S/PV.952 Security Council

Wednesday, June 7, 1961 — Session 16, Meeting 952 — New York — UN Document ↗

NEW YORK
The agenda was adopted.
. L'ordre du jOt/.r est adopté.
As the Cey- Ion delegation, a co-sponsor of the resolution before the Council [S/4828], happens to speak after hearing the representative of Portugal, 1 should like to make sorne brief observations on the subject of competence before proceeding to the main theme of my statement. 3. When we had the occasion to take up the subject of Angola before this Council three months ago [943rd to 94êth meetings], this same subject of competence of the Council to consider it was discussed and, by inscribing the item on the agenda, the Council decided that it was a matter of which the Council should be seized. The representative of Portugal seems once again ta have tried to engage us i11 an exercise which, because of the earlier decision, was unnecessary. In fact, considering the worsening of the situation in Angola, it is quite clear that this Counnil is fully competent ta consider this matter as one of urgency again. 4. There is no point in belabouring this obvious and quite clear facto However many red herrings are drawn across the trail, or however much people re- frain from facing realities, facts remain facts, and there is no doubt that the situation in Angola is a potential danger to international peace and security. Hence, the subject is one that this Council should consider. Under no stretch of the imagination is Angola an internaI question, but one that threatens the peace of a very large area of Africa and is, therefore, without any element of doubt, a potential danger to international peace and security. Hence, this challenge regarding the competence of the Coun- cil to consider this subject is without foundation. 5. In the course of three months the subject of Angola has called for the attention of the United Nations on three occasions. In March the subject came before the Security Council; in April it was be- fore the General Assembly; and now it is once again before the Security Council. The interest that the Members of this Organization take in this subject is, therefore, quite clear. In fact, it is also equally clear that the Members of this Organization consider the situation in Angola as one of greaturgency. The letter dated 26 May 1961, [S/4816 and Add.1], signed by forty-three Members of this Organization, is eloquent testimony to the importance they attach to the subject of Angola as one that constitutes a serious threat to international peace and security. 6. We are aware that, despite the censorship which has been imposed on the transmission of reports, still the reports that have managed to reach us speak of thousands of persons who have been killed. Nor is Sur l'invitation du Président, M. Mamadou Traore (Mali) prend place à la table du Conseil. 2. M. WIJEGOONAWARDENA (Ceylan) [traduit de l'ang,lais]: Il se trouve qu'en tant que membre de la délégation de Ceylan - qui est l'un des auteurs du projet de résolution [S/4828] présenté au Conseil - je prends la parole après avoir entendu le repré- sentant du Portugal; je voudrais à cette occasion faire quelques brèves observations au sujet de la compétence du Conseil avant d'en venir au thème principal de mon exposé. 3. Lorsque nous avons abordé au Conseil, il y a trois mois [943ème à 946ème séance], la question de l'Angola, ce m~me sujet de la compétence du Conseil a été discuté et, en inscrivant la question à l'ordre du jour, le Conseil a décidé qu'il s'agissait là d'une question dont il àevait ~tre saisi. Le représentant du Portugal semble, une fois de plus, avoir essayé de nous entrafner dans une discussion qui, en raison de la décision prise antérieurement, n'était pas néces- saire. En fait, étant donné l'aggravation de la situation en Angola, il est bien évident que le Conseil est parfaitement compétent pour examiner une fois de plus cette question en tant que question urgente. 4. Il n'est pas nécessaire de revenir sans cesse sur ce fait évident et parfaitement clair. On aura beau vouloir nous égarer sur de fausses pistes ou se refu- ser à faire face à la réalité, les faits demeurent et il n'y a pas de doute que la situation en Angola est un danger latent pour la paix et la sécurité interna- tionales. Par conséquent, la question doit ~tre exa- minée par le Conseil. La question de l'Angola n'est pas une affaire intérieure, quel que soit l'effort d'ima- gination qu'on déploie pour le faire croire, mais une question qui menace la paix dans une vaste région d'Afrique et qui, par conséquent, constitue sans aucun doute possible un danger latent pour la paix et la sécurité internationales. Il s'ensuit qu'en l'occur- rence cette contestation de la compétence du Conseil est dépourvue de fondement. 5. En trois mois, l'ONU a da s'occuper à trois re- prises de 1'Angola. En mars, la question a été portée devant le Conseil de sécurité; en avril, elle a été portée devant l'Assemblée générale; et maintenant elle revient devant le Conseil de sécurité. L'intér~t que les Membres de l'Organisation portent à la ques- tion est donc tout à fait évident. En fait, il est égale- ment clair que les Membres de l'Organisationestirrh... · que la'situation en Angola présente un caractère de grande urgence. La lettre datée du 26 mai 1961 [S/4816 et Add.1], et qui est signée par 43 Membres de l'Organisation, témoigne éloquemment de l'impor- tance que les Etats Membres attachent à la question de l'Angola et montre qu'ils y voient une menace grave pour la paix et la sécurité internationales. 6. Comme nous le savons d'après les nouvelles qui ont pu malgré tout nous parvenir - en dépit de la censure qui a été imposée et qui empêche leur trans- mission - des milliers de personnes ont été tuées. "Thus two forces are in reckless collisiop-one entrenched, immensely stubborn, courageous, pre- pared to be cruel to whatever point is necessary to protect its heritage, living blindly on from the nine- teenth century into the twentieth; the other swarm- ing out of the bush, lying in wait to kill, savagely reckless of lives whether white or black, intoxi- cated by its first successes, sure of its tomorrow." These are the words of a nlan who had been able to get relatively close to the scene of this tragedy: Ml'. Armstrong at the time he wrote this article had re- turned from a two-month visit ta Western Africa. 8. As to world public opinion, the very fact that the latest letter has been signed by such a large number of Member nations and that others have expressed overwhelming sympathy in this respect is eloquent testimony. As the Manchester Guardian Weekly of Thursday, 11 May 1961, comments editorially under the heading "Revolt in Angola", the situation: "represents colonialism in its death throes; to the Portuguese it is a challenge to their civilizing mission which must be met firmly even if it in- volves such uncivilized methods as burning the rebels out and hunting them down 'like game'. Out~ siders can see who is going ta win and who, in the long term, undoubtedly should win." 9. The Ceylon delegation intervenes at this juncture of the debate for the primary purpose of stressing the futility of any attempt ta hold back the evolution of dependent peoples to independence in the present- day world. The Ceylan delegation repeats what it said at a meeting of the Security Council on this subject on 10 March 1961-namely, that: "Four hundred and fifty years of colonial history is being reversed in a matter of a couple of decades and its final stage is being reached inAfrica, where vast social and political changes are taking place. Angola may be one of the last bastions of colonial- ism. Nevertheless it is a bastion that will and must fall." [943rd meeting, para. 52.] No power on earth will be able ta resist this process of evolution, and the sooner this is realized the better it will be for us all. The emergence of dependent peoples' ta independence in the present era is a hard fact of life. Ta take a stand against it is ta take a -futile and helpless stand. It is necessary for us ta move with the time in which we live. 10. As an indication of the thinking of our time; it is pertinent ta refer ta two documents which, as the pages of history unroll, will stand out as two signifi- cant contributions of nations ta the thinking of our "Ainsi deux forces se heurtent avec la dernière violence - l'une fixée sur ses positions établies, extrêmement obstinée, courageuse, prête à. être cruelle autant qu'il le faudra pour défendre son patrimoine, vivant en plein XXême siècle avec des idées du XIXême siècle; l'autre, jaillie de labrousse, aux aguets pour tuer, sauvagement insouciante de la vie d'autrui, qu'il s'agisse de blancs ou de noirs, enivrée de ses premiers succès et sûre du lende- main." Telles sont les paroles d'un homme qui a pu aller relativement près du lieu de cette tragédie: au moment oil. il a écrit cet article, M. Armstrong revenait en effet d'un voyage de deux mois en Afrique occidentale. 8. Quant à. l'opinion publique mondiale, le fait même que la lettre adressée au Président du Conseil de sécurité ait été signée par un si grand nombre d'Etats Membres et la chaleureuse sympathie que d'autres ont exprimée à. cet égard sont un témoignage éloquent. Pour reprendre les termes d'un éditorial paru le jeudi 11 mai 1961 dans le Manchester Guardian Weekly sous le titre "Révolte en Angola", la situation: "est l'expression d'un colonialisme à. l'agonie; pour les Portugais, elle est un défi à. leur mission civi- lisatrice qu'il faut relever énergiquement même si cela exige des méthodes aussi peu civilisées que celles qui consistent à. faire périr les rebelles par le feu et à. les abattre comme un simple gibier. Les observateurs étrangers peuvent voir qui va l'emporter et qui, à. la longue, devra sans aucun doute l'emporter". 9. Si la délégation de Ceylan intervient à. ce stade de la discussion, c'est avant tout pour souligner la vanité de tout effort visant, dans le monde d"aujour- d'hui, à. contenir l'évolution des populations dépen- dantes vers l'indépendance. Ma délégation répète ce qu'elle a déjà. dit à. une séance que le Conseil de sécurité a consacrée à. cette question le 10 mars 1961, à. savoir: "En 20 ans, se trouvent effacés quatre siècles et demi d'histoire coloniale et c'est en Afrique, ail. se produisent maintenant de vastes bouleverse- ments sociaux et politiques, que la phase ultime est atteinte. L'Angola est peut-être un des derniers bastions du colonialisme, elle n'en est pas moins un bastion qui doit tomber et qui tombera." [943ème séance, par. 52.] Aucune puissance au monde ne pourra résister à. ce processus d'évolution, et plus tôt on le comprendra, mieux cela vaudra pour nous tous. A notre époque, l'accession des peuples dépendants à. l'indépendance est, qu'on le veuille ou non, une réalité. S'y opposer est vain et sans espoir. Il nous faut marcher avec le temps dans lequel nous vivons. 10. Si l'on veut savoir à. quoi s'en tenir sur les conceptions de notre époque, il est bon de se repor- ter à. deux documents qui, à. mesure que se tournent les pages de l'histoire, resteront comme un témoi- "2. AU peoples have the right to self-determina- tion; by virtue of that right they freely determiJ". their political status and freely pursue their eco- nomic, social and cultural development. "3. Inadequacy of political, economic, social or educational preparedness should never serve as a pretext for delaying independence. "4. AU armed action or repressive measures of aIl kinds directed against dependent peoples shaH cease in order to enable them to exercise peace- fully and l!'eely their right to complete independ- ence, and the integrity of their national territory shaH be respected." [General Assembly resolution 1514 (XV).] These form morally binding articles of faith for any Member of the United Nations, particularly by virtue of the fact that this Declaration was accepted without the casting of a single negative vote in the General Assembly. 11. 1 should now like to make a few comments on the report of an interview with Ml'. Salazar. This report appeared in The New York Times of:31 May 1961. It carried a note to the effect that the questions re- ferred to there!n were put in advance of the interview with the Premier and that the replies were in the form of written answers. Further, we have been in- formed that the English translation which appeared in The New York Times was an authoritative one. 1 have recapitulated these details in order to underline the fact that here we have something that is authentic to go by, and therefore we cannot be told that we are qasing our views on this subject on what are aHeged to be garbled versions. 12. From the reported interview, one gathers that the total indigenous population under tribal adminis- tration is 4,583,833. The white and mulatto popula- tion, together with that element of the indigenous population which has become "assimilated", numbers 271,386. In terms of percentages, this means that 6 pel' cent of the population enjoys civic rights and 94 pel' centdoes not. 13. According to this statement, the Portuguese authorities apparently accept the fact that today the pace of change is proceeding quickly. 1 should like to quote the relevant words in the report of the inter- view: "It is true that the evolution of societies today proceeds at a much quicker pace than in time past, but this does not permit bringing about in months or even in seant years what other societies took centuries to accomplish." It is indeed heartening to find in the first part of the sentence this admission of the quickening pace in re- gard to the evolution of societies today. At the same "2. Tous les peuples ont le droit de libre déter- mination; en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent libre- ment leur développement économique, social et culturel. "3. Le manque de préparation dans les domaines politique, éccnomique ou social ou dans celul de l'enseignement ne doit jamais être pris comme prétexte pour retarder l'indépendance. "4. Il sera mis fin ~ toute action armée et ~ toutes mesures de répression, de quelque sorte qu'elles soient, dirigées contre les peuples dépen- dants, pour permettre ~ ces peuples d'exercer pacifiquement et librement leur droit ~ l'indépen- dance complète, et l'intégrité de leur territoire national sera respectée." [Résolution 1514 (XV) de l'Assemblée générale.] C'est l~ un credo qui lie moralement tous les Mem- bres de l'Organisation des Nations Unies et ce d'autant plus que cette déclaration a été adoptée par l'Assem- blée générale sans qu'un seul Etat ait voté contre. 11. Je voudrais maintenant faire quelques observa- tions sur une interview de M. Salazar qui a paru dans le New York Times du 31 mai 1961, accompagnée d'une note indiquant que les questions avaient été soumises ~ l'avance et que les réponses furent données par écrit. De plus, nous avons été avisés que la traduction anglaise publiée par le New York Times avait un caractère officiel. J'ai rappelé ces détails pour sou- ligner que nous nous fondons sur un document authen- tique et qu'on ne saurait donc alléguer que nos opinions en la matière reposent sur des textes falsifiés. 12. Dans cette interview, on peut relever que la popu- lation autochtone sous administration tribale comprend au total 4 583 833 personnes. Les blancs et les mu- lâtres ajoutés ~ la fraction de la population autochtone devenue "assimilée" représentent 271 386 personnes. En pourcentage, ces chiffres signifient que 6p.100 de la population jouissent des droits civiques et que 94 p. 100 en sont privés. 13. D'après le texte en question, les autorités por- tugaises semblent accepter le fait qu'aujourd'hui la situation évolue rapidement. Je voudrais citer le pas- sage pertinent de l'interview: "Il est vrai que l'évolution des sociétés s'effectue aujourd'hui beaucoup plus rapidement que par le passé, mais cela n'autorise pas ~ réaliser en quel- ques mois ou en quelques années ce que d'autres sociétés ont mis des siècles ~ accomplir." Il est vraiment encourageant de voir reconnaftre, dans la première partie de la phrase, que l'évolution des sociétés se fait aujourd'hui ~ un rythme accéléré. 14. Further, in this interview it is also stated that: "A law recognizing citizenship takes minutes to draft and can be made right awayj a citizen, that is a man fully and consciously integrated into a civil- ized political society, takes centuries to achieve. Il Rere, again, our comment is that the Portuguese authorities had the centuries they wanted by their own measure, but have again failed in their self- imposed mission. That only 70,000, or 2 pel' cent, of the population has been assimilated after nearly five centuries of Portuguese rule in Angola is indeed a sad commentary on the so-called mission that Portl- gal has undertaken. 15. 1 am even prepared to concede, as the reported interview again makes out, that this sèlf-imposed mission should be taken to have commenced in real earnest only in the nineteenth centurYj as it is claimed was the case with other European nations in similar circumstances. Even if that were the case, still the achievements in Angola fall far short of what, in fact, those others can lay claim to. Rence, there is no getting behind the fact that 2 pel' cent of the "assimi- lados" is still a very pOOl' commentary on a so- called and self-imposed mission. 16. It is pointed out that this low percentage is ex- plained by the action taken to protect "people still under tribal administration" and that the 2 pel' cent quoted reflects only the "first generation" of "assimi- lados" and not those of the second generation. But whatever these contentions are, there is no gainsay- ing that in terms of achievement or, might 1 say, the lack of it, Portuguese administration in Angola stands self-defeated. That there is a recognition of this failure is evident in the admission made in the re- ported interview when it states: "In any case something has to be done in this respect, even though it may mean abandoning the basis of the system, for it is possible that we have erred on the side of excessive caution and tolerance." 17. What the Ceylon delegation is urging is, in the words of the same quoted interview, that something has got to be done and will have to he done in a de- gree commensurate with the vastness of the task in- volved and in keeping with the trends of the day. Our . concern is that if no adequate steps are taken to save the situation in Angola it will develop-as indeed is already so very evident-into a conflict of untold suffering, bringing in its wake aU the complica- tions for the preservation of international peace and security. 14. Plus loin dans l'interview déjll citée, on trouve le passage suivant: "Une loi accordant la citoyenneté peut @tre ré- digée en quelques minutes et promulguée sur le champj la formation d'un citoyen, c'est-Il-dire d'un homme intégré totalement et consciemment dans une société politique civilisée demande des siècles." Ici encore, nous dirons que les autorités portugaises ont eu 11 leur disposition les siècles dont elles avaient besoin selon leurs critères, mais ont, 111 aussi, échoué dans la mission qu'elles s'étaient imposée. Le fait que seulement 70 000 personnes, soit 2 p. 100 de la population, aient été assimilées au bout de près de cinq siècles de domination portugaise en Angola, jette sans aucun doute un jour affligeant sur la prétendue mission que le Portugal s'est assignée. 15. J'irai jusqu'à admettre, comme l'indique l'inter- view, que cette mission que le Portugals'estassignée devrait être considérée comme n'ayant commencé effectivement qu'au XIXème siècle, à l'instar, allègue-t-on, d'autres pays d'Europe qui se sont trou- vés dans des circonstances analogues. Même si tel est le cas, les réalisations en Angola sont encore fort loin d'atteindre celles dont les pays en question peuvent se targuer. Ainsi on en revient toujours au fait qu'une proportion de 2 p.- 100 d' "assimilados" fait apparaître sous un jour bien peu favorable la prétendue mission que le Portugal s'était imposée. 16. On nous fait remarquer que ce faible pourcen- tage s'explique par les mesures visant à protéger "les populations encore sous administration tribale", et que le chiffre cité de 2 p. 100 ne correspond qu'Il la "première génération" d' "assimilados" et non pas â la seconde. Mais quels que soient les arguments avan- cés, il est indéniable que, du point de vue des réali- sations, ou plutôt, si je puis dire, du manque de réalisations, l'administration portugaise en Angola s'est infligé à elle-même une défaite. Cet échec est reconnu, de toute évidence, par un aveu contenu dans l'interview. Il y est dit en effet: "En tout état de cause, il faut faire quelque chose 11 cet égard, même si cela signifie qu'il faille aban- donner la base même du système, car il est pos- sible que nous ayons péché par excès de prudence et de tolérance." 17. Ce que la délégation de Ceylan demande instam- ment, pour reprendre les termes de l'interview déjà citée, c'est que quelque chose soit fait et soit fait proportiollilellement 11 l'ampleur de la tâche àaccom- plir et en harmonie avec les tendances d'aujourd'hui. Nous craignons, si des mesures appropriées ne sont pas prises pour sauver la situation en Angola, que celle-ci ne dégénère - comme il n'est déjà que trop évident - en un conflit aux indicibles souffrances qui entraînerait toutes les complications qu'une telle évolution peut provoquer pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales. 19. The draft resolution before this Council which Ceylon has the honour to co-sponsor with Liberia and the United Arab Republic[8/4828] is self-explanatory, We commend it for consideration by this Council and seek the Council's support for it.
May I be permitted, first of aH, to thank the President and Members of the 8ecuri.ty 1 Council for their courtesy in inviting my delegation to participate in the discussions of the Council on this important occasion. 21. The fact that my delegation has co-sponsored, along with forty-two other countries, the request for consideration by the Council of the situation in Angola as a matter of urgency [8/4816 and Add.1], and that it has asked for participation in the debate, is a mea- sure of our deep and, I would say, almost oppressive sense of responsibility and of our awareness of the tremendous gravity of what has been happening in Angola. For, in our view, these tragic happenings have overwhelming significance, not only to the mil- lions of dependent peoples in the worId still struggling to be free, but for aIl peoples who realize the value of freedom as an indispensable factor for world peace, and who have been profoundly moved by the brutality with which Portuguese colonial power is trying to ,suppress the freedom movement of the Afri- can'People in Angola. 22. Tt will be recalled that, some three months ago, the question of Angola was raised in the 8ecurity Council by the delegation of Liberia [934th meeting]. The 8ecurity Council discussed the question but un- fortunately, by the narrowest of margins, failed to adopt a resolution [946th meeting]. The draft resolu- tion [8/4769] on that occasion was a moderate one, since it merely asked for the appointment of a sub- committee under Article 29 of the Charter and urged the Portuguese authorities to introduce reforms and measures in Angola which would ensure the partici- pation of the people of Angola in their country's affairs and would constitute an initiative toward the transfer of power to the people of Angola in accord- ance with General Assembly resolution 1514 (XV) on the ending of colonialism and the granting of in- dependence to colonial peop16s, which had been unanimously adopted by the General Assembly last year. 23. 8ubsequently, the matter came before the Gen- eral Assembly at its resumed fifteenth session, as indeed it was bound to do, since historie freedom movements and world reactions thereto admit of no abatement or obstruction. The General Assembly, in its wisdom, adopted an excellent resolution by an , overwhelming majority of votes at the resumed ses- sion of the General Assembly. 24. Tt will be recalled.that this resolution [1603 (XV)], which in substance was the same which the 8ecurity Council had failed to adopt, had but two dis- 19. Le projet de résolution soumis au Conseil et que Ceylan a eu l'honneur de présenter avec le Libéria et la République arabe unie [8/4828] est rédigé en termes tels qu'il n'appelle aucune explication. Nous le recommandons ~ l'examen des membres du Conseil; nous leur demandons de bien vouloir l'adopter. 20. M. JHA (Inde) [traduit de l'anglais]: Qu'il me soit permis tout d'abord de remercier le Président et les membres du Conseil de sécurité de la courtoisie dont ils ont fait preuve en invitant ma délégation ~ participer aux discussions du Conseil en cette impor- tante occasion. 21. Le fait que ma délégation ait signé, avec 42 autres pays, la lettre priant le Conseil d'examiner d'urgence la situation en Angola [8/4816 et Add.1] et qu'elle ait demandé ~ participer aux débats, reflète un sent~­ ment profond et presque accablant de nos responsa- bilités, et notre conscience de la gravité extrême des événements survenus en Angola. A notre avis, en effet, ces événements tragiques revêtent une impor- tance énorme, non seulement pour les millions d'êtres dépendants qui luttent encore dans le mande pour leur liberté, mais également pour tous les peuples qui estiment que la liberté est une condition indispensable de la paix mondiale et qui ont été profondément émus par la brutalité avec laquelle la puissance coloniale portugaise tente de réprimer le mouvement de libé- ration des Africains en Angola. 22. On se souviendra qu'il y a trois mois environ la question de l'Angola a été soulevée au Conseil de sécurité par la délégation du Libéria [934ème séance]. Le Conseil de sécurité examina la question, mais malheureusement, faute de quelques voix, le projet de résolution qui lui était soumis [8/4769] ne fut pas adopté [946ème séance]. Il s'agissait en l'oocurrence d'un projet de résolution modéré puisque le texte prévoyait simplement la nomination d'un sous-comité en vertu de l'Article 29 de la Charte et demandait instamment aux autorités portugaises d'introduire des réformes et de prendre en Angola des mesures qui assureraient la participation de la population angolaise aux affaires du pays et constitueraient un premier pas vers le transfert des pouvoirs au peuple angolais, conformément ~ la résolution 1514 (XV) sur la fin du colonialisme et l'octroi de l'indépendance auxpeuples coloniaux, que l'Assemblée générale a adoptée l'an dernier ~ l'unanimité. 23. Ensuite, la question a été portée devant l'Assem- blée générale lors de la reprise de la quinzième session, ce qui était inévitable puisque les mouve- ments historiques de libération et les réactions mon- diales qu'ils suscitent ne souffrent pas d'être ralentis ou entravés. L'Assemblée générale, dans sa sagesse, a adopté, ~ une majorité écrasante, ~ la reprise de la quinzième session, une excellente résolution. 24. On se rappellera que cette résolution [1603 (XV)], qui, pour le fond, était identique ~ celle que le Conseil de sécurité n'avait pu adopter, n'avait 25. In that resolution, after full consideration, in- cluding examination by the Special Committee cf Six which recommended the principles for determination as to whether an obligation existed or not for trans- mission of information in respect of a Non-Self- Governing Territory, the Assembly decided that the so"'called Portuguese Overseas Provinces were to aIl intents and purposes Non-Self-Governing Territories or colonies. In respect of them. there was an obliga- tion to transmit information, and the whole basis of the United Nations Charter under Chapter XI, which clearly says that such territories are a sacred trust, was equally applicable. Portugal, however, still ada- mantly refuses to transmit information and has also refused participation in the Committee on Informa- tion from Non-Self-Governing Territories. 26.- It was clear from the statement made by the Portuguese representative before the Council last March, as indeed from Portugal's boycott of the Gen- eral Assembly's subsequent consideration of this matter, that Pprtugal had no intention of budgingfrom its position. One has only to recall the statement of the representative of Portugal in the Security Council on 14 March: "The Portuguese have been in Africa for five centuries and they intend to stay, whatever the cost." [945th meeting, para. 156.} It has been clear as broad daylight that Portugal was determined to suppress the freedom movement in Angola at aIl costs. ïndeed, the worst fears entertained in this con- nexion have materialized and, since the adoption of the General Assembly resolution, there has been a veritable holocaust in Angola. Despite severe cens01'- ship and the expulsion of many foreign joul'nalists and representatives of news agencies, information that has filtered through from Angola shows that the Portuguese authorities and the European population of Angola. with the knowledge and connivance of the authorities. have. contrary to the most elementary concepts of the rule of law. been engaged in the mas- sacre of thousands of Africans whose only fauIt has been to demand freedom and to try to shake off the dead weight of colonial rule. These atrocities have caused a wave of indignation throughout the world and leaders of Governments and public opinion. notably in Africa and Asia, have joined in condemnation of such outrages. The whole continent of Africa has been . stirred and African -~ople everywhere are deeply agitated and anger( J .)y the massacre of fellow- Africans in Angola. 27. What are the elements of the situation. which have impelled nearly half the membership of the 25. Dans cette résolution, l'Assemblée, apr~s que la question eut été pleinement étudiée, en particulier par le Comité spécial des Six qui avait recommandé des principes perm.ettant de déterminer s'il existe ou non une obligation de transmettre des renseignements sur un territoire non autonome, a décidé que les ter- ritoires dénommés provinces portugaises d'outre-mer étaient à. tous égards des territoires non autonomes ou des colonies. Il y avait donc obligation de com- muniquer des renseignements à. leur sujet et tous les principes figurant au Chapitre XI de la Charte des Nations Unies oil. il est dit clairement que Padmi- nistration de ces territoires constitue une mission sacree, s'appliquent également. Cependant, le Portu- gal se refuse absolument à. transmettre des rensei- gnements et il a refusé aussi de participer aux tra- vaux du Comité des renseignements relatifs aux territoires non autonomes. 26. Il ressortait clairement de la déclaration faite par le représentant du Portugal devant le Conseil en mars dernier, et du fait que ce pays n'avait pas voulu participer à. l'examen de cette question par l'Assem- blée générale. que le Portugal n'avait pas la moindre intention de modifier sa position. Il suffit de rappeler la déclaration faite le 14 mars par le représentant du Portugal devant le Conseil de sécurité: "Les Portugais sont en Afrique depuis cinq siècles et ils entendent y demeurer li. quelque prix que ce soit." [945ème séance, par. 156.]. Il est apparu très claire- ment que le Portugal était décidé li. tout prix li. répri- mer le mouvement de libération en Angola. Du :L'este, les pires craintes qu'on pouvait éprouver li. cet égard ont été confirmées et, depuis l'adoption de la réso- lution par l'Assemblée générale, il y a eu en Angola une véritable hécatombe. En dépit d'une censure sévère et de l'expulsion d'un grand nombre de journa- listes étrangers et de représentants d'agences de presse, les renseignements qui ont pu parvenir d'Angola montrent que les autorités portugaises et la population européenne de l'Angola, au su des auto- rités et avec leur complicité, se sont livrées, con- trairement aux principes les plus élémentaires du droit. au massacre de milliers d'Africains dont la seule faute était de demander leur liberté et d'es- sayer de. jeter bas le joug vermoulu du colonialisme. Ces atrocités ont'soulevé une vague d'indignation dans le monde entier et les chefs de gouvernement et l'opinion publique, notamment. en Afrique et -::n Asie, ont. d'une seule voix. condamné ces indignités. Le continent africain tout entier a été bouleversé et partout les Africains ont été profondément agités et courroucés par le massacre de leurs frères angolais. 27. Quels sont les éléments de la situation qui ont amené près de la moitié des Membres de l'Organi- 28. As l have indicated earlier, the Portuguese atti- tude has been one of complete lack of co-operation with the United Nations. There has been no sigu on the side of Portugal of even the slightest move or intention to act in accordance with the General As- sembly resolution 1603 (XV) of 20 April 1961, such as introducing reforms, adopting the elective system with broad franchise, etc. On the contrary, during the last seven or eight weeks news has reached the out- side world, despite severe Portuguese censorship, of large-scale killings and massa~res. Towards the end of May British journals estimated the number of Africans killed in recent weeks in Portuguese opera- tions against the people of Angola at 20,000 to 30,000. According to the New Statesman and Nation, _"some 35,000 virtually defenceless Africans have already been butchered by machine-l?;Uns and napalm". A writer in the independent conservative weekly "~ tator quoted the figure of 20, 000 as the "most ap- parently trustworthy and by no means the largest of the figures that have slipped through the terror- struck censorship". The Economist, a weekly of high standing, says that the killing of Africans had been "indiscriminate" and puts the figure at "thousands or tens of thousands". A correspondent of the British Daily Mirror who visited Angola recently has stated in an article in that paper under the heading "Agony in Angola": "During the past few weeks thousands of Africans have died in savage revoIt and brutal repression in the Portuguese colony. The Portuguese claim to have slaughtered already 30,000 African men, women and children alike." The correspondent goes on to say that "the African wind of change has blazed into a tearing hurricane of death and destruction". 29. The Daily Herald, another British paper, on 16 May 1961, said in an article captioned IlAner the Rain-Terror": "Violence and terror on a scale never before known in Africa are expected any moment in the Portuguese colony of Angola, now that the rainy season has ended. For 25,000 Portuguese troops and _airmen, with modern arms, will then be ready to start a 'death or submission' campaigu against the poorly-armed African rebels in the northern part of the country-estimated at a quarter million. And the death-roll of the past eight weeks-900 Europeans murdered, and possibly 20,000 Africans shot or burned to death by napalm bombs-will seem small in comparison when this promised campaign starts." 30. Be it noted that these estimates are by journ'lls of a country which is commonly referred to as Portu- 28. Comme je l'ai déjll indiqué, le Portugal a adopté une attitude tendant 11 rejeter toute coopération avec les Nations Unies. Rien, dans l'attitude du Portugal, n'indique que celui-ci ait pris la moindre décision, ou ait la moindre intention d'agir conformément 11 la résolution 1603 (XV) adoptée le 20 avril 1961 par l'Assemblée générale, par exemple en introduisant Jes réformes, en adoptant un système électif accor- dant le droit de vote 11 une grande partie de la popu- lation, etc. Bien au contraire, depuis sept ou huit semaines, malgré la censure sév~re imposée par le Portugal, le monde extérieur a appris qu'il y avait eu un peu partout des assassinats et des massacres. Vers la fin mai, des revues britanniques -estimaient que le nombre d'Africains tués au cours des der- nières semaines lors des opérations mené'es par le Portugal contre la population de l'Angola atteignait de 20 000 â 30 000. Selon le New Statesman and Nation, "environ 35 000 Africains virtuellement sans défense ont déjll été massacrés 11 la mitrailleuse et au napalm". Un journaliste écrivant dans l'hebdomadaire conservateur indépendant Spectator cite le chiffre de 20 000 comme "le plus probable mais nullement le plus élevé des chiffres qui ont pu parvenir 11 l'étran- ger malgré une censure de terreur". L'Economist, hebdomadaire de haute tenue, dit que les Africains ont été tués "au hasard" et parle de "milliers ou de dizaines de milliers" de victimes. Dans un article paru dans le Daily Mirror sous le titre "Le martyre de l'Angola", un correspondant de ce journal britan- nique qui s'est rendu récemment en Angola s'expri- mait en ces termes: "Au cours de ces dernières semaines, des mil- liers d'Africains sont morts au cours de la révolte sauvage et de la répression brutale qui ont affecté la colonie portugaise. Les Portugais auraient déjll massacré 30 000 Africains, hommes, femmes et enfants." Le même correspondant dit encore dans cet article que le "nouveau vent qui soufflait en Afrique est devenu un véritable ouragan de mort et de destruction" . 29. Le Daily Herald, autre journal britannique, pu- bliait le 16 mai 1961 un article intitulé "Après les pluies - la terreur": "Maintenant que la saison des pluies est termi- née, on s'attend que la violence et la terreur s'abattent d'un moment li l'autre sur la colonie portugaise de l'Angola dans des proportions in- connues jusqu'alors en Afrique. En effet, 25 000 sol- dats et aviateurs portugais, équipés d'armes mo- dernes, seront alors prêts â lancer, dans la partie septentrionale du pays, une campagne de 'mort ou soumission' contre des rebelles africains médio- crement armés qui seraient au nombre de 250 000. Au cours des huit dernières semaines, 900 Euro- péens ont été assassinés et 20 000 Africains se- raient tombés sous les balles ou auraient été brûlés vifs par des bombes au napalm, mais ce bilan semblera faible quand la campagne annoncée aura commencé." 30. Je pris les membres du Conseil de remarquer qu'il s'agit 111 d'estimations publiées par des journaux 31. l do not propose to tire the Council by reading out gruesome details from other newspapers and re- ports, many of which have already been cited by representatives of Liberia, the United Arab Republic, the Soviet Union and Ceylon. Indeed, it is clear from what little information has reached the outside world regarding the situation in Angola, that a vast mas- sacre of Angolans is taking place in Angola. As Prime Minister Nehru said recently: "Itis slaughter- just slaughter-and there is no mitigating factor." 32. This is a result of the combined action of the Portuguese authorities and of the Portuguese popula- tion in Angola, and anyone who has lived in colonial conditions knows that the two are indistinguishable. Little wonder that nearly 80,000 refugees have fled Angola to seek asylum in the Republic of the Congo. It is an open secret tha:t Portugal has sent, and is continuing to send, large-scale armed reinforcements into Angola. There are now said to be at least 25,000 modern and well-armed Portuguese troops in Angola and Portuguese armed units have bombed and strafed and killed the African population indiscriminately and burnt villages and towns. The white Portuguese popu- lation, numbering 200,000, has been allowed or con- nived at by the Portuguese authorities to take the law into its own hands. 33. As has been pointed out by Ml'. Hamilton Fish Armstrong, Editor of the Foreign Affairs magazine, who has just returned from Western Africa, in an article in The New York Times Magazine of 21 May 1961: "Arm.y planes are strafing African villages, and civilians have been armed not only for defence but for revenge. Together they have disposed of at least five Africans for every Portuguese victim." 34. Mu.ch is made of the fact that some elements among the Angolan people have killed a fairly large number of Portuguese in various parts of Angola. While one cannot condone killings of civilians, who- ever they may be, one has to understand the plight of the Angolan people. Muzzled, cruelly exploited, sub- jected to the most ruthless system of forced labour, denied any voice in the government of their own coun- try and made to feel as strangers in their own home- land, provoked by mass killings of fellow Angolans, is it any wonder that many among them feel that they .have no choice left but to take recourse to arms and to retaliate? Indeed, the fact that the Angolan people, a peace-loving African people, are in their present plight after hundreds of years of Portuguese rule and have been driven to resort to arms for the vindica- tion of their rights, is the gr~atest condemnation of Portuguese rule in Angola and proof of the severity 31. Je n'entends pas lasser le Conseil en donnant lecture de détails horribles relevés dans d'autres journaux et publications, et dont beaucoup ont déjà. été cités par les représentants du Libéria, de la République arabe unie, de l'Union soviétique et de Ceylan. Il ressort clairement des quelques rensei- gnements qui sont parvenus au monde extérieur au sujet de la situation en Angola que l'on extermine la population de ce pays. Comme le disait récemment le Premier Ministre Nehru: "C'est un massacre - rien de moins qu'un massacre - et il n'y a aucune circonstance atténuante". 32. Cela résulte de l'action conjointe des autorités portugaises et de la population portugaise de 1'Angola, et quiconque a vécu dans un territoire colonial sait que ces deux actions se confonden~. Il n'est guère étonnant que près de 80 000 personnes aient fui l'Angola pour chercher refuge dans la République du Congo. Ce n'est un secret pour personne que le Portugal a envoyé et continue d'envoyer des renforts considérables en Angola. A l'heure actuelle, ily aurait en Angola au moins 25 000 soldats portugais, bien équipés d'armes modernes, et des unités armées portugaises ont procédé à. des bombardements, tuant la population africaine au hasard et brQlant villes et villages. Les autorités portugaises ont permis ou toléré que la population portugaise blanche, qui compte 200 000 habitants, fasse la loi dans le pays. 33. Comme l'a souligné dans un article publié le 21 mai 1961 par la publication hebdomadaire The New York Times Magazine, M. Hamilton Fish Armstronr;, rédacteur en chef de la revue Foreign Affairs, qui vient de rentrer d'Afrique occidentale: "Des avions militaires bombardent les villages africains, et les civils ont été armés non seule- ment pour se défendre mais pour se venger. Mili- taires et civils réunis ont tué au moins cinq Afri- cains pour chaque victime portugaise." 34. On fait grand cas du fait que certains éléments de la population angolaise ont tué un assez grand nombre de Portugais dans diverses parties du ter- ritoire. Certes, on ne saurait excuser le massacre de civils quels qu'ils soient; mais il faut comprendre la situation du peuple angolais. Est-il étonnant que bon nombre d'Angolais, bâillonnés, cruellement ex- ploités, a~sujettis au plus.. impitoyable des régimes de travail forcé, n'ayant le droit departiciperaugouver- nement de leur propre pays et se sentant étrangers dans leur propre patrie, provoqués par le massacre de leurs compatriotes, pensent qu'il ne leur reste pas d'autre choix que de recourir aux armes et d'user de représailles? Le fait même que les Angolais, :Jeuple africain pacifique, se trouvent dans cette triste situa- tion après des centaines d'années de domination por- tugaise et aient été amenés à. prendre les armes pour faire respecter leurs droits constitue la condamnation 35. These then are the facts of the situation; facts which stare the United Nations in the face and cannot be ignored by the international community. One can- not forget that these outrages, these massacres which virtually amount to genocide, are being perpetrated by a colonial Power which, by subscribing to the Charter of the United Nations, and by vil'tue of the General Assembly's resolution 1514 (XV), has re- sponsibility towards the people of Angola as a saCl-ed trust. 36. Much has been said by the Portug"uese repre- selltative at the Security Council to deny the compe- tence of the United Nations and of the Security Coun- cil to discuss the situation in Angola. It is contended that the Angolan situation is entirely a domestic issue and, therefore, its consideration is barred under Article 2, paragraph 7 of the Charter. By inference, it is said that what the Portuguese authorities do in Angola, whether they commit mass killings or not, is of no concern to anyone else, not even to the United Nations. 37. We are constrained to observe that these views reflect an outmoded and almost medieval mentality. Such pleas are based on complete unawareness of the changes that have taken place in the concept of human rights and of the very fundamental thinking behind the formulation of the United Nations Charter. Apart from the scientific and technological progress regis- tel-ed in the last two or three centuries, particularly during the last two or three decades, there has been a tremendous revolution in human thought, in inter- national thinking and in the norms of international behaviour as' between peoples and peoples, even though one may sadly admit that the stature of man has not grown nearly as fast as the pace of scientific achievement. 38. The Charter of the United Nations itself crystal- lizes these changes. One would do well to recal! sorne of the noblest ideas which inspired the drafting of the Charter. In the memorable words of Field Marshal Smuts in San Francisco: "The New Charter should not be a mere legalistic document for the prevention of war. It would sug- gest that the Charter should contain at its very out- set and in its preamble, a declaration of human rights and of the common faith which has sustained the Allied peoples in their bitter and prolonged struggle for the vindication of these rights and that faith••• "Let us, in this new Charter of humanity, give expression to this faith in us, and thus proclaim to the world and to posterity that this was not a mere brute struggle of force between the nations but that for us, behind the mortal struggle, was the moral struggle, was the vision of the ideal, the faith in justice and the resolve to vindicate the fundamental rights of man, and on that basis to found a bettel', freer world for the future•••• "The peace we are striving for, and are taking such pains to safeguard, is a peace of justice and 35. Tels sont donc les faits, en face desquels les Nations Unies se trouvent et dont la communauté internationale ne saurait se désintéresser. On ne peut oublier que ces atrocités, que ces massacres, qui ne sont guère autre chose qu'un génocide, sont com- mis par une puissance coloniale qui, en tant que signa- taire de la Charte des Nations Unies et aux termes de la résolution 1514 (XV) de l'Assemblée générale, a une mission sacrée envers le peuple angolais. 36. Au Conseil de sécurité, le représentant du Portu- gal a avancé de nombreu." arguments selon lesquels les Nations Unies et le Conseil n'auraient pas compé- tence pour discuter de la situation en Angola. Il prétend que cette situation est une question nationale strictement intérieure et que, par conséquent, le paragraphe 7 de l'Article 2 de la Charte interdit son examen. Il en conclut que les actes des autorités portugaises en Angola, qu'elles se livrent ou non ho des massacres, ne concernent pe"rsonne d'autre, pas même les Nations Unies. 37. Nous sommes obligés de faire observer que ces opinions traduisent une mentalité démodée et quasi médiévale. Ces allégations découlent d'une ignorance complète des changements qui sont intervenus dans la conception des droits de l'homme et une mécon- naissance des principes fondamentaux qui ont présidé ho l'élaboration de la Charte des Nations Unies. Abs- traction faite des progrès scientifiques et techniques enregistrés depuis deux ou trois siècles, et plus par- ticulièrement depuis 20 ou 30 ans, il y a eu une révo- lution extraordinaire dans la pensée humaine, dans la pensée internationale et dans les normes du com- portement international entre peuples, même s'il faut, hélas, reconnaftre que l'homme ne s'est pas développé ho un rythme aussi rapide que la science. 38. La Charte des Nations Unies elle-même concré- tise ces transformations. On ferait bien de se rappeler certaines des idées les plus nobles qui ont inspiré les auteurs de la Charte. Dans le discours mémorable que le maréchal Smuts prononça ho San Francisco, il dit notamment: "La nouvelle Charte ne doit pas être un simple dOCl1ment juridique tendant ho prévenir la guerre. Je désirerais proposer que la Charte contienne, tout au début et dans son préambule, une décla- ration des droits de l'homme et de la foi commune qui a soutenu les peuples alliés dans leur longue lutte implacable pour l'affirmation même de ces droits et de cette foi ••• "Que cette Charte nouvelle de l'humanité soit l'expression de cette foi qui est en nous, et qu'elle proclame ainsi au monde et ho la postérité que cette guerre ne fut pas une simple lutte de force brutale entre les nations, mais que, pour nous, derrière li! lutte ho mort, il y avait la lutte d'ordre moral, la vision d'un idéal, la foi en la justice et la résolution d'affirmer les droits fondamentaux de l'homme et de fonder pour l'avenir, sur ces principes, un monde meilleur et plus libre ••• "La paix pour laquelle nous luttons et qùe nous faisons tant d'efforts pour sauvegarder est une paix 39. One of the most momentous results of the agony and travail of the two World Wars has been the quickening of the sense of human values and a reali- zation of the importance of human rights and funda- mental freedoms for the maintenance of world peace. Today, thanks to the mass media of information and world-wide communications, there has developed what has been aptly described in the preamble to the Universal Declaration of Ruman Rights, as the "con- science of manldnd". There is no doubtthatthe events that are happening in Angola, the brutality with which the aspirations of the people of Angola are being crushed, have shocked the conscience of mankind and anything which does that necessarily becomes a source of international friction and conflict. 40. Today, freedom movements gather round them vast waves of sympathy. African nationalism does not merely inspire great numbers of Africans. Africans are not alone in their struggle to be masters of their own destiny. In their resolve to expurgate colonialism from the soil of Africa, many hundreds of millions on the vast continent of Asia are solidly and four-square behind them, and they have also the support, if 1 may say so, of larg9 elements of public opinion in North America, Latin America and in Europe. Already some African countries have made no secret of their resolve to render assistance to the freedom fighters of Angola by all possible means including, if neces- sary, the supply of arms, and to take unilateral action against Portugal. Therefore, the whole situa- tion is one of extreme explosiveness, an actual and potential source of international friction and a threat to international peace and security. 41. Time and again Portuguese representatives have stated before the United Nations that Angola and other Portuguese colonial territories are "overseas provinces" of Portugal. The fact that on every oc- casion such a plea has been rejected is enough proof of the hollowness of such a claim. Yet Portugal seems to cling pathetically to this exploded mythe As a matter of fact, after examination by the Special Com- mittee of Six, which laid down the now famous twelve principles for determination as to whether or not obligation to transmit information in respect of a No:n-Self-Governing Territory exists under Arti- cle 73 e of the Charter, the General Assembly de- cided, in its resolution 1542 (XV) that the so-called Portuguese "overseas provinces" in Africa and Asia, were Non-Self-Governing Territories within the meaning of Chapter XI of the Charter. In the twelve principles, which were adopted by the General As- sembly in its resolution 1541 (XV), on the recom- mendation of the Special Committee of Six, it was laid down that: "Principle VIII "Integration with an independent State should be on the basis of complete equality between the 11 United Nations Conference on International Organization. P/I3. "Principe VIII "L'intégration 11 un Etat indépendant doit se faire sur la base de l'égalité complète entre le peuple du y Conférence des Nations Unies sur l'Organisation internationale. P/13. "Principle IX "Integration should have come about in the follow·· ing circumstances: "(a) The integrating territory should have at- tained an advanced stage of self-government with free political institutions, so that its peoples would have the capacity to make a responsible choice through informed and democratic processes; "(b) The integration should be the result of the freeÏy expressed wishes of the territory's peoples acting with full knowledge of the change in their status, their wishes having been expressed through informed and democratic processes, impartially conducted and based on universal adult suffrage. The United Nations could, when it deems it neces- sary, supervise these processes." 42. It is obvious that in the case of Angola not one of the conditions listed in Principles vm and IX is fulfilled. Except the "assimilados", who are but a small fraction of the Angolan people, the latter do not enjoy the elementary civic rights and have no voiee in the government of their country. Portugal's unilateral declaration that Angola and its other co- lonial territories in Afriea and Asia are part of Portugal cannot he regarded as anything but capri- cious and a legal fiction. 43. The sacred-trust undertaken by a colonial Power towards the inhabitants of a Non-Self-Governing Territory under Chapter XI of the Charter neces- sarily creates the obligation of accountability to the United Nations. During the past two decades, there has been the development of a strong world attitude towards colonialism. Peoples and eountries which have, during the post-war period, shaken off the colonial yoke, have been increasingly vocal and articulate in matters concerning the freedom of de- pendent peoples and have, in no uncertain measure, influenced international thinking and attitudes towards the colonial system. A milestone in this development was the declaration of the Bandung Conference: "that the subjection of peoples to allen subjugation, domina- tion and exploitation constitutes a denial of funda- mental human rights, was contrary to the Charter of the United Nations and was an impediment to the promotion of world peace and co-operation". 44. This was the voice of Asia and Africa, the unani- mous expression of opinion on behalf of half the world's population. The Bandung declaration came about în 1955 and stimulated and influenced the course of international relations; and five years later on 14 December 1960 the General Assembly in its now famous resolution on-the granting of independence to colonial countries and peop~es, 1514 (XV), confirmed the same by an overwhelming vote. Thus coloniallsm, "Principe IX "L'intégration devra s'être faite dans les condi- tions suivantes: "a) Le territoire intégré devra avoir atteint un stade avancé d'autonomie, avec des institutions politiques libres, de telle sorte que ses populations aient la capacité de choisir en pleine connaissance de cause, selon des méthodes démocratiques et largement diffusées; "2) L'intégration doit résulter du désir librement exprimé des populations du territoire, pleinement conscientes du changement de leur statut, la consul- tation se faisant selon des méthodes démocratiques et largement diffusées, impartialement appliquées et fondées sur le suffrage universel des adultes. L'Organisation des Nations Unies pourra, quand elle le jugera nécessaire, contrôler l'application de ces méthodes." 42. Il est manifeste que, dans le cas de l'Angola, aucune des conditions énumérées aux principes VUI et IX n'est remplie. A l'exception des "assimilados", qui ne sont qu'une fraction minime dupeuple angolais, celui-ci ne jouit pas des droits civiques élémentaires et ne participe pas au gouvernement de son pays. La déclaration unilatérale du Portugal selon laquelle l'Angola et ses autres territoires coloniaux d'Afrique et d'Asie font partie du Portugal ne peut être consi- dérée que comme une fiction juridique fantaisiste. 43. La mission sacrée assumée par une puissance coloniale envers les habitants d'un territoire non autonome en vertu du Chapitre XI de la Charte crée nécessairement l'obligation de rendre compte aux Nations Unies. Depuis 20 ans le monde a adopté peu li. peu une attitude très énergique li. l'égard du colo- nialisme. Les peuples et les pays qui ont secoué le joug colonial pendant la période d'après-guerre se sont exprimés de plus en plus fermement et de plus en plus nettement sur les questions relatives li. la liberté des peuples dépendants et ils ontindiscutable- ment influencé la pensée et les attitudes internatio- nales il. l'égard du système colonial. La Conférence de Bandoung a marqué une étape dans cette évolution; la déclaration qu'elle a adoptée proclamait en effet que "l'assujettissement de peuples li. la subjugation, li. la domination et li. l'exploitation étrangères consti- tue une négation des droits fondamentaux de l'homme, une violation de la Charte des Nations Unies et un obstacle li. l'instauration de lapaixet de la coopération mondiales"• 44. Telle a été la voix de l'Asie et de l'Afrique, expression unanime de l'opinion de la population de la moitié du monde. La Déclaration de Bandoung, formulée en 1955, a stimulé et influenœ le cours des relations internationales; cinq ans plus tard, l'Assem- blée générale l'a confirmée enadoptant le 14 décembre 1960, li. une écrasante majorité, sa résolution 1514 (XV), désormais célèbre, sur la fin du colonialismeet l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples 45. l may quote here the words of Prime Minister Nehru: "What is happening in Angola goes very much beyond the normal pale of human tolerance andpoliti- cal tolerance", taken in conjunction with the other e1ements of the situation. The situation in Angola is one in which it is the duty of the Security Council to act. 46. Thus, to summarize, the situation in Angola has the following serious elements: first, the massacre of thousands of indigenous people, whose only fauIt is that they desire freedom, is a gross violation of hu- man rights; secondly, the perpetration of such vio- lence in a Non-Self-Governing Territory by the Portuguese armed forces and others amounts to a colonial war for the suppression of the people of Angola, which is contrary to the ethics of the United Nations as clearly expressed in the Charter and re- affirmed in detail in the anti-colonial resolution, operative paragraph 4 of which reads: "AlI armed action or repressive measures of all kinds directed against dependent peoples shall cease in order to enable them to exercise peace- fully and freely their right to complete independ- ence, and the integrity of their national territory shall be respected." [resolution 1514 (XV)]; thirdly, the great wave of sympathy for the Angolan people and indignation at the indiscriminate killings of African people throughout the continent of Africa and the determination of peoples and Governments of African countries to prevent such killings; fourthly, the moral challenge posed to the United Nations by the outrage against the conscience of mankind being perpetrated in Angola; fifthly, the denial ofelementary civic rights to the African people of Angola, including rights and opportunities for their effective participa- tion in the Government of Angola; sixthly, the in- evitability of the people of Angola, who like other African peoples still under subjection are yearning for freedom, taking recourse to violence in the ab- sence of any other means for the redress of their grievances. 47. These are the circumstances which make the Angolan situation a highly explosive one likely to cause international friction and a threat to inter- national peace and security. It is imperative, in our opinion, for the Security Council to act in this matter. Action by the Security Council may make all the difference. It may put a brake on the ruthlessness of the Portuguese authorities in Angola and might induce Portugal to initiate immediately those processes which are contemplated in General Assembly resolu- tion 1514 (XV), which would lead the people of Angola 45. Je voudrais citer ici, pour les rapprocher des autres éléments de la situation, les paroles du premier ministre Nehru: "Ce qui se passe en Angola dépasse de beaucoup les limites normales de la tolérance humaine et de la tolérance politique." La situation en Angola est telle que le Conseil de sécurité a le devoir d'agir. 46. En résumé, la situation en Angola est grave pour les raisons suivantes. Premièrement, le massacre de milliers d'autochtones dont la seule faute est de vouloir la liberté, est une violation flagrante des droits de l'homme; deuxièmement, les actes de vio- lence ainsi commis dans un territoire non autonome par les forces armées portugaises et autres équivalent à. une guerre coloniale de répression contre le peuple angolais, contrairement aux principes moraux des Nations Unies tels qu'ils ont été clairement exprimés dans la Charte et réaffirmés par le détail au para- graphe 4 du dispositif de la résolution anticoloniale, qui est ainsi conçu: "Il sera mis fin à. toute action armée et à. toutes mesures de répression, de quelque sorte qu'elles soient, dirigées contre les peuples dépendants, pour permettre à. ces peuples d'exercer paCifiquement et librement leur droit à. l'indépendance complète, et l'intégrité de leur territoire national sera res- pectée." [Résolution 1514 (XV).] Troisièmement, le grand mouvement de solidarité avec le peuple angolais et l'indignation soulevée dans tout le continent africain par les massacres aveugles d'Africains et la volonté des peuples et des gouver- nements d'Afrique d'empêcher ces massacres; qua- trièmement, le défi moral lancé aux Nations Unies par cette atteinte à. la conscience de l'humanité; cinquièmement, le déni des droits civiques élémen- taires aux Africains d'Angola, notamment du droit de participer effectivement à. l'administration du pays; sixièmement, le fait que le peuple angolais, qui aspire à. la liberté comme tous les autres peuples africains encore soumis au joug étranger, doit inévitablement, faute d'autres moyens, recourir à. la violence pour obtenir réparation. 47. Telles sont les raisons qui rendent la situation en Angola extrêmement dangereuse et en font une cause de friction internationale et une menace pour la paL'C et la sécurité internationales. A notre avis, il est absolument indispensable que le Conseil de sécurité intervienne. Son intervention, en l'occur- rence, peut tout changer. Elle peut avoir pour effet de mettre un frein aux agissements impitoyables des autorités portugaises en Angola et d'amener le Portu- gal à. prendre immédiatement les mesures qui sont envisagées dans la résolution 1514 (XV) de 1'Assem- 48. If the Security Council is for some reason un- able to take action, we fear that the consequences in Angola and, indeed, for a large part of Africa may be very serious indeed. In this connexion, we must point out that Portuguese colonial rule seeks to de- rive sustenance from its allies and its military al- liances and partnerships with some big Powers. Under cover of its membership of The North Atlantic Treaty Organization (NATO), Portugal has been able to put up a front in the United Nations, where it has often been supported by its great allies. This is not the occasion, nor is it my intention, to speak on the military alliances which honeycomb the world today, but we feel that those concerned ought to realize that alliances such as NATO, which has been invoked in the past for the defence of Portuguese colonialism, become vitiated in the minds of millions of people in Africa and Asia. Fortunately, in very recent months, there has been a welcome realization by some big Powers of the danger of identification of the NATO alliance with the Portuguese colonial system, and my Government has wholeheartedly welcomed the change in the policy of the United States indicated by its sup- port for the draft resolution on Angola in the Security Council in March [946th meeting] and later in the General Assembly.Y We hope that the other Powers concerned will see the situation in Angola in its true perspective. It is, of course, the sovereign right of any country to be an ally of another, but to let al- liances, political or military, come in the way of a correct appreciation of the tremendous issues posed by the existence of colonialism would, in our view, not be conducive to true international co-operation and harmony. The world has to recognize that this century will live in the history of mankind as the one that sounded the death knell of colonialism and saw colonialism's end; and the quicker and smoother the exit of colonialism the better it would be for aIl con- cerned and for world peace. 49. The draft resolution that is before the Security Council [S/4828] seems to us a good one and has the full support of my delegation. We believe that the Security Council, in aIl the circumstances of this case, would have been justified in adopting a much stronger resolution. We are conscious of the fact that a Sub-Committee has been appointed by the General Assembly in pursuance of resolution 1603 (XV). We think it would be very wise for the Security Council to adopt a Sub-Committee for its own purposes: that is to say, the same Sub-Committee may be asked to undertake an investigation and report to the Security Council as weIl as to the General Assembly. We feel that the gravity of the situation demands an urgent and expeditious report by the Sub-Committee. We trust that every facility will be given by the Portu- guese authorities to the Sub-Committee to proceed 48. Si, pour une raison quelconque, le Conseil de sécurité ne peut agir, nous craignons qU'il n'en résulte pour l'Angola, et même pour une grande partie de l'Afrique, des conséquences extrêmement graves. À cet égard, nous devons signaler que le régime colo- nial portugais cherche à obtenir un appui de ses alliés et à se faire épauler par ses alliances et associations militaires avec certaines grandes puis- sances. Sous le couvert de son appartenance à l'Orga- nisation du Traité de l'Atlantique nord (OTAN), le Portugal a été à même d'éviter l'isolement à l'Orga- nisation des Nations Unies, oil. il a été souvent appuyé par ses puissants alliés. Ce n'est pas le moment, et ce n'est pas non plus mon intention, de parler des alliances militaires qui compartimentènt le monde aujourd'hui, mais nous pensons que les pays intéres- sés devraient comprendre que des alliances comme l'OTAN, qui a été invoquée dans le passé pour la défense du colonialisme portugais, se trouvent dis- crêditées aux yeux des millions d'habitants de l'Afri- que et de l'Asie. Heureusement, au cours de ces derniers mois, certaines grandes puissances se sont rendu compte du danger qu'il yaàidentifier l'alliance de l'OTAN au système colonial portugais. et mon gouvernement a été très heureux du changement de politique des Etats-Unis, qui ont voté pour la réso- lution relative à l'Angola au Conseil de sécurité en mars dernier [946ême séance], et ensuite à l'Assem- blée généraleY. Nous espérons que les autres puis- sances intéressées verront la situation en Angola dans sa vraie perspective. Certes, tout pays a le droit souverain de s'allier avec n'importe quel autre pays, mais permettre que des alliances, politiques ou mili- taires, empêchent de porter· un jugement sain sur les questions décisives que pose l'existence du colo- nialisme n'aiderait pas, à notre avis, à promouvoir une coopération et une harmonie véritables entre les nations. Le monde doit reconnaftre que ce siècle restera dans l'histoire de l'humanité comme celui qui aura sonné le glas du colonialisme et qui en aura vu la fin; et plus le colonialisme disparaftra rapide- ment et sans heurt, mieux cela vaudra pour tous les intéressés et pour la paix du monde. 49. Le projet de résolution dont le Conseil de sécurité est saisi [S/4828] nous semble satisfaisant et il a le plein appui de ma délégation. Nous pensons que le Conseil de sécurité aurait été fondé, en l'occurrence, à adopter une résolution beaucoup plus énergique. Nous n'ignorons pas qu'un sous-comité a été désigné par l'Assemblée générale en application de la réso- lution 1603 (XV). A notre avis, le Conseil de sécurité agirait sagement en recourant lui-même à un sous- comité; nous voulons dire que le même sous-comité pourrait être prié d'entreprendre une enquête et de faire rapport au Conseil de sécurité aussi bien qu'à l'Assemblée générale. Nous estimons que la gravité de la situation exige que le sous-comité fasse un rap- port dans le plus bref délai. Nous espérons que les autorités portugaises accorderont au sous-comité toutes les facilités nécessaires pour se rendre en y Documents officiels de l'Assemblée générale, quinzième session (2ème partie), Séances plénières, 992ème séance.
On his return from a recent colonial tour of inspection in Angola, the Minister for the Colonies of the Salazar Government, Mr. Adriano Moreira, brazenly stated at Lisbon: "What is happen- ing in Angola is aggression, and its purpose is cIear-genocide." 51. We who know the true situation in Angola found Mr. Moreira's whole statement to be a tissue of bla- tant untruths, revealing beyond any doubt the state of mind of the Portuguese dictator, Mr. Salazar. and showing clearly the spirit behind the plan of Mr. Salazar's fascist and very colonialist Government to suppress the Angolan revolution. 52. So, according to the Minister for the Colonies of the Lisbon Government, it is the Angolan people which is systematicaIly exterminating all Portuguese nationals in Angola. According to Mr. Moreira, there- fore, the Angolans are the aggressors against the Portuguese people. AlI Mr. Moreira has to do now is propose to Mr. Salazar that he should ask the United Nations to intervene in order to stop Angolan aggres- sion against Portugal. There can be no doubt that Mr. Salazar and his Government firmly believe that the world is very simple-minded. In fact, everyone knows perfectly well that in Angola and Cabinda it is a matter, no longer of so-caIled clearing or mopping- up operations, but of a war unleashed by Mr. Salazar against the Angolan people-a war which he wages ferociously, by methods and means known to us aIl. Liners such as the Vera Cruz have been turned into troopships and are landing, in Angola, whole contin- gents of soldiers with modern equipment; there will soon be 20,000 such troops. In Angola itself, we find aIl Portuguese citizens of military age mobilized, airborne forces based in Angola or sent from Portu- gal brought into aci1on, new local ml.litia forces organized and hurriedly trained, a large supply of modern weapons sent to angola, and new strategie bases prepared-that is what, in fact, is happening. 53. On the political level, is it not true that sinee Mr. Salazar launched his attack he has frequently reshuffled his Cabinet, putting his cwn men in the key posts-men of whom he is sure and who have agreed to carry out his orders for extermination rigorously and pitilessly? Do not the Salazarists loudly and clearly proclaim their readiness to fight to the last man in order to keep and maintain Angola under the Portuguese colonial system-Angola, this colony which 50. M. DADET (Congo [Brazzaville]): Le Ministre des colonies du gouvernement Salazar, M. Adriano Moreira, de retour d'un récent voyage d'inspection coloniale en Angola, a déclaré cyniquement à. Lis- bonne: "Ce qui se passe en Angola est une agression dont le but est clair: le génocide." 51. Pour nous, qui connaissons la situation réelle en Angola, nous avons trouvé que toute la déclaration de ce M. Moreira est tissue d'éclatantes contre- vérités qui caractérisent de façon indiscutable l'état d'âme du dictateur portugais, M. Salazar, et démontre par ailleurs clairement l'esprit du programme élaboré par le gouvernement fasciste et très colonialiste que préside M. Salazar pour étouffer la révolution ango- laise. 52. Donc, selon le Ministre des colonies du gouver- nement de Lisbonne, c'est le peuple d'Angola qui est en train d'exterminer systématiquement tous les nationaux portugais qui sont en Angola. D'après M. Moreira, par conséquent, les Angolais sont les agresseurs du peuple portugais. Il ne reste plus A M. Moreira que de proposer AM. Salazar de deman- der l'intervention de l'ONU pour réprimer l'agression angolaise contre le Portugal. Il ne fait aucun doute que M. Salazar et son gouvernement croient ferme- ment A la nai'veté de la conscience internationale, alors que tout le monde sait parfaitement qu'actuellement, il ne s'agit plus, en Angola et au Cabinda, d'opérations dites de ratissage et de nettoyage, mais qu'il s'agit bien d'une guerre que M. Salazar a déclenchée contre le peuple angolais, guerre qu'il soutient férocement par et avec des moyens que nous savons. Des paque- bots comme la Vera Cruz sont transformés en transports de troupes et débarquent en Angola, par contingents entiers, des soldats équipés de façon moderne; ces soldats atteindront bientôt le nombre de 20 000. En Angola même, la mobilisation de tous les citoyens portugaIs en âge d'être militaires, l'utili- sation des forces armées et aéroportées basées en Angola ou en provenance du Portugal, l'organisation et l'entrafnement accéléré de nouvelles milices lo- cales, l'envoi en Angola d'un important contingent d'engins de guerre modernes, l'aménagement de nou- velles bases stratégiques, voilA ce qui se passe. 53" Sur le plan politique, M. Salazar ne procède-t-il pas, depuis le déclenchement de l'agression dont il est l'auteur, à. de fréquents remaniements ministé- riels, plaçant aux postes .clefs des hommes A lui, des hommes dont il est sUr et qui ont accepté d'appliquer rigoureusement et impitoyablement ses directives d'extermination? Par ailleurs, les salazariens ne déclarent-ils pas hautement et clairement qu'ils sont disposés à. se faire tuer, tous jusqu'au dernier, pour 55. Whom does Portugal think it is fooling when it tries to make us believe that it is Angola which is practising genocide against the Portuguese people? 56. In several of his statements, Ml'. Salazar has spoken of aggression in Angola, of a war against Portugal, in arder to justify-in the eyes of the Portuguese people and of the world-the mobilization of his military forces against an African people which, despite its limited resources for the fight, is winning sympathy and gaining the admiration of those countries that love justice, peace and freedom. 57. We say, therefore, that there is war in Angola and that the episode we are witnessing is only one phase of it. Ml'. Salazar's colonialist press agency, faithfully carrying out his diversionary tactics, clearly reveals its lack of regard for the truth when it puts out reports such as the following: "The forces of order have dispersed concentra- tions of Africans, considered to be suspect, in the neighbourhood of Malanja, 425 kilometres east of the capital of Angola. "Also in the North, detachments of riflemen, paratroops and infantry have carried out a large- scale clearing operation in the Negro villages of the Negage region, where the rebels were hiding. The Portuguese troops have taken many prisoners. In the Damba region, an African village was attacked for several hours by the outlaws, who finally with- drew after suffe"ring considerable losses.••" 58. That is the kind of report you get in the war bulletin published every day by Portugal. You may be sure that the truth is carefully camouflaged in such cases. For the Portuguese information bulletin is careful not to publish every day the numbers of people killed, of women disembowelled and of children mutilated. Portugal is repatriating many Portuguese families from Angola while its soldiers land in the country. Ml'. Salazar talks of aggression and of a war against the Portuguese people. In the daily bulletins published by the Portuguese press agency one can find a certain number of facts which show clearly who the real aggressor is. 59. In the face of all this, does Ml'. Salazar think he can make us believe that this is a matter which concerns only the Portuguese Government because Angola is a Portuguese province? It is beyond our understanding. Portugal's representative here is con- stantly talking about the Portuguese province of Angola, and a Portuguese informationbulletin actually states that "the Portuguese troops have taken many prisoners". Prisoners from what country? Are the Portuguese taking each other ,..risoner? 60. We have seen many cabUS of civil war. But in our opinion there is no resemblance between those 55. De qui se moque le Portugal lorsqu'il veut faire croire que c'est plutôt l'Angola qui pratique le géno- cide à l'égard du peuple portugais? 56. Dans plusieurs de ses déclarations, M. Salazar a parlé de l'agression en Angola, de guerre contre le Portugal, afin de justifier aux yeux du peuple por- tugais et du monde, la raison de la mobilisation de ses forces militaires contre un peuple africain qui, en dépit de la modicité de ses moyens de lutte, est en train de gagner la sympathie, tout en s'attirant l'admiration des pays épris de justice, de paix et de liberté. 57. Nous disons donc que la guerre existe bien en Angola et que l'épisode que nous en connaissons n'en est qu'une phase. L'agence de presse colonialiste de M. Salazar, fidèle à sa tactique de diversion, se révèle nettement au-dessous de la vérité lorsqu'elle diffuse des informations comme celles-ci: "Des forces de l'ordre ont dispersé des concen- trations d'Africains considérés comme suspects aux alentours de Malanja, à 425 kilomètres à l'est de la capitale de l'Angola. "Toujours dans le Nord, des contingents de chas- seurs à pied, des parachutistes et l'infanterie ont mené une vaste opération de nettoyage dans des villages noirs de la région de Negage, où se ca- chaient les rebelles. Les troupes portugaises ont fait de nombreux prisonniers. Dans la région de Damba, un village africain a subi, pendant plusieurs heures, l'assaut des hors-la-loi qui se sont finale- ment retirés après avoir subi des pertes sen- sibles ••• " 58. Tel est le genre des quelques informations du bulletin de guerre publié chaque jour par le Portugal. Vous pensez bien que la vérité est soigneusement camouflée dans les cas d'espèce. Car le bulletin portugais d'information se garde bien de publier chaque jour le nombre de personnes abattues, de femmes éventrées et d'enfants mutilés. Le Portugal rapatrie d'Angola de nombreuses familles de ses nationaux et ce sont des soldats portugais qui dé- barquent en Angola. M. Salazar parle d'agression et de guerre contre le peuple portugais. L'agence de presse lusitanienne publie quotidiennement des bul- letins où l'on peut lire un certain nombre de faits qui situent clairement le vrai agresseur. 59. Avec cela, M. Salazar va-t-il nous faire croire qu'il s'agit là d'une affaire qui ne regarde que le Gouvernement portugais, parce que l'Angola est une province portugaise? Nous ne comprenons plus. Le représentant du Portugal parle constamment ici de la province portugaise d'Angola, et unbulletind'infor- mation du Portugal spécifie bien que "les troupes portugaises ontfait de nombreux prisonniers". Prison- niers de quel pays? Les Portugais seraient-ils en train de se faire prisonniers mutuellement? 60. Nous avons connu plusieurs cas de guerre ci- vile. Mais, à notre avis, il n'y a aucune similitude 61. The truth is that Mr. Salazar is more than ever determined to kill off the Africans; and the crude ex- cuse he offers to justify himself, in the eyes of those who are willing to listen and to believe him, is that he is fighting communism. 62. As the immortal President Lincoln so rightly said, "You may fool aIl the people some of the time, you can even fool some of the people aIl the time, but you can't fool aIl of the people aIl the time". Mr. Salazar can expect to get a shock very soon, as he cannot go on fooling aIl of worId opinion for very long. It is clearly quite untrue that the war Mr. Salazar is waging in Angola is against communism. We are not telling "Professor" Salazar anything new if we point out that, if you wish to deal with an evil effectively, you must attack it at the roots. So why does not Mr. Salazar attack the Soviet Uniondirectly? 63. Is it that Portugal, which in aIl its history has never sustained itself and emerged victor in a war, suddenly wants to distinguish itself in Africa, against peoples which claim no more than peaceful liberation from the colonial yoke? Are the innocent Negro children, who are killed practically every day in Angola, communists? Did Salazar's bullets find Com- munist Party cards on the pregnant women who were killed and disembowelled in Angola by his savage Portuguese soldiery? 64. But if Mr. Salazar insists on treating the Ango- lan nationalists as communists, other Africans will join them and be communists too, if communism is the only effective means, the only way, tofree peoples that are under foreign domination. 65. The way in which events have developed in Ca- binda and Angola has led the Government of the Re- public of the Congo (Brazzaville) to drawthe following conclusion: the events in these African territories which are struggling to achieve independence-that is, to achieve the same status as most African States already enjoy-have now become a matter of public concern and therefore cannot possibly be misinter- preted. Until the Portuguese Government adopted towards the nationalist movements a policy of active and bloody suppression, we could hope that it would be possible to persuade it to follow a policy of pro- gressive evolution, the ultimate aim of which would be self-determination for the peoples of Angola and Cabinda. Our concern is aIl the greater since we have had an opportunity to speak to many Angolan and Cabindan refugees and it seems to us that the Repub- lic of Portugal, under Mr. Salazar's leadership, is calmly embarking on a policy of liquidation-in the . first place of the people of Cabinda, with a view to making that enclave a jumping-off ground for the military campaign against Angola. It seems to us that the situation in this respect can be summarized as follows: the population of the Cabinda enclave is about 60,000 to 70,000 persons. More than 7,000 of 61. La vérité, c'est que M. Salazar est décidé plus que jamais ~ tuer les Africains, et pour cela il prend pour prétexte grossier, afin de se justifier aux yeux de ceux qui veulent l'entendre et le croire, qU'il lutte contre le communisme. 62. Comme l'a dit si logiquement l'immortel prési- dent Lincoln, "on peut tromper tout le monde un certain temps; on peut tromper quelques-uns tout le temps; mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps". M. Salazar doit s'attendre ~ être confondu très prochainement, car il ne pourra plus longtemps encore tromper toute l'opinion mondiale. Il est clairement et foncièrement faux que c'est contre le communisme que M. Salazar mène la guerre en Angola. Nous ne prétendons rien apprendre au "professeur" Salazar en lui faisant remarquer que si l'on veut s'attaquer avec efficacité à un mal, c'est par la racine qu'il faut commencer. Pourquoi donc M. Salazar ne s'attaquerait-il pas plutôt ~ l'Union soviétique directement? 63. Le Portugal, qui durant toute son histoire n'a jamais soutenu et gagné une guerre, voudrait-il brusquement se distinguer en Afrique contre des peuples qui ne réclament que leur affranchissement pacifique du joug colonial? D'innocents enfants noirs qui sont presque tous les jours tués en Angola seraient-ils des communistes? Les fourriers sala- zariens en Angola auraient-ils trouvé des cartes du parti communiste sur ces femmes enceintes qui sont abattues et éventrées en Angola par les sauvages soldats portugais de Salazar? 64. Mais si M. Salazar tient ~ considérer les natio- nalistes angolais comme des communistes, d'autres Africains se joindront aux nationalistes angolais pour être, eux aussi des communistes, si le communisme est le seul moyen efficace, la seule voie pour libérer des peuples soum.is ~ une domination étrangère. 65. Le développement des éléments qui se déroulent tant au Cabinda qu'en Angola a permis au Gouverne- ment de la République du Congo (Brazzaville) de tirer les déductions suivantes: la phase publique dans laquelle s'encastrent désormais les événements de ces territoires africains qui luttent pour obtenir l'indépendance - c'est-~-dire un statut égal ~ celui dont bénéficient actuellement la plupart des Etats africains - ne peut justifier aucune fausse interpré- tation. Tant que le Gouvernement portugais n'avait pas pris ~ l'égard des mouvements nationalistes une politique de répression active et sanglante, nous pouvions espérer qu'il serait possible d'obtenir de lui une évolution progressive dont l'objectif final serait l'autodétermination des peuples de l'Angola et du Cabinda. Notre inquiétude est d'·autant plus grande que nous avons eu l'occasion de nous entre- tenir avec de nombreux réfugiés angolais et cabindais et qu'il nous apparaft que la République du Portugal, sous la direction de M. Salazar, se dirige froidement vers la liquidation, d'abord du peuple cabindais pour faire de cette enclave une plate-forme de lutte militaire contre l'Angola. Il nous apparaît, dans ce domaine, que la situation peut se définir comme suit: l'enclave de Cabinda comprend environ 60 000 ~ 70 000 per- 66. Such is Ml'. Salazar's diabolical programme for the Cabinda enclave. You, Sir, representative of Portugal, can tell Ml'. Salazar, your master, here and now that so far as that programme is concerned, his defeat is a foregone conclusion. 67. In the case of Angola, it is harder for Portugal to apply the same policy. Angola is fourteen to fifteen times larger than Portugal itself, and its froutiers are not very weIl defined. It is virtually impossible for Portugal to police them integrally and, in that way, to prevent nationalist elements from intervening in Angola. It is obvious that the independence move- ment in the Portuguese colonies is now gathering momentum, and that the Portuguese representative is mistaken when he tries to make us believe that in Angola we have what he calls a "threat to inter- national peace and security arising out of the situa- tion prevailing in the northern region of the Portu- guese province of Angola". 68. Moreover, the Portuguese representative does not believe his own statements, and is well aware of the fact ,that Portugal's political and diplomatie heaIth is at present in need of serious attention precisely because Ml'. Salazar has stubbornly refused to take the prophylactic measures recommended to him by his closest friends. For Portugal is aState member of NATO in which, apparently, it plays an important l'ole in Atlantic defence. Of NATO, however, the Government of the Republic of the Congo (Brazza- ville) knows but the name. On this issue we have no ties with the Government of any country. This is aU the more understandable in that our country is an in- dependent State bordering on the Portuguese colonies and the course of events in these colonies has in- ternaI repercussions in our country, if only because of the problem of the refugees and the considerations of solidarity and brotherhood which it involves. 69. With regard to the problem of Angola and Ca- binda we cannot defend any policy other than that of the decolanization of the dependent African terri- tories-which, in particulaI', means that we must: first, claim the right to self-determination and in- dependence for all the African territories subjected to the colonial yoke; secondly, request the inter- national bodies ta which we belong not only to adopt a clear-cut attitude in that respect but also to take effective steps designed to bring about the independ- ence of the territories which have not yet been liber- ated; thirdly, give assurances of our support to those now fighting for the independence of their countries, and consequently pursue-as we. are doing-a policy of solidarity and brotherhood towards those who, 66. Voilll. le programme diabolique de M. Salazar pour l'enclave de Cabinda. Vous pouvez dês mainte- nant, Monsieur le représentant du Portugal, faire connanre ll. votre patron, M. Salazar, qu'en ce qui concerne ce programme, il est battu d'avance. 67. En ce qui concerne l'Angola, il est plus dif- ficile au Portugal d'y pratiquer une politique iden- tique. L'Ang'ola est de 14 ll. 15 fois plus grand que le territoire portugais, et ses frontiêres ne sont pas três déterminêes. Il est pratiquement impossible au Portugal de couvrir toutes ces frontiêres et d'empê- cher ainsi les éléments nationalistes d'intervenir en Angola. Il est clair cependant que le mouvement d'indépendance des colonies portugaises va maintenant s'accentuant, et le représentant du Portugal se trompe lorsqu'il veut nous faire croire qu'il s'agit, en Angola - et je cite ses paroles - d'une "prétendue menace contre la paix et la sécurité internationales que constitue la situation existant dans la région septentrionale de la province portugaise de l'Angola". 68. Le représentant du Portugal ne croit d'ailleurs pas ll. ses propres déclarations et sait bien qu'en ce moment la santé politique et diplomatique du Portugal requiert des soins sérieux, précisément parce que M. Salazar s'est obstiné 11. se refuser de prendre les mesures préventives que lui ont recommandées ses plus proches amis. Le Portugal est certes un des membres de l'OTAN et il y joue, paran-il, un rôle important dans la défense atlantique. De l'OTAN, le Gouvernement de la République du Congo (Brazza- ville) ne cor-nan que le nom. Nous ne sommes pas liés. sur cr 'ete question, avec le gouvernement d'un quelconque pa.ys. Cela s'explique d'autant plus que notre pays est un Etat indépendant. limitrophe des colonies portugaises, et que le déroulement des événe- ments dans ces colonies n'est pas sans exercer chez nous une influence interne, ne serait-ce que par l'affaire des réfugiés et les problèmes de solidarité et de fraternité qui nous sont posés de ce fait. 69. Sur le problème angolais et cabindais, nous ne pouvons défendre qu'une politique de décolonisation des territoires africains non indépendants. Cela signi- fie notamment, 11. propos des problèmes angolais et cabindais que nous devons: premièrement. réclamer le droit 11. l'autodétermination et 11. l'indépendance de tous les territoires africains soumis au joug colonial; deuxièmement. exiger des organismes internationaux auxquels nous participons non seulement des prises de position nettes 11. cet égard, mais également des mesures efficaces pour l'indépendance des territoires actuellement non libérés; troisièmement. assurer de notre soutien ceux qui luttent actuellement pour l'indé- pendance de leur pays, et par conséquent - ce que nous faisons - une politique de solidarité et de fra- 70. Such, in clear terms, is our policy towards the colonialist countries, and particularly towards Ml'. Salazar's Portugal. 1 do not intend ta revert to the brutal acts committed by the Salazar Government in Angola and Cabinda. Ml'. Salazar may think that the world does not know of his present actions there; if so, he is mistaken. 71. What! In 1960-at a time when, after some eighty years of colonial imperialism, the United Kingdom and France have granted freedom and independence to Senegal, Mauritania, Mali, Cyprus, the Ivory Coast, Dahomey, Upper Volta, Niger, Nigeria, Cameroun, Gabon, Congo (Brazzaville), the Central African Re- public, Chad, Madagascar and Somalia, while Belgium has recognized the sovereignty of its Congolese colony-Portugal, that little country which glories in the voyages of its adventurers that should be blamed for thé dispersion of Africa's black race, Portugal, 1 say, still wishes to hold in perpetuaI slavery the peoples of Mozambique, Angola, Cabinda and what is caUed Portuguese Guinea, those African peoples that are watching their brothers' progress towards free- dom and independence. 72. Moreover, Portugal has been exploiting them since the fifteenth century. Until quite recently terri- tories such as Madagascar, Nigeria, Senegal, the two Congos, Somalia, etc., were called colonies. Portu- gal, too, made a proud showing of its colonies. What is the explanation of the fact that, alI these colonies, except those of Portugal, have become independent States? Will you, Sir, representative of Portugal, teU us this? 73. Ml'. Salazar is issuing a brazen challenge to the present-day world. In his view, the Chiefs of State who have granted independence to their colonies are merely spineless, while he alone is a strong and in- domitable leader who knows how to preserve for his country, in the middle of the twentieth century, Afri- can slaves whom he is pleased to calI "the Portuguese peoples of the province of Angola or Cabinda". 74. Try and obtain from Ml'. Salazar permission to go and see the people in Angola and Cabinda whom he derides by calling them "the Portuguese of the over- seas provinces". They are, to put it plainly, unhappy wretches. Ml'. Salazar has his own reasons for pre- venting everyone, at this juncture, from entering Angola or Cabinda. We are on the eve of an extension of the war in Angola. 1 was not being fanciful when a moment ago 1 said that the episode we are witnessing is merely one phase of this war, since at this very stage-contrary to the Portuguese representative's assertion-it is a question no longer of some minor troubles in the northern part of Angola, bordering on what used to be the Belgian Congo, but of an armed conflict ranging over almost the whole of Angola's territory. The news concerning this situation is not being invented by us; it emanates from the hard- pressed, desperate Portuguese Press itself. 75. Barely three weeks have gone by since 1 saw, with my own eyes, thousands of Cabindan refugees to whom we have given shelter. While waiting for their 7O. Voil~, clairement définie, notre politique ~ l'égard des pays colonisateurs, notamment Il; Portugal de Salazar. Je ne veux plus revenir sur les actes sau- vages du gouvernement Salazar en Angola et au Cabinda. M. Salazar croit peut-être que le monde ignore ce qu'il est en train de faire en Angola et au Cabinda. Mais il se trompe. 71. Comment! En 1960, c'est-à-dire après 80 ans environ d'impérialisme colonial, le. Grande-Bretagne et la France ont donné leur libertê et accordé leur indépendance au Sénégal, ~ la Mauritanie, au Mali, ~ Chypre, 11 la Côte-d'Ivoire, au Dahomey, ~ la Haute-Volta, au Niger, i\ la Nigéria, au Cameroun, au Gabon, au Congo (Brazzaville), ~ la République centrafricaine, au Tchad, ~ Madagascar, ~ la Somalie tandis que la Belgique reconnaissait la souverainetê de sa colonie du Congo, et le Portugal, ce petit pays qui se fait gloire des voyages de ses aventuriers qui sont ~ l'origine de la dispersion de la race noire d'Afrique, le Portugal, dis-je, veut garder éternel- lement esclaves les iJeuples du Mozambique, de l'Angola, du Cabinda et de la Guinée dite portugaise, ces peuples africains qui regardent leurs autres frères évoluer vers la libertê et l'indépendance. 72. Et le Portugal n'a cessé de les exploiter depuis le XVème siècle. Il n'y a pas longtemps encore, des territoires tels que Madagascar, la Nigéria, le Sénégal, les deux Congos, la Somalie, etc., s'ap- pelaient colonies. Le Portugal aussi montrait fière- ment ses colonies, mais d'oil vient que, ~ l'exception des colonies portugaises, les autres colonies sont devenues des Etats indépendants? Voulez-vous ré- pondre, Monsieur le representantdu Portugal? 73. M. Salazar est en train de lancer un défi auda- cieux au monde moderne. Pour M. Salazar, les autres chefs d'Etat qui ont accordé l'indépendance ~ leurs colonies ne sont que des invertêbrés, et lui seul est un chef fort et irréductible qui sait garder pour son pays, au milieu du XX~me siècle, des esclaves afri- cains qu'il désigne, pour sonplaisir, par le qualificatif de "peuples portugais de la province d'Angola ou de Cabinda". 74. Tâchez d'obtenir de M. Salazar la permission d'aller voir ceux qui sont en Angola et au Cabinda et dont il se moque en les appelant "peuples portugais des provinces d'outre-mer". Ce sont, ni plus ni moins, des malheureux. M. Salazar a ses raisons pour refu- ser actuellement l'entrée de qui que ce soiten Angola et au Cabinda. Nous sommes â la veille de l'extension de la guerre d 'Angola et ce n'est pas par pure fantaisie que je disais, il y a un moment, que l'épisode que nous vivons de cette guerre n'en est qu'une phase car, en ce moment, contrairement aux déclarations du représentant du J?ortugal, il ne s'agit plus de quelques petits troubles dans la partie nord de l'Angola voisine du Congo ex-belge, mais bien d'un conflit armé sur presque tout le territoire de l'Ang01a; et ce n'est pas nous qui inventons les nouvelles dif- fusées sur cette situation, mais bien la presse portu- gaise actuellement aux abois et angoissée. 75. Personnellement, j'ai vu il y a ~ peine quelque trois semaines des milliers de réfugiés cabindais que nous avons recueillis; en attendant leur retour 76. Our refugee brothers are perfectly calm. Ml'. Salazar's administrative authorities, in their perfidy, craftily seek to establish contact with them in order to persuade them to return to Cabinda. But it is the opposite result which is being achieved, since the flight of the people is gathering momentum; it is in our land that these refugees have their first taste of freedom. 77. l can see them still, those men standing all to- gether with their womenfolk and children. Every day more refugees came to swell their numbers, but aIl of them, also, spoke of the day when they would go home. Portugal has sent too many Africans into exile since the fifteenth century for present-day Africa to let the Portuguese carry on as hefore. 78. The relations between the Republic of the Congo (Brazzaville) and Portugal, and the problem of whe- ther they will be continued or broken off, have not, it is true, come up for consideration sofar. No doubt, sooner or later, we shall give them our attention. But there will never be any lack of solidarity between us and the other African countries in the decisions that will be taken regarding the practical measures to be vlgorously applied against Ml'. Salazar. 79. Meetings are already being held by Africans nearly everywhere, and the Angolan problem is always the subject of very careful study. The various resolutions and motions adopted at these meetings leave no doubt as to the standpoint of the African countries. On 9 May 1961, for instance, the students of the Congo (Leopoldville), Ruanda and Urundi, at a congress held at Leopoldville, defined their position with regard to Ml'. Salazar's policies in Africa. That position is far from being favourable to him. 80. The African countries which recently met at Monrovia stated unequivocally, for the!r part, the steps that should be taken to stop Portuguese aggression. 81. We shall give moral and material support to Angola. Ghana, backing words with deeds, has just shown Ml'. Salazar how it proposes to take its stand in relation to the war in Angola. Because· of Ml'. 8alazar's atrocities and of the extension of the con- flict, the Republic of the Congo (Leopoldville), in its turn, has denounced a certain l1umber of colonialist agreements of which Por-tugal is a co-signatory. ThrQughout the world, African students are showing their solidarity by denouncing Portuguese barbarism. It might perhaps he useful to remind Ml'. Salazar that African students represent the future offraternal Africa as a whole. 82. The Security Council has before it a draft resolution [8/4828] which, in my Government's view comprises logical provisions. Nevertheless, they 77. Je les revois encore, ces hommes: ils étaient massés l~ avec leurs femmes et.leurs enfants. Chaque jour, d'autres réfugiés venaient rejoindre les pre- miers et tous ne parlaient que des horreurs de la répression. Tous ne parlaient aussi que de retourner un jour dans leur .oatrie. Le Portugal a exilé trop d'Africains depuis le XVème siècle pour que l'Afrique moderne laisse faire encore les Portugais. 78. Les rapports entre la République du Congo (Brazzaville) et le Portugal, le-: problème de nos relations futures ou de la rupture de ces relations n'ont pas encore, certes, été évoqués. Ils feront sans doute, dans un avenir plus ou moins proche, l'objet de notre attention; mais nous ne nous désolidariserons jamais des autres pays africains dans les décisions qui seront prises en faveur des mesures pratiques ~ appliquer vigoureusement contre M. Salazar. 79. Déj~, les Africains se réunissent un peu partout en ce moment et le problème angolais fait constam- ment l'objet d'un examen très attentif. Les différentes résolutions et motions adoptées démontrent sans équi- voque la prise de position des pays africains. Par example, le 9 mai dernier, les étudiants du Congo (Léopoldville), du Ruanda et de l'Urundi, réunis en congrès 1l. Léopoldville, ont fixé leur position ~ l'égard de la politique salazarienne en Afrique. Cette position est loin d'être en faveur de M. Salazar. 80. Les pays africains qui se sont dernièrement réunis ~ Monrovia ont, de leur côté, fait connaftre sans équivoque aucune les mesures ~ prendre pour arrêter l'agression portugaise. 81. Nous soutiendrons moralement et matériel- lement l'Angola. Le Ghana, joignant la parole ~ l'acte, vient de démontrer ~ M. Salazar comment il entend fixer sa position relativement ~ la guerre d'Angola. En raison des atrocités du gouvernement Salazar et de l'extension du conflit, la République du Congo (Léopoldville) vient, ~ son tour, de dénoncer un ce:rtain nombre d'accords colonialistes dont le Portu- gal est cosignataire. Partout, dans le monde, les étudiants africains, solidaires, flétrissent la barbarie portugaise. Il est peut-être bon de rappeler 1l. M. Sala- zar que les étudiants africains sont l'avenir de toute l'Afrique fraternelle. 82. Le Conseil de sécurité est saisi d'un projet de résolution [Si4828] qui, de l'avis de mOï. gouvernement, renferme des dispositions logiques. Mais ces dispo- 84. The primary reason for the existence of the United Nations, of which the Security Council is a main organ, is precisely that it should maintainpeace throughout the world. In Africa, at this juncture, one of the major threats to peace comes from Portugal. 85. If you support this draft resolution you will not be committing an unlawful act, despite the assertions of the Portuguese representative, who speaks without conviction but is forced to maintain a position con- demned, almost unanimously, by the General Assem- bly in April 1961- 86. Once again we adjure you to cast your vote in such a way as to ensure the preservation of peace in Africa, where a great many countries are facing countless social, economic and cultural problems. We do not want war, which militates against any forward steps on the road of material and spiritual progresse 87. Before 1 conclude, 1 should like to read to you the texts of two documents which 1 received this very morning from the Committee of Angolan and Cabindan Refugees. They are as follows: "Now that the Security Council is about to meet in order to rule on the fate of Angola and to send there the Sub-Committee of inquiry set up for that pur- pose, all Angolans have heaved a sigh of relief. They greet the five members of the Sub-Committee not as mere observers but as true witnesses of the devastation which the Portuguese have now, within three months, wrought throughout Angola. The emi- nent investigators will thus be in a position to explain to international public opinion the suffering of the Angolan people, now under systematic ex- termination by colonialism in one of its most in- human forms. Observing this chaotic situation, they will realize the bad faith of the Portuguese who, in seeking to foist responsibility for their own abomi- nations upon the Angolans, are indicting simply themselves. Did they not proclaim, only yesterday, that their overseas province of Angola was an oasis of peace and that the Angolans had no feelings of hatred towards them? "We know that unless good care is taken, the Portuguese authorities, in an effort to prove their thesis, will organize a 'guided tour' for the benefit of the Sub-Committee-for which Angola is truly terra incognita-in order to prevent it, by every means in their power, from visiting the regions most affected by the massacres and the bombing. "In such circumstances, the mission of the Sub- Committee of inquiry may well he compromised if its basic information comes solely from statements made by the Portuguese, in view of the fact that the Angolans who have been bribed and trained by the colonialists for the purpose of the inquiry cannot, on pain of death, make statements contradicting such information. 84. La raison fondamentale de l'existence de l'ONU, dont le Conseil de sécurité est un organe essentiel, est justement de préserver la paix dans le monde. Mais en Afrique, actuellement, le Portugal est un des plus grands dangers qui menacent la paix. 85•. En soutenant ce projet de résolution, vous ne cOD'mettrez pas d'acte illégal, contrairement au dire du représentant du Portugal qui parle sans foi, mais qui est obligé de se conformer ~ une prise de position condamnée en avril dernier par l'Assemblée générale dans sa presque unanimité. 86. Nous vous adjurons encore une fois de faire en sorte, lors du vote de ce projet de résolution, que la paix soit préservée en Afrique oil. se trouvent un grand nombre de pays à qui se posent d'innombrables problèmes d'ordre social, économique et culturel. Nous ne voulons pas la guerre; elle ne favorise aucun essor dans le domaine de l'évolution matérielle et spirituelle. 87. Je vais terminer, mais auparavant je voudrais vous communiquer deux documents que j'ai reçus ce matin même du Comité des réfugiés angolais et cabindais. Je cite: "Au moment oil. le Conseil de sécurité va se réunir pour statuer sur le sort de l'Angola et y envoyer le sous-comité d'enquête constitué ~ cette fin, un soupir de soulagement est pOUSGé par tout Angolais qui salue en les cinq membres de ce sous-comité, non pas de simples ùbservateurs, mais de vrais témoins des ruines dont les Portugais viennent de couvrir l'Angola en l'espace de trois mois. Ainsi, les Excellences qui enquêteront seront ~ même de traduire devant l'opinion internationale la misère du peuple angolais exterminé chaque jour par un colonialisme des plus inhumains. En constatant cette situation chaotique, ils se rendront compte de la mauvaise foi des Portugais qui s'accusenten voulant -accuser les Angolais d'être ~ l'origine des abomi- nations commises pal' eux. Ne déclaraient-ils pas hier encore que leur province d'outre-mer de l'Angola constituait une oasis de paix oil.les Angolais ne nourrissent aucune haine contre eux? "Pour prouver le contraire, nous savons que - si l'on ne prend pas garde - les autorités por- tugaises se permettront de téléguider ce sous- comité pour qui l'Angola est une véritable terra incognita afin de l'empêcher, par tous les moyens en leur pouvoir, de visiter les régions les plus atteintes par les massacres et les bombardements. "Dans ces conditions, la mission de ce sous- comité d'enquête peut être compromise si seules les déclarations des Portugais doivent lui servir d'information de base, étant donné que les Angolais, achetés et préparés par les colonialistes aux fins d'enquête, ne peuvent, sous peine de mort, donner des informations contradictoires. "With regard to Northern Angola, the regions most affected are: Cambatela, Nambuangongo, Nova Caipemba, Quitextl, Negage. Ambriz, Icolo, Catete, Bengo valley, Cabiri, Funda and the regions of: Uige (Carmona), Bungo, Sanza-Pombo, Sacandica, Beu, Cuilo-Futa, 31 de Janeiro, Mucaba, Damba, Quibocolo, Mavoio (mining centre), Quimbele, Ma- quela do Zombo, Sao Salvador do Congo, and the regions of the Cabinda enclave. "Without visiting these regions, the Sub-Commit- tee of inquiry will be unable to see the scope of the operations for which Portugal has mobilized aIl its forces, namely: aIl the land forces: infantry, cavalry, rifle units, the Portuguese Legion (a para- military civil defence organization); the Navy; the Air Force, including paratroops and bomber crews and aircraft; the NATO forces-not to mention the police, the 'gendarmerie' and aIl the settlers and traders in Angola who have been organized as militia units. "This formidable military machine, which is still being reinforced, is intended for the torture, de- portation and massacre of the Angolan people, who lack equal weapons and whose sole crime is the claiming of their most sacred and inalienable rights. Will it be denied that the Portuguese have sworn to exterminate in an impunity the indigenous inhabi- tants, whose title to the land of Angola is not and cannot 00 rlisputed, in order to make the country, after this gerocide, into a receptacle for Portugal's overflow? "Since the only sound that comes out of Angola is the tolling of a bell, Portugal, by diabolical manoeuvres, seeks to hide its responsibility by means of mendacious press statements designed to mislead world opinion by ascribing to the national- ists, whom it calls 'terrorists', the carnage which aIl the Portuguese are free to wreak in shameful manner among the Angolans, including those who had loyally served them but had been unable to escape. "In order to justify the massacres of the Angolans of which theyare guilty, the Portuguese accuse the nationalists of using weapons stolen from the 'Blue Helmets' depots at Matadi. In their greater con- cern for the coffee crop, and with complete con- tempt for human life, they are sacrificing the few Angolans who did not succeed in escaping and, under threat of arms, are turning them into a mili- tary labour corps whose members, subject to mili- tary discipline without being soldiers, have to harvest the coffee crop on which the Portuguese economy depends. "At the same time, these 'military labour' units serve as a kind of bulwark against the nationalists and are made to face the latter during their in- cursions. In other words, these wretches are at the "Voici, en ce qui concerne le nord de l'Angola, les régions les plus touchées: Camabatela, Nam- buangongo, Nova Caipemba, Quitexe, Negage, Port d'Ambriz, Icolo, Catete, Vallée de Bengo, Cabiri, Funda et les régions de: Uige (Carmona), Bungo, Sanza-Pombo, Sacandica, Beu, Cuilo-Futa, 31 de Janeiro, Mucaba, Damba, Quibocolo, Mavoio (centre minier), Quimbele, Maquela do Zombo, Sao Salvador du Congo et les régions de l'enclave de Cabinda. "Sans avoir visité ces régions, le sous-comité d'enquête n'aura pas vu l'ampleur des opérations pour lesquelles le Portugal a mobilisé toutes ses forces, à savoir: l'armée de terre en entier:fantas- sins, cavaliers, chasseurs, légion portugaise (orga- nisation paramilitaire de défense civile); la marine de guerre; l'aviation, y compris parachutistes et bombardiers; enfin, les forces de l'OTAN, pour ne pas citer la police, la gendarmerie et tous les colons et commerçants se trouvant en Angola, orga- nisés en milice. "Tout ce formidable appareil militaire, dont les renforts continuent ri. venir, est destiné ri. torturer, déporter et massacrer le peuple angolais sans armes équivalentes, pour le seul crime de reven- diquer leurs droits les plus sacrés et les plus imprescriptibles. Va-t-on nier que les Portugais ont juré d'exterminer impunément les autochtones, maltres incontestés et incontestables du sol ango- lais, pour en faire après ce génocide, un déversoir du trop-plein du Portugal? "Comme de l'Angola on n'entend qu'un son de cloche, le Portugal, par des manœuvres diaboliques, cherche ri. camoufler sa responsabilité par des déclarations de presse mensongères tendant ri. induire en erreur l'opinion mondiale en attribuant aux nationalistes qu'il qualifie de "Terroristes" les massacres que tous les Portugais sont libres de perpétrer d'une façon ignominieuse sur la personne des Angolais, y compris ceux qui étaient loyaux ri. leur service et qui n'avaient pu s'enfuir. "Pour justilier les carnages dont ils se rendent coupables à l'égarddes Angolais, ils accusent encore les nationalistes d'utiliser des armes volées dans les dépôts des "Casques bleus" de Matadi. Cependant, plus soucieux de la récolte de café, les Portugais - au grand mépris des vies humaines - sacrilient le peu d'Angolais qui n'ont pas réussi à se sauver et les transforment sous la menace des armes en corps de travailleurs militaires qui, soumis à la discipline militaire sans être militaires, doivent assumer la récolte du café dont dépend l'économie portugaise. "Ces corps de "travailleurs militaires" consti- tuent en même temps une sorte de rempart contre les nationalistes auxquels ils sont opposés en cas d'irruption de ces derniers. C'est dire que ces "The position of those who managed to cross those frontiers and seek refuge in the two Congo- lese Republics gives cause for serious concern. since by reason of their numbers, which are con- stantly being added to, they are becoming an over- whelming burden for the Congolese authorities which, from motives of solidarity and humanity, spare no effort to alleviate the suffering of their brothers. uThe Sub-Committee of inquiry would accomplish its mission if, having noted the massacres in Angola, it could proceed to ascertain on the spot the wretched state of these refugees, with its attendant problems such as shortage of food, epi- demics, and a higher death rate due to the fatigue caused by long treks on foot, by night and by day, in adverse conditions. "Confronted with this situation and with Portu- gal's obstinacy, the Angolan people relies on the United Nations, an international organization, to request Portugal to reconsider its imperialist stand and to recognize the Angolan people's right to self- determination. "We believe that the General Assembly and the Security Council will not confine themselves, as they usually do, to the mere expression of wishes which, if they remain without effect, QO more harm than good to us colonized peoples, reduced to the last extremity by Portuguese dictatorship. For, each time a resolution is adopted but not acted upon, Portugal, drawing strength from that weakness, be- cornes more intractable towards the Angolans, whom it subjects to pitiless repression for having become intoxicated with this august Organization's promises. That is what happened in the case of the resolution adopted last year by the General Assem- bly which recommended that the Non-Self-Govern- ing Territories should be represented in United Nations organs in order that they might themselves defend their interests. Today, we have to witness the consequences of that weakness, which has been fully exploited by the Portuguese colonialists. "Since the Angolan people regards this Sub-Com- mittee of inquiry as the first step towards a solu- tion of the Angolan problem, we venture to insist that its mission should not be abortive, since that would give the Portuguese another pretext for con- quering the land of Angola. "The Angolan leaders are unanimously in favour of opening negotiations with Portugal, provided they are conducted on neutral soil and under the auspices of the United Nations; without an inter- national referee, no effective solution can be reached by the Angolans and the Portuguese, in "La situation de ceux qui avaient déjà traversé ces frontières pour se réfugier dans ces deux Répu- bliques congolaises, est très alarmante du fait que leur nombre, qui ne cesse d'augmenter, devient une charge trop lourde pour les autorités congolaises qui, par solidarité et humanité, se dépensept sans compter pour atténuer la misère de leurs frères. "Le sous-comité d'enquête aboutirait à sa mission si, après avoir constaté les massacres en Angola, il pouvait venir se rendre compte sur place de la situation misérable de ces réfugiés suscitant plusieurs problèmes, à savoir: famine, épidémies, mortalité accrue par suite de la fatigue causée par de longs déplacements à pied, nuit et jour, dans des conditions difficiles. "En face de cette situation et de l'obstination du Portugal, le peuple angolais s'en remet à l'organi- sation internationale qu'est l'ONU pour inviter le Portugal à reconsidérer sa position impérialiste pour reconnaître le droit du peuple angolais à dis- poser de lui-même. "Nous croyons que l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité ne se limiteront pas, comme toujours, à formuler de simples vœux qui, non concrétisés, font plus de tort aux colonisés que nous sommes, réduits aux abois par la dictature portugaise. En effet, chaque fois qu'une résolution votée ne se traduit pas en actes, le Portugal, fort de cette faiblesse, se raidit contre les Angolais qu'il réprime impitoyablement parce qu'ils se sont grisés des promesses de cette haute organisation. C'est le cas de la résolution votée l'an dernier par l'Assemblée générale, préconisant que les ter- ritoires non autonomes soient représentés aux assises de l'ONU pour la défense par eux-mêmes de leurs propres intérêts. Aujourd'hui, on est obligé d'assister aux conséquences de cette faiblesse bien exploitée par les colonialistes portugais. "Puisque, pour le peuple angolais, le sous-comité d'enquête est un début de solution à la situation angolaise, nous nous permettons, d'insister pour qu'un avortement de sa mission ne soit pas une autre raison pour les Portugais de conquérir la terre angolaise. "Les leaders angolais sont unanimes à entamer des négociations avec le Portugal, mais sur un terrain neutre et sous les auspices de l'Organi- sation des Nations Unies, car, sans un arbitre inter- national, aucune solution efficace ne peut intervenir entre les Angolais et les Portugais, vu que ces "We believe that after this final intervention by the United Nations it will at last become possible to begin the negotiations so long awaited by the Ango- lans and by aIl the freedom-loving countries, with a view to achieving general pacification through a genuine solution of the Angolan problem, in the form of the Angolan people's independence." 88. Yesterday 1 received the following telegram: "Excellency, the situation deteriorates more and more. Each day that passes is marked by myriad horrors. Men, women, and children are massacred pitilessly. Others are first mutilated, then be- headed, or else slaughtered straightaway. Else- where, as at 31 de Janeiro, the faithfulnon-political priests were martyred and nailed on crosses before being burnt. Babies were torn in two by the legs. Pregnant women were disembowelled. Entire re- gions such as Maquela, Quibocolo and others were wholly evacuated by survivors and their possessions were pillaged by the Portuguese settlers. The con- clusion is that Portuguese fascism is worse than ..naziBm and that Salazar is more diabolical than Hitler. Only an energetic intervention by the Secu- rity Council, military if possible, can reduce the genocide practised against the Angolan people by Portugal. Report follows." 89. You have heard me read two authenticdocuments sent by Angolan and Cabindan rel.lgees at Leopold- ville and Brazzaville. 90. By voting in favour of the draft resolution [S/4828]-as 1 am entitled to hope that you will do- you will help prevent the spreading of this war in Africa by Portugal which, it would seem, has not yet come to realize the foUy of Mr. Salazar, its leader.
The subversive move- ment which foreign conspirators have long since been threatening to launch in Portuguese Africa had its first performance in Luanda, the capital of Angola, in the first week of February. 92. It is undeniable that we were in the presence of a foreign-sponsored movement with world-wide tentacles. The supreme wire-puller was always the same. The marionettes were Communists, extremists and anarchists. In short, they were the usual people normally utilized for the prosecution of schemes of subversion in the free world. 93. One thing. however. was certain: by no stretch of the imagination could the incidents in Luanda be "Nous croyons qu'avec cette utile intervention de l'ONU, il sera enfin possible d'amorcer les pour- parlers longtemps attendus par les Angolais et par tous les pays épris de liberté, afin d'arriver à un apaisement général par un véritable dénouement de l'affaire angolaise, à savoir l'indépendance du peuple angolais." 88. Hier, j'ai reçu ce télégramme: "Excellence, la situation empire de plus en plus. Chaque jour qui passe voit de multiples horreurs. Hommes, femmes et enfants sont massacrés impi- toyablement. D'autres sont mutilés avant d'être décapités, sinon, ils sont abattus sur-le-champ. Ailleurs, comme à 31 de Janeiro, de fidèles reli- gieux apolitiques ont été martyrisés et cloués sur des croix avant d'être brûlés. Des bébés ont été déchirés en deux par les jambes. Des femmes enceintes ont été éventrées. Des régions entières comme Maquela, Quibocolo et autres ont été entière- ment évacuées par les survivants et leurs biens ont été pillés par les colons portugais. En conclu- sion, le fascisme est pis que le nazisme et Salazar est plus diabolique que Hitler. Seule une intervention énergique du Conseil de sécurité, militaire si possible, peut atténuer le génocide pratiqué contre le peuple angolais par le Portugal. Rapport suit." 89. Vous avez entendu la lecture des deux documents authentiques envoyés par les réfugiés angolais et cabindais, qui sont à Léopoldvilleet à Brazzaville. 90. Par vos votes positifs sur le projet de résolution [S/4828], ce que je suis en droit d'espérer, vous aurez aidé à prévenir l'extension de cette guerre qu'a déclenchée en Afrique le Portugal qui, semble-t-il, n'a pas encore compris la folie de l'homme qui est à sa tête, M. Salazar. 91. M. GARIN (Portugal) [traduit de l'anglais]: Le mouvement subversif que les conspirateurs étrangers menaçaient depuis longtemps de déclencher en Afrique portugaise s'est manifesté pour la première fois â Luanda, capitale de l'Angola, pendant la première semaine de février. 92. Il est incontestable que nous étions en présence d'un mouvement d'inspiration étrangère qui étend ses tentacules dans le monde entier. Celui qui tirait les ficelles en haut lieu était toujours le même; les marionnettes étaient les communistes, les extrémistes et les anarchistes, bref, ceux qu'on utilise ordinaire- ment pour l'exécution de plans de subversion dans le mor.r:le libre. 93. Une chose cependant était certaine: même avec beaucoup d'imagination, on ne pouvait imputer les 95. Since then, the northern region of Angola has become a martyred land. The terrorists kept coming in great numbers. They obviously feIt support for their intervention and criminal acts of savagery and aggression in the subsequent debate which took place in the General Assembly. It was considered by them as a kind of "green light" for the continuance of their dastardly acts of savagery. 96. The victims, indiscriminately, were white and blackj men, women and children of both races. There is, therefore, no distinction in the attacks between white and coloured, but betweenterrorists commanded from the outside and the loyal people of Angola. This is important; it is a matter which must be stressed to the fuIlest. 97. The terrorists have shown an unbelievable fero- city and savagery. They attack under the influence of drugs. They wear certain charms which they are told make them immune to buIlets. Thus, they are no longer human beings. 98. With your permission, Mr. President, l will show members of the Council photographs iIlustrating this tale of human degradation. They demonstrate a gruesome terrorism that no decent man can look at without a deep feeling of horror. 99. l have shown only four of these pictures, as l do not dare to show many of the others in public, so horrible and sickening are they. But l have them here, and anyone who may wish to see them may do so; th~y are right here. And we have still more, many more, in our office. This is the bare, sickening evi- dence of the unbelievable savagery of the terrorists who came across the border of northern Angola to slay, rape, and mutilate our women and children in 95. Depuis lors, la région septentrionale de l'Angola est devenue une terre martyre. Les terroristes ont continué à affluer. Ils ont évidemment trouvé un appui pour leur intervention et leurs actes criminels de sauvagerie et d'agression dans le débat qui a eu lieu ensuite à l'Assemblée générale et dans lequel ils ont vu une sorte d'encouragement à poursuivre leurs actes infâmes. 96. Les victimes ont été aussi bien blanches que noires, des hommes, des femmes et des enfants des deux races. Il ne s'agit donc pas d'une distinction entre blancs et gens de couleur, mais entre des ter- roristes commandés de l'extérieur et la population loyale de l'Angola. C'est là un point important sur lequel on ne saurait trop insister. 97. Les terroristes ont fait preuve d'une férocité et d'une sauvagerie incroyables. Ils attaquent sous l'influence de drogues. Ils portent sur eux des amu- lettes, dont on leur a dit qu'elles les protègent contre les balles. Dans ces conditions, ils n'agissent plus comme des êtres humains. 98. Avec votre permission, Monsieur le Président, je montrerai aux membres du Conseil des photogra- phies qui illustreront cette dégradationhumaine. Elles constituent des preuves d'un terrorisme infâme, qu'aucun homme normal ne saurait regarder sans être secoué d'horreur. 99. Je n'ai montré que quatre de ces photographies, car il y en a beaucoup d'autres que je n'oserais pas montrer en public tant elles sont horribles et répu- gnantes. Mais je les ai ici et elles sont à la dispo- sition de tous ceux qui désirent les voir; je les ai ici même. Nous en avons d'autres, des quantités d'autres, dans nos bureaux. Elles sont la preuve à l'état pur, la preuve révoltante, de l'incroyable sauvagerie des terroristes qui ont traversé la frontière septentrio- 100. An American Negro journalist, George S. Schuyler, writing from Luanda for the Pittsburgh Courier, in describing the atrocities committed by the terrorists in northern Angola, said: "Whole fami- lies have been violated, murdered and dismembered, and the enterprise of a lifetime destroyed in a trice". 101. Wherever they attacked, the terrorists com- mitted untold atrocities and horrifying crimes against defenceless men, women and children. An example, among many: In a farm where the inhabitants were being attacked by a group of 400 assailants, a Portu- guese African, running short of ammunition, tried to reach the house next door to get sorne more. He was caught by a band of wild terrorists who eut off his head and sexual organs. Whilst holding these human remains above their heads like trophies, the terror- ists danced and sang victoriously, proud of their barbarous crime. 102. The eye-witness, who lived to tell this par- ticular story, watched how other men and women were murdered. He heard the shrieks and prolonged screams of those wretched people. The terrorists, while their victims were still alive, were pulling out their eyes, cutting off their hands, chopping their bodies in pieces, removing their intestines and com- mitting many other inhuman acts. Sorne, whites, mu- lattos and Africans, were skinned while they were alive. 103. The women, of all colours, were dragged from their homes, while the terrorists threw their babies into the air and played football with their innocent bodies. The assailants eut off the hands and feet of 100. Un journaliste noir américain, George S. Schuyler, correspondant à Luanda du Pittsburgh Courier, décrivant les atrocités commises par les terroristes en Angola septentrional a écrit: "Les membres de familles entières ont été violés, tués et écartelés, et l'œuvre de vies entières détruite en l'espace d'un instant." 101. Partout où ils ont attaqué, les terroristes ont commis des atrocités sans nom contre des hommes, des femmes et des enfants sans défense. Voici un exemple parmi tant d'autres: dans une ferme dont les habitants étaient attaqués par un groupe de 400 assail- lants, un Portugais africain, à court de munitions, tenta d'atteindre la maisonvoisine pour s'en procurer. Il fut pris par une bande de terroristes déchaînés qui lui coupèrent la tête et les organes sexuels. Brandissant ces restes humains au-dessus de leurs têtes comme des trophées, les terroristes dansèrent et chantèrent victorieusement, fiers de leur crime barbare. 102. Le témoin oculaire qui a survécu et rapporté cet épisode a vu assassiner d'autres hommes et d'autres femmes. Il a entendu les cris et les hurle- ments prolongés de ces malheureux. Alors que leurs victimes étaient encore en vie, les terroristes leur arrachaient les yeux, leur coupaient les mains, dé- coupaient leurs corps en morceaux, retiraient leurs entrailles et commettaient encore d'autres actes inhumains. D'autres, blancs, mulâtres et Africains furent écorchés vifs. 103. Les femmes, de toutes couleurs, étaient tirées de force hors de leurs maisons tandis que les ter- roristes jetaient leurs jeunes enfants en l'air et jouaient au football avec leurs corps innocents. Les 104. This particular massacre by the terrorists took place in a large farm called Fazenda M'Bridge, and the name of the survivor, who is still suffering from shock, is Manuel Lourenço Neves Alves. The terrorists who committed these horrifying atrocities in Fazenda M'Bridge were not known in the region. They had come from across the Congo-Angola border. The date-15 March 1961. 105. In another instance, the terrorists came across a group of defenceless women, whose presence had been revealed by the cries of their young. Not one survived the murderous, savage and cowardly mas- sacre. When their men came back, they found their wives, mothers, sisters and children of aIl ages, cut into pieces. The women, whose breasts had been cut off, showed evident signs of having been sexually abused by numbers of assailants. They removed the baby from the body of a pregnant woman and chopped off its head. The children's hands and feet were cut off and their eyes removed while they were still alive. 106. These atrocities were committed in the village of Madimba, northern Angola, by savage terrorists again unknown in the village; the date, 16 March 1961- We have pictures of these dastardly acts, and a few surviving eye-witnesses. 107. It should be added that these horrible acts of terrorism, in a peaceful region where no security forces were stationed, came without the slightest provocation, as a cold-blooded plan of murder engi- neered outside our borders. 108. And now, in a display of the most repulsive cynicism, we hear in this Council representatives of countries, which have encouraged and are encourag- ing the terrorists and murderers, blame the Portu- guese for atrocities. 109. Yes, there is indeed a tragedy in Angola, a great tragedy brought about by the criminal schemes of the forces of international subversion and terror- ism-is this expression a cliché? Maybe, but it is a true one, unfortunately for humanity. 110. No matter how loudly some representatives here shout about fictitious Portuguese atrocities- including the tirades by the Soviet representative, God help us!-we will never forget the unprovoked murder, rape, mutilation of many, many hundreds of our defenceless men, women and children; the pitiful evidence of many of these cases remaining forever in our memory through these horrifying photographs taken by the rescuers, who arrived much too late. 104. Ce massacre s'est produit le 15 mars 1961 dans une grande exploitation agricole appelée Fazenda M'Bridge, et le nom du survivant qui souffre encore du traumatisme psychique qu'il a subi est Manuel Lourenço Neves Alves. Les terroristes qui ont com- mis ces épouvantables atrocités à la Fazenda M'Bridge étaient inconnus dans la région. Ils avaient traversé la frontière venant du Congo. 105. Dans un autre endroit, les terroristes rencon- trèrent un groupe de femmes sans défense dont la présence leur avait été révélée par les cris de leurs enfants. Aucune ne survécut au sauvage et lâche massacre. Lorsque les hommes revinrent, ils trou- vèrent leurs femmes, leurs mères, leurs sœurs et leurs enfants de tous âges coupés en morceaux. De toute évidence, les femmes, dont les seins étaient coupés, avaient été violées par de nombreux assail- lants. Une femme enceinte avait été éventrée et l'enfant qu'elle portait arraché de son ventre et déca- pité. Les pieds et les mains des enfants avaient été coupés et leurs yeux arrachés alors qu'ils vivaient encore. 106. Ces atrocités ont été commises au village de Madimba, dans le nord de l'Angola, là encore par des terroristes sauvages inconnus dans le village; ces faits ont eu lieu le 16 mars 1961. Nous avons des photographies de ces actes infâmes et quelques té- moins oculaires ont survécu. 107. Il faut ajouter que ces actes horribles de ter- rorisme, perpétrés dans une région pacifique où il n'y avait pas de forces de sécurité, ont été accom- plis sans la moindre provocation, comme si l'on avait suivi un plan de massacre conçu de sang-froid par des instigateurs se trouvant hors de nos frontières. 108. Et maintenant, faisant preuve du cynisme le plus révoltant, les représentants de pays qui ont encouragé et encouragent encore lesterroristes et les assassins, accusent au sein de ce Conseilles Portugais de com- mettre des atrocités. 109. Oui, il est vrai qu'une tragédie se déroule en Angola, une grande tragédie provoquée par les menées criminelles des forces de la subversion et du ter- rorisme internationaux; peut-être cette expression est-elle un cliché, mais elle correspond à la vérité, malheureusement pour l'humanité. 110. Quelles que soient les clameurs que poussent ici certains représentants au sujet d'atrocités portu- gaises imaginaires - et notamment les tirades du représentant de l'Union soviétique, que Dieu nous protège! - nous n'oublierons jamais les meurtres commis en l'absence de toute provocation, les viols, les mutilations de centaines et de centaines de nos hommes, de nos femmes et de nos enfants sans dé- fense; ces photographies épouvantables,prises par des sauveteurs arrivés bien trop tard, conservent la preuve 112. Our Minister of Overseas, Mr. Adriano Mo- reira, while in Angola recently, said: "No responsible person who has seen the living, dead or dying witnesses of the vandalism wreaked upon this peaceful community can honestly main- tain that the point at issue is the emancipation of a people." 113. Relations with our peoples overseas were al- ways characterized by a sense of human equality. We take pride in the capacity which we showed to consti- tute a community unprejudiced by race or religion. This was ever our strength, the expression of the will to live in equality, peacefully united in aIl continents, loyal everywhere to the same flag. This is the so- called "scandaI" which we are giving to the world of today. Because of it, our enemies are deliberately attempting to destory, in a few months, the success- fuI efforts of centuries to bring together many cul- tures and many races. Recent history provides suf- ficient examples of the liquidation or the deportation of enormous masses of population. It has happened in the East, in Europe and in Africa. Experience has shown that it is possible-taking advantage of the inertia or confusion of so many influential minds in the world-to destroy whole ethnie groups. 114. This has been termed genocide at international conventions called to prevent such a monstrous crime, but one which nonetheless continues to be practised. For this reason, genocide was quietly in- cluded in the syllabus drawn up by our enemies. Training schools were organized and techniques de- veloped for its implementation. Numerous peoples, such as the Nagas, the Volga Germans, the Tartars, a number of non-Russian nationaHties in the Crimea and the Caucasus, are disappearing, or are being or have been eliminated from the face of the earth. 115. A famous trial now taking place has placed on record the dreadful ways and means that can be em- ployed, and these have been neither forgotten nor abandoned. The dispositions on those shameful acts are a blot on humanity. Compare them with the offen- sive against our people in our sacred land of Angola and it is plain that we are witnessing the same attempt at genocide, carried out with the same cold determination, with the same cunning cruelty, with the sarne appalling indifference. The purpose is to implant racial hatred in a land where formerly the Christian principle of brotherly love ruled, and next, systematically to annihilate a whole ethnie group of whites, mulattos and Negroes who oppose racialism and do not regard nationality as a question of latitude. 112. Lors d'une récente visite en Angola, M. Adriano Moreira, notre ministre des territoires d'outre-mer, a déclaré: "Aucune personne consciente de ses responsa- bilités qui a vu les témoins vivants, morts ou mourants du vandalisme qui s'est abattu sur cette collectivité pacifique ne peut affirmer de bonne foi que le but de ces ffi~ssacres est l'émancipation d'un peuple." 113. Les relations avec nos populations d'outre-mer ont toujours été caractérisées par un sens de l'éga- lité humaine. Nous sommes fiers de nous être mon- trés capables de constituer une collectivité libre de tout préjugé de race ou de religion. Cela a toujours été notre force, l'expression de notre volonté de vivre dans l'égalité et dans l'union pacifique sur tous les continents, restant fidèles partout au même dra- peau. C'est là le prétendu "scandale" que nous offrons en spectacle au monde d'aujourd'hui. C'est pour cette raison que nos ennemis s'efforcent délibérément de détruire en quelques mois l'œuvre fructueuse de plusieurs siècles consacrés à faire vivre en harmo- nie de nombreuses cultures et de nombreuses races. L'histoire récente ne nous fournit que trop d'exemples de liquidations ou de déportations de masses énormes de populations. Cela s'est produit en Orient, en Europe et en Afrique. L'expérience a montré qu'il est pos- sible, à la faveur de l'inertie ou de la confusion qui règnent dans tant d'esprits influents dans le monde, de détruire des groupes ethniques entiers. 114. Ce crime a été qualifié de génocide dans des conférences internationales convoquées pour empê- cher ces agissements monstrueux qui n'en continuent pas moins à être pratiqués. Pour cette raison, le· génocide a été tranquillement inscrit au programme établi par nos ennemis. On a créé des écoles et mis au point des techniques pour le commettre. De nom- breuses populations, comme par exemple les Nagas, les Allemands de la Volga, les Tartares et un certain nombre de nationalités non russes de la Crimée et du Caucase sont en voie de disparition ou ont été éliminés ou sont en train d'être éliminés de la surface de la Terre. 115. Un grand procès qui a lieu actuellement a montré les méthodes atroces qui peuvent être employées, et celles-ci n'ont été ni oubliées, ni abandonnées. Les dépositions concernant ces actes honteux constituent une souillure pour l'humanité. Rapprochez-les de l'offensive menée contre notre peuple sur notre terre sacrée de l'Angola et il apparaft clairement que nous assistons à la même tentative de génocide, exécutée avec la même froide résolution, avec la même cruauté sournoise, avec la même indifférence effroyable. Le but est de faire nai'tre la haine raciale sur une terre où régnait autrefois le principe chrétien de l'amour fraternel et ensuite d'anéantir systématiquement tout un groupe ethnique de blancs, de mulâtres et de noirs qui s'opposent au racisme et ne pensent pas que la nationalité soit une question de latitude. 117. The natural understanding of our people made it difficult for them to comprehend the nature of the danger suddenly thrust upon them. That understand- ing, however, is not shared by, nor serves as justifi- cation for those who, in their own historic domains, are responsible for identical crimes-though they claim to be ashamed of them-and who, with only the visible aim of satisfying their own imperialistic or economic interests, actively participate in the task of misleading international public opinion. We hope that such a vile practice will not distort forever the understanding of responsible leaders of the worldwho one day will realize that their task is something more glorious than just strewing flowers of rhetoric on the graves of those who have been abandoned or betrayed. 118. For our part, we would be playing into the hands of our enemies if we allowed them to carry out their plan to create a rift between any two ethnie, cultural or religious groups, in any part of our na- tional territory. We will always bear in mind and conscience that our strength lies in our capacity to live in common, without racial, cultural or religious prejudices. Exactly because that is our greatest source of strength, our foes directed their main attack against this fundamental asset by spreading dissension and creating conflicts for which theyhoped there would be no solution. 119. Whilst controlling the agents of the crime of genocide organized against us, we will at the same time continue to summon aIl our powers of fellowship in order to safeguard without reservation and to carry out, purposefully and persistently, our work of progress according to our traditional policies of racial understanding and equality of men. 120. The main tool that international terrorism and subversion have utilized in this monstrous crime of aggression against the peaceful populations of north- ern Angola is an organization called the UPA. The leanings of the organization are clearly communistic. It operates on the cell system, most members know- ing the identity of only one or two others. The cell chiefs received indoctrination in the Congo, even be- fore that country became independent. They managed to find a number of converts among thousands of Angolans who had been living in that country, some of them for years, and many of them entirely de- nationalized. They had sent a certain number of them back to their villages, as a füth column, ready to foster terror when the hour for the aggression was at hand. Many of them called themselves "refugees" from the turmoil of the Congo. AlI were trusted and received with traditional Portuguese hospitality, whatever their colour or race. 117. La bienveillance naturelle de nos populations a fait qu'il leur a été difficile de comprendre la nature du danger qui s'est brusquement abattu sur elles. Cette bienveillance n'est toutefois pas partagée par ceux qui, au cours de leur propre histoire, se sont rendus coupables de crimes identiques, bien qu'ils prétendent en avoir honte, et elle ne saurait d'ailleurs leur servir de justification à eux qui, ayant pour seul but apparent de satisfaire leurs propres intérêts impérialistes ou économiques, contripuent activement à tromper l'opinion publique internationale. Nous espérons qu'une attitude aussi vile ne déformera pas à jamais la conscience des dirigeants respon- sables du monde qui comprendront un jour que leur devoir est quelque chose de plus glorieux que de joncher de fleurs de rhétorique les tombes de ceux qui ont été abandonnés ou trahis. 118. Pour notre part, nous ferions le jeu de nos ennemis si nous leur permettions de mener à bien un plan visant à créer un fossé entre deux groupes ethniques, culturels ou religieux quelconques, sur une partie quelconque de notre territoire national. Nous garderons toujours présent à l'esprit et dans notre conscience que notre force réside dans notre aptitude à vivre en commun sans préjugés de race, de culture ou de religion. C'est précisément parce que telle est la principale source de notre force que nos ennemis se sont surtout attaqués à cette.richessefondamentale en répandant la dissension et en créant des conflits qu'ils espéraient insolubles. 119. Tout en combattant les agents du crime de génocide organisé contre nous, nous continuerons à déployer tout. notre esprit de camaraderie pour sauve- garder sans réserve et mener à bien avec ténacité et persévérance notre œuvre de progrès, conformément à notre politique traditionnelle d'entente raciale et d'égalité entre les hommes. 120. Le principal instrument utilisé par la subver- sion et le terrorisme internationaux pour commettre ce crime monstrueux d'agression contre les popu- lations pacifiques de l'Angola du Nord est une orga- nisation appelée UPA. Les tendances de cette orga- nisation sont nettement communistes. Son organisation est fondée sur le système de la cellule, la plupart de ses adhérents ne connaissant l'identité que d'un ou deux autres membres. Les chefs de cellule ont été endoctrinés au Congo, avant même que ce pays ne devienne indépendant. Ils ont réussi à trouver un certain nombre d'adeptes parmi les milliers d'Ango- lais qui vivaient dans ce pays, parfois depuis des années et dont beaucoup avaient perdu tout lien avec l'Angola. Ils ont renvoyé un certain nombre de ces hommes dans leurs villages pour qu'ils y jouent le l'ale d'une cinquième colonne, prête à semer la ter- reur lorsque l'heure de l'agression serait proche. Beaucoup des membres de cette cinquième colonne se disaient "réfugiés" à la suite des troubles du Congo. Tous ont été reçus en confiance avec la tradi- "You must spend much money for support of our illustrious friend Patrice Lumumba, whom the tribalists would like to choke. We delivered to Mr. Lumumba 5 millions which will permit him, without any doubt, to obtain the necessary means to conquer and liberate Angola ••• "In a few words here is our plan for the future: Sekou Touré must reign over North Africa, Com- rade Nkrumah, the Centre and your servant Holden Roberto the South. We hope that our eminent com- rade The Devil, strictly between us, will help us to bring about that destiny. Besides the future is being forged. Don't believe in nonsense; communism is not bad. On the occasion of our stay in Moscow we had the opportunity to see many magnificent things the Westerners will never have ••• '"Money, money, and more money. First Lu- mumba, then ourseIves. Comrade Devil is standing by, watching over." The letter finishes with these words: "Long live Communism! Down with concentric tribalism!" It is signed by Holden Roberto and by two or three others. 122. l have another document here, this one in Portuguese dated 3 December 1960. It was found in possession of a UPA terrorist who has beenarrested. l will read a few lines: "Long live UPA-Long live Nikita-Long live Angola ••• "Prepare your arms ••• We are going to open fire ••• We have no fear, Russia will give us weapons and Lumumba will help the UPA. Let us kill the whites ••• Lumumba has given authoriza- tion ••• "Long live UPA. Long live Khrushchev ••• Long live Angola." 123. l also have here a photostatic copy of another letter. This one is addressed by L'Alliance des Bakongo-to the Alliance des jeunes Bakongo-and it is dated 26 October 1960. It says, in English trans- lation: "We call your attention to the fact that we are in possession of concrete evidence proving that UPA is ••• pro-communist. For this reason we invite you to boycott UPA in Leoj>oldville and in the lower "Vous devez verser beaucoup d'argent pour soute- nir notre illustre ami Patrice Lumumba que les tribalistes voudraient étouffer ••• Nous avons déjà remis à M. Lumumba 5 millions qui lui permettront sans aucun doute de se procurer les moyens néces- saires pour conquérir le pouvoir et libérer l'Angola ••• "Voici en quelques mots notre plan d'avenir. Sekou Touré doit régner sur la partie nord de l'Afrique, le camarade Nkrumah au centre et votre serviteur Holden Roberto au sud. Nous espé- rons que notre éminent camarade le Diable, entre nous, nous aidera à réaliser notre destin. D'ailleurs, l'avenir se forge. Il ne faut pas croire aux racon- teurs. Le communisme n'est pas une mauvaise chose. Lors de notre séjour à Moscou, nouS avons pu voir beaucoup de choses magnifiques que les Occidentaux n'auront jamais ••• "De l'argent, de l'argent, encore de l'argent. D'abord Lumumba et puis nous. Le camarade le Diable est là, Pœil vigilant." La lettre se termine par ces mots: "Vive le com- munisme! A bas le tribalisme concentrique!" Elle est signée par Holden Roberto et par deux ou trois autres personnes. 122. J'ai également ici un autre document qui, cette fois, est écrit en portugais et porte la date du 3 dé- cembre 1960. Il a été trouvé sur un terroriste UPA qui a été arrêté. J'en lirai quelques lignes: "Vive l'UPA. Vive Nikita. Vive 1'Angola ••• "Préparez vos armes ••• Nous allons ouvrir le feu ••• Nous n'avons pas peur: la Russie nous don- nera des armes et Lumumba aidera l'UPA. Tuons les blancs ••• Lumumba a donné l'autorisation ••• "Vive l'UPA. Vive Khrouchtchev ••• Vive l'An- gola." 123. Je possède aussi laphotocopie d'une autre lettre. Celle-ci est adressée par "l'Alliance des Bakongo (Abako)" , à "l'Alliance des jeunes Bakongo (Jabako)" et elle est datée du 26 octobre 1960. Je cite: "Nous attirons votre bonne attention sur le fait que nous possédons des éléments palpables prou- vant que l'UPA est ••• procommuniste. Pour cette raison, nous vous invitons à faire boycotter l'UPA 124. Now I wiU read, with your permission, Mr. President, the translation of passages of anotherUPA circular-letter distributed in Angola a few weeks ago: "No Portuguese will leave Angola alive ••• We will not have an hour of rest until even one of those dogs is alive .•• We will have no pitY on those, among you, who play the game of the enemy, unless they change their ways and join us. They will be considered our enemies as the Portuguese, and they also will die ••• "Take great care of these words, all traitors, and especially the chiefs, the 'sobas', the 'regedors' and also the 'cipaios' and others who help the whites. Many have already received the punishment they deserve, but we will not stop••. AlI those who do not help us ••• cannot expect a good end ••." 125. I have this UPA document with me also. I hope it has shown the members of the Council the funda- mental instructions with which the communist UPA terrorists were unleashed against the peaceful people of northern Angola. To those who resist-whites, blacks or mulattos-no quarter would be given. Men, women and children, they all were to be slaughtered. To the others-intimidation: if intimidation did not succeed they also would he slaughtered-men, women and children. Such intimidation has been followed to the letter in the now martyred region of northern Angola. These are "patriots", as the Russian repre- sentative calls them, who surely would be only too glad to install in Angola a new socialist people's re- public. But we, and indeed aIl honest peoples of the world, have to consider them bloody terrorists, in- doctrinated tools of the great scourge of our times, the Communist régime, and we will not fail in de- fending our population against their crimes and de~radations. 126. The terrorists, we must admit, took us by sur- prise. There was not the slightest kind of unrest in the entire area, which had lived in peace for many decades. Practically nobody was armed, either whites or blacks. They lived in small villages or isolated farms in an atmosphere of friendship and brother- hood, as they do in aU Portuguese communities. The terrorists struck during the rainy season, when the fields are covered with grass eight feet high or more. This helped their movements since it provided the element of surprise to our small security forces. This explains the terrorists' successful massacres of the defendants, white and black people. 124. Maintenant, si vous le permettez, Monsieur le Président, je donnerai lecture de la traduction de certains passages d'une autre circulaire de l'UPA, distribuée en Angola il y a quelques semaines: "Aucun Portugais ne quittera l'Angola vivant ••• Nous n'aurons pas une heure de repos tant qu'un seul de ces chiens sera en vie ••• Nous n'aurons pas pitié de ceux d'entre vous qui font le jeu de l'ennemi, à moins qu'ils ne changent d'attitude et ne se joignent à nous. Ils seront considérés comme nos ennemis au même titre que les Portugais et ils mourront, eux aussi .•. "Ecoutez bien ces mots, vous tous, traltres, et spécialement les chefs, les "sobas", les "regedors" et aussi les "cipaios" et autres qui aidez les blancs. Beaucoup ont déjà reçu le châtiment qu'ils méritent, mais nous ne nous arrêterons pas là .•• Tous ceux qui ne nous aident pas ... ne sauraient s'attendre à ce que cela finisse bien pour eux .•• " 125. J'ai également ici ce document de l'UPA. J'es- père qu'il aura montré aux membres du Conseil ce qu'étaient les instructions de base données aux ter- roristes communistes que l'UPA a lancés contre la population pacifique de l'Angola du Nord. A ceux qui résisteront - blancs, noirs ou mulâtres - il ne sera pas fait quartier: hommes, femmes ou enfants, tous seront massacrés. Pour les autres, l'intimidation: si l'intimidation ne suffit pas, ils seront eux aussi massacrés, hommes, femmes et enfants. Cette tac- tique d'intimidation a été suivie à la lettre dans la région maintenant martyre de l'Angola du Nord. Ce sont là des "patriotes.", comme le représentant sovié- tique les a appelés, qui ne seraient que trop heureux d'installer en Angolaune nouvelle République populaire socialiste. Mais nous, comme du reste tous les peuples honnêtes au monde, devons les considérer comme des terroristes aux mains sanglantes, qui se font les instruments du communisme, ce grand fléau de notre temps, et nous ne faillirons pas à notre tâche qui est de défendre notre population contre leurs crimes et leurs déprédations. 126. Les terroristes - nous devons le reconnaltre - nous ont pris par surprise. Il n'y avait pas la moindre agitation dans toute cette région qui vivait en paix depuis des dizaines d'années. Pratiquement, per- sonne n'était armé ni les blancs ni les noirs; les gens habitaient de petits villages ou des fermes isolées, dans une atmosphère d'amitié et de frater- nité, comme c'est le cas dans toutes les collectivités portugaises. Les terroristes ont frappé pendant la saison des pluies, alors que les champs étaient re- couverts d'une herbe haute d'au moins deux mètres. Cela a facilité leurs mouvements, leur permettant d'attaquer par surprise nos rares postes militaires. C'est ce qui explique que les terroristes aient réussi à massacrer les défenseurs, les blancs comme les noirs. 120. The authorities are receiving full cc-operation from the people. As the forces of order approach the affected regions, those who had been compelled, by in\:imidation, to join the terrorist bands, immediately placed themselves under the protection of the forces of order and returned to their normal life. Many coloured Angolans distinguished themselves by their bravel'y, fighting terrorists alongside their white brothers. 1 am speaking of civilians and farm hands as -,"ell as of coloured Angolans of the armed forces. Many of the black civilians gallantly resisted the attacks of terrorists, even when there were no whites among them, and continued to work the farms. There is certainly no better denial of the accusations of forced labour. than this attitude shown by thousands of coloured Portuguese. An over northern Angola whites and coloured have suffered andfoughttogether. 129. There was an upsurge of tel'l'orism, as ex- pected, when it was announced that the General As- sembly of the United Nations was going to discuss Angola on 13 April 1961, proving once again that there is an intirnate connexion between the anti- Portuguese forces and the propaganda it makes through this Organization. 130. During the Assembly meetings, there were terrorist attacks for the first time in Cabinda. The assailants entered Portuguese territory at three frontier points: in the north through the forest of Maiombe, coming from Congo (Brazzaville), and in the east and south, in the region of Dondo-Zenza and Iona, respectively, coming from Congo (Leopoldville). 131. Fresh infiltrations likewise took place in other parts of the Province. The attacks that took place after 13 April were carried out by bandits armed almost exciusively with automatic weapons, whereas in the earlier attacks machetes were predominant. 132. Recently T.l1e command of the terrorists has apparently changed its tactics. Instead of attacking in large numbers, with firearms and machetes, they bore down on the people in small bands, armed with modern weapons of war, including rifles, machine guns, bombs and hand grenades. Many uf these arms are of the same type as those used by NATO forces. This leads us to conclude that they must have be0n obtained in the Congo, either stolen or possibly bought, from former Congolese soldiers. Many are marked UPA-Lumumba. 133. As regards the refugees, they are on the whole peaceful people who had escaped from the turmoil and destruction caused by the terrorists and their policies of intimidation. Tt appears that quite a num- ber crossed the border and went to the Congo as the nearest place of refuge. Others living in areas more to the south fled to other regions in Angola. Reliable 128. La population coopère pleinement avec les auto- rités. A mesure que les forces de l'ordre approchent des régions touchées, ceu.x que les terroristes avaient contraints par la menace à rejoindre leurs bandes se placent imm~diJ.tementd'eux-mêmes sous la pro- tection des forces de l'ordre et reprennent une vie normale. De nombreux Angolais de couleur se sont distingués par leur bravoure en luttant contre les terroristes aux côtés de leurs frères blancs. Je songe aux civils et aux ouvriers agricoles tout autant qu'aux Angolais de couleur serv dans les forces armées. De nombreux civils noirs ont résisté avec courage aux attaques des terroristes, même lorsqu'il n'y avait parmi eux aucun blanc, et ils ont continué à travailler dans les fermes. Rien ne saurait mieux réfuter les accusations de travail forcé que l'attitude dont des milliers de Portugais de couleur ont ainsi fait preuve. Dans tout le nord de l'Angola, blancs et gens de couleur ont souffert et combattu côte â côte. 129. Comme nous nous y attendions, il s'est produit une vague de terrorisme lorsqu'il fut annoncé que l'Assemblée générale des Nations Unies allait exa- miner le 13 avril 1961 la question de l'Angola, ce qui prouve là encore qu'il y a un rapport étroit entre les forces antiportugaises et la propagande menée au sein de cette organisation. 130. Pendant les séances de l'Assemblée générale, des attaques terroristes se sont produites pour la première fois au Cabinda. Les assaillants ont franchi la frontière portugaise en trois points: au nord, par la forêt de Maiombé, venant du Congo (Brazzaville), et à l'est et au sud, dans les régions de Dondo- Zenza et d'Iona venant du Congo (Léopoldville). 131. De nouvelles infiltrations se sont également pro- duites dans d'autres parties de la province. Les attaques qui ont eu lieu après le 13 avril furent effectuées par des bandits équipés presque exclusi- vement d'armes automatiques, alors qu'au cours des attaques précédentes, ils étaient armés surtout de machettes. 132. Dernièrement, le commandement des ter- roristes semble avoir modifié sa tactique. Au lieu d'attaquer en grand nombre avec des armes à feu et des machettes, les terroristes s'abattent sur les populations par petites bandes munies d'armes de guerre modernes, notamment de carabines, de mi- trailleuses, de bombes et de grenades à main. Parmi ces armes, il yen a beaucoup qui sont du même type que celles dont se servent les forces de l'OTAN. Cela nous donne à penser qu'elles doivent provenir du Congo, soit qu'elles aient été volées soit peut- être qu'elles aient été achetées à d'anciens soldats congolais. Un bon nombre d'entre elles portent la marque UPA-Lumumba. 133. Pour ce qui est des réfugiés, ce sont dans l'ensemble des êtres pacifiques qui ontfuiles troubles et les destructions dus aux terroristes et à leur politique d'intimidation. Il semble qu'un grandnombre de réfugiés aient traversé la frontière et soient allés au Congo parce que ce pays était pour eux le refuge le plus proche. D'autre,;, qui vivaient plus au sud ont 134. Can it be doubted that terrorism in Angola, and the legitimate action we are taking against it is a matter of internaI security and of internaI law and order-essentially a matter of domestic jurisdiction? It cannot even be said that terrorism in Angola has an internaI political background. 135. If one looks at the events in Angola one cannot help feeling, if one is unbiased, that the wave of crime unleashed by the terrorists in that province has nothing to do with any political ideal which can be admitted as such by a civilized society. Either civilization or barbarism is at stake. The crime of killing peaceful people, including women and children, for no other reason than their white skin, and killing coloured people because they helped white people and are loyal to their motherland, cannot he justified for pseudo-political reasons. This is barbarism pure and simple. And it must he remembered that suchheinous crimes are presented as a collective movement of peoples, who in fact do not show any interest in it. The real authors of the crime, those who have coldly included it in their programme, are behind the screen, making use of people whom they dope and dupe with the most fantastic and unrealistic promises. 136. Yet many countries in the United Nations seek to give this crime their solemn blessing and try to stop Portugal from taking measures to prevent it. Thiis is the degradation into which a great part of the so-called civilized world of today has fallen. Nay, by a diabolical inversion of situations, there are people who accuse Portugal of the very crimes which are being committed against us, when Portugal has throughout history given the world a unique example of racial harmony. The Satanic crimes committed by the terrorists who came into Angola are pushed into the background. Only the defensive action and re- establishment of order by the Portuguese Govern- ment is being, as usual, stressed and smeared, though it is legitimate, humanitarian, rnoderate, and fully justified by events. 137. Fantastic statements or declarations are slan- derously attributed to Portuguese officiaIs, always anonymous, but the noble words, which l am going to quote, are from our Minister of Overseas Mr. Adriano Moreira, a high responsible authority, not an anonymous source. Mr. Moreira did not get a line in large sections of the international Press, namely 134. Peut-on douter que le terrorisme en Angola est, avec les mesures légitimes que nous prenons contre lui, une question de sécurité intérieure et d'ordre public intérieur, c'est-à-dire une question relevant essentiellement de la compétence nationale? fi n'est même pas possible de prétendre que le terrorisme en Angola découle de questions politiques intérieures. 135. Si l'on étudie les événements d'Angola, on ne peut s'empêcher de penser, si l'on est de bonne foi, que la vague de crimes décharnés par les terroristes dans cette province n'a rien à voir avec un idéal politique quelconque susceptible d'être reconnu comme tel par une société civilisée. Ce qui est en jeu, c'est le choix entre la civilisation et la barbarie. Le crime qui consiste à tuer des êtres pacifiques, y compris des femmes et des enfants, pour la seule raison qu'ils ont la peau blanche, et à tuer des gens de couleur parce qu'ils ont aidé des blancs et sont fidèles à leur patrie ne saurait se justifier par des raisons pseudo-politiques. C'est de la barbarie pure et simple. Il convient de se rappeler que des crimes aussi odieux nous sont présentés comme étant une manifestation collective d'une population qui, en réa- lité, ne s'y intéresse aucunement. Les véritables auteurs du crime, ceux qui, de sang-froid, l'ont mis à leur programme, se tiennent dans la coulisse, se bornant à utiliser des gens qu'ils dopent et qu'ils dupent par les promesses les plus fantaisistes et les plus invraisemblables. 136. Malgré cela, à l'Orgu.' 3ationdes Nations Unies, beaucoup de pays cherchem ,1 ;,Aonner à ce crime leur bénédiction solennelle et à ;:J.:üpêcher le Portugal de prendre des mesures pour l'empêcher. Tel est l'abrme où une grande partie d'un monde prétendu civilisé est aujourd'hui tombé. Bien plus, par un renverse- ment diabolique des situations, il est des gens qui accusent le Portugal des crimes mêmes qui sont commis contre nous, alors que, tout au long de son histoire, le Portugal a donné au monde un exemple unique d'harmonie raciale. Les crimes sataniques commis par les terroristes venus en Angola sont relégués au second plan. Seules les mesures de défense et de rétablissement de l'ordre prises par le Gouvernement portugais sont mises en relief et calomniées, comme toujours, bien ,,,,t'elles soient légitimes, humanitaires, modérées et parfaitement justifiées par les événements. 137. On attribue calomnieusement à des fonction- naires portugais, toujours anonymes, des assertions ou des déclarations fantaisistes, mais les nobles paroles que je vais citer ont été prononcées par M. Adriano Moreira, notre ministre des territoires d'outre-mer, c'est-à-dire qu'elles émanent d'une haute personnalité responsable, et non pas d'une "Our main duty lies in insuring ways for the re- lations between the different ethnic groups to be such as to continue to make possible the functioning of our social structure, and for this reason an our authorities are under instructions to multiply their efforts in order that no irijustices .be committed, because in no circumstances can the just suffer for the sinner•••" "If we have the duty to put an end to terrorism in the Province, it is our correlative duty to protect the populations to whom we gave the national back- ground they lacked and who expect from us the pro- tection to which they have a right••." 138. The intelligence and the conscience of human society are obviously going through a perverted crisis for some and an emotional blindness for many others. Let us hope that wisdom does not return too late for aIl of them. As for ùs, we would not believe it worth- while living in a world transformed in the graveyard of our highest moral values, through the perversity of many and the naïveté of others. We will continue to act serenely and firmly toward the principles alone by which civilization can he maintained. And we earnestly hope that those minds and consciences which sometimes seem to be deaf to the warnings of evil will wake up in time to save themselves, and will then recognize and be thankful for our persistence, our sacrifice, our friendship and our example. 139. Peace and complete calm reigned for many decades in our overseas provinces. But outside these provinces, in the Congo, Guinea, Ghana and others- including countries ruled or inspiredby communism- committees, leagues and parties were organized against Portuguese unity. Radio broadcasts from various points support them and seek to disturb the tranquillity of our people. These agitators have at their disposaI important funds and special protection. They publish manifests and small newspapers to ex- ploit public credulity. Their leaders appear even in important capitals and worm their way into Press organs of a category which are considered responsi- ble. We now see the results of aIl that nefarious and siniste_r activity. 140. As my Prime Minister said only last year: "Things have changed-and greatly-in a short time. At one time there were certain rules that guided the conduct of States and in some ways con- trolled their admission into the international com- munity. Tt was possible to give asylum topoliticians in disgrace, but it was not permitted tOJrganize bands of guerillas to intervelle in the territory of others, to encourage programmes of defamation, to finance rebellion within peaceful populations, to "Notre principal devoir est de faire en sorte que les relations entre les différents groupes ethniques continuent à permettre le fonctionnement de notre structure sociale et c'est pourquoi toutes nos auto- rités ont pour instruction de redoubler d'effort pour que nulle injustice ne soit commise, car le juste ne doit en aucun cas souffrir pour le pé- cheur ••• "Si nous avons pour devoir de mettre fin au terrorisme dans la province, nous avons paral- lèlement pour devoir de protéger les populations au.."quelles nous avons donné la conception nationale qui leur manquait et qui attendent de nous la pro- tection qui leur est due ••• " 138. L'intelligence et la conscience de la société humaine passent manifestement, chez certains, par une période de crise et, chez beaucoup d'autres, par une période d'aveuglement émotionnel. Espérons que la sagesse ne leur reviendra pas trop tard. Pour notre part, nous ne pensons pas qu'il vaudrait la peine de vivre dans un monde que la perversité de beaucoup et la naiveté des autres auraient transformé en un cimetière de nos valeurs morales les plus élevées. Nous continuerons d'agir avec sérénité et fermeté pour faire prévaloir les seuls principes sans lesquels la civilisation ne saurait être maintenue. Et nous espérons ardemment que les esprits et les consciences qui semblent parfois être sourds aux avertissements du mal se réveilleront à temps pour se sauver et qu'ils reconnaîtront alors notre ténacité, notre sacrifice, notre amitié et notre exemple et nous en sauront gré. 139. La paix et le calme total ont régné pendant des dizaines d'années dans nos provinces d'outre-mer. Mais hors de ces provinces, au Congo, en Guinée, au Ghana et dans d'autres pays, et notamment dans des pays dirigés ou inspirés par le communisme, des comités, des ligues et des partis ont été orga- nisés pour saper l'unité portugaise. Des émissions radiophoniques d'origines diverses les soutiennent et cherchent à troubler la tranquillité de notre peuple. Ces agitateurs disposent de fonds importants et jouissent d'une protection spéciale. Ils publient des manifestes et des journaux de petit format pour exploiter la crédulité publique. Leurs dirigeants font leur_ apparition jusque dans les grandes capitales et réussissent à s'infiltrer dans des organes de presse, de renommée mondiale, considérés comme ayant le sens de leurs responsabilités. Nous avons maintenant sous les yeux les résultats de cette activité sinistre et néfaste. 140. Le Premier Ministre de mon pays déclarait encore l'an dernier: "Les choses ont changé - et beaucoup changé - en peu de temps. Il existait à une certaine époque des règles qui guidaient la conduite des Etats et qui, à certains égards, régissaient leur admission dans la communauté internationale. Il était possible de donner asile à des hommes politiques en dis- gr~ce, mais il n'était pas permis d'organiser des bandes de guerrilleros destinées à intervenir sur le territoire d'autres Etats, d'encourager des entre- 141. The Prime Minister of Portugal, Ml'. Salazar, made a very important statement to the Lisbon correspondent of The New York Times, which was carried in full in this newspaper on 31 May. l wish to quote a few of the more important parts of this state- ment. Ml'. Salazar said: "Recent events in Angola are the result of a terrorist action instigated and directed from the outside, with such violence and savagery that mili- tary means are forced upon us as the only immedi- ate way to a solution. "It should, however, he understood that such means aim exclusively at punishing criminal acts and re-establishing order; the action is solely de- signed to restore peaceful conditions and guarantees of life and property, without which the work es- sential to the progress of the territory and the life of the populations cannot be carried out." On new measures the Prime Miilister said: "The populations will be brought more and more into local political and administrative life; that the rhythm of implementation of programmes of social advancement, with special reference to education, health and housing, will not be slowed down but rather the contrary, if possible; lastly, all the available financial resources-those of the pro- vince, or those of the metropolitan country, or again such as may proceed from foreign capital-will continue to be applied to economic developmentwith a view to creating more wealth and employment." The Prime Minister also said: "Contrary to what many suppose, the adminis- trative system has not been maintained unchanged. Thus, since 1914, not to go back any further, the overseas provinces, namely Angola and Mozam- bique, have enjoyed limited self-government; in 1933 the system evolved into one which we might define as 'temperate self-government', meaning a greater measure of autonomy in local affairs; and in the constitutional revision of 1951-53 the local Legislative Councils not only acquired a marked elected majority but were also empowered to pass legislation. "The system then set up will tend to develop further in harmony with the progress achieved in political, economic and social fields toward higher forms of autonomy. Such forms, however, may he 141. Le Premier Ministre du Portugal, M. Salazar, a fait au corrèspondant du New York Times à Lis- bonne, une très importante déclaration que ce journal a intégralement reproduite dans son numéro du mercredi. 31 mai 1961. Permettez-moi d'en citer quelques-uns des passages les plus importants. M. SaLl.·'.H' disait: "Les récents événements d'Angola sont le résul- tat d'une action terroriste inspirée et dirigée de l'extérieur, qui se déroule avec une telle violence et une telle sauvagerie que la seule solution immé- diate consiste pour nous à employer des moyens militaires ••• "Il faut bien comprendre, cependant, que ces moyens visent exclusivement à punir des actes criminels et à rétablir l'ordre; l'action n'a pour but que de rétablir une situation pacifique et de sauvegarder les vies et les biens, faute de quoi il ne sera pas possible de mener à bien l'œuvre indispensable au progrès du territoire et à la vie des populations." Au' sujet des mesures nouvelles, le Premier Ministre a dit: "Nous ferons participer de plus en plus les popu- lations à la vie politique et administrative locale; la réalisation des programmes' de progrès social, en particulier dans le domaine de l'enseignement, de la santé et du logement, ne se ralentira pas, mais sera au contraire accélérée dans la mesure du possible; enfin, toutes les ressources financières disponibles - celles de la province, celles de la métropole, ou bien encore celles qui pourraient provenir de capitaux étrangers - continueront à être utilisées pour le développement économique en vue de créer plus de richesse et de possibilités d'emploi." Le Premier Ministre a dit encore: "Contrairement à ce que beaucoup rs'imagi.lent, le système administratif n'est pas resté in~~angé. C'est ainsi que depuis 1914, pour ne pas remonter plus haut, les provinces d'outre-mer, c'est-à-dire l'Angola et le Mozambique, jouissent d'une auto- nomie limitée; en 1933, le système a évolué dans le sens de ce que l'on pourrait appeler ur~ "auto- nomie modérée", c'est-à-dire une autonom j accrue pour les affaires locales; et, avec la revision consti- tutionnelle de 1951-1953, les conseils législatifs locaux ont non seulement acquis une large majorité de membres élus, mais ils ont été aussi habilités à voter des lois. "Le système alors mis en place tendra à se développer encore en harmonie avec les progrès accomplis en matière politique, économique et sociale vers des formes plus élevées d'autonomie. 143. l have here a map of Angola showing the area where infiltration of terrorists has taken place. As you can see, it is a very small area, containing per- haps less than 5 pel' cent of the total population of the province. AIl the rest of it is in peace and quiet, as it has been for many decades; and let those who, for many years, have alleged that the peace prevailing in our provinces of Africa was the result of military and police repression, who still play the same tune, let them now realize that the savage work of the terrorists was only possible because, as late as February last, the total armed forces of the whole province consisted of 10,000 soldiers, of whom 8,000 were black troops, and in the whole province the police force, including all branches, was far less than 1,000 strong. In all, 11,000 military personnel to keep a vast territory under terror. But l am sure those representatives will now find it convenient to forget that the sarne accusations they are making to- day, they were making yesterday; for today's evi- dence, if it does nothing more, at least denies yester- day's affirmations. 14\4. Since terrorism started, our military forces have naturally been increased, not for operations of repression, not for destroying villages, not for savage killings-but rather for defensive purposes, for the protection of our men, women and children, black and white alike, to ensure the conditions neces- sary to guarantee life and property so that the pro- gress of the territory and the life of the population can be continued. The military means thus imposed on us aim exclusively at punishing criminal acts and re-establishing order; but those are routine opera- tions which, in the over-riding majority of cases, have not required more than the simple presence of the troops, since the local populations are the first to co-operate with them in denouncing and finding the criminals in those few cases where they are still around. In the course of such operations we have so far made about 1,000 prisoners. 145. Mention has been made here of fantastic num- bers of victims and even to the alleged dangers of epidemics as a result of so many bodies being left unburied. There are victims, indeed. Although not final, we know_ the approximate number of men, 143. J'ai ici une carte de l'Angola qui montre la région où ont lieu les infiltrations des terroristes. Comme vous le voyez, il s'agit d'une très petite zone abritant peut-être moins de 5 p. 100 de la population totale de la province. Tout le reste de celle-ci vit dans la paix et le calme, comme cela est le cas depuis de nombreuses décennies; que ceux qui, depuis tant d'années, prétendent que la paix qui règne dans nos provinces d'Afrique est le résultat de la répression militaire et policière et qui re- prennent toujours le même refrain, comprennent maintenant que les actes sauvages des terroristes n'ont été possibles que parce que, jusqu'en février 1961, les forces armées de toute la province comp- taient au total 10 000 hommes, dont 8 000 noirs; quant à la police, et là encore pour toute la province, tous ses services réunis totalisaient nettement moins de 1 000 hommes. Soit en tout 11 000 militaires ou assimilés pour maintenir sous la terreur un aussi vaste territoire. Mais je suis certain que ces repré- sentants trouveront maintenant commode d'oublier qu'ils formulaient hier les m~mes accusations qu'aujourd'hui réfutent à tout le moins les affir- mations d'hier. 144. Quand le terrorisme a commencé, nous avons naturellement accru nos forces militaires, non pour des opérations de répression, non pour détruire des villages, non pour nous livrer à des tueries sauvages, mais au contraire à des fins défensives, pour proté- ger nos hommes, nos femmes et nos enfants, blancs aussi bien que noirs, pour faire régner la situation nécessaire à la sauvegarde des vies et des biens, afin que le progrès du territoire et la vie de la popu- lation puissent se poursuivre. Les moyens militaires qui nous ont été ainsi imposés visent exclusivement à punir des actes criminels et à rétablir l'ordre; mais ce sont là des opérations normales qui, dans la grande majorité des cas, n'exigent que la simple présence des troupes, puisque les populations locales sont les premières à coopérer avec elles, en dénon- çant et en recherchant les criminels dans les rares cas où ils sont encore dans le voisinage. Nous avons jusqu'à présent fait environ 1 000 prisonniers au cours de ces opérations. 145. On a cité ici des chiffres fantastiques pour le nombre des victimes et on a même dit que des épi- démies risqueraient de se déclarer parce que d'in- nombrables cadavres resteraient sans sépulture. Oui, il y a des victimes. Nous n'avons pas les chiffres 146. As we stressed earlier, the situation in Angola is a most unwarranted and illegal item ta have been inscribed on the agenda of the Council. It is a cIeal' attempt on the part of some members of the Council ta internationalize problems of public order within the national territory of a Member State, an attempt which is manifestly contrary, and therefore a viola- tion, of the letter and spirit of the Charter. 147. We consider it the duty of the Council to avoid giving any encouragement to terroristic infiltration as a resuIt of this debate. Waves of agitation, an atmosphere of subversion and certain frames of mind can be used to exercise pressure on those nations which are outside the great clans of this Organiza- tion, unless the Council does its duty in this debate. 148. As l said yesterday, and as l think Ihave reason to repeat today: "Indeed, there is, unfortunately, every reason ta fear, in the light of previous experiences, that this debate may bring more loss of life and further misery and destruction in Angola. If, no doubt, some desire that, my delegation feels that it is in- cumbent upon the Council ta bear in mind the great responsibility it is taking by the mere fact of en- gaging in this debate." [950th meeting, para. 105.] 149. The CouncH, at least the great majority of the members, cannot ignore the winds of agitation and subversion which a certain political system is trying ta blow aIl over Africa. 150. Not long ago, in this great city of New York, Ml'. Stevenson publicly denounced this threat, inviting the Soviet Union not to interfere in the internaI affairs of other countries, and ta abandon its deliberate actions for disturbing peace in Africa. Similar thoughts were expressed by President Kennedy in Paris. At least, on these occasions, Portugal could not have been accused of being the author of such a denunciation. 151. The events of Angola were a resuIt of the same malevolent forces which are trying ta set Africa aflame, by taking the cold war to that continent in the pursuit of their openly admitted design ta subjugate the world. 152. Perhaps the Council should consider the mo- ment opportune, at least in regard to Africa-and this would certainly he legal action within the functions of the Council-to condemn solemnly, as indirect aggression committed by a State, the following types of intervention in the domestic affairs of others: first, 146. Comme nous l'avons déjà signalé, la situation en Angola est une question dont l'inscription à l'ordre du jour du Conseil est particulièrement injustüiée et illégale. Il est évident que certains membres du Con- seil cherchent à donner un caractère international à un problème d'ordre public intéressant le territoire national d'un Etat Membre; c'est là une tentative qui est manüestement contraire à la lettre et à l'esprit de la Charte et qui en constitue, par conséquent, une violation. 147. Nous considérons que le Conseil se doit d'éviter de donner par ce débat le moindre encouragement à . l'infiltration terroriste. S'il ne fait pas son devoir dans ce débat, il peut se créer des vagues d'agitation, une atmosphère de subversion et un certain état d'esprit qui exerceront une pression sur les nations restées en dehors des grands clans de cette orga- nisation. 148. Comme je l'ai dit hier, et comme je pense avoir des raisons de le répéter aujourd'hui: "En fait, il y a malheureusement tout lieu de craindre, compte tenu de l'expérience acquise, que ce débat n'entrafue de nouvelles pertes de vies humaines, de nouvelles souffrances et de nouvelles destructions en Angola. Si c'est, sans doute, ce que certains désirent, ma délégation estime qu'il appartient au Conseil de ne pas oublier la lourde responsabilité qu'il assume du simple fait que ce débat s'engage." [950ème séance, par. 105.] 149. Le Conseil - ou du moins la grande majorité de ses membres - ne peut ignorer le vent d'agitation et de subversion qu'un certain régime politique essaie de faire souffler sur toute l'Mrique. 150. Il n'y a pas longtemp~, dans cette grande ville de New York, M. stevenson dénonçait publiquement cette menace, invitant l'Union soviétique à ne pas s'ingérer dans les affaires intérieures d'autres pays et â renoncer â des agissements visant délibérément â troubler la paix en Afrique. Le président Kennedy a exprimé des idées analogues â Paris. En ces occasions tout au moins, on ne saurait accuser le Portugal d'être l'auteur de la dénonciation. 151. Les événements d'Angola ont été le fait des mêmes forces maléfiques qui essaient d'incendier l'Afrique en entraînant ce continent dans la guerre froide, pour réaliser leur dessein ouvertement admis qui est de subjuguer le monde. 152. Peut-être le Conseil devrait-il juger le moment venu, du moins en ce qui concerne l'Afrique - et ce serait sans aucun doute une décision relevant de sa compétence - de condamner solennellement, en tant qu'agression indirecte commise par un Etat, les types ci-après d'intervention dans les affaires inté- 153. AIl the points 1 have just mentioned are con- tained in a draft resolution of the 1956 Special Com- mittee on the Question of Defining Aggression,ll a text submitted by the Soviet Union, one of the perma- nent members of the Security Council. It would he legitimate to hope that the very permanent member of the Seeurity Council which defined these principles of aggression in the first place, in 1956, would not apply its veto against the principles it sponsored five years ago. The strict Implementation of those prin- ciples would eertainly he a most important contribu- tion to keeping Africa out of the eold war and leading the whole of the continent towards the road of peaee and prosperity. 154. A numher of specifie faise accusations, mon- stroùs distortions and fabricated statistics have bean presented to the Council by our detractors. 1 have not answered them today sinee 1 do not wish to burden the Couneil any longer•.However 1 shall, with the President's permission. ask to exercise my right of reply pérhaps tOtllOi'row, in order to make a state- ment eorrecting the deliberate falsehoods and fabri- eated statisties. 155. The P~SIDENT: The next name on the list of speakers is that of the representative of Ghana. Does he wish to speak this evening, or would he prefer to spaak tomorrow morning?
1 am com- pletely in the hands of the Council.
If either time is convenient to tlie representative of Ghana, 1 would suggest that the Couneil should now adjourn and meet again to- morrow morning at 10.30, when the representative of Ghana will be the first speaker. It was sa decided. The meeting roseat 6.20 p.m. V Official RecordS of the General Assembly. Twelfth Session. Sup: plement No. 16. annex Il. section 1. Litho in U.N. 38 153. Tous les points que je viens de mentionner fi- gurent dans un projet de résolution du Comité spécial de 1956 pour la question de la définition de l'agres- sion Y, dont le texte avait été soumis par 1tUnion soviétique qui est l'un des membres permanents du Conseil de, sécurité. On serait fondé à espérer que le membre permanent du Conseil de sécurité qui, le premier, a défini ces principes de l'agression en 1956, n'opposera pas son veto aux principes mêmes qu'il a soutenus il y a cinq ans. Une stricte appli- cation de ces principes contribuerait certainement pour beaucoup à maintenir l'Afrique hors de laguerre froide et à mettre tout le continent sur la voie de la paix et de la prospérité. 154. Un certain nombre d'autres accusations men- songères, de déformations monstrueuses et de statis- tiques falsifiées ont été présentées au Conseil par nos détracteurs. Je n'y ai pas répondu aujourd'hui parce que je ne veux pas lasser la patience du Con- seil. Mais si vous me le permettez, Monsieur le Président, je demanderai à exercer mon droit de réponse, demain peut-être, pour réfuter ces men- songes délibérés et ces statistiques falsifiées. 155. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Le pre- mier nom inscrit maintenant sur ma liste est celui du représentant du Ghana. Désire-t-il prendre la parole ce soir, ou préfère-t-il par1er demain matin? 156. M. QUAISON-SACKEY (Ghana) [traduit de l'an- glais]: Je m'en remets entièrement au Conseil. 157. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Si le représentant du Ghana n'a pas de préférence, je propose un ajournement à 10 h 30 demain matin, le représentant du Ghana devant être alors le premier à prendre la parole. Il en est ainsi décidé. La séance est levée à 18 h 20. ~ Documents officiels de l'Assemblée générale. douzième session. Supplément No 16. annexe Il. sect.!.