S/PV.944 Security Council
th MEETING: 10 MARCH 1961
NEW YORK
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Mr. President, l shalllimit myself strictly ta the procedural aspect ofthe adoption of the agenda, as you have justexpressedyour wishes.
3. l would like to begin with a confession. Frankly, my delegation knows very little about conditions in Angola as my country has not haddirect relations with that region. We are, therefore, notinaposition to pass judgement on the nature of the problem presented or on the proper forum to have a discussion. However, it· l'l.ppears to my delegation that in this case, as in all borderline cases, a discussion may afford as much useful information and muchneededelucidation. Under the flexible procédures of the Security Council in- scription by itself. does not and should not prejudice the rights and claims of any party concerned. For these reasons my delegation is ready to defer to the wishes of the representative of Liberiafor inscription of the item.
On this occasion the deiegation ofChilecon- tinues to adhere to its Government's traditional policy of not opposing the inclusion of items in the CouncU' s agenda. However, as in the past, it is alive to the need to respect and protect human rights and shaH continue to be so in future, and, since the CouncU is not now dealing with the substance ofthe question, but only with
Président: M. A. STEVENSON (Etats-Unis d'Amérique)• Présents: Les représentants des Etats suivants: Ceylan, Chili, Chine, Equateur, Etats-Unis d'Amé- rique, France, Libéria, République arabe unie; Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Turquie, Union des Républiques socialistes so- viétiques.
Ordre du jour provisoire (SIAgenda/944)
1. Adoption de l'ordre du jour. 2. Lettre, en date du 20 février 1961, adressée au Président du Conseil de sécurité par le représen- tant du Libêria (S/4738).
Adoption de l'ordre du jour 1. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Je crois devoir rappeler aux membres du Conseil que j'espère qu'ils limiteront leurs observations au sujet dont le Conseil est saisi, c1est-à-dire à l'inscription àl'ordre du jour de la question qui nous occupe, et qu'ils ne discuteront pas de ladite question quant au fond. 2. M. TSIANG (Chine) [traduit de l'anglais] : Monsieur le Président, comme vous venez d'en exprimer le désir, je me bornerai à examiner la question de l'adoption de l'ordre du jour du point de vue de la procédure.
3. Je voudrais d'abord vous faire une confession. Pour ne rien vous cacher, ma délégation n'est pas très au courant de la situation en Angola, car mon pays n'entretient pas de relations directes avec cette région. Nous ne sommes donc pas en mesure de juger de la nature du problème dont il s'agit, ni de l'organe qui aurait compétence pour examiner le problème en question, Toutefois, ma délégation est d'avis que dans ce cas, comme dans toute situation prêtant à controverse, de la discussion peut jaillir la lumière et nous pourrions en tirer beaucoup de renseignements utiles. Etant donné la souplesse qui caractérise la procédure au sein du Conseil de sécu- rité, on ne saurait porter atteinte aux droits et aux revendications de l'une ou l'autre partie intéressée en inscrivant la question dont Us'agit à l'ordre du jour. C'est pourquoi ma délégation est prête à accéder au désir exprimé par le représentiilît du Libéria de voir cette question inscrite à l'ordre du jour.
4. M. SCHWEITZER (Chili) [traduit de l'espagnol]: La délégation du Chili suivra, dans le cas présent, la politique traditionnelle de son gouvernement qui consiste à ne pas s'opposer à l'inscription des ques- tions à l'ordre du jour du Conseil. Néanmoins, sou- cieux d'assurer la protection et le respect des droits de l'homme, comme nous l'avons toujours été et comme nous continuerons à l'être, parlant pour
6. Such valid cases as those of Algeria and the Union of South Africa were referred directly to the General Assembly, and the only reason why this Council dealt with the latter case last year, as was recalled in the discussion, was that previous decisions on the matter adopted by the GeneralAssembly had been disregarded.
7. Consequently-and this does not imply taking any stand on the substance of the question ofAngola which the Liberian delegation has brought before us-my delegation prefers not to vote on the matter and thus reserves its position as regards its constitutionality.
1 have no other speakers in- scribed on the question of the adoption of the agenda. If no other representative wishes to take the floor, and if there are no objections, 1 shall declare the provi- sional agenda adopted. Letter dated 20 February 1961 from the representative of Liberia addressed tothe President of the Security Council (S/4738)
The agenda was adopted.
1 call on the representative of the United Kingdom who wishes to make a statement in connexion with the adoption of the agenda.
1 am grate- fut to the President for allowing me to speak at this juncture. 1 should like to make a few comments, on hehali of the Government ofthe United Kingdom, on the decision which the Council has just taken.
11. We have adopted as our agenda the item referring to the letter dated 20 February [8/4738] fTom the representative of Liberia. This letter formally re- quests a meeting of the Council "to deal with the crisis in Angola", and it goes on to call for action by the Council "to prevent further deterioration and abuse of human rights and privileges in Angola".
12. The letter also refers to the statement which the representative of Liberia made in this Council on 15 February, in the course of which he rer.d out to us a statement which had been issued by his Government. That statement included the following words:
"The Government of Liberia wishes to observe that what appear to be authoritative reports fromAngola indicate that fundamental human rights are, contrary to the Universal Declaration of Human Rights, being violated in Angola, and this is likely to endanger the maintenance of international peace and security." [934th meeting, para. 9.] 2
6. Dans des cas aussi particuliers que ceux de l'Algérie et de l'Union sud-africaine, on a eu direc- tement recours à l'Assemblée générale et si ce con- seil a eu à connaftre l'an passé de cette dernière question, ainsi qu'on l'a rappelé au cours des débats, c'est parce que des décisions prises antérieurement par l'Assemblée générale touchant cette question avaient été méconnues.
7. Pour ces raisons, étant donné qu'elle se demande s'il convient vraiment de procéder à cet examen, ma délégation préférerait ne pas prendre part au vote sur la question de l'Angola que la délégation du Libé- ria a soumise à notre examen, sans toutefois que cette décision implique qu'elle se prononce sur le fond de ladite question.
8. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): La liste des orateurs désireux de parler de l'adoption de l'ordre du jour est épuisée. Si aucun autre représen- tant ne demande la parole, et s'il n'y a pas d'objec- tions, je considérerai que l'ordre du jour provisoire est adopté. Lettre, en date du 20 février 1961, adressée au Président du Conseil de sécurité par le représentant du Libéria (S/4738), 9. Le PRE8IDENT (traduit de l'anglais): Je donne la parole au représentant du Royaume-Uni qui désire faire une déclaration relativ,-, à l'adoption de l'ordre du jour. 10. 8ir Patrick DEAN (Royaume-Uni) [traduit de l'anglais]: Je vous remercie, Monsieur le Président, de me permettre de prendre la parole à ce point des débats. J'aimerais présenter, au nom du Gouverne- ment du Royaume-Uni, quelques observations rela- tives à la décision que vient de prendre le Conseil. 11. Nous avons adopté, en tant qu'ordre du jour la question qui fait l'objet de la lettre, en date du 20 fé- vrier 1961, du représentant du Libéria [8/4738], par laquelle il demande formellement que le Conseil se réunisse "pour examiner la crise en Angola" et qu'il prenne des mesures "pour empêcher que les droits de l'homme continuent à être violés en Angola". 12. ' La lettre rappelle également la déclaration que le représentant du Libéria a faite devant ce conseil le 15 février, au cours de laquelle il nous a donné lecture d'une déclaration de son gouvernement. Celle-ci con- tenait le passage suivant: "Le Gouvernement du Libéria désire faire remar- quer que, selon des rapports, dignes de foi semble-t-il, venus de l'Angola, les droits fondamen- taux de l'homme sont violés dans ce pays, contrai- rement aux dispositions de la Déclaration univer- selle des droits de l'homme, ce qui risque de me- nacer le maintien de la paix et de la sécurité inter- nationales." [934èmeséance, par. 9.] 14. The Government of the United Kingdom has con- sidered very carefuUy such reports as it has received of recent events in Angola. In addition, several repre- sentatives around this table gave more or less detailed accounts this morning of events which it is aUeged have taken place in Angola. At this stage, 1 shaU make no comment on these accounts. AU Iwouldsay is this: My Government has not so far seen any convincing evidence that these events canproperlybe represented as constituting a situation likely to endanger the main- tenance of international peace and security. It is there- fore the opinion of my delegation that in spite of aU he said at the last meeting, to which 1listened with great attention, it remains for the representative of Liberia ta establish that there is in fact such a situation and consequently a prima facie reason for the Security Council to be seized of this question. 15. There is another point in connexion with the adoption of our agenda which 1 should like to make. My delegation offered no objection to the adoption of the agenda. Nevertheless, as the United Kingdomdele- gation, bath in the Security Council and in other organs of the United Nations, has often emphasized on previous occasions, we continue to attach the greatest im- portance to the principle embodied in Article 2, para- graph 7, of the Charter. We maintain our strong view that nothing in the Charter authorizes the United Nations to intervene in matters which are essentiaUy within the domestic jurisdiction of any State. 1 must therefore inform the President and the members ofthis Council that the United Kingdom Government will ap- proach any debate on the question now before us with this point in mind.
L'ordre du jour est adopté.
1 caU upon the representative of France, who wishes to make a statement in connexion with the adoption of the agenda.
17. Ml'. BERARD (France) (translnted from French): Thank you, Ml'. President, for giving me the floor. 1 shall follow your advice. 1have no intention of entering into the substance of the question before us; 1 merely wish to make a few observations of a juridical nature on the problem of placing it on the agenda and the Council' s jurisdiction, in order to explain the position of my delegation.
14. Le Gouvernement du Royaume-Uni a examme très attentivement les rapports qu'il a reçus sur .les événements survenus récemment en Angola. En outre, plusieurs représentants présents autour de cette table nous ont donné ce matin des comptes rendus plus ou moins détaillés des événements qui se seraient pro- duits en Angola. A ce stade des débats, je ne ferai aucun commentaire sur ces comptës rendus. Tout ce que je puis dire, c'est que mon gouvernement n'a pas jusqu'ici discerné de preuve convaincante que l'on puisse à juste titre considérer ces événements comme créant une situation qui semble devoir menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Ma délégation est donc d'avis que, en dépit de tout ce qu'a pu dire à la dernière séance le représentant du Libéria, que j'ai écouté avec la plus gr,ande attention, il reste à prouver qu'une telle situation existe en fait et que, par conséquent, le Conseil de sécurité dispose d'un élément de preuve justifiant qu'il se saisisse de la question.
15. Au sujet de l'adoption de notre ordre du jour, j'aimerais encore souligner un autre point. Ma délé- gation n'a fait aucune objection à ce que cet ordre du jour soit adopté. Néanmoins, comme la délégation du Royaume-Uni a eu souvent l'occasion de le rappeler, tant au Conseil de sécurité que dans d'autres organes des Nations Unies, nous continuons à attacher la plus grande importance au principe énoncé dans le para- graphe 7 de l'Article 2 de la Charte. Nous soutenons fermement qu'aucune disposition de la Charte n'au- torise l'Organisation des Nations Unies à intervenir dans les affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d'un Etat. Je dois doncpréveni:r le Président et les membres de ce conseil que le Gouvernement du Royaume-Uni ne perdra jamais de vue ce principe lorsqu'il abordera l'examen de la question àont noUs sommes saisis.
16. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Je donne la parole au représentant de la France qui désire faire une déclaration relative à l'adoption de l'ordre du jour.
17. M. BERARD (France): Je vous remercie, Mon- sieur le Président, de me donner la parole et je sui- vrai vos conseils. Je ne veux, en aucune manière, toucher ici le fond de la question qui nous est proposée; je veux simplement formuler quelques remarques de caractère juridique sur le problème de l'inscription et la compétence du Conseil afin d'expliquer l'attitude de ma délégation.
20. My delegation wonders whether it is really rele- vant to cite that Article. My delegation has been very deeply moved by the unfortunate clashes which have taken place between various elements ofthe population of Angola. But are those incidents reaHy such as might lead to an international dispute? Surely ta assert that they are would be to stretch the meaningof Article 34 in a way which was not intended by its authors. This would involve the danger of attributi11g to any dispute or incident which occurs in a country, however re- grettable and distressing it may be, a meaning and signtlicance which it does not have. Article 34 adds that the purpose of the Council' s investigation shaH be "in order to determine whether the continuance of the dispute or situation is likelyto endangerthe main- tenance of international peace and security". Happily the incidents at Luanda had no sequeI.
21. The dutYof the United Nations andofthis Council is to maintain international peace and security; it should strive to quell passions and not to rouse them. If the Counci! acts otherwise, the salutary nature of its action may be open to doubt. It will lay itself open to criticism, attacks and sooner or later possible to dis- credit. That is why my delegation considers that the Security Counci! must refrain from intervening in matters which are not indisputably within its juris- diction.
1 call upon the representative of Turkey, who wishes to make a statement in connexion with the adoption of the agenda.
The itemunder consideration has been brought to the attention of the Security Council by the delegation of Liberia. In that great African continent which is at preseIit writing a new and glorious chapter of its history, Liberia is one of the oldest independent countries. For this reason, we understand the deep interest which the Liberian Government has always shown in an aspects of llie in Africa. At the same time, the Liberian delegation has a brilliant recordwithin the United Nations which shows its allegiance to the and Purposes and Principles of our Organization. The question under consideration in- volves Portugal, a country with which my country has sustained friendly relations for many centuries.
24. Now while as a member of the Security Council we have not objected to the inscription onthe agenda of the item proposed by Liberia, 1 wish to state that my delegation is not certain at this stage whether the Security Council is the proper forum for discussion and whether Article 34 of the Charter is applicable.
20. Ma délégation se demande si le recours à cet article est véritablement pertinent. Ma délégation a été très profondément émue des tristes heurts qui se sont produits entre divers éléments de la population de l'Angola. Mais ces incidents sont-ils véritablement de nature à engendrer un dtlférend international? L'affirmer. n'est-ce pas étendre le sens de l'Article 34 d'une manière qui n'est pas conforme à l'intention de ses rédacteurs?' On risquerait ainsi de donner à tout dliférend, à tout incident, si regrettable et si pénible soit-il, qui peut se produire dans un pays, un sens et une portée qui lui seraient étrangers. L'Article 34 ajoute que l'enquête demandée au Conseil a pour objet "de déterminer si la prolongation de ce dtlférend ou de cette situation semble devoir menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales". Les événements de Saint-Paul-de-Loanda ont été heureu- sement sans lendemain.
21. Le devoir de notre organisation et de ce conseil est de maintenir la paix et lasécurité internationales; c'est à calmer le.s passions et non à les exacerber qU'il doit s'attacher. Si le Conseil agit autrement, on pourra mettre en doute son action salutaire. n se prêtera aux critiques, aux attaques et aux discré- dits qui risqueront, à plus ou moins longue échéance, d'en résulter pour lui. C'est pourquoi ma délégation estime que le Conseil de sécurité doit s'abstenir d'interventions qui ne soient pas, d'une manière indiscutable, dans ses attributions.
22. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Je donne la parole au représentant de la Turquie, qui désire faire une déclaration relative à l'adoption de l'ordre du jour.
23. M. MENEMENCIOGLU (Turquie) [traduitdel'an- glais]: La question que nous examinons a été soumise à l'attention du Conseil de sécurité par la délégation du Libéria. Au sein de ce grand continent africain qui écrit à l 'heure actuelle un nouveau chapitre glo- rieux de son histoire, le Libéria est l'un des plus anciens pays indépendants. Nous comprenons donc l'intérêt profond que le Gouvernement du Libéria a toujours porté à tous les aspects de la vie africaine. D'autre part, la délégation du Libéria a brillamment montré dans le passé qu'elle respectait les principes et les fins de l'Organisation des Nations Unies. La question qui nous occupe met en jeu le Portugal, pays avec lequel mon pays entretien des relations amicales depuis de nombreux siècles.
24. Cependant, s'il est exact qu'enqualité de membre du Conseil de sécurité nous n'avons pas pris position contre l'inscription à l'ordre du jour de la question proposée par le Libéria, je tiens à dire que ma délé- gation n'est pas certaine à ce stade des débats que le Conseil soit l'organe approprié pour examiner cette question, ou que l'Article 34 de la Charte soit appli- cable.
26. These are some ideaswhich my delegationwishes to state at the outset of this discussion on the question of the adoption of the agenda.
l calI on the representative of Ecuador to make a statement in connexion with the adoption of the agenda.
28. Ml'. BENITES VlNUEZA (Ecuador) (translated from Spanish): The adoption of the agenda does not usually give rise to a debate requiring an explanation of votes. It was mydelegation'sunderstandingthatthis is a purely procedural question which does not affect the substance of the item.
29. Rule 9 of the provisional rules ofprocedure of the Council states that the first item to be dealt with by
~he Council shall be the adoption of the agenda. Surely there is no need to engage in dialectics in order to show that the agenda is the methodical classification of the items to be discussedduringtheday. That being so, it is clear that acceptance of the agenda does not mean approval of the items it embraces. Consistent with that line of reasoning, my delegation continues to abide by the principle of voting in favour of inclusion in the agenda and it does so for three reasons: on legal grounds, because it considers that the question is purely one of procedure; on politicalgrounds, because it holds the view that every State, large or small, has the right to bring to the attention ofthe United Nations any matters that it deems to be permissible under the Charter; and on ethical grounds, because it believes that nothing can be decided unless it is judged and nothing can be judged unless it has previously been carefully examined with a viewto establishingwhether the alleged facts are relevant to the l'ule or precept invoked.
30. It is the view of my delegation that the next step. after inclusion of the iteminthe agenda, is to establish where the jurisdiction lies. It has had doubts and still has doubts concerningthe Council' s jurisdiction, within the limits and powers assigned to it inthe Charter, and it hopes to be in a position to express its views in greater detail at a later stage of the debate.
In accordance with rule 37 of the provisional rules of procedure of the Security Council and with the consent of the Council, l propose to invite the representative of Portugal to the Council table in accordance with his request [S/4760].
At the invitation of the President, Mr. Vasco V. Garin (Portugal) took a place at the Council table.
26. Telles sont quelques-unes des idées que madélé- gation tenait à exprimer au début de la discussion portant sur la question de l'adoptionde l'ordre du jour.
27. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Je donne la parole au représentant de l'Equateur, qui désire faire une déclaration relative à l'adoption de l'ordre du jour.
28. M. BENITES VINUEZA (Equateur) [traduit de l'espagnol]: TI n'est pas d'usage que l'adoption de l'ordre du jour donne lieu à une discussion qui né- cessite une explication de vote. Ma délégation pensait qu'il s'agissait là d'une simple question de procédure qui ne touchait aucunement au fond de la question dont s'occupe le Conseil.
29. L'article 9 du règlement intérieur provisoire du Conseil énonce que le premier point de l'ordre du jour provisoire de chaque séance du Conseil de sécu- rité est l'adoption de l'ordre du jour. n ne semble pas nécessaire de se lancer dans une argumentation dialectique pour démontrer que l'ordre du jour ne représente que l'ordre logique des points dont le Conseil doit s'occuper. Dans ces conditions, il semble évident que l'adoption de l'ordre du jour n'implique pas une approbation quant au fond des questions qui y sont inscrites. En vertu de ce critère, ma délégation se prononce inébranlablement en faveur du principe de l'inscription d'une question à l'ordre du jour et s'appuie sur trois sortes de considérations: du point de vue juridique, elle estime qu'il s'agit d'une simple question de procédure; du point de vue politique, elle estime que tout Etat, grand ou petit, a le droit de saisir l'Organisation des Nations Unies des questions qui, selon lui, sont prévues par la Charte; enfin, du point de vue de la simple équité, elle estime qu'on ne saurait décider sans juger et qu'on ne saurait juger sans procéder au préalable à un examen minutieux afin de déterminer si les faits invoqués correspondent aux normes dont on se réclame.
30. Ma délégation estime qu'après l'inscription d'un point à l'ordre du jour il convient de se prononcer sur la question de compétence. Elle n'est pas certaine que le Conseil soit compétent dans les limites et dans le cadre de la Charte et elle espère avoir la possibi- lité de présenter ses vues de façon plus détaillée ~ un stade ultérieur de la discussion.
31. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Conformé- ment ~ l'article 37 du règlement intérieur provisoire du Conseil de sécurité, et sous réserve de l'assen- timent des membres du Conseil, je propose d'inviter le représentant du Portugal ~ prendre place ~la table du Conseil, comme il en a exprimé le désir [8/4760].
Sur l'invitation du Président, M. Vasco V. Garin (Portugal) prend place à la table du Conseil.
34. I must admit that the action of the delegation of Liberia in pressing for t~e inscription of an item re- lating to incidents pertainingexclusivelyto the internal security of Portugal came as a great surprise to my delegation. At the 934th meeting on 15 February1961, the Liberian representative attempted to by-pass the rules of procedure on this same topic, but he was clearly shown by the President that his motionwas out of order. We frankly thoughtthat the matterwould rest there.
35. Unfortunately, it would appear at times thata few delegations have nothing more constructive to offerto the international community of nations than their ef- forts to violate the principles of the Charter of the United N'ltions, with the vain hope of instilling poison into the national affairs of sovereign Member states.
36. Therefore, my delegation wishes to express the most vehement protest of the Portuguese Government against the action of the Liberian delegation and of the delegations supporting it, an action which makes a mockery of the letter and the spirit of the idea which presided at the foundation of the United Nations.
37. The inscription of this item in the agenda of the Security Council is bothillegal and absurdo Let us first see why it is so patently illegal.
38. In the terms oÎArticle 24 (2), the Security Council has its competence specifically limited to matters referred to in Chapters VI, VII, VIn and XII of the Charter. These Chapters refer to Chapter VI, Pacific settlement ofdisputes; Chapter VII, Actionwith respect to threats to the peace, B:reaches of the peace, and Acts of aggression; Chapter vm, Regional arrange- ments; and Chapter XII, Article 83, functions relating to strategic areas under international trusteeship.
39. No mention has been made of anydispute between the Portuguese state and any'other State Memberof the Organization likely to endanger the maintenance of international peace and security, nor has any proof been presented of the existence of a situation which would cause a dispute of that nature. Clearly there must be at least two parties-and under the Charter the parties must also be sovereign independentStates- if there is to be a dispute or if such a situation is to existe Therefore, none ofthe cases foreseen inArticles 33 and 34 is under consideration. These two Articles are the only ones which would justify anyaction of the Security Council within the scope of Chapter VI.
34. Je dois reconnaître que ma délégation a été extrêmement surprise de l'attitude adoptée par la i"iélégation du Libéria qui a demandé avec insistance l'inscription ~ l'ordre du jour d'une question touchant
~ des incidents qui relèvent exclusivement de la sécu- rité intérieure du Portugal. A la 934ème séance. le 15 février 1961, le représentant du Libêria a essayé de passer outre aux dispositions du règlement intérieur touchant au même sujet. mais le Président lui avait alors clairement démontré que sa motion était irre- cevable. Nous pensions. en toute franchise. que l'af- faire en resterait l~.
35. il semble parfois, malheureusement. qu'un petit nombre de délégations n'ont rien ~ offrir ~ la com- munauté internationale de plus constructif que leurs tentatives de violation des principes de la Charte des Nations Unies. dans le vain espoir d'envenimer les affaires intérieures d'Etats Membres souverains.
36. Ma délégation tient ~ formuler. au nom du Gou- vernement portugais. laprotestationlaplus véhémente contre l'action entreprise par la délégation du Libéria et par les délégations qui lui accordent leur appui. action qui tourne en d~rision et la lettre et l'esprit du concept qui a présidé ~ la création de l'Organisation des Nations Unies.
37. L'inscription de cette question ~ l'ordre du jour du Conseil de sécurité est~lafoisillégale et absurde. Examinons d'abord pourquoi elle est illégale de façon aussi flagrante.
38. Aux termes des dispositions du paragraphe 2 de l'Article 24 de la Charte. la compétence du Conseil de sécurité est spécifiquement limitée ~ l'examen des questions mentionnées aux Chapitres VI. VII. VIII et XII de la Charte. Le Chapitre VI traite du règlement pacifique des différends. le Chapitre VII de l'action en cas de menace contre la paix. de rupture de la paix et d'acte d'agression; le Chapitre VIII des accords régionaux et le Chapitre XII. Article 83. des fonctions du Conseil de sécurité en ce qui concerne les zones stratégiques placées sous le régime international de tutelle.
39. Personne n'a signalé qu'il existait entre l'Etat portugais et un autre Etat Membre quelconque de l'Organisation un différend qui pourrait mettre en danger le maintien de la paix et de fa sécurité inter- nationales. et personne n'a apporté la preuve qu'il existe une situation de nature ~ engendrer un différend de ce genre. il est clair qu'il ne peut exister de diffé- rend, ou de situation risquant d'engendrer un diffé- rend. que lorsque au moins deux parties sonten cause et. aux termes de la Charte. il faut que les parties en cause soient des Etats indépendants et souverains. En conséquence, il ne s'agit. en l'occurrence. d'aucun des cas prévus aux Articles 33 et 34. Or ces deux
IlAlI Members shall refrain in their international relations from the threat or use of force against the territorial integrity or political independence ofany State, or in any other manner inconsistent with the purposes of the United Nations."
1 repeat-" in their international relations".
41. Thus, the application of Chapter Vil would have required the existence of a breach of international peace in the form of attempted aggression or aggres- sion against the territorial integrity or political in- dependence of a State or the threat or,the use of force against such territorial integrity or independence. No such allegation was made against Portugal, nor could it have been made. Therefore, the case is obviously outside the scope of Chapter VII.•
42. The proVlsIOns of Chapters VIII and XII, Article 83, are aIso irrelevant. No regional treaty is at stake, nor does the matter concern a strategie area under an international régime of trusteeship. Therefore, there is no provision whatever of the Charter which would justify the consideration of this matter by the Security Council.
43. Actually this self-evident premise was recog- nized by the delegation of Liberia. As a matter of fact, the Liberian representative in his intervention of 15 February-an intervention, incidentally, which was ruled out of order-based his request for the inclusion of the item under the provisions of Article 34 of the Charter. Subsequently, however, presumably after studying the Charter a Uttle better, the Liberiandele- gation deleted any reference to that Article of the Charter when it submitted the formaI request to the President of the Security Council. This manifestly shows that the Liberian delegation could not in effect find any legal premise which would justify its submis- sion of the matter to the Security Council.
44. Thus, the Liberian delegation decided to base its request or complaint on a vague reference to human rights and privileges. Even then the excuse was not a happy one. In effect human rights are exclusivelywith- in the province of Chapter IX of the Charter. Em- phatically again, by the provisions ofArticle 24, para- graph 2, the jurisdiction of the Security Council is specifically limited to the matters contained in Chap- ters VI, VII, VIII and XII, neither of which can con- ceivably apply to the present case.
45. This Interpretation has been sanctioned by the Security Council, as for example in the procedure adopted with respect to the case terrorism in Greece,
"Les Membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompa- tible avec les buts des Nations Unies."
Je répète: "dans leurs relations internationales".
41. Ainsi, la mise en œuvre du Chapitre VII aurait exigé l'existence d'une rupture de la paix internationale revêtant la forme d'une tentative d'agression ou d'une agression contre l'intégrité territoriale ou l'indépen- dance politique d'un Etat, ou d'une menace de recours à la force, ou d'un recours à la force contre cette intégrité territoriale ou cette indépendance. On n'a fait valoir contre le Portugal aucune allégation de cet ordre et l'on n'aurait pas pu le faire. TI s'ensuit manifestement que le cas ne relève pas des disposi- tions du 'Chapitre VII.
42. TI n'est pas possible non plus d'invoquer les dis- positions du Chapitre VIII ou les dispositions de l'Article 83 du Chapitre XII. Aucun traité régional n'est mis en jeu et la question n'intéresse pas une zone stratégique placée sous le régime international de tutelle. Aucune disposition de la Charte, quelle qu'elle soit, ne saurait donc justifier que le Conseil de sécurité examine la question.
43. A dire vrai, cette prémisse évidente a été recon- nue par la délégation du Libéria. En fait, dans son intervention du 15 février - intervention qui, soit dit en passant, a été déclarée irrecevable -, le repré- sentant du Libéria s'est appuyé, pour faire valoir sa demande d'inscription de la question à l'ordre du jour, sur les dispositions de l'Article 34 de la Charte. Par la suite, toutefois, sans doute après avoir étudié la Charte d'un peu plus près, la délégation du Libéria a éliminé toute référence à cet article de la Charte lorsqu'elle a adressé sa demande officielle au Prési- dent du Conseil de sécurité. Tout cela est la preuve manifeste qu'en fait la délégation du Libéria n'a pu trouver aucune prémisse juridi.q-ue justifiant la sou- mission de la question au Conseil.
44. C'est alors que la délégation du LiMriaadécidé, pour fonder sa demande ou sa plainte, d'invoquer vaguement les droits et les privilèges de l'homme. Le prétexte était une fois de plus mal choisi. En réa- lité, les droits de l'homme relèvent exclusivement des dispositions du Chapitre IX de la Charte. Ici encore, il est incontestable que les dispositions du para- graphe 2 de l'Article 24 limitent spécifiquement la compétence du Conseil de sécurité aux questions énoncées aux Chapitres VI, VII, VIII et XII qui ne sauraient en aucune façon s'appliquer au cas présent.
45. Le Conseil de sécurité a sanctionné cette inter- prétation, par exemple dans la procédure qu'il a suivie dans le cas du terrorisme en Grèce, dont il
47. If any doubts should still persist in the minds of the members of the Council regarding the incompe- tence of the Security Council to occupy itself with the question based on alleged violations of human rights, even li those violations should exist, which is not the case here, it should suffice to recall the interpretive clarüication approved unanimously by a plenary ses- sion of the San Francisco Conference of 1945 relating to Chapter IX of the Charter. That decision states: "Nothing contained in Chapter IX can be construed as giving authority to the Organization to intervene inthe domestic affairs of Member States."Y
48. The absence of any legal provision recognizing the competence of the Security Council to concern it- self with this matter brought up by the Liberian dele- gation signifies, therefore, that in taking up this case the Council is manliestly exceeding its functions, thus violating areas of alien jurisdiction-in this case an area of alien jurisdiction which the Council must respect, not only in obeisance to the general rules of international law, but also in conformitywiththe prin- ciple established by the Charter itself, namely, the principle of Article 2, paragraph 7. This principle is over-ridiIig. By the terms of Article 2, paragraph 7, nothing authorizes the Organizationor any ofits organs to intervene in matters essentiallywithinthe domestic jurisdiction of any State.
49. The so-called crisis related by the Liberian representative refers, of course, ta the recent dis- turbance of public order in Luanda, Angola, which occurred without any previous unrest, commotion br demonstration of any sort. In fact, the disturbance involved only small groups of hooligans and hirelings who could not conceivablyrepresentanysegmentofthe population of Luanda, a population whichwas caught by surprise and reacted with general indignation.
50. In allowing that the Council should occupy itself with this matter, are the Council members perchance accepting a new principle to the effect that the main- tenance of public order in cities of sovereignMember States is not essentially within the domestic jurisdic- tion of those States? It certainly would be a revplu- tionary new conception for every State. Such a prece- dent would cause almost unimaginable consequences. For one thing, it would signify that no authority would be recognized to a sovereign State to deal with dis- turbances of public order within its own territory.ln- cidents of public disorder occur In every country rep-
y Officlal Records of the Securlty Councl1, Firth Year, No. 35.
'Y United Nations Conference on International Organization,. P/20.
47. S'il demeurait quelques doutes dans les esprits des membres du Conseil au sujetde la non-compétence du Conseil pour s'occuper de cette question fondée, comme c'est le cas, sur de prétendues violations des droits de l'homme - en admettant même l'existence de ces violations, ce qui est faux en l'occurrence -, il suffirait de rappeler les précisions approuvées à l'unanimité au cours d'une session plénière de la Conférence de San Francisco sur l'Organisation inter- nationale, en 1945, quant à l'interprétation à donner au Chapitre IX de la Charte. Cette décision est ainsi rédigée: "Rien dans le Chapitre IX ne peut être inter- prété comme autorisant l'Organisation à intervenir dans les affaires nationales d'Etats MembresY."
48. L'absence de toute disposition juridique donnant au Conseil compétence pour se saisir de la question présentée par la délégation du Libéria signifie donc qu'en se saisissant de cette affaire le Conseil outre- passe manliestement-Ies fonctions qui lui incombent et par là-même viole le domaine d'une juridiction étrangère - en l'occurrence, un domaine de juridic- tion étrangère que le Conseil doit respecter non seu- lement pour se conformer aux règles générales du droit international, mais encore en vertu du principe établi par la Charte elle-même, savoir le principe énoncé au paragraphe 7 de l'Article 2. Ce principe est intangible. Aux termes des dispositions dudit paragraphe, rien n'autorise l'Organisation ou l'un quelconque de ses organes à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d'un Etat.
49. La prétendue crise dont parle le représentant du Libéria a trait évidemment aux récents troubles de l'ordre public qui se sont produits à Luanda, en Angola, et qui n'ont été précédés d'aucun désordre, d'aucune agitation ni d'aucune manifestation, quels qu'ils soient. En fait, ces troubles ont été l'œuvre de petits groupes de voyous et de mercenaires qu'on ne saurait considérer comme représentant un secteur quelconque de la population de Luanda, population qui, surprise, a réagi en manliestant une indignation unanime.
50. En permettant au Conseil de se saisir de cette question, les membres du Conseil accepteraient-ils un principe nouveau et selon lequel le maintien de l'ordre public dans les villes d'un Etat Membre souverain ne relève plus de la juridiction nationale de cet Etat? Ce serait certainement là une conception
révo~utionnaire nouvelle, quel ciue soit l'Etat en cause. Semblable précédent aurait des conséquences presque inimaginables. En premier lieu, cela équivaudrait à ne reconnaftre en faveur d'un Etat Membre aucune autorité lui permettant d'agir sides troubles de l'ordre public venaient à se produire sur son territoire. Des
1/ PrOCèS-verbaux officlels du Conseil de sécurité, clnqulème année, No 35. y Conférence des Nations Unies sur l'Organisation Internationale, P/20.
52. The primary function of aState is to guarantee the security of its citizens. Thus the State has more than just the right-it has the obligation-to restore public order whenever disorderly or subversive ele- ments criminally disturb it.
53. In the view of my delegation, a view which is faithful to the letter and spirit of the words w:ritten in the Charter, the word "nothing" written in Article 2, paragraph 7, in the context "Nothing contained in the present Charter shall authorize the United Nations to intervene in matters which are essentially within the domestic jurisdiction of any State • .• " means exactly "nothing". Legally, semantically or otherwise, the word "nothing" is one of the few in the vocabulary of any language which has but one meaning, nothing, no matter how hard certain delegations may tryto distort its meaning for political expediency.
54. If nothing in the Charter authorizes the Organi- zation to intervene in this matter, and, again, if nothing in the Charter recognizes the Council jurisdiction on the matter, even on a pretextfalsely invoked, it follows that there is no valid basis whatever.. in the light of international law, for the considerationofthe matter by the Security Council. Logically, then, if the Security Council should insist on following a path of illegality in this case it would, ipso facto, undermine its own authority in doing so.
55. However, even if we leave aside the legal objec- tions to consideration of this subject by the Council, the question'inevitably arises, "Whytheanxïetytopick on Portugal?" How many disturbances of public order leading to loss of life have occurred in recent times throughout the world? On what grounds is it now pro- posed to single out Portugal where, in point of fact, this type of disturbance of public order has occurred more rarely thah in almost any other national of the world? Are we to assume .that aIl members favouring the placing of this item on the Council's agenda will, from now on, whenever disturbances of public order occur in their countries, willingly submit to the con-
siderat~on in this Council of their efforts to maintain law and order intheir nationalterritories ?Ifit is to be done, although illegally. in the case of Portugal, it should then be done in the caseof aU violent disorders against the authority of Member States. Are the mem- bers of this Council, and the Members of the General Assembly as weIl, prepared to accept supervision by the United Nations ovel' the maintenance of public order in their cities, to\;Vns and villages, or, if the Members are not willing to submit themselves to the absurdity of such a notion, is my delegation to assume that it is simply a case of singling out Portugal in the most brazen, discriminatory manner? Would not such an attitude on the part of the Council make a mockery
52. La fonction primordiale de l'Etat est de garantir la sécurité de ses citoyens. L'Etatn'adoncpas seule- ment le droit, il a aussi l'obligation de rétablir l'ordre public chaque fois que des éléments de dé- sordre ou de subversion parviennent à le \troubler.
53. Ma délégation estime - et c'est là une opinion qui traduit fidèlement la lettre et l'esprit des termes mêmes de la Charte - que les mots" aucune dispo- sition" qui figurent au paragraphe 7 de l'Article 2 dans le contexte suivant: "Aucune disposition de la présente Charte n'autorise les Nations Unies à inter- venir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d'un Etat •.." signifient purement et simplement "aucune disposition". Qu'il s'agisse de droit, de sémantique ou de tout autre point de vue, le terme "aucun" est l'un des rares termes du vocabulaire qui, danS quelque langue que ce soit, n'a qu'un seul sens. quoi qu'on y fasse, et quoi qu'essaient de faire certaines délégations pour déformer ce sens à des fins d'opportunisme politique.
54. Si aucune disposition de la Charte n'autorise l'Organisation à intervenir dans cette affaire et si, en outre, aucune disposition de la Charte ne recon- naft la compétence du Conseil en l'affaire, même sous un prétexte invoqué à faux, il s'ensuit qu'il n'existe en droit international aucune base valable pour que le Conseil se saisisse de l'affaire. Si donc le Conseil de sécurité persistait dans la voie de l'illégalité dans ce cas, il s'ensuivrait logiquement, ipso facto, qu'il saperait sa propre autorité.
55. Toutefois, si l'on néglige les objections d'ordre juridique qui s'opposent à ce que le Conseil examine cette question, on sera amené inévitablement à se demander: "Pourquoi s'acharner avec insistance sur le P.ortugal? " Combien de fois des troubles de l'ordre public ayant entrafué des pertes de vies humaines se sont-ils produits dans le monde au cours de ces dernières années? Pour queUes raisons se pro- pose-t-on maintenant de faire une exception pour le Portugal, pays dans lequel, enfait. ce genre de troubles de l'ordre public s'est produit plus rarement. dans la pratique, que dans presque tous les autres pays du monde? Faut-il en déduire que tous les membres du Conseil qui sont maintenant disposés à inscrire cette question à l'ordre du jour soumèttront spontanément à l'examen du Conseil, chaque fois que des troubles se produiront dans leur pays, les efforts qu'ils dé- ploieront pour maintenir l'ordre public sur leur territoire national? Si l'on en vient là, au mépris de la légalité. dans le cas du Portugal, il faudra en venir là aussi chaque fois que se produiront des désordres violents contre l'autorité des Etats Membres. Les membres du Conseil, et aussi les membres de l'Assemblée générale. sont-ils disposéS à accepter que la' surveillance de l'ONU s'exerce sur le maintien de l'ordre public dans leurs cités, dans leurs villes et dans leurs villages ou. s'ils refusent de se sou-
56. Let us now look into the absurdity ofthe premise which, on its owncontention, led the Liberian delegation to propose this item. In his bizarre statement before the Security Council on 15 February the Liberian representative, in a desperate searchfor arguments to justüy his motion, went as far as to quote what he caUed one of Shakespeare's mostmemorablephrases, to wit, "Out of this nettle, danger, we pluck this flower safety".
57. The Liberian representative, in his literary prowl to engage Shakespeare as an ally in an unprovoked attack on my country, has brought forth a new dimen- sion to this debate. Thus, to sober his thoughts on the matter, l shall offer him in return another memorable quotation, although not from Shakespeare: "Oh,what a tangled web we weave, when first we practise to
deceive~"
58. l am sorry that l have ta bring flowery literary quotations to the fore,. as the Liberian representative did on 15 February, but l havedoneso deliberately, to show, as it were, how preposterous a debate in the United Nations can become when representatives, like the representative of Liberia and afew others, toss the principles and the facts out of the window in order to concentrate on deception by words.
59. To our knowledge Portugal does not nowhave any dispute with Liberia, or Liberiawith Portugal, nor has there been any such dispute in the pasto The Portu- guese GovernmeIit has never received any note from the Liberian Government about any dispute invol\ri..ng our two countries. And it is, of course, inadmissible that Liberia should bestowuponitselfthetaskof inter- fering with the regular functions of the Portuguese police in Portuguese territory. Yet the statement by the representative of Liberia that the crisis cannot be long postponed is not, in his mind, open to doubt may l'aise doubts as to whether the Liberian representative has inside knowledge of an international plot to carry anarchy ta Portuguese territory.
60. The absurdity of the inscription of this item can be seen in its proper perspective if one looks hones~y at the incidents in Luanda, of which,outof courtesy to the Security Council, l shall in due course give a clarüying account. What the Luanda police force did then is exactly what the police of any other city or country would have or shouldhave done-that is, defend the population of the city, ofbothAfricanand European extraction, against the forays ofthe foreign-led crimi- naIs and arrest the assassins ofthe police officers and
57. Le rep:résentant duLibéria, appelant la littérature à son secours pour faire de Shakespeare son allié dans une attaque gratuite contre mon pays, a porté ce débat sur un plan des plus élevés. Aussi, pour le ramener à plus de réalisme en la matière, je me permettrai de citer en échange une autre phrase mémorable, sans pour autant être de Shakespeare, et que voici: "Oh quel enchevêtrement devient le tissu, quand la trame est de mensonges!"
58. .Je regrette d'en être réduit à recourir à des citations littéraires fleuries, comme le représentant du Libéria l'a fait le 15 février, mais j'ai agi ainsi de propos délibéré pour montrer, en quelque sorte, à quel degré çle ridicule peut atteindre un débat au sein de l'Organisation des Nations Unies lorsque certains représentants, comme le représentant du Libéria et quelques autres, font fi des principes et des faits et ne cherchent qu'à tromper en jouant sur les mots. 59. A notre connaissance, le Portugal n'a, à l'heure actuelle, aucun sujet de litige avec le Libéria, ni le Libéria avec le Portugal, et dans le passé il n'y a jamais eu non plus de düférend entre ces deux pays. Le Gouvernement portugais n'a jamais reçu aucune note du Gouvernement du Libéria au sujet d'un diffé- rend quelconque entre ces deux pays. Il est évidem- ment inadmissible que le Libéria s'arroge le droit d'intervenir dans les fonctions régulières de la police portugaise en territoire portugais. Cependant la déclaration du représentant du Libéria selon la- quelle, à son avis, il ne fait aucun doute que cette crise ne pourra pas être longtemps retardée semble- rait nous autoriser à nous demander si le représen- tant du Libéria n'a pas secrètement connaissance d'un complot international tendant à semer l'anarchie sur le territoire portugais.
60. On peut se faire une idée exacte de l'absurdité que constitue l'inscription de cette question à l'ordre du jour si l'on considère objectivement les incidents survenus à Luanda, dont je donnerai entemps opportun un compte rendu explicatü, par courtoisie envers le Conseil de sécurité. Ce que la police de Luanda a fait alors, c'est exactement ce qu'aurait fait ou aurait dtl faire la police de toute autre ville ou de tout autre pays, c'est-à-dire défendre la population de la ville, tant de souche africaine que de souche européenne,
61. To complete the absurdity, we have this clear-cut case of the maintenance of public order in a sovereign State being brought up before the Security Council by the Government of Liberia. There was a situation in- deed, but a situation which is exclusively within the competence and responsibility of the nationalauthori- ties of a sovereign State-in this case, of the Portu- guese authorities at Luanda. It would only become a dangerous situation-and then mostly for the 10CEl! population-if the security forces were not able to cope with the criminals or if, by some distorted notion of right and wrong, anarchy and murder were permitted to flourish.
62. The Liberian representative can rest assured that in internaI matters of the maintenance of public order in the Portuguese nation wedonotneed his con- cern nor do we tolerate the interference of his Govern- ment or of any international group or body.
63. One may wonder whether this rather clumsy ex- ploitation of the recent Luanda incidents is a kind of test for future intervention by the United Nations in every disturbance of public order in any country. It certainly would establish three dramatic precedents: first, that the letter and spirit of the Charter-any Chapter of the Charter, for that matter-can be suc- cessfully violated so long as the violation is carried out, truly or falsely, in the name of some popular notion shared by the majority of the Security Council or of the General Assembly, as the case may be; secondly, that all internaI matters of sovereign Mem- ber States become international disputes if they run ' against the doctrinaire beliefs or if they happen to con- form to the particular dislikes or special idiosyn- cracies of other States; and, thirdly, that the appre- hension or repression of any common criminal who shoots a policeman in cold blood or fires on a peaceful citizen anywhere, at any time, maybecome an item for discussion in the Security Council, if the criminal in question has a friend who will introduce him to this august body as a patriote
61. Et, pour mettre le comble à l'absurde, ce cas précis de maintien de l'ordre public dans un Etat souverain est maintenant soumis au Conseil de sécu- rité par le Gouvernement du Libéria. On était, il est vrai, en présence d'une situation difficile, mais celle- ci relevait exclusivement de la compétence et de la responsabilité des autorités nationales d'un Etat souverain - en l'occurrence les autorités portugaises de Luanda. Cette sitUation n'aurait pu devenir dange- reuse - surtout pour la population locale - que si les forces de sécurité n'avaient pas été en mesure de faire face aux criminels ou si, s'appuyant sur des notions faussées du bien et du mal, on avait permis à l'anarchie et au meurtre de s'épanouir.
62. Le représentant du Libéria peut être assuré qu'en matière de politique intérieure, et en particulier lorsqu'il s'agit du maintien de l'ordre public au sein de la nation portugaise, nous n'avons nullement be- soin de ses soins et nous ne tolérons aucune ingé- rence de son gouvernement ni d'aucun groupe ou organisme international.
63. On peut se demander si cette exploitation plutÔt maladroite des récents incidents de Luanda n'est pas une sorte d'épreuve en vue des interventions futures de l'Organisation des Nations Unies dans tous les cas de troubles de l'ordre public survenant dans n'importe quel pays. Cela créerait assurément trois précédents sérieux: d'abord, la lettre etl'espritde la Charte - et par là même de tout chapitre de la Charte - pourraient ainsi être impunément violés pourvu que cette violation soit commise, à tort ou à raison, au nom de certaines idées en vogue, partagées par la majorité des membres du Conseil de sécurité ou de l'Assemblée générale, selon les cas; ensuite, toutes les affaires intérieures des Etats Membres souverains deviendraient des différends internationaux si elles allaient à l'encontre des idéologies ou pour peu qu'elles fussent conformes aux antipathies ou aux théories particulières des autres Etats; et enfin l'arrestation ou le châtiment de tout criminel de droit commun qui abat de sang- froid un policier ou tire sur un cItoyen paisible n'importe oü, n'importe quand, pourraient faire l'ob- jet d'un examen au Conseil de sécurité pour peu que le criminel en question ait un ami qui le présente comme patriote à cet auguste organisme.
65. It is ironic that the Liberian representative' s letter to the Presidentofthe Security Council, formally requesting t.~e inscription of this item, invokes the pretext of preventing "further deterioration and abuse of human rights and privileges in Angola". Parenthe- tically, it might be mentioned again that abuses of human rights, if they did exist-and this is not the case in the Portuguese nation-would not be within the competence of the Security Council. Yetmydelegation is not concerned with that, and for two self-evident reasons: First, only the most malevolent or blind opinion can connect the incidents of Luanda with any violation of human rights. Secondly, in the Portuguese multi-racial society, in which by law, tradition and application there is no colour or religious bar, human rights are at the very foundation of our political and social structure. It is, l repeat, ironic thatthe repre- sentative of Liberia should be the one flippantlyto in- voke human rights in his letter to the President of the Security Council, for he represents a nation which by constitutional law and practice imposes clear-cut racial discrimination; only persons ofAfricandescent may acquire Liberiancitizenship and only citizens may own real estate. l mention this only because, in his statement to this Council on 15 February, the Liberian representative referred to Portuguese constitutional provisions and questioned them, and again, inhis letter to the President of the Security Council, the same representative gratuitously refers to what he calls IIdeterioration and abuse of human rights and privi- leges" in a province of Portugal.
66. The moti.c-n of the Liberian delegation saddened and s·:.lrpriseü us. But the support lent to that motion by the Soviet delegaÜon did not surprise us at alla Everyone here knows that what is good for chaos out- side the Soviet empire is good enough for the Soviet Union. The Soviet representative mentioned this morn- ing about half a dozen names of alleged victims of the Portuguese authorities in Angola. Now, if l were to recite to the Security Council the names of all the victims of Soviet tyranny and atrocities, it would take such a long time that. babies born today would have white hair before l had finished the liste
67. Out of considerations of courtesy to the members of the Security Council-and even beyond such con- siderations-I shall give the Council a description of the incidents which took place in Luanda. But l must stress.in advance that this does not constitute an ex- planation on our part, an explanation which, per se, would be inappropriate, given the purely internaI
65. Il y a une certaine ironie da..s le fait que, dans la lettre qu'il a adressée au Président du Conseil de sécurité pour demander formellement que cette ques- tion soit ins-.-rite à l'ordre du jour, le représentant du Libéria invoque comme prétexte qU'il s'agit "d'empêcher que les droits de l'homme continuent à être violés en Angola". Entre parenthèses, on pourrait à nouveau rappeler que les violations des droits de l'homme, en admettant qu'il y en ait eu - et ce n'est pas le cas en ce qui concerne la nation portugaise -, ne relèveraient pas de la compétence du Conseil de sécurité. Toutefois, ce n'est pas ce qui préoccupe ma délégation, et ce pour deux raisons manifestes: d'abord parce que seule une opinion malveillante ou mal informée peut rattacher les inCidents de Luanàa à une violation quelconque des droits de l'homme; ensuite parce qu'au sein de la société portugaise composée de plusieurs races, et dans laquelle il n'existe, ni en droit, ni par tradition, ni dans la pratique, de discrimination fondée sur la race ou sur la religion, les droits de l'homme sont la base même de notre structure politique et sociale. Il y a, je le répète, une certaine ironie dans le fait que ce soit le représentant du Libéria qui invoque à la légère les droits de l'homme dans sa lettre au Président du Conseil de sécurité, alors qu'il repré- sente une nation qui, en droit constitutionnel et dans la pratique, impose une discrimination raciale flagrante puisque seules les personnes de souche africaine peuvent prendre la nationalité libérienne et seuls les citoyens du Libéria peuvent posséder des terres. Si je mentionne ces faits, c'est parce que. dans son exposé devant le Conseil, le 15 février, le représentant du Libéria a fait allusion aux disposi- tions constitutionnelles du Portugal et en a mis en doute la valeur, et parce que de nouveau, dans la lettre qu'il a adressée au Président du Conseil de sécurité, ce même représentant a gratuitement parlé d'empêcher "que les droits de l'homme continuent à être violés" dans une province du Portugal.
66. La motion de la délégation du Libéria nous a attristés et nous a surpris. En revanche, l'appui donné à cette motion par la délégation soviétique ne nous a nullement surpris. Chacun sait ici que tout ce qui favorise le chaos à l'extérieur de l'empire soviétique est toujours bon pour l'URSS.· Le repré- sentant de l'Union soviétique a mentionné ce matin environ une demi-douzaine de noms de prétendues victimes des autorités portugaises en Angola. Or, si je voulais réciter au Conseil de sécurité les noms de toutes les victimes de la tyrannie et des atrocités soviétiques, il me faudrait si longtemps que les bébés qui naissent aujourd'hui aura~ent déjà des cheveux blancs avant que j'eusse épuisé la liste.
67. Par courtoisie pour les membres du Conseil de sécurité - et même indépendamment de considéra- tions de ce genre - je me propose de donner au Conseil une description des incidents qui se sont produits ~ Luanda. Toutefois, je dois souligner d~s maintenant que cet exposé ne constitue pas une ex- plication de notre part, explication qui en soi serait
68. These efforts by the parties to which l refer are dictated by their failure in denting the wall of resis- tance which the solidarity of the Portuguese people, of all races, offers to attempts of subversionfrom the outside. It also becomes imperative to bring forth exact knowledge of the events because, apart from the bearing it has on our contentionthat inscriptionof this item was illegal, public opinion has bee!). misIed by a segment of the international Press, including widely read newspapers and magazines in the United states, which have grossly distorted the events and misrepre- sented their signliicance.
69. During the night from 3 to 4 February 1961, at 2.30 a.m., in the city of Luanda-where, as in the rest of Angola, there had been no previous unrest or com- motion of any sort, where llie was going on with the usual tranquillity-a few gangs of men armed with katanas, pistols and tommy guns, in a simultaneous action, attacked the house of military detention, the civil prison of St. Paul, for common criminals, and a station of police of public security, which is the uni- formed police, or more simply, the citypolice. Taking advantage of the night and of the fact that no special security measures had been taken, because there was complete calm and tranquillity in Luanda, calm which persists now after the incidents, the assailants were able to kill the sentries at the police station and at the civil prison of St. Paul. Then they launched attacks on the three buildings. The alarm was sounded and a fight ensued. As a result, apart from the sentries killed by the assailants, several agents of the city police and military police were gravely wounded and are still hospitalized. AmLng the criticallywounded, there were three Portuguese police officers of African race.
70. In the meantime, one of the gangs attackeda jeep belonging to the police, on a routine patrol, and killed its four occupants, mie of them of African race. The bodies of the four police officers were savegelymuti- lated by the assailants. At approximately the same time a police officer on .his regular night beat, near the radio broadcasting station, was murdered byone ofthe gangs and another policeman was wounded in the sarne place. Incidentally, l have in my possession a dossier containing pictures relating to these crimes.
71. In the assault on the house ofmilitarydetention- which the assailants expected to be more strongly guarded than the civil prison or the police station-the gang used mainly tommy guns. The evidence is still quite clear in the walls of the building. Thanks to the quick and courageous soldiers of the guard, and par- ticularly to the bravery of one of them who, though
68. Les efforts déployés par les parties en question sont partiellement dus au fait qu'elles n'ontpas réussi à ébranler le mur inébranlable de résistance que la solidarité du peu?le portugais de toutes races a opposé aux tentatives QG subversion venant de l'extérieur. D'autre part, il est aussi indispensable maintenant de faire connaître exactement ce qu'ont été les évé- nements en question, car, même en dehors des consé- quences que cela peut avoir sur notre thèse, selon laquelle l'inscription de cette question à l'ordre du jour est illégale, l'opinion publique a été induite en erreur par un secteur de la presse internationale, notamment par des journauxetdes revues à fort tirage des Etats-Unis, qui ont grossièrement déformé les faits et donné une idée inexacte de leur importance.
69. Dans la nuit du 3 au 4 février 1961, à 2 h 30 du matin, dans laville de Luanda - oil. pas plus qu'ailleurs en. Angola il n'y avait eu jusque-là de troubles ou d'agitations d'aucune sorte, oil. la vie s'écoulait dans l'atmosphère de tranquillité habituelle -, quelques bandes d'hommes armés de catanas, de pistolets etde mitraillettes, et agissant conjointement, ont attaqué l'établissement de détention militaire, laprisoncivile de Saint-Paul, réservée aux criminels de droit com- mun, et un poste de police de la sécurité publique, police composée d'agents en uniforme et plus com- munément appelée police municipale. Mettant à profit la nuit et le fait qu'aucune mesure de sécurité spé- ciale n'avait été prise puisqu'uncalme completrégnait à Luanda - calme qui persiste maintenant après les incidents -, les assaillants ont réussi à tuer les sentinelles du poste de police et de la prison civile de Saint-Paul. Ils ont ensuite lancé différentes attaques sur les trois bâtiments. L'alarme a été donnée et un combat s'est engagé. A la suite de ce combat, en plus des sentinelles tuées par les assaillants, plusieurs agents de la police municipale et de lapolice militaire ont été grièvement blessés et sont toujours en traite- ment dans les hôpitaux. Parmi les personnes griève- ment blessées, on compte trois agents de police portugais de race africaine.
70. Dans l'intervalle, l'une des bandes a attaqué une jeep de la police qui faisait une patrouille normale, et a tué les quatre occupants, dont l'un était de race africaine. Les corps des quatre agents de police ont été sauvagement mutilés par les assaillants. Vers la même heure, un agent de police qui effectuaitsa ronde de nuit normale à proximité de la station de radio- diffusion a été assassin,é par l'une des bandes, tandis qu'un autre agent était blessé au même endroit. Je tiens à dire, en passant, que j'ai avec moi un dossier contenant des photos relatives à ces crimes.
71. Au cours de l'attaque lancée contre l'établisse- ment de détention militaire - dont les ass!lillants pensaient qu'il était plus fortement défendu que la prison civile ou le poste de police - la bande s'est servie principalement de mitraillettes. La preuve en est encore parfaitement visible sur les murs du bâti- ment. Grâce à la promptitude et au courage des soldats
72. Due to the rapidity of the assults and to the fact that the criminals fled as the police and soldiers entered into action to repel the assailants, the task of capturing immediately the responsible ones became difficult; and yet it was possible to do so with con- siderable speed, thanks to the spontaneous co-opera- tion of the population of African race who furnished the leads and the assistance which led to the capture of a large number of culprits. This spontaneous reaction of the peaceful population of Luanda shows unmis- takably their feelings of repulse for the criminals who had fled and for. the murders they had committed. The criminals also shot down eight innocent bystanders, aU of them of African race, and perpetuated violence against others who refused to join them.
73. On 5 February nearly 50,000persons-Portuguese of both European and Atrican origin-accompaniedthe funeral procession for the victims of the assailants. It was an eloquent demonstration of revulsion for the murders committed by the gangs of bandits, ademon- stration witnessed by many foreign correspondents who were then at Luanda. Ar.'\ong the mourners, mal'ching along with the procession, and, as it is customary in Angola, absolutely 'without any armed escort or bodyguard, there were the Governo.r-General of the province and aU the Government and civic leaders of the city. During the burial ceremony at the cemetery, several shots were fired by agitators hiding in a saw miU near the cemetery. As a result, women and children-in large numbers among the crowd- were understandably seized by panic and it became difficult for the police to restore calm immediately, on account of the many thousands ofpeople crowded in a small area. Thus groups of civilians, bothblack and white, and l stress this point because it is the truth, became excited and attacked the agitators who had fired on the crowd. Before the police could restore order, five of these assailants were killed and several wounded by the civilians, whose reaction when fired upon by the cowardly assailants is understandable. But, l repeat, the police were able to restore order; other- wise it could have been worse.
74. The statements made by the criminals arrested- sorne of the gang leaders among them have been identi- fied-and also the laboratory tests on the prisoners proved, with01.lt the shadow of a doubt, that the great majority of the assailants, before they set out on their rampage, had beengivenintoxicatingdrinks and stimu-
72. En raison de la rapidité des attaques et du fait que les assaillants se sont enfuis lorsque la police et les soldats sont entrés en action pour les repousser, il a été difficile de capturer immédiatement les crimi- nels responsables; cependant, ils ont été pris très rapidement grâce au concours spontané de la population de race africaine, qui a fourni les indications et apporté l'assistance qui ont permis de capturer un grand nombre de coupables. Cette réaction spontanée de la population pacifique de Luanda révèle indiscutablement les sentiments de rêpulsion qu'elle éprouvait envers les cri.minels qui s'étaient enfuis et en présence des meurtres que ceux-ci avaient commis. Ces criminels ont aussi abattu huit passants innocents, tous de race noire, et ont poursuivi leurs violences contre ceux qui refusaient de se joindre ~ eux.
73. Le 5 février, près de 50 000 personnes - des Portugais d'origine européenne et d'origine afri- caine - ont formé le cortège funèbre des victimes des assaillants. Ce fut a une preuve éloquente de l'indignation soulevée par les meurtres perpétrés par ces bandes de bandits, preuve qu'ont pu voir un grand nombre de correspondants de presse étrangers qui se trouvaient alors ~ Luanda. Parmi ceux qui suivaient cette procession se trouvaient, sans aucune escorte armée ni garde du corps, comme il est d'usage en Angola, le Gouverneur général de la province et tous les chefs civils et administratifs de la ville. Pendant la cérémonie qui se déroulait au cimetière, plusieurs coups de feu ont été tirés par des agitateurs qui se cachaient dans une scierie voisine. Ces coups de feu ont évidemment semé la panique parmi les femmes et les enfants qui étaient nombreux dans la foule, et il s'est révélé très difficile pour la poUce de rétablir le calme immêdiatemént étant donné les milliers de personnes qui se pressaient sur un faible espace. Les groupes de civils, aussi. bien les blancs que les noirs - et je tiens à souligner ce fait, car il exprime la vérité -, se sont laissés aller à leur colère et ont attaqué les agitateurs qui avaient tiré sur la foule. Avant que la police ait pu rétablir l'ordre, cinq des assaillants avaient été tués et IJlusieurs blessés par les civils, dont la réaction se conçoit aisément puisqu'ils avaient essuyé le feu de lâches attaquants. Mais, je le répète, la police a pu rétablir l'ordre, faute de quoi l'incident aurait pu être plus grave.
74. Les déclarations faites par les criminels qui ont été arrêtés - et parmi lesquels on a identifié des meneurs -, ainsi que les tests auxquels on a procédé en laboratoire sur les prisonniers, ont démontré, sans que le moindre doute puisse subsister, que l'on avait donné aux assaillants, avant de les pousser ~ leurs
75. In the statements by the criminals arrested there are frequent references to "foreignAfricans", and one of the leaders was referred to by the others as "the Congolese". The active participation of a few white men is also revealed by the prisoners. According to their statement, one ofthesewhite men spoke a foreign language Incomprehensible to the prisoners who re- ceived orders directly from their gang leaders. One of these gang leaders, wounded and captured during the assault on the house of military detention, revealed in his sworn statement the presence of these white men in the organization which prepared the assaults. It is interesting to note that, in conformity with the usual technique of agitators, the white men and others who planned the assaults were notpresentwhen the assaults took place, thus leaving their recruits to their fate once the acts of terrorism had been committed.
76. Obviously, the organizers knew that the acts of terrorism would not find any favourable climate on the part of the population of Luanda, blackorwhite. These terrorists are only interested in causing any kind of disturbance of public order so as to create an appear- ance of rebellion with political undertones, which then would be explored-as these incidents were-by those international subversive forces which are at war with Portugal, for the very simple reason that peace and harmony reign in the Portuguese nation, whether in Europe or in Africa; peace and harmony beingthe two most formidable obstacles to the external forces en- gaged in bringing subversion to my country. These terrorist instigators, planners and actual leaders of the assaults are the culprits responsible for the crimes committed and for the lives lost in Luanda both among police officers and soldiers, innocent bystanders and assailants.
77. The thorough investigations being carried out have already led ta the arrest of three white men; the responsibility of one of them in the organization of the assault has been proved definitely. He is a European of low moral calibre and also a communist follower.
75. Dans les déclarations des criminels arrêtés, il est fait fréquemment mention "d'Africains étrangers" et les meneurs parlaient de l'ilUd'entreeuxen l'appe- lant "le Congolais". Les prisonniers ont révélé aussi que quelques blancs avaient pris une part active aux événements. D'après leurs déclarations, l'un de ces blancs parlait une langue étrangère incompréhensible des prisonniers qui recevaient leurs ordres directe- ment de leul'"s chefs de bande. L'un de ces chefs de bande, blessé et capturé pendant l'assaut contre la prison militaire, a révélé, dans la déclaration qu'il a faite sous serment, la présence de blancs au sein de l'organisation qui avait préparé les at~aques. TI n'est pas sans intérêt de noter que, conformément à la pratique habituellement suivie par les agitateurs, les blancs et les autres personnes qui avaient dressé les plans d'attaque n'étaient pas présents au moment oil les attaques ont eu lieu et qu'une fois commis les actes de terrorisme ils ont abandonné leurs recrues à leur sort.
76. il est évident que les organisateurs savaient que les actes de terrorisme ne trouveraient pas un climat favorable auprès de la population de Luanda, aussi bien de race noire que de raceblanche. Ces terroristes ne tenaient qu'à troubler l'ordre public, d'une manière ou d'une autre, pour créer une apparence de rébellion teintée de nuance politique, et pour que cette situation puisse être exploitée - comme l'ont été ces inci- dents - par les forces subversives internationales. Celles-ci sont en effet enguerre avec le Portugal pour la raison très simple que la paix etl'he.rmont.e règnent au sein de la nation portugaise, que ce SOif (il ":urope ou en Afrique; la paix et l'harmonie étaL .es daux obstacles les plus redoutables qui se dressent devant les forces extérieures cherchant à introduire la subversion dans mon pays. Cés instigateurs de terro- risme, ceux qui ont dressé les plans d'attaque et ceux qui ont dirigé les attaques elles-mêmes sont les coupables responsables des crimes qui ont été commis et des pertes de vies humaines survenues à Luanda, tant parmi les agents de la police et les soldats que parmi les passants innocents et les assaillants.
77. Les enquêtes minutieuses qui sont en cours ont déjà permis d'arrêter trois blancs; la responsabilité de l'un d'eux en ce qui concerne l'organisation de l'attaque a été établie irréfutablement; il s'agit d'un Européen de valeur morale médiocre et d'un sympa- thisant communiste.
79. The perfect technique of the terrorist agitators, for which there are special schools in certam countries of the world, is demonstrated by the fact that the pis- tols and tommy guns captured hadtheir seriaI numbers expertly erased to make it difficult to identifythe im- mediate origin of the weapons, although no great imagination will be required to make a good guess.
80. At the last meetingthe Soviet representative him- self revealed th~t the Communist agitator named An- drade, had requested the support of the Soviet Union; but he did not give us the answer to that request.
81. Furthermore, an internationalorganizationknown as DRIL, which openly declares itself responsible for the organization of acts of terrorism and subversion directed against the Portuguese nation, is connected with the events in Luanda. We have ample proof of that, and individuals admittedly connected with DRIL have recently brought up that connexion in print in the international Press, with the excuse that this inter- national communist-controlled organization, DRIL, was assisting their efforts to overthrowthe Portuguese Government.
82. The attitude of the entire population of Angola- the population of both races-shows unmistakably that these terrorist efforts succeeded only, to their com- plete surprise, in disrupting public order for a very short time. The regular securityforceswere more than competent to restore the tranquillity and public order which prevailed before and which continues to prevail now in Luanda.
83. It is deplorable that certain Governments should attempt to lend to the common criminals of the Luanda incidents-criminals led by terrorist agitators-the aureole of rebels. Genuine rebels are supposed to be in favour of something. In this case, rebels in favour of what? In favour of the murder ofpoliceofficers, black and white, and of innocentbystanders, black andwhite? In favour of a reignofterrorismamongthe population, with the strings being pulled by some far-off inter- national communist organization? In our book, those are not rebels; they are commoncriminals and will be treated as such. The absolute solidarity ofthepopula- tion of Luanda, of both European and African races, against these bandits and their leaders is the ultimate proof, if proof were needed, that the apprehension of a
79. La technique parfaite des agitateurs terroristes,
~ l'intention desquels des écoles spéciales existent dans certains pays du monde, est mise en évidence par le fait que les numéros de série des pistolets et des mitraillettes saisis avaient été effacés par des mains expertes, afin de rendre difficile l'identi- fication immédiate de l'origine des armes, bien qu'il ne soit pas nécessaire de faire un grand effort d'imagination pour deviner juste.
80. A la derni~re séance, le représentant de l'Union soviétique lui-même a révélé que l'agitateur commu- niste Andrade avait demandé l'appui de l'Union so- viétique; toutefois il n'a pas indiqué quelle réponse avait été faite ~ cette demande.
81. En outre, une organisation internationale connue sous le nom de DRIL, qui revendique ouvertement la responsabilité d'avoir organisé les actes de terro- risme et de subversion commis contre la nation portugaise, n'est pas étrang~re aux événements de Luanda. Nous en avons amplement la preuve et des individus notoirement associés aux activités du DRIL ont récemment fait état de cette association, noir sur blanc, dans la presse internationale, en expliquantque le DRIL, organisation internationale sous contrôle communiste, leur donnait son appui dans les efforts qu'ils déployaient pour renverser le Gouvernement portugais.
82. L'attitude de la population tout enti~re de l'An- gola, qu'il s'agisse de l'une ou l'autre race, prouve irréfutablement que ces tentatives terroristes n'ont réussi, ~ la surprise compl~te de leurs auteurs, qu'~ troubler l'ordre public pendant unebr~vepériode.Les forces de sécurité réguli~res ont été plus que com- pétentes pour rétablir la paix et l'ordre public qui régnaient avant ces incidents et qui continuent ~ régner maintenant ~ Luanda.
83. TI est déplorable que certains gouvernements cherchent ~ décerner aux criminels de droit commun responsables des incidents de Luanda - criminels qui avaient pour chefs des agitateurs terroristes - l'auréole de rebelles. Les rebelles véritables sont censés se révolter pour obtenir quelque chose. Dans ce cas présent, que veulent ces rebelles? Veulent-ils l'assassinat d'agents de police blancs ou noirs et de passants innocents, blancs ou noirs? Veulent-ils que le terrorisme r~gne parmi la population. dirigé ~ distance par quelque lointaine organisation com- muniste internationale? Selon nous. il ne s"agit pas
l~ de rebelles; il s'agit de criminels de droit commun qui seront traités comme tels. La solidarité absolue dont la population de Luanda. de race européenne ou de
84. Mantlestly, the international "agents provoca- teurs" have replaced truth with falsehood in a vain at"'f tempt to disrupt the peace and racial harmony which exist in every Portuguese territory.
85. It is alsotobedeploredthatsomeof the reporters who were in Luanda at the time did not hesitate, in their thirst for sensationalism, to invent, l repeat in- vent, episodes which had never taken place, with the aim, presumably, of rendering their accounts more exciting than those of the many honest reporters also present. Some of these fictitious dispatches were so fantastic that the employees at the telegraph office at Luanda, who had witnessed the incidents just as the reports had, could not believe their eyes. l have here copies of some of these almost incredible dispatches.
86. For example, after the incident, already des- cribed, which took place on 5 February 1961, during the funeral of the victims ofthe assaults by the bandits in the early morning of 4 February, a few of these enterprising reporters composed dispatches for their papers stating that they had seen and heard the ar- moured cars of the police machine-gunning the popu- lace for hours throughout the night. The Sovietrepre- sentative also mentioned that today. It is onlypertinent for me to clarüy the fact thatthe Luanda police do not possess any armoured cars whatsoever, and no mechanized military unit ever left its barracks. At any rate, the same gory dispatch, describingthe armoured cars of the police machine-gunning the populace for hours throughout the night concludes withthe informa- tion that, this action resulted in the death of five persons. The very wording ofthese dispatches reveals the absurdity of the contents. Needless to add, the honest reporters who were then at Luanda never saw or mentioned auy such happenings.
87. Another eloquent example was the attemptby other foreign reporters tofabricate photographie evidence of racial strüe among children of both races in a gram- mar school in Luanda. To this end, the solicitous re- porters organized at the school a soccer game between two teams of children, in the course of which, at the urging of the reporters, black and white children en- gaged in fist fights for the benefit of the camera. The only reason why these photographs did not appear in international magazines was the lucky accident that, when the parents arrived at the schooltopick up their children, the reporters andphotographer were aboutto finish their dirty work. The parents caught on to the trick, destroyed the film and camera and chased away the producers of the show, whofledwithout shame. The parents were, of course, of both races. Actually, the only thing that these dishonest reporters accomplished was to prove to themselves the fact which everyone should know by this time-the fact thatblack and white children sit together in the same classes, by al-
85. il faut déplorer aussi que certains journalistes qui se trouvaient ~ Luanda ~ l'époque n'aient pas hésité, dans leur soif du sensationnel, ~ inventer - je dis bien inventer - des épisodes qui ne se sont jamais produits et ce, probablement, pour rendre la lecture de leur récit plus passionnante que celle des articles des nombreux journalistes -honnêtes qui se trouvaient aussi sur place. Certaines de ces dépêches atteignaient un tel degré de fantaisie que les employés du bureau de télégraphe de Luanda qui avaient w les incidents aussi bien que les journalistes n'en pouvaient croire leurs yeux. J'ai ici la copie de quelques-unes de ces dépêches presque incroyables.
86. C'est ainsi que, après l'incident déjà décrit qui s'est produit le 5 février 1961 pendant les funérailles des victimes des attaques lancées par les bandits tôt dans la matinée du 4 février, certains de ces jour- nalistes zélés ont composé pour leurs journaux des dépêches déclarant qu'ils avaient w et entendu les véhicules blindés de la police mitraillant la foule pendant des heures au cours de la nuit. Le représen- tant soviétique a fait également état de ce fait au- jourd'hui. il n'est que juste de préciser que la police de Luanda n'est dotée d'aucun véhicule blindé quel qu'il soit, et qu'aucune unité mécanisée de l'armée n'est sortie de ses cantonnements. Quoi qu'il en soit, cette même dépêche décrivant l'horreur sanglante des véhicules blindés de la police, mitraillant la population pendant des heures au cours de la nuit, conclut en indiquant que les conséquences de cette action massive sont la mort de cinq personnes. Le libellé même de ces dépêches démontre l'absurdité de leur teneur. il est inutile d'ajouter que les journa- listes honnêtes qui se trouvaient alors ~ Luanda n'ont jamais assisté à des événements de ce genre et n'en ont jamais fait état.
87. il convient de citer, ~ titre d'exemple éloquent, la tentative de certains journalistes étrangers qui ont cherché ~ créer de toutes pi~ces la preuve photo- graphique de luttes raciales entre enfants de races différentes dans une école de Luanda. Pour ce faire, ces journalistes ont organisé ~ l'école une partie de football entre deux équipes d'enfants, partie au cours de laquelle, ~ l'instigation des journalistes, les en- fants blancs et les enfants noirs se sont livré bataille
~ coups de poings devant la caméra. L'unique raison pour laquelle les photographies ainsi prîses n'ont pas paru dans les rewes internationales est due ~ l'arri- vée opportune des parents, venus ~ l'école pour y chercher leurs enfants, au moment oil les journalistes et le photographe allaient finir leur triste besogne. Les parents se sont rendu compte de la supercherie, ont détruit le film et l'appareil photographique et ont mis en fuite les organisateurs du spectacle qui sont partis sans la moindre honte. Les parents étaient évidemment les uns de race noire, les autres de race
88. However, considering the character of the anti- Portuguese campaignabroad, itwouldnotbe surprising if the suppression of these malevolent pictures of fabricated situations was presented inthe international Press as an exarnple of curtailing the freedom of in- formation.
89. In the view of my delegation, itis most important to stress the nature of these facts-of which 1 could give many examples-in order to realize how world public opinion is geared at times to entirelyfalse con- ceptions, and how falsely guided public opinion canin- fluence the acts of Governments which may base their cases on evidence or information of the sort which 1 have described.
90. The behaviour of some dishonest reporters- sensation-seekers, if you prefer-which became im- mediately apparent in Luanda, because theywere quite obnoxious and open with their tricks, did cause a great deal of animosity on the part of the population against foreign corresPondents, many of. whom, 1 must say, maintained a correct attitude. These circumstances led the authorities to take aU precautions to protect the correspondents, providing aIl ofthemw:ith identifi- cation documents in Portuguese requestingfor them the necessaty facilities and support in the fulfilment of their news-gathering mission. The Luanda authorities protected and granted aU facilities to proper newsmen even when their points of view and reports were cri- tical of Portugal.
91. The acts of a few of the foreign correspondents who were in Luanda at the time of the incidents-the few who were eager to distort the true events for pur- poses of sensationalism-becameprogressivelybitter. It is a matter of public record that four of them went as far as to force their way into the offices of the Government liaison and information services, insulting coarsely the officiaIs who tried to brief them on the events.
92. As a result of such outlandish behaviour on the part of supposectly responsible journalists, who at- tempted to pose as victims of uncivil treatment by the authorities, the GoveI'nor-General was forced to invite the four correspondents in question to leave Angola. Somebody mentioned this matter here this morning, MI'. President so Iamalsoreferringtoit. At the sarne time, aU the othercorrespondents,whoseactionswere normal and civil, regardless of whether or not they were favourable ta or criticalofthe Government, were given aU the necessary assurances and facilities for the fulfilment of their news-gathering mission.
88. Toutefois, si l'on tient compte de la nature de la campagne antiportugaise menée ~ l'étranger, il ne serait pas surprenant que l'onprésentâtdans lapresse internationale la suppression de ces photos malveil- lantes d'une situation créée de toutes pièces comme un exemple des restrictions apportées ~ la liberté de l'information.
89. Ma délégation estime qu'il est de la plus haute importance de souligner la nature de ces faits, dont je pourrais citer de nombreux exemples, si l'on veut se rendre compte de la façon dont l'opinion publique mondiale est dominée parfois par des concepts entiè- rement faux et de la façon dont une opinion publique induite en erreur peut influencer les actes de gouver- nements dont l'argumentation risque de se fonder sur des preuves ou des renseignements tels que ceux que j'ai décrits.
90. Le comportement de certains reporters malhon- nêtes - ou, si vous préférez, â l'afftlt du sensa- tionnel -, qui se sont immédiatement fait remarquer parce qu'ils étaient parfaitement déplaisants et ne ca- chaient pas les supercheries auxqueUes ils avaient re- cours, a suscité une profonde animosité dans lapopula- tion à l'égard des correspondants de presse étrangers, dont un grand nombre, ilfaut le reconnaftre, gardèrent une attitude correcte. Toutefois, en raison de ces cir- constances, les autorités furent amenées ~ prendre toutes précautions pour protéger les correspondants de presse, fournissant ~ chacun d'entre eux des pièces d'identité en portugais et intervenantpour leur assurer toutes les facilités nécessaires et l'aide voulue, afin qu'ils puissent remplir leur mission d'information. Les autorités de Luanda ont accordé leur provclction et assuré toutes facilités aux journalistes corrects, même lorsque, dans leurs opinions et leurs repor- tages, ceux-ci critiquaient le Portugal.
91. Quelques-uns des correspondants étrangers qui se trouvaient ~ Luanda au moment des incidents - ceux-Ih mêmes qui n'hésitaient pas h déformer la vérité pour obtenir un effet de sensationnel - adoptèrent une attitude de plus en plus acerbe. il est de notoriété publique que quatre d'entre eux allèrent
jusqu'~ entrer de force dans les bureaux des services gouvernementaux de liaison et d'information et à insulter grossièrement les fonctionnaires de ces services qui essayaient de leur faire un exposé de la situation.
92. En raison de. ce comportement incongru de jour- nalistes qui étaient censés être conscients de leurs responsabilités et qui essayèrent de se. poser en victimes en se plaignant de ce que les autorités avaient manqué de courtoisie à leur égard, le Gouver- neur général fut obligé d'inviter les quatre corres- pondants en question ~ quitter leterritoire de l'Angola. C'est parce que quelqu'un a mentionné ce fait ce matin, Monsieur le Président, que je parle également de cet incident. En revanche, tous les autres corres- pondants qui ont agi normalement et avec courtoisie, qu'ils se soient montrés favorables ou critiques ~ l'égard du gouvernement, se virent donner toutes les garanties et toutes les facilités nécessaires à l'accom- plissement de leur mission d'information.
94. The Portuguese Government has no doubt that incidents, of the same nature as those whichoccurred at Luanda, are beingprepared elsewhere in Portuguese territories by the agents of international terrorism with the same characteristics of the Luanda incidents and with exactly the same purpose, falsely attempting to depict these incidents as symptoms of rebellion against Portuguese sovereignty. The Portuguese au- thorities are quite prepared and forewarned about these terrorist incidents to be, butfor security reasons the moment would not be opportune to elaborate on them.
95. We have been accused for blaming the inter- national forces of communism in connexion with the incidents of Luanda. Now, may 1 ask, when the Portu- guese authorities have proof, including even the evidence of the agitators now in jail, thatthe incidents of Luanda were organized by paid agents of inter- national subversion, who else should we blame? Or is it that such forces, whichhave sucha notorious record - all over the world, have suddenlybecomesweetangels beyond reproach? The photographs 1 have here of the murdered police officers of Luanda and the bodies of the innocent bystanders, aIl Portuguese Africans, also murdered by the terrorists, tell a different story.
96. The Portuguese populations, of aIl races and creeds, have demonstrated a firmness and decision which must have bewildered the agitators who are used to softer grounds for subversion. Among the millions of people in the territories of the Portuguese nation- as in any other nation-it will always be possible for the agitators to recruit a handful of criminals, as they did in Luanda, with the help of intoxicating drugs and bribes. The percentage ofderelicswhich the organiza- tion of international subversion could recruit in other countries would certainly be muchhigher. Is that hand- ful of criminals representative of the population of Angola?
97. It is quite apparent, particularly in the Ughtof the recent events in Africa, that the Organization of the United Nations, if it should encourage aIl ideas and schemes of.extremist African nationalism, would in actuaUty . promote a new kind of intolerant racism: anti-white racism, the condemnation of the white man on the basis of the colour of his skin. To the Portuguese, who have always been free of racial con- siderations in their political and social thinking, this anti-white racism is perhaps one of the most shocking developments of recent times. 98. Three of the members of the Council in their speech before the inscription of the itemon the agenda referred erroneously to Portuguese constitutional texts to draw the wrong conclusions. Thus l am com- pelled to correct their data on the.subject. Legal texts
jusqu'~ annoncer ~ l'avance des troubles qui. ~ en croire Radio-Mosoou, devaient bientôt se produire, mais qui en fait n'eurent jamais lieu.
94. Le Gouvernement portugais ne doute pas que des incidents du genre de ceux qui sontsurvenus ~ Luanda sont actuellement préparés par des agents du terro- risme international. pour éclater ailleurs dans les territoires portugais. avec exactement les mêmes caractéristiques que les événements de Luanda ainsi que les mêmes objectifs. c'est-~-dire qu'ils seront faussement présentés comme les symptômes d'une rébellion contre la souveraineté portugaise. Les auto- rités portugaises s'attendent ~ ces incidents terro- ristes futurs dont elles ont été prévenues. mais. pour des raisons de sécurité, elles estiment que le moment n'est pas encore venu d'en parler plus en détail.
95. On nous a accusés d'imputer aux forces inter- nationales du communisme les incidents de Luanda. Or. lorsque les autorités portugaises ont la preuve, notamment des preuves fournies par les agitateurs actuellement en prison, que les incidents de Luanda ont été organisés par des agents de la subversion internationale payés ~ cet effet. ~ qui d'autres pour- rions-nous imputer ces incidents. je me permets de vous le demander? Ou serait-ce que ces forces, dont les agissements sont notoires dans le monde entier, sont soudain devenues angéliques et au-dessus de tout reproche? Les photographies que j'ai icides policiers assassinés ~ Luanda et des corps des innocentes victimes. tous Portugais d'origine africaine. égale- ment assassinées par les terroristes, semblentprou- ver le contraire.
96. Les populations portugaises. de toutes races et de toutes croyances. ont fait preuve d'une fermeté et d'un esprit de décision qui ont da surprendre les agitateurs habitués ~ un terrain plus propice dans leurs activités subversives. Parmi les millions d'ha- bitants que comptent les territoires portugais - comme dans tout autre pays - il sera toujours possible aux agitateurs de recruter une poignée de criminels. comme ils l'ont fait ~ Luanda. en leur offrant de la drogue ou de l'argent. Le pourcentage des épaves humaines que l'organisation de la subversion internationale pourrait recruter dans d'autres pays serait certainement beaucoup plus élevé. Cette poignée de criminels est-elle représentative de la population de l'Angola?
97. il ressort tout particulièrement des récents événements d'Afrique que. si l'Organisation des Nations Unies encourage toutes les idées et les plans du nationalisme extrémiste de l'Afrique. elle favori- sera en fait un nouveau genre de racisme intolérant: le racisme antiblanc. la condamnation de l'homme blanc en raison de la couleur de sa peau. Pour les Portugais qui ont toujours fait abstraction des consi- dérations de race dans leur mode de pensée politique et sociale. ce racisme antiblanc est peut-être l'un des faits les plus révoltants de l'époque moderne.
98. Dans les discours qu'ils ont prononcés préala- blement ~ l'inscription de cette question 111'ordre du jour. trois des membres du Conseil se sont référés incorrectement aux textes constitutionnels portugais pour en tirer des conclusions fausses. Je suis donc
99. In this connexion it is appropriate to quote an early seventeenth century ruling of the Royal Council:
"Goa and the other lands overseas with whose Governments this Council is concerned are not dis- tinct nor separate from this realm, nor yet do they belong to it by union but they are members of the same realm as the other provinces such as Algarve ••• and thus he who is born and lives in Goa or in Brazil or in Angola is a Portuguese as he who lives and is born in Lisbon."
This is a Royal Decree, as 1 said, of the early seven- teenth century.
100. To the territorial unitY there corresponds an absolute unitY of the Portuguese people who make up an example, certainly an unusual one, of an equal multi- racial society, the acquisitionofPortuguese nationality being ruled by one single law which applies equaUy to everyone as provided by article 7 of the Constitution. As far as we are concerned, there is not the slightest question-the Portuguese overseas provinces are in- dependent with the independence of the nation. We are dealing with historieal facts for which itwould be vain to seek to fashion either to alienpoliticalphilosophies or outside standards of measures.
101. The knowledge, by the entire Portuguese populâ- tion, of aU the facts 1 havepointedout in the course of my statement about the true nature ofthe events which took place in Luanda, as weU as their daily experience with life as it exists in the Portuguese territories, would make it impossible for them to accept, without vehement protest, that this subject should have been taken up in violation of the relevant Articles of the Charter, by this Council. This is likewise the position of my Government.
99. A cet égard, il convient de citer une décision du Conseil royal prise au début du XVIIème siècle:
"Goa et les autres territoires d'outre-mer dontle gouvernement relève de ce conseil ne sont ni dis- tincts, ni séparés de ce royaume auquel ils n'appar- tiennent d'ailleurs pas pour y avoir été unis, mais parce qu'ils font partie intégrante du royaume au même titre que les autres provinces comme celle d'Algarve ••• et, de ce fait, quiconque est né et réside à Goa, ou au Brésil ou en Angola est un Portugais au même titre que quiconque réside et est né à Lisbonne."
Comme je l'ai dit, il s'agit là d'un décret royal du début du XVITème siècle.
100. A l'unité territoriale correspond une unité absolue du peuple portugais qui offre un exemple, certainement peu courant, de société multiraciale égalitaire, le mode d'acquisition de la nationalité portugaise étant régi par une loi unique qui s'applique également à tous, comme le prévoit l'article 7 de la Constitution. En ce qui. nous concerne, il ne saurait y avoir le moindre doute: les provinces portugaises d'outre-mer sont indépendantes du fait de l'indépen- dance de la nation. il s'agit de faits historiques qu'il serait vain de vouloir adapter à des philosophies politiques étrangères ou à des normes pratiquées 11 l'extérieur.
101. Tous les faits que j'ai signalés au cours de ma déclaration relative à la nature véritable des évé- nements de Luanda sont connus de toutes les popu- lations portugaises, de même que la réalité des conditions de la vie quotidienne telles qu'elles existent sur le territdre portugais; il serait donc impossible à ces populations d'accepter sans des protestations véhémentes que le Conseil de sécurité se saisisse de cette question, au mépris des articles pertinents de la Charte. Cette attitude est aussi celle de mon gouvernement.
104. However, in his intervention, the Soviet repre- sentative in particular embarked on a rampage of un- provoked, Ul'l.justüied, unwarranted, gratuitous and thoroughly malevolent accusations against my country which cannot pass without an immediate protestonthe part of my delegation.
105. The Soviet representative accusedmycountryof practising colonialism and imperialism, of violating human rights. of imposing forced labour,ofpromoting economic exploitation, of creating conditions or situa- tions which may endanger the maintenance of inter- national peace and security. These are outrageous slanders, and my delegation, on behalf of the Portu- gese nation and its Government, vehemently denies such allegations and repudiates with contempt ~very one of them.
106. As they were based on falsehoods and typical Soviet fabrications for the purpose ofpropaganda, most of these gratuitous accusations hardly merit a reply. They are entirely baseless, and, should the repre- sentative of the Soviet Union pretend to prove them, he would have to offer still more fabrications. Yet 1 will return to this topic in the course ofa statement which. as 1 have said, 1 intend to make during this debate.
107. For the moment 1 will only say very calmly, in commenting on the allegations of the Soviet represen- tative, that my country does not practise any type whatsoever of colonialism in the Portuguese nation. Portugal has been for centuries a unitarian nation and it has always been recognized as such by the inter- national community. It waS as a unitarian nation that we entered this Organization. Our land and people are dispersed, not unlike other States and nations, on several continents, but we make up only one unity, completely independent and solidary-one countrywith the 'same national feeling.
108. Nowhere in my country is there any subjugation of peoples to foreign domination, as we are a multi- racial society, structured by the interlacement of peoples of different races, colours and religions. From the viewpoint of economic initiative, noparticularpart of the nation enjoys any special privileges or benefits in relation to other parts. We could never violate
104. Toutefois, au cours de son intervention, le re- présentant de l'Union soviétique en particulier s'est lancé, contre mon pays, dans une débauche d'accusa- tions nan provoquées, injustifiées, gratuites et pure- ment malveillantes que ma délégation ne saurait laisser passer sans élever une protestation immé- diate.
105. Le représentant de l'Union soviétique a accusé mon pays de pratiquer le colonialisme et l'impéria- lisme, de violer les droits de l'homme, d'imposer le travail forcé, de favoriser l'exploitation économique et de créer des conditions ou des situations de nature Il. mettre en danger le maintien de la paix et de la sécurité internàtionales. Ce sont Ill. de honteuses calomnies, et ma délégation, parlant au nom de la nation portugaise et de son gouvernement, nie avec véhémence le bien-fondé de ces allégations et les rejette toutes avec mépris.
106. La plupart de ces accusations gratuites s'ap- puyant sur des faussetés et sur des inventions caractéristiquement soviétiques, exigées par les né- cessités de la propagande, ne méritent guère une réponse. Elles sont dénuées de tout fondement et, si le représentant de l'Union soviétique avait la préten- tion de les appuyer de preuves, il luifaudrait recourir Il. de nouvelles inventions. Pourtant je teviendrai sur ce sujet au cours d'une déclaration que je me pro- pose de faire, comme je l'ai déj1l. dit, au cours du présent débat.
107. Pour le moment, je me contenterai de dire avec le plus grand calme, pour répondre aux allégations du représentant de l'Union soviétique, que mon pays ne pratique dans la nation portugaise aucun colonia- lisme d'aucune sorte. Depuis des siècles, le Portugal est une' nation unitaire et il a toujours été reconnu comme tel par la communauté internationale. C'est en tant que nation unitaire que nous sommes devenus Membre de l'Organisation des Nations Unies. Notre terre et notre population sontdispersées sur plusieurs continents, comme le sont d'autres Etats et d'autres nations, mais nous constituons une entité unique, totalement indépendante et solidaire, un pays unique animé d'un seul et même sentiment national.
108. Aucune population de mon pays n'est soumise 1l. une domination étrangère, car nous constituons une société multiraciale qui tire sa structure de l'inter- relation de populations de couleur et de race diffé- rentes. Du point de vue de l'initiative économique, aucune partie de la nation ne jouit de privilèges ou d'avantages particuliers par rapport 1l. d'autres par-
109. On the other hand, l will sayto the Soviet repre- sentative that there is no doubt about the existence in the world of a system of ruthless colonialismand im- perialism. That system has torn the world asunder; that system represents one ofthemostcrueltyrannies in the annals of humanhistory; that system subjugates, oppresses and exploits hundreds of millions ofpeople; that system persistently attacks free men and their institutions, in a self-admitted great design to conquer total world power; that system uses a vast arsenal of weapons, includingpropaganda, subversion, blackmail, economic pressure, political warfare and constant threats of armed intervention in order to attain that aim. That system has constatntly perpetratedflagrant acts and crimes against humanity, sacrüicing human freedom, justice, religion and national dignity to absurd and outworntheories, alreadyproved to be impractical, but which continue to be practised by a minority of fanatics who seem to draw their strength and morbid joy from the practice of all forms ofoppression. That system is in actuality the distant but real culprit manipulating the events we are now discussing here, as it is the real culprit manipulating most of the acts of violence which take place in the world today.
110. The country that is theforemost representative, inventor and promoter of that system was most ap- propriately accused the other day inthis room of having declared war on the United Nations. l believe that it has for many years done much more than that: it has declared war on mankind itself. l certainly could not recognize to its representative here, the Soviet dele- gate, any moral authority or moral standing to make any kind of accusation against my country or, for that matter, against any other country.
l wish to speak only briefly, in exercise of my right of reply, because the Liberian delegation is itself surprised that the repre- sentative of Portugal pretends surprise at the fact that the Liberian delegation is bringing up a purelyAfrican question in this .Council. Who else seated in this Council would be a more likelydelegation to do so than ourselves?
112. l am sure the representative of Portugal entirely misunderstands the intentof mydelegation, represent- ing the African countries, inseeking the insc:t:iption of this item on the agendaofthe Security Council. We are
111. M. PADMORE (Libêria) [traduit de l'anglais]: Je tiens ~ prendre la parole bri~vement pour faire usage de mon droit de réponse: la délégation du Libê- ria, est elle-même surprise que le représentant du Portugal se dise surpris de voir la délégation du Libéria porter devant le Conseilune question purement africaine. Quelle autre délégation membre du Conseil pourrait le faire plus logiquement que nous?
112. Je suis certain que le représentant du Portugal se méprend enti~rementsur l'intention qui anime ma délégation, représentant ici les pays africains, lorsqu'elle s'efforce d'obtenir l'inscription de cette
113. 1 am sure also that the interpretation of "inter- national conflict" is not confined tu big Powers, to European Powers-Britain against France, for ex- ample, or the Soviet Union against Turkey.
114. We therefore hope that Africa is considered by the Portuguese as a part of the world and that its people are also considered to be human beings.
115. MI'. ZORIN (Union of Soviet Socialist Republics) (translated from Russian): MI'. President, 1 do not propose at this late hour to make any reply to the ill- natured remarks thathave justbeenmade by the repre- sentative of Portugal. 1 merely wish to draw the attention of the Council and of the Po!"tuguese repre- sentative to one point.
116. The representative of Portugal referred to inter- .national communism, to subversive activities and to various acts of terrorism, organized in certain quar- ters, and so forth. He also spoke of laws and decrees promulgated in Portugal during the seventeenth cen- tury. 1 should like to point out to the representative of Portugal that he must live not by the laws of the seventeenth century, but by the laws ofthe second half of the twentieth century. And the second half of the twentieth century, by its very nature, spells the end of colonialism, includi1?-g Portuguese colonialism.
117. If the Portuguese delegation is goingto be guided by the laws of the seventeenth century, it can expect no profit therefrom, and the representative of Portugal must realize that if forty States insist on a discussion of Portuguese administration in Angola, the matter cannot be brushed aside, however much he may voci- ferate about international communism. That, MI'. President, is aIl 1 wanted to say.
118. MI'. GARIN (Portugal): 1 will be very brief. 1 should simply like to make a few comments on what the Soviet representative has just said. He said that 1 had invoked the laws of the seventeenth centUl'Y. It is true that 1 invoked those laws. But, in the context of what 1 said, 1 was invoking the laws of the seventeenth century to say that we were practising in the seven- teenth century what everybody expects us to practise now in the second half of the twentieth century. Our laws of wlity have not changed since the seventeenth century; our fundamental aspirations have not changed.
119. Regarding the decision that as the Soviet repre- sentative says, was taken againstPortugal by a certain majority, 1 should like to read the following statement
~ un Angolais l'occasion de prendre la parole devant le Conseil, au lieu de se réserver lui-même le droit de parler pour les Angolais. Je ne suis absolument pas certain que le représentant du Portugal respecte la souveraineté disons du Congo (Brazzaville) ou du Congo (Léopoldville) ou de tout autre Etat africain voisin dont les frères sont aihsi inhumainement traités et je me demande s'il attend d'eux qu'ils restent ~ jamais indifférents ~ la tragique situation de leurs frères angolais.
113. Je suis certain en outre que l'expression I!conflit international" ne doit pas s'appliquer uniquement aux grandes puissances, aux puissances eu.ropéennes, par exemple la Grande-Bretagne contre la France ou l'Union soviétique contre la Turquie.
114. Nous espérons donc que les Portugais consi- 'dèrent l'Afrique comme une partie du monde et sa population comme des êtres humains.
115. M. ZORINE (Union des Républiques socialistes soviétiques) [traduit du russe]: Monsieur le Président,
~ cette heure tardive je ne veux répondre d'aucune façon ~ la déclaration haineuse que vient de faire le représentant du Portugal. Je voudrais simplement attirer l'attention du Conseil et celle du représentant du Portugal sur un seul point.
116. Le représentant du Portugal a parlé de commu- nisme international, de menées subversives, de toutes sortes d'actes de terrorisme organisés on ne saitpar qui, etc. il a parlé ensuite des lois et des décrets qui ont été promulgués au Portugal au XVIIème siècle.
L~-dessus je voudrais dire au représentant du Portu- gal qu'il doit vivre non pas conformément aux lois du XVlIème siècle, mais ~ celles de la seconde moitié du XXème siècle. Or, la seconde moitié duXXème siècle est caractérisée par le fait qu'elle sonne le glas du colonialisme, y compris le colonialisme portugais.
117. Si le Gouvernement portugais devait se fonder sur des lois duXVIIème siècle, cela ne saurait amener pour lui rien de bon: le représentant du Portugal doit comprendre que, si 40 Etats exigent que l'on examine la question du comportementportugais en Angola, il lui est impossible de se dérober ~ cet examen en poussant des clameurs, aussi fortes fussent-elles, contre le communisme international. Voil~, Monsieur lePrési- dent, tout ce que je voulais dire.
118. M. GARIN (Portugal) [traduit de l'anglais]: Je serai bref. J'aimerais simplementprésenter quelques observations sur ce que le représentant de l'Union soviétique vient de dire. il a déclaré que j'avais invoqué les lois du XVIIème siècle. il est exact que j'ai invoqué ces lois: mais dans le contexte de ma déclaration, s;. j'invoquais les lois de cette époque, c'était pour mon- trer que nous pratiquions déj~auXVIIème siècle Cf!: que tout le monde nous demande de pratiquer aujourl.Phui, dans la seconde moitié du XXème siècle. Nos 10i.s d'unité n'ont pas changé depuis le XVlIèmesiècle: nos aspirations essentielles sont toujours les mêmes.
119. En ce qui concerne la décision qui, comme l'a dit le représentant de l'Union soviétique, a été adoptée contre le Portugal avec une certaine majorité, je
"A group of States which at any Ume commands a majority can, of course, secure the adoption of a decision which is advantegeous to it. Butthat is only a Pyrrhic victory. Such 'victories' do damage tothe United Nations, and are instrumental in ruining it."Y
These are words pronounced two years aga in the General Assembly by Mr. Khrushchev.
There are no further speakers, and several members have proposed that we adjourn at this time. Accordingly, li there is no objection, the Council will stand adjourned until next Tuesday at 3 p.m.
The meeting rose at 5.45 p.m.
"Une organisation internationale fonctionnant effi- cacement résout les problèmes dont elle est saisie non pas au moyen d'un décompte arithmétique des voix, mais en recherchant raisonnablement et pa- tiemment une solution juste et acceptable pour tous. Car on ne saurait tout de même imaginer que les Etats contre la volonté desquels on prend une déci- sion injuste vont accepter de l'appliquer. il leu:l.' en reste un gol1t amer. Pensez ~ tous les cas de ce genre qui se sont produits dans l'histoire de l'Organisation des Nations Unies! C'est pourquoi l'Organisation ne doit prendre que des décisions unanimes, tradui- sant la volonté commune de tous les Etats et corres- pondant ~ leurs intérêts communs. Notre génération et les historiens de l'avenir reconnaftront que ces décisions sont les seules qui soient justes et qui puissent être exécutées.
"Evidemment, le groupe d'Etats qui détientactuel- lement la ma~ritépeut faire adopter des décisions qui lui sont favorables. Mais c'est l~ une victoire h la Pyrrhus. Des "victoires" de ce genre sont préjudiciables h l'Organisation des Nations Unies et compromettent son existence mêmeY." Ces paroles furent prononcées il y a deux ans, devant l'Assemblée générale, par M. Khrouchtchev.
120. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): il n'y a plus d'orateurs inscrits sur la liste et plusieurs membres ont proposé que nous levions maintenant la séance. En conséquence, s'il n'y a pas d'objections, le Consèn va s'ajourner jusqu'h mardi prochain h 15 heures. La séance est levée à 17 h 45.
y Documents officiels de l'Assemblée générale. guatorzi~mesession, Séances pléni~res. 799~me séance.· par. 98 h 100.
FIN~AND-FINLANDE Akateeminen Kirjakauppo, 2 Keskuskotu, Helsinki. FRANCE Editions A. Pédone, 13, rue Soulllot, Paris (V'). GERMANY.ALLEMAGNE R. Eisenschmidt, Schwonthaler Str. 59, Frankfurt/Main. Elwert und Meurer, Hauptstrasse 101, Berlin-Schaneberg.
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sent ta: Sa/es Section, Publishing Sevice, United Nations,
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