S/PV.971 Security Council
NEW YORK.
Before we proceed with the question of the agenda, the Chairlias a brief statement which it wishes to make.
2. As is known, the two applications for membership included in our provisional agenda have been pending before the United Nations for some time. The Chair has considered it its dutyto conduct a series of private consultations during the past weeks on these applica- tions. It gives me great pleasure to announce that, as a result of these consultations, the Chair is now in a position to state its confidence that the outcome of our deliberations todaywill give satisfactionbothto Mauri- tania and to the Mongolian People's Republic, the two applicants for membership. Again as a result ofthese consultations, the Chair has come to the conclusion that our proceedings today would be facilitated if we considered the two applications in the chronologic.al order in which the respective countries applied for membership to thé United Nations. This conclusion of the Chair has absolutely no other significance except as a practical and objective suggestion made, bearing in mind the duties of the Chair to give a fair chance to both applicants. 1 would therefore suggest that the Council take up first the application of the Mongolian People's Republic and, âfter we have concluded that part of our debate and voted upon the draft resolution
Président: M. T. MENEMENCIOGLU (Turquie). Présents: Les représentants des Etats suivants: Ceylan, Chili, Chine, Equateur, Etats-Unis d'Amé- rique, France, Libéria, République arabe unie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Turquie, Union des Républiques socialistes soviétiques.
Ordre du jour provisoire (SIAgenda/971)
1. Adoption de l'ordre du jour.
2. Admission de nouveaux Membres ~ l'Organisation des Nations Unies:
!!:> Télégramme, en date du 28 novembre 1960, adressé au Secrétaire général par le Premier Ministre de la République islamique de Ma}lri- tanie (S/4563 et Corr.1);
~) Lettre, en date du 3 décembre 1960, adressée au Président du Conseil de sécurité par le représentant permanent adjoint de l'Union des Républiques socialistes soviétiques (S/4569); lettre, en date du 6 mai 1961, adressée au Président du Conseil de sécurité par le repré- sentant permanent de l'Union des Républiques socialistes soviétiques (S/4801).
Adoption de J'ordre du jour
1. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Avant que nous examinions la question ~ l'ordre du jour, je voudrais faire une brève déclaration.
2. Comme le Conseille sait, l'ONU est saisie depuis un certain temps déj~ des deux demandes d'admission inscrites â notre ordre du jour provisoire. J'ai jugé qu'il était de mon devoir d'entreprendre ces dernières semaines, ~ titre privé, une série de consultations au sujet de ces candidatures. J'ai le grand plaisir de vous informer que, au terme de ces entretiens, je suis maintenant en mesure d'annoncer que l'on peut compter que le résultat de nos débats d'aujourd'hui donnera satisfaction tant ~ la Mauritanie qu'~ la République populaire mongole, les deux Etats qui ont demandé ~ être admis. A l'issue de ces conversations, je suis également parvenu h la conclusion que l'exa- men des deux candidatures dans l'ordre chronologique oh elles ont été présentées faciliterait nos délibé- rations. Il ne s'agit l~ que d'une suggestion pratique et objective, compte tenu du devoir du Président d'assurer un traitement équitable aux deux calldidats. Je propose donc que le Conseil examine en premier lieu la demande d'admission de la République popu- laire mongole et que, après avoir terminé cette partie de la discussion et voté sur le projet de résolution qui s'y rapporte, nous examinions la candidature de la
3. Now, if there is no objection, l propose to handle the business of the day in the manner l have just out- lined.
4. MI'. TSIANG (China):' The order of debate and voting which you, MI'. President, have just suggested is the so-called chronological order. In fact that re- verses the order as established in the provisional agenda. That agenda was the result of a debate in this Counci!. l,must state, Sir, that the procedure you have outlined is, to say the least, very unusual. l must, therefore, place on the record of the Council my ob- jection. In view of the circumstances which you, MI'. President, were good enough to explain inyour opening statement, l will not press the point.
The Chair wishes to reiterate and reassure the members of the Counci! that this suggestion had no significanceexcept as regards the practical considerations which Ihave already outlined. As l hear no formaI objection to my suggestion, l will consider the agenda as adopted in the manner l have outlined.
The agenda, as amended, was adopted.
Admission of new Members to the United Nations:
(~) Letter doted 3 December 1960 {rom the Deputy Permanent Representative of the Union of Soviet Soci al ist Repub. lies addressed to the President of the Security Council (S/4569); lette. dated 6 May 1961 from the Permanent Representative of the Union of Soviet Socialist Repub- lies addressed to the President of the Security Council (S/4801);
(~) Telegram dated 28 November 1960 from the Prime Minis- ter of the Islamic Republic of Mauritania addressed to the Secretary.General (S/4563 and Corr.1)
Before we take up the applica- tions of the Mongolian People's Republic and of the Islamic Republic of Mauritania, in that order, 1 wish to inform the members of the COUDcil that a number of communications have been received from states Members of the United Nations which are not members of the Council, requesting that they be invitedto speak concerning the application of the Islamic Republic of Mauritania. These communicattons have been cir- culated to the members of the COUDcil as foHows: the request from Madagascar [S/4942], Ivory Coast [Si 4944], Senegal [S/4946] and Morocco [8/4952]. 1 have been informed that the representative of Madagascar has withdrawn his request. If there is no objection, 1 shaH accordingly, with the consent of the COUDcil, in- vite the representatives of the Ivory Coast, Senegal
3. En l'absence d'objection, je propose donc que nous procédions de la manière que je viens d'indiquer.
4. M. TSIANG (Chine) [traduit de l'anglais]: L'ordre que vous venez d'indiquer pour les débats et les votes, Monsieur le Président, est l'ordre dit chronologique. En fait, cet ordre est l'inverse de celui de l'ordre du jour provisoire. Cet ordre du jour avait été adopté ~ l'issue d'une délibération du Conseil. Je dois décla- rel', Monsieur le Président, que laprocédure que vous venez d'indiquer est, pour le moins, inhabituelle. Je tiens donc ~ élever une objection, ~ consigner dans le compte rendu des ,débats. Toutefois, vu les cir- constances que vous avez bien voulu nous exposer dans votre déclaration liminaire, je n'insisterai pas sur ce point.
5. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Je tiens ~ affirmer une fois encore, afin de rassurer les membres du Conseil, que ma suggestion n'avait d'autre but que de tenir compte des raisons pratiques que je viens d'exposer. Puisqu'elle ne semble ren- contrer aucune opposition formelle, je considérerai que l'ordre du jour est adopté sous la forme que j'ai indiquée. Admission de nouveoux Membres à l'Organisation des Na· tiuns Unies: g,) Lettre en date du 3 décembre 1960, adressée au Prési· dent du Consei1de sécurité par le représentant permanent adjoint de l'Union des Républiques socialistes sovié. tiques (S/4569); lettre, en date du 6 mai 1961, adressée au Président du Conseil de sécurité par le représentant permanent de l'Union des Républiques socialistes so· viétiques (S/4801); !V Télégramme en date du 28 novembre 1960, adressé au Secrétaire général par le Pl'emier Ministre de la Répu. blique islamique de Mauritanie (S/4563 et Corr.1) 6. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Avantd'exa- miner, dans l'ordre convenu, les demandes d'admis- sion de la République populaire mongole et de la République islamique de Mauritanie, je dois porter ~ la connaissance du Conseil qu'un certain nombre d'Etats Membres de l'Organisation des Nations Unies, qui ne sont pas membres du Conseil, ont c1emandé 1\ prendre la parole au sujet de la candidature de la République islamique de Mauritanie. Il s'agit des Etats suivants: Madagascar [S/4942], Côte-d'Ivoire [Si4944], Sénégal [Si4946], et Maroc [Si4952]. On m l a informé que le représentant de Madagascar avait retiré sa requête. Avec l'assentiement du Conseil et si personne ne s'y oppose, je vais donc inviter les représentants de la Côte-d'Ivoire, du Sénégal et du Maroc 1\ prendre place 1\ la table du Conseil afin
L'ordre du jour, ainsi modifié, est adopté.
The Counci! will proceed with examination of the application for membership of the Mongolian People's Republic.
8. MI'. ZORIN (Union of Soviet Socialist Republics) (translated from Russian): The Security Counci! has to consider once again the important question of the admission of new Members. It is common knowledge that within a comparatively brief space of time a number ofnew countries have joinedthe United Nations, including former African colonies which through a persistent struggle wrested their national indepen- dence from the colonialists. Ever since the Soviet Government came to power, the Soviet Union, true to its policy as regards nationalities, has been champion- ing the self-determination of peoples and their free development and national sovereignty. As far back as 15 November 1917, the young Soviet Republic, in the Declaration of the Rights of Peoples in Russia, pro- claimed the right of aIl peoples to self-determination and the establishment of independent states. Themain provision of this Declaration, which constitutes the corner-stone of our national policy, have been in- corporated in the Constitution of the USSR, the funda- mental law of our State. For this reason our country has always been among the first to recognize newly- formed States.
9. The Soviet Union is also a resolute advocate of the universality of the United Nations. We are firmly convinced that aU states fulfilling the requirements of Article 4 of the United Nations Charter should be ad- mitted to membership in the United Nations.
10. At this stage the Council has before it, first of aU, the application ofthe Mongolian People's Republic. The Mongolian People's Republic is the present form of one of the oldest states in the world. It will be remembered that Mongolian statehood dates back to the third century B.C. In 1911, as a result of the Mongolian people's prolonged struggle for national liberation, foreign domination was overthrown and the Mongolian state was reborn. The Mongolian people's democratic state was formed in July 1921, after the victory of the national revolution. Sincethenthis state, surging up from the steppes and the Gobi Desert, has made great progress in the social, economic and cul- tural spheres. Within a space of forty years, a brief span in terms of history, Mongolia has been trans- formed from a backward oriental country ofherdsmen to an agrarian and industrial country with a fast- growing diversified economy. The Mongolian people have dedicated themselves tothe building of socialism. Very important industries, such as the mining, oil and textile industries are being developed inthe Mongolian People's Republic side by side with the light and food- stuffs industries. The rate of growth of industrial production for the year 1960 was 17.7 pel' cent, and industry now accounts for about 50 pel' cent of the country's total output. Industrial development is ac- companied by the rapid development of agriculture. The Republic now fully meets its needs for grains and even exports some, whereas until quite recently the bulk of the grain had to be imported.
7. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Le Conseil va procéder à l'examen de la demande d'admission de la République populaire mongole.
8. M. ZORINE (Union des Républiques socialistes soviétiques) [traduit du russe]: Le Conseil de sécurité est de nouveau appelé à discuter l'importante question de l'admission de nouveaux Membres. On sait que, en relativement peu de temps, un certain nombre de nouveaux Etats, notammènt d'anciennes colonies afri- caines qui ont conquis leur indépendance nationale à la suite d'une lutte opiniâtre contre les colonialistes, sont venus grossir les rangs des Nations Unies. De- puis la pri.se du pouvoir par les Soviets, l'URSS, fidèle à sa politique nationale, se prononce pour l'auto- détermination des peuples, pour leur libre développe- ment et pour leur souveraineté nationale. Dès le 15 novembre 1917, la jeune république soviétique pro- clamait dans la déclaration des droits des peuples de Russie que tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes et de se constituerenEtats indépendants. Cette déclaration est la pierre angulaire de notre politique nationale et ses dispositions essentielles figurent dans la loi fondamentale de notre Etat: la Constitution de l'URSS. Aussi notre pays a-t-il tou- jours été parmi les premiers à reconnaître les Etats nouvellement constitués.
9. De même, l'Union soviétique prend résolument parti pour l'universalité de l'Organisation des Nations Unies. Nous sommes profondément convaincus que tous les Etats qui remplissent les conditions énoncées à l'Article 4 de la Charte doivent être admis à l'Organisation.
10. Aujourd'hui, le Conseil est saisi tout d'abord de la demande d'admission de la République populaire mongole. Cet Etat est une des nations les plus an- ciennes du monde. On sait que la formation de l'Etat mongol remonte au nIème siècle avant notre ère. En 1911, après avoir longtemps lutté pour sa libé- ration nationale, le peuple mongol a secoué le joug étranger et l'Etat mongol a été reconstitué. En juillet 1921, après la victoire de la révolution nationale, la démocratie populaire mongole a été constituée. Cet Etat, né au milieu des steppes et du désert de Gobi, a fait depuis lors de grands progrès sociaux, écono- miques et culturels. En 40 ans, période relativement courte au regard de l'histoire, la Mongolie, pays d'Orient arriéré tributaire de l'élevage, est devenue un pays agricole et industriel dont l'économie se développe impétueusement et se diversifie. Le peuple mongol s'est fermement attaché à l'édification du socialisme. Outre l'industrie légère et alimentaire, on voit se développer des branches d'activité impor- tantes comme les industries minière, pétrolière et textile. En 1960, le taux d'accroissement moyen de la production industrielle atteignait 17,7 p. 100, la pro- duction industrielle représentant environ 50 p. 100 du produit national. L'agriculture est elle aussi en plein essor. A l'heure actuelle, la République satis- fait entièrement ses besoins en blé; elle en exporte même, alors que récemmentencore le blé était surtout importé.
12. The International prestige of the Mongolian People's Republic has grown immeasurably. The country now maintains diplomatie relations with twenty-one States in four continents accounting for more than half of the world's population. The Mongo- lian People's Republic consistently pursues a peace- loving foreign policy; it is an active champion of the principles of peaceful coexistence and a tireless ad- vocate of the easing of international tension and the maintenance and strengthening of world peace.
13. The Mongolian People's Republic has long pos- sessed every qualification for admission to member- ship in the United Nations. It is common knowledge that it was one of the first countries to apply for ad- mission. That was on 24 June 1946,Y at a time when many States which, by now, have long been full- fledged Membe,rs of the United Nations did not even exist. Since then, this peace-loving country has re- newed its application many times. Thus far, however, for well-known reasons, the Mongolian People's Re- public has remained outside the United Nations despite the fact that the General Assembly has repeatedly recommended its admission. Suffice it to recall inthis connexion General Assembly resolution 1602 (XV) of 19 April 1961, operative paragraph 1 of which states that
" ••• the Mongolian People's Republic is a peace- loving State within the meaning of Article 4 of the Charter of the United Nations, that it is able and willing to carry out the obligations of the Charter, and that it should, in consequence, be admitted to membership in the United Nations".
14. The USSR delegation urges the members of the Council to adopt a positive solution to the question of the admission of the Mongolian People's Republic to membership in the United Nations, thus removing, at long last, a historieal injustice towards a country which has been waiting for admission since 1946.
15. The USSR delegation has submittedtothe Security Council a draft resolution [S/4950]:
"The Security Council,
"Having examined the application of the Mongolian. People's Republic for admission to membership in the United Nations,
"Recommends to the General Assembly that the Mongolian People's Republic be admittedto member- ship in the United Nations." It is our expectation that the overwhelmingmajority of the Council's members will vote infavourof this draft resolution.
12. Sur le plan international, l'autorité de la Répu- blique populaire mongole s'est considérablementren- forcée. A l'heure actuelle, le pays entretient des relations diplomatiques avec 21 Etats de quatre continents, qui comptent plus de la moitié de la popu- lation mondiale. La République populaire mongole poursuit systématiquement une politique étrangère de paix, appuie activement les principes de la coexis- tence pacifique' et lutte sans relâche pour favoriser la détente internationale, maintenir et consolider la paix universelle.
13. La République populaire mongole a depuis long- temps toutes les raisons d'être admise à l'Organisa- tion des Nations Unies. Comme on le sait, elle a été un des premiers pays à demander son admission. Elle l'a fait dès le 24 juin 1946.!/, alors que beaucoup
~:'Etats qui sont depuis longtemps Membres de plein droit de l'ONU n'existaient pas encore. Depuis, ce pays pacifique a renouvelé maintes fois sa demande mais. jusqu'à présent, pour des raisons bien connues, il s'est vu fermer la porte de l'Organisation, bien que l'Assemblée générale el1t recommandé son admission à plusieurs reprises. Il suffit de rappeler à cet égard la résolution 1602 (XV) du 19 avril 1961, dont le para- graphe 1 est ainsi conçu:
"Déclare qu'à son avis la République populaire mongole est un Etat pacifique au sens de l'Article 4 de la Charte des Nations Unies, qu'elle est capable de remplir les obligations de la Charte et disposée à le faire, et qu'elle doit. en conséquence. être ad- mise comme Membre de l'Organisation des Nations Unies."
14. La délégation soviétique demande instamment aux membres du Conseil d'apporter une solution constructive à la question de l'admission de la Répu- blique populaire mongole et. ainsi. de réparer enfin l'injustice historique commise à l'égard de ce pays. qui attend depuis 1946 d'être admis à l'ONU.
15. La délégation soviétique a présenté au Conseil de sécurité le projet de résolution suivant [Si4950] :
"Le Conseil de sécurité.
"Ayant examiné la demande d'admission de la République populaire mongole à l'Organisation des Nations Unies,
"Recommande à l'Assemblée générale d'admettre la République populaire mongole n. l'Organisation des Nations Unies."
Nous espérons que les membres du Conseilvoterontà une majorité écrasante pour ce texte.
li Proc~s-verbaux officiels du Conseil' de sécurité, premi~re année: seconde série, Supplément No 4, document S/95.
18. With reference to the wish just expressed by the President, 1 should like to reiterate what we have al- ready stated in the Security Council on a number of occasions, that if a favourable solution is given to the question of the admission of the Mongolian People's Republic, we shall not raise obstacles in the way of Mauritania's admission to membership in the United Nations despite the fact that the Soviet Union has its own views concerning Mauritania's admission, as we shall explain further when the question comes up for discussion.
19. Ml.'. BARNES (Liberia): The Security Councilhas before it a draft resolution [3/4950] by which it would recommend tothe General Assemblythatthe Mongolian People's Republic be admitted to membership in the United Nations. As is weIl known to everybody, the question of admission of the Mongolian People's Re- public has been on the agenda ofthe Council and of the General Assembly since mid-1946, andthat isfor more than fifteen years. This, 1 submit, is a very long time for a country to wait for an invitationto join the com- munity of nations and indeed a very long time for this community of nations to extend such an invitation.
. 20. The recommendation for Mongolia's admission has cropped up during these fifteen years almost an- nually in one form or another, often in company with recommendations for admission of other countries, and has, to my delegation's mind, never beenrejected for a valid reason. My delegation has always been in favour of the universality of membership inthe United Nations and knows of no good reason which should prevent the Council from recommending that the Mongolian People's Republic should be admitted as a United Nations Member. 1 have therefore intervened to indicate that my delegation will vote for the draft resolution which recommendstothe General Assembly that the Mongolian People's Republic be admitted to membership in the United Nations.
21. As my delegation is a co-sponsor witli France of the draft resolution [8/4967] which recommends that the General Assembly admit the Islamic Republic of Mauritania to membership in the United Nations, it is evident that we shall vote for this draft resolution, and when the time comes we shall have more to say on this item.
Since Outer Mongolia ap- plied for membership in the United Nations in 1946, the Security Council has considered and reconsidered the application a dozen times. Everytime, the Security Council, in accordance with the provisions of the Charter and of our provisional rules of procedure, found it necessary to reject Outer Mongolia's appli- cation. Today, we consider the application of Outer Mongolia for the thirteenth time.
23. Outer Mongolia was for many centuries a member the Chinese political family. From the end of the thi.rtleellth century to the latter part of the fourteenth
18. En réponse au vœu que vous venez d'exprimer, Monsieur le Président, je voudrais répéter ca que nous avons déj~ dit plusieurs fois au Conseil: si la question de l'admission de la République populaire mongole est réglée d'une manière positive, l'Union soviétique, encore qu'elle ait son propre point de vue sur l'admission de la Mauritanie et qu'elle entende y revenir lorsque cette question sera examinée, ne fera pas obstacle ~ l'admission de la Mauritanie.
19. M. BARNES (Libêria) [traduit de l'anglais]: Le Conseil de sécurité est saisi d'un projet de résolution [S/4950] par lequel il recommanderait ~ l'Assemblée générale d'admettre la République populaire mongole
~ l'Organisation des Nations Unies. Nul n'ignore que la question de l'admission de la République populaire mongole figure ~ l'ordre du jour du Conseil de sécu- rité et de l'Assemblée générale depuis le milieu de 1946, c'est-~~dire depuis plus de 15 ans. Pour un pays, c'est attendre bien longtemps, je dois le re- connaftre, l'invitation ~ se joindre ~ la communauté des nations; et pour cette communauté des nations, c'est attendre bien longtemps pour formuler une telle invitation•
20. Au cours de ces 15 années, la recommandation tendant ~ l'admission de la Mongolie a surgi presque chaque année, sous une forme ou sous une autre, souvent en compagnie de recommandations tendant
~ l'admission d'autres pays. et, de l'avis de ma délé- gation, elle n'a jamais été rejetée pour une raison valable. Ma délégation s'est toujours prononcée pour l'universalité de l'Organisation des Nations Unies et,
~ sa connaissance, aucune raison ne doit empêcher le Conseil de recommander que la République popu- laire mongole soit admise ~ l'Organisation. J'inter- viens donc dans le débat pour indiquer que ma délé- gation votera pour le projet de résolution qui recommande ~ l'Assemblée générale que la Répu- blique populaire mongole soit admise ~ l'ONU.
21. Ma délégation et celle de la France sont les auteurs du projet de résolution [S/4967] qui recom- mande ~ l'Assemblée générale d'admettre la Répu- blique islamique de Mauritanie ~ l'ONU; il va de soi que nous voterons pour ce projet de résolution, et, le moment venu, nous reviendrons sur ce point au cours du débat.
22. M. TSIANG (Chine) [traduit de l'anglais]: Depuis que la Mongolie extérieure a fait acte de candidature en 1946, le Conseil de sécurité a examiné et réexaminé sa demande d'admission une douzaine de fois. Chaque fois, le Conseil, conformément aux dispositions de la Charte et au règlement intérieur provisoire, aestimé nécessaire de rejeter la candidature de la Mongolie extérieure. Nous examinons aujourd'hui la candidature de la Mongolie extérieure pour la treizième fois.
23. Pendant de nombreux siècles, la Mongolie exté- rieure a appartenu ~ la famille politique chinoise. De la fin du XIIIème siècle ~ la fin du XIVème siècle,
24. In carrying out its predatory design on Outer Mongolia, Tsarist Russia set an exarnple for Soviet Russia. The first step was· always to put a cloak of independence over Outer Mongolia. Seizing upon the opportunity of the revolution in China in 1911, Tsarist Russia induced a group of Outer Mongolian princes to declare independence from China. That declaration was made on 30 October 1911 and was immediately recognized by Tsarist Russia over the strongprotests of the ChinE'se Government.
25. The imperialist adventure of the Tsarist Govern- ment in Outer Mongolia, as elsewhere, was interrupted by the Bolshevik revolution in 1917. The newly estab- lished Soviet Government, in its anxiety to secure dip- lomatie recognition made a gesture to China by promising to declare "null and void all the treaties concluded with China by the former Government of Russia," to renounce "all seizure of Chineseterritory and all Russian concessions in China," and to restore to China, "without any compensation and forever, all that had beenpredatorily seizedfromherbythe Tsar's Government and the Russian bourgeoisie." In the hope that these promises would be kept by the new Govern- ment in the Soviet Union, China established diplomatie relations with the Soviet Union and concluded, in May 1924, an agreement with the Soviet Union, which provided, arnong other things: "The Government ofthe Union of Soviet Socialist Republics recognizes that Outer Mongolia is an integral part of the Republic of China and respects China's sovereignty therein."
26. Then, as now, the Soviet Union showed no hesita- tion in violating international treaties. Hardly had the ink on the Sino-Soviet agreement of 1924 dried when a
so~called People's Republic of Mongolia was set up on 8 July 1924, whose constitution was closely patterned after that of the Russian Soviet Republic.
27. The Soviet Union gave military aid to the Outer Mongolian communist régime. In 1934, such aid was stepped up and the Soviet forces in Outer Mongolia were expanded. In 1936, the Soviet Union went further and, on 12 March of that year, signed with the so- called Mongolian People's Republic a protocol of mutual assistance. The Chinese Government protested against this protocol. The Soviet Union-and this is very interesting and bizarre-maintained that, in spite of its recognition of the Outer Mongolian régime and the signing of the protocol, the Sino-Soviet agree- ment of 1924 still remained in force, and denied that the protocol was a violation of that agreement.
28. The Second World War gave the Soviet Union further opportunities for aggression in Outer Mongolia. Playing upon the eagerness of the Allied Powers for Soviet participation in the Far Eastern phase ofWorld War II and for an early victory in the Pacifie, the Soviet Union obtained, in a series of secret deals at the Yalta Conference in February 1945, important concessions at the expense of China. Although such
24. En réalisant ses desseins de rapine sur la Mongolie extérieure, la Russie tsariste a montré l'exemple ri la Russie soviétique. La première mesure a toujours consisté ri doter la Mongolie extérieure d'une indépendance absolument factice. Saisissant l'occasion offerte par la révolution chinoise de 1911, la Russie tsariste a encouragé un groupe de princes de la Mongolie extérieure ri proclamer l'indépendance de la Mongolie ri l'égard de la Chine. Cette proc?é mation, faite le 30 octobre 1911, reçut immédiatement la sanction de la Russie tsariste, malgré les protesta- tions énergiques du Gouvernement chinois.
25. Les menées impérialistes du gouvernement tsa- riste en Mongolie extérieure, comme ailleurs, furent interrompues par la révolution bolcheviste de 1917. Le Gouvernement soviétique parvenu au pouvoir, dans son vif désir d'être reconnu sur le plan diplomatique, fit un geste envers la Chine enpromettantde déclarer "nuls et non avenus tous les traités conclus avec la Chine par les gouvernements russes précédents", de renoncer "ri tout territoire enlevé ri la Chine, ainsi qu'ri toutes les concessions russes en Chine" et de rendre ri la Chine, "sans aucun dédommagement et définitivement, tout ce que le gouvernement du tsar et la bourgeoisie russe lui avaient arraché par une politique de rapine". Espérant que ces promesses seraient tenues par le nouveau Gouvernement de l'Union soviétiqu.e, la Chine nuua des relations diplo- matiques avec l'Union soviétique et conclut avec elle, en mai 1924, un accord stipulant, notamment, ce qui suit: "Le Gouvernement de l'Union des Républiques socialistes soviêtiques reconnaît que la Mongolie exté- rieure fait partie intégrante de la République de Chine et respecte la souveraineté de la Chine sur ce terri- toire."
26. A cette époqu~ comme aujourd'hui, l'Union sovié- tique n'a pas hésité ri violer les traités internationaux. A peine l'encre de l'Accord sino-soviétique de 1924 avait-elle eu le temps de sécher qu'était instituée, le 8 juillet 1924, une prétendue République populaire Mongole, dont la Constitution étaitétroitement modelée sur celle de la République soviétique russe.
27. L'Union soviétique accorda une aide militaire au régime communiste de la Mongolie extérieure. En 1934, cette aide fut intensifiée et les forces sovié- tiques stationnées en Mongolie extérieure furent ren- forcées. En 1936, l'Union soviétique alla plus loin et, le 12 mars de la même année, signa avec la prétendue République populaire mongole un protocole d'assis- tance mutuelle. Le Gouvernement chinois éleva une protestation contre ce protocole. L'Union soviétique- et ceci est ri la fois intéressant et étrange - soutint
qu~, bien qu'elle eût reconnu le régime de la Mongolie extérieure et signé le Protocole, l'Accord sino- soviétique de 1924 demeuraitenvigueur, etelle nia que le Protocole constituât une violation dudit accord.
28. La seconde guerre mondiale offrit ri l'Union soviétique de nouvelles occasions de poursuivre sa politique agressive en Mongolie extérieure. Exploitant le vif désir des puissances alliées de voir l'Union soviétique participer aux opérations militaires d'Ex- trême-Orient de façon ri remporter une victoire rapide dans le Pacifique, l'Union soviétique obtint, au cours d'une série de tractations secrètes ri la Conférence de
32. The sad history of Soviet aggression in Outer Mongolia is something about which the world does not know too much. But the little we do know does not speak weIl for the Soviet Union. Outer Mongolia, under the disguise of independence, has been infact a colony of the Soviet Union. The history of Outer Mongolia during the last forty years typüiesthe new colonialism and imperialism which the Soviet Union is practising.
33. For those reasons, my .delegation has always opposed the admission of Outer Mongolia tothe United Nations. If Outer Mongolia were really independent, China would. not only not object to its admission, but would even be glad to sponsor Outer Mongolia's ap- plication for membership. The fact is that Outer . Mongolia is not really independent.
34. The Soviet Union, however, has forced upon the United Nations a cruel dilemma. She has blocked the admission of Mauritania in an effort to blackmail the COUDci! into admitting Outer Mongolia. She has at- tempted once again to effect a factual package deal in contravention of the provisions of the Charter.
35. My delegation has watched with sympathy the emergence of independent nations inAfrica. Eachtime such a newly-independent African nation applied for membership inthe United Nations, my delegation, with- out exception, gave its whole-hearted support to such application. We wish today to give Mauritania the same support. We feel that it is gross injustice that, of aIl the newly independent nations of Africa, Mauri- tania alone should be debarred.
36. Mauritania, and her many friends in Africa and elsewhere, have appealed to my Governmentto refrain from preventing the admission of Outer Mongolia, so that in the end, justice might be done to Mauritania. These friends of Mauritania have made it clear to my Government that, while they understand China's objec- tion to the admission of Outer Mongolia, they would welcome a gesture of particular friendship towards Mauritania. For this reason, my delegation wishes to place on record the clear stand of my Government on the question of the admission of Outer Mongolia, but we will not participate in the vote on her application. ln other words, we will not exercise the right of veto. We hope that in this way no pretext, however meagre and unjustifiable, may be seized upon by the Soviet Union to cause further delay in the admission of Mauritania. From what 1 have said it is clear that my delegation heartily supports the admission of Mauri- tafia, and we will vote for the draft resolution jointly sponsored by France and Liberia.
32. Le monde ne connan guère la sombre histoire de l'agression soviétique en Mongolie extérieure, mais le peu que nous en savons n'estpas tll'honneur de l'Union soviétique. La Mongolie extérieure, sous le couvert de l'indépendance, a été en fait une colonie de l'Union
soviét~que. L'histoire de la Mongolie extérieure au cours des 40 dernières années est typique du néo- colonialisme et du nouvel impérialisme pratiqués par l'Union soviétique.
33. C'est pour ces raisons que ma délégation s'est toujours opposée tl l'admission de la Mongolie exté- rieure à l'Organisation des Nations Unies. Si la Mongolie extérieure jouissait d'une indépendance réelle, non seulement la Chine ne ferait aucune objec- tion tl son admission, mais encore elle seraitheureuse d'appuyer sa candidature. Le fait est que la Mongolie extérieure ne jouit pas' d'une indépendance véritable.
34. Quoi qu'il an soit, l'Union soviétique a placé l'Organisation des Nations Unies devant un cruel dilemme. Elle' a fait obstacle tl l'admission de la Mauritanie en s'efforçant par ce chantage de pousser le Conseil de sécurité tl admettre la Mongolie exté- rieure. Elle a essayé une fois de plus de faire admettre des Etats en bloc, contrairement aux dispositions de la Charte. 35. C'est avec sympathie que ma délégation a assisté tl la naissance en Afrique de plusieurs nations indépen- dantes. Chaque fois que l'un de ces nouveaux Etats africains a demandé tl être admis tll'ONU, ma délé- gation a, sans jamais faire d'exception tl cette règle, . appuyé sans réserve sa candidature. Nous désirons aujourd'hui apporter le même soutien tllaMauritanie. Notre sentiment est qu'il est parfaite~entinjuste que, de toutes les nouvelles nations indépendantes d'Afrique, la Mauritanie soit la seule tl ne pouvoir entrer â l'ONU. 36. La Mauritanie ainsi que ses nombreux amis d'Afrique et d'ailleurs ont demandé â mon gouver- nement de ne pas s'opposer tl l'admission de la Mongolie extérieure pour que l'on puisse enfin faire droit à ïa demande de la Mauritanie. Les amis de la Mauritanie ont claIrement indiqué tl mon gouver- nement que, tout en comprenant l'opposition de la Chine tl l'admission de la Mongolie extérieure, ils seraient heureux qu'un geste de réelle amitié fat fait tl l'égard de la Mauritanie. Pour cette raison, ma délégation a tenu tl préciser, pour le procès-verbal, l'attitude très nette du Gouvernement chinois touchant la question de l'admission de la Mongolie extérieure, mais nous ne participerons pas au vote sur cette admission. En d'autres termes, nous ne ferons pas usage de notre droit de veto. Nous espérons que, de cette façon, l'Union soviétique ne pourra se saisir d'aucun prétexte, si mince et si injustifié soit-il, pour retarder encore l'admission de la Mauritanie. La déclaration que je viens de faire indique clairement que ma délégation appuie sans réserve l'l'adIrlissicm de la Mauritanie et que je voterai pour le projet résolution présenté par la France et le Libéria.
38. The United states reaffirms its support for the admission of Mauritania to the United Nations. l shall speak further on this point later in our proceedings.
39. As to the other application before us, Mr. Steven- son told the Security Council some time ago [968th meeting] that the United States will not obstruct the admission of Outer Mongolia to the United Nations. The reasons for this decision, despite the views we hold, are weIl known. The United states is aware that last April the General Assembly found Outer Mongolia qualified for membership. We are preparedtorespect this view of the Assembly and will do nothing either here or in the Assemblyto oppose it. The United states therefore will abstain on the draft resolution recom- mending Outer Mongolia's achnission.
l can sayat once that my delegation is in favour now, as it has been in the past, of admitting the Mongolian People's Republic tothe United Nations. In our view, this State, which applied for admission as early. as 1946, fulfils aIl the requirements laid down in the Charter and should be a Member of the Organization. We hope that the Security Council will recommend the admission of the Mongolian People's Republic unanimously. My delegation will vote in favour of the draft resolution submitted by the repre- sentative of the Soviet Union, who in his remarkable statement, has stressed the reasons militating in favour of Mongolia's admission.
41. My delegation will not be able to support the draft resolution submitted by France and Liberia.
In accordance with your recommendation, Mr. Presi- dent, l should like to state my ctelegation's views on both of the candidatures before us.
43. As regards Mauritania, l shall be very brief, since France, together with Liberia, is a co-sponsor draft resolution before the Council and the
38. Les Etats-Unis affirment une fois de plus qu'ils sont partisans de l'admission de la Mauritanie ri l'Organisation des Nations Unies. J'y reviendrai plus longuement.
39. Quant â l'autre demande d'admission dont nous sommes saisis, M. Stevenson a déclaré au Conseil de sécurité, il y a quelque temps [968ème séance], que les Etats-Unis ne feraient pas obstacle â l'admission de la Mongolie extérieure â l'ONU. Nous avons pris cette décision, malgré l'opinion que nous avons sur ce sujet, pour des raisons qui sont bien connues. Les Etats-Unis n'ignorent pas qu'en avril dernier l'As- semblée générale a déclaré que la Mongolie extérieure remplissait les conditions requises pour être admise â l'Organisation. Nous sommes disposés â nous in- cliner devant l'opinion de l'Assemblée et nous ne ferons rien pour nous y opposer, que ce soit ici ou â l'Assemblée générale. Les Etats-Unis s'abstiendront donc lors du vote sur le projet de résolution recom- mandant l'admission de la Mongolie extérieure.
40. M. LOUTFI (République arabe unie): Je peux déclarer immédiatement que ma délégation appuie, comme elle a appuyé dans le passé, l'admission de la République populaire mongole au sein de l'Organisation des Nations Unies. Nous considérons, en effet, que cet Etat, qui a présenté sa demande d'admission dès 1946, remplit toutes les obligations 'prévues par la Charte et doit faire partie de notre organisation. Nous espérons que le Conseil de sécurité recom- mandera l'admission de la République populaire mongole â l'unanimité. Ma délégation votera en faveur du projet de résolution qui a été déposé par le représentant de l'Union soviétique qui, dans son brillant exposé, a mis l'accent sur les motifs qui militent en faveur de cette admission.
41. Quant au projet de résolution déposé par la France et le Libéria, ma délégation ne' sera pas en mesure de l'appuyer.
42. M. BERARD (France): Conformément â la re- commandation que vous nous avez adressée, Monsieur le Président, j'aimerais indiquer quelle est l'attitude prise par ma délégation devant les deux candidatures qui nous sont proposées.
43. En ce qui concerne la Mauritanie, je n'aurai qu'un mot â dire, puisque avec le Libéria la France patronne le projet de résolution déposé devant le
45. My predecessors indicated that both they and their colleagues had been led to ask whether Outer Mongolia reaUy fulfiUed aU the conditions laid down in Article 4 of the Charter for the admission of new Members.
46. Nevertheless, the French delegation will vote in favour of admitting the Mongolian People's Republic. In so doing, it is expresl:iing its confidence in the Mon- golian people's determination to beindependentandits hope that the country's institutions will develop along democratic lines. Moreover, it does not want its vote to be used as a pretext, which would of course be un- justified and in contradiction with the Charter, for blocking the admission to the United Nations of the Islamic Republic of Mauritania.
47. These are the reasons for which my delegation. faithful to the principle of our Organization's univer- sality, will vote in favour of the admission of the Mongolian People's Republic to the United Nations.
My delega- tion, after careful consideration, will vote in support of the admission of Outer Mongolia to the United Nations.
49. In response to the request made by you, M:i'. President and in order that there should be no doubt about my Government' s attitude to the items on the present agenda, l should like to sayat this point that when the Council passes tothe consideration ofMauri- tania's application for membership of the United Nations, my delegation will vote, as it has in the past, in favour of its admission.
50. To return to the item atpresentunder discussion, as is well known my delegation has abstained in the past, except on one occasion, because we feIt that we did not know enough about Outer Mongolia to satisfy ourselves of its sovereigri, independent status. The previous occasion on which we voted infavour of Outer' Mongolia was in 1955 [704th meeting], when members will recall that a deadlock had been reached in ad- mitting eighteen applicants to the United Nations. In order to break this deadlock, my predecessor, Sir Pierson Dixon, explained that my Government was prepared to stretch tolerance to the limit in judging the qualifications of certain of the eighteenapplicants,
45. Mes prédécesseurs ont indiqué qu'eux-mêmes et leurs collègues étaient conduits à se demander si la Mongolie extérieure remplissait bien toutes les conditions fixées par l'Article 4 de la Charte pour l'admission de nouveaux Membres.
46. La délégation française votera néanmoins pour l'admission de la République populaire mongole. Elle entend, en effet, faire confiance à la volonté d'indé- pendance du peuple mongol, et espère que les insti= tutions du pays se développeront dans un sens démo- cratique. Elle ne voudrait pas d'autre part qu'un prétexte, d'ailleurs injustifié, et en contradiction avec la Charte, puisse être cherché dans son vote et être utilisé contre l'admission à l'ONU de la République islamique de Mauritanie.
47. Telles sont les raisons pour lesquelles, fidèle au principe de l'universalité de notre organisation, ma délégation se prononcera pour l'admission de la République populaire mongole à l'Organisation des Nations Unies.
48. Sir Patrick DEAN (Royaume-Uni) [traduit de l'anglais]: Ma délégation, après avoir bien réfléchi, votera pour l'admission de la Mongolie extérieure à l'Organisation des Nations Unies.
49. En réponse à la demande faite par le Président, et afin qu'aucun doute ne subsiste au sujet de l'atti- tude de mon gouvernement touchant les points de l'ordre du jour, je voudrais préciser dès maintenant que lorsque le Conseil examinera la demande d'ad- mission de la Mauritanie à l'Organisation des Nations Unies, ma délégation votera pour, comme par le passé.
50. Pour revenir à la question qui nous occupe actuellement, ma délégation, comme cbacun le sait, s'est abstenue dans le passé, sauf en une occasion, estimant que nous n'avions pas assez de renseigne- ments sur la Mongolie extérieure pour conclure à son indépendance et à sa souveraineté. Les membres du Conseil se rappelleront que c'est en 1955 que noUS avons voté pour l'admission de la Mongolie exté- rieure [704ème séance], lorsque le Conseil se trou- vait dans une impasse à propos de l'admission de 18 candidats à l'Organisation. Afin de sortir de cette impasse, mon prédécesseur, sir Pierson Dixon, expliqua que mon gouvernement était disposé à aller
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51. Today, once again, my delegation considers that in the present circumstances the correct course is to give Outer Mongolia the benefitofthe doubtand to vote for its admission. The qualifications for membership laid down in Article 4 ofthe Charter are that a country should be peace-Ioving and that it should accept the obligations of the Charter and"be ready and willing to carry them out. Our vote for Outer Mongolia is thus an act of faith that it will accept and abide by these obligations once it has been admitted to the United Nations.
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52. Our delegation is also influenced by the fact that it has naver ceased to consider that membership of the United Nations should not be restrictedto countries whose political and social systems we approve. We wish to encourage the widest possible membership in the beliefthatpoliticalbarriers betweenpeoples should be broken down.
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53. For these reasons, my delegation will vote on this item in the manner in which I have just described.
54. Ml'. MALALA8EKERA (Ceylon): My delegationis very happy that after what appears to us to be an un- conscionable period of waiting, the application of 'Outer Mongolia to be admitted into the world com- munity lS about to reach a happy outcome. The Ceylon delegation has always supported the application of Outer Mongolia, and we should like to congratulate you, Ml'. President, that by your wisdom, patience and tact you should have been able to find a way out of the impasse in which we found ourselves in the recent few weeks.
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55. Mongolia has a very ancient culture and it has had very close relations, cultural relations particu- larly, with our own country, because both our countries follow the same religion very largely, that is, the religion of Buddhism. I myself had the goodfortune to visit Outer Mongolia two years ago, and 'on that oc- casion I had the privilege of meeting some cf the memb6rs of the delegation which we see present here in this hall today. When I was in Outer Mongolia, I saw the determined efforts that were being made by the people of that country in many directions, particu- larly in the direction of raising the standard of living of its people, to cultivate good relations with its neighbours but at the same time to maintain its in- dependence. I think that this is something that should be encouraged. That is why we should be very happy if we could find Outer Mongolia being admitted to the United Nations by a unanimous vote of the 8ecurity Council, and then later of the General Assembly.
56. With regard to the application of Mauritania, the principle that has consistently been followed by the Government of Ceylon is that, when a country which
51. Aujourd'hui, une foig-de.plus, ma délégation con- sidère que, dans les circonstancès'présentes, le mieux est d'accorder à la Mongolie extérieure le bénéfice du doute et de voter pour son admission. Les con- ditions requises pour l'admission à l'ONU, énoncées â l'Article 4 de la Charte, sont qu'un pays soit paci- fique, qu'il accepte les obligations de la Charte et qu'il soit prêt et disposé à les remplir. Notre vote pour la Mongolie extérieure est ainsi un acte de foi en sa volonté d'accepter et de respecter ces obli- gations lorsqu'elle sera admise à l'Organisation des Nations Unies.
52, Notre délégation est aussi influencée par le fait suivant: elle a toujours considéré que la qualité de Membre de l'ONU ne devait pas être réservée unique- ment aux pays dont nous approuvons le régime poli- tique et social. Nous souhaitons que l'Organisation compte le plus de Membres possible, étant persuadés qu'il faut abattre les barrières politiques entre les peuples.
53. Pour ces raisons, ma délégation votera sur ce point comme je l'ai indiqué.
54. M. MALALASEKERA (Ceylan) [traduit de l'an- glais]: Ma délégation est très heureuse de constater que, après ce qui nous parait être une injustifiable période d'attente, la demande d'admission de la Mon- golie extérieure au sein de la communauté mondiale est sur le point d'être agréée. La délégation ceyla- naise a toujours soutenu la demande de la Mongolie extérieure, et nous voudrions vous féliciter, Monsieur le Président, de votre sagesse, de votre patience et de votre tact qui vous ont permis de trouver le moyen de nous dégager de l'impasse dans laquelle nous nous trouvions depuis quelques semaines.
55. La Mongolie possède une très ancienne culture et elle a une parenté très proche, une parenté cultu- relle particulièrement, avec Ceylan, parce que les deux pays, dans leur ensemble, professent la même religion, c'est-à-dire le bouddhisme. J'ai eu moi- même la bonne fortune de me rendre en Mongolie extérieure il y a deux ans et à cette occasion j'ai eu le privilège de rencontrer certains des membres de la délégation que nous voyons aujourd'hui dans cette salle. Pendant mon séjour en Mongolie extérieure, j'ai constaté les efforts persévérants que le peuple de ce pays faisait en de nombreux domaines, parti- culièrement en vue d'élever le niveau de vie de la population et d'entretenir de bonnes relations avec ses voisins tout en préservant son indépendance. Je pense que cela doit être encouragé. C'est pourquoi nous serions très heureux de voir admettre la Mon- golie extérieure parmi les Nations Unies à la suite d'un vote unanime du Conseil de sécurité et plus tard de l'Assemblée générale.
56. En ce qui concerne la demande d'admission de la Mauritanie, le Gouvernement ceylanais a toujours observé le même principe: il appuie la candidature
57. Ml'. BENITES VINUEZA (Ecuador) (translated from Spanish): 1 should like first ofall, Ml'. President, to congratulate you, on behalf of my delegation, on the ability and intelligence withwhichyou have brought this matter to the verge of a happy solution and to pay a tribute to your wisdom in asking members of the Counci! to state their positions before the voting.
58. My delegation is always completely faithful tothe principles of the Charter. 1 should like tomention two of these principles. The first is that of tmiversality. If the principle of universality were not st:J:'ictly ap- plied, the United Nations might become an elegant and very exclusive political club but it would not be the Organization ofthe international communitywithout distinction or discrimination of a political, ethnic or religious nature. The other principle is that of the self-determination of peoples, which we whole- heartedly support. Tt is to this principle that we owe the recent admission of many nations and what we might call the glorious awakening of the continent of Africa.
59. Respect for both these principles will lead my delegation to vote affirmatively. We shaH vote in favour of the admission of the Mongolian People's Republic and the Islamic Republic of Mauritania, re- serving the right to give our views in more detail later if we see fit.
60. Ml'. SCHWEITZER (Chile) (translated from Spanish): Ml'. President, 1 am happy to congratulate you, on behalf of my delegation, on your praiseworthy initiative in breaking the deadlock of the lastfew weeks in order to enable this Council to solve the difficult problem, which has been outstanding sinee last year, of the admission of the two States which are seeking membership of the United Nations.
61. As a result of your wise and skilful action we are on the point of arriving at the happy outcome for which we all hope and which has been brought closer by the honourable attitude of many members of the Couneil, who have placed the interests of the United Nations above an others.
62. The Mongolian People's Republic is very far from Chile. We know very little about it, but we hope that our contact will enable us to know itbetter and to dis~ cover its particular characteristics and its problems.
63. We realize that this is a new State, which fulfils the conditions laid down in Article 4 ofthe Charter as the ~.mdamental standards by which we mustbe guided when we consider the admission of new States.
64. For this reason, my country's Minister for Foreign Affairs has already announced in this Counei! that we shall vote in favour of the draft resolution of the Soviet Union, reeommending that the General As-
57. M. BENITES VlNUEZA (Equateur) [traduit de l'espagnol]: Permettez-moi tout d'abord, Monsieur le Président, de vous exprimer les félicitations de ma délégation pour la manière si judicieuse et si habile avec laquelle vous avez mené cette affaire presque à son heureux dénouemel1t. Vous me per- mettrez également de rendre hommage Il la sagacité dont vous avez fait preuve en demandant aux membres du Conseil de sécurité d'indiquer leur position avant le vote.
58. Ma délégation est toujours très fidèle aux prin- cipes de la Charte. De ces principes, j'aimerais main- tenant en signaler deux. Le premier est celui de l'universalité; s'il n'était pas strictement appliqué, les Nations Unies risqueraient de se transformer en un club politique select et très fermé, et elles ne seraient plus l'organisation de la communauté internationale où n'existe ni distinction ni discri- mination de caractère politique, ethnique ou reli- gieux. L'autre principe est celui de l'autodétermi- nation des peuples. Nous y souscrivons sans réserve, et il a récemment permis l'admission de nombreux pays Il l'Organisation des Nations Unies et ce que l'on pourrait appeler 1'heureux éveil du continent africain.
59. Respectueuse de ces deux principes, ma déléga- tion émettra donc un vote affirmatif, c'est-à-dire que nous voterons pour l'admission de la République popu- laire mongole comme pour celle de la République isla- mique de Mauritanie, en nous réservant le droit d'ex- poser nos vues plus tard, si nous le jugeons utile.
60. M. SCHWEITZER (Chili) [traduit de l'espagnol]: TI nous faut reconnartre les heureuses initiatives que vous avez prises, Monsieur le Président, pour faire aboutir les démarches, restées au point mort depuis plusieurs semaines, qui visent Il permettre au Conseil de sécurité de résoudre le problème difficile, laissé en suspens depuis l'an dernier, de l'admission de deux Etats qui désirent devenir Membres de notre orga- nisation. Je me fais un plaisir de vous féliciter de ces initiatives au nom de ma délégation.
61. Vos judicieuses initiatives sont sur le point de donner 1'heureux résultat que nous désirons tous et auquel aura également contribué l'attitude si louable de beaucoup de membres du Conseil de sécurité qui ont tenu compte, avant tout, des intérêts de l'Orga- nisation.
62. La République populaire mongole est un pays très éloigné du Chili. Nous ne savons que peu de chose Il son sujet, mais nous espérons que le rapprochement nous permettra de la mieux connaftre et de nous informer de ses particularités et de ses
problèmes~
63. Nous reconnaissons qU'il s'agit d'un Etat nouveau qui réunit les conditions que l'Article 4 de la Charte fixe comme norme que nous devons observer dans l'examen d'une demande d'admission.
64. C'est pour cette raison que le Ministre des affaires étrangères de mon pays a déjà annoncé au Conseil que nous voterons pour le projet de résolution de l'Union soviétique, recommandant Il l'Assemblée
1 now wish to speak in my capacity as representative of TURKEY.
67. The Turkish delegation will vote in favour ofboth the application of the Mongolian People's Republic-and the application of the Islamic Republic of Mauritania.
68. As far as the application ofthe MongolianPeople's Republic is concerned, 1 wish to recall that, on a previous occasion, when my country was also a mem- ber of the Security Council-in 1956, to be exact- we voted in favour of the admission of the Mongolian People's Republic [704th meeting] when its application was presented as a separate draft resolution. However, on later occasions, whenthe same applicationwas pre- sented in the form of amendments which could be in- terpreted as conditions imposed upon the admission of other members, we abstained on the hasis of the principle in the Charter that each application should be judged on its own merits.
69. 1 repeat our position in the present debate: we shall vote in favour of both applications.
70. 1 now continue as PRESIDENT. 1 assume that the Council is ready to vote on the draft resolution si 4950 presented by the delegation of the Soviet Union and concerning the application for admission of the Mongolian People's Republic. 1 shall now put this draft resolution to the vote.
[The President read document S/4950.J
A vote was taken by show of hands.
Cllina did not take part in the voting.
The draft resolution was adopted by 9 votes in favour, none against, with one abstention.
May 1 first of aH express my delegation's deep gratitude to aIl the delegations which have supported our draft resolution andenabled the Security Council to submit a favourable recom- mendation to the General Assembly cO:'1cerning the admission of the Mongolian People's Repubiic.
72. At this stage, when a positive solution has been reached, 1 do not wish to take up the Council's tir.o.e
66. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Je voudrais maintenant prendre la parole en tant que représentant de la TURQUIE.
67. La délégation turque votera pour les deux candi- datures, celles de la République populaire mongole et de la République islamique de Mauritanie.
68. Pour ce qui est de la demande de la République populaire mongole, je voudrais rappeler qu'en une précédente occasion, oil mon pays était aussi membre du Conseil de sécurité - en 1955, pour être précis - nous avons voté pour l'admission de la République populaire mongole [704ème séance], dont la demande faisait l'objet d'un projet de résolution séparé. Cepen- dant, plus tard, lorsque la même candidature fut présentée sous la forme d'amendements. que l'on pouvait interpréter comme des conditionsposées à l'admission d'autres membres, nous nous sommes abstenus en vertu du principe, énoncé par la Charte, que chaque demande doit être jugée selon ses propres mérites.
69. Je rappelle notre position dans le débat actuel: nous voterons pour les deux candidatures. 70. Je reprends la parole maintenant en tant que PRESIDENT. Je présume que le Conseil est prêt â se prononcer sur le projet de résolution si4?50 présenté par la délégation de l'Union soviétique et relatif à la demande d'admission de la République populaire mongole.
[Le Président donne lecture du document S/4950.J Je mets maintenant aux voix ce projet de résolution. n est procédé au vote à main levée.
Votent pour: Ceylan, Chili, Equateur, France, Li- béria, Turquie, Union des Républiques socialistes soviétiques, République arabe unie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord.
Votent contre: Néant.
S'abstiennent: Etats-Unis d'Amérique.
La Chine ne prend pas part au vote. Par 9 voix contre zéro, avec une abstention, le projet d. -ésolution est adopté.
71, M. ZORINE (Union des Républiques socialistes soviétiques) [traduit du russe]: Je tiens tout d'abord à exprimer la profonde reconnaissance de la délé- gation soviétique à toutes les délégations qui ont appuyé notre projet de résolution et ont permis au Conseil de sécurité de recommander à l'Assemblée générale d'admettre la République populaire mongole à l'ONU.
72. Je ne voudrais pas, au moment où le Conseil vient de prendre cette heureuse décision, abuser de
73. Nevertheless. for the informationofthe members of the Council 1 should like to quotefrom the record of the Security Council meeting of 29 August 1946 [56th meeting] a statement by Mr. Hsia. the Chinese repre- sentative. as follows. ftAs far as the Chinese delega- tion is concerned, we are satisfied. for the present pll.rpose. and we are prepared to support the applica- tion of the Mongolian People's Republic if we ever come to voting." ln 1946, persons who truly repre- sented China favoured the admission of the Mongolian People's Republic. Those who now oppose it do not represent China.
1 do not wish in the least to engage in polemies. but 1 should like to inform this Council that the Government which issued the instruc- tion to Mr. Hsia in 1946 is the same Government that issues instructions to me today. Indeed, in 1946 we hoped and we thought that Outer Mongolia was in- dependent. Subsequentevents proved otherwise. Today, in making my statement before the Council. 1 omitted certain facts which 1 had presented to the Assembly on Many occasions. Let me cite one instance to explain why we have. changed our attitude. There are Many reasons, but 1 will just mention one.
75. In 1947 Outer Mongolian troops crossed the Chinese border and attacked Chinese Government troops at Peitasan with cavalry units. On the same day four Soviet aeroplanes bombed and strafedthe Chinese Government positions in support ofthe Outer Mongolian ground attack. Peitasan is located 200 kilometres north-west of Tiwa, in the province of Sikiang, and is 200 kilometres away from the Chinese frontier with Outer Mongolia. In other words, there we have a con- crete instance where Outer Mongolia allowed itself to be exploited for Soviet aggression against my country. That is one of the Many reasons which have led my Government to change its attitude towards this. so- calIed independent Outer Mongolia.
The Council will now proceed to the examination ofthe next itemonits agenda, which is the application of the Islamic Republic of Mauri- tania. The first name inscribed on my list of speakers is that of the representative of France, upon whom 1 now calI.
Between 15 and 26 November 1960. during the fifteenth session of the General Assembly. the FirstCommittee .held a leilgthy debate on the subject of Mauritania. Y SUbsequently, at the 91lth meeting on 3-4 December, the Security Council for the first time examined the application of the Islamic Republic of Mauritania for admission. Lastly. as a result of the request made on
73. J'aimerais cependant donner lecture d'un passage du compte rendu sténographique de la séance que le Conseil de sécurité a tenue le 29 août 1946 [56ème séance]. M. Hsia, représentant de la Chine, a alors déclaré: "La délégation chinoise se déclare satisfaite, quant â elle, et est disposée à appuyer la demande d'admission de la Mongolie quand le moment de voter sera venu. ft En 1946, ceux qui représentaient réelle- ment la Chine se prononçaient en faveur de l'admis- sion de la République populaire mongole. Ceux qui s'opposent maintenant à cette admission ne repré- sentent pas la Chine.
74. M. TSIANG (Chine) [traduit de l'anglais]: Je n'entends nullement m'engager dans une polémique, mais je voudrais informer le Conseil que le gouver- nement dont M. Hsia suivait les instructions en 1946 est celui-lâ même que je représente aujourd'hui. Le fait est qu'en 1946 nous espérions et pensions que la Mongolie extérieure était indépendante. La suite des événements a prouvé qu'il en était autrement. Au- jourd'hui, au cours de mon intervention devant le Conseil, j'ai omis certains faits que j'avais exposés à l'Assemblée générale à de nombreuses reprises. Qu'il me soit permis de citer un exemple pour ex- pliquer notre changement d'attitude. Je pourrais donner de nombreuses raisons, mais je n'en mention- nerai qu'une.
75. En 1947, les troupes de la Mongolie extérieure ont traversé la frontière chinoise et attaqué les troupes gouvernementales chinoises à Peitasan avec des unités de cavalerie. Le même jour, quatre avions soviétiques ont bombardé et mitraillé les positions gouvernementales chinoises pour appuyer l'attaque terrestre àe l'armée mongole. Peitasan est située â 200 kilomètres au nord-ouest de Tiwa, dans la pro- vince du Sikiang, et se trouve â 200 kilomètres de la frontière qui sépare la Mongolie extérieure de la Chine. Autrement dit, il Y a là un exemple concret de la façon dont la Mongolie extérieure s'est prêtée â une agression soviétique contre mon pays. Voilà l'une des nombreuses raisons qui ont conàuit mon . gouvernement à modifier son attitude à l'égard de la Mongolie extérieure soi-disant indépendante. 76. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Le Con- seil va maintenant examiner la question suivante de son ordre du jour, la demande d'admission de la République islamique de Mauritanie. Je donne la parole au représentant de la France, qui est le premier inscrit sur la liste des orateurs.
77. M. BERARD (France): Du 15 au 26 novembre 1960, de longs débats au sujet de la Mauritanie se sont déroulés devant la Première Commission â la quinzième session de l'Assemblée généralell. Plus tard, au cours de sa 911ème séance, les 3 et 4 dé- cembre, le Conseil de sécurité a examiné une pre- mière fois la demande d'admission de la République islamique de Mauritanie. Enfin, comme suite â la
y Documents officiels de l'Assemblée générale, quinzième session, Première Commission, l109ème, Illlème et I1l3ème h llI8ème séances,
79. For nearly a year, attempts have been made to iinpede first Mauritania's independence and sub- sequently its admission to the United Nations. These manoeuvres failed of their purpose. As the spokesman for eleven African States pointedoutattheAssembly's meeting of 18 December 1960, the opposition was, in the First Committee, quite definitely nonsuited.
80. In the Security Council, on 3-4 December, eight States from Africa, Europe, Asia, North America and Latin America voted in favour of Mauritania'a ad- mission. The only two voting against itwere two com- munist States, Poland and the USSR. The Soviet Union therefore had to resort to the veto inorder to prevent the admission of the Islamic Republic of Mauritania from being recommended to the Assembly, at its fifteenth session, by ah overwhelming majority. We warmly welcome the fact that the Soviet Union has now agreed to change its attitude on this point.
81. These eleven African States, distressed at the fate of a country which, though having undergone the same evolution as their own, was being barred from an admission which they themselves had been granted unanimously, put before the General Assembly on 18 December a draft resolution which came up for dis- cussion on 17 April. The paragraph in that document declaring that "the Islamic Republic of Mauritania is a peace-Ioving State within the meaning of article 4 of the Charter, that it is able and willing to carry out the obligations of the Charter, and that it should, in consequence, be admitted to membership in the United Nations" was adopted by 63 votes to 15 [General As- sembly resolution 1602 (XV)}.
82. Subsequently, twenty African Heads of State, meeting at Monrovia from 8 to 12 May 1961, addressed to the President of the Security Couneil, through Mr. William V. S. Tubman, the President of Liberia, a letter]j stating that the conference, whieh comprised twenty-one States representing 120 million Africans, was convinced that the Republic of Mauritaniaful- filled all the conditions required for membership of the United Nations and that the conference regarded with apprehension any attempt, through the use of the veto, to bar that Republic from access to the Or- ganization or to linkits admissionwith other questions.
83. Mauritania's application, which is now before us for the second time and is thus supported by twenty
'!JI Ibid., Fifteenth Session, Annexes, agenda item 20, document A/ L.335. §j Ibid., Fifteenth Session (Part Il), Plenary Meetings, 986th meeting.
79. Depuis bientôt un an, des manœuvres ont cherché à faire obstacle il l'indépendance, puis il l'admission de la Mauritanie comme Membre de l'ONU. Elles n'ont pas obtenu le résultat attendu. Ainsi que l'a fait ressortir, à la séance du 18 décembre 1960 de l'Assemblée générale, le porte-parole de 11 Etats africains, la situation en Première Commission a été pleinement écfaircie par un non-lieu.
80. Aù Conseil de sécurité, les 3 et 4 décembre, huit Etats d'Afrique, d'Europe, d'Asie, d'Amp.rique du Nord et d'Amérique latine se sont prononcés pour l'admission de la Mauritanie. Deux Etats commu- nistes, la Pologne et l'URSS, se sont seuls prononcés contre. TI a donc fallu que l'Union soviétique re- courût il son veto pour qu'à la quinzième session l'admission de la République islamique de Mauritanie ne fût pas recommandée il l'Assemblée générale par une écrasante majorité. Nous nous réjouissons que l'Union soviétique ait accepté, aujourd'hui, de modifier sur ce point son attitude.
81. Emus par le sort d'un pays qui, ayant suivi la même évolution qu'eux-mêmes, se voyait refuser une admission qui leur avait été accordée il l'una- nimité, ces 11 Etats d'Afrique ont déposé, dès le 18 décembre, sur le bureau de l'Assemblée un projet de résolution qui est venu en discussion le 17 avril. C'est par 63 voix contre 15 qu'a été voté le para~ graphe de ce document affirmant que "la République islamique de Mauritanie est un Etat pacifique au sens de l'Article 4 de la Charte, qu'elle est capable de remplir les obligations de la Charte et disposée à le faire, et qu'elle doit, en conséquence, être ad- mise comme Membre de l'Organisation des Nations Unies" [résolution 1602 (XV) de l'Assemblée générale].
82. Depuis lors, 20 chefs d'Etats africains, réunis du 8 au 12 mai 1961 à Monrovia, ont adressé au Pré- sident de notre conseil, par l'intermédiaire duPrési- dent de la République du Libéria, M. William V. S. Tubman, une lettreZl indiquant que la Conférence, qui réunissait 21 Etats représentant 120 millions d'Afri- cains" était convaincue que la République de Mauritanie remplit toutes les conditions requises pour devenir Membre de l'ONU et que la Conférence envisageait avec appréhension toute tentative visant, par l'exer- cice du veto, à interdire· à cette république l'accès à l'Organisation, ou à lier son admission à d'autres questions.
83. La requête de la Mauritanie, dont nous nous trou- vons, pour la seconde fois, saisis et que soutiennent
'§/ Ibid., quinzième session, Annexes, point 20 de l'ordre du jour, document A/L.335. §! Ibid., quinzième session (2ème partie), Séances plénières, 986ème séance. 7J Do::uments officiels du Conseil de sécurité, seizième année, Sup- plément d'avril, mai et juin 1961, document 5/4838.
85. One after the other, aIl the specialized agencies or regional bodies to which Mauritania applied have admitted it without hesitation: the International Labour Organisation, the WorId Health Organization, the Inter- Governmental Maritime Consultative Organization, the International Telecommunication Union. And the Eco- nomic and Social Council has unanimously decided to confer on it the status of ful1memberof the Economie Commission for Africa.§I
86. It is for these reasons that my delegation urges the members of the Council to recommend, unani- mously, the admission of the Islamic Republic of Mauritania to our Organization, and to do nothing to thwart the wish that will be clearly expressed by the majority.
My delegation is pleased to reaffirm its support of the application of the Is- lamic Republic of Mauritania for admission to mem- bership in the United Nations. My delegation considers it a privilege to co-sponsor, with the delegation of France, draft resolution S/4967, which recommends that the General Assembly admit the Islamic Republic of Mauritania to membership in the United Nations. Our position on this matter should surprise no one, for it is the position we have taken which is in strict and clear conformUy with our staunch support of the progressive evolution at present taking place on the African continent.
88. It is clear that Mauritania possesses aIl the attributes of statehood and has the full capacity to ful- fil the obligations to its citizens and to the community of the world. Moreover, Mauritania has clearly de- monstrated that it qualifies for membership under Article 4 of the United Nations Charter. Itis a peace- loving State and has clearly shown its willingness and ability to carry out aIl the obligations of the Charter. As Mauritania's applicationwarrants favourable action by this Council on its own merits, there is no reason why such action should not be taken forthwith.
89. The representative of France has been good enough to draw our attention to a letter, dated 25 May 1961, addressed to the President of the Security Council, from the Conference of Heads of African and Malagasy States, through its Chairman, Mr. William V. S. Tubman, which emphasizes the fact that there is absolutely no excuse for delaying the admission of Mauritania to the United Nations any longer. With your permission, l should like to read this letter: 85. °L'une après l'autre, toutes les institutions spécia- lisées ou organisations régionales à qui la Mauritanie s'est adressée l'ont admise sans hésitation dans leur sein: Organisation internationale du Travail, Orga- nisation mondiale de la santé, Organisation inter- gouvernementale consultative de la navigation mari- time, Union internationale des télécommunications. Le Conseil économique et social, enfin, a décidé unanimement de reconnartre à la Mauritanie la qua- lité de membre de plein droit de la Commission économique pour l'Afrique.l!l. 86. Telles sont les raisons pour lesquelles, s'adres- sant aux membres du Conseil, ma délégation leur demande de recommander par une motion unanime l'admission de la République islamique de Mauritanie dans notre organisation et de ne rien entreprendre pour faire obstacle à la volonté qu'exprimera clairement la majorité. 87. M. BARNES (Libéria) [traduit de l'anglais]: Ma délégation a le plaisir de confirmer qu'elle appuiera la demande d'admission de la République islamique de Mauritanie à l'ONU. C'est pour nous un honneur de présenter, conjointement avec la délégation fran- çaise, le projet de résolution S/4967,quirecommande à l'Assemblée générale d'admettre la République isla- mique de Mauritanie à l'Organisation des Nations Unies. Notre position en cette matière ne doit sur- prendre personne, car nous avons toujours appuyé énergiquement l'évolution progressive dont le conti- nent africain est actuellement le théâtre. 88. Il est évident que la Mauritanie possède toutes les caractéristiques d'un Etat et qu'elle est pleine- ment capable de s'acquitter de ses obligations envers ses citoyens et envers la communauté mondiale. Au surplus, la Mauritanie a clairement démontré qu'elle remplit toutes les conditions requises pour devenir Membre de l'ONU, conformément à l'Article 4 de la Charte. C'est un Etat pacifique qui aindiscutablement prouvé qu'il était désireux et capable de s'acquitter de ses obligations aux termes de la Charte. La candi- dature de la Mauritanie mérite d'être retenue par le Conseil de sécurité et il n'y a aucune raison de re- tarder son admission. 89. Le représentant de la France a bien voulu attirer notre attention sur une lettre, en date du25 mai 1961, adressée au Président du Conseil de sécurité par M. William V. S. Tubman, président de la Conférence des chefs d'Etat d'Afrique et de Madagascar. Cette lettre souligne le fait que, de toute évidence, aucun prétexte ne permet plus de retarder l'admission de la Mauritanie. Si vous le permettez, je vais vous donner lecture de cette lettre: §I Documents officiels du Conseil économique et social, trente- deuxième session, 1171ème séance. 91. For the foregoing reasons, my delegation urges this Council to act expeditiously, favourably, and unanimously upon the application now before it. We feel that this new African Republic has great contributions to make to the United Nations in its efforts to build a better future for an mankind.
[The speaker read dOOf'.·;ent S/4838.]
[L'orateur donne lecture du document S/4838.]
l should like first to thank you, Mr. Presi... dent, and the members of the Security Council, for allowing me to express, onbehalf of my delegation, the views of Morocco on the question of the application for admission to the United Nations of the so-called "Islamic Republic of Mauritania".
93. l should like to lay before you, objectively and with moderation, the considerations of fact and of law calculated to determine the decision that you are called upon to take in a problem which is of crucial importance to my country. What l am about to say will be designed to convince you of the soundness of the Moroccan argument, based as it is upon history, the facts of the situation, and the Charter of the United Nations itself.
9.4. At a moment when the Council is beingrequested to recommend the admission, to the General Assembly of the United Nations, of the so-called State of the "Islamic Republic of Mauritania", l have the honour, on behalf of my delegation, to draw your attention to the extreme gravity and dangerous nature of the de- cision which you are being called upon to take. 95. For with the proposaI that you should advocate the admission of Mauritania to this world Organization, you are being asked to take a decision which not only would injure my country by amputating a part of its national territory, but would be contrary to the prin- ciples of the Charter and of international morality. Were such a step to be taken, it would constitute an extremely dangerous precedent and wouldcarry within it the seedwhich might rot the foundations of our inter- national body.
96. l should like to quote a statement made, on 4 October 1960, from the rostrum of the General As- sembly, by His Majesty Hassan II, the King of Morocco, at that time Crown Prince and leader of the Moroccan delegation to the Assembly's fifteenth session. This is what he said: "1 can ••• assert that in no event could Morocco, a country devoted to justice and freedom which has given the best of itself •.•, be accused of wishing to deny them to others; still less could it be charged with inviting the many friends that it has the honour to count among delegations here to defend a cause which might be, or seem to it to be, unjust." 21
91. Pour les raisons qui précèdent, ma délégation prie instamment le Conseil de se prononcer avec diligence et à l'unanimité en faveur de la demande d'admission dont il est saisi. Nous pensons que cette nouvelle république africaine aidera grandement l'ONU dans ses efforts pour assurer à l'humanité entière un avenir meilleur.
92. M. BENJELLOUN (Maroc): Je voudrais tout d'abord vous remercier, Monsieur le Président, ainsi que les membres du Conseil de sécurité, d'avoir bien voulu me permettre d'exprimer, au nom de ma délégation, le point de vue du Maroc sur la question de la demande d'admission du soi-disant Etat dit "République islamique de Mauritanie" comme Membre de l'Organisation des Nations Unies.
93. Je voudrais Vous exposer avec objectivité et modération les éléments de fait et de droit qui sont de nature à déterminer la décision que vous êtes appelés à prendre dans ce problème qui est crucial pour mon pays. Ma démonstration tendra à vous convaincre de la solidité de la thèse marocain!::, ap- puyée sur l'histoire et les données réelles et sur la Charte même des Nations Unies.
94. Au moment où l'on demande à votre conseil de recommander l'admission à l'Assemblée générale des Nations Unies du soi-disant Etat dit "République isla- mique de Mauritanie", j'ai l'honneur, au nom de ma délégation, d'attirer votre attention sur l'extrême gravité et sur les dangers de la décision que l'on vous demande de prendre. 95. En effet, en vous proposant de reconnartre l'ad- mission, au sein de l'organisationinternationale, de la Mauritanie, on veut vous faire prendre une décision qui non seulement lèse mon pays en l'amputant d'une partie de son territoire national, mais qui serait contraire aux principes de la Charte des Nations Unies et à la morale internationale. Cette mesure, si elle devait être prise, constituerait un précédent extrê- mement dangereux et porterait en elle les germes qui pourraient ébranler les fondements de notre insti- tution internationale. 96, Permettez-moi de citer une déclaration faite à la tribune de l'Assemblée générale des Nations Unies, le 4 octobre 1960, par S. M. Hassan II, roi du Maroc, à l'époque prince héritier du royaume et chef de la délégation marocaine à la quinzième session de l'Assemblée. Voici ce qu'il a dit: "Je puis ... affirmer qu'en aucun cas le Maroc, pays épris de justice et de liberté, venant de donner le meilleur de lui-même ... ne saurait être accusé de vouloir les refuser aux autres, et, encore moins, d'inviter les nombreux amis qu'il a l'honneur de compter en cette enceinte à défendre une cause qui serait ou lui parartrait injuste2J."
']j Documents offiCiels de l'Assemblée générale, quinzième session (1re partiel, Séances plénières, vol. l, 886ème séance, par. 177.
98. During our struggle for independence we never fought selfishly, and we have spared neither effqrts nor resources in order to ensure that other countries should attain sovereignty and be admitted to our Or-. ganization. Since our liberation, one of the fundamental principles of our policy-one incorporated in the organic law of our Kingdom-has been unreserved support for aIl peoples still under colonial rule and for their admittance to international life. It is there- fore out of place and absurd to accuse Morocco of wishing to obstruct the independence of another country and its admission to membership here.
99. For Morocco, however, the problem at issue is that of return to the fatherland of a part of its own territory. For us, it is a struggle that we have under- taken, that is proceeding and thatwill continue, for the purpose of reuniting our country which hr.s been ar- tificially dismembered and shorn of its southern part by typical colonialist machinations.
100. The problem is, in fact, a colonial one. 1t must be recognized that, in this field, France has a long- established tradition. For ease of colonial administra- tion, sometimes it groups together different territories having no affinity with each other; at other times it dismembers historically united countries in order to create from them artificially independent units. In earlier days, its colonial policy was based on the con- struction and exploitation of suchlarge units as French West Africa or French Equatorial Africa. Casting ethnic, geographical, historical and economic con- siderations to the winds, France "united" and ruled. Purely in its own interest and in that of its nationals, it instituted for these territories a single administra- tion, common laws, one currency, and a standardized economy designed to complement that of metropolitan France. The national identity of each colony was ignored, as was its historical pasto In fact, through the destruction of its identity with a view to making it more subservient, its territorial integrity was deliber- ately impaired in order that opposition movements might be engendered, and its accession to independence and sovereignty in unity thus, to the maximum, de- layed.
101. But soon, with the inevitable process of de- colonization, set in motion and expeditedby the growing self-awareness of the peoples of the world, that policy was to be abandoned and, indeed, completely reversed. Henceforward, the colonial Power resorted to division in order to ensure the permanence of its rule. For political, economic and military reasons, France has created a completely artificial puppet state, with which it claims solidarity first by pro-
98. Pendant notre combat pour l'indépendance, notre lutte n'a pas été égol'ste et nous n'avons jamais ménagé nos efforts et nos moyens pour que d'autres pays accèdent à la souveraineté et soient admis au sein de notre organisation. Après notre libération, l'une des bases fondamentales de notre politique - et qui figure d'ailleurs dans la loi organique de notre royaume - a été le soutien sans réserve de tous les peupl-es encore sous domination coloniale et leur accession à la vie internationale. Il est par conséquent déplacé et absurde d'accusèr notre pays de vouloir faire obstacle à l'indépendance d'un autre pays et à son admission ici parmi nous.
99. Mais, pour le Maroc, c'est tout le problème du retour à la patrie d'une partie de son territoire qui est posé. Pour nous, c'est un combat que nous avons entrepris, qui se poursuit, qui se poursuivra et qui a pour but de réunüier notre pays démembré arti- ficiellement et amputé de sa partie méridionale par les procédés habituels de l'ordre colonial•.
100. Car c'est bien d'un problème colonial qu'il s'agit. Il faut reconnaitre que, dans ce domaine, la France a des traditions bien établies. Pour la commodité de son administration coloniale, tantôt elle regroupe des territoires düférents, n'ayant aucune affinité entre eux, tantôt elle procède au démembre- ment de pays historiquement unis pour en faire des parties artüiciellement indépendantes. Hier, sa poli- tique coloniale étaitfondée sur l'édification et l'exploi- tation des grands ensembles: Afrique-Occidentale française, Afrique-Equatoriale française. Faisant fi des considérations ethniques, géographiques, histo- riques et économiques des populations, la France uni- fiait et dominait. Dans son seul intérêt et celui de ses nationaux, elle instituait pour ces territoires une même administration, des lois communes, une mon- naie unique, une économie uniformisée et complé- mentaire de celle de son territoire métropolitain. Le fait national de chaque pays colonisé était ignoré, comme était ignoré son passé hi.storique. En réalité, en le dépersonnalisant pour mieux l'asservir, on por- tait atteinte à son intégrité territoriale pour susciter des oppositions et retarder ainsi le plus longtemps possible son accession à l'indépendance et à la souve- raineté dans l'unité.
101, Puis, le processus de la décolonisation étant inéluctablement entamé grâce à la prise de conscience des peuples qui devait en accélérer le cours, cette politique devait bientôt être abandonnée puis abso- lument inversée. Désormais, la colonisation avait recours à la division pour assurer la pérennité de son règne. Pour des considérations d'ordre politique, économique et militaire, la France a créé de toutes pièces un Etat fantoche et s'en prétend aujourd'hui
~he worldthe continuedandeffective exercise of French rule over the southern part of Morocco.
103. However, this Machiavellian policy deceives n.o one. What, in fact, is Mauritania? Here we must turn to the ancient and modern history of Mauritania. For centuries, it has been an integral part of Morocco. It is not important whether Mauritania was part of Morocco or Morocco part of Mauritania. Let us not indulge in sophistry. The important point is that Morocco and Mauritania were recognized, until the Protectorate, as two parts of a single country, under a single sovereignty.
104. When the Mauritanian problem is examined ob- jectively from the historical, legal andpolitical stand- points, it is easily seen that the sovereign rights of Morocco cannot be seriously challenged and that only the principle of "might makes right" can dictate to us a settlement of our disputes with the colonial powers involved.
105. From the earliest periods of our nation's his- tory up to the years 1905 to 1912, the geographical and political boundaries of Morocco were always recognized internationally and the area known today as Mauritania was always an integral part of our national territory. Neither Arab nor European historians, nor even French historians, have left any doubt on that point. The first French colonists in Mauritania ad~ mitted that they encountered strong resistance there, inspired by a national consciousness and a belief in the territorial unity of the Moroccan fatherland. Sorne of them laid particular stress on that factat the time.
106. However, in the face of selfish interests sup- ported by the powerful resources of a rapidly expanding colonial empire, of what account were the lawful rights of Morocco, itself already weakened by intrigues and foreign exploitation? How could a subjugated Morocco secure respect for its rights over the whole of its territory, when the foreign Power which had arrogated to itself the role of Protector was the very one that indulged in the gravest infringement of those rights?
107. The General Act of the International Conference of Algeciras, signed in 1906 by most of the colonial Powers of the time and by other Powers which are represented in this Counci!, explicitly recognized the integrity and unity of Moroccan territory.
108. These Powers were quite ready to violate this agreement, and to c0nclude secret agreements in defiance of the elementary rules of international law. 1 need not add that these secret agreements, which constituted a violation of our sacred rights andnational sovereignty, were soon put into effect: armed action
103. Mais cette politique machiavélique ne trompe personne. En réalité, qu'est-ce que la Mauritanie, Messieurs? Nous devons ici nous pencher sur l'his- toire ancienne et récente de la Mauritanie. Pendant des siècles, la Mauritanie a été partie intégrante du Maroc. Peu importe d'ailleurs de dire que la Mauri- tanie faisait partie du Maroc ou le Maroc partie de la Mauritanie. Ne nous embarrassons pas de so- phismes. Ce qui compte, c'est de savoir que le Maroc et la Mauritanie ont été reconnus jusqu'à l'époque du protectorat comme étant parties d'un seul pays, sous une seule et unique souveraineté.
104. Lorsqu'on examine objectivement. le problème mauritanien dans ses différents aspects historiques, juridiques et politiques, il est facile d'établir que les droits souverains du Maroc ne peuvent être l'objet d'une contestation sérieuse et que seule la loi du plus fort risque de triompher dans le règlement de nos litiges avec les puissances coloniales en cause.
105. Depuis l'époque la plus reculée de Phistoire de notre nation et jusqu'aux années 1905 à 1912, les contours géographiques et politiques du Maroc ont toujours été reconnus sur le plan international, et les régions connues de nos jours sous le nom de Mauri- tanie ont toujours fait partie intégrante de notreterri- toire national. Les historiens arabes ou européens, les historiens français eux-mêmes, n'ont laissé aucun doute à ce sujet. Les premiers colonisateurs français en Mauritanie ont reconnu avoir trouvé, face à leurs entreprises, une force de résistance animée par une conscience nationale et un concept de l'unité territo- riale de la patrie marocaine. Certains d'entre eux l'avaient, à l'époque, signalé avec une insistance particulière.
106. Mais face à des intérêts égoi'stes, soutenus par les puissants moyens d'un empire colonial en pleine expansion, que représentaient les droits légitimes du Maroc, déjà lUi-même affaibli par les intrigues et l'exploitation étrangère? Comment le Maroc do- miné pouvait-il faire valoir ses droits sur l'ensemble de son territoire alors que la puissance étrangère qui s'était octroyé le rôle de protecteur était justement la même qui se ptlrmettait de porter le plus grave- ment atteinte à ces droits?
107. L'Acte général de la Conférence internationale d'Algésiras, signé en 1906 par la plupart des puis- sances coloniales de l'époque et par. d'autres ouis- sances qui sont représentées ici dans ce conseil, reconnaissait expressément l'intégrité et l'unité du territoire marocain.
108. Ces puissances se sont peu souciées de ne pas violer cet accord, comme elles ne se sont pas embar- rassées de conclure des accords secrets, et cela au mépris des règles élémentaires du droit inter- national. Inutile de dire que ces accords secrets, qui constituaient une atteinte â nos droits sacrés et â
109. This is how the armies of colonialism undertook the conquest of our country. It is well known that the series of military aggressions which followed these events ended only in 1934, after a resistance which lasted over thirty years throughout our national ter- ritory, including the Mauritanian regions.
110. The simuItaneous cessation of fighting in the southern regions, in Mauritania and in the Atlas and Riff mountains was more than significant. How could it have been otherwise, when there was such a feeling of national solidarity among aU our compatriots, whether they were in the North or in the Mauritanian provinces?
111. The ideal for which they feIt so firmly united, throughout the centuries and in good days as in bad, was always the same. In the struggle against foreign domination, they were defending the same country and the sarne national heritage. AU the inhabitants of the various provinces of Morocco have always shared a common national consciousness, both in the North and in the South, and whether the provinces had been liberated or were stiUliving in the nightof French or Spanish colonialism.
112. From the earliest years of this century, the occupation of Morocco from Senegal and Aigeria was methodically organized by France. Both before and after the establishment of the Protectorate, whole regions were annexed by France and attached to what the colonial Power then regarded as conquered ter- ritories and, as such, part of the French colonies.
113. These painful amputations were carried out in successive stages. The first took place in the South, in 1905, with the establishment ofthe civil territory of Mauritania-an evocative name which the twentieth- oentury colonial Power had discovered somewherè in the night of North African history. The latest stage was as recently as 1952, one year befere our glorious sovereign Mohammed V went into exile, at a time when the national struggle was already assuming a new and decisive form. In that year the French Government thought it wise and timely to remove from the control of the central Moroccan authorities the regions of Fort-Trinquet and Tindouf, which had previouslybeen administered on behalf of His Majesty the King of Morocco, throughthe military authorities of the French Protectorate in Morocco.
114. This is why we are convinced that the solution of the Mauritanian problem dictated by French co- lonialism can never be permanent. We are still con- fident that law and justice will prevail.
115. We cannot, therefore, emphasize too strongly the exceptional gravity of any admission of the so~ caUed ftIslamic Republic of Mauritaniaft to member~ ship of the United Nations, when since 1957 my country has constantly informed this Organization of its most serious reservations. Since our accession to in- dependence, we have regularly expressed our reser~ vations in the Fourth Committee; and, as you know, the question. of Mauritania was placed on the agenda
1':>9. C'est de cette manière que les armées du colo- nialisme entreprirent la conquête de notre pays. On sait que les agressions militaires déclenchées à la suite de ces {>"';nements ne devaient prendre finqu'en 1934, après une résistance qui dura plus de 30 ans sur l'ensemble de notre territoire national, y compris les régions mauritaniennes.
110. La cessation simultanée des combats dans les régions du sud, en Mauritanie, et dans les montagnes de l'Atlas et du Rif était d'ailleurs plus que signifi- cative. Comment pouvait-il en être autrement, si l'on considère le sentiment de solidarité nationale qui existe chez tous nos compatriotes, qu'ils se trouvent au nord ou dans les provinces mauritaniennes?
111. L'idéal au nom duquel ils se sentaient solidaires et unis dans le malheur comme dans le bonheur était à travers les siècles invariablement le même. Dans le cas de la lutte contre la domination étrangère, il s'agissait de défendre une même patrie, un même patrimoine national. Il atoujours existé une conscience nationale comml:ne à tous les habitants du Maroc dans ses différentes provinces, que ce soit au nord ou au sud, qu'il s'agisse de celles qui ont été libérées, ou de celles qui demeurent dans lanuit du colonialisme français ou espagnol.
112. L'occupation du Maroc à partir du Sénégal et de l'Algérie a été, dès les premières années de ce siècle, organisée méthodiquement par la France. Avant et après l'établissement du régime du protectorat, des régions entières ont été annexées par la France et rattachées à ce que le colonisateur considérait alors comme des territoires conquis, et faisant, de ce fait, partie des colonies françaises.
113. Ces douloureuses amputations ont été opérées par tranches successives. La première en date eut lieu par le sud, lorsqu'en 1905 fut créé le Territoire civil de la Mauritanie, ce nom évocateur que le colo- nisateur du XXème siècle a découvert quelque part dans la nuit de l'histoire nord-africaine. La dernière en date eut lieu en 1952 seulement, c'est-à-dire une année avant le départ en exil de notre glorieux sou- verain Mohammed V, au moment où la lutte nationale prenait déjà une forme nouvelle et décisive. Cette année-là, le Gouvernement français a jugé opportun et prudent de soustraire du contrôle du pouvoir central marocain les régions de Fort-Trinquet et de Tindouf, jusque-là administrées au nom de S. M. le Roi du Maroc lui-même, par l'intermédiaire des auto- rités militaires du protectorat français au Maroc.
114. C'est pourquoi nous sommes convaincus que la solution imposée par le colonialisme français aupro- blème mauritanien ne pourra jamais être une solution définitive. Nous ne perdons donc pas confiance dans le triomphe du droit et de la justice.
115. Nous ne saurions donc trop insister sur le caractère d'exceptionnelle gravité que présente l'ad- mission, comme Membre de l'Organisation des Nations Unies, de la prétendue République islamique de Mauri- tanie, alors que mon pays, depuis 1957, faisait con- nal'tre d'une manière constante àcette organisation ses réserves les plus formelles. Depuis notre accession à l'indépendance, nous avons en effet régulièrement fait nos réserves devant la Quatrième Commission,
117. In its note of 28 August 1956, the Moroccan Government informed the French Government that it had the strongest reservatiolls, and could not be bound by a unilateral decision prejudging the sover- eignty exercised in its territories and the delimitation of Morocco's frontiers.
118. My country has already had occasion, in the organs of the United Nations, ta state a complete case supported by weighty legal and political arguments- not to speak of what we h~ve set forth in detail in regard to existing ethnie, religious and linguistic ties, which constitute other important factors in the life of nations.
119. Although colonialism in the last few decades has taken every step to erase from the records any trace, in legal and official documents, of the organic ties which made the Mauritanians members ofthe Moroccan national community, and despite the efforts made in that direction by the enemies of our national unity and territorial integrity, there has always been irrefutabl,e evidence of the justification of the Moroccan position.
120. We have drawn attention to evidence of great moral value and have quoted from documents in the French archives which prove that the situation in Mauritania, both in law and in fact, was based on the exercise of real and organized Moroccan sovereignty. One of the attributes of this sovereignty, as we also pointed out, was the circulation of Moroccan currency throughout the province of Mauritania; and officiaIs of aU ranks were assigned by the central authorities to one province or anoiher and recruited in aIl pro- vinces, including Mauritania, without distinction or discrimination.
121. Last year my Government published a White Paper on Mauritania, containingaIl agreements, secret or otherwise, between the European Powers involved in the colonization of Africa, with commentaries; they provide irrefutable proof of frontiers which those Powers now affect to disregard. This White Paper also reproduces aIl the diplomatie notes and documents in which Morocco, both before the Protectorate and since its independence, has constantly protested against the alienation of a part of its territory.
122. We have also shown that there were no grounds for the French delegation's claim that Morocco never 'exercised lasting and effective sovereignty over Mauritania.
117. Dans sa note du 28 aotlt 1956, le Gouvernement marocain exprimait au Gouvernement français les plus expresses réserves et lui faisait connaftre qu'il ne saurait être lié par une décision unilatérale pré- jugeant la souveraineté qui s'exerce dans ces terri- toires et la délimitation des frontières marocaines.
118. Mon pays a déjà eu l'occasion de soutenir, devant les instances de l'organisation internationale, une thèse complète étayée par des arguments juri- diques et politiques solides, sans par1er de ce que nous avons amplement exposé en ce qui concerne les liens ethniques, religieux et linguistiques existants; et qui, eux aussi, constituent des éléments d'impor- tance dans la vie des nations.
119. Bien que le colonialisme, durant ces der- nières décennies, n'ait rien négligé pour effacer des archives toutetrace attestant, par des textes juridiques et officiels, les liens organiques qui faisaient des Mauritaniens les membres de la communauté natio- nale marocaine, malgré les efforts entrepris dans ce sens par les ennemis de notre unité nationale et de notre intégrité territoriale, il a toujours existé des preuves irréfutables qui démontrent la légitimité de la position marocaine.
120. Nous avons fait état des témoignages d'une grande valeur morale, des citations de textes tirés des archives françaises elles-mêmes, qui établissent l'existence en Mauritanie d'une situation de fait et de droit traduisant l'exercice d'une souveraineté marocaine organisée et réelle. Entre autres attributs de cette souveraineté figurent - et nous l'avons signalé également - la circulation de la monnaie marocaine sur toute l'étendue de la province mauri- tanienne; des fonctionnaires de tous, grades étaient indifféremment affectés par le pouvoir central à telle ou telle province; ils étaient aussi indifféremment recrutés dans toutes les provinces, y compris celle de Mauritanie. 121. Mon gouvernement a fait publier l'année der- nière un Livre blanc sur la Mauritanie dans lequel ont été recueillis et commentés tous les accords, secrets ou non, qui ont été conclus entre les puis- sances européennes engagées dans la colonisation, de l'Afrique, et qui établissent d'une façon irré- futable des frontières que ces puissances veulent aujourd'hui ignorer. Ce Livre blanc contient aussi toutes les notes et tous le·s documents diplomatiques par lesquels le Maroc, avant le protectorat et après l'indépendance, n'a cessé, de façon constante, depro- tester contre l'aliénation d'une partie de son terri.- toire. 122. Nous avons pu ainsi démontrer combien était mal fondée la thèse soutenue par la délégation fran- çaise, selon laquelle la souveraineté marocai!C9 n'au- rait jamais été exercée d'une manière durable et effective sur la Mauritanie.
!QI Voir Documents officiels de l'Assemblée générale, quinzième session, Première Commission, 1109ème, lll1ème et 1113ème 1; 1118ème séances; et ibid., Séances plénières, 954ème séance.
124. This policy of dividing a State in order to weaken it, in violation of formaI undertakings towards it, is particularly dangerous for peace and understanding between peoples. 1 need not point out that France's aim, in setting up Mauritania as a fictitious State, is to remain in this part of our country, under a new disguise, to secure strategic bases there, to exploit at will the area's underground wealth, and toincrease the number of French satellites.
125. It was simply an attempt to give legal form to a new kind of exploitation. This new version of the Protectorate over a part of our territory was created in order to serve the purposes of the new form of colonial domination and to deceive the worJd more effectively.
126. At the last session of the General Assembly the Moroccan delegation supplied ample proof that France's economic domination of Mauritania remains, whatever one may say, complete. French and foreign capital has gained control of this territory's mineraI wealth, thus depriving its inhabitants of resources which might have been used to l'aise their level of living. Everything connected with the key sectors of the region's economic life is in the hands of foreign companies or individuals. 1 do not think there is any need to .L..fer once again to such examples as the Mauritanian iron mining company Miferma, the Mauri- tanian coppel' mining concern Micuma, or the transport and fishing undertakings.
127. Mauritania offers the occupying Power a stra- tegic position important for those who still dreamof separating Central Africa from North Africa and of perpetuating, in this way. their domination of the continent.
128. France has likewise established a substantial military presence. For that purpose, it has equipped five main bases: one at Atar, another at Fort-Trinquet, a staging-post at Fort-Gouraud, an outpost at Ain Ben Tili and a river transport base at Rosso. This information was given by a general at a meeting of the National Defence Commission of the French National Assembly.
129. It would be a senseless illusion to believe that a solution dictated by the needs of the new colonial polic)' in Africa can be imposed on our people and on our Mauritanian compatriots forever. It is Hot by stifling a people's legitimate aspirations and diverting the current of liberationfrom its natural and historical course that the foundations of peace will be streng- thened or the necessary fruitful co-operation between the peoples established.
124. Il est particulièrement dangereux pour la. paix et pour l'entente entre les peuples que l'on se livre à cette politique de diviser un Etat pour l'affaiblir, et cela au mépris des engagements solennels souscrits à son égard. Il n'est point besoin de dire ici que le but recherché par la France, en érigeant la Mauri- tanie en Etat factice, n'est autre chose que de se maintenir, sous une forme nouvelle. dans cette partie de notre pays, de s'y assurer des bases stratégiques, d'y exploiter à sa convenance les richesses du sous- sol, et d'augmenter le nombre de ses satellites.
125. On a voulu tout simplement donner un cadre juridique à cette nouvelle forme d'exploitation. Cette nouvelle édition du protectorat sur une partie de notre territoire a été créée pour mieux servir les exi- gences de la nouvelle domination coloniale et pour mieux tromper l'opinion internationale.
126. En effet, comme la délégation marocaine a pu le montrer amplement au cours de la dernière ses- sion de l'Assemblée générale, la domination écono- mique française reste complète en Mauritanie quoi qu'on en dise. Le capital français et étranger s'est emparé des richesses minières de ce territoire, dépouillant ainsi les populations de moyens qui au- raient pu servir à élever leur niveau de vie. Tout ce qui touche aux secteurs clefs de la vie économique de cette région se trouve entre les mains de sociétés ou de personnes étrangères à ce pays. Je pense que je n'ai pas besoin de vous citer à Tlouveau les exemples de la Müerma (Société des mines de fer de Mauri- tanie), de la Micuma (Mines de cuivre de Mauritanie), des sociétés de transports et de pêcheries.
127. La Mauritanie offre à l'occupant une position stratégique d'importance pour ceux qui rêvent encore de séparer l'Afrique centrale de l'Afrique du Nord et perpétuer ainsi leur domination sur le continent africain.
128. La France a installé de même une implantation militaire solide. A cet effet, elle y a aménagé cinq bases principales: une base à Atar, une autre à Fort-Trinquet, une base de relais à Fort-Gouraud, une couverture avancée à Aih Ben Tili, une base fluviale de transit à Rosso. Ces précisions ont été données par un général français au cours d'une séance de la Commission de la défense nationale à l'Assem- blée nationale française.
129. Ce serait une illusion insensée que de croire que l'on peut pour toujours imposer à notre peuple et à nos compatriotes mauritaniens une solution adaptée aux exigences de la nouvelle politique coloniale en Afrique. Ce n'est pas en étouffant les aspirations légitimes d'une population et en détournant le courant de libé- ration de sa direction naturelle et historique que l'on arrive à consolider les assises de la paix et à instau- rer une coopération fructueuse et indispensable entre les peuples.
132. 1 cannot, however, go any further without telling the Council how deeply grieved my country has been by the grave and most unjust accusations made against it, accusations which can only be the result of bad faith or of deliberate hostility. No serious argument has been put forward against us, whether on ethnie, historical or legal grounds. The merits of our case, far from being called in question, have been quite simply ignored; and other considerations, completely foreign to justice and law or to historicnl reaUty, have governed the behaviour of certain delegations. This became quite clear during the discussion of the Mauritanian question at the fifteenth session of the General Assembly. We still consider that the Assembly shmùd have refrained from taking into account the selfish interests of any particular group of nations, or friendships and affinities of a more or less ephe- meral nature, at the expense of a people's legitimate interests. Since it is the rights of aState Member of this Organization that are involved, those rights should have been taken into consideration first; the trickery of which 1 spoke just now has had the effect of blurring the problem and shifting the discussion away from its true subject.
133. We welcomed the entry, into our Organization, of new African States which were formerly under colonial domination. We remain convinced that their presence among us is of benefit to the international communjty. We had ev,ery reason to believe that they would naturally impress their peoples' deep sense of justice upon thei!' former colonial rulers and that they would remember having themselves been deprived of their rights and their dignity. We expected this aIl the more because we know that they are not yet completely safe from further injustice.
134. As soon as it became independent, Morocco took the side of aIl the peoples that are struggUng for their freedom, thereby sacrificing its most important interests. Can my country be accused of ever having violated this principle? ln the north and south of Africa and throughout the whole continent, there is not one genuinely African cause which ruy King, my Govern- ment and my people have not defended with faith and passion.
135. 1 cannot, however, pass over in silence the ac- cusation made last year in certain statements by certain delegations. They asked whether what they called the independence of Mauritania was to be the prey of a new colonialism which dnrec! not speak its name. Is it Morocco which is being accused of co- lonialist greed, Morocco, whose sons have suffered in French prisons in Ah'ica itself? Has the prisoner of Réunion been so quickly forgotten? The first phase the conquest of Africa had not yet been completed a MOl'occan went to a distant island, much against will, to continue a struggle which he could not
132. Je ne peux cependant aller plus loin, sans faire part à votre conseil des sentiments de profonde tris- tesse que mon pays a ressentis devant les accusations graves et combien injustes dont il a été l'objet, accusations qui ne peuvent provenir que de la mau- vaise foi ou d'une hostilité délibérée. Aucun argument sérieux, ni d'ordre ethnique, ni d'ordre historique ou juridique ne nous a été opposé. Le bien-fondé de notre cause, loin d'avoir été entamé, a été tout simple- ment ignoré et d'autres considérations. qui n10nt rien à faire avec la justice et le droit, ni avec la réalité historique, ont prévalu dans le comportement de cer- taines délégations. Ce fait est apparu clairement dans la discussion de la question mauritanienne à l'As- semblée générale au cours de sa quinzième session. Nous continuons à penser que l'Assemblée aurait dû éviter de prendre en considération les intérêts égoï"stes de tel ou tel groupe de nations, ou les amitiés et les affinités plus ou moins éphémères aux dépens des intérêts légitimes d'un peuple. Les droits d'un Etat Membre de cette organisation étant mis en cause, ce sont ces droits qu'il fallait prendre en considé- ration tout d'abord, et cette mystification dont j'ai parlé tout à l'heure a fait que le problème a été étouffé et la discussion détournée de son véritable objet.
133. Nous avons salué l'entrée dans notre organi- sation de nouveaux Etats africains, anciennement sous domination coloniale. Nous demeurons convaincus que leur présence parmi nous est profitable ~ l'intérêt de la communauté internationale. Nous avions tout lieu de penser qu'ils allaient tout naturellement faire part
~ leurs anciens colonisateurs des sentiments profonds de justice de leurs peuples et qu'ils se souviendraient d'avoir été privés eux-mêmes de leurs droits et de leur dignité. Nous nous y attendions d'autant plus que nous savons qu'ils ne sont pas définitivement ~ l'abri de toute nouvellEl. injustice.
134. Au lendemain même de son indépendance, le Maroc s'est rangé aux côtés de tous les peuples en lutte pour leur libération en sacrifiant le meilleur de ses intérêts. Peut-on opposer ~ mon pays de s'être trouvé une seule fois en contradiction avec ce principe? Aux deux extrémités de l'Afrique et ~ travers tout le continent, il n'est pas une cause authentiquement africaine que mon roi, mon gouver- nement et mon peuple n'aient défendue avec foi et passion.
135. Je ne peux cependant passer sous silence l'ac- cusation qui est revenue l'année dernière dans certains discours de certaines délégations. Celles-ci se sont demandé si ce qu'elles appellent l'indépendance de la Mauritanie devait être la proie d'un nouveau colo- nialisme qui n'ose pas dire son nom? Est-ce le Maroc que l'on accuse d'appétit colonialiste, lui dont les fils ont souffert dans les prisons françaises en Afrique même? A-t-on si vite oublié le prisonnier de l'fle de 'la Réunion? Lapremière phase de conquête de l'Afrique n'était pas encore terminée que déj~ un Marocain allait, bien malgré lui, continuer sur une île loin-
136. And what is to be said of Madagascar? We dare not believe that this last phase of our national struggle has already been forgotten. Did not Mohammed V at Antsirabé bring back the dear memory of an illus- trious queen in exile to the Malagasypeople? Morocco still remembers that when in the mosque of Antsirabé Mohammed V besought the Lord to save his people, he prayed also for the salvation and liberation of the Malagasy people. As far as we are concerned, Mohammed VIS memories of exile are directly linked with the Malagasy people's struggle for its freedom. The French jails of Africa stiU echo to the memory of Moroccan leaders sent to distant lands because they fought for the independence of their own country and, even then, for the liberation of aU Africa as weU.
137. I merely wish to remind certain people of past events which they should have borne in mind when making such serious, gratuitous andunjust accusations against my country.
138. The Minister for Foreign Affairs of Senegal= the representative of wbich has asked for the floor today, probably in order to support the candidature of the so-caUed Islamic Republic of Mauritania-recog- nized, in bis last statement to the General Assembly, that: "From the moment that a colonized territory accedes to independence, its new sovereignty must extend to the boundaries of the former colonial sove- reignty. ft!!/ My delegation was glad to hear that statement, which undoubted1y reflects wisdom and reason. That is a wise and reasonable policy. So we agree with the distinguished representative of Senegal. But so far as the question before us is concerned, no consideration either of fact or of law, as 1 showed earlier, entitled France to detach a Moroccan province on the eve of Morocco's independence and to make it into an independent State.
139. Morocco, of course, is not a great Power and wishes to see its cause triumph only by the voice of reason and by the action of our international Organi= zation. That is why, refusing to enter into a conflict with France, my country last year took the initiative of requesting that this question be included in the agenda. lt has confidence in the wisdom of the United Nations.
140. Morocco appears as a plaintiff seeking to gain its rights, which the French Government continues to disregard. We have caUed upon aU the peoples of the world to witness the injustice of which we are victims and which France has sought to perpetuate by its efforts to persuade an international organization ta ratify its act of force. Eminent Heads of State have, in the General Assembly of the United Nations, empha= sized the danger of neo-coloniaUsm and its methods. The question of Mauritania is a typical example of such neo-colonialism.
136. Et que dire de Madagascar? Nous n'osons croire que cette dernière phase de notre lutte nationale ait été déj1:l. oubliée. Mohammed V 1:1. Antsirabé ne rap- pnlait-il pas au peuple malgache le cher souvenir d'une illustre reine exilée? Le Ma~'oc se rappelle encore que, quand Mohammed V implorait le Seigneur dans la mosquée d'Antsirabé pour le salut de son peuple, il priait aussi pour le salut et la libération du peuple malgache. En ce qui nous concerne, les souvenirs d'exil de Mohammed V sont directement liés aux luttes du peuple malgache pour sa libération. Les geôles françaises d'Afrique résonnent encore des souvenirs de leaders marocains envoyés dans ces contrées loin- taines parce qu'ils luttaient pour l'indépendance de leur propre .-Jays et déj1:l. pour la libération de toute l'Afrique.
137. Ce ne sont 11:1. que des rappels historiques qU'il aurait été bon d'avoir 1:1. la mémoire quand on voulait lancer des accusations aussi graves que gratuites et injustes contre mon pays.
138. Le Ministre des affaires étrangères duSénégal, dont le représentant a demandé 1:1. prendre la parole ici aujourd'hui, probablement pour soutenir la candi- dature de la soi-disant République islamique de Mauri- tanie, a reconnu lors de son dernier discours 1:1. l'Assemblée générale que: "Dès l'instant ot!. un territoire colonisé accède â l'indépendance, sa souveraineté nouvelle doit s'exercer dans les limites ou s'étendait la souveraineté coloniale!.!!'" Ma délé- gation a été heureuse d'entendre cette affirmation qui ne peut découler que de la sagesse et de la raisC':'1. C'est 11:1. une ligne de conduite sage et "raisonnable. Nous sommes donc d'accord avec l'honorable repré- sentant du Sénégal. Mais s'agissant de la question qui nous préoccupe, rien en fait ni en droit, tel que je l'ai démontré plus haut, ne permettait 1:1. la France de détacher, 1:1. la veille de la proclamation de l'indé- pendance du Maroc, une province marocaine et de l'éri- ger en Etat indépendant.
139. Le Maroc n'est évidemment pas une grande puissance et ne veut faire triompher sa cause que par la voix de la raison et par l'intermédiaire de notre organisation internationale. C'est pourquoi, renonçant
1:1. engager un conflit avec la France, mon pays a pris l'année dernière l'initiative de demander l'inscription de cette question 1:1. l'ordre du jour. Il a confiance dans la sagesse de l'Organisation des Nations Unies.
140. Le Maroc est venu en demandeur pour faire prévaloir son droit que le Gouvernement français a continué 1:1. ignorer. Nous avons pris 1:1. témoin tous les peuples du monde de l'injustice dont nous sommes victimes et que la France a voulu perpétuer en cher- chant dans une organisation internationale la consé- cration de son acte de force. D'éminents chefs d'Etats ont dénoncé 1:1. la tribune de l'Assemblée" de l'Orga- nisation des Nations Unies le danger du néo-colo- nialisme et de ses méthodes. La question de la Mau- ritanie est un exemple typique de ce néo-colonialisme,
!11 Documents officiels de l'Assemblée générale, seizième session, Séances plénières, IOl2ème séance, par. 44.
It should be noted, moreover, that rule 137 of the rules of procedure of the General Assembly reads as follows:
"If the Security Council recommends the applicant State for membership the General Assembly shall consider whether the applicant is a peace-loving State and is able and willing to carry out the obliga- tions contained in the Charter, and shall decide, by a two-thirds majority of the Members present and voting, upon its application for membership".
142. 1 think 1 have given ample proof thatthe Moroc- can province of Ma.uritania is not a State as understood in internationallaw or in the Charter. Itis not enough for an applicant, in order to be admitted, to come before our Organization and declare that it undertakes to comply with the obligations of the Charter, when the other two essential conditions laid down in the Charter are not fulfilled.
143. In any case, the applicant does not fulfil, as 1 think 1 have shown, the essential condition: that is, it is not a State in international law. Morocco regards Mauritania as an integral part of its territory, just as it regards itself as an integral part of Mauritania.
144. There are twelve million of us Moroccans, there are twelve million of us Mauritanians. We want our Mauritanian brothers to be given their freedom in order that, they may give effect to their desire to join us, for better Qï:cworse. ls there any need to point out that this desire finds expression every day in the Mauritanian people's hel'oie resistance to the forces which seek to suppress its aspiration to unionwith the northern provinces? We want Morocco, including its southern provinces, to be a complete whole, reuniting a11 its children who were separated under colonial rule; we want aIl its children to join together to build their future in brotherhood, bringing peace, progress, prosperity and social justice to the Moroccan people as a whole.
145. It is, therefore, with faith in the wisdom of this Organization that, on behalf of the Kingdom of Morocco and with the utmost seriousness, 1 urge the members of the Council to make sure that the votes which they
"Le colonialisme classique, face ~ cette révo- lution, a préparé sa parade et, s'il décide de quitter un pays, c'est dans l'espoir de mieux y assurer le maintien de ses intérêts économiques, militaires et politiques, sous le couvert d'un simulacre de li- berté et d'indépendance. Dans les pays souverains, des parties entières de leurs territoires continuent !t être occupées par les puissances colonialistes. Souvent ces dernières procèdent ~ la créationd'Etats artificiels. Cette atteinte ~ l'intégrité territoriale de pays indépendants et Membres de l'Organisation des Nations Unies crée un climat d'irritation et de provocation et constitue, de la part des pays colo- nialistes, une menace permanente pour la sécurité et la paix." Par ailleurs, l'article 137 du règlement intérieur de l'Assemblée générale se lit ainsi:
"Bi le Conseil de sécurité recommande l'admis- sion de l'Etat qui fait la demande, l'Assemblée générale examine si le candidat estun Etatpacifique et s'il est capable de remplir les obligations de la Charte et disposé ~ le faire. Elle décide, ~ la majo- rité des deux tiers des membres présents etvotants, de la suite ~ donner ~ la demande."
142. Je pense avoir démontré amplement que lapro- vince marocaine de Mauritanie n'est pas un Etat au sens du droit international et tel que le conçoit la Charte. En dernier lieu, il ne suffirait pas qu'un candidat vienne déclarer ~ notre organisation qu'il s'engage ~ appliquer les obligations de la Charte pour y être admis, dès lors que les deux autres conditions essentielles prescrites par la Charte ne sont pas remplies.
143. En tout état de cause, le candidat demandeur ne remplit pas, comme je pense l'avoir démontré, la condition essentielle, ~ savoir être un Etat au sens du droit international. Le MarQc considère la Mauri- tanie comme une partie intégrante de son territoire, comme il se considère lui-même comme partie inté- grante de la Mauritanie.
144. Nous sommes 12 millions de Marocains, nous sommes 12 millions de Mauritaniens. Nous voulons que la liberté soit donnée ~ nos frères mauritaniens pour leur permettre de concrétiser leur volonté de se joindre ~ nous pour le meilleur comme pour le pire. Est-il besoin de souligner que cette volonté s'exprime quotidiennement par la résistance que les populations mauritaniennes opposent héroiquement aux forces de répression qui cherchent ~ brimer laurs aspi- rations ~ l'unité avec les provinces du Nord? Nous voulons que le Maroc tout entier, ses provinoes du Sud comprises, retrouve l'ensemble de ses enfants séparés par la domination coloniale et que tous ses enfants unissent désormais leurs efforts pour construire leur avenir dans la fraternité pour la paix, le progrès, la prospérité et la justice sociale de l'en- semble du peuple marocain.
145. Aussi, est-ce confiant en la sagesse de cette organisation que je me permets d'adresser, au nom du Royaume du Maroc et cela avec la plus grande gravité, un appel pressant aux membres du Conseil,
147. In the first place, 1 am sorry that in his speech the representative of Morocco sawfit to use, in regard to my country, words which are certainly ungracious and which in sorne cases, if he re-reads them care- fully, he may even find insulting.
148. The representative of Morocco has dealt once more with the whole question of Mauritania, as he is entitled to do. 1 should merely like to say that his arguments, which have already been putforward in the First Committee, were refuted by my delegation at the time and that 1 have nothing to add to what was said on the matter in the First Committee.
149. The representative of Morocco also said that the question of Mauritania was a Franco-Moroccan problem, or rather a French problem. Obviously it is convenient to put things in that way, because in doing so one avoids, or seems to avoid, attackingthe people, Government and State of Mauritania; yet it is in fact these quarters that he is attacking, because it was the Mauritanian people which, by an overwhelming ma- jority, demanded its independence. It was that people which estabHshed the Islamic Republic of Mauritania and chose the Government that today, for the second time, is requesting that this young State be admitted to membership of the United Nations.
150. France is in no way a party to this debate. If France had not granted Mauritania the independence and sovereignty which its people demanded, what could it have done? Logically there would have been only two possibilities for my country: to keep Mauri- tania under a system of colonial administration which we are abolishing everywhere, or to sacrüice itto the Moroccan claims, which do not seem justified. Who in this hall, 1 ask you, could have advised France to follow either of those two courses?
151. Twenty-five years ago-together withaMinister who is no longer with us, a man of warm and generous heart-I strongly advocated the emancipation of Morocco. 1 hope the representative of Morocco will allow me, as a sincere and devoted friend of his country, to repeat to him that France has only one desire: to see close, confident and cordial relations established between Mauritania and its neighbours both to the north and to the south, since such relations are clearly in line with that country's destinyand will lead to friendship and peace in this part of the world.
152. In order to shorten the discussion, and because it is already late, 1 shall not insist on my right to have my statement interpreted into English, ifour English- speaking colleagues have no objection.
The Council has heard the proposaI of the representative of France. If there is no objection, from now on we would then do without consecutive interpretations and the debate would pro- ceed in that way. It is so decided. It was so decided.,
147. Je voudrais d'abord exprimer le regret que le représentant du Maroc, dans son allocution, ait cru bon de recourir, ~ l'adresse de mon pays, ~ des paroles certainement désobligeantes et dont, s'il les relit avec soin, certaines lui paraîtront même inju- rieuses.
148. Le représentant du Maroc nous a de nouveau exposé tout le cas de la Mauritanie, et c'est son droit. Je voudrais simplement dire que les arguments qU'il a encore une fois invoqués, qui ont déj~ été invoqués en Première Commission, ont été réfutés par ma délégation, et je n'ai rien ~ changer ~ ce qui a été dit en Première Commission ~ ce sujet.
149. Le représentant du Maroc a affirmé, d'autre part, que la question mauritanienne - cela a été l'objet de son exposé - était un problème franco- marocain, ou plutôt un problème français. Il est évidemment commode de présenter ainsi les choses, car on évite, en apparence du moins, de s'en prendre
~ la population, au Gouvernement et ~ l'Etat mauri- tanien; mais c'est bien contre eux, en fait, que l'on dirige son attaque, car c'est la population mauri- tanienne qui, ~ une écrasante majorité, a voulu son indépendance. C'est elle qui a constitué la République islamique de Mauritanie; c'est elle qui a choisi ce gouvernement qui demande aujourd'hui, pour la se- conde fois, l'admission, parmi les Nations Unies, de ce jeune Etat.
150. La France n'est en rien partie ~ ce débat. En dehors d'accorder ~ la Mauritanie l'indépendance et la souveraineté qui lui étaient demandées par la population, qu'aurait-elle pu faire? Il n'y aurait eu, en toute logique, pour mon pays, que deux possi- bilités: soit maintenir la Mauritanie sous une admi- nistration coloniale que nous faisions partout dis- paraître, soit l'abandonner aux revendications marocaines qui n'apparaissaient pas justifiées. Qui, dans cette enceinte, je vous le demande, aurait pu conseiller ~ la France de suivre l'une ou l'autre de ces deux voies?
151. Il y a 25 ans, aux côtés d'un ministre aujour- d'hui disparu; d'un homme au cœur chaud et géné- reux, j'ai milité en faveur de l'émancipationdu Maroc. Que le représentant du Maroc me permette de lui répéter, avec l'amitié sincère et profonde que je porte
~ son pays, que la France n'a qu'un désir, c'est de voir s'établir entre la Mauritanie et ses voisins du nord comme du sud les relations étroites, confiantes et cordiales qui correspondent manifestement au des- tin de ce pays et qui feront régner dans cette partie du monde i'amitié et la paix.
152. Pour la brièveté de nos débats et étant donné l'heure déj~ avancée, je renonce, si nos collègues de langue anglaise ne s 'y opposent pas, ~ la traduction de mon intervention en anglais.
153. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Le Con- seil vient d'entendre la proposition du représentant de la France. S'il n'y a pas d'objection, le débat se poursuivra maintenant sans interprétation consé- cutive. Il en est ainsi décidé.
155. Before this endorsement by the General As- sembly, several international organizations had al- ready admitted the Islamic Republic of Mauritania to membership. These were the Inter-Governmental Maritime Consultative Organization, the Commission for Technical Co-operation in Africa South of the Sahara, and finally the Economic Commission for Africa. an official organ of the Economic and Social Council. which is itself an official organ of the United Nations.
156. It should be noted that, when Mauritaniawas ad- mitted to the Economic Commission for Africa. all the Member States of the Economic and Social Council including the Soviet Union, voted for its ad- mission.
157. :M:auritania was subsequently admitted to the World Health Organization and to the International Labour Organisation.
158. 1 would point out that. when a vote was taken on the admission of Mauritaniato the International Labour Organisation. representatives of Moroccan workers- the representatives of the Union of Moroccan Workers-did not vote against Mauritania. They ab- stained, because they did not want to endorse any attempt by one independent African State to annex another independent African State.
159. Mauritania was also admitted to the Conference of African Countries on Broadcasting and Television.
160. 1 hope the Council will allow me here to make a slight digression. in reply to something which the representative of Morocco said about a statement by the Minister for Foreign Affairs of Senegal.
161. It istrue that the Senegalese Minister for Foreign Affairs said here that, when former colonial countries became independent, their territorial boundaries should be the same as those they had had in the colonial era. Thisis a wise legal rule, which was established in the past by former colonies in Latin America. But the representative of Morocco distorted the meaning of this statementbythe Senegalese Minis- ter for Foreign Affairs.
162. Let us consider the facts. Morocco became independent long before the colony of Mauritania and, at the attaining of independence, did not ask France not to sign the independence agreements until Mauri- tania had been incorporated in Moroccan territory. Mauritania remained a colony for some time after Morocco had become independent; it was only five or six years laterthat Mauritaniagained its independence, in the same way as the twelve states of the Brazzaville group.
163. Thus Mauritania, in the colonial era, was not an integral part of the Moroccan colony.Itwas a separate colony. That is why F'1'ance did not incorporate Mauri- tania in Morocco when Morocco became independent and why we cannot agree to Morocco's demand for its annexation nowthat Mauritaniahas obtained its national independence in the same way as Morocco, Senegal
155. Avant cette consécration de l'Assemblée géné- rale. divers organismes internationaux avaient déjà admis en leur sein la République islamique de Mauri- tanie. Ce fut d'abord l'Organisation intergouvernemen- tale consultative de la navigation maritime; ce fut ensuite la Commission de coopération technique en Afrique au sud du Sahara; ce fut encore la Commission économique pour l'Afrique, organisme officiel du Conseil économique et social. lui-même organisme officiel de l'Organisation des Nations Unies.
156. Il faut remarquer ici que. au moment de la ratification de l'admission de la Mauritanie à la Commission économique pour l'Afrique. tous les Etats membres du Conseil économique et social ont voté pour cette ratification. y compris l'Union soviétique.
157. La Mauritanie a été admise à l'Organisation mondiale de la santé. puis à l'Organisation inter- nationale du Travail.
158. Je ferai remarquer encore ici que, au moment du vote d'admission de la Mauritanie à l'Organisation internationale du Travail. les représentants de l'Union des travailleurs marocains n'ont pas voté contre la Mauritanie; ils se sont abstenus. dans leur souci de ne pas cautionner la tentative d'annexion d'un Etat africain indépendant par un autre Etat africain indé- pendant.
159. Par la suite enfin. la Mauritanie a été également admise à la Conférence sur la radiodiffusion et la télévision des pays africains.
160. Le Conseil me permettra ici de faire une petite digression en réponse à une déclarati(ln du repré- sentant du Maroc au sujet d'une affirmation qui a été faite par le Ministre des affaires étrangères du Sénégal.
161. Assurément. le Ministre de::s affaires étran- gères du Sénégal a déclaré ici que•. lorsque les anciens pays colonisés devenaient indépendants. leurs limites territoriales devaient rester telles qu'elles étaient sous l~oque coloniale. C'est une sage juris- prudence qui a été établie avant nous. par les an- ciennes colonies d'Amérique latine. Mais le repré- sentant du Maroc a altéré le sens que donnait le Ministre des affaires étrangères du Sénégal à cette déclaration.
162. Voyons les faits. Lorsque le Maroc. bien avant la Mauritanie, est devenu indépendant, il n'a pas de- mandé à la France de ne signer les accords d'indé- pendance que lorsque la Mauritanie aurait été incor- porée dans le territoire chérifien. La Mauritanie est restée colonie et ce n'est que cinq ou six ans après l'accession du Maroc 1:1. l'indépendance que la Mauritanie a accédé elle-même à l'indépendance dans les mêmes conditions que les 12 Etats du groupe de Brazzaville.
163. Ainsi, la Mauritanie. lors de l'époque coloniale. n'était pas partie intégrante de la colonie marocaine. C'était une colonie distincte. C'est pour cela que, au moment de l'indépendance du Maroc. la France n'a pas incorporé la Mauritanie au Maroc. C'estpourquoi également nous n'admettons pas que. maintenant que la Mauritanie a obtenu son indépendance nationale dans
165. Moreover, less than four months ago, a presi- dential election took place in the Islamic Republic of Mauritania-and here 1 take up the ideajustexpressed by the representative of France. The Mauritanian peoples themselves-all the Mauritanianpoliticalpar- ties, reconciled in a vast national union-elected President Mokhtar Ould Daddah by a majority of over 90 per cent.
166. This shows that Mauritania, both in its internaI and in its external affairs, fulfils the conditions for membership of our Organization.
167. Sùch are the reasons why Senegal asks youtoday to take into account the General Assembly resolution of 19 April 1961 and to recommend, for your part, the admission of Mauritania to membership in the United Nations.
Mr. President, the delegation of the Ivory Coast first wishes to thank you andthe other members of the Council for allowing it totakepart in the debate on the admission of Mauritania.
169. Some weeks ago, you had on your agenda appli- cations for the admission of three countries, two of which were African-Sierra Leone, Mauritania and Outer Mongolia. Mauritania was then applying for the second time, and Africans felt deep concern, particu- larly because the wind of nationalism was stillblowing through Africa. Countries werebecoming independent, yet it began to seem doubtful whether t4ey would receive the approval of the worId Organization. Butwe were relieved to note the quick and easy admission of Sierra Leone.
170. However, although Africa rejoiced at this ad- vance in status, we must admit that its rejoicing was tinged with great bitterness, particularly as for nearly a year one African country, Mauritania, hadhadto cope with enormous difficulties arising out of the ftcold war ft and taxing the young state far beyond its capaci- ties. Mauritania was a hostage in the war between the great Powers; but, since it belonged to neither camp, no one was interested in its captive status except the
s~all countries, its brothers.
171. Mauritania brings your Council face tofacewith a problem of conscience, of law, of international ethics and even of co-operation between the two most important bodies of our Organïzation-the General Assembly and the Security C"uncil.
165. En outre, il y a moins de quatre mois, une élection présidentielle a eu lieu dans la République islamique de Mauritanie, et je rejoins ici l'idée exprimée tout A l'heure par le représentant de la France. Ce sont les populations mauritaniennes elles- mêmes, c'est l'ensemble des partis politiques mau- ritaniens réconciliés dans une vaste union nationale, qui ont investi, par leurs suffrages, le président Mokhtar Ould Daddah dans une proportion de plus de 90 p. 100 des voix.
166. Ainsi, A l'intérieur comme A l'extérieur, la Mauritanie remplit bien les conditions requises pour être membre de notre organisation.
167. C'est sous le bénéfice de ces observations que le Sénégal vient vous demander aujourd'hui, tenant compte de la résolution de l'Assemblée générale du 19 avril 1961, de recommander A votre tour l'admis- sion de la Mauritanie A l'Organisation des Nations Unies.
168. M. USHER (Côte-d'Ivoire): Monsieur le Prési- dent, la délégation de la Côte-d'Ivoire tient particu- lièrement A vous remercier et A remercier les membres du Conseil de l'avoir autorisée Aparticiper au débat relatif Al'admission de la Mauritanie.
169. Il Y a déjA quelques semaines, vous aviez A votre ordre du jour les demandes d'admission de trois pays .- dont deux pays africains -, le Sierra Leone, la Mauritanie et la Mongolie extérieure. La Mauritanie venait devant vous pour la deuxième fois, et l'inquiétude des Africains était grande. Elle l'était d'autant plus que le vent du nationalisme continue de souffler sur l'Afrique. Des pays accédaient ll. l'indépendance et la consécration de cette indépen- dance par l'organisation internationale commençait A paraftre douteuse. Mais nous avons accueilli avec soulagement l'admission rapide et facile du Sierra Leone.
170. Cependant, il faut avouer que, si l'Afrique s'est réjouie de cette promotion, cette réjouissance était mêlée d'une profonde amertume d'autant plus que, depuis bientôt un an, un pays africain, la Mauritanie, se trouve en butte A d'énormes difficultés qui res- sortent de la guerre froide et que ce jeune Etat ne peut guère surmonter. La Mauritanie est prise en otage dans la guerre qui oppose les grands; mais, n'étant d'aucun camp, son sort de prisonnier n'intéresse personne, Al'exception des petits, ses frères..
171. La Mauritanie pose Avotre conseil un problème de conscience, de droit, de morale internationale et même de collaboration entre les deux organes les plus importants de notre organisation: l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité.
173. On 28 November 1960 Mauritaniaproclaimedits independence and on the sarne day it applied for admis- sion to the United Nations [S/4563]. But, at the sarne time, another formerly colonial cvuntry of Africa submitted to our Organization territorial claims in- volving nothing less than the outright annexation of the young state. The First Committee disinterested itself in the matter, adjourning its discussion without taking any decision. And although inthe Security Coun- cil the admission of Mauritania was supported by 8 votes to 1, the Councilcouldmakenorecommendation, since the single opposing vote was that of the Soviet Union, a permanent member of the Council and, as such, holding the right of veto.
174. Faced with this flagrant injustice, however, the United Nations General Assembly, observing legality and given the opinion of the International Court of Justice, considered itself competent to aid the admis- sion of Mauritania, in accordance with its interpreta- tion of the spirit of Article 4 of the Charter. It did aIl that it could be declaring, in its resolution 1602 (XV), that Mauritania fulfilled the conditions laid down in Article 4 of the Charter, and by requestingthe Security Counci! to draw the necessary inference and agree to the admission of Mauritania.
175. These are the difficulties withwhichyour Council is faced. But my delegation believes that they can be quickly overcome if, throughout the debate, each member of the Council seeks solely to ensure the complete application of the Charter and to establish whether the conditions laid down in Article 4 have been fulfilled. Any other consideration can onlybe sub- jective, will divert you from equity and justice and must therefore lack any legal basis. The judicial precedents of the United Nations, and particularly the opinion given by the International Court of Justice on 28 May 1948,!Y show that the application of Article 4 involves five objective questions: Is the candidate a state? Is it peace-loving? Does it accept the obliga- tions contained in the Charter? Is it able to carry out those obligations? Is it willing to carry them out?
176. We have been told that Mauritania was not a State according to international law, but we have not been told what the definition of a State in international law is. We have been told that Mauritania was not independent, although sixty-three countries have recognized it. 1 do not know whether Morocco has its own private and occult standards for assessing in- dependence; but the fact is that Katanga, although it proclaims its independence, has not been recognized
!Y Admission of aState to the United Nations (Charter, Art. 4), Ad- visorYOpinion: I.C.]. Reports 1948, p. 57.
173. Le 28 novembre 1960, la Mauritanie proclame son indépendance et, ~ la même date, demande son ad- mission ~ l'Organisation des Nations Unies [S/4563]. Mais, en même temps, un autre pays africain ex- colonisé présente ~ notre organisation des reven- dications territoriales qui aboutiraient ~ l'annexion pure et simple du jeune Etat. La Premiêre Commission s'en désintéresse, par le fait qu'elle ajourne ses débats sans prendre aucune décision. Quant au Conseil de sécurité, bien que l'admission de la Mauritanie soit appuyée par 8 voix contre une, il ne peut trans- mettre de recommandation, puisque la seule voix opposante est celle de l'Union soviétique, membre permanent du Conseil et disposant ~ ce titre du veto.
174. Il n'en demeure pas moins que, devant cette injustice flagrante, l'Assemblée générale des Nations Unies, respectueuse de la légalité, et vu l'opinion de la Cour internationale de Justice, n'a pas cru outre- passer ses droits en favorisant l'admission de la Mauritanie, conformément ~ l'interprétation de l'es- prit de l'Article 4 de la Charte. Elle a fait ~ cet égard tout ce qu'elle pouvait en déclarant, dans sa réso- lution 1602 (XV), que la Mauritanie remplissait les conditions prescrites par l'Article 4 de la Charte, et l'Assemblée priait, par la même résolution, le Conseil de sécurité d'en tirer les conséquences et de prendre acte de l'admission de la Mauritanie.
175. Telles sont les difficultés devant lesquelles votre conseil se trouve. Mais, de l'avis de ma délé- gation, ces difficultés seront vite surmontées si, tout au long du débat, chaque membre du Conseil n'a comme objectif que l'application intégrale de la Charte et la recherche des conditions prescrites par l'Ar- ticle 4. Toute autre considération ne sera que sub- jective, vous écartera de l'équité et de la justice, et ne sera par conséquent qu'illégalité. Il ressort de la jurisprudence établie par les organes des Nations Unies, et plus précisément de l'avis de la Cour inter- nationale de Justice du 28 mai 194Q~ que l'applica- tion de l'Article 4 arnène à poser cinq questions objectives: le candidat est-il un Etat? Est-il paci- fique? Accepte-t-il les obligations de la Charte?Est-il capable de remplir lesdites obligations?Est-il disposé à le faire?
176. On nous a dit que la Mauritanie n'était pas un Etat au sens du droit international, mais on ne nous a pas dit quelle était la définition d'un Etat selon le droit international. On nous a dit que la Mauritanie n'était pas indépendante alors que 63 pays ont reconnu cet Etat. Je ne sais pas si le Maroc possède des critères personnels et occultes pour apprécier l'indé- pendance; mais le fait est que le Katanga, bien qu'ii se proclame indépendant, n'a été reconnu par personne,
!Y Admission d'un Etat aux Nations Unies (Charte, Art. 4), avis consultatif: C.I.]., Recueil 1948, p. 57.
177. No one can doubt that Mauritania's territorial boundaries are internationally recognized. Nor is there any doubt that the country has a Government whose writ runs throughout the territory, and a sovereign assembly whe::.e sovereignty is limited only by that territory's boundaries. Moreover, the country has ad- hered to the Charter and the principles of human rights, as the preamble to its Constitution shows. The Government of Mauritania is the outcome of universal suffrage and is recognized by sixty-three States, MoSt of which are Members of our Organization. Maurit~nia is a member of almost aH the international bodies- including the InternaHonal Civil Aviation Organization, the World Health Organization, the Universal Postal Union, the International Labour Organisation, the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization, the Food and Agriculture Organization and the Co-ordinating Committee of Technical As- sistance-and has diplomatic relations with them, which proves that it is able to carry out the obliga- tions contained in the Charter.
178. It is not a country suffering from domestic crises. Its political system has a stabilitywhichmany states Members of the United Nations might envy. Its people has achieved unity around the President, Mokhtar.Ould Daddah, recently elected President of the Republic by the almost unanimous vote of his people, under a system of universal suffrage.
i 79. It is therefore clear that Mauritania fulfils aIl the conditions laid down in Article 4, paragraph 1 of the Ch.arter, as two-thirds of the Members of our Or- ganization agreed in General Assembly resolution ..1'602 (XV).
180. But, men being what they are, and countries-as weIl as this Council-being made up of men, there is no doubt that, try as youmaytoremain objective, your minds will from time to time be distracted by sub- jective considerations. That is why my delegation, without departing in any way from its guiding prin- ciples of equity, justice and legality, will try to make a brief analysis of these subjective considerations.
181. The territorial demand of Morocco would mean the annexation, not to say recolonization, of an African Territory only recently decolonized. Morocco has some support in the League of Arab States. This is commendable; but such support is based on solidarity, not on firm conviction. Of the twenty-six countries of Africa, Morocco can draw support for its clairn from five, of which two are in the Arab League and three are located in the southern area of Africa. Of these three last-named countries, one, byinvitingPresident Ould Daddah to pay it an official visit, has recognized him de facto. The other two, as members of the former Federation of French West Africa, were able to give their true opinion of the problem in 1957, when the Grand Council of French West Africadeclaredthatthe Moroccan claims were groundless. The rest is only
177. Il ne fait de doute pour personne que les limites territoriales de la Mauritanie sont internationalement reconnues. Il ne fait pas de doutenonplus que ce pays est doté d'un gouvernement qui étend son pouv~ir sur tout le territoire, et ct'une assemblée souveraine, dont la souveraineté n'a pas d'autres limites que les limites territoriales. En outre, ce pays a adhéré à la Charte et aux principes des droits de l'homme, comme le prouve le préambule de sa constitution. Le Gouver- nement de la Mauritanie est issu du suffrage universel et il est reconnu par '63 Etats, dont la plupart sont Membres de notre organisation. Il est membre de presque tous les organismes internationaux: Orga- nisation de l'aviation .civile internationale, Orga- nisation mondiale de la santé, Union postale universelle, Bureau international du Travail, Organi- sation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture et Commission de .coopération technique en Afrique au sud du Sahara; et il entretient des relations diplomatiques avec eux, ce qui prouve qu'il est capable de remplir les obli- gations de la Charte.
178. Ce n'est pas un pays en proie à des crises internes. Son système politique est d'une stabilité qu'envieraient beaucoup de pays Membres de l'Orga- nisation des Nations Unies. Sonpeuple a réalisé l'unité autour du président Mokhtar Ould Daddah, qui vient d'être investi en qualité de Président de la République par la quasi-unanimité de son peuple s'exprimant par un vote au suffrage universel.
179. Il apparaît ainsi clairement que la Mauritanie remplit toutes les conditions exigées par le para- graphe 1 de l'Article 4 de la Charte, ainsi d'ailleurs que l'ont confirmé les deux tiers des Membres de notre organisation dans la résolution 1602 (XV) de l'Assemblée générale. 180. Mais, les hommes étant ce qu'ils sont, et les pays étant - comme ce conseil, d'ailleurs - com- posés d'hommes, il ne fait aucun doute que, quel que soit l'effort que vous pouvez faire pour rester ob- jectifs, votre esprit sera de temps en temps distrait par des considérations subjectives. C'est pourquoi ma délégation, sans se départir en aucun cas des principes qui la guident - à savoir: équité, justice et légalité - va s'efforcer de faire une analyse suc- cincte de ces subjectivités.
181. La revendication territoriale marocaine abou- tirait à l'annexion, pour ne pas dire àla recolonisation, d'un territoire africain frat'chement décolonisé. Le Maroc a certains soutiens dans la Ligue des Etats arabes. Ceci est louable, mais ne repose que sur une solidarité sans qu'il y ait une ferme conviction. Dans ses revendications et sur le plan africain, sur les 26 pays qui composent l'Afrique, le Maroc ne peut prétendre à être soutenu, à la vérité, que par cinq pays, dont deux sont de la Ligue arabe et dont trois appartiennent au sud de l'Afrique. L'un de ces trois pays a invité le président Ould Daddah en voyage officiel, et ainsi le reconnaît de facto. Les deux autres pays, ayant été membres de la Fédé- ration de l'A-OF, ont eu l'occasion, en 1957, par la motion du Grand Conseil de l'A-OF déclarant que
183. Mauritania is said to be a result of the dis- memberment of Morocco. I may say, in passing, that I cannot see why France should be concerned ·about this. It is true that the Berlin Conference of 1885 dismembered aIl Africa, because of colonization. AlI the countries you have admitted here, it must be agreed, are the creation of colonial Powers, andtheir boundaries are those fixed by the Berlin Conference. The Republic of the Ivory Coast,the Republic of Upper Volta, the Republic of Mali, the Republic of Guinea, and the Reputilic of Ghana-aIl arise from the Berlin Conference, from dismemberment pure and simple. We are trying to fit, into the framework we have received, the content of astate, with aIl the economic attributes of a state and with a national outlook. If the African countries on achieving their independence, decided to revise the frontiers bequeathed to them by colonial rule, they would be involved indomesticwars which would become an issue between East and West and would soon disturb international peace and se- curity. Africa needs peace. It has no right to add to international tension.
184. We perfectly understand the moving speech just made by our Moroccan colleague. But here the whole problem of colonial rule arises. As I listened to him, I wondered whether the Ivory Coast should make a claim, or the Upper Volta; for you must know that the Upper Volta was once the Upper Ivory Coast, and that the present Ivory Coast was the Lower Ivory Coast; and I do not know which of these two countries should claim sovereignty over the whole territory of the Ivory Coast-Upper Volta. The same is true of the Ivory Coast and Ghana. We cannot, therefore, spend our time revising the geography of Africa. As the Senegalese Minister for Foreign Affairs has said, we, as new countries concerned with something more than territorial claims, must follow the wise precedents set by the countries of Latin America.
185. May I remind the Council that twenty-one out of the twenty-five independent countries of Africa, meet- ing at Monrovia under the chairmanship of the Presi- dent of the Republic of Liberia, Ml'. Tubman, supported Mauritania's request for admission? How could it be otherwise? How could the Security Council, the guar- dian of peace and security, countenance a territorial claim which history identifies as a source of danger to the peace, and of international conflict? How could the guardians of the Charter disregard the right to self-determination of a country like Mauritania, which has chosen to be a republican and democratic state, possesses a National Assembly, andhas a Constitution that recogni7~es the sovereignty of the people and establishes a Government of the people, by the people for the people?
183. On dit que la Mauritanie est le résultat d'un démembrement du Maroc. Je ne vois pas pourquoi, soit dit en passant, la France s'en vexe. Il est vrai que la Conférence de Berlin a démembré toute l'Afrique, du fait de la colonisation. Tous les pays que vous avez admis ici sont, il faut Favouer, forma- tions de colonisateurs, dans les limites fixées par la Conférence de Berlin en 1885. République de Côte- d'Ivoire, République de Haute-Volta, République du Mali, République de Guinée ou République du Ghana, tout ceci, œuvre de la Conférence de Berlin, n'est que démembrement. Nous nous efforçons de donner au cadre que nous avons reçu un contenu réel d'Etat, avec toutes les attributions que cela comporte, dans le domaine économique, avec le psychisme du natio- nalisme. Si les pays africains s'avisaient de refaire les frontières léguées par la colonisation lors de leur accession à l'indépendance, ils s'installeraient dans des guerres intestines qui polariseraient l'Est et l'Ouest et troubleraient rapidement la paix et la sécurité internationales. L'Afrique abesoinde lapaix. Elle n'a pas le droit d'ajouter à la tension inter- nationale.
184. Nous comprenons parfaitement le discours pa- thétique que vient de prononcer notre collègue du Maroc. Mais c'est tout le problème de la colonisation qui se trouve posé. A l'écouter, je me demande qui, de la Côte-d'Ivoire ou de la Haute-Volta, pourrait revendiquer; car vous savez qu'autrefois la Haute- Volta c'était la haute Côte-d'Ivoire, la Côte-d'Ivoire actuelle c'était la basse Côte-d'Ivoire; et je ne sais pas, des deux pays, lequel revendiquerait la souve- raineté sur l'ensemble du territoire Côte-d'Ivoire- Haute-Volta. De même pour la Côte-d'Ivoirü et le Ghana. Nous ne pouvons donc pas nous amuser à refaire la géographie de l'Afrique. Comme l'a dit le Ministre des affaires étrangères du Sénégal, nous devons, en tant que nouveaux pays préoccupés d'autre chose que de revendications territoriales, partir de cette jurisprudence sage qu'ont adoptée les pays d'Amérique latine.
185. PUis-je rappeler que 21 pays indépendants d'Afrique, sur les 25 que compte le continent, réunis à Monrovia, sous la présidence de M. Tubman, prési- dent de la République du Libéria, ont appuyé la Mauritanie en vous demandant de recommander son admission? Comment pourrait-il en être autrezr·:mt? Comment le Conseil de sécurité, gardien de la paix et de la sécurité, cautionnerait-il une revendication territoriale que l'histoire indique comme source de perturbation de la sécurité et de guerre internationale? Comment les gardiens de la Charte pourraient-ils accepter de méconnailre le droit à l'autodétermination d'un pays comme la Mauritanie, qui a choisi d'être un Etat républicain et démocratique, qui a une as- semblée nationale, une constitution qui reconnail au peuple la souveraineté et qui établit un gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.
187. My Government is one of those whichbelieve thëu the United Nations should be a genuinely repre- sentative Organization in which different political and social systems can coexista
188. It is glad that your recent vote has remedied this injustice of which Mongolia was a victim, and that henceforth this country will be able to take part in our Organization. But whatever the injusticedoneto Mongolia at that time, in that it was prevented from enjoying this right like all thefree states of the 'lIIorld, the veto against the admission of Mauritania remains a glaringly improper act, all the more distressing because this young state has no part whatever in the disastrous struggle for influence which divides East and West. To make the admission of one state depen- dent on the admission of other states is contrary to the Charter and to the advisory opinion of 28 May 1948 of the International Court of Justice. It cannot be said that the International CoUrt cf Justice was not explicit when it gave the opinion which l have just quoted. It is clear, therefore, that difficulty and il- legality can be avoided only if we adopt the one rea- sonable criterion open to us, as set forth in the five objective requirements defined by the Court: to be a state, to be peace-Ioving, to accept the obligations contained in the Charter, to be able to carry out those obligations, and to be willing to carry them out. 189. The General Assembly, one of the two most im- portant bodies of our Organization, has tried on several occasions to help the Security Council resolve these contradictions. It has addressed itself to the Council, either asking it to examine afresh the application of the state whose adm,ïssion the Council had not recom- mended, or makiilg a preliminary statement recogni- zing the qualifications of the candidate state and asking the Council to examine the state's application afresh in the light of that statement.
190. But it must be admitted that General Assem">ly resolution 1602 (XV) is unique both in form and in substance. It expresses the deep emotion felt by the majority of the General Assembly's Members when, on that night of 3-4 December l.fJ60, they learnt that the young state of M:'lritania ha ~~ become a victim of the cold war. It also shows the desperate efforts of the sma11 Powers to make the great Powers admit that the law of the stronger is not the law of justice and that might does not take precedence of right.
191. Thus this resolution reminds us of our Organi- zation's calI to universality and stresses the im- portance of admitting a11 candidate States which fulfil the conditions laid down in Article 4 ofthe Charter. It
187. Mon gouvernement est de ceux qui croient que les Nations Unies devrp·"'n.t former une organisation véritablement représentauve, au sein de laquelle les différents régimes politiques et sociaux puissent coexister.
188. Il est heureux que votre récent vote vienne de corriger cette injustice dont fut victime la Mongolie et que désormais ce pays puisse faire partie de notre organisation. Mais, quelle que soit l'injustice commise à l'époque à l'égard de la Mongolie, que l'on a em- péchée de jouir de ce droit au même titre que tous les Etats libres du monde, il n'en demeure pas moins que le veto opposé à l'admission de la Mauritanie constitue une illégalité flagrante, d'autant plus pé- nible que ce jeune Etat n'est pour rien dans cette désastreuse lutte d'influence qui oppose l'Est et l'Ouest. Faire dépendre l'admission d'un Etat de l'admission d'autres Etats est contraire à la Charte et à l'avis consultatif du 28 mai 1948 de la Cour internationale de Justice. On ne peut dire que, dans cet avis, la Cour internationale de Justice n'a pas été explicite. C'est ainsi que l'on n'évitera aucune diffi- culté, aucune illégalité, si l'on ne suit pas réellement la seule voie raisonnable qui s'offre à nous, les cinq questions objectives définies par la Cour: être un Etat, être pacifique, accepter les obligations de la Charte, être capable de remplir lesdites obligations et être disposé à le faire. 189. L'Assemblée générale, l'un des deux organes les plus importants de notre institution, a tenté à plusieurs reprises, par sa collaboratio.n, d'aider le Conseil de sécurité à résoudre ces contradictions. Elle s'est adressée au Conseil soit en lui demandant un nouvel examen, de la candidature de l'Etat dont le conseil n'a pas recommandé l'admission, soit en faisant une déclaration préliminaire reconnaissant les titres de l'Etat postulant et priant le Conseil d'examiner à nouveau la candidature de cet Etat à la lumière de cette déclaration.
190. Mais il faut avouer que la résolution 1602 (XV) de l'Assemblée générale est unique quant à sa forme et à son fond. Elle exprime l'intense émotion qui envahit la majorité des Membres de l'Assemblée générale lorsque, dans cette nuit du 3 au 4 décembre 1960, ils ont appris que le jeune Etat de Mauritanie venait d'être victime de la guerre froide. Elle dénote également les efforts désespérés, que déploient les petits pour faire admettre aux grands que la loi du plus fort n'est pas la loi de la justice et que la force ne prime pas le droit.
191. Ainsi, cette résolution rappelle la vocation de notre organisation à l'universalité et insiste sur l'importance qu'il y a à admettre tous les Etats can- didats qui remplissent les conditions prévues par l'Ar-
192. My delegation does Mt think tnat, in doing this, the General Assembly has overstepped its powers; quite the contrary. We believe that it acted as it did because of its desire to help, and that for this reason you should accept the recommendation of twothirds of your colleagues. In this connexion mydelegationnotes with satisfaction that this concern has since 1947 been shared by a considerable number of states; and 1 will quote the statement made by the United states on 21 August 1947, when it submitted to the Security Council a draft resolution under which the Council requested the General Assembly to examine the qualifications of candidates whose applications had been rejected, on the understanding that the Council would immediately recommend to the General Assembly the admission of aH of those said states whichthe Assembly considered to have met the necessary requirements. The United states representative said:
"My Government has opposed certain applications, and in the General Assembly will continue to oppose them unless the reasons for our opposition change. However, in an instance of this type we should not desire our opposition to be the determining factor in keeping out of the Organization astate which, in the opinion of a two-thirds majority ofthe Members of the United Nations, would meet the qualifications. 1 submit that any other permanent member should consider taking the same attitude." W
In fact, this is V/hat the United states representative has just done in showing that nis Government's policy remains unchanged, by announcing that it will not oppose the admission of Outer Mongolia and referring to General Assembly resolution 1602 (XV).
193. More than two thirds of your colleagues, Mr. President, believe in aIl sincerity that Mauritania fulfils the requiremerrt$ laid down in Article 4 of the Charter for membership of the United ~~ations. They have informed you of this in the letterto you from the President of the General Assembly.W containingreso- lution 1602 (XV).
194. For some years our Organizationhasbeengoing through a crisis of prestige because its resolutions are flouted. ls the Security Council going to join the ranks of the detractors of the United Nations? That is not possible: it would be an irremediable and mortal attack directed against our noble Organization by the very body whose responsibility it is to safeguard it- namely, the Security Council.
192. Ma délégation ne pense pas que, ce faisant, l'Assemblée générale ait outrepassé sa compétence, bien au contraire. Notre oonviction est qu'elle l'a fait par souci de collaboration et c'est pourquoi vous devez accueillir la recommandation des deux tiers de vos collègues. D'ailleurs, ma délégation note avec satisfaction que ce souci, depuis 1947, a été partagé par bon nombre d'Etats; et je cite la déclaration des Etats-Unis qui, le 21 aot1t 1947 au Conseil de sécu- rité, avaient présenté un projet de résolution aux termes duquel le Conseil demandait à l'Assemblée générale d'examiner les titres des candidats dont la demande avait été rejetée, étant entendu que le Conseil recommanderait immédiatement à l'Assem- blée générale l'admission de tous ceux de ces Etats dont l'Assemblée générale aurait estimé qu'ils rem- plissaient les conditionr: requises. A cet effet, le représentant des Etats-Unis a dit:
"[Mon gouvernement] s'est opposé à l'admission de certains Etats et il continuera, au sein de l'As- semblée générale, à s'y opposer tant que resteront valables les raisons qui l'ont poussé à adopter cette attitude. Nous ne voudrions pas toutefois que, dans un cas pareil, notre opposition pt1t être un facteur déterminant de l'exclusion d'un Etat si les deux tiers des Membres de l'Organisation des Nations Unies le considéraient comme qualifié pour faire partie de l'Organisation. J'émets l'avis que tous les auti'es membres permanents du Conseil de- vraient envisager d'adopter la même ligne de conduitel.:v."
. C'est d'ailleurs ce que le représentant des Etats-Unis vient de faire en prouvant que la politique de son gouvernement restait constante::. en aI).nonçant qu'il ne fera pas obstacle à l'admL ",ID;')' de la Mongolie extérieure et enfaisantallusionàl:l décision 1602 (XV) de l 'Assembl~ générale.
193. Plus des deux tiers de vos collègues, Monsieur le Président, estiment, en leur §.me et conscience, que la Mauritanie remplit les conditions stipulées par l'Article 4 de la Charte pour être Membre de l'Orga- nisation des Nations Unies. Ils vous l'ont fait savoir par la lettre du Président de l'Assemblée générale!.1!, vous transmettant la résolution 1602 (XV).
194. Depuis quelques années, notre organisation traverse une crise de prestige du fait que ses réso- lutions sont bafouées. Le Conseil de sécurité va-t-il se placer au nombre des détracteurs de ltJi'ganisation des Nations Unies? Cela n'est pas possible. Ce serait une attaque irrémédiable, mortelle, portée à notre noble organisation par l'organe même qui est chargé de la sauVer: le Conseil de sécurité.
g; Procès-verbaux du Conseil de sécurité. deuxième année. No 81. 190ème séance. p. 2134. Jjf Documents officiels du Conseil de sécurité. seizième année.
May 1 respectfully remind aIl the representatives around this table that it is now seven o'clock and, at the same time, that since the General Assembly is in session during' these months, it is not always easy or convenient to have as many sessions of the Security Council as we would like with- out inconveniencing the work ofthe General Assembly. Therefore, whenever the representatives would find it possible, it would be a great help if we could have brevity in the remaining statements in this debate. This, of course, is a suggestion of the President in view of the particulaI' difficulties of co-ordinating our work with the General Assembly. 197. Ml'. YOST (United states of America): 1 shallbe happy to follow your recommendation, Ml'. President, and he e:-..i:remely briei. The United States has main- tained cordial relations with the Islamic Republic of Mauritania since November 1960 when Mauritania's independence was proclaimed. Last December the Security Council met for the purpose of recommending Mauritania for admission to the United Nations as it had done with so many other new Mrican States which we welcomed into our midst last year. Unhappily, this proved impossible in the case of Mauritania. The United states shared the disappointment of the Govern- ment of Mauritania and of other African states. We rejoice therefore at the prospect of achieving today the end we sought a year ago.
198. The United States believes that Mauritania's application is justified in accordance with tha criteria laid down in the Charter and that Mauritania is en- titled to membership. Today we have a new opportunity to send the General Assembly a favourable recom- mendation. We believe that this should be done forth- with. The United states is confident that the people of Mauritania, as they take their place among us, will remain dedicated to the principles expressed in the Charter and that their leaders will devote their en- ergies untiringly to the cause of peace. The United states extends new greetings to Mauritania and wel- cornes the opportunity to vote in favour of the draft resolution [S/4967] before us sponsored by France and Liberia.
199. Ml'. LOUTF1 (United Arab Republic) (translated from French): 1 shall bear your suggestion in mind, Ml'. President. 200. In its various statements, both inthe First Com- mittee on 25 November 1960 and in the General As- sembly on 19 April 1961, the delegation of the United Arab Republic clearly set out its views with regard to the problem of Mauritania. It is not my intention today to review in detai! .all the arguments that were ad- duced; but 1 should like briefly to recall some of the reasons which prompted our attitude.
201. At the very beginning of the negotiations with France about independence, the Moroccan Government
196. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Je me permets de faire observer qu'il est maintenant 19 heures, et que, pendant la session de l'Assemblée générale, il n'est pas toujours facile de tenir autant de séances du Conseil de sécurité que nous le souhai- terions sans nuire au travail de l'Assemblée. Il serait donc extrêmement utile que, dans toute la mesure pos- sible, les déclarations qui nous restent à entendre soient empreintes de brièveté. Naturellement, je ne fais là qu'une suggestion, motivée par la difficulté qu'il y a à coordonner notre travail avec celui de l'Assemblée générale.
197. M. YOST (Etats-Unis d'Amérique) [traduit de l'anglais]: Je me ferai un devoir de me conformer à votre souhait, Monsieur le Président, et je serai extrêmement bref. Les Etats-Unis entretiennent des relations cordiales avec la République islamique de Mauritanie depuis novembre 1960, date à laquelle l'indépendance de la Mauritanie a été proclamée. En décembre dernier, la Conseil de sécurité s'est réuni en vue de recommander l'admission de la Mauritanie à l'Organisation des Nations Unies comme il l'avait fait pour tant d'autres nouveaux Etats africains que nous avons accueillis l'année dernière. Malheureuse- ment, la chose s'est révélée impossible dans le cas de la Mauritanie. Les Etats-Unis ont partagé la déception du Gouvernement mauritanien et d'un cer- tain nombre d'autres Etats africains. Nous nous réjouissons donc à la pensée qu'aujourd'hui nous allons réaliser ce que nous avions voulu faire il y a un an.
198. Les Etats-Unis considèrent que la demande de la Mauritanie est justifiée, qu'elle est conforme aux critères inscrits dans la Charte et que la Mauritanie est digne de devenir Membre de l'Organisation. Nous avons aujourd'hui une nouvelle occasion d'envoyer à l'Assemblée générale une recommandation favo- rable. Nous estimons qu'il faut le faire sans tarder. Les Etats-Unis sont certains que le peuple mauri- tanien, que nous allons accueillir parmi nous, restera fidèle aux principes posés dans la Charte et que ses dirigeants serviront sans relâche la cause de la paix. Les Etats-Unis adressent leur salut à la Mauritanie et seront heureux de voter pour le projet de réso- lution présenté au Conseil par la France et le Libéria [3/4967].
199. M. LOUTFI (République arabe unie): Jetiendrai compte de votre suggestion, Monsieur le Président.
200. La délégation de la République arabe unie, dans ses différentes interventions, soit devant la Première Commission, le 25 novembre 1960, soit devant l'As- semblée générale, le 19 avril 1961, a exprimé claire- ment son point de vue en ce qui concerne le problème de la Mauritanie. Je n'entends pas reprendre au- jourd'hui en détail tous les arguments avancés, mais qu'il me soit permis de rappeler brièvement cer- taines raisons qui ont déterminé notre prise de position. 201. Dès l'ouverture des négociations avec la France, à propos de l'indépendance, le Gouvernement maro-
1 France le droit d'engager l'avenir de ce territoire.
202. It was in this way that a "question of Mauri- tania" came into being: Morocco could neither agree to the dismemberment of its territory nor permitthat its opinion should not be asked with regard to the future of Mauritania.
203. Later, the problem grew more complicated as a result of the referendum held on28 September 1958, by which France consulted the Mauritanians about their future but did not ask them whether or not they desired to join Morocco.
204. The arguments advanced by the representative of Morocco in the brilliant statement which he made today have fully convinced us, and we cannot do other than support his point of view. Moreover, the Arab states which met at Chtaura in 1960 decidedto support the Moroccan position. The same attitude was taken by the African countries which met at Casablancathis year.
205. For all these reasons we cannot support the re- quest for admission which is before the Counci!. We hope, nevertheless, that the problem will be settled to the satisfaction of all concerned.
206. Ml'. TSIANG (China): My Government has recog- nized the Islamic Republic of Mauritania. We have succeeded in establishing cordial diplomatie relations with this new African state. In the opinion of my Government and my delegation, Mauritania is fully qualified for membership in the United Nations. It will therefore be a pleasure for me tovote in favour of the draft resolution [S/4967] of France and Liberia. Iwish only to add that in casting this vote my Government and delegation intend to convey to the people of Mauri- tania our best wishes for prosperity and progresse
207. l wish also to take advantage of this present occasion to congratulate France once more for the honourable part that France has played in the long process of the peaceful progressive development from colonial dependence to national independence of Mauri- tania.
At the end of last year this Council considered the application of Mauritania, then newly born as an independent state, for membership in the United Nations. l was able on to express my country's pleasure at seen Mauritaniabecome, fil'st, a self-governing the French Community, and then the in-
202. C'est ainsi qu'est né un problème de Mauri- tanie, car le Maroc ne pouvait accepter un décou- page de son territoire, ni accepter de ne pas être consulté sur l'avenir de la Mauritanie.
203. Ce problème s'est compliqué plus tard par l'organisation d'un réf,§rendum, le 28 septembre 1958, par lequel la France consultait les Mauritaniens quant à leur avenir, mais ne leur posait pas la question de savoir s'ils entendaient ou non s'intégrer au Maroc.
204. Les arguments qui ont été invoqués par le repré- sentant du Maroc dans sa brillante intervention d'au- jourd'hui nous ont amplement convaincus, et nous ne pouvons qu'appuyer son point de vue. D'ailleurs, les Etats arabes qui se sont réunis à Chtaura en 1960 avaient décidé de soutenir le point de vue marocain. Cette même position a été adoptée par les pays afri- cains réunis à Casablanca cette année.
205. Pour tous ces motifs, nous ne pouvons pas ap- puyer la demande d'admission soumise à notre con- seil. Nous espérons toutefois que ce problème sera résolu à la satisfaction de tous les intéressés.
206. M. TSIANG (Chine) [traduit de l'anglais]: Mon gouvernement a reconnu la République islamique de Mauritanie. Nous avons eu la bonne fortune d'établir des relations diplomatiques cordiales avec ce nouvel Etat africain. De l'avis de mon gouvernement et de ma délégation, la Mauritanie remplit toutes les con- ditions requises pour être Membre de l'Organisation des Nations Unies. Ce sera donc pour moi un plaisir de voter pour le projet de résolution de la Franl-cl et du Libéria [S/4967]. J'ajouterai seulement que mOl' gouvernement et ma délégation adressent au pet.lple de Mauritanie leurs meilleurs souhaits de prospérité et de progrès. 207. Je dêsire également profiter de cette occasion pour féliciter une fois de plus la France qui peut s'enorgueillir du rôle qu'elle a joué dans la longue et pacifique évolution de la Mauritanie, de ., dépen- dance coloniale à l'indépendance nationale.
208. Sir Patrick DEAN (Royaume-Uni) [traduit de l'anglais]: A la fin de l'année derniêre, le Conseil de sécurité a examiné la demande d'admission II l'Organisation des Nations Unies de la Mauritanie, Etat nouvellement indépendant. J'ai pu II cette occa- sion exprimer le plaisir que le Royaume-Uni éprou- vait II voir la Mauritanie devenir d'abord un Etat
209. When the Council last considered Mauritania's application, the First Committee of the Assembly had already endorsed its right to independence and my delegation warmly supported its claim to membership alongside the other new Members whom we were proud to admit at the füteenth session of the Genêral Assembly. My delegation was therefore Litterly dis- appointed that the 911th meeting of this Co.uncilhad to submit to the Assembly a special report !§I to the ef- fect that because of the negative vote ofone of the five permanent members, the candidature of Mauritania must fail. The reasons for this misfortune were in no way connected with any sin, whether of omission or commission, on the part of Mauritania itself.
210. Time is marching on and through no fault of its own Mauritania approaches the anniversary of its full independence and is still debarred from membership. I hope and believe that the objections raised last year no longerexist and I trust that no further delay will be imposed.
211. In these circumstances the Council will, I feel sure, heed the requestof the Gene~al Assembly, in its resolution 1602 (XV) of 19 April 1961, asking us to note the Assembly's view that Mauritania is quali- fied and should be admitted to membership of the United Nations. The application of Mauritania has my delegation's warm and whole-hearted support.
It is a rule with my delegation to en- deavour to co-operate, both in the Council and in the General Assembly, to be silent at the proper time and not to speak more than is necessary. 1 am sorry that 1 cannot he silent now, because 1 am obliged to com- ment on some ideas that have been putforwar9 in this debate. 213. 1 listened with great interest and respect to the brilliant statement made by the representative of Morocco and 1 should like to assure him of the warm sympathy of my delegation and my country for his country, not only hecause of the historicbonds arising from our common Hispano-Arabic heritage but also because of our great admirationfor the valiant struggle it waged to obtain emancipation. .
214. In his statement the representative of Morocco referred to two principles. These are of the greatest importance to my delegation, which will vote infavour of the admission of Mauritania. 215. The first principle, to which he referred in con- nexion with a speech by the Prime Minister of Senegal,
209. Lorsque le Conseil a examiné pour la dernière fois la candidature de la Mauritanie, la Première Commission de l'Assemblée avait déjA sanctionné son droit A l'indépendance et ma délégation avait appuyé avec chaleur sa demande d'admission, enmême temps que celle des autres nouveaux Membres que nous avons eu le plaisir d'admettre, A la quinzième session de l'Assemblée générale. Ma délégation fut donc fort déçue lorsque le Conseil de sécurité, A sa 911ème séance, dut présenter A l'Assemblée un rapport spécial!§ll'informant que la candidature de la Mauri- tanie. ne pouvait être retenue en raison duvote négatü de l'un des cinq membres permanents. Cette décision regrettable n'était justifiée par aucune faute ou omis- sion imputable Ala Mauritanie elle-même. 210. Le temps passe. La Mauritanie voit approcher l'anniversaire de la proclamation de son indépen- dance. Cependant, sans que l'on ait rien Alui repro- cher, elle est toujours tenue A l'écart des Nations Unies. J'espère et je crois que les objections formu- lées l'année dernière ont disparu et j'escompte qu'au- cun nouveau retard ne sera imposé.
211. Cela étant, le Conseil de sécurité, j'en suis certain, donnera suite A la requête de l'Assemblée générale qui, dans sa résolution 1602 (XV) du 19 avril dernier, l'a prié de noter qu'A son avis la Mauritanie remplit toutes les conditions requises pour être ad- mise h l'Organisation des Nations Unies. Ma délé- gation appuie sans réserve la demande d'admission de la Mauritanie.
212. M. BENITES VINUEZA (Equateur) [traduit de l'espagnol]: Ma délégation a pour principe d'essayer de coopérer, tant au Conseil qu'A l'Assemblée géné- rale, en se taisant lorsqu'il convient et en ne parlant pas plus longtemps qu'il n'est nécessaire. J'aimerais pouvoir garder le silence, mais je me vois dans l'obli- gation de commenter certaines observations qui ont été faites au cours de la discussion.
213. J'ai suivi avec beaucoup d'intérêt et de respect l'exposé brillant qu'a fait le représentant du Maroc et je tiens A lui dire la vive sympathie qu'éprouvent ma délégation et mon pays pour le Maroc, non seule- ment en raison des liens historiques qui résultent de notre communauté hispano-arabe, mais aussî en raison de la grande admiration que nous avons pour la 'lutte émouvante que le Maroc a menée pour obtenir son émancipation.
214. Le représentant du Maroc a évoqué dans son discours deux principes qui sont de la plus haute im- portance pour ma délégation, qui va voter en faveur de l'admission de la Mauritanie.
215. Le premier de ces principes, évoqué Apropos d'une déclaration du Ministre des affaires étrangères
!Y Documents officiels de l'Assemblée générale, quinzième session, Annexes, point 20 de l'ordre du jour, document 5/4656.
216. My Government is particularly anxious to de- clare, through my delegation, its unbounded respect for the principle of uti possidetis juris, which is the foundation of our existence as aState. It is also very anxious to state that it cannot in any way accept the principle ofthe self-determination of minorities, which was the disastrous Nazi doctrine of the "Anschluss."
217. In defence of these two principles, l should like to refer, as briefly as possible, to the present case. The representative of Morocco has said-if l under- stood him rightly-that it matters little to himwhether Morocco was part of Mauritania or Mauritania part of Morocco. My delegation attaches particular import- ance to this historical question, for it will determine what constituted the territory of the Moroccan State at the time of its emancipation. Secondly, l should like to call attention to the Senegalese representative's re- mark that, when Morocco became an independentState, it made no specifie demands with regard to the exis- tence of another colony already established with its own territory-that colony beingMauritania, whichhas now acquired independence as aState.
218. With regard to the application of the principle of self-determination to national minorities, l should like to say that my delegation dGes not consider that the present case is one of the dismemberment and an- nexation of part of the territory of another State be- cause of the existence of national minorities. It is a question of the creation of a new State, a new and sub- stantive entity, whose application for admission to the United Nations is fully justified.
219. Lastly, l should like to state that my delegation views the apprehensions of the representative of Morocco and of a large number of Arab States with deep concern and sympathy: but it considers that, in voting for the admission of the Islamic Republic of Mauritania to the United Nations, it is recognizing the principle of self-determination of a nation which be- cornes a State and is then admitted to membership, and that this will make it easier in the future, should it prove necessary, for both States to cometa an under- standing so that, if they both so desire they may eventually achieve Integration.
l now wish to speak in my capacity as representative of TURKEY, and following the suggestion which l made as President ofthe Coun- cil, l shaIl indeed be brief. My delegation will vote in favour of the application of Mauritania.
l too, shall be very brief. As we know, the question of Mauritania's admission was considered in thef'ecurity CouncilDecember 1960 and in the General Assembly at its resumed fifteenth session.
222. The Mauritanian people have played apartinthe common struggle of the colonial peoples for their liberation and, with the support of other nations, have
216. Mon gouvernement tient ~ déclarer, par la voix de ma délégation, son attachement sans réserve au principe de l'uti possidetis juris, qui est la base de notre existence en tant qu'Etat. Il tient également ~ déclarer qu'il ne reconnaît aucuO'~ validitê au prin- cipe de l'autodétermination des minorités, qui a étê la funeste doctrine invoquée par les nazis lors de l' "Anschluss".
217. A propos de ces deux principes, je me réfé- rerai aussi brièvement que possible au cas qui nous occupe. Le représentant du Maroc a dit, si j'ai bien compris, que peu lui importait de savoir si le Maroc avait fait partie de la Mauritanie ou la Mauritanie du Maroc. Ma délégation attache, pour sa part, une im- portance particulière ~ un tel genre de fait histo- rique, parce qU'il aurait déterminé la configuration du territoire de l'Etat marocain au moment de l'éman- cipation. En deuxième lieu, je voudrais rappeler l'ob- servation faite par le représentant du Sénégal: il a dit qu'il n'y avait pas eu, au moment de la création de l'Etat indépendant du Maroc, de réclamation pré- cise concernant une autre colonie qui avait son propre territoire, ~ savoir la Mauritanie, qui amain- tenant obtenu son indépendance en tant qu'Etat.
218. En ce qui concerne l'application du principe de l'autodétermination aux minorités nationales, je voudrais faire remarquer que ma délégation estime que, dans le cas qui nous occupe, il ne s'agit pas de démembrer un territoire pour en rattacher une partie
~ un autre Etat ~ cause de l'existence de minorités nationales. Il s'agit de créer un nouvel Etat. Il s'agit de créer un nouvel Etat, une nouvelle entitê politique, qui demande son admission, pleinement justifiée d'ail- leurs, ~ l'Organisation des Nations Unies.
219. Pour terminer, je voudrais dire que ma délé- gation a beaucoup de sollicitude et de sympathie pour les préoccupations exprimées par le représentant du Maroc et une grande partie des Etats arabes. Elle estime cependant que c'est préciséme'ntenvotantpour l'admission de la République islamique de Mauritanie
~ l'ONU que nous reconnaîtrons l'autodétermination d'une nation qui se constitue en Etat et devient Membre de l'Organisation. Cela facilitera la conclu- sion, si l'avenir l'exige et que les deux pays le dé- sirent, d'un accord leur permettant de réaliser leur intégration.
220. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Je vou- drais maintenant parler en ma qualité de représen- tant de la TURQUIE. Selon la suggestion que j'ai faite moi-même en tant que Président, je vais être bref. Ma délégation votera pour l'admission de la Mauri- tanie.
221. M. ZORINE (Union des Républiques socialistes soviétiques) [traduit du russe]: Je serai moi aussi très bref. On sait que la question de l'admission de la Mauritanie a été examinée par le Conseilen décembre 1960 et par l'Assemblée générale ~ la reprise de sa quinzième session.
222. Le peuple mauritanien a apportê sa contribution
~ la lutte des peuples colonisés pour leur libération et,. avec l'appui d'autres peuples, il a obtenu une
224. Our position was clearly stated in the First Committee of the General Assembly and inthe Security Council in the meeting of 3-4December last. Further- more. we think that considerations put forward at this meeting of the Security Council by the representative of Morocco cannot be brushed aside.
225. While we strongly support the colonial peoples' just struggle for independence. we realize that the colonialists try to circumscribe the granting of in- dependence by reservations of aH kinds and that they resort to various manoeuvres. includingthe territorial partition of their former colonies. with a view to re- taining their political ard economic influence in the new States.
226. Nevertheless. we consider that even when the independence granted to colonies is far from complete it sets free national forces and brings the former colonies closer to genuine i~dependence. These re- marks also apply to Mauritania.
227. Taking all the foregoing into account. we are unable to vote in favour of Mauritania's admission to membership in the United Nations and shall abstainin the vote on the draft resolution before us.
I have no other speakers on my list. May I assume that the Council is now ready to vote on the draft resolution regarding the admis- sion of the Islamic Republic of Mauretania. I shall therefore put to the vote the draft resolution si4967 which has been submitted by the delegations ofFrance and Liberia. A vote was taken by show of hands. In favour: Ceylon. Chile, China, Ecuador. France. Liberia. Turkey. United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland. United States of America. Against: United Arab Republic. Abstaining: Union of Soviet Socialist Republics. 231. Before making that statement. however. I should like to refer very briefly to the two points raised by the representative of Ecuador. since they involve a question of international law. I shall not reply to the 224. Notre position a été clairement exposée ~ la Première Commission de l'Assemblée générale et ~ la séance du Conseil de sécurité des 3 et 4 décembre dernier. Il ne faut pas non plus passer outre aux considérations que le représentant du Maroc a fait valoir ~ la présente séance. 225. Appuyant résolument la juste lutte des peuples colonisés pour l'indépendance. nous nous rendons compte que les colonialistes essaient de soumettre l'octroi de l'indépendance ~ toutes sortes de réserves et se livrent ~ diverses manœuvres, y compris le démembrement de telle ou telle de leurs anciennes colonies. en vue de conserver leurs positions poli- tiques et économiques dans les nouveaux Etats. 226. Nous estimons cependant que. même lorsque l'indépendance accordée aux colonies est loin d'être complète. elle libère néanmoins les forces nationales et rapproche les anciennes colonies d'une indépendance authentique. Tout cela vaut aussi pour la Mauritanie. 227. Dans ces conditions. nous ne pouvons voter pour l'admission de la Mauritanie ~ l'ONU et nous nous abstiendrons lors du vote sur le projet de résolution dont nous sommes saisis. 228. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Aucun autre orateur n'est inscrit. J'en conclus que le Conseil est maintenant prêt ~ voter sur le projet de résolution relatif ~ l'admission de la République islamique de Mauritanie et je mets donc aux voix le projet de résolution si4967 présenté par les délégations française 'et libérienne. [Le Président donne lecture du document S/4967.J il es t procédé au vote à main levée. Votent pour: Ceylan. Chili. Chine. Equateur. France, Libéria. Turquie. Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord. Etats-Unis d'Amérique. Vote contre: République arabe unie. S'abstient: Union des Républiques socialistes sovié- tiques. Par 9 voix contre une, avec une abstention. le - projet de résolution est adopté. 229. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Je donne maintenant la parole au représentant du Maroc. 230. M. BENJELLOUN (Maroc): Je vous remercie, Monsieur le Président. d'avoir bien voulu me donner la parole pour une courte déclaration que je ferai au nom de ma délégation. 231. Mais avant de faire cette déclaration. et me refusant ~ répondre aux représentants du Sénégal et de la CÔte-d'Ivoire sur leurs observations. aux- quelles je crois avoir répondu par avance. ainsi 233. When the representative ofEcuador speaks ofthe establishment of a new State, we must be clear about what is meant. What was this new State in the past? Was it an independent State which hadbeenannexed by a colonialist country, or was it part of another State bearing the name of Morocco? That is the whole ques- tion, and l think l have already given a positive answer: that part of the country which France wishes to set up as an independent State has always been an integral part of the Sherifian Empire of Morocco. 234. Consequently, the questionofself-determination cannot in any way arise in connexion with the matter before the Council. The expression "self-determina- tion" is used when it is a question of aState which already existed, which was already in being before an attempt was made to turn it into a sovereign State. l think l have demonstrated to the Council that Mauri- tania was never a State in the eyes of international law. You are aware of the conditions with which a State, in the sense used in international law, must comply in order to be admitted to the United Nations. My deduction is that this State, which does not fulfil the conditions required by international law, cannot in any circumstances be made into aState independent of Morocco. 235. l should now like to make another statement on behalf of my delegation. It was with feelings of con- sternation and deep distress that we heard the grave decision just taken by the Council. We were greatly surprised and profoundly shocked that the Security Council, despite the clear and incontrovertible evi- dence laid before it on many occasions-the most recent was only a few moments ago-by the Moroccan delegation, should have disregarded our claim and ignored our legitimate and internationally recognized rights. 236. It is a most regrettable circumstance that that decision, so unjust towards Morocco, was in no way reached on the bLais of the facts of the case or of an adequate consideration of the Mauritanianquestion. So far as l can see, this recommendation was made in deference to interests which have nothing to do with the question of Mauritania. 237. The way in which certain views and attitudes have changed reveals the approach adopted towards the consideration of this question, despite its vital importance to us lind to the future of the United Nations. 238. The higher interests of my country have been sacrificed to other interests which, however important may be, should never have been linked to a prob- 233. Lorsque le représentant de l'Equateur parle de la création d'un Etat nouveau, il faut s'entendre. Cet Etat nouveau, qu'était-il dans le pass€l? Etait-il un Etat indépendant et annexé par un pays colonialiste, ou faisait-il partie d'un autre Etat qui s'appelle le Maroc? Voil~ toute la question, et je crois y avoir répondu par l'affirmative, ~ savoir que cette partie que la France veut ériger en Etat ind€lpendant a tou- jours été partie intégrante de l'empire cMrifien du Maroc. 234. Par conséquent, la question de l'autodétermina- tion ne peut, en aucun cas, intervenir dans l'espèce qui est soumise ~ l'appréciation du Conseil. On parle d'autod€ltermination quand il s'agit d'un Etat quiexis- tait auparavant, qui existait avant qu'on essaie d'en faire un Etat souverain. Or, je crois avoir prouvé au Conseil que la Mauritanie n'a jamais été un Etat au sens du droit international. Vous connaissez les con- ditions que doit remplir un Etat, au sens du droit international, pour qu'il puisse être admis au sein de l'Organisation des Nations Unies. Je conclus que cet Etat, ne remplissant pas les conditions voulues au point de vue du droit international, ne peut en aucun cas être érigé en Etat indépendant du Maroc. 235. Et maintenant, je voudrais faire une autre décla- ration au nom de ma délégation. C'est avec conster- nation et une peine profonde que nous avons entendu ~ l'instant la décision grave prise par le Conseil. Nous avons en effet été vivement surpris etprofondé- ment choqués de voir le Conseil de sécurité, malgré des preuves évidentes et incontestables qui lui ontétê fournies ~ maintes reprises, et tout ~ l'heure encore, par la délégation marocaine, passer outre ~ nos reven- dications et ignorer nos droits légitimes et inter- nationalement reconnus. 236. Il est très regrettable de voir que ce ne sont nullement les éléments du problème ni un examen suffisant de la question mauritanienne qui ont déter- miné cette décision injuste ~ l'égard du Maroc. Ce sont en effet des intérêts tout ~ fait étrangers au problème de la Mauritanie qui ont, ~ mon sens, déter- miné cette recommandation. 237. Les changements intervenus dans certains es- prits et dans certaines attitudes sont révélateurs de l'orientation qui a été suivie dans l'examen de cette question cependant vitale pour nous comme pour l'ave- nir de l'Organisation des Nations Unies. 238. Les intérêts supérieurs de mon pays ont été sacrifiés ~ la satisfaction d'intérêts qui, quelle que soit leur importance, n'auraient jamais da être liés 239. l should like to make the following comments. The haste with which the decision to recommend the admission of this puppet State has beentaken-without ' any attempt to hold a proper inquiry onthe spot, which would have revealed the true facts of the problem and made it possible to recognize the authentically Moroc- can character of this territory in the South of my country and the genuine, unanimous desire of its in- habitants to remain with the Mother Country-consti- tutes a grave injustice to Morocco and a flagrant vio- lation of the principles of the United Nations Charter. It sets a dangerous precedent which may openthe way to colonialism and enable it to go on dismembering, dividing up and weakening every country which has just attained independence. 240. It is' the duty of the 8ecurity Council to maintain peace and security in the various parts of the world; in fact, the name givento this body defines its purpose. 241. There is a danger that the recommendation, just made by the Council, that the so-called Republic of Mauritania be admitted may create another centre of international tension in a part of the world which is already restive. 242. At the very time when the First Committee of the General Assembly is giving priority to an attempt to frame a recommendation for the immediate cessation of nuclear tests, this Council has adopted a recom- mendation which constitutes tacit recognition of the military and nuclear ba'ses forcibly installed, by the French Army, in this part of our national territory. That is the unfortunate result of the bargainingand the more or less clandestine agreements that have been reached, about which the representative of Nàtionalist China has fully enlightened us. 243. Furthermore, this recommendation provides colonialism with the means for reconquering terri- tories that have been set freeandforundertaking what is nothing less than a recolonization of the whole of Africa. This is a state of affairs which threatens security, stability and peace, not only in Morocco and Africa but in the world as a whole. 244. In the name of His Majesty King Hassan II and of the Moroccan Government and people, l have the honour to make a strong and formaI protest against the recommendation just adoptedby the Security Coun- cil, and to draw the attention of the Council and of the United Nations to the grave consequences of this decision. When this question comes once more before the General Assembly, we shallaskthatbodyto reflect deeply and to realize clearly where its duty lies. 239. Je me permets de faire la remarque suivante: la précipitation avec laquelle a été décidée la recom- mandation de l'admission de cet Etat fantoche, sans qu'aucune étude sérieuse soit faite sur place pour connaître les données réelles du problème et se rendre compte du caractère authentiquement maro- cain de ce territoire du sud de mon pays et de la vo- lonté réelle et unanime de la population de rester rattachée ~ la mère patrie, est une grave injustice commise ~ l'égard du Maroc et une violationflagrante du principe de la Charte des Nations Unies. C'est là un précédent dangereux qui risque d'ouvrir la voie au colonialisme et de lui permettre de continuer ~ pro- céder au démembrement, au morcellement et ~ l'af- faiblissement de tous les pays qui viennent d'accéder ~ l'indépendance. 240. Le Conseil de sécurité a pour obligation de veiller ~ la sauvegarde de la sécurité et de la paix dans les différentes régions du monde. D'ailleurs, la dénomination donnée à cet organisme porte en elle-même la définition de sa mission. 241. La recommandation que vient de faire le Con- seil pour l'admission de la soi-disant République de Mauritanie risque de créer un autre foyer de tension internationale dans une partie déj~ sensibilisée du monde. 242. Au moment même oùla Première Commission de l'Assemblée générale s'efforce d'aboutir par priorité ~ une recommandation sur l'arrêt immédiat des essais nucléaires, ce conseil adopte une recommandation qui constitue en fait une reconnaissance tacite des bases militaires et nucléaires installées de force, par l'armée française, sur cette partie de notre sol national. C'est à cela, malheureusement, qu'ont abouti les tractations et les engagements plus ou moins oc- cultes qui ont été conclus. Le représentant de la Chine nationaliste nous a d'ailleurs nettementéclairés ~ ce sujet. 243. De plus, cette recommandation donne des moyens au colonialisme pour reconquérir des territoires li- bérés et procéder pour ainsi dire ~ une véritable recolonisation de toute l'Afrique. Cette situation com- promet la sécurité, la stabilité et la paix non seule- ment au Maroc et en Afrique, mais dans l'ensemble 'du monde. 244. J'ai l'honneur, au nom de S. M.le roi Hassan II, au nom du gouvernement et du peuple marocains, d'élever ici une protestation ênergique et solennelle contre la recommandation que le Conseil de sécurité vient d'adopter, et d'attirer l'attention du Conseil et des Nations Unies sur les graves conséquences de cette décision. Nous demanderons ~ l'Assemblée géné- rale de bien réfléchir et de bien prendre conscience de ses responsabilités dans l'examen ultime de cette question.
[The President read document S/4967J.
The draft resolution was adopted by 9 votes to l, with 1 abstention. 229. The PRESIDENT: I now calI on the representa- tive of Morocco. 230. Mr. BENJELLOUN (Morocco) (translated from French): Thank you. Mr. President. for having given me the floor for the purpose of a short statement which I shall make on behalf of my delegation.
Under these circumstances the Council has now terminated the consideration of the two items which figured inits agenda today. AU neces- sary documents will be transmitted to the General Assembly.
The meeting rose at 7.30 p.m.
246. Le PRESIDENT (traduit de l'anglais): Le Conseil a maintenant achevé l'examen des deux questions inscrites rt son ordre du jour. Tous les documents nécessaires seront transmis rt l'Assemblée générale.
La séance est levée à 19 h 30.
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