S/PV.962 Security Council
SIXTEENTH YEAR 962
NEW YORK
The agenda was adopted.
News reaching us from Tunisia indicates that the serious andthreatening development which the Council took up for considera- tion yesterday continues, with risks of Irreparable damage to international peace and security. ln viewof the obligations of the Secretary-Generalunder Article 99 of the Charter, 1 consider it my duty in the circum- stances ta make an u~~gent appeal to this Council. Whatever the problems which may arise in an effort to get a complete and definitive resolution, there is need for Immediate action which cannat wait for the more time-consuming consideration necessary in arder to reach an agreed conclusion ta this debate.
!
3. 1 therefore take the liberty to appealtothe Counci! to consider, without delay, taking an intermediary de- cision pending the further consideration of the item and
Président: M. L. BENITES VlNUEZA (Equateur). Présents: Les représentants des Etats suivants: Ceylan, Chili, Chine, Equateur, Etats-Unis d'Amé- rique, France, Libéria, République arabe unie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Turquie, Union des Républiques socialistes soviétiques.
Ordre du jour provisoire (5/Agenda/962)
1. Adoption de l'ordre du jour.
2. Télégramme, en date du 20 juillet 1961, adressé au Président du Conseil de sécurité par le Secré- taire d'Etat aux affaires étrangères de la Répu- blique tunisienne (S/4861). Lettre, en date du 20 juillet 1961, adressée au Président du Conseil de sécurité par le représentant permanent de la Tunisie (S/4862).
Adoption de l'ordre du jour Télégramme, en date du 20 juillet 1961, adressé au Prési· dent du Conseil de sécurité par le Secrétaire d'Etat aux affaires étrangères de la République tunisienne (5/4861). Lettre, en date du 20 juillet 1961, adressée au Président du Conseil de sécurité par le représentant permanent de la Tunisie (5/4862) Sur l'invitation du Président. M. Mongi Slim (Tunisie) prend place à la table du Conseil. 1. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): J'ail'hon- neur d'informer le Conseil que le Secrétaire général désire faire une déclaration. 2. Le SECRETAIRE GENERAL (traduit de l'anglais): Les nouvelles qui nous parviennent de Tunisie indi- quent que la situation grave et menaçante dont le Conseil a entrepris hier l'examen subsiste et risque de compromettre irrémédiablement la paix et la sé- curité internationales. Etant donné les obligations qui incombent au Secrétaire général en vertu de l'Ar- ticle 99 de la Charte et étant donné les circonstances, je considère qu'il est de mon devoir d'adresser un pressant appel au Conseil. Quelles que soient les dif- ficultés auxquelles on puisse se heurter lorsque l'on cherche à adopter une résolution complète et défini- tive' il est indispensable de prendre immédiatement des mesures qui ne peuvent attendre que soit terminé le débat assez long qui doit avoir lieu avant que le Conseil puisse parvenir à une conclusion. 3. Aussi, je prends la liberté de prier instamment le Conseil d'envisager tout de suite la possibilité de prendre une décision d'avant dire droit en attendant 4. Ml'. Mongi SLIM (Tunisia) (translated from French): My delegation regards the situation as so serious that l am impelled to ask for the floor again. in order to make a very briefstatementto the Council at the opening of today's meeting. 5. Since yesterday's meeting of the Security Council was adjourned. the armed aggression towhich Tunisia has been subjected since 19 July has continued. This morning at dawn the attacks were resumed as vio- lently as before. After preliminary bombardments. three warships forced their way into the channel and disembarked reinforcements of Foreign Legion para- troops under cover of rocket and machine-gun fire from aircraft or landing craft. The occupation of the town of Bi~erta itself is continuing with the entry of occupying for.ces preceded by tanks and covered by machine-gun fire and rockets fired from aircraft. Fighting is going on in the streets atthis very moment and the headquarters of the civil administration are under attack by paratroops. l shall spare the Council the details of the devastation and the attacks to which the town has been subjected since this morning. l think the New York newspapers have devoted sufficient space to the situation and have adequatelyemphasized the gravity of these attacks on the town and the sur- rou~ding area. 6. Nevertheless. the Tunisian delegation wishes to draw the Council's most serious attention to the ex- treme gravity of the situation. On the pretext of pro- tecting the installations or the various parts of the Bizerta bases. France is carrying out a massive military reoccupation of the town and its environs. This idea of protection of interests is still fresh in our minds in Tunisia. In May 1881. the French Govern- ment. then headed by- Jules Ferry. came under attack from the Parliamentary Oppositionfor the actiontaken by French troops in Tunisia. The explanation offered at the time was that the aim in view was simply to teach the troops ofthe "Khroumirs"w~lOwerecarrying out raids into Algeria a lesson. and that the French occupation was intended to protect French interests and was to be purely temporary. 7. l would also point out that the Protectorate treaty of 12 May 1881 stated quite explicitly. in article 2. that the occupation was to cease on the date upon which the French and· Tunisian military authorities agreed jointly that the Tunisian authorities were clearly in a position to ensure internaI order and security in the Regency. 8. From 1881 to 1952 the French authorities and the French Government refused to recognize that Tunisia was in a position to ensure security within its own territory. It took three years offighting before Tunisia 4. M. Mongi SLIM (Tunisie): Madélégationconsidère que la situation est tellement sérieuse que je tiens il. reprendre la parole pour faire devant le Conseil. au début de cette séance. une très brève déclaration. 5. Depuis l'ajournementde la séance d'hier duConseil de sécurité. l'agression armée dont la Tunisie est l'objet depuis le 19 juillet se poursuit. Ce matin. à l'aube. les attaques ont repris avec la même violence que précédemment. Des bombardements préalable- ment effectués, trois bâtiments de guerre ont forcé l'entrée du canal et ont débarqué de nouvelles troupes de parachutistes de la légion étrangère sous la pro- tection des tirs de roquettes et de mitrailleuses à partir d'avions ou debarges de débarquement. L'occu- pation de la cité de Bizerte elle-même se poursuit à l'aide de troupes d'occupation précédées de tanks et couvertes par des mitraillades et par les roquettes de l'aviation. A cette heure même, la bataille se poursuit dans les rues de la ville 011 les bâtiments de l'administration civile eux-mêmes sont attaqués par les parachutistes. Je ferai grâce au Conseil d'une longue énumération des dégâts et des attaques dont la ville est l'objet depuis ce matin. Je crois que les journaux de New York ont suffisamment parlé de la situation et ont assez souligné la gravité de ces attaques dans la ville et autour d'elle. 6. Cependant, la délégation tunisienne tient à attirer très sérieusement l'attention duConseilsurl'extrême gravité de la situation. Sous prétexte de protéger les bâtiments ou les différentes parties de la base de Bizerte, la France est en train de procéder à une vaste réoccupation militaire de la ville et de ses environs. En Tunisie, nous nous rappelons encore cette notion de protection des intérêts. En 1881, au mois de mai, le Gouvernement français, présidé par Jules Ferry, a été l'objet d'attaques de son oppo- sition devant le Parlement il. la suite de l'action menée par les troupes françaises enTunisie. L'expli- cation fournie alors était qu'il s'agissait uniquement de donner une leçon aux troupes des Khroumirs qui faisaient des incursions enAlgérie et que l'occupation. par les troupes françaises. était une action de pro- tection des intérêts français. cette action devant être tout à fait provisoire. 7. Je rappellerai aussi que le Traité de protectorat du 12 mai 1881 dit expressément, dans son article 2, que cette occupation cessera le jour 011, d'un commun accord entre les autorités militaires françaises et tunisiennes. il sera évident que les autorités tunisien- nes sont à même d'assurer l'ordre et la sécurité il. l'intérieur de la Régence. 8. Depuis 1881 jusqu'en 1952, il n'était pas reconnu par les autorités françaises et par le Gouvernement français que la Tunisie était à même d'assurer la sécurité à l'intél'ieur de son territoire. Il a fallu trois 9. Having made this point, 1 wish to declare, in the face of the aggression directed against us, thatwe are resolved to defend outselves, exercising that inherent right of self-defence laid down in Article 51 of the Charter. with a view to safeguarding our sovereignty and the integrity of our w!:ole territory. We shall do so, if necessary, ta the last man and from behind the last rock in our country. 10. We have been appealingto the UnitedNations since yesterday. We have asked the Council for aU the as- sistance provided for in the Charter in order to repel this armed, premeditated and continuing aggression and to secure the withdrawal of all French forces from our territory. We await the Council's decision. It is high time that expressions offalse friendship and counsels of moderation gave way to the damands of law and justice. It would be deplorable-I amweighing my words carefully-for the United Nations and for an those who have placed their faith in it if Member States, the clear victims of aggression, were forced to seek bilateral assistance a.nd to give it preference, in cases of aggression, over the assistance provided for in the United Nations Charter. 11. Mr. BERARD (France) (translated from French): 1 should like, after'the brief comments the representa- tive of Tunisia has just made, simply to repeat once more what 1 said yesterday. There is no question of the reoccupation by French troops of the whole town of Bizerta or of the region of Bizerta. The sole ob- jective of the operations being carried out by French forces from the base is to remove the threat to our installations and to ensure free access to them. These threats to our base were not of our seeking. The ag- gression against the French base was not ofour seek- ing. We regret it sincerely ans we hope it will be possible to put a speedy end to a situation which we regard as truly lamentable for both sides. 12. As an indication of the feelings of the French Command, 1 shaH simply mention that it has offered to place two surgical units at the disposaI of the Tunisian authorities to help in the care ofthe wounded at the Bizert~ hospital. The offer, however, has not been accepted by the Tunisian authorities. ! 13. 1 said yesterday that the events taking place in Tunisia had given rise to some very regrettable in- cidents and 1 referred to reprisaI measures against French citizens. The reprisaIs withwhich the Tunisian Government threatened us yesterday have now begun in the form of arrests. Some thirty French citizens have been arrested in the Tunis area. AH the French farmers in the Mateur area have been taken away in trucks to an unknown destination. There have also been arrests in towns in the interior, such as Sfax. Sousse, Nabeul, Béja and others. At last report, the arrests were continuing and becoming systematic, and a num- ber of French nationals have allegedly been sent to a concentration camp. 14. 1 am stressing these reports because 1 wish to emphasize once more how vital it is that these tragic 10. Depuis hier nous nous sommes adressés àl'ONU. Nous avons demandé au Conseil toute l'assistance prévue par la Charte pour repousser cette agression armée. préméditée et continue, et pour faire évacuer de notre territoire toutes les troupes françaises. Nous attendons sa décision. Il n'est que temps que les impératifs du droit et de la justice fassent taire les sentiments de ménagement ou d'I.Ulefausse amitié. Il serait infiniment regrettable - je pèse bien mes mots - pour les Nations Unies et pour tous ceux qui ont mis leur foi en elles de voir les Etats Membres, objets d'agression caractérisée, contraints de recher- cher une assistance bilatérale et de la préférer, en cas d'agression, à l'assistance établie par la Charte des Nations Unies. 11. M. BERARD (France): Je voudrais simplement, à la suite des remarques que vient de faire, briève- ment d'ailleurs, le représentant de la Tunisie, répéter une fois encore ce que j'ai dit hier. Il n'est pas question d'une réoccupation, par les troupes françai- ses, de l'ensemble de la ville de Bizerte, ni de la région de Bizerçe. Les opérations menées par nos forces à partir de la base ont pour seul but de libérer nos installations des menaces qui pesaient sur elles et d'assurer la liberté de leurs accès. Ce n'est pas nous qui avons voulu ces menaces contre notre base. Ce n'est pas nous qui avons voulu l'agression dont notre base a été l'objet. Nous la regrettons sincère- ment et nous espérons qu'il sera rapidement possible de mettre un terme à une situation que !lOUS jugeons, pour les uns et pour les autres, vraiment lamentable. 12. En ce qui concerne l'esprit qui anime le com- mandement français, je dirai simplement que notre commandement a offert aux autorités tunisiennes de mettre à. leur disposition deux antennes chirurgicales pour l'hôpital de Bizerte et pour soigner les blessés qui s'y trouvent. D'ailleurs, cette proposition n'a pas été retenue par les autorités tunisiennes. 13. J'ai dit hier que les événements qui se déroulent en Tunisie donnaient lieu à des inCidents particulière- ment regrettables et j'ai dit un mot des représailles dirigées contre nos compatriotes. Ces mesures de représailles dont le Gouvernement tunisien nous menaçait hier ont commencé, sous forme d'arresta- tions. Une trentaine de Français ont été appréhendés dans la région de Tunis. Tous les agriculteurs fran- çais de Mateur ont été emmenés en camions vers une destination inconnue. Des arrestations ont égal,e- ment eu lieu daI.lS les villes de l'intérieur, à Sfax, à. Sousse, à Nabeul. à Béja et en d'autres lieux encore. Aux dernières nouvelles, ces arrestations se poursui- vent, prenant un caractère systématique, et certains de nos ressortissants seraient dirigés sur un campde concentration. 14. Si je fais état de ces nouvelles, c'est pour souligner une fois de plus combien il est urgent
L'ordre du jour est adopté.
1 call on the representative of the Soviet Union on a point of order.
Since the latest report given by the representative of Tunisia is most disturbing and shows that the situation in Tunisia has markedly worsened even since yesterday, 1 should be very grateful if you could tell us, Ml'. President, what formaI proposaIs have been made so far. If proposaIs have been drafted to define the attitude which delega- tions tbink the Security Council should adopt im- mediately, when can we expect them to be circulated to us for immediate decision?
1 am pleased to inform the representative of the Soviet Union that there are two draft resolutions: one was submitted about haU anhour ago bythe representatives of Liberia and the United Arab Republic and the other a few minutesagobytheUnitedKing-~Lmand the United States. Both.documents willbe circulatedto the Council in a few minutes.
18. 1 call on the representative of Liberia on a point of order.
19. Ml'. BARNES (Liberia): What 1 have to say is not strictly a point of order, but the purpose of my inter- vention is to express support for the recommendation which has just been made to the Council by the Secre- tary-General for an intermediary measure to be tàken pending the final decision of the Council, in view of the gravityofthe situationnowprevailingin Bizerta. My delegation is ready to give support to such a recom- mendation and we propose to table a draft resolution in that connexion.
1 caU on the representative of the United States on a point of order.
21. Ml'. YOST: (United States of America): 1 should like to support the statement whichhas just been made by the representative of Liberia. Two draft resolu- tions are being submittedand circulatedto the Council. 1 understand that both of them contain as a central element a proposaI for a cease-fire, which seems so urgent,! believe, to aU of us.
22. 1 would suggest, therefore, that, pursuant ta the suggestion which the Secretary-General has made that the Council concentrate its attention for the moment on this point, under rule 33 ofour provisional rules of procedure we have a brief suspension duringwhiohwe lllight discuss a concrete draftresolution along these lines, on which the Council might rapidly and, 1 would hope, unanimously agree.
1 understand that there is a formaI proposaIfor the sus- pension of the meeting in accordance with rule 3 of the provisional rules of procedure. According to that
15. Le PRESlDENT (traduit de l'espagnol): Je donne la parole au représentan.t de l'Union soviétique pour une motion d'ordre.
16. M. MOROZOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) [traduit du russe]: Etant donné que la dernière nouvelle annoncée par le représentant de la Tunisie est très alarmante et témoigne d'une aggra- vation manifeste de la situation en Tunisie, même par rapport 1:1. hier, je vous serats obligé, Monsieur le Président, de nous faire savoir quelles prepositions ont déjà été présentées. S'il a été déposé des propo- sitions indiquant la position que, de l'avis de. telle ou telle délégation, le Conseil de sécurité devrait adopter sans délai.. quand peut-on escom.pter que ces projets nous seront distribués pour que nous puissions prendre rapidement une décision'?
17. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Je dois informer le représentant de l'Union soviétique qu.e le Conseil est saisi de deux projets de résolution: l'un a été présenté il y a environ une demi-heure par les représentants du Libêria et de la République arabe unie, l'autre par les Etats-Unis et 1.e Royaume-Uni. Ces deux documents seront distribués dans quelques instants et les membres du Conseil pourront enpren- dre connaissance.
18. Je donne la parole au représentant du Libéria pour une motion d'ordre.
19. M. BARNES (Libéria) [traduit de l'anglais]: Il ne s'agit pas à proprement parler d'une motion d'ordre; ce que je voudrais, c'est appuyer la recommandation d.u Secrétaire général qui vient de vous demander, en raison de la gravité de la situation qui existe à Bizerte à l'heure actuelle, de prendre une décisionprovisoire en attendant votre décision définitive. Ma délégation est prête à appuyer cette recommandation et nous nous proposons de présenter un projet de résolution dans ce sens.
20. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Je âonne la parole au représentant des Etats-Unis pOUF une motion d'ordre.
21. M. YOST (Etats-Unis d'Amérique) [traduit de l'anglais]: Je voudrais appuyer la déclaration que vient de faire le représentant du Libéria. Deux projets de résolution ont été présentés et sont main- tenant distribués aux membres du Conseil. Si jecom- prends bien, ils contiennent tous les deux le même élément essentiel: l'un et l'autre demandent un cessez-le-feu, que nous considérons tous, je crois, comme une nécessité urgente.
22. Je propose donc, conformément à la suggestion du Secrétaire général, que le Conseil l;l'attache pour le moment 1:1. cette question. Nous pourrions, confor- mément à l'article 33 de notre règlement intérieur provisoire, suspendre la séance pendant quelque temps, de manière à procéder à des échanges de vues sur un projet de résolution précis que le Conseil pourrait adopter rapidement et, je l'espère, à l'una- nimité. 23. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Je crois comprendre qu'une proposition de suspension de la séance a été présentée conform.ément·à l'article 33 du règlement intérieur provisoire" Aux termes de cet
25. Ml'. MOROZOV (Union of Soviet Socialist Re- publics) (translated from Russian): With due respect, 1 am quite unable to follow the logic of what the United States representative said. On the one hand it is claimed, and rightly-as the representative ofTunisia, for example, said today-that the Council must im- mediately take a decisionwhichwill decisively prevent the aggression committed in Tunisia from spreading.
26. Tt is said that there are two draft resolutions, one of which was submitted thirty minutes ago and could obviously, if the Secretariat so wished (1 emphasize this), be placed before us in literaHy one or two minutes. The second draft resolution mentioned here is not twenty or thirty lines long but apparentiy quite short, and it too could he placed hefore us very rapidly, within five minutes. Both resolutions, it is said, propose that the Council should caU for a.n im- mediate cease-fire.
27. Together, 1 think, with certain other delegations, we reaHy consider that it is the aggressorwho should cease fire-France, which started the hostilities in Tunisia. Tt is completely impossible to understandwhy a suggestion is now being made to postpone for another hour the vote on these draft resolutions. Experience shows that at the end ofthishournew discussions may start, and so on and so on. Therefore, if we are reaUy going to suspend, 1 think we should do so only for the time strictly necessary for the Secretariat to com- plete this difficult work and for the members of the Council ta see the texts submitted for their con- sideration. After that, it will be possible speedily to settle the question of the vote on the draft resolution, and thus in the nextquarterofanhour the Council can, if it wishes, take a decision which really should be taken immediately and without delay.
28. 1 think we should now ask the representative of the Secretariat when it can at last place these docu- ments before us. And the length of our suspension can depend on the time that will take. 1 should think five to ten minutes would be reasonable.
1 understand that the point of order raisedby the repre- sentative of the Soviet Union was not a discussion of the suspension itself, which is not permissible under rule 33 of the provisional rules of procedure, but of how long this suspension should last if it is decided upon. 1 think that we should proceed, without debate, to a vote on the motion for suspension put forward by the representative of the United States, in accordance with rule 33.
30. The representative of Liberia has the floor on a point of order.
31. Ml'. BARNES (Liberia): 1 do:not seem tofeel that a necessity arises for a vote to be taken on the request of the United States for a suspension of the meeting. In recognition of the fact that the Soviet Union has not raised any objection to a suspension ofthe meeting, but
25. M. MOROZOV (Union des Républiques socia- listes soviétiques) [traduit du russe]: Malgré tout le respect que je dois au représentant des Etats-Unis, je ne comprends pas très bien la logique de ce qu'il vient de dire. Comme on l'a souligné à juste titre - c'est ce qu'a dit notamment aujourd'hui le l'epré- sE;lntant de la Tunisie -, le COl1seil doit prendre sans délai une décision qui contribue de façon décisive à enrayer l'agression qui a eu lieu en Tunisie.
26. On dit que nous sommes saisis de deux projets de résolution dont l'un, déposé il y a une demi-heure, pourra nous être distribué dans une minute ou deux, pourvu que - et j'insiste sur ce point -le Secrétariat le veuille bien. Le deuxième projet de résolution qui a été mentionné a lui aussi, semble-t-il, moins de 20 ou 30 lignes; le texte est assez court et il pourra également être distribuê très vite, en cinq minutes. On nous dit que ces deux propositions contiennent \L'le disposition tendant à ce que le Conseil exige un cessez-le-feu immédiat.
27. Nous pensons, comme d'autres délégations sans doute, que c'est l'agresseur qui doit cesser le feu, c'est-à-dire la France, qui a déclenché les hostilités en Tunisie. Il est donc parfaitement incompréhensible que l'on propose maintenant de retarder encore d'une heure le vote sur lesprojet8 de résolution en question. L'expérience montre qu'après cette heure d'attente le débat risque de reprendre. C'est pourquoi, si l'on parle d'une suspension, je pense qu'elle ne devrait durer que le temps strictement nécessaire au Secré- tariat pour mener à bien cette lourde tâche et permet- tre aux membres du Conseil de prendre connaissance des textes qui leur sont soumis. Après cela on pourra régler rapidement la question du vote sur les projets de résolution déposés et le Conseil pourra, s'il le veut, prendre une décision en un quart d'heure. Il faut effectivement qu'une décision soit prise immédiate- ment.
28. A mon avis, il convient maintenant de demander au représentant du Secrétariat quand il pourra enfin faire distribuer ces documents. Et, suivant le temps qu'il faudra pour les distribuer, nous pourrons déci- der de la durée de la suspension de séance. Jé pense qu'il serait raisonnable de suspendre la séance pendant cinq à 10 minutes.
29. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): J'ai cru comprendre que la motion d'ordre du représentant de l'Union soviétique ne visait pas à discuter de la suspension de séance, puisque l'article 33 du règle- ment intérieur provisoire ne le permet pas,mais concernait la durée de cette suspension au cas oil elle serait acceptée. J'estime donc qu'il faut passer sans discussion au vote sur la demande de suspension de la séance présentée par le représentant des Etats- Unis, conformément à l'article 33.
30. Le représentant du Libêria a la parole pour une motion d'or.dre.
31. M. BARNES (Libéria) [traduit de l'anglais]: A mon avis, il n'y a pas lieu de mettre aux voix la de- mande de suspension de la séance formulée par le représentant des Etats-Unis. L'Union soviétique n'a pas soulevé d'objections contre cette suspension de
37. Mr. MOROZOV (Union of Soviet Socialiet publics) (translatedfrom Russian for the provisonal rules of proce and do not intend to contest ita provisions now. How- everl there are situations wlere one must first and foremost follow the course that will most rapidly lead to a cesse-fi every minute and SSCOtld are 1osL: people ar8 In tlm rmst measure the act~om~ sf tbe Councll mot only inhoursp but in rn~~~,~~.
33. The position Bas cb~~~ed sinoe I said that I did not oppose a now have before me tbe draft resolutfo flrst of which
34. Je voudrais moi aussi utiliser la suspension de séance B ma maniere, dans l%t&&t des objectifs et de la position de ma d616gation. Je demande donc une fois de plus au représentant du Secrétariat quand ces documents seront distribu&. On pourrait croire que, s’ils ne sont pas distribu&, c’est pour que aeux qui n’en sont pas les auteurs ne les voient pas. Voila au moins 15 minutes que nous discutons depuis ma Premiere intervention de procédure et nous n’avons toujours pas ces documents. Seront-ils distribu& ou non et, dans l%ffirmative, B quelle heure, dans com- bien de minutes?
35, Le PRESIDENT (traduit de l’espagnol): Avant de donner la parole pour une motion d’ordre &entuelle, je voudrais dire que la suggestion du représentant du Liberia est tout a fait acceptable et je tiens a pr&ciser que c’est moi-même, et non le représentant des Etats- Unis, qui ai proposb une suspension d’une heure.
36. Je donne la parole au repr&entant de l’Union sovi6tique pour une motion d’ordre. 37. M. MOROZOV (Union des R$publlques socfa- listes sovi4tiques) [traduit du russe]: Je respeote beaucoup le r&glement int6rieur provisoire, notam- ment l’article 33, et je n’ai pas l’intention en ce mo- ment de contester le bien-fond& des dispositions de cet article. Toutefois, en I1occurrence, il convient avant tout de Eiuivre une m6thode qui permetted’arri- ver le plus rapidement possible c1 un cessez-le-feuen
40~ The PRESIDENT (translated from Spanish): 1 have taken note of the point·of view expressed by the representative of the SovietUnion. 1shouldlike to know whether there are any other objections. If there are not, 1 shaU take it that the Council, with the e,:ception of the Soviet Union, has agreed to the motion for sus~ pension submitted by the United States.
The meeting was suspended at 11.45 a.m. and re- sumed at 12.35 p.m.
1 wish to draw the attention of members of the Council to the three draft resolutions submitted, which appear in documents S/4878, S/4879 and S/4880.
42. Ml'. BARNES (Liberia): The members of the Council will have seen a draft resolution sponsoredby Liberia and the United Arab Republic [S/4878], and 1 will introduce it at a later stage of the Council's pro- ceedings today.
43. However, in response ta the urgent appeal which was made this morning by the Secretary-General, ! have, following discussions with many delegations, decided to introduce an interim draft resolution [S/4880]. This draft is simple and speaks for itself. Tt reads as foUows:
l
"The Security Council,
"Considering the gravity ofthe situationprevailing in Tunisia,
"Pending the conolusion of the debate of the item on its agenda,
"1. Calls for an immediate cease-fire and a return of aU armed forces to their original position;
-12. Deoides to continue the depa~."
44. 1 am sure that, in view of aH the circumstances, it is urgent that this Council adopt this preliminary decision immediately and without discussion, since eve1'Y member of the Council is aware that further
40. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): J'ai pris note du point de vue exposé par le représentant de l'Union soviétique. Je voudrais savoir s'ilyad'autres objections. Sinon, je considérerai que les membres du Conseil, à l'exception du représentant de l'Union soviétique, approuvent la motion de suspension pré- sentée par les Etats-Unis.
La séance est suspendue à 11 h 45; elle est rep:dse à 12 h 35.
41. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Je me permets d'attirer l'a.ttention des membres du Conseil sur les trois projets de résolution qui ont été pré- sentés et qui figurent dans les documents S/4878, S/4879 et S/4880.
42. M. BARNES (Libéria) [traduit de l'anglais]: Les membres du Conseil ont sous les yeux un projet de résolution déposé conjointement par le Libéria et la République arabe unie [S/4878], que je présenterai plus tard dans la journée.
43. Toutefois, afin de répondre Il l'appel urgent qui nous a été adressé ce matin par le Secrétaire général et après m'être entretenu aveo de nombreuses délé- gations, j'ai déoidé de présenter un projet de réso- lution intérimaire [S/4880]. Ce projet de résolution est simple et n'appelle aucun commentaire. Il est libellé comme suit: "Le Conseil de sécurité,
"Considérant la gravité de la situation enTunisie,
"En attendant la fin des débats sur la question Il son ordre du jour,
"1. Demande un ce,ssez-le-feu immédiat et le retour de toutes les forces armées Illeurs positions initiales;
"2. Décide de poursuivre les débats."
44. Dans ces conditions, le Conseil devrait incon- testablement, Il mon avis, prendre cette décision immédiatement et sans discussion, car nous savons tous les morts que feraient, tant parmi la population
45. As soon as this draft resolution has been adoated. I am fuliy convinced that we cari return to the urgent business still before the members of the Council. \h’hile we ask the Council to adopt this preliminary resolution as a matter of priori@, no doubt the Councii will wish to resume immediately and speedily its dis- cussion on the Tunisian complaint.
The representative of Liberia has made a forma1 request that priority should be given to draft resolution S/4880. 1 hope that it Will be possible to accept this request. If there are no observations or objections, 1 shall consider that this draft resolution tales priority over the other two.
ft was 60 decided.
Igive the floor to the representative of the United States, who has asked to speak on this draft resolution.
1 am most happy to support the draft resolution submitted by the representative of Liberia. Mr. Barnes has taken a wise and statesmanlike initiative, following the simi!ar initiative of the Secretary-General.
49. It has been repeatedly emphasized around this table that the most urgent responsibility of this Coun- cil is to bring about an immediate cessation of blood- shed-that is, an immediate cesse-fire. Other ques- tions cari be discussed with the tare which they re- quire, but this question, as Mr. Barnes has said, requires acticn without the sliglitest delay. I therefore join in urging that this draft resolution be adopted at once and that it be implemented rapidly by both parties in such a way that a completely peaceful situa- tion Will be restored promptly.
50. Mr. T§YANG (China): 1 was deeply impressed with the wisdom o; the Secretary-General’s suggestion this morning, and I am now grateful to the representative of Liberia for putting that suggestion into a concrete draft resolution on which we cari take action, Thc sub- stance of this draft resolution is the obvious duty of the Security Council. Pt is almost ridiculous for the Council to -talk and then to allow people to be killed somewhere in the world.
51. 1 wish, however, to say one word about this btmincsa. Part of tho merit of this draft resolution is thc idea that it is an interim draft resolution; it is intcrmediary; il, does not pretend to be the complete answer of the Security Council. But whethar it is an interim draft resolution, 1 will say that it is not a temporary draft resolmtion or a provlsional draft
45. Je suis sûr que, des que ce projet de resolution aura été adopté, nous pourrons reprendre l’examen de la question urgente que nous n’avons pas encore résolue. Nous prions le Conseil d’adopter par prio- rité cette résolution préliminaire, mais nous savons que le Conseil souhaitera reprendre immediatement l’examen de la plainte tunisienne et mener rapidement ses travaux à bon terme.
46. Le PRESIDENT (traduit de l’espagnol): Le re- présentant du Liberia a présente une demande for- melle de priorité pour le projet de résolution qui figure dans le document S/4880. J’espere qu’il nous sera possible egalement d’accepter cette demande. S’il n’y a ni observations, ni objections, je consi- dérerai que ce projet a priorite sur les deux autres,
il en est ainsi décid6.
47. Le PRESIDENT (traduit de l’espagnol): Je donne la parole au représentant des Etats-Unis qui souhaite faire connaître son opinion sur ce projet de reso- lution.
48. M, YOST (Etats-Unis d’Am&ique) [traduit de l’anglais]: Je suis tres heureux d’appuyer le projet. de résolution depose par le représentant du Liberia. M. Barnes a pris une initiative qui temoigne d’une grande sagesse politique, comme d’ailleurs celle du Secretaire général a laquelle il a donné suite.
49. On a souligne L maintes reprises, ici, que la responsabilité la plus urgente du Conseil est d’obtenir que les effusions de sang cessent tout de suite, autre- ment dit d’obtenir un cessez-le-feu immédiat. Les autres questions pourront &tre étudiees avec l’attention q@elles méritent, mais, ainsi que l’a fait observer M. Barnes, nous ne pouvons nous permettre aucun retard pour ce qui est du cessez-le-feu. Je m’associe donc a lui pour demander instamment que ce projet de resolution soit immédiatement adopté et soit ra- pidement mis en oeuvre par les deux parties, de maniere qu’une situation entierement pacifique soit promptement rétablie.
50. M. TSIANG (Chine) jtraduit de l’anglais]: J’ai beaucoup admire la sagesse de la suggestion faite ce matin par le Secrétaire genéral et-30 suis reoon- naissant au représentant du Liberia de l’avoir for- muiee dans un projet de r&solution concret sus lequel nous pouvons nous prononcer. Prendre la d indiquee dans ce projet. c’est de toute Bvidenoe le devoir du Conseil de s&urite. Il y a quelque chose d’un peu indecent ~3 ce que le Conseil de sBcurit6 discute et tolere que des hommes tombent quelque part dans le monde,
61. Je voudrai8 ocpendant dire q~~~q~~~ mots sur cette question, La va tient en partie a son d’una d&cision d’avant compl&e du Conseil pour autant provisoir quel que soit le pr dewona y ~nc~~~~ le araphe 1 du a>rotet
53. Ml'. BERARD (France) (translated fromFrench): Our distinguished colleague from Liberiahas informed us that the draft resolution introduced by him, which you proposed, Ml'. President, to put to the vote im- mediately, would effectthe restoration ofafullypeace- fuI situation. The restoration of a peacefulsituatio:1is my Government's and my country's ardentwish. Ihave said this already and l repeat it once more.
54. Such a restoration would of course signify the restoration of the conditions obtaining atthe beginning of the month of July, in other words, all necessary steps will be taken on both sides, troops will be with- drawn from the advanced positions occupied by them, on the Tunisian side the blockade of the base will cease forthwith, as will the reprisaIs taken against a number of my compatriots, and aIl persons who have been arrested will be released.
55. My delegation will abstain in the forthcoming vote. It will do so, not on the basis of Article 27 paragraph 3, of the Charter since the decision in question is not being taken under Chapter VI-and l shall not abstain in other votes-but because from the very outset of the aggressive measures taken against the Èizerta base France has called for a cease-rire: the steps which are to be taken are precisely what it has been asking for and it would be illogical, para- doxical even, for France to urge itself to do what it has been pressing for since 20 July.
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l have taken note of the French representative's state- ment. If there is no objection from other members of the Council, l shall consider that the draft resolution would be approved on the conditions already explained, that is, taking note ofthe statement made by the repre- sentative of France.
57. Ml'. Mongi SLIM (Tunisia) (translated from French): Since l am not entitled to participate in the vote l do not intend to intervene onthis point. 1 should merely like to point out to the President, with the greatest respect, that it might be advisable to hold a formaI vote and to count the votes.
l shall now put the draft resolution submittedby Liberia [S/4880] to the vote. 53. M. BERARD (France): Notre éminent collègue le représentant du Libéria nous a déclaré que le projet de résolution qu'il introduisait, et que vous avez proposé, Monsieur le Président, de porter immédia- tement aux voix, signifiait le retour à une situation entièrement pacifique. Ce retour à une situationentiè- rement pacifique est l'ardent désir de mon gouver- nement et de mon pays. Je l'ai déjà dit, je le répète encore. 54. Ce retour signifie sans doute le rétablissement d'une situation telle qu'elle existait au début du mois de juillet, c'est-à-dire que toutes mesures nécessaires seront prises de part etd'autre, que les troupes seront retirées des positions avancées qu'elles occupaient, que du côté tunisien on renoncera à procéder à un blocus de la base, enfin que les représailles exercées à l'égard d'un certain nombre de mes compatriotes cesseront et que ceux qui ont été arrêtés seront rendus à la liberté. 55. Ma délégation s'abstiendra de prendre part au vote qui va intervenir. Ce n'est pas en application de l'Article 27, paragraphe 3 de la Charte, car la déci- sion dont il s'agit n'est pas prise aux termes du Cha- pitre VI - et je ne m'abstiendrai pas de prendre part à d'autres votes -, mais bien parce que la France, qui a vu prendre des mesures agressives contre la base de Bizerte, a, dès le début, demandé le cessez- le-feu; elle a demandé ces mesures qui vont être adoptées et il serait illogique, et même paradoxal, qu'elle s'exhorte elle-même à faire ce qu'elle n'a cessé de réclamer depuis le 20 juillet. 56. Le PRESIDENT (traduit de l'eRpagnol): Je prends note de la déclaration du représentant de la France. Si les autres membres du Conseil ne soulèvent pas d'objection, je considérerai que le projet est adopté, compte tenu ou plus exactement bonne note prise de la déclaration du représentant de la France. 57. M. Mongi SLIM (Tunisie): N'ayant pas le droitde participer au vote, je ne me propose pas d'intervenir à ce propos. Je voudrais seulement indiquertrès res- pectueusement au Président qu'il serait utile de pro- céder à un vote formel et de compter les voix. 58. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Je vais maintenant mettre aux voix le projet de résolution présenté par le Libéria [S/4880]. n es t procédé au vote à main levée. Votent pour: Ceylan, Chili, Chine, Equateur, Libéria, Turquie, Union des Répl1bliques socialistes soviéti- ques, République arabe unie, Royaume-Uni de Grande- Bretagne et d'Irlande du Nord, Etats-Unis d'Amérique. Votent contre: néant. Par 10 voix contre zéro le proj~t de résolution est adopté. 61. The Soviet Union delegation voted for the resolu- tion contained in document S/4880 on the assumption that the appeal contained in operative paragraph 7 of the resolution: "Calls for an immediate cease-fire and a return of all armed forces to their original position," means essentially that the French troops which have invaded the territory of Tunisia should immediately cease their aggression againstthat coun- try and free the portion of Tunisianterritory occupied by them.
A vote was taken by show of hands.
France did not participate in the voting.
The draft resolution was adopted by 10 votes ta none.
La France ne participe pas au vote.
Be- fore giving the floor to the representative of Tunisia, I think it my duty-and in this 1 think I am correctly interpreting the feelings of the Council-to ask the parties to face their grave responsibilities before history and to implement this resolution ofthe Counci! as soon as possible. We are sure that the tradition of peaceful peoples and the respect which has always been shown for the principles of the Charter will lead to an immediate cease-fire and will prevent further bloodshed.
63. Ml'. Mongi SLIM (Tuni,sia) (translated from French): I should like to makEI a brief statement. My Government and my country have always displayed complete good faith in their undertakings to the 01'- ganization. I am sure that the interim resolution just adopted by the Security Counci! will be observed by my Government, it being understood that a return of aU armed forces to their original position cannot be held, as far as the Tunisian armed forces are con- cerned, to impair the freedom of an independent and sovereign state to move its armed forces from one point ta another within Tunisian territory, outside the zone of Bizerta, and also that the forces in question are military forces. A resolution of this nature cannot be held ta imply any impediment ta the continuation of the normal activities within Tunisia of the regular police forces and the civilian authorities.
64. Having made that point clear, I consider that the resolution may be rightly regarded as signifying a return to the situation as it was on 19 July, the time at which the attack on my country started, and, above aU, within the shortest possible time, the withdrawal of aIl the paratroops who have been landed on Tunisian soil, and in particular at Bizerta, Since the afternoon of 19 July.
65. In addition, I should like to point outto the mem- bers of the Council, with aIl respect and with the greatest seriousness, that in the eyes of my Govern- ment the problem has not been solved. It remains as it was. As 1 have already stated on mOT'e than one oc- casion, the problem is one of substance and relates to the necessity of endingthe aggressiontowhich we have been subjected and of liberating TU.nisian territory from aIl the French forces which are now on it. Con- sequently, in accordance with operative paragraph 2 of the resolution, the debate must be continued.I urge
61. En votant pour le projet de résolution publié sous la cote S/4880, la délégation de l'Unionsoviétique a estimé que l'appel contenu au paragraphe 1 du dis- positif, savoir: "Demande un cessez-le:-feu immédiat et le retour de toutes les forces armées à leurs po- sitions initiales", signifie avant tout que les troupes françaises qui ont pénétré sur le territoire de la Tunisie doivent immédiatement mettre fin à l'agres- sion contre ce pays et évacuer la partie du territoire tunisien qu'elles occupent.
62. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Avant de donner la parole au représentant de la Tunisie, je considère comme étant de mon devoir - et je crois ainsi interpréter le sentiment du Conseil-de deman- der aux deux parties que, conscientes de leur grande responsabilité historique, elles appliquent dans les plus brefs délais la résolution que vient d'adopter le Conseil. Nous sommes certains que, peuples tradition- nellement pacifiques et toujours respectueux des prin- cipes de la Charte, les deux pays conviendront d'un cessez-le-feu immédiat, et éviteront ainsi de nouvelles effusions de sang.
63. M. Mongi SLIM (Tunisie): Je désire faire une brève déclaration. Mon gouvernement et mon pays ont toujours considéré avec une bonne foi absolue leurs engagements à l'égard de l'Organisation. Je suis con- vaincu que la résolution intérimaire que vientd'adopter le Conseil de sécurité sera observée par mon gou- vernement étant entendu que, par "retourde toutes les forces armées à leurs positions initiales", on ne saurait admettre, en ce qui concerne nos forces armées, une atteinte ~ la liberté d'un Etat indépendant et souverain de déplacer des forces armées dlunpoint à un autre à l'intérieur du sol tunisien, en dehors de la zone de Bizerte et étant entendu aussi qu'il s'agit de forces militaires. On ne saurait comprendre, par une telle résolution, un empêchement quelconque apporté aux éléments réguliers de police et aux auto- rités civiles de poursuivre leur activité habituelle dans le pays.
64. Ceci dit, j'estime qu'il est normal de comprendre cette résolution comme signifiant un retour à la si- tuation telle qu'elle existait au 19 juillet, Cl est-à- dire au moment du début de l'agressiondont mon pays a été l'objet, et principalement, dans les meilleurs délais possibles, le retrait de toutes les troupes de parachutistes qui ont été descendues sur le sol tuni- sien, en particulier à Bizerte, à partir du 19 juillet dans l'après-midi.
65. Au surplus, je tiens à faire observer très res- pectueusement et très sérieusement aux· membres du Conseil que, aux yeux de mon gouvernement, le pro- blème n'est pas résolu. Le problème demeure entier. Il s'agit, comme je l'ai expliqué plus d'Ulle fois, du problème de fond portant sur la nécessité de mettre fin à l'agression dont nous avons été l'objet et de libérer le territoire tunisien de toutes les forces françaises qui s'y trouvent; par conséquent, confor- mément au paragraphe 2 du dispositif de la résolution, le débat doit être poursuivi. Je prie très respectueu-
67. Nor shaH l take up the argument overwhether the contention of the French Government, which isthatwe have been the subject of aggression by the Tunisian Government, or the Tunisian contention of French aggression starting on 19 July should be debatedhere. That is not what l am concerned about. As far as we
a:~e concerned, the tragic events in Bizerta began be- fore 19 July and we hope that there may be a prompt return to a fully peaceful situation,to use the words of the representative of Liberia.
68. Lastly, as regards the other matters debated in the Council, the French position remains intact and cannot of course be invalidatedbythe statements which have been made here.
l venture to suggest that the Council shouldnow adjourn and should meet again at 3.15 this afternoon. It was so deciâed. The meeting rose at 1 p.m.
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67. Je ne reprendrai pas non plus la polémique ten- dant à savoir si la thèse du Gouvernement français, qui est que nous avons été l'objet d'une agression de la part du Gouvernement tunisien, ou la thèse tuni- sienne d'une agression française commençant le 19 juillet doit être débattue ici. La.n'est pas ma préoc- cupation. Pour notre part, les événements tragiques de Bizerte ont commencé avant le 19 juillet et nous souhaitons que ce soit a. une situation entièrement pacüique, comme celle qu'a mentionnée le représen- tant du Libéria, qu'on puisse retourner promptement.
68. En ce qui concerne, enfin, les autres questions débattues devant le Conseil, les thèsesfrançaises res- tent entières et ne sauraient naturellement être attein- tes par des déclarations qui ont été faites ici.
69. Le PRESIDENT (traduit de l'espagnol): Je me permets de proposer au Conseil de lever la séance et de nous réunir de nouveau cet après-midi à 15 h 15.
11 en est ainsi décidé. La séance est levée à 13 heures.
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