S/PV.964 Security Council
SIXTEENTH YEAR 964
NEW YORK
This meeting has been called following the circulation of a request submitted by the representative of Tunisia in a letter dated 27 July 1961 [S/4893].
2. The provisional agenda for this meeting appears .in document S/Agenda/964. If there are no objections, the provisional agenda will be considered to have been adopted. The agenda was adopted.
Telegram dated 20 July 1961 addres!ied to the President of the Security Couneil by the Secretary of State for Foreign Affairs of the Republic of Tunisia (5/4861). Letter dated 20July 1961 from the Permanent Representative of Tunisia addressed to the President of the Security Council (SI 4862)
Be- fore proceeding with the item on the agenda, l wish ta state that l have been requested by the French repre- sentative to place before you the following letter dated 28 July [S/4897] addressed to the President of the Council:
"On the instructions of my Government, -1 have the honour to inform you of the following:
"The French delegation has no new facts to com- municate to the Council. The cease-fire at Bizerta and in the Sahara has been establisheçl and is being observed. Of course, agreement still has to be reached between the French and Tunisian authori- ties concerning procedures for restoring normal
Président: M. L. BENITES VINUEZA (Equateur). Présents: Les représentants des Etats suivants: Ceylan, Chili, Chine, Equateur, Etats-Unis d'Amé- rique, Frartce, Libéria, République arabe unie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Turquie, Union des Républiques socialistes soviétiques.
Ordre du jour provisoire (SIAgenda/964)
1. Adoption de l'ordre du jour.
2. Télégramme, en date du 20 juillet 1961, adressé au Président du Conseil de sécurité par le Secré- taire d'Etat aux affaires étrangères de la République tunisienne (8/4861). Lettre, en date du20 juillet 1961, adressée au Président du Conseil de sécurité par le représentant permanent de la Tunisie (8/4862).
Adoption de l'ordre du jour
1. Le PRE8IDENT (traduit de l'espagnol): LeConseil a été convoqué dès que le document contenant la de- mande formulée par le représentant de la Tunisie dans sa lettre en date du 27 juillet 1961 a été distribué [8/4893].
2. L'ordre du jour provisoire de cette séance figure dans le document S/Agenda /964. Sauf objection, je déclarerai adopté l'ordre du jour provisoire Télégramme, en date du 20 juillet 1961, adressé au Prési. dent du Conseil de sécurité par le Secrétaire d'Etat aux affaires étrangères de la République tunisienne (S/4861). Lettre, en date du 20 juillet 1961, adressée au Président du Conseil de sécurité par le représentant permanentde la Tunisie (5/4862) 3. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Avant de passer à l'ordre du jour, je dois faire savoir au Conseil que le représentant de la France m'a prié Le porter à sa connaissance la lettre suivante, endate du 28 juillet [S/4897] adressée auPrésident duConseil de sécurité: "J'ai l'honneur, d'ordre de mon gouvernement, de vous faire connaftre ce qui suit: "La délégationfrançaise nI a aucun élément nouveau à faire connaftre au Conseil. Le cessez-le-feu à Bizerte et au Sahara a été établi et est respecté. Il reste, bien entendu, à convenir, entre autorités françaises et autorités turdsiennes, des modalités du retour à une situation normale à Bizerte. Les "1 should be grateful if you would bring tUs com- munication to the attention of the Security Council." 4. As the members of the Security Council will have noted, the representative of Tunisia has requested permission to take part in the debate [8/4893]. In accordance with rule 37 of the provisional rules of procedure of the Council, l propose to invite the representative of Tunisia to take a seat atthe Council table. At the invitation of the President, Mr. Mongi Slim (Tunisia), took a place at the Council table.
L'ordre du jour est adopté.
l am pleased to draw the attention of members ofthe Coun- cil on the one hand to the telegram dated 25 July, sent to the Secretary-General by the Minister for Foreign Affairs of the Republic of Senegal [S/4895], requesting that a representative of Senegal should be permitted to participate in the debate on this item, and on the other hand to a letter bearing today's date, in which the representative of Libya has also re- quested permission to participate in the Council's debate [3/4901]. If there is no objection, l shall ask the representative of Senegal and the representative of Libya to take places at the Council table. At the invitation of the President, Mr. OUsman Socé Diop (Senegal) and Mr.. Mohieddine Fekini (Libya) took places at the COUDcil table.
6. The P~ESIDENT (translated from Spanish): The Council will now proceed to discuss the item on the agenda. The first speaker on the list is the repre- sentative of Tunisia.
7. Ml'. Mongi SLIM: (Tunisia) (translated from French): l thank the President and the members of the Council for allowing my delegation to take part in this meeting in order to c'Cplain the request which we submitted on 27 July [8/4893]. The main reason for this request-apart from the issue of substance, which was not decided by the Council during its previous debate-is the newand highly serious situation arising out of the non-observance by the French military authorities· of an interim decision made by the Secu- rity Council at its 962nd meeting vn 22 July 1961 [S/4882].
8. On 22 July, the Security Council, though seized of the complaint submitted by the Government of Tunisia against the French Government on 20 July [S/4862], adjourned without making any decision on the substance of the Tunisian request for an end to the aggression ta which Tunisia has been subjected since 19 July 1961, and for the evacuation from my country of aU the French forces which are occupying it against the will of the Tunisian nation as expressed by the Government of Tunisia in the complaint that it laid before the Security Council on 8 February
"Je vous serais obligé, Monsieur le Président, de bien vouloir porter cette communication à la con- naissance du Conseil de sécurité."
4. Les membres du Conseil savent que le repré- sentant de la Tunisie a demandé l'autorisation de par- ticiper aux débats [S/4893]. Conformément à l'ar- ticle 37 du règlement intérieur provisoire duConseil, je me propose d'inviter le représentant de la Tunisip. à prendre place à la table du Conseil
Sur l'invitation du Président, M. Mongi Slim (Tunisie) prend place à la table du Conseil.
5. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Je dois appeler l'attention des membres du Conseil d'une part, sur le télégramme, en date du 25 juillet, adressé au Secrétaire général par le Ministre des affaires étran- gères de la République du Sénégal [S/4895] et deman- dant que le représentant du Sénégal soit autorisé à participer aux débats sur la question à l'ordre du jour, d'autre part, sur la lettre, en date de ce jour, par laquelle le représentant de la Libye a demandé égale- ment à participer aux débats du Conseil [S/4901]. Sauf objection, j'inviterai le représentant du Sénégal et le représentant de la Libye à prendre place à la ta.ble du Consei!.
Sur l'invitation du Président, M. Ousmane Socé Diop (Sénégal) et M. Mohieddine Fekini (Libye) prennent place à la table du Conseil.
6. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Le Conseil passera maintenant à la discussion de la question à l'ordre du jour. Le premier orateur inscrit est le représentant de la Tunisie.
7. M. Mongi SLIM (Tunisie): Je vous remercie, Monsieur le Président, ainsi que les membres duCon- seil, d'avoir autorisé ma délégation à participer à cette séance pour qu'elle puisse expliquer la requête que nous avons présentée le 27 juillet [S/4893]. Cette requête a été motivée surtout - endehors de la ques- tion de substance qui n'a pas été liquidée par le Conseil lors de son précédent débat - par une situation nouvelle, éminemment grave, et qui découle de la non- observation par les autorités militaires françaises d'une décision provisoire prise par le Conseil de sécurité au cours de sa 962ème séance, le 22 juillet 1961 [S/4882].
8. Le 22 juillet dernier, en effet, le Conseil de sécurité, saisi de la plainte déposée le 20 juillet par le Gouvernement de la Tunisie contre celui de la France [8/4862], se sépara sans avoir tranché lefond de la requête tunisienne tendant à faire arrêter l'agression dont la Tunisie a été victime depuis le 19 juillet 1961 et tendant à faire évacuer de mon pays toutes les troupes françaises qui 1'occupent contre la volonté de la nation tunisienne exprimée par son gou- vernement' notamment dans la plainte qu'il a déposée devant le Conseil de sécurité â la suite de l'agression
11. It must be recalled that the Counci! adjourned a few hours after making its interim order, having held a debate followed by votes on two draft resolutions which failed to obtain the required majority. In view of this adjournment without a decision, the President of the Republic of Tunisia sent the Secretary-General the following message on 23 July 1961, inviting him to come to Tunis:
"The gravity of the situation in Tunisia ..• and the need for an urgent and thorough consideration of the consequences following from Tunisia's appeal to the Security Council make a direct and personal exchange of views necessary and urgent." [8/4885, sect. 1.]
12. The Tunisian delegation is happy to pay tribute to the goodwill displayed by the Secretary-General in responding to this invitation, and tothe impartiality of his approach to the situation in Tunisia. But it also wishes to express its regret at the unfortunate in- cident which befell our guest and which, though we did our utmost to prevent it, we must still regard as a breach of the sacred laws of hospitality.
13. l wish to revert now ta the decision taken by the Security Counci! at its morning meeting of 22 July. l wou1d remind members that at the opening of the meeting, which took place the same afternoon, the French representatiVe made the following communi- cation to the Security Counci! at precisely 3.15 p.m. New York time:
"In accordance with the decision taken this morn- ing by the Council, AdmiraI Amman, who is in com- mand of the Bizerta base, immediately received instructions to contact the Tunisian authorities at once, with a view to: first, the establishment of a cease-fire as soon as possible and, in any case, before the ear1y hours of the morning of 23 Ju1y, Tunisian time; second1y, if, as is hoped, the cease- fire is concluded at that time, the organization of a meeting tomorrow afternoon to commence discus- sions on the means of returning to normal con- ditions." [963rd meeting, para. 3.]
Once again, the question is the return to a normal situation. The French representative then said:
"1 would add that French troops have already re- ceived instructions to stop aIl action and merely to rep1y to any attacks made on them." [Ibid., para. 4.]
!I Officia! Records of the Securlty Council, Thirteenth Year, Supple- ment for ]anuary, February and March, 1958, document 5/3952.
10. Comme les membres du Conseil Pauront re- marqué, les termes de la résolution ne font absolu- ment pas allusion au retour à une situation normale, telle qu'elle est exprimée dans la lettre de ce jour, qui vous a été adressée, Monsieur le Président [S/4897].
11. Il est à rappeler que, quelques heures après la décision intérimaire, le Conseil s'ajournait après un débat se soldant par des votes sur deux projets de résolution qui n'obtenaient pas de majorité suffisante. Devant cet ajournement des débats sans décj.sion, le Président de la République tunisienne adressait au Secrétaire général, le 23 juillet 1961, le message suivant Pinvitant à Tunis: "La gravité de la situation en Tunisie. ,. et la nécessité d'un examen urgent et approfondi des suites du recours de la Tunisie devant leConseil de sécurité rendent nécessaire et urgent un échange de vues direct et personnel." [S/4885, sect. 1.]
12. La délégation tunisienne se plan à rendre hom- mage à la bonne volonté que le Secrétaire général a montré en répondant à cette invitation et à Pimpar- tialité avec laquelle il a abordé la situation en Tu- nisie. Mais elle tient aussi à exprimer ses regrets pour le malheureux incident dont a été victime notre hôte, incident qui, intervenu à notre corps défendant, n'en est pas moins pour nous une violation des lois sacrées de l'hospitalité.
13. Je voudrais maintenant revenir à la décision qui a été prise par le Conseil de sécurité, à sa séance du matin, le 22 juillet dernier. Je rappelle qu'à Pouverture de la séance qui s'est tenue dans l'après-midi du même jour le représentant de la France a fait au Conseil, à 15 h 15 exactement, (heure de New York), la communication suivante:
"A la suite de la décision prise ce matin par le Conseil, l'amiral Amman, commandant la base de Bizerte, a reçu aussitôt instruction d'entrer en rapport immédiatement avec Pautorité tunisienne en vue: premièrement, d'établir un cessez-le-feu aussitôt que possible et, en tout cas, avant les pre- mières heures de la matinée du 23 juillet (heure de Tunis); deuxièmement, si, comme on l'espère, le cessez-le-feu est conclu à ce moment, d'orga- niserune réunion dans Paprès-midi de demain pour commencer à discuter des modalités d'un retour à la situation normale." [963ème séance, par. 3.]
Il s'agit, encore une fois, d'un retour à une situation normale. La délégation française poursuivait: "J'ajoute que, dès maintenant, les troupes fran- çaises ont reçu instructions de éesser toute action et de ne faire que rispoter aux attaques dont elles seraient éventuellement 1"objet. fi [Ibid., par. 4.]
y Documents officiels du Conseil de sécurité, treizi~me année, Supplément de janvier, février et mars 1958, document 5/3952.
15. Unfortunately, although Tunisia has for her part executed quickly and in good faith the Security Coun- cil's interim decision set out in resolution S/4882, France has not. The French forces have a,dmittedly stopped their systematic massacre of civilians, but they have continued to behave in a high-handed and provocative manner, backed by a show of arms, and at the same time to extend their activities and to bring in more men and equipment, aIl in breach of the Security Council's decision.
16. In contrast, the Tunisian Government, as soon as it had notice of the resolution ofthe Security Coun- cil, being fully aware of its dutY under Article 25 of the Charter towards the Council's decisions, ordered its forces operating in the town of Bizerta to stop aIl offensive operations and to return to their positions. These instructions, of course, also applied to t~e Tunisian troops operating near the Libyan froutier in the south.
17. AImost at the same time the acting Governor of Bizerta made contact with the French Consul-General in order to apprise him of the Tunisian Government's decision and to inform him that the acting Governor had been authorized to discuss with AdmiraI Amman any problems resulting from the Security Council's decision.
18. From that moment telephone calls and cor- respondence were exchanged between the acting Governor and AdmiraI Amman; but these did not produce any agreement on a meeting-place. AdmiraI Amman, indeed, refused either to go himself or to send a representative to the Governor's palace, the seat of civil authority in Tunisia, and finally sug- gested through the Consul-General that the meeting should take place at the office of the port authority, whither the AdmiraI would go by launch to the pilots' landing stage. The acting Governor again suggested that the meeting be held at the Governor's palace; but _so far the Tunisian Government has received no reply from the French Government.
19. On the same day, 22 July 1961, the French Government published the following communiqué, which seems to us to contradict the statements made here by the French representative:
"Our troops, having freed our military installa- tions from the blockade to which they were sub- jected and secured the unhampered operation of the base, have been ordered to cease their operations
15. Malheureusemeilt, si la Tunisie, elle, a exécuté rapidement et de bonne foi la décision intérimaire du Conseil formulée dans sa résolution S/4882, il n'en a pas été de même de la part de la France. Car, s'il est vrai que les troupes françaises ont arrêté le mas- sacre systématique auquel elles se sont livrées contre la population civile, il n'en demeure pas moins qu'elles ont continué à se livrer à des exactions et des provo- cations, sous la menace de leurs armes, tout en con- tinuant â étendre le champ de leurs activités et à ren~ forcer leur potentiel militaire en hommes et en équi- pement, le tout en violation de la décision du Conseil de sécurité.
16. Par contre, dès qu'il eut connaissa.nce de la réso- lution du Conseil de sécurité, le Gouvernement tuni- sien, pleinement conscient de ses responsabilités à l'égard des décisions du Conseil, conformément à l'Article 25 de la Charte, donna ordre à ses forces opérant dans la ville de Bizerte d'arrêter toute opé- ration offensive et de retourner sur leurs positions. Ces instructions s'appliquaient aussi, bien entendu, aux troupes tunisiennes opérant dans la région fron- talière sud séparant la Libye de la Tunisie.
17. Presque au même moment, le gouverneur par intérim de Bizerte entrait en contact avec le consul général de France. pour l'aviser de la décision du Gouvernement tunisien de cesser le feu et l'informer qu'il était habilité il. traiter avec l'amiral des pro- blèmes consécutifs à la décision du Conseil.
18. Ce fut le vrai point de départ de différents con- tacts téléphoniques entre le gouverneur par intérim et l'amiral Amman, et le point de dêpartd'un échange de correspondance entre eux, contacts et échangè qui n'aboutirent il. aucun accord sur le lieu de rencontre du Gouverneur par intérim et de 11amiral. Ce dernier a refusé, en effet, de se rendre lui-même ou d'envoyer son représentant au siège du gouvernorat, représen- tation de l'autorité civile tunisienne, et a fini par pro- poser, par l'intermédiaire du consul général, que la rencontre ait lieu à la capitainerie du port, l'amiral devant s'y rendre à bord d'une vedette qui accosterait au débarcadère du poste de pilotage. Le gouverneur par intérim proposa de nouveau le siège du gouver- norat comme lieu de rencontre; aucune réponse de la part du Gouvernement français n'est encore parvenue au Gouvernement tUi1isien.
19. Quant au Gouvernement français, il publia le même jour, c'est-à-dire le 22 juillet 1961, le com- muniqué suivant qui nous semble en contradiction avec les déclarations faites ici par le représentant de la France:
"Nos troupes, ayant dégagé nos installations mi- litaires du blocus dont elles étaient l'objet et assuré le libre fonctionnement de la base, ont reçu l'ordre d'arrêter leurs opérations et de se borner à ré-
"An identical offer is being made in respect of thé Sahara, where our troops have closed the frontier."
20. The French Consul-General in Tunis approached the Tunisian Government and informed it that AdmiraI Amman had been instructed to make the following proposaIs to the Tunisian authorities: first, that both sides should order a cease-fire as soon as possible and in any case not later than the early morning of the following day, Sunday, 23 July; and secondly, if this offer were accepted, to arrange a meeting for the following afternoon to discuss the conditions for a return to a normal situation (once again we have this epithet, a "normal situation"). The cease-fire offer also applied to the Sahara.
21. Through its representatives the Tunis~anGovern- ment replied as follows: On the fil'st point; we can do no more than take note of the French proposaI; for as far as we are concerned offensive operations in Bizerta stopped at 10.00 p.m. on 22 July 1961. On the second point,we ask that the French forces re- establish freedom of movement as saon as possible by withdrawing their troops and armoured vehicles from the roads and intersections. We consider that two hours should be allowed from the moment when freedom of movement is restored, to permit the emissaries of the Tunisian Government to transmit the requisite instructions to their representatives and to implement a cease-fire in the Bizerta. area. Thirdly, in view of the gravity ofthe problems follow- ing upon the cease-fire, the contacts necessary for their discussion must be established without delay.
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22. It is apparent from the documents 1 have Just cited that, first of aIl, the French Government has from the outset made no mention in its communiqués of the cease-fire called for by the Security Council resolution; the only allusion' was in the statement made here by the French representative. We have just found confirmation of this in the latest official communiqué published by the French Government after a meeting of the Council of Ministers on 26 July, which totally ignores the Security Council decision and merely lists the one-sided measures that the French Government intends to force on the Tunisian Government.
23. We consider that this attitude has two serious implications. First, the French Government, in at- tempting unilaterally and improperly t'o decide the fate of a substantial part of Tunisian territory without regard to the legitimate rights of Tunisia-an in- dependent, sovereign State-or to the unanimous feel- ing of the Tunisian people, is outraging Tunisia's sovereignty and territorial integrity. Secondly, by ignoring the Security Council's decision of 22 July the French Government shows contempt for the United Nations and its Members, and disrespect for the decisions of the Security Council. Thus, to challenges
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"Une offre identique est faite en ce qui concerne le Sahara oil nos troupes ont interdit le passage de la frontière."
20. De son côté, le consul général de France à Tunis a pris contact avec le Gouvernement tunisien pour lui communiquer les instructions données par leGouver- nement français à l'amiral Amman consistant à pro- poser aux autorités tunisiennes: en p:vemier lieu, de cesser lefeu de part et d'autre aussitôt que possible et auplus tard dans les premières heures de la matinée du lendemain dimanche 23 juillet; en deuxièmt:l lieu, si cette offre était acceptée, d'organiser une réunion dans l'après-midi du lendemain en vue de discuter les modalités d'un retour à la situation normale - encore une fois cette appellation de "situation normale". L'offre de cessez-le-feu est valable également pour le Sahara.
21. Par l'entremise de ses représentants, le Gou- vernement tunisien a répondu: en premier lieu, pour ce qui est du premier point, nous ne pouvons que prendre note de la proposition française, car, en ce qui nous concerne, la cessation des opérations offen- sives est effective à Bizerte depuis le 22 juillet 1961 à 22 heures; en deuxième lieu, nous demandons que les forces françaises rétablissent dans les plus brefs délais la liberté de circulation par le retrait de leurs troupes et blindés des routes et carrefours. Un délai de deux heures nous parait nécessaire â partir du moment oil la libre circulation devient effective pour permettre aux émissaires du Gouvernement tunisien de faire parvenir les instructions nécessaires à leurs représentants et rendre effectif l'arrêt des opérations offensives dans la région de Bizerte; en troisième lieu, étant donné la gravité des problèmes consécutifs à la cessation des combats, il est urgent d'établir les contacts nécessaires pour en discuter.
22. n se dégage des documents que je viens de citer tout d'abord que le Gouvernement français ne fit dès le début aucune allusion dans ses communiqués à la résolution du Conseil de sécurité en ce qui concerne le cessez-le-feu; il n'y est fait allusion que dans la déclaration prononcée ici même par le représentant de la France. Ceci vient de nous être confirmé par le dernier communiqué officiel publié par le Gouver- nement français Il l'issue d'un Conseil des ministres en date du 26 juillet, comlnuniqué qui fait abstraction totale de la décision duConseil de sécurité et se borne à émunérer les mesures unilatérales que le Gouver- nement français entend imposer par la force au Gou- vernement tunisien.
23. Il y a là une attitude qui est grave, nous semble- t-il, à un double titre: d'une part, dans la mesure oille Gouvernement français entend définirunilatéralement et abusivement le sort d'une portion importante du territoire tunisien, sans tenir compte ni des droits légitimes de la Tunisie - pays indépendant et sou- verain - ni du sentiment unanime du peuple tunisien, ce gouvernement porte une atteinte grave à la souve- raineté de la Tunisie et à son intégrité territoriale. D'autre part, en ignorant la décision du Conseil de sécurité, intervenue le 22 juillet, le Gouvernement français fait montre de mépris à l'égard de l'Orga-
25. In fact the Fren~h forces regard the cease-fire, not as a consequence of the Council's decision, but as justified only by the fact that the French troops have attained the objective which inspired the aggression. This is clear from the official communiqué of 26 July [8/4894, sect. II], which states: "The operations ... were ended on the afternoon of 22 July, the French Government made it known that it had giventhe neces- sary orders to cease fire •••". As you see, no men- tion is made of the Council's decision, which alone led the Tunisian Government to take the initiative of a cease-fire.
26. An this, once more, is in flagrant conflict with the statement made here on 22 July by the French representative, who said: "In accordance with the decision taken this morning by the Council, AdmiraI Amman, who is' in command of the Bizerta base •.. ".
27. The communiqué of 26 July clearly reveals the true intentions, which we have denounced, of the French Gover,nment. Today there can no longer be any àoubt that this is a typical premeditated armed aggression. The French Government's determination to found its presence in Tunisia on force alone, ex- cluding any intervention by international organiza- tions, proves clearly that the aggression committed against Tunisia was premeditated and amply justifies my country's exercise of its right of self-defence under Article 51 of the Charter.
28. Thus the French Government has no intention of implementing the resolution of the Security Council. That is the unhappy conclusion that we have reached.
29. In the first place, as far as the cease-fire itself is concerned, this resolution has been only partially carried out. After it carne into force, as we have pointed out, various acts of violence were committed by the occupying forces, more particularly by para- chute troops and soldiers of the Foreign Legion coming from Algeria, whose misdeeds and crazy vio- lence wherever they have gone, in Asia, in Africa and even recently in France-at Metz, to be precise-are notorious.
30. l would merely recall that in the morning of 23 July, only a few hours after the resolution had entered into force, French parachute troops carried out a full-scale mopping-up operation inside the town of Bizerta, pillaging and ransacking at rifle-point many dwellings, including those of the secretary gen- eral of the Governor's staff and of the Governor's
represent~tive. They occupied the Governor's palace and tore down the Tunisian flag from its façade. They searched the office and took personal belongings and silver plate embossed with the arms of the Tunisian Republic. On the sarne day, the City Hall was re-
25. En effet, pour les forces françaises, l'arrêt des combats n'est pas la conséquence de la décision du Conseil, il se justifie seulement par le fait que les troupes françaises ont atteintl'objectlidel'agres- sion. Cela ressort clairement du communiqué officiel du 26 juillet [S/4894, sect. II] qui déclare: "Les opé- rations ... ayant été terminées dans l'après-midi du 22 juillet, le Gouvernement français a fait connartre qu'il avait donné les ordres nécessaires pour arrêter aussitôt le feu .•." Comme vous le voyez, aucune allusion n'est faite à la décision du Conseil qui, seule pourtant, a déterminé le Gouvernement tunisien à prendre l'initiative du cessez-le-feu.
26. Tout ce'~i, encore une fois, est en contradiction flagrante avec la déclaration du représentant de la France qui, le 22 juillet, nous disait ici même: liA la suite de la décision prise ce matin par le Conseil, l'amiral Amman, commandant la base de Bizerte ..."
27. Le communiqué du 26 juillet est bien révélateur des intentions réelles du Gouvernement français que nous avons dénoncées. Aucun doute n'est plus permis aujourd'hui: c'est bien d'une agression armée prémé- ditée et caractérisée qu'il s'agit. Cette volonté arrêtée du Gouvernement français de ne fonder que sur la force le régime de sa présence, à l'exclusionde toute intervention d'organismes internationaux, établit net- tement le caractère prémédité de l'agression dont la Tunisie a été la victime, justifiant amplement l'exer- cice, par mon pays, de son droit de légitime défense conformément à l'Article 51 de la Charte.
28. Ainsi donc, le Gouvernement français n'entend nullement appliquer la résolution du Conseil de sécu- rité. Voilà la triste conclusion à laquelle nous arri- vons.
29. Tout d'abord, en ce qui concerne le cessez-le-feu lui-même, cette résolution n'a reçu qu'une application relative. En effet, après son entrée en vigueur, et comme nous avons eu à le signaler, divers actes de violence ont été perpétrés par les troupes d'occupation, notamment par les parachutistes et les légionnaires venus d'Algérie dont on connart les tristes exploits et la frénésie partout oil ils ont passé, en Asie, en Afri- que et même récemment en France, pour préciser à Metz.
30. Je voudrais seulement rappeler que, dans lama- tinée du 23 juillet, quelques heures après l'entrée en vigueur de la résolution, les parachutistes français ont procédé, à l'intérieur de la ville de Bizerte, à un véritable ratissage, pillant et saccageant, sous la me- nace de leurs armes, des habitations dont celle du secrétaire général du gouvernorat et du délégué du gouverneur. Ils ont occupé le siège du gouvernorat et et arraché le drapeau tunisien des façades. Ils ont fouillé le bureau et pillé des affaires personnelles et des couverts en argent frappés des armoiries de la République de la Tunisie. Le même jour la munici-
32. At Menzel-Djemil, a village ten kilometres from Bizerta on the Tunis road, French soldiers called several times at the office of the National Guard, for- bade the Guard personnel to foregather more than eight at a time and ta carry arms, and obliged them to give their identity•
33. At Menzel-Bourguiba, a village twenty kilo- metres south of Bizerta, five paratroopers visited the delegation-a "sous-préfecture"-and asked for information about the "préfecture" staff. In Bizerta itself posts and sections of the National Guard were completely ransacked and rifled, and some motor- cycles have vanished.
34. The civil prison at Bizerta has been occupied by French troops since 6.50 p.m. on 23 July. The Tunisian warders were relieved of their watches, cash and jewellery, and locked up. The cash-box in the prison registry was emptied. Moreover, stocks of food intende-d for the prisoners were misappropriated for somebody's benefit.
35. On the morning of the following day, 24 July, the offices and workshops of the Public Works Depart- ment were occupied by the French Army, whichforth- with commandeered the vehicles parked in the sheds of this civil authority which maintains the roads and bridges. Furthermore, two houses inhabited by local agents of the Department were entirely ransacked by French soldiers, who also searched the premises of the Merchant Ma.rine office, playing havoc with the files and furniture and wrecking the telephones throughout the building. Paratroopers also ransacked the local agency of the Compagnie tunisienne de navigation, whose employees were stripped of their watches and cash. The chief clerk was very roughly handled.
36. The Portland cement works, which was bombed and nearly destroyed by aircraft from the Karouba base at the outset of hostilities, is still occupied by paratroopers who prevent the workmen from entering the factory. Moreover, the offices have been rifled, the files destroyed, and the furniture and telephones broken up.
37. A large amount ofmaterial,precisionmachinery, and electrical and mechanical control equipment be- longing to the works has been pillaged or destroyed in the stores. A large safe was broken open with a blow-torch and 2,000 dinars and some important documents were taken. The damage to the cement works is provisionally estïmated at $143,000, and re- pairs lasting six or seven months will be needed to put it back into working order.
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38. The members of the Council will realize what this sort of damage means to us if they remember that ours is a younr -'1d new country working very hard to develop its ;"ources and improve its eco- nomic situation.
32. A Menzel-Djemil, village situé à '10 kilomètres de Bizerte, sur la route de Tunis, des militaires français se sont présentés plusieurs fois au bureau de la Garde nationale et ont interdit aux membres de la Garde d'être plus de huit et d'avoir des armes; ils les ont obligés à décliner leur identité.
33. A Menzel-Bourguiba, village situé à 20 kilomè- tres au sud de Bizerte, cinq parachutistes se sont présentés à la délégation, c'est-à-dire à une sons- préfecture, et ont demandé des renseignements sur l'effectif du siège de la préfecture. A Bizerte même, les postes et sections de la Garde nationale ont été complètement saccagés et pillés; des motocyclettes ont disparu.
34. La prison civile de Bizerte est occupée depuis le 23 juillet à 18 h 50 par les troupes françaises. Les surveillants tunisiens ont été dépouillés de leur mon- tre' de leur argent de poche et de leurs bijoux, et enfermés. La caisse du greffe de la prison a été vidée. Par ailleurs, des stocks de ravitaillement destinés aux détenus ont été détournés on ne sait au profit de qui.
35. Le lendemain, 24 juillet au matin, les locaux et ateliers des Travaux publics ont été occupés par l'armée française qui a disposé immédiatement du matériel roulant parqué dans les hangars de cette administration civile destinée à la réparation, à ta réfection des routes et des ponts. Par ailleurs, deux maisons habitées par des agents de l'arrondissement des Travaux publics ont été entièrement saccagées par les militaires français. Ceux-ci ont procédé à des fouilles à l'intérieur des locaux de la Marine marchande, saccageant les archives et le mobilier et détruisant les postes téléphoniques de tous les bureaux. Les parachutistes ont en outre saccagé les locaux de la succursale de la Compagnie tunisienne de navigation dont tous les agents ont été dépossédés de leur montre et de leur argent de poche. Le chef du service a été durement molesté.
36. Le cimenterie Portland, qui a été bombardée et pratiquement détruite à partir de la base de Karouba dès le début des hostilités, continue d'être occupée par les parachutistes qui empêchent les ouvriers d'entrer à l'usine. De plus, les bureaux de la cimen- terie ont été saccagés, les archives ont été détruites, le mobilier et les téléphones ont été brisés.
37. Un important matériel de la cimenterie a été pillé ou détruit dans les dépôts. Il en a été de même de beaucoup d'appareils de précision ou d'appareils de contrôle électriques ou mécaniques. En outre, un grand coffre-fort a été découpé au chalumeau. Deux mille dinars, ainsi que des documents importants, ont été emportés. Les dégâts, en ce qui concerne la ci- menterie, sont provisoirement évalués à environ 143 000 dollars et l'usine ne pourra être remise en état qu'après six ou sept mois de réparations.
38. Les membres du Conseil se rendront compte de l'importance de tels dégâts s'ils considèr'imt que notre pays, jeune et nouveau, travaille aveC'; ~,rdeur à son développement et au relèvement de sa situation économique.
41, The forestry station at Remel is still occupied by French soldiers. The private quarters of the sec- tion chiefs-whose names 1 have in my file-were visited by paratroopers, who beat up some women and children with the butts of their rifles.
42. The staff of the radio beacon at Cap Blanc, north of Bizerta, comprising four officiaIs of the state secretariat for Public Works, have been eut off since the beginning of the aggression by the French army. On 27 July one of these officiaIs who had gone out in search of supplies was severely mishandled, deprived of his money and obliged to return to the beacon by a party of paratroopers. 1 would point out that the Cap Blanc radio beacon is fitted with up-to-date equip- ment and supplies the signaIs needed by international shipping.
43. On 23 July paratroopers using sub-machine guns broke into and occupied the educational centre at Bizerta, including the offices and residence of the inspector of primary education in the Bizerta area.
44. Early on Monday, 24 July, paratroopers ran- sacked the Customs offices at Menzel-Bourguiba.
45. In Bizerta itself the general dispensary was twice ransacked by French soldiers after the cease- fire. 46. 1 shall not weary the Council by recounting aIl the other offences deliberately committed after the Tunisian authorities had ordered a cease-fire. The French forces have let no chance go by of defying Tunisian sovereignty, particularly by laying their hands on State offices and officiaIs in the manner that has been described to you.
47. Thus the French army has respected the cease- fire in only a very relative sense. What is more, the French military authorities categorically :.:efuse to act on the second part of operative paragraph 1 of Council resolution S/4882: to return their troops to their original position. This part appears closely linked to the cease-Ure, in the same paragraphe Furthermore, the French have taken advantage of Tunisian observance of the cease-fire to extend the perimeter of their area of occupation, build up their military potential and violate Tunisian air space, provoking border incidents.
48. 1 shall give some particulars of each of these charges. In regard to extension to the perimeter, the situation at the moment of the cease-fire was this. Apart from the military installations occupied before 19 July-the Sidi-Abdallah arsenal, the AdmiraIty , the Karouba naval base, the Sidi-Ahmed air base, the Cap Blanc radar installations, Nador Camp and the Menzel-Djemil anti-aircraft posts-at the time of
42. Le personnel du radiophare du cap Blanc, au nord de Bizerte, comprenant quatre agents civils du Secrétariat d'Etat aux travaux publics, se trouve isolé depuis le début de l'agression par l'armée française. Le 27 juillet, un de ces agents, chargé de se procurer du ravitaillement, a été sévèrement mo- lesté et dépossédé de son argent, par un barrage de parachutistes qui l'ont mis dans l'obligation de re- tourner au phare. Je tiens à signaler que le radio- phare du cap Blanc, doté d'installations modernes, assure la signalisation nécessaire et requise en ma- tière de navigation maritime internationale.
43. Le 23 juillet, les "paras" ont forcé à coups de mitraillette et occupé la Maison de l'enseigne- ment à Bizerte, comprenant les bureaux et le logement de l'inspecteur de l'enseignement primah'e de la circonscription de Bizerte. 44. Le lundi 24 juillet, aux premières heures de la matinée, les "paras" ont pillé les bureaux de douane à Menzel-Bourguiba. 45. A Bizerte même, le dispensaire polyvalent a été, après le cessez-le-feu, saccagé à deux reprises par les militaires français. 46. Je vous fais grâce de tous les autres méfaits délibérément commis après que les autorités tuni- siennes eurent ordonné le cessez-le-feu. Les mili- taires français n'ont perdu aucune occasiondebafouer la souveraineté tunisienne en s'attaquant notamment aux administrations et aux agents de l'Etat, dans les conditions qui vous ont été décrites.
47. Ainsi, le respect du cessez-le-feu par les mili- taires français n'a été que très relatif. Qui plus est, les autorités militaires françaises se refusent caté- goriquement à appliquer la deuxième partie du para- graphe 1 du dispositif de la résolution 8/4882 du Con- seil, à savoir le retrait de leurs troupes à leurs positions initiales (partie étroitement liée au cessez- le-feu figurant dans le même paragraphe). Bien plus, les Français ont profité du respect du cessez-le-feu par les Tunisiens pour étendre le périmètre de leur occupation, pour renforcer leur potentiel militaire et violer l'espace aérien tunisien, provoquant des inci- dents de frontière.
48. Je m'en vais, à l'occasion de chacune de ces qualifications, apporter certaines précisions. S'agis- sant de l'extension du périmètre de l'occupation, voici quelle était la situation au moment du cessez-le-feu. Outre les installations militaires occupées avant le 19 juillet (arsenal de Sidi-Abdallah, amirauté, base navale de Karouba, base aérienne de Sidi-Ahmed, camp du Nador, radars du capBlanc, postes de D.C.A.
(Q) Both sides of the Bizerta Channel;
(Q) Towards Tunis, starting from the posts near Menzel-Djemil, which is ten kilometresfromBizerta, a roadblock was set up on a line with Menzel-Djemil.
49. Let me now describe the situation onWednesday, 26 July. Since Saturday evening the French forces had operated not only between their original positions and between those and the new posts they occupied, but beyond these in the following directions:
(ê,) To the south and south-west of Menzel-Djemil, French forces advanced to the villages of El Alia and El Azib five kilometres on the road to Tunis, that is, three kilometres south of Menzel-Djemil;
(Q) To the west and south-west of Bizerta, French soldiers control road GP 41 linking Bizerta with Menzel-Bourguiba;
(g} Four kilometres west of Menzel-Bourguiba, a paratroop unit attempted on Monday, 24 July, at 11.25 a.m., to encircle the town of Tindja;
(g) French forces occupied Menzel-Abderrahmane, six kilometres south of Bizerta;
(!2) To the north-west of Bizerta, on Monday, 24 July, a regiment of 900 parachutists under the command of Colonel Langois occupied Sidi Sid near Bechateur, fourteen kilometres from Bizerta.
50. Moreover, in Bizerta itself aIl the buildings in the European quarter having balconies and situated at strategie points were systemat~callytaken over from Sunday, 23 July onwards, and turned into ma- chine-gun nests. Most of the public buildings were likewise, as 1 have noted, occupied and ransacked, including the prison-house, the court offirst instance, public schools and the public works shop.
51. 1 come now to the build-up of French military potential since the cease-fire was declared. After French forces had occupied both sides of the Channel and raised the cable barring the Narrows, naval units on patrol in the Bizerta roadstead, in the territorial waters, began to enter the port and the Channel on Sunday, 23 July, landing reinforcements, armaments and supplies. The vessels were the cruisers de Grasse and Colbert-the latter left just two days ago- and the escort vessels Maillé Brézé, Malgache, Bourdonnais Kersaint and Chevalier-Paul. othertroop and supply ships put in at Bizerta, at La Pêcherie or at thj3 Karouba naval installations on Monday, Tues- day and Wednesday, 24-26 July: the Cheliff, the Saint- Louis, the L.C:!'. Edic 9093, the Baise, the L.C.T. 9095 and the Bouvet.
52. When the airstrip of the Sidi-Ahmed airfield had been cleared, seven new Nord-Atlas aircraft landed
Q) Les deux berges du canal de Bizerte;
Q) En direction de Tunis et à partir des postes situés près de Menzel-Djemil (situé lui-même à 10ki- 10mètres de Bizerte), un barrage a été installé à. hauteur de cette localité.
49. Voici maintenant la situation au mercredi 26 juillet. Les forces françaises se sont livrées, depuis la soirée de samedi, Il des opérations non seulement entre leurs installations de départ ou entre celles-ci et les nouveaux postes occupés, mais en dehors de ces périmètres, dans les directions suivantes:
~) Au sud et au sud-ouest de Menzel-Djemil, les forces françaises sont parvenues à cinq kilomètres, au village d'El Alia et au village d'El Azib, sur la route de Tunis, c'est-à.-dire à trois kilomètres plus au sud de Menzel-Djemil;
Q) A l'ouest et au sud-ouest de Bizerte, les soldats français contrôlent la route GP 41 qui relie Bizerte 11 Menzel-Bourguiba;
Q) A l'ouest de Menzel-Bourguiba, une section de parachutistes a tenté, le lundi 24 juillet, 11 11 h 25, ct' investir la localité de Tindja, située 11 quatre kilo- mètres;
g) Les forces françaises ont occupé Menzel-Abder- rahmane, 11 six kilomêtres au sud de Bizerte;
~) Au nord-ouest de Bizerte, un régiment de 900 parachutistes, commandé par le colonel Langois, a occupé, le lundi 24 juillet, Sidi-Sid, près de Bechateur, situé 11 14 kilomètres de Bizerte.
50. D'autre part, ~ l'intérieur même de Bizerte, tous les immeubles de la ville européenne ayant des terrasses et situés ~ des points stratégiques sont systématiquement investis et transformés en nids de mitrailleuses depuis le dimanche 23 juillet. De même, la plupart des édifices publics, comme je l'ai dit, ont été occupés et saccagés: prison civile, tribunal de première instance, écoles publiques, atelier de tra- vatlX publics.
51. Voici pour ce qui concerne le renforcement du potentiel militaire français qui a été opéré ~ partir du cessez-le-feu. Les forces françaises ayant occupé les deux berges du canal et enlevé le câble qui barrait le goulet, les éléments de l'escadre, en patrouille dans la rade de Bizerte, ~ l'intérieur des eaux terri- toriales de Bizerte, ont commencé ~ entrer soit dans le port, soit dans le canal, dès la journée du dimanche du 23 juillet, débarquant des renforts, du matériel et des approvisionnements. Ce sont les unités sui- vantes; croiseurs De Grasse et Colbert (ce dernier vient de quitter, il y a deux jours), escorteurs Maillé- Brézé, Malgache, Bourdonnais.-Kersaint et Chevalier- Paul. D'autres unités transportant des troupes et du matériel ont accosté ~ Bizerte, ~ la Pêcherie ou aux installations navales de la Karouba, les 24, 25 et 26 juillet. Ce sont le Cheliff, le Saint-Louis, le L.C.T. Edic 9093, le Barse, I~T. 9095 et le Bouver.--
52. D'autre part, la piste d'envol de l'aérodrome de Sidi-Ahmed ayant été dégagée, sept nouveaux Nord-
54. l come now to the fourth point-border incidents. Taking the opportunity of the aggression against Bizerta, the French forces stationed in Algeria have directed particularly heavy artillery fire against Tunisian territory since the cease-fire. l cite the following instances:
(~J On 22 July, at 11.45 p.m., 105 mm. guns opened fire on the town of Remida in the Thala "délégation" about 200 kilometres from the Bizerta district;
(t!) On 23 July, startingatl1.33p.m., 155 mm. shells fell on two ham1ets of the border sheikhdom of Ouchtata in the Ghardimaou "délégation":
(Q) On 25 July. firing became mure frequentandwas directed against many places in the governorates of Soul-EI-Arba and El Kef, causing a number of forest fires. At 7.45 a.m., at a place called Rabil in the Ouled Moslem sheikhdom, Ain Draham "délégation", 155 mm. shells wounded one person. At 10.45 a.m., at a place called Mezaizia in the Kalaat Senan "délé- gation", artillery shells wounded the following per- sons, the first of them critically: Mohamed ben Amor, Amal' ben Younès and Abdallah ben Younès. At 11.50 a.m., at a place called Oued Nechaa, Ouchtata sheikhdom, Ghardimaou "délégation", 100 shellswere fired. At 12 noon, at a place called Hazlaza, sheikh- dom of the Ouled Sedra, Ain Draham "délégation", thirty shells were fired. At 1.30 p.m., at a place called Koudiat El Press, Khmairia sheikhdom, Ain Brahim "délégation"...
55. But l will not continue this enumeration. My reason for giving it was to refute the claim that the object was to protect French forces in the Bizerta area, and to show that the intentions are far wider and more dangerous. Thus on Tuesday, 25 July, a group of French armoured vehicles from Algeria crossed the Tunisian border and was repulsed by the Tunisian army at Mezaizia. The French soldiers carried off 220 head of cattle, and two Tunisian civilians have been reported missing. Far from showing any inclination to abide by the Council's decision, the French troops have made use of our observance of the decision to consolidate and exten::i their aggression. The Council cannot allow its deoi- sion to be exploited in this way, to multiply the aggressor's activities instead of reducing his force.
~ très basse altitude. L'espace aérien tunisien a ainsi été violé plus de 60 fois en trois jours depuis le cessez-le-feu. Certains de ces avions se sont livrés
~ des mitraillages ou ~ des bombardements: g) le 22 juillet, 11 22 h 30, comme je l'ai indiqué lors de notre dernier débat, l'aéroport militaire de Tunis El Aouina a été mitraillé; t!) le 24 juillet, ~ 7 h 30, deux avions B-26 ont bombardé la région de Oue~ Zana, près de Sakiet-Sidi-Youssef, sur la frontière algéro-tunisienne et ~ environ 160 kilomètres de la région de Bizerte; Q) le 25 juillet ~ 6 h 30, ~ Ai'n Kerma (un peu au sud de Sakiet-Sidi-Youssef), deux roquettes ont été lancées, une jeune fille a été blessée.
54. J'en arrive au quatrième point, les incidents de frontière. Profitant de l'agression de Bizerte, les forces françaises stationnées en Algérie se sont livrées, particulièrement depuis le cessez-le-feu,11de violents tirs d'artillerie en direction du territoire tunisien. Je cite: a) Le 22 juillet, 11 23 h 45, des canons de 105 mm ont ouvert le feu sur la localité de Remida, dans la délégation de Thala, située ~ environ 200 kilomètres de la région de Bizerte;
Q) Le 23 juillet, ~ partir de 23 h 33, des obus de 155 mm sont tombés sur deux hameaux du cheikhat frontalier de Ouchtata, dans la délégation de Ghar- dimaou;
Q) Le 25 juillet, les tirs sont devenus plus fré- quents et ont été dirigés sur de nombreuses localités des deux gouvernorats de Soul el-Arba et du Kef, occasionnant plusieurs incendies de forêts. A 7 h 45, au lieu dit Rabil (cheikhat Ouled Moslem, délégation de Aih Draham), des obus de 155 mm ont blessé une personne. A 10 h 45, au lieu dit Mezaizia (délégation de Kalaat Senan), des obus ont blessé les nommés Mohamed Ben Amor, Amal' Ben Younès et Abdallah Ben Younès, le premier grièvement. A 11 h 50, au lieu dit Oued Nechaa (cheikhat Ouchtata, délégation de Ghardimaou), 100 obus ont été lancés. A 12 heures, au lieu dit Hazlaza (cheikhat des Ouled Sedra. déléga- tion d'Aih Draham), 30 obus ont été lancés. A 13 h 30, au lieu dit Koudiat el-Press (cheikhat Khmairia, délégation d'Ai'n Brahim).•.
55. Mais j'arrête cette énumération; si j'ai tenu 11 la faire, c'est pour souligner qu'il ne s'agit nulle- ment de la prétention de vouloir protéger des forces françaises qui se trouvaient dans la région de Bizerte, mais qu'il s'agit d'intentions beaucoup plus vastes et dangereuses. C'est ainsi que, le 25 juillet, une incur- sion de blindés français, venant d'Algérie, a franchi la frontière tunisienne et a été repoussée, au lieu dit Mezaizia, par l'armée tunisienne. Les soldats fran- çais ont emmené 220 têtes de bétail: deux civils tunisiens sont portés disparus. Bien loin de mani- fester le désir de se conformer ~ la décision du Con- seil, les troupes françaises ont mis ~ profit notre respect de cette même décision pour consolider leur agression et l'étendre. Le Conseil ne pourra admettre qu'une telle exploitation soit faite de sa décision et
56. Encouraged by the strength of our case, we have so far succeeded in avoiding the worst; but the situa- tion is untenable and cannot endure much longer. It carries within itself the germs of new battles the consequences of which will be most grave and severe.
57. France's clear dereliction of dutY as a Member of this Organization and as a permanent member of this Council cannot be ignored by the Council, which must in our view "duly take account of [this] failure" in compliance with Article 40 of the Charter and act vigorously to enforce its decisions.
58. Indeed, if the Council's decisions do not bind the large nations, what protection will the small nations have? For its part, my Government will not fail to draw the proper inferences from the negative attitude of the French Government. It can no longer tolerate the occupation of part of its territory against its will despite the status of Tunisia as an independent and sovereign state. My Government considers that the time has come to find a permanent solution to this problem, and we hope that the Security Council will give us one.
59, We remain convinced that this problem, if not quickly settled by the Council, will continue to be a source of disturbance and a serious threat to Tu- nisia's security. The example given by the aggression against Tunisia since 19 July is bound to strengthen our legitimate resolve to free our country from the last traces of colonialism.
60. The last provisional casualty list drawn up twenty-four hoursago of the French aggression against Bizerta illustrates painfully what the pre- sence of foreign military forces in our territory ca~ mean for Tunisia: 812 dead, 1,155 wounded, and 639 missing or taken prisoner; in addition, extensive material damage has been deliberately done to indus- trial, health and cultural establishments, to adminis- trative departments, to means of communication and to electric power, water and telephone systems.
61. We are bound to point out the cruel and inhuman conduct of the French troops, who have shown a total disregard for human rights, particularly those stated in the Geneva conventions. They have systematically massacred civilians, not sparing women, children or the aged, and have even killed their prisoners in cold blood. Thus on 20 July a number of civilians were arrested at Menzel-Bourguiba and taken inside the base. On the following day French military personnel delivered to the Tunisian authorities 150 dead bodies and two days ago another 130, most ofthem with their hands still tied behind their backs. .
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56. Forts de notre bon droit, nous a.vons réussi jusqu'ici ~ éviter le pire, mais une telle situation est intenable et ne saurait durer davantage. Elle porte en elle-même les germes d'un déclenchement nouveau de batailles dont les conséquences seront éminemment graves et sérieuses.
57. Le manquement dament constaté de la France
~ ses obligations de Membre de cette organisation et de membre permanent du Conseil, ne peut laisser le Conseil de sécurité indifférent. Celui-ci, ~notreavis, doit dament '''tenir compte de cette défaillance If, selon les termes mêmes de l'Article 40 de la Charte. Une action énergique doit être entreprise par le Conseil pour donner effet ~ ses décisions.
58. En effet, si les décisions du Conseil ne lient pas les grandes nations, quelle protection auront alors le petites? Mon gouvernement, pour sa part, ne man- quera pas dl~ tirer toutes les conséquences de l'atti- tude négative du Gouvernement français. Il ne saurait tolérer davantage l'occupation contre son gré d'une portion de son territoire, occupation incompatible avec le statut de la Tunisie, Etat indépendant et sou- verain. Mon gouvernement considère que le moment est venu d'apporter ~ ce problème une solution défi- nitive, et nous espérons que cette solution nous sera donnée par le Conseil de sécurité.
59. Nous demeurons persuadés qu'un tel problème, s'il n'est pas réglé rapidement par le Conseil, con- tinuera ~ former une source d'incidents et une me- nace grave ~ la sécurité de la Tunisie. L'exemple de l'agression perpétrée contre la Tunisie depuis le 19 juillet ne peut que renforcer notre résolution légitime de voir libérer notre pays des dernières séquelles du colonialisme.
60. Le dernier bilan provisoire, remontant â 24 heures, de l'agression française contre Bizerte n'est qu'une illustration douloureuse de ce que peut être pour la Tunisie la présence de forces militaires étran- gères sur son territoire: 812 morts, 1155 blessés, 639 disparus ou prisonniers; d'un autre côté, dom- mages matériels très importants occasionnés inten- tionnellement aux installations industrielles, sani- taires, culturelles, aux départements administratifs, aux moyens de communication, aux réseaux d'élec- tricité, d'eau et de téléphone.
61. Il convient de signaler le caractère cruel et inhu- main du comportement des troupes françaises, qui ont manifesté un mépris total du droit des gens, parti- culièrement de celui édicté par les conventions de Genève, et se sont livrées d'une façon systématique au massacre de la population civile, n'épargnant ni les enfants, ni les vieillards, ni les femmes, allant même jusqu'~ exécuter de sang-froid leurs prison- niers. C'est ainsi que, le 20 juillet, des civils ont été arrêtés ~ Menzel-Bourguiba et emmenés ~ l'inté- rieur de la base. Le lendemain, les militaires fran- çais remettaient aux autorités tunisiennes 150 cada- vres et avant-hier encore, on nous a offert 130 ca- davres dont la plupart avaient encore les mains liées derrière le dos.
63. l must also stress the serious obstruction by French troops of the activities of the health service and Tunisian Red Crescent. Ambulances have been machine-gunned, destroyed or carried off, medical personnel wounded, Red Crescent armbands pulled off, and diggers burying the dead machine-gunned as they worked.
64. Are these really the objectives stated in the communiqué of 26 July to have been assigned to the French forces since 19 July 1961?
65. My Government is determined today more than ever to have done with the enclaves which the French Governmenf maintains on our territory against the will of our people. This foreign presence on our soil has been imposed upon us and has no legal basis whatsoever. The presence of French forces is illegal both in Bizerta and in the southern region.
66. In the exchange of letters of 17 June 1958 [Si 4869] the French Government undertook not "tomain- tain any armed forces on Tunisian territory other than those which may be statioued there by virtue of agreements negotiated between the two states".
67. Thus, as matters stand, the presence of French forces at Bizerta with no contractual justüication and against the will of the Tunisian people and Gove:rn- ment constitutes a violation of France's commitment to maintain no forces except by agreement with Tu- nisia. The Tunisian Government cannot accept the French argument that the military installations in the province of Bizerta are a permanent part of a speci- fied defence system. Bizerta, l repeat, is before all else an integral part of Tunisian territory, under Tu- nisian sovereignty and under that sovereignty alone.
68. The same applies to the southern border zone occupied by the French in violation of the inter- national treaties to which l referred during our last debate. The zone in question, to which Tunisia lays immediate claim, is defined by the 1910 Treaty be- tween France and TurkeyY and by the Franco-Libyan Treaty of 19562/ as an integral part of Tunisian terri- tory. l had occasion to point this out several days ago. This question is therefore entirely independent of the problem of Saharan space, which Tunisia will settle
y Convention relating to the frontier between the Regency of Tunis and the "vilayet" of Tripoli; signed at Tripoli on 19 May 1910. 2/ United Nations, Treaty Series, vol. 300, 1958,1. No. 4340.
63. Il me faut aussi mettre l'accent sur les graves entraves apportées par les militaires français ~ l'activité du service de santé et du Croissant-Rouge tunisien. Ambulances mitraillées, détruites, enlevées, personnel sanitaire blessé, brassard;;; portant le Croissant-Rouge arrachés et terrassiers procédant ho l'inhumation des morts mitraillés pendant leur opération.
64. Sont-ce lho vraiment les objectifs dont il est question dans le communiqué du 26 juillet, comme étant ceux que s'étaient assignés les forces françaises dès le 19 juillet 1961?
65. Mon gouvernement est plus que jamais résolu aujourd'hui ho en finir avec les enclaves que le Gou- vernement français maintient contre le gré de notre peuple sur notre propre territoire. Cette présence étrangère sur notre sol nous est imposée et ne se fonde sur aucune base juridique. Tant pour Bizerte que pour la zone zud, la présence des forces fran- çaise est illégale.
66. Par l'échange de lettres du 17 juin1958 [s/4869] , le Gouvernement français s'est engagé - et je cite - ho ne "maintenir sur le territoire tunisien d'autre:; forces armées que celles qui s'y trouveront en vertu d'accords négociés entre les deux Etats".
67. Il en résulte qu'en l'état actuel des choses la présence Il Bizerte des forces françaises, sans aucune base contractuelle et contre le gré du peuple et du gouvernement tunisiens, constitue une violation de l'engagement pris par la France de ne maintenir des forces qu'en accord avec la Tunisie. Le Gouver- nement tunisien ne saurait admettre la thèse fran- çaise selon laquelle les installations militaires situées dans la province de Bizerte sont incorporées défini- tivement ho un système de défense déterminée. Bizerte est, encore une fois, avant tout une partie intégrante du territoire tunisien, sur laquelle s'étend la souve- raineté tunisienne, et uniquement la souveraineté tunisienne.
68. Il en va de même de ia zone frontalière du Sud occupée par les Français en violation des traités internationaux que j'ai cités lors du dernier débat. La zone dont il s'agit et que la Tunisie revendique dans l'immédiat est délimitée par la Convention de 1910 passée entre la France et la TurquieY et par l'accord franco-libyen de 19562/, comme une partie intégrante du territoire tunisien. J'ai eu l'occasion c de préciser ce point voici quelques jours. Cette ques- H tion est donc totalement indépendante du problème de : 1 t"i' y Convention relative Il la frontière entre la régence de Tunis et le vilayet de Tripoli, signée !l Tripoli, le 19 mai 1910. 2/ Nations '';nies, Recueil des Traités, vol. 300, 1958, NO 4340.
70. From this first part of my statement there foUow 10gicaHy a number of conclusions which l venture to submit and which pertain both to the non- execution by France of the provisional measures de- cided upon by the Security Council, and to the sub- stance of the problem with which the Tunisian request is concerned.
71. In regard to the non-execution by France of in- terim resolution S/4882, we and the Council are alike bound by Article 40 of the Charter to take account of a serious failure by a permanent member of the Council whose responsibilities we feel should be pro- portionate to its power of veto. It is for the Council to draw the necessary conclusions from this failure, in accordance with the Charter and with precedents in similar cases.
72. For our part, although we thought it useful in the first hours of the cease-fire ordered by the Council to establish contact between the respective local authorities so as to facilitate the reciprocal return of aH armed forces to their original positions, for the moment we no longer find such contact necessary. As far as we are concerned, we have fulfilled the obligations arising from the two closely-linkedprovi- sional measures set forth in operative paragraph 1 of resolution S/4882. There now onlyremains for France to carry out the return of aH its armed forces to their original position-and that according to the resolution, not to the latest letter from the French delegation [S/4897] speaking merely of "restoring normal conditions".
73. To return the armed forces of France to their original position means: first, to evacuate aIl the troops-parachutists, legionaries, naval troops and others-landed on Tunisian soil since the beginning of the aggression on 19 July 1961; in other words, to evacuate aH reinforcements brought in since that date; secondly, to evacuate from the Bay of Bizerta and from Tunisian territorial waters an warships and troop transports which since 19 July 1961 have entered the waters of Bizerta either to land troops or supplies or for military action; thirdly, to evacuate aU military aircraft-fighters, bombers and troop carriers-which since 19 July 1961 have made raids or dropped paratroops on Tunisian territory or have landed on Tunisian soil; and fourthly, to recall aIl French armed forces-land troops, naval troops and tanks-which since 19 July 1961 have left the instaIla-
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~ la borne 233 qui se trouve ~ un point situé ~ 15 ki- lomètres au sud du parallèle de Ghadamès, au lieu dit Garat el-Hamel. Les bornes existent et elles sont portées sur la carte annexée ~ l'accord, paraphé par tous les signataires. Nous avons toujours été dtavis qu'il serait dérisoire de se heurter A propos d'une question réglée d'avance.
70. De cette première partie de monexposé découlent logiquement un certain nombre de conclusions que je me permets de souligner et ayant trait ~ la fois ~ la non exécution par la France des mesures provisoires décidées par le Conseil de sécurité, et au fond du problème qui fait l'objet de la requête présentée par la Tunisie.
71. S'agissant de la non-exécution par la France de la résolution intérimaire S/4882, nous ne pouvons que constater - et le Conseil avec nous -, conformément
~ l'Article 40 de la Charte, une défaillance grave de la part d'un membre permanent du Conseil dont les responsabilités nous semblent devoir être ~ la mesure de son pouvoir de veto. Il appartient au Conseil d'en tirer les conséquences qui en découlent, conformé- ment ~ la Charte et aux précédents en pareil cas.
72. Quant ~ nous, s'il nous avait paru utile aux pre- mières heures du cessez-le-feu ordonné par le Conseil de nouer le contact entre les autorités locales res- pectives pour faciliter l'exécution réciproque du retour de toutes les forces armées ~ leurs positiol!s initiales, un tel contact ne nous paraft plus néces- saire pour le moment. Nous avons,. en ce qui nous concerne, exécuté les obligations découlant des deux mesures provisoires intimement liées entre elles, décidées par le paragraphe 1 du dispositif de la réso- lution S/4882. Il ne reste plus qu'~ voir exécuter par la France le retour de ses forces armées ~ leurs positions initiales, cela suivant les termes de la résolution et non pas suivant les termes de la der- nière lettre de la délégation française [S/4897], ~ savoir "le retour ~ une situation normale".
73" Le retour des forces armées de la France ~ leurs positions initiales signifie: premièrement, faire évacuer toutes les troupes, parachutistes, légion- naires, marins ou autres qui, depuis le début de l'agression le 19 juillet 1961, ont débarqué sur le sol tunisien; en d'autres termes, l'évacuationdes renforts amenés depuis cette date; deuxièmement, faire évacuer de la baie de Bizerte et des eaux territoriales tuni- siennes tous les bâtiments de guerre ou transports de troupes qui depuis le 19 juillet 1961 sont dans les eaux de Bizerte, soit pour débarquer des troupes ou du matériel, soit pour agir militairement; troisième- ment, faire évacuer tous les avions militaires, de chasse, de bombardement, ou de transport de troupes, qui, depuis, le 19 juillet 1961, ont opéré en Tunisie des incursions ou des parachutages de troupes et se sont posés en sol tunisien; quatrièmement, enfin,
75. Pertinent legal arguments have been advanced to show that the non-execution of measures, whether provisional or final, decided upon by the Security Council constitutes in itself a case of aggression. But for the mOll}.ent l shall spare the Council legal argu- ment on this subject, the political side ofwhich seems to me more important at this stage than the legal side.
76. We believe it would be very difficult at present, especially since the Paris communiqué of 26 July, to deny that since 19 July 1961 Tunisia has been the victim of armed, premeditated and continued aggres- sion by France.
77. It would seem difficult for the Council to evade its Charter obligations in this matter. Relevant pre- cedents are certainly not lacking. l shall refer solely to those that Tunisia has known since joining the United Nations and taking part in its work. l can cite the precedent of the Congo,.in which theCouncil found itself confronted with deliberate and so-ealled pro- voked aggression and took vigorous and direct action to have B~lgian troops evacuated from the Congo. It is gratifying to recall that some oftheCouncil's deci- sions in this matter were taken with the affirmative votes of both the United States and the Soviet Union delegations. l may further recall the well-known and even more characteristic case of the Suez incident of October 1956, where, failing a decision by the Secu- rity Council owing to the use of the veto, the General Assembly met in special session and took effective decisions ol'dering the y,rithdrawal of the foreign troops which had invaded Egypt. l am gratified to re- calI that in this case, too, the Soviet and United States delegations voted on the same side.
78. l know full weIl that one case is never exactly the same as another, but it seems to me very difficult to maintain, and for public opinion to agree, that there is any fundamental difference between the basic components of the Suez aggression and of the aggres- sion just committed against Tunisia. That is the reason for which the Tunisian nation looks to the
75. Il a été soutenu avec des arguments juridiques pertinents que la non-exécution de mesures, qu'elles soient provisoires ou définitives, décidées par le Conseil de sécurité constitue à elle seule un cas d'agression. Mais je ferai grâce au Conseil, pour le moment, d'une argumentation juridique à ce sujet; le côté politique de la question me paraît actuellement dépasser, eu importance, son aspect juridique.
76. Actuellement et après le communiqué de Paris du 26 juillet, il nous paraît biEm difficile de nier que, depuis le 19 juillet 1961, la Tunisie a été victime de la part de la France d'une agression armée, pré- méditée et continue.
77. Il parart difficile au Conseil d'esquiver ses res- ponsabilités à ce sujet, conformément à la Charte. Les précédents en la matière ne lui font certes pas défaut. Je n'en rappellerai que ceux que la Tunisie a connus depuis son adhésion à l'Organisation des Nations Unies et sa participation aux travaux. On peut évoquer le précédent du Congo, pour . lequel le Conseil a, devant une agression délibérée et soi-disant provoquée, pris des mesures énergiques et directes en vue de l'évacuation des troupes belges du Congo. Il me plaît de rappeler à ce sujet que cer- taines de ses décisions furent prises avec le même vote affirmatif de la délégation des Etats-Unis et de celle de l'Union soviétique. Je rappellerai le cas connu et encore plus caractéristique de l'affaire de Suez en octobre 1956 dans lequel, à défaut de décision du Conseil de sécurité par suite de l'usage du veto, l'Assemblée générale extraordinaire a été réunie et a pris des décisions efficaces ordonnant le retrait des troupes étrangères qui avaient envahi l'Egypte. Il me plart de rappeler égalementlaposition similaire adoptée à ce sujet, quant au vote, par la délégation soviétique et celle des Etats-Unis d'Amé- rique.
78. Je sais bien qu'il ne saurait exister d'identité absolue entre un cas et un autre, mais il me parart bien difficile de soutenir - et à l'opinion publique d'admettre - qu'il y a une différence essentielle entre les éléments de base constituant l'agression de Suez et celle dont la Tunisie vient d'être l'objet. C'est pourquoi le peuple tunisien fonde ses espoirs
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80. l must apologize for making a somewhat lengthy statement, but l wished to make our complaint very clear and will ask for the floor again li any further particulars or details are necessary. We are among those who believe, as always, that in this troubled world there can be no justice so long as there is one truth for our friends and another for our enemies- as was said solemnly and justly during the crisis which followed the Suez incident.
The representative of Liberia has asked to speak on a point of order. l am pleased to give him the floor.
In raising a point of order l should first wish to be permitted to express my deep appreciation and that of my Government to the Secretary-General for bis whole-hearted and prompt response to the invitation of the President of
Tunis~a to visit that country. We believe that the invitation and the acceptance thereof were entirely
80. Je m'excuse d'avoir été un peu long dans cette intervention; j'ai tenu à exposer clairement notre plainte et je vous demanderai lapermission, Monsieur le Président, de prendre à nouveau laparole, si besoin en était, pour de plus amples détails oudes précisions. Nous sommes de ceux qui ont approuvé et qui con- tinuent de croire qu'en ce monde troublé il ne saurait y avoir de justice tant qu'ilyauraune vérité à l'égard de nos amis et une autre à l'égard de nos adver- saires, comme cela a été dit solennellement, juste- ment à l'occasion de la crise consécutive àl'affdire de Suez.
81. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Je donne la parole au représentant du Libéria, pour une motion d'ordre.
82. M. BARNES (Libéria) [traduit de l'anglais]: En intervenant sur un point d'ordre, je voudrais diretout d'abord au Secrétaire général combien mon gouver- nement et moi-même lui sommes reconnaissants d'avoir accepté de tout cœur et si promptement l'in- vitation que lui a faite le Président de la Tunisie de se rendre dans ce pays. Nous considérons que cette
83. I am certain that the Council will share the wish of my delegation for a statement from the Secretary- General in relation to his visit to Tunisia, and I therefore respectfully request, Mr. President, that the Secretary-General be called upon at this juncture to make a statement. I trust he is prepared to do so.
The representative of Liberia has suggested that it might be appropriate for the Security Council to hear a statement by the Secretary-General. I have the plea- sure and honour of asking the Secretary-General whether he wishes to make such a statement, which will certainly be of the utmost importance to the Security Council.
I am happy to meet the request of the representative of Liberia. He has recalled that I have paid a short visit to Tunisia in the last few days at the invitation of the President of Tunisia. I arrived there in the afternoon of Monday, 24 July, and left in the afternoon of Thursday, 27 July, that is to say, yesterday afternoon. In the course of my visit I had the opportunity of having extensive personal contacts with President Bourguiba and with senior members of the Tunisian Government. I think that you, Mr. President, and the members of the Council will appreciate that both the character of this visit at the invitation of President Bourguiba and the limits which naturally impose themselves on me in a situation where a matter is pending before the Secu- rity Council restrict the field that I should cover in any reply to the question of the representative of Liberia, but I shall say what I feel I can sayat this time.
86. As the invitation of President Bourguiba and my reply have been circulated as Security Council docu- ments [S/4885], the Council will have noted that the aim of the visit was defined by President Bourguiba as a direct and personal exchange of views regarding the developments following the interim resolution of the Security Council of Saturday, 22 July. TheCouncil will also remember that I noted in my reply that the question of substance-to which operative paragraph 2 of the resolution may be considered to refer-was. considered by me as falling outside my personal competence in view of the fact that it was pending before the Council. The scope and character of my visit are thus clearly defined by these two documents. Quite apart from the fact that it is naturally the dutY of the Secretary-General to put himself at the dis- posaI of the Government of a Member State, if that Government considers a personal contact necessary, my acceptance of the invitation falls within theframe- work of the rights and obligations of the Secretary- General, as Article 99 of the Charter authorizes him to draw te the attention of the Security Council what, in his view, may r€''1resent a threat to international
83. Je suis certain que le Conseil de sécurité dé- sirera, comme ma délégation, que le Secrétaire géné- ral fasse une déclaration sur SOn voyage en Tunisie, et je vous demande donc, Monsieur le Président, que le Secrétaire général soit prié de faire une décla- ration à ce sujet. Je crois qu'il le voudra bien.
84. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Le repré- sentant du Libéria estime qu'il serait opportun d'en- tendre le Secrétaire général. J'ai le plaisir et l'hon- neur de demander au Secrétaire général s'il a une déclaration à faire, déclaration qui, sans aucun doute, présenterait une très grande importance pour le Conseil.
85. Le SECRETAIRE GENERAL (traduit de l'anglais): J'accepte volontiers de répondre au vœu du repré- sentant du Libéria. Comme le représentant du Libéria l'a rappelé, j'ai fait un court voyage en Tunisie ces tout derniers jours sur l'invitation du Président de la Tunisie. J'y suis arrivé le lundi après-midi 24 juillet et je suis reparti le jeudi après-midi 27 juillet, c'est- à-dire hier. Au cours de ce bref séjour, j'ai pu avoir des entretiens prolongés avec le président Bourguiba et des personnalités du Gouvernement tunisien. Vous comprendrez, sans doute, Monsieur le Président, et les membres du Conseil comprendront aussi que le caractère de cette visite faite sur l'invitation du pré- sident Bourguiba et les sujétions qui s'imposentnatu- rellement à moi à propos d'une affaire dont le Conseil de sécurité est saisi restreignent la latitude avec laquelle je puis répondre à la question posée par le représentant du Libéria. Je dirai néanmoins tout ce que j'estime pouvoir dire actuellement.
86. Puisque l'invitation du préSident Bourguiba et ma réponse ont été distribuées comme documents du Conseil de sécurité [S/4885], le Conseil aura noté que le but de ma visite a été défini par le président Bourguiba comme étant de permettre un échange de vues direct etpersonnel au sujet des événements qui ont suivi la résolution intérimaire adoptée par le Conseil de sécurité le samedi 22 juillet. Le Conseil se souviendra également que j'avais précisé dans ma réponse que la question de fond - à laquelle on peut considérer que le paragraphe 2 du dispositif de la résolution se rapporte - ne relevait pas, à mon avis, de ma compétence personnelle, le Conseil de sécurité en étant saisi. Ces documents ont donc bien défini la portée et le caractère de ma visite. Indépendanl- ment du fait que le Secrétaire général a naturellement le devoir de s.e mettre à la disposition du gouverne- ment d'un Etat Membre, si ce dernier estime qu'un contact personnel est nécessaire, mon acceptation de l'invitation entre dans le cadre des prérogatives et obligations du Secrétaire général, puisque l'Article.99 de la Charte l'autorise à attirer !'attention du Conseil de sécurité sur toute affaire qui, à son avis, pourrait
87. My discussions in Tunis, as well as the visit to Bizerta on which 1 decided, fell entirely within the framework thus outlined. 1 had the advantage of get- ting from the Chief of State and his collaborators a full picture of their views on the situation and their problems-specifically as regards the implementation of the resolution of 22 July. 1 also was in a position through personal observation to become acquainted with the circumstances relevant to the implementa- tion of the resolution.
88. Without, of course, in any way assuming the role of mediator-a role for which obviously neither the terms of the Tunisian invitation nor the invitation of itself could provide a basis-but with a view to getting a better understanding of the difficulties with which efforts to establish a direct contact between the parties have met, difficulties which might be ex- plained by a lack of commlmication, 1 took the initia- tive of expressing to the French Government my hope that it would inform me about its views regarding the questions on which 1 had been informed of the Tu- nisian viewpoint. The letter 1 addressed on 25 July to the Foreign Minister of France with that in view has been circulated to the Security Council, along with the Foreign Minister's reply [S/4894 and Add.l, sects. 1 and Ill, and 1 have therefore no reason to go further into this aspect of the matter.
89. As is weIl known, and as appears also from my letter to the French Foreign Minister, the imple- mentation of the Security Council resolution of last Saturday remains so far L'lcomplete. It is true that the cease-fire has been established, but that does not seem to have led to an immediate cessation of an actions which, under such a cease-fire, should be ruIed out; nor, as the Council knows, does it mean that the integral demand by the Council for a return of the armed forces to their original positions has been met.
90. In view of the need for co-ordination of st13pS to be taken from the two sides, various efforts have been made to establish a contact between the two parties prior to the full implementation of the resolu- tion. The two delegations most directly concerned have both referred to those efforts. The Council is of course aware of the fact that so far the efforts have not met with success. The situation is unprece- dented, and that may in part explain the difficulties which have arisen. In part it may, as alreadyex- plained, have been a question of a lack of communi- cation. But there are questions of substance involved regarding the place for the contact, and perhaps also its objective. As stated to the parties, it seemed obvious to me from the resolutioli and from the gen- eral principles of the Charter, that the objective of such a contact should be the co-ordination of steps needed for the implementation of the resolution, and that the choice of modalities should take into account the prevailing legal situation.
91. By personal observation 1 can confirm the al- ready well-~own fact of the presence in the city of
87. Les entretiens que j'ai eus à Tunis et le voyage que j'ai décidé de faire à Bizerte entraient totalement dans le cadre des fonctions que je viens de souligner. J'ai pu obtenir du chef de l'Etat et de ses collabo- rateurs un exposé complet de leurs vues sur la si- tuation et sur leurs problèmes -toutparticulièrement en ce qui concerne l'application de la résolution du 22 juillet. J'ai également pu me rendre compte, par observation personnelle, des circonstances concer- nant la mise en œuvre de la résolution. 88. Sans assumer aucunement, bien entendu, le rôle de médiateur - rôle qu'évidemment ni les termes de l'invitation tuniFdenne ni l'invitation en elle-même ne pouvaient justifier - mais afin de mieux comprendre les difficultés auxquelles se sont heurtés les efforts faits pour établir un contact direct entre les parties, difficultés qui pouvaient s'expliquer par un manque de moyen de communication, j'aipris l'initiative d'expri- mer au Gouvernement français l'espoir qu1ilm'infor- merait de ses vues au sujet des questions sur lesquel- les j'avais été informé du point de vue tunisien. La lettre que j'ai adressée le 25 juillet à cet effet au Ministre des affaires étrangères de France a été dis- tribuée sous forme de document aux membres du Conseil de sécurité, en même temps que la réponse du Ministre des affaires étrangères [S/4894 et Add.1, sect. 1 et 11], et je n'ai donc aucune raison de m'éten- dre davantage sur cet aspect de l'affaire.
89. Comme on le sait, et comme il 6St dit dans la lettre que j'ai adressée a~ Ministre français des affaires étrangères, l'application de la résolution que le Conseil de sécurité a adoptée le 22 juillet demeure jusqu'ici incomplète. Il est vrai que le cessez-le-feu a été ordonné, mais il ne semble pas qu'il ait abouti à la cessation immédiate de tous les actes qui en vertu d'un tel cessez-le-feu devraient être interdits et, comme le Conseil le sait, cela ne signifie pas que la demande, faite par le Conseil, d'un retour des forces armées à leurs positions initiales ait été intégrale- ment observée.
90. Etant donné la nécessité d'une coordination des mesures à prendre par les deux parties, divers efforts ont été faits pour établir un contact entre elles pour la pleine exécution de la résolution. Les deux délé- gations les plus directement intéressées ont fait, l'une et l'autre, mention de ces efforts. Le Conseil n'ignore évidemment pas que, jusqu'ici, ces efforts n'ont pas été couronnés de succès. La situation est sans précédent et cela explique peut-être, en partie, les difficultés qui ont surgi. Peut-être aussi ont-elles été dues en partie, comme je l'ai dit, à un manque de moyen de communication. Mais il y adesquestions de fond qui se posent en ce qui concerne le lieu du contact, et peut-être aussi le but de ce dernier. Comme je l'ai dit aux parties, il me semble évident, vu la résolution et les principes généraux de la Charte, que ce contact doit avoir pour but la coordination des mesures néces- saires pour l'application de la résolution et que le choix des modalités doittenir compte de la situation juridique actuelle.
91. Mon observation personnelle me permet de con- firmer la présence, bien connue, d'unités militaires
92. Regarding the facts of the situation, l should perhaps add that testimony given in personal con- tacts-testimony which l have reason to regard as trustworthy-appears to cOIliirm that actions difficult to reconcile with the principle of a cease-fire have also occurred after the time of the cease-fire, and that French military personnel have been involved in these actions. l must, however, repeat here that, since l have no information from the French side re- garding these same matters, my statement should be evaluated with that in mind.
93. It is not for me here to pass any judgement on the situation either in terms of what it may involve by way of risks of a breakdown in the cease-fire in case of an incident, or in terms of the resolution, or in terms of international law. l feIt that l should limit myself to a factual statement, and l feel that it is for the memberl;l of the Security Council to make com- ments and draw conclusions.
94. In view of the aims of the present meeting of the Security Council, and in view also ofmy interpre- tation of the limitations· of the competence of the Secretary-General in the present phase of the work of the Council, l have naturally not touched upon the wider problem of substance involveJ.
l thank the Secretary-General for his important state- ment and l have pleasure in calling on the repre- sentative of Ceylon. 96. Mr. WIJEGOONAWARDENA (Ceylon): l should like to place on record my delegation' s appreciation of the role played by the Secretary-General inplacing himself at the disposaI of the President of Tunisia for a. direct and personal exchange of views. We wish that the same kind of contact had been possible be- tween the Secretary-General and the French authori- ties. Whatever would have been the formaI positions, some kind of personal contact still would have been of immense help to aIl parties concerned.
'J7. We profoundly regret finding that there has been no recognition of this fact and that the valuable initia- tive taken by the Secretary-General in seeking such personal contact has not been availed of.
98. The letter of 25 July 1961, [S/4896 and Add.1 and 2] which is signed :JY thirty-nine States Members of the United Nations, and the sympathy and support that so many others have expressed for the contents of that letter provide ample testimony of the state of world public opinion on this subject. If world public opinion is, therefore, a real guide-as indeed it should be-to those of us who live in the present-day world, we cannot fail to pay heed to these views.
99. As we understand it, the Tunisian armed forces have withdrawn to their original positions but the
92. En ce qui concerne les faits de la situation, je devrais peut-être ajouter que des témoignages recueil- lis au cours de contacts personnels -témoignages que j'ai tout lieu de considérer comme dignes de foi - semblent confirmer que des actes difficilement conci- liables avec les principes d'un cessez-le-feu se sont produits après le moment où le cessez-le-feu est in- tervenu, et que des militaires français y ont été impliqués. Je tiens cependant à répéter que, comme je n'ai pas de renseignements de source française sur ces actes, ce que j'en ai dit est à juger sous cette réserve. 93. Il ne m'appartient pas de porter ici un jugement sur la situation, du point de vue risques de rupture du cessez-le-feu en cas d'incident, en fonction des termes de la résolution ou en fonction du droit int.er- national. J'ai cru devoir mt:! borner à un exposé de faits et je considère que c'est aux membres du Conseil de sécurité qu'il incombe de formuler des observations et de tir~r des conclusions.
94. Etant donné le but de la présente séance du Con- seil de sécurité, étant donné aussi mon interprétation des limites de la compétence du Secrétaire général au stade actuel des travaux du Conseil, je me suis natu- rellement abstenu d'aborder la question de fond plus générale qui entre en jeu.
95. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Je re- mercie le Secrétaire général de son importante dé- claration et je donne la parole au représentant de Ceylan. 96. M. WIJEGOONAWARDENA (Ceylan) [traduit de l'anglais]: Je tiens à dire que ma délégation est re- connaissante au Secrétaire général du rÔle qu'il a joué en se plaçant à la disposition du Président de la Tunisie pour un échange de vues direct et person- nel. Nous regrettons qu'un contact du même genre n'ait pu avoir lieu entre le Secrétaire général et les autorités françaises. Quelles qu'eussent pu être les positions officielles, un contact personnel aurait été d'une très grande aide pour toutes les parties inté- ressées. 97. Nous regrettons profondément que ce fait n'ait pas été reconnu et que l'on.n'ait pas profité de l'ini- tiative utile prise Far le Secrétaire général de re- chercher un tel contact personnel.
98. La lettre du 25 juillet 1961 [S/4896 et Add.1 et 2], signée par 39 Etats Membres de l'Organisation des Nations Unies, et le fait que tant d'autres ont mani- festé pour la teneur de cette lettre leur compréhen- sion et leur appui, témoignent éloquemment de l'atti- tude de l'opinion publique mondiale à cet égard. Si l'opinion publique mondiale constitue donc un guide véritable, comme cela doit être le cas, pour tous ceux d'entre nous qui vivent dans le monde actuel, nous ne pouvons manquer de tenir compte de ces vues.
99. Si ma délégation comprend bien la situation, les forces armées tunisiennes se sont retirées sur leurs
100. We should like to make a special appeal to France in this regard, in the interests of the mainte- nance of international peace and security.
101. Ml'. MOROZOV (Union of Soviet Socialist Re- publics) (translated from Russian): It is only six days sinca the Council adopted the interim resolution obliging France to cease fire immed:lately and return its armed forces to their original position; but today it must be recognized that France has openly stated that it is disregarding this resolution of the CounciI.
102. The French Government is continuing its armed aggression against Tunisia and has decided to re- pudiate the statement, made here in the Council on 22 July, that France had submitted to the Council's demands for a cease-fire.
103. Let us give some evidence in addition to what the representative of Tunisia has already said here. AlI the members of the Council remember that the representative of France in the Council said at its 962nd meeting that he was not taking part in the vote on the resolution adopted at that meeting because an appeal for a cease-fire had long ago been made by France itself, so that there was no reason for France to vote for that proposaI.
104. Furthermore, you aU well remember that at the beginning of the next meeting of the Council, the 963rd, the representative of France said-and this part of his statement has been quoted here by the representative of Tunisia-"In accordance with the decision taken this morning" (1 emphasize this, as the representative of Tunisia did) the FrenchAdmiral at Bizerta "immediately received instructions tocon- tact the Tunisian authorities at once, with a view to ... the establishment of a cease-fire as soon as possible...". 105. In conjunction with the first two faets, this clearly shows that, on 22 July, France stated at the meeting of the Council that it intended to comply at least with the first part of the resolution adopted by the Council, concerning the cease-fire.
106. Since France's refusaI to implement this deci- sion has been sufficiently clearly shown today in documents which have been circulated to the mem- bers of the Council, we can apparently discount these facts. However, from the point of view of the Soviet delegation this is extremely important as an explana- tion of why and how France used the six days which have elapsed since the Council adopted this resolution to build up its forces afresh and to prepare and ex- pedite aggressive acts against Tunisia.
107. Let us turn now to the communiqué by the French Government of 26 July 1961. In this state- ment, contrary to the position adopted by France at the meeting of the Council on 22 July, no one can find the least indication that in ordering a cease-fire
101. M. MOROZOV (Union des Républiques socia- listes soviétiques [traduit du russe]: Six jours àpeine se sont écoulés depuis l'adoption par le Conseil d'une résolution intérimaire demandant à la France un cessez-le-feu imm.édiat et le retour de ses forces armées à leurs positions initiales, mais nous consta- tons aujourd'hui que la France a ouvertement annoncé qu'elle ne tenait aucun compte de cette résolution.
102. Poursuivant son agression armée contre la Tu- nisie, le Gouvernement français est allé jusqu'il. dé- savouer sa déclaration du 22 juillet, faite ici même, d'après laquelle la France se conformerait à la de- mande de cessez-le-feu formulée par le Conseil.
103. Voici de nouvelles preuves à l'appui de ladécla- ration du représentant de la Tunisie. Tous les mem- bres du Conseil se souviendront qu'à la 962èIile séance le représentant de l!:. France a indiqué que sa délé- gation s'abstiendrait de prendre part au vote sur le projet de résolution, qui allait être adopté à cette même séance, parce qu'il y avait longtemps que la France avait elle-même demandé le cessez-le-feu et qu'il serait donc paradoxal qu'elle vote pour cette proposition.
104. Tous se souviendront aussi qu'au début de la 963ème séance le représentant de la France a déclaré ce qui suit (le représentant de la Tunisie a d'ailleurs cité ce passage): "A la suite de la décision prise ce matin par le Conseil, l'amiral Amman, commandant la base de Bizerte, a reçu aussitat instruction d'en- trer en rapport immédiatement avec l'autorité tuni- sienne en vue: premièrement, d'établir un cessez-Ie- feu aussitat que possible ..•" - Je souligne, comme l'a fait le représentant de la Tunisie, les mots "à la suite de la décision prise ce matin".
105. Cette circonstance, jointe aux deux faits que je viens d'évoquer, montre clairement qu'à la séance du 22 juillet la France a indiqué son intention de se con- former à la résolution du Conseil, du moins en ce qui concerne le premier point relatif au cessez-le-feu immédiat.
106. Etant donné qu'il ressort clairement aujourd'hui des documents distribués aux membres du Conseil que la France refuse. d'appliquer cette décision, nous aurions pu, semble-t-il, ne pas rappeler ces circons- tances. Toutefois, de l'avis de la délégation soviétique, il importe cre les rappeler si l'on veut comprendre pourquoi et comment la France a employé les six jours qui se sont écoulés depuis l'adoption de cette résolution par le Conseil pour amener de nouveaux renforts, pour préparer et intensifier ses actes agressifs contre la Tunisie.
107. Passons au communiqué du Gouvernementfran- gais en date du 26 juillet 1961. Contrairement à la po- sition que la France a prise au Conseille 22 juillet, on ne trouve dans ce communiqué aucune trace de la thèse selon laquelle la France, en cessant le feu,
108. Even with regard to the cease-Ure at Bizerta, therefore, the French Government has now said-on 26 July, yesterday, and today in the documents which we have read-that it has not implemented the deci- sion taken by the Counci!. How can we explain this obvious change of position during the past six days? It is not difficult to understand the motivation and explanation of this statement. This new statement of 26 July, and the statement made an hour and a half ago in Paris on behalf of the French Government, are quite unambiguous assertions that as soon as France finds that in its opinion the actions of Tunisia again make it "inevitable" -from the French point of view- for the French troops to open fire, firewill be opened immediately regardless of the Security Counci! deci- sion of 22 July 1961.
109. This is why l think that the time suent by the representative of Tunisia and myself in analysingthis part of the evidence is of essential, important and vital interest to the Counci!. Illdeed, we cannot allow the actions of France in regard to the cease-fire to give the false impression that France has complied, if only in part, with the Security Council decision of 22 July 1961. We must fully realize that the Tunisian people are still living under the real threat of a repetition of the bloody events of 19-22 July, the echoes of which have been heard here and there during these six days which have elapsed since the Councills decision.
110. Another important fact must also be empha- sized. The Council's decision of 22 July had yet another integral part. It would indeed have been un- thinkable on 22 July to adopt a resolution on a cease- fire without specifying, as the Council's resolution did: "a return of all armed forces to their original position". But what about compliance with this part of the resolution? France has not complied with this part of the resolution, any more than with the first part, and does not intend to do so; and in the com- muniqué by the French Government of 26 July we read that it is: ". .. impossible for the cease-fire to be ensured merely by the fact of our forces returning to their former positions. What is needed is a return to peaceful conditions." [.bid.]
111. What beautiful words-"a return to peaceful conditions"! They are really touching. But what does France mean here by this "return to peaceful"-or, as Is written in other French documents, "normal"- conditions? This is not difficult to discover, by read- ing the same document-the statement by the French Government of 26 July. Peaceful conditions or normal conditions according to the French interpretation, as can be judged from these documents, mean in this case nothing but the full recognition and confirmation
108. Ainsi, même pour ce qui est du cessez-le-feu à Bizerte, le Gouvernement français déclare maintenant - le 26 juillet, ainsi qu'hier et aujourd'hui dans les documents dont nous venons de prendre connaissance - qu'il ne s'est pas conformé à la décision du Conseil. Comment expliquer ce net changement d'attitude intervenu au cours des six derniers jours? Il n'est pas difficile de comprendre le but et les raisons de ce communiqué.. De même que la déclaration qui vient d'être faite il y a une heure et demie à Paris au nom du Gouvernement français, le communiqué "du 26 juillet affirme sans équivoque qu'aussitÔt que la France estimera que l'action tunisienne rend "inévi- table" - inévitable du point de vue du Gouvernement français - la réouverture des hostilités par les troupes françaises, celles-ci ouvriront immédiate- ment le feu nonobstant la résolution du Conseil de sécurité en date du 22 juillet.
109. Voilà pourquoi je pense que l'analyse que nous avons faite, le représentant de la Tunisie et moi- même, de cette partje du dossier revêt un intérêt réel, vital pour le Conseil. En effet on ne saurait admettre que les agissements de la France à l'égard du cessez-le-feu donnent la fausse impression que ce pays, ne serait-ce que sur ce point, a respecté la résolution du 22 juillet. Il faut être réaliste et voir que le peuple tunisien court toujours un dange.r véri- table, que les événements sanglants des 19-22 juillet, qui ont eu des répercussions ici et là au cours des six journées qui se sont écoulées depuis l'adoption de la résolution du Conseil, risquent de se renouveler.
110. Il convient de souligner encore un fait important. La résolution du 22 juillet comprend une autre dis- position organique que l'on ne saurait dissocier de la première, car il aurait été absurde d'adopter le 22 juillet une décision portant sur le cessez-le-feu sans exiger, comme le prévoit la résolution du Conseil, "le retour de toutes les forces armées à leurs posi- tions initiales". Comment cette partie de la résolution a-t-elle été appliquée? Pas plus que la première par- tie. la France ne l'a exécutée ni n'a l'intention de l'exécuter. Voici ce que dit le communiqué du Gou- vernement français du 26 juillet:
"••• il ne suffit pas que nos forces retournent pu- rement et simplement à leurs emplacements anté- rieurs pour que le cessez-le-feu soit assuré. Il s!agit de revenir à une situation pacifique." [Ibid.]
111. "Revenir à une situation pacifique": les belles paroles que voilà: Il y a de quoi s'attendrir. Mais qu'est-ce que la France entend en l'occurrence par "revenir à une situation pacifique", ou à une"situation normale" selon la formule employée dans d'autres documents français? Il est facile de le comprendre à la lecture de ce même communiqué du 26 juillet. A en juger d'après les documents, une situation pacifique, une situation normale signifie purement et simplement pour la France, dans le cas qui nous occupe, la pleine
112. Meanwhile France is in fact occupying, as has already been firmly established, not only the town of Bizerta, but also its environs over a radius of twenty to forty kilometres. The authority of the Governor and the activities of all the administrative and judicial authorities are paralysed. Introducing emergency regulations and imposing a curfew, the French para- troops are continuing, as the representative of Tu- nisia has convincingly demonstrated here by a huge mass of evidence, to inflict violence on the peaceful population of Bizerta.
113. It should be pointed out that, even after the announcement of the cea.se-fire, French troops cap- tured a number of administrative buildings at Bi- zerta in order to extend the territory under occupa- tion and improve their strategie positions. The territory of Bizerta and the neighbouring areas oc- cupied by the French are being mined, machine-guns are being placed in the streets and on the roofs of houses, and artillery, mortars and other reinforce- ments are being brought up.
114. New contingents of French troops are being sent to the town from the Bizerta military base and from outside the Tunisian frontiers. The guns of the French warships in the Bay of Bizerta have been trained on the town and every minute threaten to hurl death at its peaceful population. Between the town of Bizerta and the town of Menzel-Bourguiba, twenty- five kilometres to the south-west, French para- chutists are systematically combing the sheikhdom of Louata, inflicting violence and crude outrage on the peaceful population.
115. Is any further proof needed here of the cynical refusaI of France to obey the SecurityCouncilresolu- tion of 22 July? ls any further proof needed that France has used the past six days since the Council adopted the resolution of 22 July to reinforce the Tu- nisian territory cccupied by its troops and to prepare still further acts of aggression against the Tunisian people?
116. That is the actual position now, at our resumed meeting to examine Tunisia' s complaint of aggressive acts of France. Every sensible person is bound to ask himself why all this was possible. Why is the army of the aggressor continuing to trample on Tu- nisian soil, every hour and every minute threatening the freedom and independence of the Tunisian people? Why is all this happening?
117. The answer to this question seems to us quite clear. We have spoken of this at earlier meetings of the Counci!. All this is happening primarily because France is supported by its allies, the other colonial Powers and other signatories of the North Atlantic Treaty.
118. As all here well remember, at the meeting on 22 July the representatives of these States in the Security Council refused to give priority to the draft resolution submitted by the United Arab Republic and Liberia. Why did they refuse priority to tbat very
112. Entre-temps la France occupe en fait, cela a été établi, non seulement la ville de Bizerte, mais ses environs dans un ravon de 20 à 40 kilomètres. L'autorité du gouverneur et l'activité de tous les organes administratifs et judiciaires sont paralysées. En décrétant l'état d'exception et le couvre-feu, les parachutistes français continuent, comme l'a dé- montré d'une façon convaincante le représentant de la Tunisie, qui s'est appuyé sur un très grand nombre de faits, de molester la population civile de Bizerte.
113. Faut-il rappeler qu'après le cessez-le-feu les troupes françaises se sont emparées de plusieurs uâtiments administratifs à Bizerte en vue d'élargir le territoire occupé et d'améliorer leurs positions stra- tégiques? Les Français minent le territoire qu'ils occupent à Bizerte et aux environs, placent des mi- trailleuses dans les rues et sur les toits, font venir de l'artillerie, des mortiers et d'autres renforts.
114. Les troupes françaises stationnées dans labase militaire de Bizerte et hors de Tunisie envoient de nouveaux contingents dans la ville, les canons des unités navales françaises ancrées dans la rade de Bizerte sont pointés sur la ville et menacent constam- ment de frapper à mort la population civile. Entre Bizerte et Menzel-Bourguiba, localité située à 25 ki- lomètres au sud-ouest de Bizerte, des parachutistes français ratissent systématiquement le cheikhat de Louata, usant de violence et de brutalité contre la po- pulation civile.
115. Faut-il encore d'autres preuves pour établir que la France a cyniquement refusé de se soumettre à la résolution du Conseil de sécurité en date du 22 juillet? Faut-il d'autres preuves pour démontrer que la France a mis à profit les six jours qui se sont écoulés depuis l'adoption de la résolution du 22 juillet pour fortifier encore la partie du territoire tunisien qu'occupent ses troupes et pour préparer de nouveaux actes d'agres- sion contre le peuple tunisien?
116. Telle est la situation au moment où nous nous réunissons à nouveau pour examiner la plainte de la Tunisie contre les actes agressifs de la France. Tout homme de bon sens ne manquera pas de se demander pourquoi cela a pu se produire, pourquoi l'armée de l'agresseur continue de fouler le sol tunisien et de menacer à chaque instant la liberté et l'indépendance du peuple tunisien. Pourquoi?
117. Pour nous, la réponse est claire. Nous l'avons d'ailleurs dit aux séances précédentes. Cela se pronuit d'abord et surtout parce que la France a derrière elle des alliés, d'autres puissances coloniales, d'autres signataires du Traité de l'Atlantique nord.
118. Ce sont les représentants de ces Etats au Con- seil de sécurité qui, le 22 juillet, ont refusé - chacun s'en souviendra - de donner la priorit(· au projet de résolution du Libéria et de la République arabe unie. Pourquoi ont-ils refusé de donner la priorité au texte
119. It i8 said that the appetite grows with what it feeds on. Undoubtedly France, sensing the atmosphere of impunity resulting from the attitude of a number of the members of the Security Council here, has now decided to issue an ultimatum, openly disregarding the Council' s decision of 22 July and flouting the United Nations Charter.
120. At the meeting on 22 July we heard some in- dications-at least on the surface, in these communi- cations from the French Government stating that in pursuance of the Security Council resolution the Ft'ench command had given orders to cease fire- that although France would not vote for the resolution it did not reject it, or at any rate the part about the cease-fire. However, after less than a week there are now no traces of that attitude.
121. The main reason for the obstinacy with which the French continue their aggression against Tunisia is exactly the support of the NATO countries, which before the eyes of aIl the peoples of Africa, Asia and the whole world have in fact chosen, in this as in several other cases, to support colonialism in its most monstrous forms.
122. The correct solution to the problem is still quite ~. :mple. AU the facts are clear and obvious. Clearly Tunisia is sovereign, independent and equal with France and all the other States Members of the United Nations. Obviously the Bizerta base, where the French troops are stationed, is an integral part of Tunisia. Indisputably the presence offoreign armed forces in the territory of aState against its will is violence and an act of armed aggression incompatible with the United Nations Charter. Obviously also the expulsion of the foreign armed forces is in this case an act of self-defence within the meaning, for ex- ample, of Article 51 of the Charter.
123. It is also quite clear that military bases and armed forces on foreign territory are a serious threat to international peace and security, not to mention the threat to the national integrity and secu- rity of countries where foreign armed forces and foreign military bases remain against the will of their sovereign governments.
124. This is why all members of the Council who are sincerely interested in the maintenance of inter- national peace and security and are striving to re-
119. On dit que l'appétit vient en mangeant. Sentant l'atmosphère d'impunité due à l'attitude de plusieurs memores du Conseil de sécurité, la France a évi- demment décidé de présenter un ultimatum, au mépris de la résolution du 22 juillet et de la Charte des Nations Unies.
120. Si, le 22 juillet, le représentant de la France a pu laisser entendre dans ses déclarations qu'à la suite de la décision du Conseilde sécurité le commandement français avait ordonné le cessez-le-feu, si l'on a pu croire que, tout en ne votant pas pour le projet de résolution, la France ne lerejetaitpas, ne fût-ce qu'en ce qui concerne la disposition relative au cessez-le- feu, rien de tout cela n'est vrai maintena.nt, moins d'une semaine après le vote.
121. C'est l'appui des Etats membres de l'OTAN - qui, sous les yeux de tous les peuples d'Afrique, d'Asie et du monde entier, ont en fait, dans ce cas comme dans beaucoup d'autres, pris partie pour le colonialisme sous ses formes les plus monstrueuses - qui explique avant tout l'obstination avec laquelle la France poursuit son agression contre la Tunisie.
122. Or il est toujours aussi simple de régler la question comme il convient. Tous les faits sont clairs, évidents. Il est clair que Jl'l Tunisie est un Etat sou- verain et indépendant, qui a les même droits que la France et tous les autres Etats Membres de l'Orga- nisation des Nations Unies. Il est évident que la base de Bizerte, où sont stationnées des troupes françaises, fait partie intégrante de la Tunisie. Il ne fait pas de doute que la présence de forces armées étrangères sur le territoire d'un Etat contre la volonté de cet Etat est un acte de violence, un acte d'agression armée incompatible avec la Charte des Nations Unies. Il est évident aussi qu'en l'occurrence chasser les forces armées étrangères est un acte de légitime défense au sens notamment de l'Article 51 de la Charte.
123. Il est évident enfin que la présence de bases militaires étrangères et de forces armées étrangères sur le territoire d'un Etat constitue une grave menace à la paix et a la sécurité internationales, sans compter qu'elle menace l'existence même et la sécurité des Etats sur le territoire desquels des forces armées étrangères et des bases militaires étrangères conti- nuent de se trouver contrairement à la volonté du gouvernement souverain de ces Etats.
124. Voilà pourquoi, une fois de plus, tous les mem- bres du Conseil qui souhaitent sincèrement maintenir la paix et la sécurité internationales, qui veulent
125. The Security Council has neither the power nor the right to disregard or refuse attention to the mounting wave of universal indignation at the colonialist armed aggression unleashed by France against Tunisia.
126. We feel bound to recall the severe condemna- tion of the acts of the French colonialists uttered by the Council of the League of Arab states on 24 July 1961. This resolution reads:
"The Council vigorously denounces the unjust French attack on Tunisia and the violation of Tu- nisian territory by French troops, which have em- barked on a war of extermination on unarmed Tu- nisian citizens, including old people, women and children, have set fire to villages and houses and killed prisoners and unarmed population, in direct contradiction with undertakings entered into by France in international treaties and instruments prohibiting acts of extermination, including the Geneva Convention of 12 August 1949 which pro- vides that civilian persons should be protectedfrom the dangers of war, the Universal Declaration of Human Rights, and the United Nations Charter." [S/4888/Rev.1.)
127. The Soviet delegation has already, in the debate on the first complaint by Tunisia of the aggressive acts of France, drawn the attention of the members of the Security Council to the threat to international peace and security arising from the existence in foreign territories of military bases of Powers which are members of aggressive military blocs. In the light of recent events, marked by France's disregard of the SecurityCouncil resolution calling for a cease- fire and withdrawal of the armed forces to their original position, and in the light of the continuing French aggression against Tunisia, the peoples' de- mands for the abolition of all military bases in foreign territories takes on new force.
128. We are necessarily reminded of the striking speech made by the President of the Republic of Ghana, Ml'. Kwame Nkrumah, at the fifteenth session of the General Assembly,~ in which this outstanding statesman called for a ban on the establishment or maintenance on the Africancontinent of military bases of foreign States. Everyone will also remember the speeches made at the fifteenth session of the General Assembly by the representatives of many States of Africa and Asia, including India, the United Arab Republic, Nigeria, -Morocco, Mali, Cambodia, Nepal, Ethiopia and a number of other States, strongly supporting the proposaI of the President of Ghana, Ml'. Nkrumah, which was based on true concern for the strengthening of international peace and security, and for the security of small countries and peoples.
129. We find these profoundly right and justdemands expressed in the letter which the representatives of
125. Le Conseil de sécurité n'a pas le droit de se désintéresser, de ne pas tenir compte de la vague d'indignation générale que soulève de plus en plus l'agression armée coloniale de la France contre la Tunisie.
126. A ce propos, nous estimons de notre devoir de rapp61er que, le 24 juillet 1961, le Conseil de la Ligue des Etats arabes a sévèrement condamné, dans les termes suivants, les agissements des colonialistes français:
"Le Conseil condamne vigoureusement l'injuste agression française contre la Tunisie et laviolation du territoire tunisien par des troupes françaises, qui ont entrepris une guerre d'extermination contre des Tunisiens désarmés, comprenant des vieillards, des femmes et des enfants, ont incendié villages et maisons et ont tué prisonniers et population désar- mée, au mépris des engagements formels que la France a pris en vertu de traités et instruments internationaux prohibant les actes d'extermination, notamment la Convention de Genève du 12 août 1949 J relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, la Déclaration universelle des droits de l'homme et la Charte des Nations Unies." [S/4888/Rev.l.]
127. Déjà, lors de l'examen de la première plainte de la Tunisie contre les actes agressifs de la France, la délégation soviétique a attiré l'attention des mem- bres du Conseil de sécurité sur la menace à la paix et à la sécurité internationàles que crée la présence, en territoire étranger, de bases militaires appartenant à des Etats membres de blocs militaires d'agression. Les derniers événements ayant montré que la France, loin de tenir compte des dispositions de la résolution du Conseil de sécurité sur le cessez-le-feu et sur le retour des forces armées à leurs positions initiales, poursuit son agression contre la Tunisie, les peuples exigent de plus en plus la suppression de toutes les bases militaires en territoire étranger.
128. A ce propos, il convient de rappeler la décla- ration remarquable que M. Nkrumah, président de la République du Ghana, a faite à la quinzième session de l'Assemblée généraleY et dans laquelle ce grand hom- me d'Etat a invité l'Assemblée générale à empêcher la création et le maintien de bases militaires étran- gères sur le continent africain. On se souviendra également des déclarations faites à la quinzième session de l'Assemblée générale par les représentants de nombreux Etats d'Afrique et d'Asie comme l'Inde, la République arabe unie, la Nigéria, le Maroc, le Mali, le Cambodge, le Népal, l'Ethiopie et plusieurs autres Etats Membres, qui se sont résolument pro- noncés pour la proposition du président Nkrumah, dictée par un désir sincère de renforcer la paix et la sécurité internationales ainsi que d'assurer la sécurité des petits pays et de leur peuple.
129. Ces mêmes exigences, parfaitement fondées et légitimes, nous les trouvons dans la lettre que
y Documents officiels de l'Assemblée générale, quinzième session, (1ère partie), Séances plénières, vol. l, 869ème séance.
130. We cannot help remembering the speech re- cently made in support of the just struggle of the Tu- nisian people against the French colonialists by Mr. Gamal Abdel Nasser, President of the United Arab Republic; Mr. Abubakar TafawaBalewa, Prime Minis- ter of Nigeria; Mr. William Tubman, President of Liberia; and others.
131. In answer to all these just demands expressing the aspirations of the peoples of the whole world, the Security Council should resolutely condemn and im- mediately suppress the French aggression against Tudsia, and see that aU French troops arewithdrawn from the territory of this country. The Council should warn France-seriously warn France-that if it con- tinues to disregard the Council's decision, theCouncil will consider whether to use against it the sanctions provided in the United Nations Charter.
132. For this one month of July, have there not been too many shockingly cynical instances of refusaI of the colonialist Powers to comply with the provisions of the basic document on which the whole United Nations rests-its Charter? Just consider that this July the Committee on South West Africa headed by Mr. Rodrfguez Fabregat, about which you, Mr. Presi- dent, are fully informed, was not allowed to enter the territory of the Republic of South Africa. This situa- tion obviously merits our most serious attention. We have just been informed that the Government of another colonial Powe.-the Government of Portu- gal-has abruptly rejected the legitimate demands of the Sub-Committee on the situation in Angola ap- pointed by the General Assembly and asked by the Security Council to visit the territory of that long- suffering country in order to investigate the situation and submit its report to the General Assembly and the Security Counci!. The situation in that country, as is well known, also merits the closest attention of the Security Council. In this same month of July we have noted a third cynical violation before the eyes of the whole world of the basis of our Charter, now being committed by the Government of France, contrary to every idea of justice and of the rules which should be followed and observed by aState which has signed the United Nations Charter.
133. ls this not too much? ls it not too heavy a burden, not only for the smaU people of Tunisia, who have heroically joined battle with the French aggres- sors, but also for our whole Organization?
134. That is what the members of the Council should consider now, before defining their position with re-
130. Je voudrais rappeler les déclarations de M. Gamal Abdel Nasser, préSident de la République arabe unie, M. Abubakar Tafawa Balewa, premier ministre de la Nigéria, M. William Tubman, pré- sident du Libéria, et d'autres personnalités ont faites pour appuyer la lutte légitime du peuple tunisien con- tre les colonialistes français.
131. Le Conseil de sécurité doit entendre toutes ces demandes légitimes qui traduisent les espoirs des peuples du monde entier; il doit condamner catégo- riquement l'agression française contre la Tunisie et y mettre fin immédiatement; il doit faire évacuer toutes les troupes françaises du territoire de ce pays. Il faut spécialement avertir la France qu'au cas où elle continuerait de ne pas tenir compte des décisions du Conseil celui-ci envisagerait de lui appliquer les sanctions prévues par la Charte des Nations Unies.
132. Les puissances coloniales n'ont-elles pas trop souvent manifesté, pendant le seul mois de juillet, leur refus criant et cynique de se conformer aux dis- positions du document qui est à la base de notre organisation, la Charte? La République sud-africaine a refusé en juillet d'admettre sur son territoire le Comité du Sud-Ouest africain, présidé par M. Ro- drfguez Fabregat. Cette situation, sur laquelle vous possédez les renseignements les plus complets, Monsieur le Président, mérite sûrement toute notre attention. Nous venons d'apprendre que le gouverne- ment d'une autre puissance coloniale, le Gouverne- ment portugais, a brutalement rejeté les demandes légitimes du Sous-Comité chargé d'examiner la si- tuation en Angola, créé par l'Assemblée générale et prié par le Conseil de sécurité de se rendre sur le territoire d'un pays martyr et de faire rapport à l'Assemblée générale et au Conseil. La situation de ce pays mérite aussi toute l'attention du Conseil. Enfin, toujours en juillet,'le monde entier voit com- ment le Gouvernement français renverse cyniquement les fondements mêmes de notre charte, contrairement à toute notion de justice et à tous les principes que doit suivre et respecter tout Etat signataire de la Charte des Nations Unies.
133. N'est-ce pas trop? N'est-ce pas un fardeautrop lourd non seulement pour le petit peuple tunisien, qui lutte héroiquement contre les agresseurs français, mais aussi pour toute notre organisation?
134. Voilà à quoi les membres du Conseil doivent réfléchir maintenant, avant de définir leur attitude
135. This is why the Soviet delegation is prepared to support here in the Security Council the most decisive measures to make France respect the sovereignty of Tunisia and to eliminate the threat to peace in North Africa and the Mediterranean region.
136. At this crucial time the Soviet delegation again appeals to all members of the Security Council to ful- m the duty imposed upon them by the Charter. The authority of the whole United Nations and the cause of the maintenance of peace will be most seriously undermined li France is allowed to continue. unlaw- fully and before us all. to flout the United Nations Charter and other basic provisions of international law. The Council must put an end to this.
When. a few days ago. the Secu- rity Council adjourned without adopting a resolution on the aggression of French forces in Tunisia. we thought. we hoped that nevertheless the interim mea- sures adopted on the recommendation of the Secre- tary-General for an immediate cease-fire and the return of all armed forces to their original positions might put an end to the conflict if France were will- ing to reconsider its position and. in recognition of the justice of Tunisian claims. to free Tunisianterri- tory from the armed forces still occupying portions of it. That humane. urgent and temporary measure might. we hoped. do more than could be done by a decision on the whole controversy. on which the Coun- cil was split; it might perhaps. by its repercussions. solve the whole problem.
138. The representative of France implied in his statements that no Power was more deeply pained than France by the regrettable events which had been brought to the Security Council's attention. He quoted. at the 961st meeting. a passage from the statement made by the French Premier to the Senate:
"We fervently hope that an end will be put without delay to a deplorable test of strengthwhich can only result in a serious deterioration in the relations between two nations destined by nature and history to co-operate." And the representative of France concluded:
"That is the wish of al] Frenchmen". 139. The Security Council has helped to fulfil that wish by taking an interim decision which gives France an opportunity to show its goodwill by stopping the fighting and withdrawing the forces it brought in to reinforce the base at Bizerta; in short. restoration of the situation as it was on 19 July could have been a first step towards a solution of the whole controversy.
135. Voilà pourquoi la délégation soviétique est prête à appuyer au Conseil de sécurité les mesures les plus énergiques en vue d'obliger la France à res- pecter la souveraineté de la Tunisie et d'écarter la menace à la paix en Afrique du Nord et dans la région méditerranéenne.
136. En cette heure grave, la délégation soviétique adresse un nouvel appel à tous les membres du Conseil de sécurité pour qu'ils s'acquittent de la tiiche qui leur incombe en vertu de la Charte. Ils ne sauraient, sans porter sérieusement préjudice à l'autorité de l'ONU et à la cause de la paix. tolérer que la France continue impunément, sous nos yeux, de fouler aux pieds la Charte des Nations Unies et d'autres règles fondamentales du droit interna- tional. Il faut que le Conseil y mette un terme.
137. M. CHEHLAOUI (République arabe unie): Lors- qu'il y a quelques jours, le Conseil de sécurité s'était séparé sans qu'aucune résolution ait pu être adoptée dans l'affaire de l'agression des forces françaises en Tunisie, nous avions cru, nous avions espéré que, malgré cela, les mesures intérimaires qui avaient été adoptées sur la recommandation du Secrétaire général en vue d'un cessez-le-feu immédiat et du retour de toutes les forces armées à leurs positions initiales pourraient peut-être amener la solution du conflit si la France voulait bien reconsidérer la situa- tion et, reconnaissant enfin le bien-fondé des revendi- cations tunisiennes, libérer le sol tunisien des forces armées qui l'occupaient encore enpartie. Cette mesure humanitaire, urgente et provisoire, pouvaitpeut-être, espérions-nous, faire davantage que ne pouvait le faire une décision sur l'ensemble du litige au sujet de la- quelle le Conseil était divisé; elle pouvait peut-être, par ses répercussions, arriver à liquider le litige entier. 138. Les paroles prononcées, dans ses interventions. par le représentant de la France laissaient entendre. en effet, qu'aucune puissance ne ressent plus doulou- reusement que la France les événements aussi regret- tables sur lesquels l'attention du Conseil de sécurité se porte aujourd'hui. Citant le Premier Ministre fran- çais, le représentant de la France, à la 961ème séance. a lu le passage suivant de la déclaration de ce ministre devant le Sénat: "Nous souhaitons ardemment que cesse sans délai une déplorable épreuve de force qui ne peut avoir d'autre conséquence que de détériorer gravement les relations entre deux nations que la nature et l'his- toire paraissent avoir désignées pour coopérer." Et le représentant de la France a conclu:
"Ce vœu est celui de tous les Français." 139. Le Conseil de sécurité a aidé à la réalisation de ce vœu en prenant une décision provisoire qui donne à la France l'occasion de montrer sa bonne volonté en arrêtant le combat et en retirant les forces amenées en renfort à la base de Bizerte; en somme, le ré- tablissement de la situation, telle qu'elle était le 19 juillet, pouvait être un premier pas vers la solution du litige dans sa totalité.
143. That would he a good topic for a dissertation on the value of our institutions and the authority of their decisions. But 1 do not despair; surelythe Coun- cil will find a way to ensure compliance with resolu- tion S/4882, which was adopted almost unanimously by its members. The big nations should set the small an example of respect to an institution in which they bear the weightiest responsibilities. The Couneil will not be entitled in the future to impose on small States decisions which it could not impose on l~!'ge. It is essential, therefore, to secure compliance to the resolution adopted on 22 July, as it stands.
144. Since that is so, and since the affair of Bizerta is once again before the Council, we are bound to consider it as a whole, since a few days aga we failed to find a resolution for which a majority would vote.
145. My delegation hopes that the present situation resulting from France's {ailure to comply with the Council's resolution will bring us closer to a solution to the problem as a whole. That solution can only be recognition of Tunisia's right to Tunisian territory by liquidation of the French bases temporarily granted to France on part of that territory and by withdrawal of aIl foreign occupation forces.
146. 1 said "temporarily" because nobody can have imagined that Tunisia could permanently renounce its sovereignty to any portion of itsterritory. Whatcoun- try would do so? Tunisia" like every country jealous of its sovereignty, certainly has never entertained that ideae 147. The question is thus to determine the conditions and duration of the agreement between France and Tunisia-if any-entitling France to maintain a base on Tunisian territory. There is in the archives an Agreement in the form of an exchange of letters be- tween Mr. Mokaddem and Mr. Bénard, dated 17 June 1958 [S/4869], which provides that agreements shall he negotiated between the two States "as soon as possible, and at the latest upon completion of the withdrawal schedule", that is, within four months-to establish by mutual consent of the two Governments
142. J'ai peur d'être sacrilège devant les ruines et les morts de Bizerte, si je dis que la non-exécution d'une décision du Conseil de sécurité, quelle que soit cette décision, dépasse en gravité le litige lui-même et même l'agression, avec ses funestes conséquences.
143. Il y a l~ un beau sujet de dissertation sur la valeur de nos institutions et la respectabilité de leurs décisions. Mais je ne voudrais pas déses- pérer d'une solution que trouvera le Conseil afin de faire respecter la résolution S/4882, adoptée
~ la presque totalité des voix des membres du Con- seil de sécurité. Avant les petits, les grands doivent donner l'exemple du respect qu'ils doivent ~ une institution, au sein de laquelle ils ont les plus grandes responsabilités. On n'aurait plus le droit, ~ l'avenir, d'imposer aux petits Etats des décisions qu'on n'au- rait pas pu imposer aux grands. Il importe donc, avant tout, de faire exécuter la résolution du 22 juillet, et de l'exécuter sans aucune modification.
144. Puisqu'il en est ainsi et puisque l'affaire de Bizerte vient ~ nouveau devant notre conseil, nous nous devons de l'examiner dans son ensemble, puis- qu'il y a quelques jours encore nous ne sommes pas parvenus ~ prendre une décision qui pllt rallier une majorité de suffrages.
145. Ma délégation espère que la situation actuelle résultant de la non-exécution, par la France, de la résolution du Conseil nous amènera ~ trouver une solution pour l'ensemble du problème. Cette solution ne pourrait être que la reconnaissance du droit de la Tunisie sur la terre tunisienne, par la liquidation des bases françaises consenties provisoirement sur une partie du territoire national, et le retrait de toutes les forces étrangères d'occupation.
146. J'ai dit "privisoirement"; car il ne viendrait
~ l'idée de personne que la Tunisie ait pu aliéner définitivement sa souveraineté sur une partie quel- conque de son territoire. Quel pays l'aurait fait? La Tunisie, comme tout pays jaloux de sa souve- raineté, n'y a certainement jamais songé.
14'7-. Il s'agirait donc de voir dans quelles conditions et pour combien de temps cet accord entre la France et la Tunisie - si accord il y a - a pu donner ~ la première le droit d'entretenir une base sur le terri- toire de la seconde. Il existe, versé aux archives de cette affaire, un accord sous forme d'échange de lettres entre M. Mokaddem et M. Bénard, le 17 juin 1958 [S/4869], et qui prévoit des accords qui seraient négociés entre les deux Etats "dans les meilleurs délais et au plus tard dès la fin de l'exécution du calendrier", c'est-à-dire dans les quatre mois; et
148. We are the judges and assessors of what the permanent agreement could and should be. Common sense tells us that it could only be the total liheration of Tunisia. 149. Moreover, we are now living in a century of emancipation of peoples and countries, which no longer want to retain any vestige of the old oppres- sion. Tunisia, already an independent country, cannot tolerate another obstacle to its sovereignty.
150. A study of the document of 17 June 1958 reveals that it certainly did not grant France any advantage; on the contrary, it was intended as a time-table for the conclusion of an agreement the purpose of which, though not specifically mentioned, could only he the liquidation of the Bizerta base. Tunisia, which never- theless found this agreement of advantage as a basis for total liberation, then vainly sought to establish agreements which would dispel aU misunderstanding.
151. France had only one argument, which in the end. was conclusive, and which it used with telling effect at the eleventh hour when the Tunisians, exasperated by the long delay and the constant provocation of the foreign base at Bizerta, made themselves heard.
152. Then France put forward the military argument, the one which overrode all others. This is what we call colonialism and imperialism, which liberal and civilized countries repudiate nowadays and which freedom-loving countries find more repugnant than any other concept. 153. Our fear is that the maintenance of French troops on Tunisian soil will soon result in another tragic crisis like the one we have just been through.
154. We know that the whole world regards martyred Tunisia with sympathy; but what we really want is for the world to help it to save itself by recovering its freedom. And we, the United Nations, cannot stand idly by and watch what is happening there without adopting a categorical, just and humane decision. Justice here requires not only an end to the aggres- sion, but the restoration of law.
155. This unhappy business of Tun,isia is of the greatest concern to very many countries. In a letter dated 25 Juiy [Si4896 and Add.l and 2] nearly forty delegations expressed their anxiety and fully acknow-
148. Il nous appartient, à nous, de juger, d'apprécier, ce que pouvait, ce que devait être l'accord définitif. Le bon sens nous dit qu'il ne pouvait être que la libé- ration totale de la Tunisie.
149. D'ailleurs, nous vivons actuellement en un siècle d'émancipation de peuples et de pays qui ne veulent plus garder aucune trace de l'ancienne oppres- sion, et la Tunisie, déjà indépendante, ne saurait accepter encore une entrave à sa souveraineté.
150. En étudiant le document du 17 juin 1958, on constate qu'il n'accordaitincontestablement à la Fran- ce aucun avantage; au contraire, il devait constituer un calendrier en vue de la conclusion d'un accord dont le but, quoique non mentionné, ne pouvait être que la liquidation de la base de Bizerte et la Tunisie, qui y trouvait quand même un avantage parce qu'il était à la base de sa libération totale, cherchait en vain à établir les accords qui devaient, une fois pour toutes, dissiper tout malentendu.
151. Pour la France, il n'y avait qu'un seul argu- ment qui devait prévaloir en définitive, et elle l'a bien fait sentir en dernière heure lorsque les Tuni- siens, exaspérés par une longue période d'attente et la provocation continue de cette base étrangère de Bizerte, firent entendre leur voix.
152. La France avança alors l'argument militaire, celui qui devait l'emporter sur tous les autres. C'est ce que nous appelons le colonialisme et l'impéria- lisme dont se défendent aujourd'hui les pays libéraux et civilisés et que les pays épris de liberté réprouvent au-delà de toute conception. 153. Nous avons peur que le maintien des troupes françaises sur le sol tunisien n'ait pour effet de re- nouveler bientôt les heures tragiques de ces derniers jours. 154. Nous savons que le monde entier regarde avec sympathie la Tunisie martyre, mais nous voulons surtout que le monde l'aide à se sauver en recouvrant sa liberté; et ce monde, c'est nous, ce sont les Nations Unies qui ne peuvent assister à ce qui se passe là-bas sans prendre une décision catégorique, juste et humaine. Cette justice exige non seulement l'arrêt de l'agression, mais aussi le rétablissement du droit• 155. Cette malheureuse affaire de Tunisiepréoccupe au plus haut point un grand nombre de pays. Par une lettre en date du 25 juillet [s/4896 et Add.l et 2], près de 40 délégations manifestent leur inquiétude et sou-
157. The Council of the League of Arab States, through the Secretary-General, had sent the Security Council a most categorical message of protest and statement of its position [S/4888/Rev.1], citing the Geneva Convention of 12 August 1949 relating to the protection of civilian persons in time of war, the Universal Declaration of Human Rights, and the United Nations Charter. Was the Tunisian population protected by those laws and institutions against the French aggression?
158. In order to prevent a recurrence of those events, my delegation is asking the Security Council to take aIl the necessary steps to ensure compliance with its decision calling for a cease-fire and the withdrawal of the troops to their original positions.
159. But only by solving the problem as a whole can we avoid having to come here again on the Bizerta question, with a tragic account of burnt villages and of old people, women and children mown down by machine-gun fire.
160. My deleg9.tion, with the delegations of Ceylon and Liberia, has submitted a draft resolution[S/4903] amounting to a reaffirmation of the Security Council's decision calling for a cease-fire and the withdrawal of troops to their original positions. We have the in- tention of submitting another draft resolution. The two texts are being presented in agreement with the delegations of Liberia and Ceylon.
My dele- gation, as we said on the occasion of our previous meeting, most deeply deplores the tragic and sub- stantial loss of life, military and civilian, that has occurred at Bizerta, and it extends its profound sympathy to those who have been so deeply afflicted. My delegation again expresses its sincere hope that the traditional friendship between two countries, both of whom the United States regards as its friends, may soon he restored to their mutual advantage and to the advantage of aIl countries which desire a peaceful world.
162. We have noted with serious concern that the Security C.ouncil resolution of 22 July [S/4882] has not yet been fully implemented. On the other hand, we have also noted that both parties have indicated a firm desire to impleroent that decision. Apparently the difference of opinion arises from the claim that the resolution implies a return to a fully peacefuJ. situation, to what the Secretary-General in his state- ment to the Council on 22 July [962nd meeting] de- scrihed as a "return to the status guo ante", and that that in turn involves assurances that peaceful com- munication and supply among the various separate parts of the French base at Bizerta shall exist after
157. Le Conseil de la Ligue des Etats arabes a fait parvenir au Conseil de sécurité. par l'intermédiaire du Secrétaire général, une dépêche de protestation et de prise de position des plus catégoriques [S/4888/ Rev.1]. Cette décision nous rappelle la Convention de Genève du 12 août 1949 relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, ainsi que la Déclaration universelle des droits de l'homme et la Charte des Nations Unies. La population tunisienne a-t-elle été protégée par ces lois et ces institutions lors de l'agression française?
158. C'est pour éviter le renouvellement de ces faits que ma délégation demande au Conseil de sécurité de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire respecter sa décision relative au cessez-le-feu et au retrait des troupes sur leurs positions initiales.
159. Mais ce n'est que par la solution du problème dans son ensemble que nous pourrons éviter d'évo- quer une fois encore, à propos de l'affaire de Bizerte, un tableau tragique de villages incendiés, de vieillards, de femmes et d'enfants succombant sous les balles des mitrailleuses.
160. Ma délégation a présenté, avec les délégations de Ceylan et du Libéria, un projet de résolution [S/4903] qui constitue, en somme, la confirmation de la décision prise par le Conseil de sécurité pour un cessez-le-feu et le retrait des forces sur leurs posi- tions initiales. Nous nous réservons le droit de pré- senter, d'accord avec les mêmes délégations, un autre projet de résolution.
161. M. YOST (Etats-Unis d'Amérique) [traduit de l'anglais]: Ma délégation déplore très sincèrement, ainsi que nous l'avons dit à la séance précédente, les nombreuses et tragiques pertes de vies surve- nues à Bizerte. tant parmi les forces militaires que dans la population civile. et elle exprime sa vive sympathie à tous ceux qui ont été si profondément éprouvés. Ma délégation exprime de nouveau l'es- poir sincère que l'amitié qui avait été de tradition entre les deux pays, que les Etats-Unis considèrent l'un et l'autre comme ses amis. pourra bientôt être rétablie. dans leur intérêt mutuel comme dans celui de tous les pays qui désirent un monde pacifique.
162. Nous avons constaté avec une vive préoccupation que la résolution ~doptée le 22 juillet par le Conseil de" sêcurité [S/4882] n'a pas encore été pleinement appliquée. Nous avons noté cependant que les deux parties intéressées ont exprimé le ferme dêsir de l'appliquer. Apparemment, leur divergence de vues tient à ce que la résolution impliquerait. selon l'une des parties, le retour à une situation entièrement pacifique, à ce que le Secrétaire général, dans sa déclaration du 22 juillet au Conseil [962ème séance], a appelé le statu guo apte, ce qui. à son tour, impli- querait l'assurance que les communications entre les diverses parties de la base française de Bizerte
164. There have been indications that both parties might be willing to meet on the spot to work out the return to original positions and accompanying arrangements. Difficulties have arisen in bringing about such a meeting and questions have been raised as to whether it is necessary. The opinion of my delegation is that whether or not such a meeting is necessary, it would be extremely useful. If there is anything we can do to facilitate its taking place, we of course should be happy to do so. But whether or not it takes place, the principal objective must be the execution of the resolution of 22 July accompanied, as we believe it should be, by any other measures which seem usefuI to the maintenance of peace on the spot.
165. We continue to believe that means can be found to satisfy the interests of both parties on this score. In the meantime there must of course be absolutely no aggravation of the present situation. At the same time we understand the Tunisian concern that the broader question of a permanent settlement of the Bizerta problem, a settlement based on respect for Tunisian sovereignty, should be included as an inte- gral part of this Council's consideration of the problem.
166. In the draft resolution presented to the Council on 22 July by the United Kingdom and the United States [S/4879], it was recommended to "the parties, in accordance with the Charter, to negotiate promptly a peaceful settlement of their differences".
167. We reiterate this recommendation at this time and urge that, even though that draft resolution failed of adoption, nevertheless both parties accept this recommendation and proceed speedily to negotiation of their differences, which would of course include as a principal element a settlement in regard to the Bizerta base.
168. In summary, what the United States delegation urges is first, a rapid implementation of the resolu- tion of 22 July involving a return of armed forces to their original positions under mutually acceptable arrangements; secondly, a prompt initiation of nego- tiations between the parties to work out a settlement of their differences, including that concerning the Bizerta base.
l give the floor to the representative of Libya.
l would first like to express my thanks and apprecia- tion to you, Mr. President, for having been good enough to allow me to speak, at this stage of the de- bate on the Tunisian complaint, in order to explain te
164. Certains indices ont paru indiquer que les deux parties étaient désireuses de se rencontrer sur les lieux pour établir les modalités du retour de leurs troupes ll. leurs positions initiales, ainsi que les dis- positions y afférentes. L'organisation d'une telle ren- contre a soulevé des difficultés et l'on s'est même demandé si elle était vraiment nécessaire. Qu'elle le soit ou non, ma délégation estime qu'elle serait extrêmement utile et s'il est en notre pouvoir de la faciliter, nous serions très heureux de le faire. De toute façon, que cette rencontre ait lieu ou non, le prin- cipal but du Conseil doit être l'application de la réso- lution du 22 juillet, accompagnée, comme elle devrait l'être ~ notre avis, de toutes autres mesures jugées utiles pour le maintien de la paix dans cette zone.
165. Nous continuons ll. penser qu'il est possible de trouver le moyen de satisfaire aux préoccupations des deux parties en la matière. Entre-temps, ilfaut- cela va de soi - éviter ll. tout prix que ne s'aggrave la si- tuation actuelle. Nous comprenons cependant que la Tunisie puisse désirer que le problème plus général d'un règlement permanent de la question de Bizerte sur la base du respect de la souveraineté tunisienne fasse partie intégrante de l'examen du problème par le Conseil.
166. Dans le projet de résolution que les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont présenté au Conseille 22 juillet [S/4879], il était recommandé aux parties "d'entre- prendre sans tarder, conformément ll. la Charte, des négociations en vue du règlement pacifique de leurs différends"•
167. Nous renouvelons aujourd'hui cette recomman- dation et, bien que notre projet de résolution n'ait pas été adopté, nous demandons instamment aux deux par- ti03S d'accepter cette recommandation et d'entamer rapidement des négociations au sujet de leurs diffé- rends, négociations qui comprendraient naturellement comme élément essentiel un règlement concernant la base de Bizerte.
168. En résumé, la délégation des Etats-Unis recom- mande, premièrement, une application rapide de la ré- solution du 22 juillet avec le retour des forces armées
~ leurs positions initiales, en vertu de dispositions acceptées par les deux parties, et, deuxièmement, que les parties entament sans tarder des négociations pour régler leurs différends, notamment celui qui a trait ll. la base de Bizerte.
169. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Je donne la parole au représentant de la Libye.
170. M. FEKINI (Libye): J'aimeraistoutd'abordvous exprimer mes remerciements et mon appréciation pour avoir bien voulu me permettre de prende la pa- role, ~ ce stade du débat, sur la plainte tunisienne, afin de vous faire part de la position du Gouverne-
172. We could, for example, invoke the close and brotherly relations existing between our two countries in aIl fields-relations whose international signifi- cance has been confirmed in a treaty of brotherhood and good-neighbourliness, stimulating our healthy co- operation for the promotion of our common interests and the safeguarding of peace and tranquillity in our part of Africa, still shaken, alas, by the colonialist war which for more than seven years has been in progress near our western frontier.
173. We could cite our two countries' membership of the same regional organization, associating aIl the independent .countries of the Arab world, which only a short time ago sharply condemned French aggression in Tunisia.
174. We could further rely on the imperative re- quirements of African solidarity, lending as they do a broader and deeper significance to co-operation and ties throughout the entire African-Asian world, which has assured Tunisia of its whole-hearted support.
175. But, over and above these various considera- tions, we feel justified in taking part in this debate as representatives of a country which attained independ- ence and sovereign status under the auspices of the United Nations, in resolution of a colonial problem; and because we are accordingly convinced that, when events have reached so serious and dangerous a point, it is the duty of the United Nations and of the Security Council to defend the territorial integrity of a small country and to help in removing, once and for aIl, the remaining traces of colonialism which, as events at Bizerta have just shown, are one of the most serious causes of breaches of peace and secu- rity throughout the world. It is therefore a matter of the greatest urgency that the Security Council should fulfil its duty of putting a speedy end to this situation, which threatens the security and integrity of one of the small Member States and constitutes a general menace to peace in this already sorely tried part of Africa.
176. The representative of Tunisia has recounted the background to this question of the Bizerta base. He has clearly described the constant attempts made by his Government, during the past few years subse- quent to Tunisia's attainment of independence, to achieve a reasonable, negotiated solution to the prob- lem of the evacuation of the Bizerta base, which is one of the so-called "matters in dispute" between France and Tunisia.
177. We have followed the course of these peaceful efforts by the Tunisian Government with interest, and
172. Nous pourrions invoquer les relations frate:r- nellement étroites qui unissent nos deux pays dans tous les domaines et qui ont prouvé leur signification internationale dans un traité de fraternité et de bon voisinage qui galvanise nos énergies vers la coopé- ration la plus saine pour la promotion de nos intérêts mutuels et la sauvegarde de la paix et de la tranquil- lité dans notre région de l'Afrique, hêlas~ encore ébranlée par la guerre colonialiste qui se déroule depuis plus de sept ans au voisinage de nos frontières occidentales.
173. Nous pourrions citer notre appartenance à une même organisation régionale qui lie tous les pays indépendants du monde arabe et qui a tout récemment conda:"Ylné sévèrement l'agression française en Tu- nisie.
174. Nous pourrions aussi avancer les impératifs de la solidarité africaine qui donne une signification plus large et plus importante 11. la coopération et aux liens de tout l'ensemble africano-asiatique qui a exprimé son appui massif 11. la Tunisie.
175. Mais, par-dessus toutes ces considérations, nous avons une justification qui découle de notre con- viction en tant que représentant d'un pays né n. l'indé- pendance et n. la souveraineté sous l'égide de l'Orga- nisation des Nations Unies dans le cadre de la liquida- tion d'un problème colonial, justification qui découle, dis-je, de notre conviction qu'il est du devoir des Nations Unies et du Conseil de sécurité, quand les choses en arrivent n. ce point de gravité et de danger, de défendre l'intégrité d'un petit pays et d'aider 11. la liquidation définitive des vestiges du colonialisme qui sont, comme les événements de Bizerte viennent de le montrer, une des causes les plus sérieuses de la rupture de la paix et de la sécurité dans le monde. Il est, par conséquent, de la plus grande urgence que le Conseil de sécurité prenne ses responsabilités pour mettre rapidement un terme 11. cette situation qui menace la sécurité et l'intégrité d'un des petits Etats Membres de l'Organisation, comme elle menace la paix dans cette région déjn. suffisamment éprouvée de l'Afrique.
176. Le représentant de la Tunisie a fait l'historique de cette question de la base de Bizerte. Il a très clai- rement exposé les efforts persévérants que son gou- vernement a déployés au cours des dernières années qui ont suivi l'indépendance de la Tunisie afin d'arri- ver n. une solution raisonnable et négociée au pro- blème de l'évacuation de la base de Bizerte qui cons- titue l'un des points de ce qu'il est convenu d'appeler le contentieux franco-tunisien.
177. Nous avons suivi ces efforts pacifiques du Gou-
vernem~mt tunisien avec intérêt, et je dois dire que
178. We consider that it is this lack of understand- ing and realism, this absence of a sane approach, and the blind and desperate eagerness of outmoded colonialism to have its own way-together with its morbid sensitivity and its complexes-which have caused the question of the Bizerta base to develop so tragicaHy, with heavy loss of life during the bloody events of the past week, involving furious and un- reasonably violent attacks against the brave Tunisian defence forces and against unarmed civilians, women and children included-and this at a time when most of the Tunisian army was dutifuHy serving the United Nations in the Congo.
179. l will not hide our disappointment on seeing that the Security Council was unable to act quickly and take the measures which the gravity of the situa- tion demanded. We quite regret that political op- portunism inspired perhaps by the general inter- national situatIon and by the wish to deal tactfully with one's allies, should have outweighed this need in the minds of certain permanent members of the Secu- rity Council. We think that such a policy is short- sighted, and that there is more to be gained by honestly pursuing the purposes and principles of the Charter, and upholding law and justice, than byapply- ing an international policy of "one law for the rich and another for the poor".
180. We have however noted, with aH the admiration and appreciation due to the delegates of a sister country, the efforts made by the representatives of Liberia, the United Arab Republic and Ceylon. These efforts have been rewarded by the adoption of an interim resolution calling for a cease-fire and for the troops' withdrawal to their original positions. In our relief that hostilities have ceased, we are grieved to note that, despite the attempts made by the Tunisian leaders to implement the Council's resolution, French troops are still occupying Bizerta and are behaving like parachute commandos in a con- quered country. The truce is a precarious one, the situation remains explosive and the latent complica- tions are fraught with danger for Tunisia's territorial integrity and for international peace and security, both in general and throughout that specifie area. The challenge thrown down to the United Nations by a permanent member of the Security Council can only be interpreted as an ill omen for world peace.
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181. We hope that the members of ·the Council will realize the seriousness of the situation created by the refusaI of the French army of occupation to com- ply with the resolution's provision for the troops'
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178. Nous considérons que c'est ce manque de com- préhension et de réalisme et ce défaut d'une saine vision des choses, ainsi que l'acharnement aveugle d'un colonialisme périmé ~ imposer sa manière de voir, en plus de ses susceptibilités maladives et de ses complexes, qui ont malheureusement conduit l'affaire de la base de Bizerte ~ ses péripéties tra- giques et aux sérieuses pertes en vies humaines au cours des sanglantes journées de la semaine écoulée qui ont été caractérisées par un acharnement et des excès hors de proportion perpétrés contre la vaillante défense tunisienne, ainsi que les civils sans armes, les femmes et les enfants, et cela au moment oil la majeure partie de l'armée tunisienne faisait son devoir au service des Nations Unies dans le Congo.
179. Je ne vous dissimulerai pas notre déception lorsque nous avons constaté que le Conseil de sécurité n'a pas été ~ même d'entreprendre une action rapide et les mesures que le sérieux et la gravité de la situation imposaient. Nous avons très franchement regretté que l'opportunisme politique, inspiré peut- être par la situation internationale présente et les ménagements entre alliés, ait pesé davantage dans l'attitude adoptée par certains membres permanents du Conseil. Nous considérons que c'est l~ une poli- tique ~ courte vue et que l'on gagne plus ~ servir honnêtement les buts et les principes de la Charte, le droit et la justice, qu'~ adopter la politique des différents systèmes de poids et de mesures dans les affaires internationales.
180. Nous avons cependant enregistré, avec toute l'admiration et l'appréciation que nous devons ~ un représentant d'un pays frère, les efforts déployés par les représentants du Libéria, de la République arabe unie, ainsi que de Ceylan, efforts qui ont été récom- pensés par l'adoption d'une résolution intérimaire concernant le cessez-le-feu et le retrait des troupes ~ leurs positions initiales. Au moment oil nous sommes soulagés de voir que les combats ont cessé, ils nous est pénible de constater que, malgré les efforts des dirigeants tunisiens en vue de l'applicationde la réso- lution du Conseil, les troupes françaises continuent ~ occuper Bizerte et s'y conduisent "~ laparachutiste", comme en pays conquis. La trêve est précaire, la si- tuation demeure explosive et les C1omplications la- tentes sont pleines de menaces pour l'intégrité de la Tunisie, pour la paix et la sécurité internationales, en général, et pour toute la région en particUlier. Le défi posé par un membre permanent du Conseil de sécurité aux Nations Unies ne saurait être interprété que com- me un signe néfaste pour la paix du monde.
181. Nous espérons que les membres du Conseil réa- liseront le sêrieux de la situation créée par le refus de l'armée d'occupation francaise de mettre enappli- cation la clause de la résolution relative au retrait
182. We also hope that this time the Security Council will take e necessary measures which will permit Tunisia to achieve its desire to free its soil from an unauthorized foreign armed force whose presence Tunisia can no longer tolerate. At the same time, we trust that these steps will enable the evacuation of Bizerta to be effected without further bloodshed.
183. l shall end my statement by extending to the representative of Tunisia the most heartfelt con- dolence of the people and Government of Libya upon the deaths of those hundreds of victims who fell on the field of battle while defending the honour and dignity of their motherland. l assure him, once again, of our most brotherly and most active support and solidarity.
184. We are certain that, with the help of all peace- loving and freedom-loving nations, our efforts will be crowned by the fulfilment of all our aspirations, fore- most among which is the total liberation of Tunisia and the restoration of its national independence and territorial integrity.
185. May l conclude by associating myself with the expressions of appreciation addressed to the Secre- tary-General for his prompt response to Tunisia's invitation. We should have been happy had he had the same chance of establishing similar contact with the French authorities; this might have paved the way for contacts between the two parties, at United Nations level.
There are no further speakers on my list. Before adjourning this meeting, l should like to express my hope that both parties will refrain from taking any steps or decisions which might aggravate the present situation while this matter is being considered by the Security Council. l believe that in voicing this hope and appeal l am expressing the sentiments of most if not all of the members of the Council.
187. il' the:re is no objection, the meeting will now be adjourned and we shall meet again tomorrow at 10.30 a.m.
188. Ml'. CHEHLAOUI (United ArabRepublic) (trans- lated from French): About haif an hour ago we sub- mitted a draft resolution to the Council. We should have liked the Council to vote on that draft resolu- tion this evening because we regard it as a mere formality: it simply reaffirms the decision adopted by the Council a few days ago. It will not take long, and l do not think that this would be too much to ask of the membbrs of the S,"curity Council.
189. Ml'. MOROZOV (Union of Soviet Socialist Re- publics) (translated from Russian): l strongly support the proposaI just made by the representative of the United Arab Republic. This time l am glad to say l have no cause for complaint about delay in circulating
182. Nous espérons également que le Conseil saura cette fois-ci prendre les mesures nécessaires qui permettront ~ la Tunisie de réaliser son aspiration
~ la libération de son territoire national d'une pré- sence militaire étrangère sans titre et qu'elle ne veut plus tolérer. Nous souhaitons que ces mesures per- mettent en même temps de réaliser l'évacuation de la bas~ ('e Bizerte sans effusions de sang supplémen- taires.
183. Je terminerai en offrant au représentant de la Tunisie les condoléances les plus attristées dupeuple et du gouvernement de la Libye pour les centaines de victimes qui SOl,t tombées au champ d'honneur en dé- fendant l'honneuJ. "'c la dignité de leur patrie. J'aime- rais également l'assurer une fois de plus de notre appui et de notre solidarité la plus fraternelle et la plus agissante. 184. Nous sommes certains que nos efforts, avec l'aide de toutes les nations éprises de paix et de liberté, seront couronnés par la réalisation de toutes nos aspirations parm~ lesquelles figure au premier plan la libération entière de l'Algérie, rétablie dans son indépendance nationale et son intégrité terri- toriale.
185. Permettez-moi de conclure en m'associant aux expressions d'appréciation qui ont été adressées au Secrétaire général pour avoir diligemment répondu
~ l'invitation de la Tunisie. Nous aurions souhaité qu'il pat avoir la même occasion pour établir des contacts similaires avec les responsables français; cela aurait peut-être pu faciliter des contacts entre les deux parties au niveau de l'Organisation des Nations Unies.
186. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Aucun autre orateur n'est inscrit sur ma liste et, avant de lever la séance, j'aimerais exprimer l'espoir que les parties s'abstiendront de toute mesure ou de toute décision qui pourrait aggraver la situation alors que le Conseil en est saisi. Je crois que, par cet appel, je me fais l'interprète du désir de la majeure partie, sinon de la totalité des membres du Conseil.
187. Sauf objection, je lèverai la séance, la prochaine séance devant avoir lieu demain matin ~ 10 h 30.
188. M. CHEHLAOUI (République arabe unie): Il y a une demi-heure environ, nous avons soumis au Conseil un projet de résolution; nous aurions voulu voir le Conseil voter ce soir sur ce projet, car cela nouS semble une simple formalité; c'est la confirmation de la dêcision prise par le Conseil il y a quelques jours; cela ne prendrait pas beaucoup de temps et je ne crois pas que ce serait trop demander des membres du Conseil de sécurité.
189. M. MOROZOV (Union des Républiques socia- listes soviétiques) [traduit du russe]: J'appuie éner- giquement la proposition que vient de faire le repré- sentant de la République arabe unie. Fort heureuse- ment, je n'ai pas à. me plaindre cette fois de la
191. Viewing the situation with the utmost objectivity, we cannot help but come to the conclusion that it is essential and imperative that the provisions of the resolution adopted by the Council on 22 July [S/4882], which, in addition to calling for an immediate cease- fire, called for a return of all armed forces to their original positions, should be implemented without further delay.
192. We therefore commend the draft resolution [S/4903] to the favourable consideration of members of the Cùuncil.
1 think 1 understood the representative of the United Arab Republic to ask for an immediate vote on the draft resolution in document S/4903. As this request was made while 1 was holding consultations on the adjournment of this meeting, 1 should like to know whether the Council is ready to vote on the matter.
My dele- gation has just seen, in the French language, the draft resolution submitted by the representatives ofCeylon, Liberia and the United Arab Republic. My delegation has had no opportunity of considering this draft, and we should certainly not find it convenient to vote on it tonight; we certainly want time to consider it fur- ther and to consult our Government about it.
1 am not pressing the matter, since the United Kingdom representative cannot vote at once. But we should like our draft resolution to be taken at the beginning of tomorrow's meeting.
1 should like to thank the representative of the United Arab Republic for that statement.
197. In the absence of any objection, the meetingwill now be adjourned and the Council will meet again at 10.30 a.m. tomorrow. It l'Vas so decided. The meeting rose at 7.25 p.m.
191. Considérant la situation avec la plus grande objectivité, ma délégation est parvenue à la conclusion qu'il est urgent et indispensable que les dispositions de la résolution adoptée le 22 juillet [S/4882], par lesquelles le Conseil a demandé non seulement un cessez-le-feu immédiat, mais aussi le retour de toutes les forces armées II leurs positions initiales, soient appliquées sans autre retard.
192. Ma délégation recommande donc le projet de résolution S/4903 aux membres du Conseil pour approbation.
193. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Je crois avoir compris que le représentant de la République arabe unie demande que le projet de résolution qui figure dans le document S/4903 soit immédiatement mis aux voix. Cette demande ayant été formulée au moment même oh je consultais le Conseil sur la levée de la séance, je voudrais savoir si le Conseil est prêt II procéder II ce vote.
194. Sir Patrick DEAN (Royaume-Uni) [traduit de l'anglais]: Ma délégation vient seulement de prendre connaissance, dans son texte français, du projet de résolution présenté par les représentants de Ceylan, du Libêria et de la République arabe unie. Elle n'a pas encore eu le temps d'étudier ce projet et il lui serait certainement difficile de voter sur ce texte dès ce soir; nous avons besoin de temps pour examiner ce projet plus II fond et consulter notre gouvernement II son sujet.
195. M. CHEHLAOUI (République arabe unie): Je n'insiste pas, puisque le représentant du Royaume-Uni est dans l'impossibilité de se prononcer dès mainte- nant. Mais nous désirerions présenter notre projet de résolution au début de la séance de demain.
196. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Je re- mercie le représentant de la République arabe unie.
197. En l'absence d'objecr.'::;n je lèverai la séance; le Conseil se réunira demain .'.natin, II 10 h 30.
Il en est ainsi décidé. La séance est levée à 19 h 25.
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