 31. M. BARNES (Libéria) [traduit de l'anglais]: Lorsque j'ai pris la parole icihier [961ème séance] au sujet de la plainte de la Tunisie qui accuse la France d'actes d'agression portant atteinte à la souveraineté et à la sécurité de la Tunisie et menaçant la paix et la sécurité internationales, j'ai indiqué de façon claire et sans équivoque que mon gouvernement partRf0ait entièrement la façon de voir du Gouvernement tunisien en la matière. 32. A notre sens, le problème fondamental qui est à l'origine de ce tragique spectacle de deux pays, unis par des liens d'amitié et se heurtant dans un conflit qui a déjà causé beaucoup de morts tant du côté français que du côté tunisien, tient au fait que le Gouvernement français continue à rester en posses- sion de la base de Bizerte qu'il avait acquise pendant la période coloniale. 33. Les circonstances actuelles permettentpeut-être de dégager un enseignement plus important encore. Ne prouvent-elles pas en effet une fois pour toutes qu'il est nécessaire de faire disparaître immédiate- ment tous les vestiges du régime colonial? Nous voyons d'un côté un petit pays, renommé pour sa modération et son sens des responsabilités, mais irrité des entraves à sa liberté qui sont le legs de son passé colonial. De toute évidence, il est grand temps de hâter la liquidation du colonialisme lors- qu'un pays respectueux de la démocratie et ami de la paix ne peut tolérer plus longtemps une situation imputable aux vestiges du colonialisme et qu'il con- sidère comme outrageante. Nous devons reconnaître la profondeur de cette aspiration à une indépendance complète et libre de tous liens. L'Organisation des Nations Unies doit donc continuer à assumer son rôle directeur en mettant hardiment en œuvre de nouveaux concepts politiques qui ont été proclamés pour la première fois dans la Charte des Nations Unies, Charte qui ne deviendra réalité que si nous appli- quons ses principes pour maîtriser les forces puis- santes qui s'affrontent dans le monde d'aujourd'hui. 34. Cela dit, je voudrais maintenant réaffirmer ce que j'ai déclaré hier, à savoir que le Conseil de sécurité doit agir rapidement et énergiquement pour mettre immédiatement fin aux hostilités qui font rage et prendre des mesures visant à faire dispa- raître les causes de ce conflit. Le Conseil ayant déjà pris des dispositions pour mettre sans retard fin au conflit en demandant un cessez-le-feu et le retour
Allow me at the outsetto express my warm thanks to the Secretary-General for his happy initiative in bringing about the adoption of an emergency measure to put a stop to the bloodshed. It was undoubtedly a humane and urgent measu:rd as all members of the Council recognized when theyadopted the draft resolution submitted by the delegation of Liberia [S/4880]. This resolution was in full accord with the views of all the members of the Security Council and its terms were included in the draft reso- lution submitted by our delegation and that of Liberia [S/4878]. 36. Although this urgent measure has been adopted, and for a very good purpose, that does not alter the fact that there is still a dispute for which a settlement must he found; first, because this conflict must be settled, and secondly andprincipally to preventfurther misunderstandings from leading to more disturbances and loss of life. 37. That being the case, l must speak once more on this subject and set before the Council the reasons why my delegation considers that France, and France alone, bears the responsibility for the present situation in Tunisia. 38. Yesterday, l told the Council [961st meeting] how deeply moved we were by this shameful act of agres- sion a.gainst Tunisia. The people and Government of the United Arab Republic were outraged by the actions of the French forces against a country whose only desire was to live in peace. Today, the whole Arab would has made its voice heard through the Council of the League of Arab States. Here are the terms of that decision of the Council: "The Council of the League of Arab States has learnt of the unjust French attack on the Republic of Tunisia and of the breaking of diplomatic relations between Tunisia and France. The Council declares that it vigorously denounces this French imperialist aggression against the people ofTunisia. Itproclaims that it whole-heartedly supports the sister country of Tunisia in its battle against French imperialism and upholds it in its struggle to rid itself of French imperialist forces. It is with the same feeling of indignation that it protests against the acts of French imperialist forces." 39. l do not wish to render these discussions still more acrimonious by relating all the acts of French troops in the different countries in which have been stationed, on various pretexts. Ido not orl:mC)Se today to analyse the reasôns that they have for each of their acts of aggressionj but l cannot relnajin silent about the latest example, the one which COltlCElrnlS us now: the aggression against Tunisia, which 35. M. CHEHLAüUI (République arabe unie): Qu'il me soit permis, au début de mon intervention, de remercier vivement le Secrétaire général de l'heu- reuse initiative qu'il a prise en faisant adopter une mesure d'urgence pour arrêter l'effusion de sang. C'était Ill: sans doute une mesure humaine et pres- sante à. laquelle tous les membres du Conseil ont fait écho en adoptant le projet de résolution pré- senté par la délégation du Libéria [S/4880]. Cette résolution, qui exprime d'ailleurs l'avis de tous les membres du Conseil de sécurité, était incluse, no- tamment, dans le projet présenté par notre délégation et la délégation du Libéria [S/4878]. 36. Mais, si cette mesure urgente a été prise, Il de très bonnes fins d'ailleurs, il n'en est pas moins vrai qu'il subsiste toujours un litige dont il faut trouver la solution, d'abord parce que ce litige doit être résolu, ensuite et surtout pour éviter que de nouveaux malentendus ne viennent créer encore des troubles et provoquer des pertes de vies humaines. 37. Puisqu'il en est ainsi, je dois parler encore de cette affaire et exposer au Conseil les raisons pOllr lesquelles ma délégation considère que c'est la France, et la France seule, qui est responsable de la situation actuelle en Tunisie. 38. Hier, j'ai fait part au Conseil [961ème séance] de l'émotion que nous avons ressentie à. cause de cette agression inqualifiable contre la Tunisie. Le peuple et le gouvernement de la République arabe unie ont été profondément indignés des agissements des forces françaises contre un pays qui ne cherchait qu'll: vivre en paix. Aujourd'hui, tout le monde arabe a fait en- tendre sa voix par le canal du Conseil de la Ligue des Etats arabes. Voici les propres termes de la décision de ce conseil: "Le Conseil de la Ligue des Etats arabes a appris l'injuste agression française contre la République tunisienne et la rupture des relations diplomatiques entre la Tunisie et la France. Le Conseil déclare condamner énergiquement cette agression impé- rialiste française contre le peuple frère de la Tu- nisie. Il proclame qu'il appuie entièrement la Tuni- sie sœur dans sa bataille contre l'impérialisme français et la soutient dans sa lutte pour se dé- barrasser des forces impérialistes françaises. C'est le même mouvement d'indignation qui le sou- lève contre les agissements des forces impérialistes françaises. Il . 39. Je ne voudrais pas envenimer encore ces débats en relatant tous les agissements des forces françaises d'occupation dans les diflerents pays ail. elles ont cantonné sous des prétextes divers. Je ne me pro- pose pas aujourd'hui d'analyser les raisons qu'elles ont données pour chacune de leurs agressions; mais je ne puis pas ne pas m'arrêter à. la dernière, celle qui nous occupe actuellement: l'agression contre la 40. Yesterday, the representative of Tunisia gave us a clear picture of the situation in his country and of the' events which preceded the aggression. He replied eloquently, and, above aIl, sincerely, to the represen- tative of France and to the defence which the latter sought vainly to bring forward, ifnot in justification of the aggression, at least as an attempt to explain iL 41. The representative of Tunisia gave facts and figures the accuracy of which cannot be disputed, and it is, first and foremost, in the records that we find the most unanswerable documents, includingthe letter of 17 June 1958 [8/4869] which clearly set out the position with regard to the French occupation forces which Tunisia was obliged to keep in a sector of its territory, at Bizerta, but only for a certain period. This affair has dragged on for more than three years, and no one can accept the allegation of the representa- tive of France that the responsibility for the delay lies with Tunisia, when that country's only desire was to free itself from the last vestiges offoreign occupa- tion. Of course, it might perhaps have been possible to settle the matter if Tunisia had bowed to aIl the wishes of the occupying Power; but Tunisia, it seems to me, could not have been expected to accept any solution which did not respect its dignity as a sovereign and independence 8tate. No one can believe aIl that we have been told today, when the responsibility for delay in the reaching of a settlement was placed on Tunisia and legitimate self-defence was invoked as a pretext without foundation or proof for aIl the attacks which have followed one after another, firstly at 8akiet-8idi- Youssef in 1958, and now at Bizerta. 42. What a mockery is this "legitimateself-defence" in the name of which France sends aircraft and ships against a country which has made plain its desil'e to become completely sovereign once and for all. Blood is still flowing, as if there were not already sufficient bloodshed on the other side of the border. 43. The words spoken by the representative of France yesterday might he ofsome value if only the authorities put them into practice. But they were merely vain hopes and how much at variance with the facts and all that is going on at Bizerta: shooting and bloodshed; and it is always the innocent who are killed. Discussions, talks? Yes-but on what basis? Yesterday, a direct question was putto the French representative by the representa- tive of the 80viet Union: what purpose was intended by the talks? That question unfortunately remained unanswered, much to our disquiet. 44. Today, we cannot go on merely waiting in hope, while blood continues to flo\'i. l trust that effect will he given to the 8ecurity Council's decision in favour of a cease-fire in form and in spirit. l sincerely believe that it is for France alone to put a stop to its aggres- sion in order that the situation may return to normal. Tunisia has committed no act of a kind to justify the 40. Hier, le reprêsentant de la Tunisie nous a fait un exposé clair de la situation dans son pays et des faits qui ont précédé l'agression. Il a rêpondu élo- quemment, mais surtout sincèrement, au représen- tant de la France et aux excuses qu'il cherchait vaine- ment ~ invoquer, sinon pour justifier l'agression, du moins pour tenter de l'expliquer. 41. Le reprêsentant de la Tunisie a ci~ des faits et a donné des chiffres dont l'authenticité ne sa.urait être contestée et c'est surtout dans les archives que nous trouvons les documents les plus aècablants, notamment cette lettre du 17 juin 1958 [8/4869] qui mettait au clair la situation des forces d'occupation française que la Tunisie a été obligée de maintenir sur une partie de son territoire, Tl Bizerte, mais pour un certain temps. Or la question trafne depuis plus de trois ans et personne ne pourra admettre les allégations du représentant de la France lorsqu'il déclare que la faute du retard incombe Tl la Tunisie, Tl la Tunisie qui ne cherchait qu'Tl se libérer des derniers vestiges de l'occupation étrangère. Evidem- ment, la chose aurait pu être réglée peut-être si l'on avait plié l'échine en acceptant tout ce que voulait l'occupant; mais la Tunisie, me semble-t-il, ne pou- vait accepter une solution que dans la dignité d'un Etat souverain et indépendant. Personne ne peut croire tout ce qu'on vient nous raconter aujourd'hui: on rejette sur la Tunisie la responsabilité du retard Tl trouver une solution; on invoque, sans fondement ni preuve, la légitime dêfense comme prétexte aux attaques qui se sont répétées, en 1958 Tl 8akiet-8idi- Youssef, et IL,.intenant Tl Bizerte. 42. Quelle dérision que cette "légitime défense" au nom de laquelle la France envoie des avions et des navires contre un pays qui manifeste son désir de devenir enfin définitivement et totalement souverain! Le sang coule encore comme s'il n'y avait pas assez de sang qui coule de l'autre côté des frontières. 43. Le représentant de la France a prononcé, hier, des paroles qui pourraient avoir leur valeur si les autorités les mettaient en pratique. Ce n'étaient que des souhaits, mais combien en contradiction avec la rêalité et avec tout ce qui continue Tl se passer ITl-bas: le feu, le sang; et toujours des innocents qui tombent! Des discussions, des pourparlers? Oui, mais sur quelle base? Hier, une question a été posée directement par le représentant de l'Union soviétique au représentant de la France: Tl quoi devaient aboutir les pourparlers? Cette question est restée malheu- reusement sans réponse et ceci n'était pas pour nous tranquilliser. 44. Aujourd'hui, nous ne pouvons plus rester dans l'expectative, alors que le sang coule toujours. Je souhaite que la décision du Conseil de sécurité en vue d'un cessez-le-feu soit exécutée dans sa forme et dans son esprit. Je crois sincèrement qu'il in- combe à la France seule d'arrêter son agression pour que la situation redevienne normale. La Tunisie 46. My delegation, echoing the feeling of indignation which has stirred aIl the Arab countrief' and aIl peoples valuing justice and freedom, and moved by pity for aIl who have died for a holy and just cause and are even now dying for that cause, hopes that a speedy and complete solution will be found to this sad affair. 47. A draft resolution has beensubmittedby our dele- gation and that of Liberia. We hope that the Council will adopt this draft, which could have been infinitely more severe in tone if human considerations had not led to its being given its present form. 48. The representative of the United Kingdom has said that there is a slight difference betweenhis draft and ours. The difference is in fact very slight but it affects the most essential point of aU. We consider that the decision adopted must have as its final and immediate aim the withdrawal of the French troops and the liquidation of the bases. As for saying: "Go both of you and come to an agreement" l ask how often the Security Councn has found that countries have reached agreement after such a wish has been ex- pressed. 49. And why not say: "For the immediate departure of the troops and the liquidation of the bases"? If that is not to be.the r-esult of the talks, there is no reason to hold talks, since l cannot imagine that a country would be willing to accept talks which were not de- signed to lead to the liquidation of bases which had no justification or had lost their justification, and to the departure of troops stationed on its territory. Forthat reason l feel that our draft resolution should perhaps receive some sort of priority, not on the basis of its nature but of its effects, since it is the only text which can bririg about the liquidation of the situation. 50. As to the other draft resolution, it seems to me that it would merely have the effect of postponing a solution to the affair sine die. Already a mission of conciliation has been sent; Tunisia and France have held discussions; and today we must deplore bloodshed and loss of life. The draft resolution submitted by the representatives of the United Kingdom and the United States cannot have any immediate effect; at any rate, it will not be able to give satisfaction. It can only have a temporary effect. But for our part, we are anxious that, following the talks, steps should be taken which will make it possible to dispose of the matter once and for aU.
The Security Councn has been convened to consider one of the most sudden and senseless con- flicts to have arisen duringthe lastfewyears. A spark 46. Ma délégation, faisant écho au sentiment d'in- dignation qui a révolutionné tous les pays arabes et tous les peuples épris de justice et de liberté, ainsi qu'au sentiment de pitié. pour tous ceux qui sont morts pour une sainte et juste cause et pour ceux qui sont en train de mourir, espère qu'une solution rapide et totale sera trouvée à cette 'triste affaire. 47. Un projet de résolution a été déposé par notre délégation et celle du Libéria. Nous espérons que le Conseil adoptera ce libellé, qui aurait pu être infi- nilnent plus sévère si des considérations humaines n'avaient incité à l'établir dans sa forme actuelle. 48. Le représentant du Royaume-Uni a dit qu'il y avait une légère différence entre son projet et le nôtre. Effectivement, c'est une très légère diffé- rence, la seule essentielle. Nous estimons que la décision qui devrait être prise doit avoir pour but final et immédiat le retrait des troupes françaises et la liquidation des bases. Quant à dire: "Allez tous deux vous mettre d'accord!", je me demande combien de fois l'on a constaté, au Conseil de sécu- rité, que des pays se sont mis d'accord après qu'un tel vœu a été émis. 49. Et pourquoi ne voudrait-on pas dirE': "Pour le départ immédiat des troupes et la liquidation des bases"? Si ce n'est pas ce qui doit en résulter, inutile qu'il y ait des pourparlers parce que jamais, je crois, un pays ne pourra accepter des pourparlers qui n'aboutiraient pas li la liquidation de bases injus:' tifiées ou devenues injustifiées et au départ de troupes stationnées sur son territoire. Voilàpourquoi j'estime que notre projet devrait peut-être recevoir une espèce de priorité, au point de vue de ses effets sinon de sa nature même, parce que c'est le seul texte qui puisse effectivement permettre de liquider la situation. 50. Quant à l'autre projet de résolution, je crois qu'il ne ferait que renvoyer aux calendes grecques la solution de cette affaire. Nous avons déjà vu qu'ùne mission de conciliation a été envoyée; la Tunisie et la France ont eu des discussion:;;; et pourtant au- jourd'hui nous voyons l'effusion de sang, nous dé- plorons des morts! Le projet soumis par les repré- sentants du Royaume-Uni et des Etats-Unis ne peut pas avoir d'effet immédiat; en tout cas il ne pourra donner satisfaction. Il ne pourra avoir qu'un effet provisoire. Mais, pour ce qui nous concerne, nous cherchons à ce qu'interviennent, à la suite des pour- parlers, des mesures qui permettent de classer définitivement cette affaire. 51. M. SCHWEITZER (Chili) [traduit de l'espagnol): Le Conseil de sécurité a été convoqué pour examiner l'un des conflits les plus soudains et les plus insensés qui aient jamais éclaté au cours de ces dernières 52. The Government and people of Chile bow their heads in respect for the innocent victilllS of a tragedy which no one 8eems to have wanted, which could have been avoided and whose prolongation would bring upon the main protagonists, and upon aU of us, the stigma of apathy and ineptitude. 53. We regret the present conflict. We are bound by close ties to France and Tunisia. France is one of the Latin nations which has contributed to the awakening of freedom and intelligence in the Latin American countries. Tunisia is a young and givorous nation which, like our Latin American countries, fought to secure its independence and to establish its free personality in the international community. 54. The demands of modern times make it essential that between the mother country and its Tunisian daughter, there should he a community ofinterests and an interdependence, based on mutual respect and on equality of rights, which can contribute to the weU- heing of both peoples and of mankind in general. A rupture of relations between the two nations, un- controlled violence and hatred, can only trouble the waters of the Mediterranean, those waters resplendent in history, and turn this marvellous region into a cancer in the worId and a danger to international peace and security. 55. We have listened with the deepest respect to the representative of Tunisia, Ml'. Mongi Slim, a former member of this Council who is profoundly imbued with the principles of the United Nations and has made a brilliant contribution to our Organization. He has spoken with moderation andwithoutanimosity, butwith the emotion ~atural to a man who comes from the place of the tragedy. We fully understand his attitude. A people's independence is a total thing which willallow of no limitations or restrictions except those resulting from treaties. Among the indisputable attributes of sovereignty are territorial integrity and the country's free use of its own land and resources, and only the will of a sovereigll people, acting according to the principle of self-determination, can authorize con- cessions granted through legal forms. Although we cannot entirely agree with the case he has put, we realize that Tunisia has appealed to this Council be- cause weak and small peoples must always find in the United Nations a forum to which to bring their prob- lems and a defender of their rights. 56. We have also listened with true respect to Ml'. Bérard, an active and intelligent participant in the work of this Council, whom no one could accuse of exag- geration or intolerance. He has declared tous that the French people feel nothing but friendship for the Tunisian people and that his Government is willing to continue negotiations with Tunisia and to discuss con- ditions for an end of the hostilities. We do not doubt the good will of the French Government or its intention of bringing about a settlement of the conflict. 52. Le gouvernement et le peuple chiliens s'inclinent respectueusement devant les victimes innocentes d'une tragédie que personne n'a semblé vouloir, qui pouvait être évitée, et qui, en se prolongeant, vaudrait au., principaux protagonistes, et à nous tous, le reproche d'apathie et de sottise. 53. Nous déplorons le conflit actuel. Des liens étroits nous unissent à la France et à la Tunisie. La France est l'une des nations latines qui ont contribué il l'éveil de la liberté et de l'intelligence sur le sol latino-américain. La Tunisie est une nation jeune et forte qui, à l'instar de nos pays latino-américains, a lutté pour affirmer son indépendance et imposer sa libre personnalité au sein de la communauté inter- nationale. 54. Entre la mère patrie et la fille spirituelle tuni- sienne, compte tenu des impératifs de l'histoire contemporaine, on ne peut concevoir qu'une commu- nauté d'intérêts, une interdépendance fondée sur le respect mutuel et l'égalité des droits qui contri- buerait au bien-être de ces deux peuples et de l'huma- nité en général. Une rupture des relations entre ces deu., pays, la violence incontrôlée et la haine ne pourraient que troubler les eau., de la Méditerranée lourdes d'histoire et feraient de cette région mer- veilleuse une source d'infection dangereuse pour la paix et la sécurité du monde. 55. Nous avons écouté avec la plus grande attention M. Mongi Slim, représentant de la Tunisie, qui a un sens très vif des principes des Nations Unies et a apporté un précieu.x Concours aux travaux de l'Orga- nisation. Il a parlé avec pondération et sans animo- sité, avec l'émotion bien naturelle de celui qui vient du lieu de la tragédie. Nous comprenons parfaitement son attitude. L'indépendance d'un peuple doit être absolue, sans limitation ni restriction, hormis celles que fixent les traités. L'intégrité territoriale et la libre disposition des terres et ressources constituent un attribut indiscutable de la souveraineté. Seule la volonté du peuple souverain, en vertu du principe d'autodétermination, peut admettre des exceptions sEpulées dans des instruments juridiques. Nous ne pouvons pas accepter entièrement l'exposé de lathèse tunisienne, mais nous comprenons que la Tunisie ait saisi le Conseil de sécurité, car les peuples petits et faibles doivent toujours trouver à l'Organisation des Nations Unies une enceinte où ils peuvent exposer lc~mrs problèmes et défendre leurs droits. 56. Nous avons également écouté avec beaucoup d'at- téntion M. Bérard, qui fait bénéficier le Conseil de son concours actif et intelligent et que nul ne peut accuser d'être passionné ou arbitraire. Il nous a déclaré que le peuple français ne nourrit que des sentiments fraternels à l'égard du peuple tunisien, et que SOI1 gouvernement est disposé à poursuivre les négociations avec Tunis et à discuter les conditions d'un arrêt des hostilités. Nous ne mettons pas en doute la bonne volonté du Gouvernement français ni son désir d'arriver à un règlement du conflit. 58. We intended to lay special stress on the urgency with which the Council should act and to insist on the need to find a formula forthwith which would put an Immediate end to hostilities and make the opposing forces return to their original positions, so that, once calm has been restored and armed violence has ceased, the way to conciliation will be open. The interim reso- lution unanimously adopted at the last meeting [Si 4882] is particularly auspicious. The Secretary- General, in accordance with his lofty functions, made a solemn appeal, which the COlmcil heeded, acting on the wise and timely initiative of the Liberian repre- sentative, whom we wish to thank publicly. As a result of the action taken by every member who took part in this debate and of the Secretary-General's fortunate intervention, we are now in the position of having satisfied the Councilrs immediate duty by bringing about the end of a reprehensible armed struggle, thus clearing the atmosphere and making it more suitable for the calm consideration of the substance of the problem. 59. We also think that it wouId be useful-apart, of course, from the action taken by the United Nations itself and by its appropriate organs-ifcertainPowers were to offer their friendly mediation for the re- sumption of relations between Tunisia and France, which have unfortunately been interrupted. It would, however, be childish simply to proclaim the urgent need for an armistice unless both parties show them- selves willing to go to the root of the problem and to reach a peaceful agreement on the question of Bizerta. The Council should make an urgent appeal to both parties with the definite purpose of bringing about a resumption of negotiations, to be carried out without delay or obstruction and with aU proper consideration for the interests of Tunisia and France. These two countries have so much in common, both by nature and by history, and so many opportunities for harmo- nious development for the benefit of both peoples, of the region inwhich they are situated and of aU mankind. H 60. In aIl parts of the world apparent paradoxes or contradictions spring up and must be reconciled; on the one hand, for instance, we have independence and, on the othel', Integration. France and Tunisia, a great and a small Power, by means of law, submission to the principles and methods of the Charter, and the free conclusion of treaties, can give anexample ofpolitical wisdom and fruitful co-operation which can help the economic and social development and the well-being of peoples eager for social justice and real progresse 61. We do not think it proper for a country such as Chile to intervene in this debate except to make a friendly appeal to both countries; which for the time being are sundered by the aftermath of blind and un- controlled forces. We shall most fervently support any formula which will help to restore peace and open the 58. Nous nous proposions d'insister tout spéciale- ment sur l'urgence d'une action du Conseil et sur la nécessité de trouver au plus tôt une formule qui mettrait fin immédiatement aux hostilités en rame- nant les forces en présence sur leurs positions ini- tiales. Ainsi, une fois le calme rétabli et les armes déposées, le chemin de la conciliation s'ouvrirait enfin. La résolution provisoire [S/4882] adoptée à la dernière séance à l'unanimité semble de fort bon augure. Les déclarations des membres qui ont parti- cipé au débat ainsi que l'heureuse intervention du Secrétaire général qui, dans l'exercice de ses hautes fonctions, a adressé au Conseil un appel solennel, que celui-ci a entendu et qui a donné naissance à l'initia- tive opportune et judicieuse du représentant du Libéria, que nous tenons à remercier publiquement, nous ont permis de nous acquitter de notre devoir immédiat; la résolution que nous avons adoptée vise en effet à une cessation immédiate des combats répréhensibles, â détendre l'atmosphêre et à la rendre propice à un examen serein du fond du problème. 59. En outre, une médiation amicale de quelques puissances - en dehors, naturellement, de l'action propre de l'ONU et de ses organes compétents - en vue d'une reprise des relations fâcheusement inter- rompues entre la Tunisie et la France nous semble- rait opportune. Néanmoins, il serait puéril de nous borner à insister sur l'urgence d'un armistice si les deux parties ne se montraient pas disposées à aborder -le fond même du problème et à régler pacüiquement la question de Bizerte. Le Conseil doit, de façon pressante, exhorter les deux parties à reprendre les négociations et à les mener à bien auplus vite et sans interruption, compte tenu des intérêts de la Tunisie et de la France. Il s'agit de deux Etats auxquels la nature et l'histoire ont donné beaucoup en commun et de nombreuses possibilités pour favoriser un développement harmonieux dont pourraient profiter leurs deux peuples, la région dans laquelle ils se trouvent et l'humanité tout entière. 60. Partout dans le monde, des antinomies appa- rentes, des éléments contradictoires surgissent qu'il faut concilier. Je pense, par exemple, à l'indé- pendance d'une part et à l'intégration de l'autre. La France et la Tunisie, une grande et une petite puis- sance, grâce au respect du droit, des principes et des méthodes énoncés dans la Charte, grâce enfin à l'acceptation de traités librement consentis, peuvent donner un exemple de sagesse politique et de colla- boration féconde qui favoriserait le développement économique et social et augmenterait le bien-être de peuples qui aspirent à la justice sociale et au progrès effectil. 61. Nous ne croyons pas qu'un pays comme le Chili puisse intervenir dans le débat autrement que pour adresser un appel amical à ces deux Etats momen- tanément séparés par des forces aveugles et incon- trôlées. Nous appuierons sans aucune réserve toute mesure qui contribuerait à rétablir la paix et per- 63. Ml'. YOST (United States of America): The United States views the wise decision taken this morning by the Council, in caUing for an immediate cease-fire and the return of aU armed forces to thei!' original positions, as an act of statesmanship conforming to the finest traditions of the Charter. This initiative will, it is hoped, result in anearlyend to a cruel con- flict between two friendly peoples. 64. We welcome a180 the statemellts made this after- noon by the representatives of France and Tunisia in regard to the prompt implementation of this resolu- tion. The Council's call for a cease-fire is only the first step toward the re-establishment of peace. It will take statesmanship of the highest order by the leaders of France and of Tunisia to calm the passions and ovel'come the mistrust which the deplorable events of the past few days have aroused. 65. It will take even more statesmanship and modera- tion to re-establish the good relations which have existed in the past between these two countries and which we profoundly hope will exist in the future. We are convinced that the Council can play a useful l'ole in this respect. It is for this reason that, together with the United Kingdom, the United States has introduced a draft resolution [S/4879] calling uponthe twoparties to negotiate promptly a peaceful settlement of their differences. 66. If peace and security are to be maintained, it is essential that contact between the French and Tunisian Governments he re-established at the earliest moment and that an intensive effort be made not only to elimi- nate the immediate frictions which led to the unhappy outbreak of the fighting, but also the deeper causes of tension between Tunisia and France. 67. The Charter sets forth clearly the principles on which a solution of the problems at issue should be based: respect for the territorial integrity and political independence of all States, the settlement of aIl dis- putes by peaceful means and restraint from the threat or use of force in any manner inconsistent with the Charter. This much is clear. 68. We are convinced that a solution negotiated be- tween the parties and compatible with those principles of the Charter to which 1 have referred can and will be achieved. A solution is long overdue, as the recent outbreak of hostilities clearly demonstrates. Let the negotiations commence promptly and proceed rapidly. That is the sense of the resolution presented by the 63. M. YOST (Etats-Unis d'Amérique) [traduit de l'anglais]: Les Etats-Unis estiment que la sage déci- sion qu'a prise ce matin le Conseil en demandant un cessez-le-feu immédiat et le retour de toutes les forces armées à leurs positions initiales constitue un acte de sagesse politique conforme aux meilleures traditions de la Charte. Cette initiative, nous l'espé- rons, permettra de mettre rapidement fin au conflit cruel qui oppose cleme peuples amis. 64. Nous avons également accueilli avec satisfaction les déclarations relatives à l'application rapide de cette résolution qu'ont faites cet après-midi les repré- sentants de la France et de la Tunisie. L'appel adressé par le Conseil pour obtenir un cessez-le-feu ne constitue cependant qu'un premier pas vers le rétablissement de la paix. Il faudra que les dirigeants de la France et de la Tunisie fassent preuve des plus hautes qualités d'homme d'Etat pour calmer les passions et surmonter la méfiance qu'ont suscitée les déplorables événements de ces jours derniers. 65. Il faudra davantage encore de ces qualités et de modération pour rétablir les bonnes relations qui existaient entre ces deu.x pays et qui, nous l'espérons très vivement, seront renouées. Nous sommes per- suadés que le Conseil peut jouer un rôle très utile à cet égard. C'est pour cette raison que la délégation du Royaume-Uni et celle des Etats-Unis ont déposé conjointement un projet de résolution [8/4879] invi- tant les deu.x parties à entreprendre sans tarder des négociations en vue du règlement pacifique de leurs différends. 66. Pour le maintien de la paix et de la sécurité, il est indispensable que le Gouvernement français et le Gouvernement tunisien renouent contact le plus rapi- dement possible et qu'un effort intensif soit déployé non seulement pour mettre fin aux frictions actuelles qui ont eu pour résultat déplorable de déclencher les hostilités, mais aussi pour éliminer les causes pro- fondes de tension entre la Tunisie et la France. 67. La Charte énonce clairement les principes sur lesquels doit reposer la solution des problèmes en cause: respect de l'intégrité territoriale et de l'indé- pendance politique de tous les Etats, règlement de tous les conflits par des moyens pacifiques, inter- diction de recourir à la menace ou à l'emploi de la force de toute manière incompatible avec la Charte. Cela est très clair. 68. Nous sommes persuadés qu'il est possible de parvenir et que l'on parviendra à une solution négociée entre les parties et compatible avec les principes de la Charte que je viens de rappeler. On n'a que trop tardé à résoudre les problèmes en suspens comme l'a prouvé le récent déclenchement des hosti- lités. Que les négociations débutent sans retard et 70. Ml'. MOROZOV (Union of Soviet Socialist Re- publics) (translated from Russian): Now that the Coun- cil is about to take a decision which will not he a temporary, preliminary decision like the one taken at this morning's meeting, it seems important to me to emphasize certain fundamental conclusions that emerge from the discussions of yesterday and today. 71. The data presented to us at the meetings of yes- terday and today, and the latest reports that the blood- shed in Tunisia resulting from French aggression is still continuing, caU for a decision on the principle of the question, a decision expressing the views of the Security Council as the principal organ chargedbythe Charter with the maintenance of international peace and security. We consider that the main, the funda- mental conclusion to be drawn from the entire course of events is, above all, that we must condemn the actions of France in Tunisia as an act of aggression against that country, as a violation of its sovereignty and independence, and as an action constituting a threat to peace in the region of North Africaand the Mediter- ranean. This first conclusion that the Council must draw, if it is to be equal to its appointed task, is the conclusion that aIl peace-loving peoples and States expect it to draw. 72. The second decision which, in our opmlOn, the Council must take follows from this proposition. It is that the Council should impose on France the obligation immediately to cease its aggressive actions against Tunisia, to withdraw its troops from Bizerta and from the entire territory of Tunisia, and to cease all other actions infringing Tunisia's sovereignty and indepen- dence. 73. These are the proposaIs which, in our opinion, wouid best enable the Security Council to play the part that is expected of it. 74. Before addressing myself to the specific pro- posaIs of the draft resolutions before the Council, now under discussion, permit me to note a very important fact: what 1 might calI the psychologicai atmosphere, the political atmosphere, in which the debate on this subject is proceeding. 70. M. MOROZOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) [traduit du russe]: Au moment où le Conseil s'apprête à prendre une décision qui ne doit plus avoir le caractère provisoire et préliminaire de la décision adoptée à la séance de ce matin, j'estime qu'il importe de faire ressortir quelques conclusions fondamentales qui se dégagent de la discussion d'hier et d'aUjourd'hui. 71. Les données qui nous ont été fournies à ces séances et les dernières nouvelles, qui nous ap- prennent que le sang coule encore en Tunisie par suite de l'agression déclenchée par la France, exigent l'adoption d'une décision de principe qui traduise l'opinion du Conseil de sécurité, organe auquel la Charte a conféré la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité universelles. A notre avis, la conclusion de principe essentielle qui se dégage des événements est que les agissements de la France en Tunisie doivent être condamnés en tant qu'actes d'agression contre ce dernier pays, de violation de sa souveraineté et de son indépendance, en tant qu'actes mettant en danger la paix en Afrique du Nord et dans la région méditerranéenne. Telle est la première conclusion que le Conseil doit formuler s'il veut se montrer à la hauteur des taches qui lui incombent; c'est la conclusion qu'attendent de lui tous les peuples et Etats pacüiques• 72. La deuxième décision qu'appelle cette situation et que le Conseil doit prendre à notre avis serait de requérir la France de mettre immédiatement fin à ses actes agressifs contre la Tunisie, de retirer toutes ses troupes de Bizerte et de l'ensemble du territoire tunisien, ainsi que de cesser tous autres actes constituant une violation de la souveraineté et de l'in- dépendance de la Tunisie. 73. Telles sont les propositions qui, selon nous, correspondraient le mieux au rôle que doit jouer le Conseil de sécurité. 74. Avant de passer aux propositions concrètes dont le Conseil est saisi, permettez-moi de m'arrêter sur un autre point important: il s'agit du climat psychologique, de l'atmosphère politique dans laquelle se déroule le présent débat. 76. We must note with profound regret that, as in similar cases in the past, when sorne colonial Power, which is a member both of NATO and of the Security Council, commits armed aggression or attempts to suppress the national liberation movement inan Asian or African country by drowning it in blood, as was the case in the Congo, as was the case in Angola, as was the case in Kuwait, as was the case in Cuba, to mention but a few instances, its NATO allies instantly rush to its aid. In one case one NATO member helps another out of the difficulty into which the latter's own aggres- sive policy, its own striving to suppress a national liberation movement, had brought it. In another case the other NATO member, which is also a member of the Security Council, reciprocates the favour and meets its tacit commitment, as it is bound to do out of soli- darity with the other members ofthe alliance known as the North At!antic Treaty. 77. Contrary to the conscience of mankind, contrary to the provisions ofthe Charter, contrary to all justice, which cries out to heaven, before the eyes of the whole world, these crimes are continuing for the third day, and here, unfortunately, the Powers most responsible for the maintenance of peace and securityfail to speak those decisive, those powerful and fitting words that could instantly-1 repeat, instantly-put an end to this tragic situation, to these events taking place on Tunisian soil. The only offence of the Tunisian people is its unwillingness to suffer interventionists on its own soil. But is this an offence? Can it be denied that this demand, as has already been emphasized during the discussion, is in complete accord with the United Nations Charter? Can it be said that it is not founded on the concepts of universal human justice? 78. Of course no one would dare to say in so many words that this demand of the Tunisian people, which has won its independence in a heroic struggle, was wrong and reprehensible and did not deserve the sup- port of the United Nations, nor, consequently, the support of one of its principal organs, the Security Council. But the actions of certain members of the Security Council, and, it would seem, their votes on the two draft resolutions before us, show that in this case as well, France, a member of NATO and of the Security Council, is being helped by its colleagues in the 8ecurity CoUDcil and in NATO, the UnitedStates of America and the UnitedKingdom. These countries have submitted a draft resolution in document si4879 and have made every effort to prove that it is identical with, or at any rate very similar to, the draft resolu- tion introduced by Liberia and the United Arab Re- public in document s/4878. 76. Nous devons constater avec unprofondregret que, comme cela s'est produit dans des situations ana- logues, où telle ou telle puissance coloniale déclen- chait une agression armée ou cherchait à noyer dans le sang et à écraser le mouvement de libération nationale dans des pays d'Asie et d'Afrique, notam- ment au Congo, en Angola, au Koweit, à Cuba et ailleurs, tout membre du Conseil de sécurité qui fait partie de la prétendue alliance de l'Atlantique nord est immédiatement secouru par ses collègues. Tantôt un pays membre de l'OTAN en tire un autre d'une situation dans laquelle celui-ci s'est engagé par sa politique agressive, par les efforts qu'il déploie pour écraser le mouvement de libération nationale des peuples. Tantôt l'autre pays membre à la fois de l'OTAN et du Conseil de sécurité rend la pareille, en règlement des comptes occultes qu'en- trame la solidarité des parties au Traité de l'Atlan- tique nord. 77. Malgré la conscience de l'humanité, malgré les dispositions de la Charte, malgré la voix de la justice qui clame vers les cieux, voici trois jours que ces crimes sont perpétrés aux yeux du monde entier et, malheureusement, nous attendons en vain que cer- taines puissances, qui portent cependant une large part de responsabilité pour le maintien de la paix et de la sécurité, prononcent les paroles décisives, énergiques et justes qui pourraient immédiatement - je dis bien: immédiatement - mettre fin à la situation et aux événements tragiques dont la terre tunisienne est le thé!tre. La seule faute du peuple tunisien est de ne pas vouloir tolérer d'interventionnistes sur son territoire. Mais est-ce une faute? Comme on l'a déjà souligné au cours de la discussion, cette attitude n'est-elle pas entièrement conforme à la Charte des Nations Unies? N'est-elle pas fondée sur des prin- cipes universels de justice humaine? 78. Certes, personne n'ose dire ici sans ambages ou laisser entendre que la demande dupeupletunisien, qui a conquis son indépendance au prix d'une lutte héroique, soit quelque chose de bl!mable et d'injuste, quelque chose qui ne mérite pas l'appui de l'Orga- nisation des Nations Unies et, partant, de l'un de ses organes principaux, le Conseil de sécurité. Mais les actions de certains membres du Conseil de sécurité, et apparemment aussi leur vote sur les deux projets de résolution qui ont été déposés ici, montrent qu'en l'occurrence, à la rescousse de la France - membre de l'OTAN et du Conseil de sécurité - viennent ses collègues du Conseil de sécurité et de l'OTAN, les Etats-Unis d'Amérique et le Royaume-Uni, qui ont présenté le projet de résolution si4879; si l'on croit ce que les auteurs de ce texte ont cherché laborieusement à démontrer, ce projet ressem- blerait presque comme deux gouttes d'eau au pro- jet de résolution s/4878 présenté par le Libéria et la République arabe unie. 80. Let us now consider sorne ofthe provisions of the draft resolution introduced by the United States and the United Kingdom. The very preamble ofthis draft reso- lution, contains a formulation which, beyond any question, can be construed as an attempt to place the aggressor and the victim of aggression on the same level. The draft resolution refers to the events in Tunisia as though not only France, which infact com- mitted aggression in this area, were guilty, butTunisïa as weIl, although the French aggression has been clearly demonstrated during the discussion of this question in the Security Council. 81. l shall pass over several general phrases in this draft resolution, which are ofno importance and convey little, and shaH stress the major difference between it and the draft resolution introduced by Liberia and the United Arab Republic. For this purpose, letus compare operative paragraph 3 in the draft resolution of the United States and the United Kingdom with operative paragraph 3 in the draft resolution submitted by Liberia and the United Arab Republic. 82. Paragraph 3 of the United States-UnitedKingdom draft resolution states thatthe Security Council "Urges the parties, in accordance with the Charter, tone- gotiate promptly a peaceful settlement of their dif- ferences". "To negotiate promptly a peaceful settle- ment of their differences"-how well that sounds! But what is this phrase intended to conceal? Yesterdaywe attempted to elucidate the question-and today the representative of the United Arab Republic joined in the effort-of what is to be the subjectmatter of these negotiations OOtween Tunisia and France, to which the French representative has repeatedly referred. What are they to negotiate? The speediest possible with- drawn of French forces from the entire territory of Tunisia, including the Bizerta base? "Yes or no?", we asked. The question remained unanswered; but we know that sometimes silence speaks louderthanwords. 83. Today, we have an answer to the question we put yesterday. But this answer, in opérative paragraph 3 of the United States-United Kingdom draft resolution, is just as unsatisfactory, for the formulationpresented to us, even in the oost case, giving the sponsors the 80. Permettez-moi maintenant d'analyser certaines dispositions du projet de résolution des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Déjà, dans le préambule de ce projet, on trouve un libellé qui, incontestablement, permet d'interpréter cette partie du texte des Etats- Unis et du Royaume-Uni comme une tentative visant à mettre sur le même plan la victime de l'agression et l'agresseur. Les auteurs présentent les événe- ments de Tunisie comme si la faute incombait non seulement à la France, qui a effectivement déclenché l'agression dans cette région, ce que la discussion a prouvé de façon absolument irréfutable, mais aussi à la Tunisie. 81. Je laisse de côté certaines phrases générales, qui sont sans importance et qui n'expriment pas grand-chose, pour souligner ce qui distingue surtout ce texte du projet du Libéria et de la République arabe unie. Pour cela permettez-moi de comparer le para- graphe 3 du dispositif du projet des Etats-Unis et du Royaume-Uni au paragraphe 3 du projet du Libéria et de la République arabe unie. 82. Au paragraphe 3 du projet de résolution des Etats-Unis et du Royaume-Uni, il est dit que le Conseil de sécurité "Prie instamment les parties d'entreprendre sans tarder, conformément à la Charte, des négociations en vue du règlement pacifique de leurs différends". "En vue du règlement pacifique de leurs différends": comme cela sonne bien en appa- rence! Mais que dissimule cette phrase en réalité? Nous avons essayé hier - et le représentant de la République arabe unie a fait de même aujourd'hui - de préciser quel serait l'objet des négociations franco- tunisiennes que le représentant de la France a men- tionnées ici à maintes reprises. Sur quoi doivent porter les pourparlers? Sur le retrait, dans les plus brefs délais, des troupes françaises de l'ensemble duterri- toire tunisien, y compris la base de Bizerte?Etait-ce bien de cela qu'il devait s'agir, oui ou non, avons-nous demandé. Nous n'avons pas obtenu de réponse à cette question, mais nous savons que le silence est parfois plus éloquent encore. 83. La réponse, nous l'avons aujourd'hui: c'est celle qui figure au paragraphe 3 du projet de résolution des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Mais elle est des moins satisfaisantes. En effet, quelle que soitl'inter- prétation qu'on lui donne, ce texte permettrait -dans 84. Remarks such as those made here by the delega- tions ofthe UnitedStates andthe United Kingdom, which sponsored the draft resolution, cannot of course delude anyone, especially if taken in conjunction with the fact that those same delegations, which, like the delegation of France, represent members of the North Atlantic Treaty Organization, oppose the provision contained in operative paragraph 3 of the resolutionproposedby Liberia and the United Arab Republic. This latter resolution, and this particular paragraph, although they do not, l r~peat, go as far as the Security Council should go in the present circumstances, still do un- ambiguously state that the Councn calls upon France and Tunisia "to enter into immediate negotiations" and not simply into negotiations, but into negotiations "aimed at the speedy evacuation of the French forces from Tunisia". Incidentally, there was no need to call on Tunisia to negotiate, since it was precisely such negotiations that Tunisia had been demanding. It is a vain endeavour to represent the difference between operative paragraph 3 of the United Kingdom-United States draft resolution and operative paragraph 3 of the Liberia-UnitedArab Republic resolutionas a minor drafting difference, as some delegations have at- tempted to do. 85. One final remark about the draft resolution ofthe United states and the United Kingdom. Operative para- graph 1 of this draft resolution mentions the "speedy return of an forces to their previous positions".. This paragraph too compares unfavourably with the corre- sponding provisions in operative paragraph 2 of the draft resolution of Liberia and the United Arab Re- public-provisions which are not similar or identical, but are of totally different import. This latter draft resolution speaks instead of "the return to their original position of those [French forces] which have transgressed beyond the limits of that base, since 19 July 1961". What does this mean? It means that the Security Council, if it adopts this resolution, will demand the withdrawal-if not the complete, at least the partial withdrawal-of a considerable part of the French troops and armed forces which were rushed during the last few days into Bizerta.and into Tunisian territory, and are now imposing their will on the Tunisian people by force of arms. 86. Thus one of the draft resolutions contains a phrase open to interpretation in any sense desired by those called upon to execute it. l refer to the passage in the draft resolution of the United states and the United Kingdom. The other draft resolution contains an entirely unambiguous demand: the withdrawalfrom Tunisian soil of the forces introduced after '19 July, 84. Il va de soi que la formule qu'emploient les au- teurs du projet de résolution des Etats-Unis et du Royaume-Uni ne saurait induire personne en erreur, particulièrement si l'on se souvient que ces mêmes pays qui font partie comme la France de l'Organi- sation du Traité de l'Atlantique nord s'élèvent contre la disposition contenue au paragraphe 3 du projet de résolution du Libéria et de la République arabe unie. Ce paragraphe - qui, je le répète, ne va pas aussi loin qu'il le faudrait maintenant - souligne tout de même sans équivoque ce que le Conseil exige de la France et de la Tunisie. Il n'y a d'ailleurs pas lieu de le demander à la Tunisie, car c'est elle, préci- sément, qui demande des négociations, et pas de simples négociations, mais, aux termes du para- graphe 3, "des négociations en vue de l'évacuation rapide des forces françaises hors de Tunisie". Il est vain de prétendre, comme ont essayé de le faire certaines délégations, que la différence entre le paragraphe 3 du projet de résolution des Etats-Unis et du Royaume-Uni et le paragraphe 3 du projet de résolution du Libéria et de la République arabe unie n'est qu'une légère différence de rédaction. 85. Et voici une dernière observation sur le projet de résolution des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Au paragraphe 1 de ce texte, il est question d'un "retour rapide de toutes les forces à leurs positions anté- rieures". Ce paragraphe aussi est moins satisfaisant que les dispositions correspondantes, mais nullement identiques, ni analogues, du paragraphe 2 du projet du Libéria et de.la République arabe unie, qui prévoit le "retour à leur position originale de celles [des forces françaises] qui ont dépassé les limites de cette base depuis le 19 juillet 1961". Qu'est-ce que cela signifie? Cela signifie que, par cette décision, le Conseil exigerait le retrait - un retrait partiel, du moins - d'importants contingents des troupes fran- çaises qui ont été envoyées ces derniers jours à Bizerte et en territoire tunisien et qui s 'y livrent à une répression contre le peuple tunisien. 86. Autrement dit, l'un des projets de résolution - celui des Etats-Unis et du Royaume-Uni - contient une disposition susceptible de toutes les interpré- tations que voudront lui donner ceux qui seront appelés à l'exécuter, alors que l'autre projet contient une demande tout à fait claire: retirer du territoire tunisien les troupes qui y ont été envoyées après le 87. 1 shall not touch on certain other differences between these draft resolutions. What 1 have said is entirely sufficient to allow me to state decisively that the USSR delegation cannot supportthe draft resolution of the United States and the United Kingdom, for the reasons that 1 have just set forth. 88. Although the USSR delegation feels, as 1 said at the outset, that the draft resolution of Liberia and the United Arab Republic lacks a number of important provisions, which should have been included, it con- siders nevertheless that this draft resolution com- pares favourably with the one submitted by the United states and the United Kingdom, and that it comes to grips better with the problems which, in our opinion, the Council must solve. The USSR delegationwillthere- fore vote for the draft resolution of Liberia and the United Arab Republic, without in any way holding that the efforts that can and shouldbe made by the Security Council, and by the United Nations as a whole, to end the new colonial aggression unleashed by the French Government in Tunisia, should be confined to the adoption of this texte
1wish to state that 1 have no further speakers on my liste Before we go on to explanations ofvotethat any mem- ber of the Council may wish to make, 1 would like to call on the representative of Tunisia, who wishes to make a statement. 90. Mr. Mongi SLIM (Tunisia) (translated from French): The Council's debate is nearingits conclusion and the mission of the Tunisian delegation will also come to an end. Since the Tunisian delegation is not a member of the Council, it cannot takepartin the vote. It is for this reason that, at this stage of the debate, 1 have requested permission to make a finalstatement on behalf of the Tunisian delegation. 91. 1 should like first to inform the Council that, as soon as my Government received notification of the resolution adopted at the last meeting, it gave in- structions for a cease-fire on its side. All the armed forces have received formaI instructions to cease fire. As far as my Government is concerned,the tenns of this resolution will be applied in full and in good faith. FormaI orders have been given on this subject. 92. Since 1 do not have the right to take part in the vote· on the draft resolutions, 1 cannot express my opinion of them. It is my duty, however, to remind the Security Council of the position of my Government. With, 1 think sufficient arguments and evidence, 1have explained yesterday and today what is this position of my Government, which 1 consider to be legitimate and important. We demand, inthe exercise of our sovereign right, recognized by the Charter, that the aggression should cease and that all foreign troops should be withdrawn from our territory. This does not i.mply any aggressive, or even unfriendly, attitude towards any- one. It is simply a question ofthe exercise of a legiti- mate right, recognized in international law and also recognized by the Charter. 93. The decision to be taken by the Security Council will be welcomed by us if it results in the cessation of 87. Je passe sur certaines autres différences qui distinguent ces projets. J'en ai dit assez pour pouvoir déclarer très nettement que la délégation soviétique ne peut, pour les raisons que je viens d'exposer, ap- puyer le projet des Etats-Unis et du Royaume-Uni. 88. La délégation soviétique estime, je le répète, qu'il manque au projet du Libéria et de la République arabe unie plusieurs dispositions importantes qui devraient y figurer, mais elle pense qu'il soutient avantageusement la comparaison avec le texte des Etats-Unis et du Royaume-Uni, qu'il correspond mieux aux tâches que le Conseil devrait, à notre avis, mener à bien. C'est pourquoi la délégation soviétique votera pour le projet du Libéria et de la République arabe unie, sans considérer pour autant qu'il faille mettre un terme aux efforts que le Conseil de sécurité et l'Organisation des Nations Unies tout entière peuvent et doivent entreprendre pour faire cesser la nouvelle agression coloniale déclenchée par le Gouvernement français en Tunisie. 89. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Il n'y a plus d'orateurs inscrits. Avant de passer aux expli- cations de vote que certains membres du Conseil dé- sirent fournir, je donnerai la parole au représentant de la Tunisie qui veut faire une déclaration. 90. M. Mongi SLIM (Tunisie): Le débat du Conseil touche à sa fin et la mission de la délégation tuni- sienne va prendre fin également. Puisque la délé- gation tunisienne ne fait pas partie du Conseil, elle ne saurait participer au vote. C'est pour cette raison que, à ce stade du débat, j'ai demandé la permission de faire une déclaration finale au nom de la délégation tunisienne. 91. Je voudrais tout d'abord informer le Conseil, que, dès que mon gouvernement a reçu notification de la résolution adoptée à la dernière séance, il a donrié des instructions pour le cessez-le-feu. Toutes les forces armées ont reçu formelle instruction d'ar- rêter le feu. Pour ce qui est de mon gouvernement, l'application intégrale et de bonne foi des termes de ladite résolution sera respectée. Des ordres formels ont été donnés à ce sujet. 92. Puisque je n'ai pas le droit de participer au vote sur les projets de résolution, je ne saurais exprimer mon point de vue sur ceux-ci. Cependant, il est de mon devoir de rappeler au Conseil de sécurité la position de men gouvernement. Avec suffisamment d'arguments et de preuves, je pense, j'ai exposé, depuis hier, ce qu'est cette position; je l'estime légi- time et importante. Nous demandons, dans l'exercice de notre droit souverain, reconnu par la Charte, que cesse l'agression et que soient retirées de notre territoire toutes les troupes étrangères. Il n'y a là aucune attitude agressive oumême inamicale à l'égard de qui que ce soit; il s'agit simplement de l'exercice d'un droit légitime, reconnu en droit international et reconnu également par la Charte. 93. La décision que prendra le Conseil de sécurité sera la bienvenue pour nous si elle aboutit à la cessa- l wish to state that we have never refused to negotiate. We have always beenin favour of negotiations. We have always been and still are in favour of peaceful solu- tions, whether in our own disputes or disagreements with others or in any clash of interests or dispute between other states Members of the United Nations. 95. Like the French delegation, we speak the French tongue; but it would appear that we are expressing ourselves in quite a different language. What were these negotiations to be about? Were they to decide upon a provisional state which would become a semi- permanent state over the years and the centuries ?No, we say clearly and categorically. Were they to deter- mine the methods and timing which would result, by common agreement, in this evacuation of the troops? Yeso Once again, however, although we speakthe same tongue but a different language, we should have been glad, in order to avoid any dispute about any develop- ment in the negotiations, to be assisted by a third party who could if required, if a conflict arose again, come before the Council shouldthisbenecessary-and 1 certainly hope it would not be-and say: this is the truth. But this has not been mentioned in the various proposaIs which havebeendiscussed duringthe debate. 96. On the other hand, mention has been made of ne- gotiations. But we know that negotiations may last for months or years. We have had experience of cases where, when agreement hadbeen reached onprinciples, or on an official statement accepted by both sides, months and months were neededtoreach a final agree- ment, after discussing articles, paragraphs, sub- paragraphs and even full stops and commas. In three years, as 1 have said to the Council, we have not even managed to open real and effective negotiations onthe issue which is dividing us. 97. Different positions have been heard in the course of the debate in the Council. 1 wish to speak very ob- jectively. Who can say thatmyversion is the true one? And who can say that the French version is the true one?You are obligedtobelieveme,asyou are obliged, in theory, to believe the French delegation. Neverthe- less, you have noticed that there is a difference that there are conflicting views on the meaning even of sentences and word.;;. 98. In view of the seriousness of the situation, 1 wish to emphasize that our position remains the same. We are ready for true Ïriendsbip. We are ready for healthy co-operation <vith everyone. But this must be founded on dignity, o~~ respect for our sovereignty, since we respect the sovereignty of others; it must be founded on our inalienable rights to enjoy, on our soil, the full exercise of our sovereignty, in the same way as we strive that other nations may also enjoy their full sovereignty. 99. If it is on this basis, if it is for this end, we are ready. Yet once again, is it Fealizedthat we are prac- tically in the position of breaking off ùiplomatic rela- 95. Comme la délégation française, nous parlons la langue française; cependant, il semble que nous nous exprim.ions dans un langage tout à fait différent. De <fJ.oi s'agit-il dans ces négociations? S'agit-il d'abo\... à un état provisoire qui se transformerait en un état quasi définitif durant des années et des siècles? Non, nous le disons nettement, catégorique- ment. S'agit-il de déterminer les moyens et de fixer les délais devant aboutir, d'un commun accord, à cette évacuation des troupes? Oui. Mais encore une fois, puisque nous parIons des langages différents bien que dans la même langue, nous aurions été heureux, pour éviter toute contestation sur un dérou,ement quelconque des négociations, d'être assistés d'un tiers qui puisse à la rigueur, s'il surgit à nouveau un conflit, venir devant le Conseil au cas où ce serait nécessaire - et je ne le souhaite certes pas - et dire: "voilà la réalité". Mais il n'en est pas question dans les différentes propositions dont on a parlé au cours de ce débat. 96. D'un autre côté, on a parlé de négociations. Mais nous savons que des négociations peuventtraînerpen- dant des mois, des années. Nous avons des expé- riences où, l'accord s'étant fait sur des principes, voire sur un discours officiel accepté de part et d'autre, il a fallu des mois et des mois pour arriver à un accord définitif, après avoir discuté articles, paragraphes, sous-paragraphes et jusqu'aux points et aux virgules. Depuis trois ans, comme je l'ai dit devant le Conseil, nous ne sommes même pas arrivés à engager des négociations réelles et effectives sur le problème qui nous divise. 97. Différentes positions ont été entendues au cours du débat devant le Conseil. Je veux parlertrès objec- tivement. Qui vous dit, Messieurs du Conseil, que c'est ma version qui est conforme à la réalité? Et qui vous dit que c'est la version française qui est con- forme à la réalité? Vous êtes obligés de me croire, comme vous êtes obligés, en principe, de croire la délégation française. Pourtant, vous vous êtes aperçus qu'il y a une différence, un conflit d'entendement même des phrases et des paroles. 98. Mais, devant la gravité de la situation, je tiens à souligner que notre position demeure la même. Nous sommes prêts à l'amitié réelle, nous sommes prêts à une coopération saine avec tout le monde, mais sur la base de la dignité, du respect de notre souverl:Lineté, à nous qui respectons la souveraineté des autres; sur la base de nos droits inaliénables à assurer, sur notre sol, la plénitude de l'exercice de notre souveraineté, au même titre que nous agissons et œuvrons pour que d'autres nations aussi aient la plénitude de leur souveraineté. 99. Si c'est sur cette base et à cette fin, nous sommes disposés. Mais, encore une fois, a-t-on pensé que nous sommes, pratiquement, en état de rupture de 100. According to reliable informationwhich my dele- gation has just received from Tunis, it appears that at 5 p.m. New York time-that is, 10 p.m. in Tunis- groups of airborne French troops were still refusing to obey the instructions given to them to cease fire. 1 venture to hope that the examples given elsewhere of personal or group action in defiance of the leaders in command will not occur on Tunisian soil. 101. 1 am not taking a stand with regard to any draft resolution. 1 have just defined our position.It remains the same. We await the decision of Security Council. We leave to the Council the entire responsibility for a decision which we hope will be in favour of peace, of sincere co-operation, of the respect of the sov- ereignty and territorial integrity of aIl States.
Since no other member of the Council has asked to explain his vote before the vote is taken, 1 should like, as the representative of ECUADÜR, to make a short explanation of my vote. 103. As the representative of Ecuador, 1 should like to repeat what 1 said this morning as President: my delegation deeply regrets events involving loss of human life and copious bloodshed. 104. My delegation firmly hopes that the resolution that was adopted this morning will help the parties to find a way to bring about an immediate cease-fire which will put an end to the bloodshed. 105. My delegation does not think it possible, in the world of today, to continue the old diplomacybased on the force of bayonets. It does notbelieve in the efficacy of agreements dictated by military forces on the battlefield. It therefore considers that a cease-fire and the withdrawal of troops are essential before any settlement can be reached in a spirit of peaceful understanding. 106. Nor would it wish to sacrifice its sense of realism to the dictates of an abstract and inexorable justice. It feels that possible solutions are always better than ideal solutions which cannot be put into effect at once. It is withthis sense of what is practical that it wishes to consider the draft resolutions which are to be voted upon in a few minutes. 107. My delegation has no objectioninprincipletothe draft resolution submitted by the representatives of Liberia and the United Arab Republic. It fully agrees on the need for a withdrawal of forces to the positions which they occupied before the conflict and for the evacuation of forces from the legitimate territory of another State. My Government has invariably upheld the principle that international agreements are Ilot vaUd if they are reached while a territory is occupied by hostile military forces. 100. D'après les informations sÛ.res que ma délé- gation vient de recevoir de Tunis, il semble que, jusqu'à 17 heures (heure de New York, c'est-à-dire 22 heures à Tunis), les éléments de troupes aéro- portées françaises refusent· d'obéir aux iustructions qui leur auraient été données de cesser le feu. J'ose espérer que les exemples qui ont été donnés en d'autres lieux d'agissements personnels ouen groupes sans relation avec les chefs supérieurs ne se repro- duiront pas sur le sol tunisien. 101. Je ne prends pas posiî:ion sur tel ou tel projet de résolution. Je vieus de définir notre position. Elle demeure la même. Nous attendons la décision du Conseil de sécurité. Nous lui laissons l'entière responsabilité d'une décision que nous espérons être en faveur de la paix, de la coopération sincère, du respect de la souveraineté et de l'intégrité terri- toriale de tous les Etats. 102. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Aucun autre membre du Conseil n'ayant exprimé le désir d'expliquer son vote avant le scrutin, j'aimerais que l'on me permette de le faire brièvement, en ma qua- lité de représentant de l'EQUATEUR. 103. En cette qualité, comme je l'ai fait ce matin en qualité de Président, j'exprimerai la profonde tristesse de ma délégation devant des événements qui entraînent des pertes de vies humaines et d'abon- dantes effusions de sang. 104. Ma délégation espère vivement que le projetqui est devenu résolution ce matin aidera les parties à trouver le moyen d'aboutir à un cessez-le-feu immé- diat qui mettrait un terme aux effusions de sang. 105. Ma délégation estime que, dans le monde d'au- jourd'hui, -'. vieille diplomatie fondée sur la force des baibnn,'~1;,;;; est périmée. Elle ne croit pas à l'efficacitê:·:~s traités dictés sous les tentes de campagne des champs de bataille. Par conséquent, un cessez-le-feu et le retrait des troupes nous pa- raissent indispensables afin de rendre possible un accord pacifique. 106. Nous ne voudrions pas non plus sacrifier notre sens des réalités aux exigences d'une justice abstraite et inexorable. A notre avis,les solutions effectivement possibles valent toujours mieux que les solutions idéales qui ne sont pas réalisables dans l'immédiat. C'est avec ce sens des réalités concrètes que nous voulons envisager les projets de résolution qui vont être mis aux voix dans un moment. 107. En principe, ma délégation n'élève aucune ob- jection contre le projet présentépar les représentants du Libéria et de la République arabe unie. Nous souscrivons pleinement à la nécessité d'un retour des forces aux positions qu'elles occupaient avant le con- flit et d'une évacuation des troupes hors du territoire légitime d'un autre Etat. Mon gouvernement a toujours défendu le principe selon lequel les accords inter- nationaux conclus alors qu'un territoire est occupé par des forces militaires hostiles n'ont aucune valeur. 109. My delegation will therefore vote in favour of the draft resolution submitted by the United Kingdom and the United states and willabstain inthe vote on the draft resolution submitted by Liberia and the United Arab Republic. My delegation wishes to make it clear, however, that its preference is based on the following assumptions: firstly, it understands that the provision concerning the return of all forces to their previous positions means the withdrawal of troops or military forces introduced sincethe conflict began and secondly, that operative paragraph 3 refers to the need for im- mediate negotiations on the point in dispute and that this point is itself related to the provisions of opera- tive paragraph 4, which obliges the Security Council to remain vigilant until the conflict is settled. 110. l do not wish to saythatthe letter killeth and the spirit giveth lüe, but l do meanthatthe letter alone is not enough without the will to put it into effect. This is the foundation of our hopes. Wearedealingwith a con- flict between peoples which until yesterday were friends, which hold the same political philosophy and which are led by statesmen who were fashioned in the struggle for their peoples' freedom. 111. l should therefore like to pay a tribute to that great fighter for the freedom ofhispeople, a man with an admirable sense of the practical, and a great statesman, President Bourguiba. l should also like to paya tribute to the illustrious President of France, General de Gaulle, and to express our hope that he will be able to overcome the present difficulties and to complete the great work entrusted to him by history, namely to co-operate in bringing about the freedom of peoples. Our hopes are based on the past records of these great statesmen, i.e., on their good will in in- terpreting a text, however imperfect. 112. l thank the Council for kindly hearingthis state- ment, and l resume my l'ole as PRESIDENT. 113. If no other member of the Council wishes to explain his vote, we shall proceed to vote on the draft resolution submitted by Liberia and the United Arab Republic [S/4878]. A vote was taken by show of hands. In favour: Ceylon, Liberia, Union of Soviet Socialist Republics, United Arab Republic. Against: None. Abstaining: Chile, China, Ecuador, France, Turkey, United Kingdom of Gl'(.at BritainandNorthernIreland, United states of America. The result of the vote was 4 infavour, none against, with 7 abstentions. 109. Par conséquent, ma délégation votera en faveur du projet présenté par les Etats-Unis et le Royaume- Uni et s'abstiendra sur le projet présenté par le Libéria et la République arabe unie. Mais ma délé- gation tient à préciser qu'en votant pour le projet elle considère comme acquis: premièrement, que la disposition concernant le retour des troupes à leurs positions antérieures signifie le retrait des troupes et des effectifs militaires envoyés en Tunisie depuis le début du conflit et, deuxièmement, que le para- graphe 3 du dispositif se réfère à lanécessité d'entre- prendre des négociations immédiates sur le point en litige, lui-même lié aux termes du paragraphe 4 qui oblige le Conseil de sécurité à demeurer vigilant tant que le conflit ne sera pas réglé. 110. Je n'irai pas jusqu'à dire que la lettre tue et l'esprit vivifie, mais j'estime tout de même que la lettre seule est insuffisante quand elle ne s'accompagne pas de la volonté d'accomplissement. Voici sur quoi se fonde notre espérance. Il s'agit d'un conflit entre deux peuples qui hier encore étaient amis, qui pro- fessent une même philosophie politique et dont les dirigeants ont été formés dans la lutte pour la liberté de leur peuple. 111. Ce faisant, je veux rendre hommage à ce grand combattant pour la liberté de son peuple, à ce grand homme d'Etat dont le sens du concret est admirable, je veux parler du président Bourguiba. Et j'aimerais également rendre hommage à l'illustre Président de la République française, le général de Gaulle, en redisant notre espoir qu'il parviendra à surmonter les difficultés actuelles et à mener à bien la grande tâche que l'histoire lui a assignée: aider à donner leur liberté aux peuples. Le passé de ces deux grands hommes d'Etat est notre raison d'espérer, c'est-à-dire que nous comptons sur leurbounevolonté pour interpréter un texte, quand bien même il serait imparfait. 112. Je remercie le Conseil d'avoir bienvoulum'ac- cC'rder son. attention et je reprends maintenant mon rôle de PRESIDENT. 113. Si aucun autre membre du Conseil ne désire expliquer son vote, nous allons passer au scrutin sur le projet de résolution présenté par le Libéria et If!. République arabe unie [S/4878]. II est procédé au vote à main levée. Votent pour: Ceylan, Libéria, Union des Républiques socialistes soviétiques, République arabe unie. Votent contre: néant. Stabstiennent: Chili, Chine, Equateur, France, Tur- quie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Etats-Unis d'Amérique. Il y a 4 voix pour, zéro voixcontre et '1 abstentions.
A vote was taken by show of hands.
My dele- gation very much regrets that the SecurityCouncilhas been unable to take any further decision today on this vital question. 116. The calI for a cease-fire and a return to pre- vious positions remains, of course, in full effect. On the basis of the reports of the representatives of Tunisia and Francethat their Governments have issued cease-fire orders, we have high hopesthattheresolu- tion adopted by the Council will be promptly imple- mented. 117. In our view, the members ofthe Councilshould- and l am sure will-keep in close touch in the forth- coming hours in order to consult on any further steps we may find itusefulor necessarytotake. The Council remains seized of this question and shouldbe prepared to resume its debate whenever necessary, as provided in the resolution adopted this morning.
l should like briefly to explain why my delegation abstained in the vote on the text proposedby the dele- gations of the United Kingdom and the United states of America. This text is in line with the preoccupations of my Government. My Government has always re- quested a cease-fire and the restoration of peaceful, normal conditions; it has always expressed its desire to resume negotiations; it is therefore in agreement with the recommendations of this draft resolution. 119. l explained this morning the reasons why my delegation, which is demanding a cease-fire, could not associate itself with an appeal aimed precisely at this. For the sarne reasons, it would be illogical and paradoxical for my Government to urge itse1f to re- sume negotiations to reach a peaceful settlement of the problem, when that was its continually expressed desire. This is the reason why my Government, in the same way as it had abstained inthe vote this morning, also abstained in the vote on the draft resolution sub- mitted by the United Kingdom and the United states of America. ~20. Mr. MOROZOV (Union of -Soviet Socialist Re.,. publics) (translated from Russian): Like the United Votent pour: Chili, Chine, Equateur, Turquie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Etats-Unis d'Amérique. Votent contre: néant. S'abstiennent: Ceylan, France, Libéria, Union des Républiques socialistes soviétiques, République arabe unie. n y a 6 voix pour, zéro yoixcontre. et 5 abstentions. N'ayant pas dbtenu le vote affirmatif de 7membres, le proje~de résolution n'est pas adopté. 115. M. YOST (Etats-Unis d'Amérique) [traduit de l'anglais]: Ma délégation regrette vivement que le Conseil de sécurité n'ait pu prendre aujourd'hui de nouvelle décision sur cette question d'importance capitale. 116. L'appel en faveur d'un cessez-le-feu et d'un retour aux positions antérieures reste bien entendu pleinement valable. Les déclarations des représen- tants de la Tunisie et de la France selon lesquelles les deux gouvernements auraient ordonné le cessez- le-feu nous donnent tout lieu d'espérer que la réso- lution adoptée par le Conseil sera rapidement ap- pliquée. 117. A notre avis, les membres du Conseil devraient - et je ne doute pas qu'ils le fassent - res- ter en contact au cours des heures prochaines afin de pouvoir se consulter sur toute mesure qu'il pourrait être utile ou nécessaire de prendre. Le Con- seil reste saisi de la question et doit être prêt à reprendre ses débats, s'il y a lieu, comme le prévoit la résolution adoptée ce matin. 118. M. BERARD (France): Je voudrais expliquer brièvement pourquoi ma délégation s'est abstenue sur le texte proposé par les délégations du Royaume- Uni et des Etats-Unis d'Amérique. Ce texte va dans le sens des préoccupations de mon gouvernement. Mon gouvernement a toujours demandé un cessez-le-feu et le rétablissement d'une situation pacifique et nor- male; il a toujours affirmé son désir de renouer des négociations; il est donc é:l accord avec les recom- mandations de ce projet de résolution. 119. Je me suis expliqué Ccd matin sur les raisons pour 'lesquelles ma délégation, qui réclame le cessez-le-feu, ne pouvait s'associer à un appel adressé précisément à cet effet. Pour les mêmes raisons, il serait illogique et paradoxal que mon gouvernement s'exhortll+ lui-même à la reprise de négociations pour abou' r à un règlement pacifique du problème, alors que telle a été sav.olonté constam- ment affirmée. Voilà la raison pour laquelle, de même que mon gouvernement s'était abstenu de participer au vote de ce matin, il s'est abstenu dans le vote sur le projet de résolution présenté par le Royaume-Uni et par les Etats-Unis d'Amérique. 120. M. MOROZOV (Union des Républiques socia- listes soviétiques) [traduit du russe]: Comme le 121. My delegation wishes to say, with aU possible emphasis, that it is profoundly regrettable that a number of members of the Security Council did not find it possible, at this tragic hour in the history of the Tunisian· people, to heed the request of a smaU country for the liquidation of a foreign military base in its territory, for the withdrawal of troops from its territory, and for leaving the Tunisian people inpeace at last. 122. We have heard many fine words in this haU and in this building about the dedication of certain great Powers to the principlp of respect for the rights and interests of smaU countries. Unfortunately, we are compelled to note that, as in many other cases, their words are inconsistent with their deeds. That is the only explanation for the fact that the modest drait resolution in document si4878, not at aU as far-reach- ing as it should have been, stiU failed of adoption by the Council. 123. We have also heard many remarks to the effect that the Council should be an effective organ,fulfilling the obligations imposed upon it by the Charter. And now we see that, as a result of the responsibility assumed by France's NATO allies, the Council has again proved unable to adopt even an elementary, a minimal decision that might have helpedto restorethe peace broken by French aggression in Tunisia. 124. l deem it necessary to make one more remark before the meeting adjourns. When we conclude this meeting and go our separate ways, we should not forget for a single minute that at this very time, on the streets of Bizerta, bloody battles are being fought between the army of the aggressor and the people de- fending its freedom andindependence. Forthisreason, l should like to comment Once again onthe significance of the resolution adopted at the last meeting of the Sectirity Council. 125. No one should be surprised bythefactthat some members of NATOvotedforacease-fire. Wesee these votes as an admission that France, by its aggression in Tunisia, has released forces with which it knows it cannot cope. It has aroused the indignation of the Tunisian people and caused it to take up the just and holy struggle for its independence, a position which is supported by all peace-loving peoples and states. Realising this, the Western Powers had no choice but to calI for a cease-fire, because such a cease-fire should give them a way out of the situation into which their own policy of colonial aggression in Tunisia has brought them. 126. Without forgetting this ctrcumstance, but in the knowledge that the Security Council did, nevertheless, adopt a resolution calling for a cease-fire, we once again interpret this resolution as obligating France, whose forces have invaded Tunisian territory, im- mediately to cease its aggression against Tunisia and to liberate that part of Tunisian territory which it has occupied. 127. It is on this understanding, and reserving the right to calI immediately for another meeting of the Security Council if the events during the next few hours 121. Nous voudrions souligner catégoriquement qu'il est profondément regrettable qu'un certain nombre de membres du Conseil n'aient pas jugé possible, à une heure tragique de l'histoire du peuple tunisien, de faire droit à la demande d'un petit pays tendant à supprimer une base militaire étrangère établie sur son territoire, à retirer les troupes qui se trouvent sur son territoire, à laisser enfin le peuple tunisien vivre en paL". 122. Nous avons entendu beaucoup de belles paroles dans cette salle et dans l'enceinte de l'Organisation au sujet de l'attachement de certaines grandes puis- sances aux droits et aux intérêts des petits pays. Nous devons malheureusement constater que, comme cela s'est déjà souvent produit, les paroles diffèrent des actes. Voilà pourqv.oi le modeste projet de réso- lution S/4878, qui ne va certes pas aussi loin qu'il le faudrait, n'a tout de même pas été adopté par le Conseil. 123. On a dit et répété que le Conseil devait être un organe efficace et s'acquitter des obligations que lui confère la Charte. Et nous voyons comment, par la faute des alliés de la France à l'OTAN, le Conseil s'est trouvé une fois de plus dans l'impossibilité de prendre une décision élémentaire, je dirais une déci- sion minimum, de nature à contribuer au rétablisse- ment de la paix, compromise par l'agressionfrançaise en Tunisie. 124. Une dernière remarque: lorsque nous aurons levé la séance, nous ne devrons pas oublier un seul instant que des combats sanglants se déroulent en ce moment dans les rues de Bizerte entre l'armée de l'agresseur et un peuple qui défend sa liberté et son indépendance. Nous voudrions donc revenir une fois de plus sur le sens de la décision que le Conseil a prise à la dernière séance. 125. Il ne faut pas s'étonner que certains Etats membres de l'OTAN aient voté pour le cessez-le-feu. Ce vote confirme que la France, par son agression en Tunisie, a mis en mouvement des forces qu'elle se sait incapable de mattriser. Elle a provoqué l'indignation du peuple tunisien, elle a imposé à la Tunisie, qui a l'appui de tous les peuples et de tous les Etats paci- fiques, une lutte légitime, une luttre sacrée pour son indépendance. Ayant compris cela, les puissances oc- cidentales n'ont eu d'autre choix que de demander un cessez-le-feu, qui devait les tirer de la situation dans laquelle elles s'étaient engagées par leur propre politique d'agression coloniale en Tunisie. 126. Tenant compte de cette circonstance et com- prenant que le Conseil a quand même décidé de faire cesser le feu, nous interprétons une fois de plus cette décision comme imposant à la France, dont les troupes ont envahi le territoire tunisien, l'obligation de mettre immédiatement fin à son agression contre ce pays et d'évacuer la partie du territoire tunisien qu'elle occupe. 127. Clest pour preClser ce point que nous avons jugé nécessaire de faire maintenant ces observations en nous réservant le droit de demander la convocatIon 129. Furthermore, we have observed the cease-fire at aIl points where this was possible. Withinthe actual precinct of Bizerta, however, we have encountered dif- fieulties with the forces of French parachutists who refused to allow our em.issaries to cross the zone held by the French in order to join smaIl armed groups which we had inside this zone and with which we have still not established contact. We were trying toestab- lish contact precisely in order to inform them of the clear, formaI and final order to cease fire and with- draw. 130. It seems to me that, both for my country and for aIl the Member nations of the United Nations, the failure of the Security Council to take an effective decision on the substance of the problem is very serious and very dangerous. 131. The situation in my country may develop, not because of the Tunisian militaryforces or the Tunisian authorities, but because of those who have arrived from outside and established themselves on Tunisian soil. For this reason, and in order to prevent an extremely serious international situation, and also in order not to disappoint aIlthe hopes whichhave always turned to our Organization, l venture to request that the question should remainbefore the Security Council. 132. Next week perhaps, if l am in possession: of more information and ifthe situation does not improve, l may request you, Ml'. President, to convene another meeting of the Council, to examine this question again and finally to reach a solution based on the Charter, based on the principles of justice and right, for the restoratiOl1 of a true and lasting peace in this reglon of the world. 133. Ml'. BERARD (France) (translatedfrom French): The representative of Tunisiahas just referredto facts of which I, for my part, have 110 knowledge. He states that French Corsair aircraft-although, he admitsthat he cannot with any certainty establish their national- ity-have machine-gunned the airfield of EI-Aouiha. 129. Par ailleurs, nous avons rendu effective l'exé- cution du cessez-le-feu dans toutes les positions où cela était possible; mais, à l'intérieur du périmètre même de Bizerte, nous nous sommes heurtés à des difficultés avec les forces de parachutistes français qui ont refusé à nos émissaires la permission de traverser la zone qu'ils tenaient pour rejoindre de petits groupes armés que nous avions à l'intérieur de cette zone et avec lesquels nQus n·'avons pas encore de contact. Précisément, le contact que nous cher- chions à établir avait pour but de les informer de l'ordre précis, formel et définitif de cesser le feu et de se retirer. 130. Il me semble que, tant pour mon pays que pour toutes les nations Membres de l'Organisation des Nations Unies, le défaut, pour le Conseil de sécurité, de prendre une décision efficace sur le fond du pro- blème est très grave et très dangereux. 131. La situation dans mon pays peut évoluer, non pas du fait des forces militaires tunisiennes ni des autorités tunisiennes, mais du fait de ceux qui sont arrivés du dehors et se sont implantés sur le sol tunisien. Pour cette raison, et en we d'éviter une situation internationale très sérieuse, pour répondre également ~ tous les espoirs qui se sont toujours tournés vers notre organisation, j'ose demander que le Conseil de sécurité demeure saisi de la question. 132. La semaine prochaine peut-être, si je suis en possession de plus amples informations et si la situation ne s'améliore pas, je pourrai demander une nouvelle convocation du Conseil, m'adressant A vous, Monsieur le Président, pour examiner ~nouveaucette question et parvenir enfin à une solution basée sur la Charte, basée sur les principes de justice et de droit, capable enfin de ramener la paix véritable et défi- nitive dans cette région du monde. 133. M. BERARD (France): Le représentant de la Tunisie vient de faire allusion à des faits dont, pour ma part, je n'ai aucune connaissance. Il affirme que des avions français, des corsaires - il avoue d'ail- leurs qu'il ne peut établir de manière certaine leur nationalité -, ont mitraillé l'aérodrome d'EI-Aoulna. 135. 1 do not think that the representative of Tunisia wishes by this to cast doubt on the loyalty of the undertakings given by the French Government. At the beginning of our meeting this afternoon, 1 com- municated the immediate decisions which have been taken by the French Government and the orders which it had given even unilaterally to suspend hostilities while awaiting the cease-fire which we are gladto see is also being observed on the Tunisian side. 136. 1 shall say only this: the-events of the last few months in France show sufficiently that the French Government does not tolerate its orders not being executed. 1 think that the history of this recent period is sufficient guarantee that, in this connexion also, it is certain that the orders of the French Government will be carried out. 137. Ml'. CHEHLAOUI (United ArabRepublic) (trans- lated from French): 1 too, and with particular reason, greatly regret the situation inwhichwe find ourselves. Everyone regrets it, and 1 am sure that all, whether they have openly expressed regret or not, are equally sincere. But besides regretting the situation 1 have also certain fears, the sarne fears as were mentioned by the representative of Tunisia before the vote was taken on the draft resolutionswhichhave unfortunately both been rejected. What supervision will we be able to exercise over the manner in which the Security Council decision for the cease-fire is carriedout?We may weIl ask. While we do not wish to throw doubt on the representative of France, we knowthat unexpected and uncontrollable events may still lead to fierce battles such as those which have already taken place, and to a situation perhaps still more serious, much more serious, than the situation before the Council at the present time. The fact is that wehave no means of supervising the enforcement of the decision taken by the Council since there is no supervisory commission; indeed, no one has requested such a commission. 138. If 1 may now take the liberty, Ml'. President, of making a request to you, 1 would ask you to keep this matter continually before you in order to prevent the occurrence of even more tragic events thanthose with which we have been faced today. 139. Ml'. WIJEGOONAWARDENA (Ceylon): The representative of Tunisia has just made a very im- portant statement, and without in any way presuming to doubt the statement in reply that was made by the repres6ntative of France, it is the view of the Ceylon delegation that the Council should remain seized of the subject we have considered, and should hold itself in readiness to meet at anytime shouldcircumstances warrant such a meeting. 140. Ml'. BARNES (Liberia): 1 must add the voice of my delegation to the expression of regrets which we have heard here around this table growing out of the inability of this Council, after the consideration ofthe complaint of Tunisia,tohave arrived at a final decision aimed at removing the causes which have precipitated 135. Je ne pense pas que le représentant de la Tunisie veuille jeter ainsi un doute sur la loyauté des engagements pris par le Gouvernement français. Au début de notre séance de cet après-midi, j'ai fait part des décisions immédiates qui ont été prises par le Gouvernement français, des ordres qU'il avait donnés même unilatéralement de suspendre les hosti- lités en attendant le cessez-le-feu que nous nous réjouissons d'avoir vu intervenir également du côté tunisien. 136. Je dirai seulement ceci: les événements de ces derniers mois en France montrent suffisamment que le Gouvernement français n'admet pas que ses ordres ne soient pas exécutés. Je crois que l'histoire de cette période récente est un gage suffisant qu'en cette ma- tière égàlement il est silr que les ordres du Gouver- nement français seront exécutés. 137. M. CHEHLAOUI (République arabe unie): Moi aussi, moi surtout, je dois formuler mon vif regret de la situation ~ laquelle nous sommes arrivés. Tout le monde a éprouvé des regrets et je suis sûr que ceux qui les ont exprimés et ceux qui les ont pensés sont aussi sincères les uns que les autres. Mais, outre ces regrets, j'ai des craintes, les craintes mêmes dont a parlé le représentant de la Tunisie avant le vote sur les projets de résolution qui, malheureusement, ont été tous deux rejetés. Quel contrôle aurons-nous sur la façon dont la décision du Conseil de sécurité relative au cessez-le-feu sera exécutée? Nous pou- vons nous le demander. En effet, si nous ne voulons pas douter de la déclaration du représentant de la France, nous savons que des événements imprévus, incontrôlables, risquent toujours d'amener des ba- tailles rangées telles que celle.s qui ont eu lieu et une situation peut-être encore beaucoup plus grave que celle dont le Conseil vient d'être saisi. Le fait est que nous n'avons aucun contrôle de la mise en application de la décision prise par le Conseil puisqu'il n'y a au- cune mission de contrôle que, d'ailleurs, personne n'a demandée. 138. Maintenant, si je puis me permettre, Monsieur le Président, de vous adresser une prière, je vous demanderai de maintenir continuellement cette ques- tion sous votre contrôle afin que soient évités des faits peut-être encore beaucoup plus tragiques que ceux qui nous ont été soumis aujourd'hui. 139. M. WIJEGOONAWARDENA (Ceylan) [traduit de l'anglais]: Le représentant de la Tunisie vient de faire une déclaration fort importante et, sans vouloir aucu- nement mettre en doute les termes de la réponse faite par le représentant de la France, ma délégationestime que le Conseil devrait rester saisi de la question que nous avons examinée et être prêt ~ se réunir ~ tout moment si la situation l'exige. 140. M. BARNES (Libêria) [traduit de l'anglais]: Je dois ajouter la voix de ma délégation n. celle des délégations qui ont exprimé leur regret du fait que le Conseil n'ait pas été en mesrlre, après avoir examiné la plainte de la Tunisie, de prendre une décision définitive en vue de faire disparaitre les causes qui
1 should like to make a short statement. Nearly all the members who have spoken since the voting have ex- pressed their regret that so far neither draft resolu- tion has been adopted. 143. 1 share this regret and it is my understanding that the fact that both draft resolutions have been put to the vote and neither hasbeen adopted does not mean that the debate on this matter is overj firstly, because it is on the agenda and must therefore stand in its present form; and secondly, because the draft resolu- tion adopted at the last meeting states clearly, in operative paragraph 2: "Decides to continue the de- bate". 1 do not consider that the fact that neitherof the two draft resolutions submitted today has been adopted can be taken to mean that the matter is now finished. 144. 1 am ready to convene the Council again, at the request of any member or of any state Member of the United Nations, whenever that is deemed necessary and 1 propose to keep a close watch and to maintain constant contact between the members of the Council in connexion with this matter, which is so serious and fraught with such danger to peace and to the friend- ship between two peoples. The meeting rose at 7.30 p.m. 142. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Je vou- drais faire une brève déclaration. Presque tous les membres qui ont pris la parole après le vote ont exprimé leur regret qu'aucun des deux projets de résolution n'ait pu être adopté aujourd'hui par le Conseil. 143. Je partage ce regret, mais je considère que le fait qu'aucun de ces projets n'a été adopté n'implique pas que le débat sur la question soit terminé. Tout d'abord, la question demeure inscrite ~ l'ordre du jour et, par conséquent, le Conseil en reste saisi; et ensuite, au paragraphe 2 du dispositü du projet que nous avons approuvé ~ la dernière séance, on peut lire: "Décide de poursuivre les débats". Je ne crois pas que le rejet des deux projets soumis au Conseil aujourd'hui puisse être interprété comme mettant fin aux débats. 144. Je suis prêt ~ réunir le Conseil sur la demande d'un quelconque de ses membres ou d'un quelconque des Etats Membres de l'Organisation des Nations Unies, au moment qui sera jugé opportun. Je propose de maintenir une stricte vigilance et un contact per- manent entre les membres du Conseil en ce qui con- cerne cette question, si grave et si dangereuse pour la paix et l'amitié des peuples. La séance est levée à 19 h 30. AFRICA/AFRIQUE BELGIUM/BELGIQUE: AGENCE ET MESSAGERIES DE LA PRESSE, S. A. 14·22, rue du Persil, Bruxelles. CAMEROUN: LIBRAIRIE DU PEUPLE AFRICAIN La Gérante, B. P. 1197, Yaoundé. ETHIOPIA/ÉTHIOPIE: INTERNATIONAL PRESS AGENCY, P. O. Box 120, Addis Ababa. GHANA: UNIVERSITY BOOKSHOP University College of Ghana, Legon, Accra. MOROCCO/MAROC: CENTRE DE DIFFUSION DOCUMENTAIRE DU B.E.P.I., 8, rue Michaux·Bellaire, Rabat. SOUTH AFRICA/AFRIQUE DU SUD: VAN SCHAIK'S BOOK STORE (PTY.), LTD. Church Street, Box 724, Pretoria. UNITED ARAB REPUBLIC/ RtpUBLIQUE ARABE UNIE: LIBRAIRIE "LA RENAISSANCE D'ÉGYPTE" 9 Sh. Adly Pasha, Cairo. ÇZECHOSLOVAKI~/TCHÉCOSLOVAQUIE: CESKOSLOVENSKY SPISOVATEL Narodni n'ida 9, Praha 1. DENMARK/DANEMARK: EJNAR MUNKSGAARD, LTD. Nl'lrregade 6, Kl'lbenhavn, K. FINLAND/FINLANDE: AKATEEMINEN KIRJAKAUPPA 2 Keskuskatu, Helsinki. FRANCE: ÉDITIONS A. PÉDONE 13, rue Soufflot, Paris (Ve). GERMANY (FEDERAL REPUBLIC OF)/ ALLEMAGNE (RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE D'): R. EISENSCHMIDT Schwanthaler Str. 59, Frankfurt/Main. ELWERT UND MEURER Hauptstrasse 101, Berlin-Schëneberg. ALEXANDER HORN Spiegelgasse 9, Wiesbaden. W. E. SAARBACH Gertrudenstrasse 30, Këln (1). ASIA/ASIE BURMA/BIRMANIE: CURATOR, GOVT. BOOK DEPOT, Rangoon. CAMBODIA/CAMBODGE: ENTREPRISE KHMÈRE DE LIBRAIRIE Imprimerie & Papeterie, S. il R. L., Phnom·Penh. CEYLON/CEYLAN: LAKE HOUSE BOOKSHOP Assoc. Newspapers of Ceylon, P. O. Box 244, Colombo. CHINA/CHINE: THE WORLD BOOK COMPANY, LTD. 99 Chung King Road, 1st Section, Taipeh, Taiwan. 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DE): EUL·YOO PUBLISHING CO., LTD. 5, 2·KA, Chongno, Seoul. PAKISTAN: THE PAKISTAN CO·QPERATIVE BOOK SOCIETY Dacca, East Pakistan. PUBLISHERS UN!TED, LTD. Lahore. THOMAS & THOMAS Karachi. PHILIPPINES: ALEMAR'S BOOK STORE 769 Rizal Avenue, Mani/a. SINGAPORE/SINGAPOUR: THE CITY BOOK STORE, LTD., Collyer Quay. THAILAND/THÂiLANDE: PRAMUAN MIT, LTD. 55 Chakrawat Road, Wat Tuk, Bangkok. VIET·NAM (REP. OF/RÉP. DU): LIBRAIRIE·PAPETERIE XUÂN THU 185, rue Tu·do, B. P. 283, Saigon. EUROPE AUSTRIA/AUTRICHE: GEROLD & COMPANY Graben 31, Wien, 1. B. WOLLERSTORFF Markus Sittikusstrasse 10, Salzburg. Orders and inquiries from countries where sales agencies have not yet been established may be sent to: Sales Section, United Nations, New York, U.S.A., or to Sales Section, United Nations, Palais des Nations, Geneva, Swilzerland. Les commandes et demandes de renseignements émanant de pays où il n'existe pas éncore de bureaux de vente peuvent être adressées il la Section des ventes, . 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HONDURAS: L1BRERIA PANAMERICANA Tegucigalpa. MEXICO/MEXIQUE: EDITORIAL HERMES, S. A. Ignacio Mariscal 41, México, D. F. PANAMA: JOSE MENENDEZ Agencia Internacional de Publicaciones, Apartado 2052, Av. 8A, Sur 21·58, Panama. PARAGUAY: AGENCIA DE LIBRERIAS DE SALVADOR NIZZA Calle Pte. Franco No. 39.43, Asunci6n. PERU/PÉROU: L1BRERIA INTERNACIONAL DEL PERU, S. A. Casilla 1417, Lima. URUGUAY: REPRESENTACION DE EDITORIALES, PROF. H. D'ELIA Plaza Cagancha 1342, 10 piso, Montevideo. VENEZUELA: L1BRERIA DEL ESTE Av. Miranda, No. 52, Edf. Galipan, Caracas. MIDDLE EAST/MOYEN-ORIENT IRAQ/IRAK: MACKENZIE'S BOOKSHOP Baghdad. ISRAEL/ISRAËL: BLUMSTEIN'S BOOKSTORES 35 Allenby Rd. & 48 Nachlat Benjamin St., Tel Aviv. JORDAN/JORDANIE: JOSEPH 1. BAHOUS & CO. Dar·ul·Kutub, Box 66, Amman. LEBANON/L1BAN: KHAYAT'S COLLEGE BOOK COOPERATIVE 92·94, rue Bliss, Beyrouth. NO~TH AMERICA/ AMERIQUE DU NORD CANADA: THE QUEEN'S PRINTER Ottawa, Ontario. "'NITED STATES Of AMERICA/ ETATS·UNIS D'AMERIQUE: SALES SECTION, UNITED NATIONS, New York. OCEANIA/OCÉANIE AUSTRALIA/AUSTRALIE: MELBOURNE UNIVERSITY PRESS 369 Lonsdale Street, Melbourne, C.l. NEW ZEALAND/NOUVELLE.ZÉLANDE: UNITED NATIONS ASSOCIATION Of NEW ZEALAND, C. P. O. 1011, Wellingtcn. [62B1]